samedi, juin 13, 2026
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Climat des affaires : les avancées du Cameroon Business Forum

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Au cours des dix dernières années, le Cameroun semble avoir fait d’énormes progrès dans le cadre de l’amélioration de son climat des affaires. C’est du moins ce qui ressort des propos du Premier ministre, Joseph Dion Ngute le 18 mars dernier à Douala. Au cours de cette autre édition du Cameroon Business Forum (CBF), le chef du gouvernement qui présidait les travaux de cette plateforme d’échanges entre les milieux d’affaires et le secteur public a énuméré les avancées enregistrées depuis une décennie. Joseph Dion Ngute a souligné qu’au cours des 10 dernières années précédentes, le CBF a conduit à l’adoption de près « de 200 recommandations dont 150 ont été effectivement exécutées. Et près de 90 ont abouti à des réformes déterminantes ».

Parmi les plus marquantes on peut citer : « la réforme globale de la création d’entreprise, avec la mise en place des centres de formalité de création d’entreprises, la réduction du capital à 100 000 francs CFA et le recours optionnelle aux notaires dans le cadre de la constitution d’une société à responsabilité limitée », selon Joseph Dion Ngute. On note en outre, a indiqué le Premier ministre, « la possibilité de procéder à la création en ligne d’une entreprise, grâce au guichet électronique mybusiness.cm ». Par ailleurs, des avancées significatives ont été enregistrées en matière de dématérialisation de procédures. Notamment en ce qui concerne « les opérations de commerce extérieur et l’instauration du plan fiscal de la télédéclaration et de la télé payement ». Sans oublier, a insisté Joseph Dion Ngute, « les réformes engagées pour simplifier les règles de construction et d’occupation de sol », lesquelles sont très encourageantes. Dans la même perspective, on note « la création d’un guichet unique dans le domaine foncier et en matière de traitement des actes d’urbanisme constitue des avancées notables ». D’après Joseph Dion Ngute, il y a lieu de souligner « l’expérimentation en cours au sein de la Communauté urbaine de Douala, d’un guichet pilote pour l’informatisation des procédures ».

Toutes ces réformes concourent, a martelé le PM, « à la simplification des procédures et à la réduction de leurs coûts, dans l’optique de rendre l’environnement des affaires plus attractif ». Cependant, malgré les efforts communs, le chemin à parcourir reste long, a reconnu celui qui présidait les travaux de la 10ème édition du CBF. Ceci se traduit par le fait que la position du Cameroun Doing Business de la Banque Mondiale tarde à produire les résultats escomptés. Il apparait désormais indispensable, a indiqué Joseph Dion Ngute, « de redoubler d’efforts et d’accélérer le rythme des réformes en cours afin qu’elles bénéficient davantage à tous les acteurs de la vie économique et sociale ».

 

Samuel Eto’o : « Ce serait un devoir pour moi d’entrainer le Cameroun »

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Qu’est-ce qui justifie votre présence à Yaoundé, au Cameroun ?

La Fondation Fifa a décidé de lancer un nouveau programme où toutes les Organisations Non Gouvernementales peuvent postuler pour recevoir des fonds de la Fifa. Nous avons eu l’immense honneur d’avoir l’une de nos ONG qui a remporté ce prix et la Fifa a souhaité que je l’accompagne dans cette œuvre.

Y a-t-il d’autres activités prévues dans le cadre de cette collaboration avec la Fondation Fifa ?

Pour le moment non. Mais cette activité pour laquelle je suis venu au Cameroun, mon pays, nous prendra déjà beaucoup de temps ; parce que nous allons sillonner toute l’Afrique et nous espérons que ceux qui bénéficieront de ce prix en feront bon usage.

Vous êtes presque tout le temps entre deux avions, alors que vous êtes toujours en activité en tant que joueur. Comment ça se passe au Qatar ?

Ça se passe plutôt bien pour moi au Qatar. Vous savez, j’ai toujours rêvé de jouer au football jusqu’à mes 39 ans. Je suis à 38 ans aujourd’hui. Et donc, si Dieu me l’accorde et que je n’ai pas de blessure jusqu’à la fin de la saison, je jouerai encore une dernière saison l’année prochaine. Mon idée c’est d’arrêter après ça.

Cela veut dire que votre fin de carrière est imminente ?

