dimanche, juin 14, 2026
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Etat-secteur privé: réformes fiscales, Motaze valide 74 propositions du Gicam

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Réformes fiscales : Motaze valide 74 propositions du Gicam.

Il a soufflé comme un air de symbiose le 02 novembre dernier au siège du Groupement Inter patronal du Cameroun (Gicam), à Douala. Et pour cause. Le ministre des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze, s’y est rendu dans le cadre de la poursuite des échanges sur les propositions de réformes fiscales adressées par le Gicam au gouvernement en mai dernier. Au cours de cette cérémonie, Louis Paul Motaze a fait savoir aux hommes d’affaires qu’en « fiscalité intérieure, sur 83 propositions faites, 24 ont reçu un avis réservé, 47 ont reçu un avis favorable et 12 sont en perspective, soit un taux de recevabilité ou d’acceptation de 71 % ». Et qu’en ce qui concerne la fiscalité de porte, encore appelée fiscalité douanière, « sur 37 propositions faites, 10 ont reçu un avis réservé, 27 ont reçu un avis favorable et 3 sont en perspective, soit un taux de recevabilité ou d’acceptation de 73 % ». Et comme pour rassurer ces capitaines d’industrie sur l’importance que le gouvernement accorde au raffermissement et à la poursuite du dialogue public-privé, le Minfi leur a expliqué que « les propositions qui n’ont pas été retenues sont portées par des explications qui vous seront transmises et sur lesquelles des échanges pourraient encore se faire ». Mais en attendant, a martelé le Minfi, « le projet de loi de finances pour l’exercice 2019 est donc fortement marqué par l’empreinte des propositions faites par le Gicam pour le compte du secteur privé ». Par ailleurs, en termes d’acquis, allant dans la perspective des propositions formulées par le Gicam, on note : la restructuration du comité permanent de concertation sur les questions fiscales et douanières entre le Minfi et le secteur privé dont la décision a déjà été signée avec une concertation désormais trimestrielle et une composition équitable de six membres du Minfi et six du secteur privé ; la réorganisation du Comité d’Appui à l’Instruction des Réclamations auprès du Minfi en matière de contentieux fiscal et douanier par décision signée le 29 Octobre 2018, dans le sens d’une plus grande neutralité, impartialité et célérité. A ces mesures se greffe « le renforcement des droits des contribuables par la redéfinition du champ d’application de la déclaration pré-remplie dans le projet de loi de finances et l’assainissement de l’environnement fiscal des affaires par la refondation de l’Attestation de Non-Redevance dans le projet suscité ». A l’analyse, la validation par le gouvernement des propositions de réformes fiscales faites par le Gicam, en plus d’être un fait rare, relève presque de l’inédit. De l’avis de certains observateurs avertis, cela traduit la ferme volonté de l’Etat d’être à l’écoute permanente des avis des hommes d’affaires, principaux pourvoyeurs des richesses du pays. D’aucuns se sont même permis d’affirmer au sortir de cette rencontre que, « la coopération, mieux, le dialogue entre le gouvernement et le secteur privé venait ainsi de prendre un nouvel élan, et que cela ne devrait être que profitable pour les deux parties ». Le meilleur gagnant d’une telle collaboration, confient certains économistes, c’est l’économie du pays. Car l’acte posé par le Minfi peut non seulement contribuer à attirer plus d’investisseurs, mais aussi encourager les chefs d’entreprise à investir un peu plus. D’ailleurs, susurre-t-on déjà dans le milieu des affaires, « plus que jamais, les hommes d’affaires se sentent plus interpelés à œuvrer pour le développement économique du Cameroun, le tout dans un climat des affaires sans cesse assaini ».

Par Junior Matock (Défis Actuels)

Abbas Mahamat Tolli : « Il n’y aura pas de dévaluation du franc CFA »

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« Il n’y aura pas de dévaluation du franc CFA »

On a beaucoup parlé de la dévaluation du franc CFA lors du sommet des chefs d’Etat qui s’est tenu à N’Djamena. Mais nulle part dans le communiqué final qui a sanctionné les travaux, on a fait allusion à cette dévaluation. Qu’en est-il exactement ?

Il faut dire que cette question revient généralement de façon assez récurrente à la veille des sommets de la Cemac. Il vous souvient qu’en 2017, nous avons eu un long échange sur le risque de dévaluation. Je ne suis donc pas surpris que ce sujet revienne de nouveau. Toutefois, pour faire simple, il faut dire qu’on n’a pas parlé de dévaluation lors du sommet de N’Djamena parce que ce n’était pas à l’ordre du jour. Et aussi parce qu’il y a pas de raisons, de nos jours, au regard des fondamentaux économiques, que nous risquions une dévaluation. Souvenez-vous que la stratégie qui avait été élaborée à Yaoundé en 2016, comportait 21 mesures. La première était d’éviter un ajustement monétaire dans la conjoncture économique actuelle. Et c’est ce qui est train d’être fait. Nous avons quatre pays qui sont en programme économique et financier. On a un pays qui a un programme de référence et dont la première revue a été validée. La prochaine revue qui va ouvrir la voie à un programme économique et financier, va se tenir dans les semaines à venir. En clair, tous les pays de la Cemac se sont ajustés au plan budgétaire. Il y a eu beaucoup de réformes à la fois au niveau des Etats qu’au niveau institutionnel. La Banque centrale a complètement revue le cadre opérationnel de sa politique monétaire. Les effets sont d’ailleurs visibles de nos jours. Nous avons constaté que depuis la mise en œuvre de ces réformes, il y a un regain d’activités sur le marché monétaire de plus 1300 %. Les Etats, plutôt que de recourir au financement monétaire, ont davantage recours à l’épargne publique et les émissions de ces pays, d’une année à l’autre, ont quasiment augmenté de 54 %. Ce qui est aussi intéressant à noter, c’est un regain du marché secondaire au niveau de la sous-région et ce d’autant plus que le marché des titres publics s’est complètement régionalisé. Nous avons remarqué également une diminution sensible des déficits courants extérieurs, de même que des déficits publics dans le cadre des programmes qui sont en cours. Mais d’ici la fin de l’année, nos pays vont avoir globalement 1000 milliards injectés dans l’économie. Mais tout ceci exige qu’il faille, à l’avenir, diversifier les bases de nos économies. Tout ceci pour dire que le débat de nos jours n’est pas la dévaluation, elle n’est pas d’actualité. On devrait plutôt travailler à diversifier nos économies, à créer plus d’emplois et trouver des solutions pour optimiser la mobilisation des recettes domestiques, parce que dans d’autres pays, c’est 40 % de la production nationale qui est taxée. En clair, il n’y aura pas dévaluation du franc CFA.

Le président Idriss Deby Itno du Tchad, lors du sommet de N’Djamena, a fustigé le relâchement observé au sein des pays de la Cemac en ce qui concerne les réformes budgétaires. Quelle est la situation sur ce point et peut-on avoir les noms des pays concernés ?

Cette hypothèse qui sous-tend que les pays ne suivent pas correctement les réformes budgétaires est à exclure. Parce que chaque pays y est allé de manière souveraine, convaincu de la vertu à opérer toutes ces réformes. Tous ces pays mènent des réformes fiscales, de gouvernance, etc. Tout ceci se fait de façon à consolider le cadrage macroéconomique de notre sous-région et à nous sortir de cette situation conjoncturelle. Depuis 2017, nous avons pu arrêter la baisse vertigineuse des réserves de change. On observe une remontée de ces ressources. Comparé à l’année dernière où nous étions à -13 % de taux de couverture, aujourd’hui nous sommes à 60 %. Les dettes publiques des Etats à l’époque étaient de 100 % du Produit Intérieur Brut (PIB), alors que de nos jours, la moyenne dans la Cemac se situe à 45 %. Par ailleurs, le niveau de déficit des comptes courants était de 11 %, il est actuellement de 3 %. A l’époque, en termes de croissance c’était la récession. Or, nous tablons pour 3,7 % l’année prochaine. Et nous voyons un regain au niveau des matières premières que nos pays exportent. Si on s’en tient donc aux statistiques, il n’y a pas de raisons de songer à une dévaluation. Le président Deby invitait donc les uns et les autres à maintenir le cap et à ne pas baisser les bras.

La dernière fois que la décision a été prise de réduire le Tiao, nous étions en mars 2017. Aujourd’hui choisissez de l’augmenter. Qu’est-ce qui justifie cette décision ? Et est-ce qu’elle est en droite ligne avec le soutien apporté par la Beac aux Etats de la Cemac ?