Effectivement ! Il faudra bien que j’arrête à un moment donné. Je souhaite le faire à mes 39 ans pour commencer une nouvelle vie.

Cela suppose qu’en 2020, Samuel Eto’o ne sera plus footballeur ?

J’espère que oui ! Maintenant, si le FC Barcelone me dit « Samuel viens pour 20 matchs », à 40 ans je vais peut-être réfléchir. Mais, non. Pour être plus sérieux, l’idéal pour moi serait d’arrêter de jouer après la saison prochaine et de passer à autre chose.

Votre jubilé est déjà en quelque programmé. C’est bien cela ?

C’est pour bientôt. Le plus important pour l’instant, c’est de partager cette saison et celle qui vient avec mes coéquipiers, apporter toute mon expérience, permettre à certains d’entre eux qui commencent leur carrière de pouvoir rêver de devenir des personnes importantes dans ce qu’ils aiment faire, et permettre à mon club d’aujourd’hui et à celui de la saison prochaine d’avoir de bons résultats. Pour moi-même, j’aimerai terminer cette saison avec 15 ou 20 buts pour que les gens puissent toujours se rappeler de moi.

Une fois votre carrière de footballeur terminée, quel sera votre projet ?

Je l’ai toujours dit : j’aimerais rester dans le football. Après, il y a des opportunités qui se présentent dans la vie et là, vous devez faire un choix. Mais l’idéal pour moi serait de rester dans le football ; j’adore le football, je ne vis que pour ça. J’ai eu l’immense honneur d’être entraineur et joueur à Antalyaspor, j’ai goutté au plaisir d’être entraineur et la responsabilité qu’on a quand on est entraineur… C’était beaucoup plus difficile. Quelques heures avant, c’était mes coéquipiers et quelques heures après je devais prendre des décisions sur ceux. Je dis encore merci à ce groupe ; parce qu’ils ont respecté la décision du Board et ils ‘ont suivi dans ma façon de voir le football et ça s’est bien passé. On a eu des résultats incroyables que personne ne pouvait imaginer. Evidemment je peux avoir une idée du football, mais il faut des hommes pour interpréter cette idée. J’aimerai rester dans le football comme entraineur. C’est une volonté personnelle. Je pense que pour des joueurs africains qui sont arrivés à un certain niveau, nous devons essayer de devenir entraineurs en Europe. Sinon il serait difficile pour ceux qui ne jouent que dans notre continent d’aspirer à être entraineur en Europe. J’ai gagné des Ligues des champions, des Liga, des championnats italiens et j’aimerai bien le refaire mais en tant qu’entraineur. Zinedine Zidane le fait incroyablement bien. Moi j’aime les défis.

Comme devenir l’entraineur de la sélection nationale du Cameroun un jour ?

Entrainer l’équipe nationale de mon pays est un devoir. Si je me lance dans ce métier, ce sera un devoir à un moment donné d’apporter mon expérience et ma connaissance à mon beau et cher pays le Cameroun. Mais le premier pas après le football, c’est déjà de devenir entraineur, d’apprendre aux côtés d’un très grand entraineur et après, avoir ma propre expérience.

Dans le cadre de vos activités vous avez créé une structure qui a permis de former beaucoup de talents au plan national. Seulement, bon nombre d’entre eux n’ont pas atteint le top niveau. Qu’est-ce qui explique cela ?

Votre point de vue est respectable. Nombreux sont souvent ceux qui sont appelés, mais très peu réussissent. Je pense que ça, c’est écrit dans la Bible. Seulement, moi j’ai eu beaucoup de chance ; parce que j’en ai eu plusieurs qui réussissent. Le meilleur gardien de la dernière Coupe d’Afrique [Fabrice Ondoa, Ndlr.], il vient de ma Fondation ; le meilleur joueur de la dernière Coupe d’Afrique [Christian Bassogog, Ndlr.], il vient de ma Fondation ; le meilleur gardien de but actuellement en Europe [Samuel Eto’o fait allusion ici à André Onana, sociétaire de l’Ajax Amsterdam, Ndlr.], il vient de ma Fondation. Aujourd’hui, il y a environ huit joueurs en sélection nationale qui ont été formés à la Fondation Eto’o. J’aurais aimé que tous mes enfants arrivent au même niveau, c’était un souhait, un rêve. Nous avions travaillé pour ça, mais la réalité est là. Je suis fier de savoir que j’ai pu contribuer à ce que ceux qui nous représentent aujourd’hui, ceux qui nous font honneur en Europe, un peu partout dans le monde, soient sortis de ma modeste Fondation. Je ne peux donc pas avoir le même point de vue que vous. Ils sont nombreux, ceux qui veulent devenir journalistes comme vous. Mais combien arrivent à votre niveau ? Très peu. C’est comme ça, c’est la loi de la vie.