Le Taux d’Intérêt des Appels d’Offres est l’instrument par excellence de la Beac pour déterminer l’orientation de sa politique monétaire. Le Tiao sert également de courroie de transmission de la politique monétaire au secteur réel. Nous relevons ce taux dans le souci de conforter la gestion de nos réserves de change, mais surtout pour lier la politique monétaire à la conjoncture actuelle, marquée par les efforts de sortie de crise en cours dans les Etats de la Cemac. Concrètement, dans notre sous-région, avec la situation de l’excès de liquidité, on devrait ponctionner à peu près 400 milliards de francs CFA par semaine pour amener les banques à la Beac. Et permettre ainsi à notre politique monétaire d’avoir une meilleure politique et des impulsions au niveau du CPM. En clair, il est question d’avoir une politique monétaire en cohérence avec la stratégie de sortie de crise. De plus, nous jouons avec les taux lorsque les circonstances l’exigent sinon on va se retrouver dans une réduction de nos avoirs extérieurs. Quand on procède ainsi, on évite des conséquences négatives sur la soutenabilité extérieure.

Vous avez indiqué il y a peu que la Beac a arrêté la décrue des réserves de change et que ces réserves ont amorcé une remontée. Or dans son discours, le président de la commission de la Cemac s’inquiéter de l’érosion des réserves de change. Où se situe la vérité ?

En 2016, nous avons connu 74 % de baisse de niveau des réserves de change. Jusqu’au mois de juillet 2016, début 2017, on assistait à une réduction. Et pendant quasiment huit à neuf mois, on avait réussi, grâce à l’entrée en programme de quelques pays de la communauté et des réformes et décisions de politique monétaire prises dans la banque centrale de stabiliser cette situation. Aujourd’hui, non seulement la situation est stabilisée, mais nous observons que de 56 % de taux de couverture, il est possible que d’ici décembre, selon nos projections, nous soyons à plus de 60 %. Il n’y a donc pas d’inquiétudes à se faire. Si on relève les taux, ça nous permet d’avoir une meilleure maîtrise des risques et autres dérapages au niveau des cibles du déficit budgétaire, de manière à éviter des effets pervers sur le niveau des réserves de change. Autrement dit la conjoncture dicte la conduite à tenir quant à se levier. C’est dire qu’il y a pas de contradictions ni de risques à ce niveau.

Propos recueillis par Junior Matock (Défis Actuels)

Logement: crédit foncier du Cameroun, la banque de l’habitat

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Crédit foncier du Cameroun : la banque de l’habitat.

«Longtemps décrié pour son manque d’efficacité, le Crédit Foncier du Cameroun s’érige et s’affirme sans cesse comme une institution conquérante, une banque résolument debout, prête à s’assumer pleinement et à jouer sa partition, aux côtés des autres institutions, dans la mise en œuvre de la politique du gouvernement en matière d’habitat ». Ainsi s’exprimait en début d’année 2017, Jean Paul Missi, directeur général du Crédit Foncier du Cameroun (CFC), dans son message de vœux de nouvel an à son personnel. Celui qui préside aux destinées du CFC déclinait ainsi le rôle et la place de cet organisme dans le chantier de la construction des logements sociaux, un sujet qui tient à cœur au président de la République, Paul Biya.

TYPES DE PRODUITS OFFERTS

Selon des données officielles, le CFC a deux principaux types de produits à savoir les « produits de prêts » et les « produits d’épargne logement ». Le premier type de produits regroupe entre autres, prêts fonciers classiques, jeunes, conventionnés, etc. Toutefois, depuis 2017, le CFC « propose une offre de financement plus inclusive, assise sur de nouveaux mécanismes (cautionnement collectif, financements conjoints, mécanisme alternatif de garantie ), permettant tout à la fois de toucher les populations à faible revenu, exclues du système de financement classique, et d’avoir des solutions spécifiques pour tous les autres segments de la demande », explique Jean Paul Missi.

JEUNES DE MOINS DE 34 ANS : LE NOUVEAU CŒUR DE CIBLE DU CFC

Outre les retraités, le CFC accorde une place de choix aux jeunes de moins de 34 ans. Il leur est accordé des prêts sans apport personnel pour une durée de remboursement de 30 ans. Mais qu’est-ce qui explique cette initiative du CFC ? Jean Paul Missi explique que « nous nous sommes rendu compte que la plupart de clients de notre portefeuille était des personnes qui préparaient leur retraite. Ce qui fait qu’on excluait quasiment de fait les jeunes qui commencent leur vie active… c’est la franche la plus importante de la population ensuite, elle constitue une classe moyenne en pleine expansion donc une part importante du marché ». Et d’affirmer « je peux vous assurer que depuis que ce produit a été lancé, il présente le pic de progression de notre portefeuille ». Cependant, malgré les efforts consentis par le CFC, la demande en logements sociaux demeure insatisfaite. Et Jean Paul Missi en a pleine conscience lorsqu’il affirme : « l’offre en matière de logements sociaux est toujours largement en dessous des besoins exprimés ou réels ».