Mais lequel de vos enfants fait particulièrement votre fierté ?

Tous. Un père ne choisit jamais. Je suis fier de tous mes enfants. J’ai eu l’immense honneur d’être invité par André Onana quand il jouait la finale de l’Europa League. Fabrice Ondoa m’a dit : « papa il faut que tu sois à la finale de la CAN à Libreville ». Je suis allé voir Ondoa et Bassogog. Quand mes enfant me disent qu’il faut que je sois à leur match, ma fierté c’est d’être assis dans les gradins et me dire : « hier ces enfants étaient des bébés, aujourd’hui ils ont grandi ».

Ça représente forcément une partie de l’héritage que vous laissez au football camerounais, mais au-delà de ces talents que vous su accompagner, quel est votre projet pour votre pays ?

Quand on a servi notre pays au niveau où nous l’avons fait, nous avons ce devoir. Nous avons suivi les élections qui se sont passées [à la Fécafoot, Ndlr.], chaque candidat avait ses soutiens. C’est ça la démocratie. Aujourd’hui nous avons une équipe qui est à la tête de cette Fédération et il est important que tous, nous nous mettons derrière cette équipe pour l’accompagner afin qu’elle réussisse dans ses missions. Parce que si cette équipe réussit ses missions, c’est le peuple camerounais qui en sera le bénéficiaire. Moi, j’ai eu la chance de jouer à l’équipe nationale du Cameroun, j’ai connu beaucoup de difficultés, mais celles-ci ont les connait un peu partout en Afrique. Seulement, le Cameroun est unique, le Cameroun c’est la référence, le Cameroun c’est l’exemple à suivre. On a pris beaucoup de retard. Nous devons tous accompagner cet Exécutif à rattraper ce retard et à permettre au Cameroun de retrouver le niveau qui est le sien. Et ce n’est que normal.

Quel est le modèle de sélection dont vous rêvez pour le Cameroun ?

Je n’ai jamais caché mes intensions : je veux ce qu’il y a de plus beau pour mon pays. Je ne vais pas prendre des exemples de sélections qui sont en dessous de nous. Evidemment, je vais regarder les plus grandes nations de football et me dire j’aimerais que le Cameroun fasse comme elles. La réalité c’est que nous sommes Africains et nous devons nous adapter à certaines choses. Mais nous avons les mêmes moyens que la Fifa nous offre. Maintenant, il faut qu’on travaille tous pour rétablir l’image de la Fécafoot ; parce qu’en réalité l’argent que la Fédération peut gagner hors-mis les subventions de la Fifa et de la CAF, c’est son image. Si cette image est écornée d’une certaine façon, c’est de l’argent que la Fédération perd. Et vous savez qu’on a traversé beaucoup de difficultés pour arriver au niveau où nous nous trouvons actuellement. Donc il est important qu’on accompagne tous ensemble l’Exécutif à stabiliser et à travailler sur l’image de cette Fédération ; qu’elle redevienne cette Fédération où les joueurs ont confiance ; que nous ayons un championnat qui fonctionne bien. Je suis content aujourd’hui pare qu’on parle de moins en moins du phénomène de l’achat de places en sélection nationale, des joueurs qui dorment je ne sais où. L’équipe nationale, c’est une marque. Vous savez, la différence entre Samuel Eto’o et un autre joueur c’est que, lorsque vous venez acheter Samuel Eto’o vous savez qu’il va faire de bonnes choses. C’est ça la différence. Mon souhait c’est de voir notre Fédération devenir comme celle de la France, et à chaque fois que le président Seidou va me solliciter, je vais essayer de l’accompagner dans ce qu’il voudra.

De plus en plus, on remarque que d’anciens Lions Indomptables sont nommés à des postes de responsabilité au sein des sélections nationales. Et on se souvient que ç’avait été l’un de vos combats. Samuel Eto’o est-il caché derrière tout ça ?