Junior Matock (Défis Actuels)

Banques: Les faiblesses du système bancaire camerounais

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Les faiblesses du système bancaire camerounais.

Dans son dernier rapport sur la situation économique du Cameroun, le Fonds Monétaire International (FMI) a livré son diagnostic sur le système bancaire du pays. Ainsi a-t-on appris que de nombreuses faiblesses contribuent à fragiliser les banques. Le FMI note par exemple que « la conformité aux ratios prudentiels est très variable d’une banque à l’autre ». Et que quatre banques, qui représentent à elles seules 13 % du total des actifs bancaires, sont en difficulté. Pire, insiste le FMI, « trois d’entre elles ont des fonds propres négatifs ». C’est-à-dire que les capitaux propres de ces banques sont inférieurs à la moitié du capital social dont elles disposent. En outre, ajoute le FMI, « le ratio structurellement élevé de créances en souffrance au Cameroun s’est encore détérioré au premier trimestre de 2018 pour atteindre 15 % ». Autrement dit, le volume de dette non remboursée évolue de manière croissante. Ce qui, de l’avis des spécialistes du secteur bancaire, n’est pas nature à encourager, à l’avenir, l’octroi des crédits à une clientèle qui se caractérise de plus en plus par son insolvabilité. Le FMI se veut d’ailleurs formel sur ce point lorsqu’il indique que « ce facteur, couplé avec le fléchissement de l’activité, continue d’entraver le développement du crédit au secteur privé, lequel est passé de 14 à 2 % (variation annuelle) entre 2014 et mars 2018 ». Dans cette perspective, les secteurs les plus touchés par les créances en souffrance, précise le FMI sont le bâtiment, l’industrie extractive, la finance et les services, de même que les Petites et Moyennes Entreprises qui ont 39 % de créances douteuses. Et ce n’est pas tout. Toujours d’après le FMI, « l’exposition des banques au risque souverain s’est elle aussi fortement accrue, passant de 11,2 % à 16,9 % du total des actifs en 2014-17 », et ce parce que la plupart des gouvernements de la sous-région Afrique Centrale ont eu un recours accru aux émissions obligataires pour financer leurs déficits croissants.

Un système bancaire résilient malgré tout

Cependant, renseigne le FMI, le système bancaire reste globalement résilient au double choc (prix du pétrole et sécurité), avec une amélioration des ratios prudentiels. Selon les explications de l’Institution que dirige Christine Lagarde, « après être retombé à 9 % à fin 2016, le ratio de fonds propres de l’ensemble du système est remonté à 10,7 %, restant au dessus du minimum réglementaire de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale de 8 % ». En clair, les banques restent rentables. Parce que « les conditions de liquidité se sont améliorées depuis la mi 2017 grâce au desserrement de la contrainte de liquidité du gouvernement après les décaissements des appuis budgétaires ». Aussi, le refinancement de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (Beac) est retombé à 72 milliards de francs CFA à fin 2017, soit une amélioration par rapport à la forte demande de liquidité qui avait atteint le plafond (200 milliards de FCFA) pendant une grande partie du premier semestre 2017.

Par Junior Matock

Finances: les solutions du FMI pour accélérer l’inclusion financière

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Les solutions du FMI pour accélérer l’inclusion financière.

Des études récentes, effectuées à la fois par le gouvernement et certains partenaires techniques et financiers démontrent que l’inclusion financière demeure à des niveaux plutôt faible au Cameroun. Selon l’enquête Findex 2014, le premier obstacle est le manque d’argent, cité par 47 % des répondants, soit bien moins que la moyenne de l’Afss (71 %) et de la Communauté Economique de l’Afrique Centrale (Cemac) (61 %). Viennent ensuite, l’incapacité à ouvrir un compte (36 %), le coût (30 %) et la religion (28 %). Face à ces défis, le FMI a récemment proposé à l’Etat des mesures qui pourraient permettre d’accélérer l’inclusion financière. Il s’agit : « de la promotion de l’éducation et développement de la culture financière ». Cette recommandation rejoint celle formulée il y a quelques mois par les résultats de l’enquête Finscope, initiée par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze. Par ailleurs note le FMI, « l’amélioration de l’infrastructure financière pourrait contribuer à surmonter certains obstacles à l’accès aux services financiers ». À cet égard, il serait important « d’accélérer les réformes visant à : étendre à toutes les institutions financières l’accès à la base de données sur les clients, améliorer la gestion des sûretés en informatisant le registre des sûretés mobilières et le cadastre, et former les juges à la résolution des litiges bancaires, tout en œuvrant pour la création de tribunaux de commerce ». Il est en outre recommandé « qu’accélérer la résolution des banques et des Etablissements des Microfinance (EMF) en difficulté et résorber le niveau élevé de créances improductives pourrait rétablir la confiance et doper l’offre de crédit ». Et que « la résolution des banques en difficulté et l’amélioration de la gouvernance des EMF renforceraient la stabilité du secteur financier et couplé à la diminution des créances improductives pourrait faire baisser le coût du financement ». Aussi, insiste le FMI, il est question « d’améliorer l’environnement réglementaire des EMF et du Mobile Money ». En ce qui concerne le secteur des EMF par exemple, il ressort qu’il est désormais urgent « d’accélérer la mise en œuvre de la réglementation régionale de 2017, qui prévoit que les EMF de première catégorie se regroupent sous l’égide d’organismes de tutelle, ce qui faciliterait le contrôle et la supervision ». De plus, il importe de faire en sorte qu’un cadre réglementaire soit mis en place pour le Mobile Money, garantissant à la fois la stabilité et l’innovation, tout en la protégeant les consommateurs.

Par Junior Matock (Défis Actuels)

Aristide Mono : « Kamto paie la note la plus lourde du vote tribal »

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"la foule des meetings n'est pas l'électorat"

 

Maurice Kamto avait-il réellement une chance d’être élu président de la République devant Paul Biya ?

A priori la question semble embarrassante lorsqu’on sait que tous les protagonistes à une compétition s’affilient au tournoi parce qu’ils estiment avoir la chance de le remporter. Alors penser qu’un candidat est loin de cet état d’esprit, c’est convoquer la nature aventurière de sa démarche. Il serait donc moins galant d’affirmer que le candidat du MRC n’avait aucune chance de gagner. Cependant au-delà du principe, il y a une lecture réaliste assise sur une concrétude empirique qui s’impose à tout analyste sérieux. C’est pourquoi à partir d’une observation rigoureuse et décomplexée, nous pouvons dire de façon péremptoire que le Professeur candidat n’avait aucune chance de venir à bout du Président candidat. Plusieurs facteurs à la fois endogènes et exogènes à l’entreprise partisane ayant porté « l’offre Kamto » sont à même de soutenir une telle affirmation. Commençons par des déterminants internes aux Mrc. Je pense que malgré les efforts consentis et sa montée fulgurante, le parti n’a pas franchi le seuil d’une occupation territoriale capable de concurrencer celle du Rdpc qui continue de bénéficier des structures héritées de l’UNC, parti unique de l’époque monolithique. En outre, nous savons que lorsqu’on se réfère à l’assise territoriale, on parle de fait de la ressource militante disséminée dans tous les coins du pays. Si on interroge les effectifs du MRC, on se rend compte qu’il est tenu par une poignée d’élites et militants qui ne peuvent pas assurée à eux seuls l’implantation conséquente du parti et encore moins le financement des unités locales qui peuvent découler d’une telle implantation.  Pour ce qui est des éléments exogènes, ils sont de deux ordres : d’abord ceux liés au paramétrage du jeu, ici on peut relever entre autres le droit électoral qui ma foi ne garantie pas suffisamment un jeu équitable,  les modalités de financement des campagnes, l’accès déséquilibré aux médias d’Etat pendant l’intersaison et la campagne électorale, les règles qui encadrent le fonctionnement des institutions au cœurs du processus électoral à savoir Elecam et le conseil constitutionnel, des règles qui encadrent le casting des homme-arbitres qui gèrent ces institutions sont autant d’éléments qui donnent toute l’opposition perdante. Ensuite, nous avons la capacité d’action costaude du Rdpc, c’est une véritable machine politique qui s’appui sur une galaxie  d’élites se recrutant dans tout l’appareil politico-administratif de l’Etat, tous les apparatchiks politiques, économiques et administratifs sont presque tous sociétaires du parti au pouvoir, n’oublions pas aussi le poids financier de cette entreprise partisane. En plus, ce parti a présenté un candidat qui n’était pas du calibre de Kamto, un candidat qui totalise 56 ans de haute administration dont 13 au rang de ministre, 07 à la tête de la primature et  36  à la tête de l’Etat,  un candidat crédité d’une bonne côte de popularité, crédité également d’une bonne expérience en matière de compétition électorale. Bref, tous les indicateurs donnaient le Rdpc vainqueur, le MRC était prédisposé à la défaite, pour faire simple, Kamto ne pouvait pas battre Biya.