Je ne suis caché derrière rien. La vérité c’est que, quand on parle de football on me voit partout. Peut-être parce que je suis quand même le premier de la classe. Je ne fuis pas non plus mes responsabilités. Dieu m’a donné un talent que j’ai su exploiter et les Camerounais ont accepté qu’on peut me reprocher de certaines choses, mais en ce qui concerne le football, je suis le premier. Donc, je pense qu’à certains postes de responsabilité, il faut qu’on mette ceux qui ont une certaine expérience. Je suis fier que ce soit le Comite de normalisation Dieudonné Happi qui a fait un très bon boulot, qui a assaini beaucoup de choses en peu de temps. Maintenant, il y a le président Seidou qui est arrivé avec son Comité Exécutif et qui a décidé de donner la chance à quelqu’un qui était très loin de cette équipe après sa carrière, Salomon Olembe, c’est super. Quand on regarde la Fifa d’hier et celle d’aujourd’hui, on voit de plus en plus de joueurs. C’est le même schéma au Cameroun et c’est ça le football.

Vous êtes donc partisan de la maxime : « le football aux footballeurs » ?

Pas forcément le football aux footballeurs, parce que nous sommes tous des footballeurs. Mais, il y a des postes où il faut des footballeurs comme Team manager, coordonnateur… Ils connaissent des difficultés que nous avons, ils savent qu’il faut anticiper, qu’il faut une bonne organisation, qu’il faut prévenir. En plus, ils ont eu de belles carrières en Europe. Ils peuvent être ce bon lien entre la Fédération, l’Etat du Cameroun et le sélectionneur. Je ne pourrais jamais être contre cette formule, mais on ne peut pas aussi dire, le football uniquement aux footballeurs.

Vous semblez porter seul le plaidoyer pour la professionnalisation du management du football camerounais. Votre trop forte présence tend à éclipser peut-être les autres anciens internationaux qui songeraient au même combat…

Je l’ai toujours fait, et ça m’a posé beaucoup de problèmes. Aujourd’hui, je suis loin de l’équipe nationale. Je n’ai plus de pression, ce n’est pas moi qui joue samedi [Cameroun-Comores, éliminatoires de la Can 2019, Ndlr.]. On m’a souvent critiqué, en disant que Samuel fait ci, Samuel fait ça. Mais, je dis que si nous, footballeurs, ne portons pas nos combats, qui le fera à notre place ? Mais tous les footballeurs ne peuvent pas songer à devenir président de la Fédération. A mon avis, un président de Fédération devra dépasser le cap de footballeur, parce que le football est un bien qui appartient à notre peuple.

Lors de ma dernière Coupe du monde en 2014, j’ai proposé au ministre [Joseph] Owona, il était alors président du Comité de normalisation, en lui disant : Excellence, ça va bientôt faire 18 ans que je suis dans cette équipe. Je négociais les primes avec mes adjoints, mes jeunes frères et les autres joueurs. Je lui dis, il nous faut une caisse, en proposant de déduire de nos primes de l’argent, parce que nous avons des anciens joueurs, qui n’ont pas gagné beaucoup d’argent, de sorte que si demain, la Fécafoot est en difficulté, qu’elle puise dans cette caisse, pour payer une formation à tel ancien joueur, et que sais-je encore. On avait signé tous les documents y afférents, mais après c’est resté dans un tiroir. J’espère que ceux qui sont venus –d’ailleurs on a discuté et je crois qu’ils ont de bonnes idées-, essayeront de moderniser notre Fédération. Qu’ils feront toutes ces choses, pour que les premiers bénéficiaires de cette Fédération soient les Camerounais. Lorsque le grand-frère Seidou était encore candidat, je lui avais dit que la Fédération camerounaise devrait logiquement être le premier employeur du Cameroun. On parle de la Fédération à Douala et à Yaoundé. Mais on doit pouvoir parler de la Fédération à Garoua, à Bamenda, à Bafoussam, à Tcholliré, parce que la Fédération doit être partout. Il ne faudrait pas que si je prends ma pirogue pour aller à Yoko, que la fédération n’y soit pas représentée. Et ça, ce sont des emplois. Il faut avoir une certaine vision. Ça ne nous coûte même pas beaucoup d’argent, mais juste une volonté. Et je pense que si on a cette volonté, on peut donner des emplois à 6000, 7000 ou 8000 camerounais.