Quelles auront été ses plus grandes erreurs ? Et en quoi cela a pu avoir un impact négatif sur ses chances de victoire ?

 

La plus grosse erreur du candidat Kamto a été de participer à un match perdu d’avance et surtout de surestimer sa taille face à un concurrent qui n’était pas à sa portée. Et cette double erreur n’est que la conséquence des négligences depuis 2013. Les élections se gagnent des années avant la tenue du scrutin. Après les législatives et les municipales de 2013, Kamto et son parti, ayant tiré les limites du processus électoral camerounais, devaient s’activer dans son assainissement avec par exemple un combat politique de fond pour une refonte du code électoral afin de le débarrasser des zones confuses, une refonte du mandat des juges constitutionnels pour leur donner assez de souveraineté dans leur action, une révision de la question du financement de la campagne des partis.  Je pense que pour un acteur sérieux, résolument engagé à gagner une élection, penser vaincre le Rdpc sans l’obtention de ces préalables c’est faire preuve de naïveté ou de mauvaise foi. A cette négligence, il faut ajouter la croyance par Kamto à sa puissance électorale qui n’était que de façade. Il a confondu les foules des meetings à l’électorat. Dans le contexte camerounais, totaliser un nombre important de personnes à chacune de vos sorties publiques est loin d’être la manifestation de votre adoubement par la masse électorale. La foule peut être constituée des non inscrits ou des personnes n’ayant pas encore atteint l’âge électoral c’est-à-dire des jeunes âgés de 18 à 20 ans.  Il en est de même de la population virtuelle des réseaux sociaux. Je pense que le MRC devait se rassurer que tous ses sympathisants étaient des électeurs, en d’autres termes il devait s’investir dans les inscriptions, pourquoi ne pas convaincre les 6 millions de potentiels électeurs qui refusent toujours de s’inscrire sur les listes parce qu’ils contestent pour la plupart le jeu.  En passant, la question du déficit de représentants dans les bureaux de vote est un débat non fondé parce qu’Elecam à lui seul doit assurer la sécurisation des votes, l’absence de représentants ne saurait justifier du point de vue objectif une fraude quelconque.

Certains observateurs le taxent d’ethno fasciste, de tribaliste… Est-ce vraiment justifié ? Comment ?

Cela va de soi mais toujours est-il que le champ électoral camerounais est fortement tribalisé. Cet habitus communautaire ne laisse pas assez de place à l’exception, il est évident que tous les partis politiques ainsi que leurs leaders sont taxés à tord ou à raison d’ethnofascistes. Partant de cette réalité, il est normal que Kamto bénéficie de cette présomption. Une présomption qui tire aussi ses fondements, dans le cas du MRC, de la coloration tribale de son premier directoire, un fait qui a été vite instrumentalisé par ses adversaires pour le diaboliser, l’objectif étant de cantonner la nouvelle formation prometteuse à une aire ethnique afin de mieux la jeter à la vindicte populaire. En plus de cette instrumentalisation, il y a des agissements de plusieurs followers de ce parti qui laissent transparaitre un tribalisme béant. Sur les réseaux sociaux le repli est encore plus exacerbé.

Pour certains Camerounais un « Bamiléké » ne devrait pas être président de la République, n’y a-t-il pas lieu de dire que Maurice Kamto a été lui-même victime de tribalisme et que cela a eu un impact dans ses résultats ?

Le vote tribal ou communautaire est l’une des caractéristiques majeures du marché électoral camerounais, la tendance est néanmoins diluée dans les zones urbaines. Kamto a payé la note la plus lourde de cette tribalisation. L’idée d’une conquête du pouvoir par son ethnie d’origine, construite, diffusée et intériorisée a fait naitre le rejet. Il ne s’est plus agit dans les représentations et perceptions collectives d’une offre politique nationale mais de l’offre des Bamiléké. Cette caricature a été une véritable arme de neutralisation de l’expansion du Mrc, or on sait bel et bien que presque tous les partis importants du Cameroun sont appuyés sur des colonnes tribales, ethno-régionales ou ethnolinguistiques, y compris le Rdpc.

Qu’est-ce qui justifie cette montée du tribalisme pendant la présidentielle ?

Le premier facteur explicatif est l’échec de la construction de l’Etat-nation, la dynamique de conversion de la gesellschaft (Société) en gemeinshaft (Communauté) a été corrompue. Les identités primaires continuent de supplanter les identités nationales. Tout se pense en termes de tribus, d’ethnies ou de groupes linguistiques. Loin des représentations hypocrites, le pays est pratiquement un regroupement de factions tribales et non de citoyens ayant souscrits à l’idée de supériorité de la camerounité. De façon concrète, l’accès aux ressources étatiques comme le pouvoir suprême se pense en termes de positionnement d’une communauté villageoise. Le deuxième facteur est la connotation trop mercantiliste du pouvoir dans notre contexte, avoir le pouvoir c’est avoir accès au ressources économiques et financières, le pouvoir rime avec l’aisance matérielle. Alors, les communautés croient accéder à ce confort via leurs positions de communautés dirigeantes. Le troisième facteur est le rôle des médias sociaux qui ont démocratisé la parole publique et dilaté les frontières entres les membres des communautés. La promotion des replis se fait désormais facilement ainsi que les regroupements identitaires, ce qui favorise la saturation des consciences tribales. Enfin, il faut relever l’hypocrisie des entrepreneurs politiques qui activent souterrainement le tribalisme pour sécuriser ou créer des bastions électoraux.

Y a-t-il des chances que ça change ? Sinon, que faire pour que les prochaines échéances ne suscitent pas autant de violences verbales sur les réseaux sociaux et dans les médias ?  

Il n’y a aucun mal social qui soit insurmontable, il faut juste que le Léviathan, qui dispose de tous les moyens à savoir les appareils idéologiques, les appareils de production des politiques publiques et les appareils de pression et de répression, soit juste dans de bonnes prédispositions à juguler le mal. C’est lui qui doit impulser ce changement, je parle de la volonté de l’Etat. La construction de l’Etat-nation est à parfaire, toutes les politiques d’intégration nationale ont été court-circuitées par la gestion tribale du pays tire ses fondements de la reproduction communautariste des hauts commis de l’Etat. C’est à partir de ce paradigme que s’opère malheureusement le partage aux allures de prédation du National-cake. Si les pouvoirs publics commencent par prêcher le bon exemple, je pense que le reste de la société suivra, l’Etat aura des moyens légitimes pour contraindre les récidivistes, pénaliser par exemple les actes de tribalisme.

propos recueillis par Ghislaine Ngancha (Défis Actuels)

Programme économique et financier: les dessous de la troisième mission du FMI

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Les dessous de la troisième mission du FMI.

Corinne Delechat, chef de la mission du Fonds Monétaire International (FMI) n’a laissé planer aucun doute sur l’objet de la troisième revue qu’elle conduit au Cameroun depuis le 05 novembre dernier. Dans le cadre du Programme Economique et Financier (PEF), soutenu par la Facilité Elargi de Crédit. « Les objectifs de la mission consistent à examiner les performances du Cameroun en rapport avec la mise en œuvre du Programme Economique et Financier. On a des objectifs qui étaient fixés pour fin juin, il est donc question de nous assurer qu’on arrivera à les tenir en fin d’année. Par ailleurs, nous devons veiller à ce qu’il y ait un cadre macroéconomique cohérent pour le moyen terme ». Concrètement, les points qui feront l’objet d’un examen minutieux sont notamment : « tout ce qui concerne la préparation et l’exécution du budget, les réformes qui vont permettre d’améliorer l’assiette des recettes non pétrolières, surtout pour avoir un élargissement de la base des ressources, une meilleure qualité de la dépense, l’accès des entreprises aux crédits et l’amélioration du climat des affaires », a affirmé Corinne Delechat. In fine, le but de cet exercice, à souligné Corinne Delechat, au sortir de l’audience à elle accordée par le ministre des Finances(Minfi), Louis Paul Motaze, est que « cette troisième revue permettra un décaissement d’environ 60 milliards de francs CFA d’ici la fin de l’année ». Et de l’avis de la chef de mission du FMI, les quelques indicateurs qui lui ont été présentés par le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey, sont plutôt de bon augure : « on constate à date un bon effort, avec une reconstitution des réserves de changes qui ont conduit à une consolidation budgétaire et des améliorations au niveau des taux d’endettement. Autre chose, nous notons que l’exécution du budget 2018 se déroule comme prévu ». En ce qui concerne les enjeux des missions du FMI, Corinne Delechat a fait savoir que : « c’est de continuer le partenariat entre le FMI, la Banque Mondiale, la Banque Africaine de Développement, etc. On a un dialogue sur la base du programme de réforme du gouvernement qui a été mis en place de façon courageuse après le sommet des chefs d’Etat de Yaoundé en 2016. Nous accompagnons le gouvernement dans le cadre de la mise en œuvre de ce programme de réforme. Le succès de l’exercice détermine le succès de ce programme au niveau de la sous-région ». Notons que c’est en juin 2017 que le Cameroun, fort de la baisse drastique des cours des matières premières entamée depuis 2014, a conclu un PEF avec le FMI. Outre le Cameroun, c’est l’ensemble des pays de la sous-région qui sont concernés. Les missions du FMI a donc pour finalité, de restaurer les équilibres macroéconomiques de la sous-région.

Par Junior Matock (Défis Actuels)

Retournement : La Guinée équatoriale jouera la Can 2018

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La joie de retrouver la Can 2018

Une décision forte prise ce jour par le jury d’appel de la Confédération africaine de football (Caf) : « la Guinée Equatoriale est réintégrée dans la Coupe d’Afrique des Nations Féminine Total 2018 ». Coup de tonnerre. A dix jours du démarrage de la Coupe d’Afrique des nations (Can) de football féminin, Ghana 2018. La sélection équato-guinéenne retrouve ainsi la crème du football féminin continental, après que son image et son honneur soient lavées et restaurés.

Le pays de Théodoro Obiang Nguéma avait fait appel de la décision qui le disqualifiait de cette compétition, au motif que le Nzalang nacional sélection avait utilisé la joueuse d’origine camerounaise Annette Jacky Messomo dont le processus de changement de nationalité n’avait pas encore abouti. Aujourd’hui, le jury d’appel trouve que « la joueuse est éligible pour jouer avec l’équipe nationale de la Guinée Equatoriale ». Infirmant ainsi la décision du Jury disciplinaire prise le 8 septembre dernier. Rien n’est dit que l’amende de 10 000 dollars infligée à la Guinée équatoriale en même temps que sa suspension de la Can. Mais là n’est pas le plus important.

Coutume rebelle

La conséquence immédiate du rétropédalage de la Caf est que le Kenya qui avait obtenu la tête de la Guinée équatoriale, et l’avait remplacée, perd à nouveau cette place qu’elle avait obtenue en salle. Le Kenya avait déposé une plainte contre son dernier adversaire de la phase éliminatoire et qui l’avait battu. Après investigations, la Caf avait cru trouver des éléments de confirmation que Jacky Messomo est camerounaise. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, en ce qui concerne la nationalité sportive de la joueuse. La Guinée équatoriale n’était pas à sa première peine du genre pour le même motif. Mais cette fois-ci, elle a pu prouver son innocence.

En reprenant la place du Kenya, la Guinée équatoriale retrouve dans le groupe B le Nigeria (champion en titre), l’Afrique du Sud et la Zambie. Le groupe A comprenant le Ghana (pays hôte), l’Algérie, le Cameroun et le Mali. Le tournoi se joue du 17 novembre au 1er décembre prochain.

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Nécrologie : Hamadjoda Adjoudji est mort

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La fin d'un détenteur de record

L’ancien ministre Hamadjoda Adjoudji n’est plus. La nouvelle est tombée ce matin. Le communiqué du Comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) dont il était secrétaire général adjoint, se contente de parler d’une maladie comme cause de cette disparition. L’homme n’était plus apparu sur la place publique depuis longtemps.

Né le en 1937 à Banyo, Hamadjoda Adjoudji est plus connu sous sa casquette d’homme politique. Mais à la base l’homme est docteur vétérinaire formé à l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort (Enva) et à l’Institut d’élevage et de médecine vétérinaire des pays tropicaux (Iemvt). Une base solide qui lui a ouvert les portes du ministère de l’Elevage, des pêches et des industries animales le 7 juillet 1984. L’homme battra le record de longévité gouvernementale. Vingt années durant, Hamadjoda Adjouidji occupera ce poste, jusqu’au 8 décembre 2004. Avant de s’éclipser dans l’ombre. Jusqu’à sa disparition.

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