Dans la perspective du match qui oppose le Cameroun aux Comores samedi prochain à Yaoundé, est-ce que vous avez un message à transmettre aux Lions à la veille de cette rencontre décisive pour la qualification à la Can 2019 ?

A mon époque, quand j’étais à l’équipe nationale, je savais pourquoi j’étais là. Donc, je vais éviter de donner des conseils, parce que ce ne sont plus des enfants. Ce sont des responsables. Je n’ai aucun doute que s’ils ont accepté de venir nous représenter, c’est parce qu’ils savent ce qu’on attend d’eux. Je ne peux que dire bonne chance pour samedi, qu’on gagne et surtout qu’il n’y ait pas de blessés.

Est-ce que vous craignez pour la requête déposée par les Comores au Tas, en vue de la disqualification du Cameroun ?

Les Comoriens sont mes frères. Ce sont des gens que j’apprécie. Le football se joue sur un terrain de football. Ils ont une très bonne équipe, et je crois qu’ils auront d’ailleurs l’occasion  de s’exprimer samedi à Yaoundé dans notre magnifique stade.

Entretien mené par Arthur Wandji

Prime Potomac/Chantiers de la Can : Ce qui change avec la régie

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Fin de combat pour Ben Modo?

Prime Potomac a échoué. C’est un fait. Et face à l’incapacité de l’entreprise à livrer ses chantiers dans les délais impartis en vue de la CAN 2021, le ministère camerounais du Tourisme et des loisirs (Mintoul) a décidé de lui retirer les marchés concernant la rénovation de l’hôtel Bénoué et de la construction d’un hôtel 4 étoiles à Garoua (Nord). Le ministre d’Etat, Bello Bouba Maigari confie la suite des travaux à une régie exceptionnelle. Pour mener ces chantiers à leur terme, l’Etat va débloquer des fonds qui, d’avis du ministre du Tourisme et des Loisirs, seront domiciliés à la Trésorerie de Garoua. Ces financements ne devraient d’ailleurs pas transiter par le compte bancaire de l’entreprise Prime Potomac.

Les avances spéciales refusées à Prime Potomac

En effet, le 11 mars dernier, le ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République (Sgpr) a adressé une correspondance au ministre du Tourisme et des Loisirs, l’informant que « la présidence de la République a marqué son accord pour l’application de l’intégralité des mesures préconisées pour l’achèvement des travaux de gros œuvre, dont l’entreprise Prime Potomac a la charge ». Notamment « la mise en œuvre de la régie exceptionnelle pour les travaux restants » et « l’octroi à ladite entreprise d’avances exceptionnelles » de 826 millions de francs CFA pour achever les travaux de l’hôtel 4 étoiles et de 473 millions de francs CFA pour l’hôtel Bénoué. Mais le Mintoul est resté ferme. Au regard de la gestion (douteuse ?) des fonds mis à la disposition de Prime Potomac depuis le début des travaux, le ministre du Tourisme a décidé de ne pas payer lesdites avances exceptionnelles à Prime Potomac, bottant en touche l’injonction du Sgpr. Dans sa correspondance signée le 13 mars dernier en réponse à la demande de Ferdinand Ngoh Ngoh, Bello Bouba Maigari annonce la mise sur pied d’une régie pour laquelle le gouverneur de la région du Nord assurera le rôle d’ordonnateur des décaissements en faveur des différents destinataires.

Une équipe technique chargée de la mise en œuvre de cette régie va être à cet effet mise sur pied. Cette équipe qui sera présidée par le gouverneur sera constituée de deux ingénieurs de suivi du Mintoul à Garoua, le délégué régional du ministère des Travaux publics pour le Nord et des Assistants à Maitrise d’Ouvrage (AMO). « Les membres de l’équipe technique basés à Garoua suivront au quotidien l’exécution des travaux et certifieront pour le visa du gouverneur, les mémoires, attachements et décomptes préparés par les acteurs desdits projets (AMO, ingénieurs du marché) et le chef de service des marchés régionaux », explique Bello Bouba Maigari.

Il est désormais le garant des marchés d’hôtel de Prime potomac à Garoua

Des fonctionnaires prennent le relais

Désormais, c’est donc une équipe de fonctionnaires qui prend le relais. C’est elle qui va directement manager les ingénieurs, les sous-traitants et autres employés sur les chantiers. C’est également cette équipe qui discutera avec les fournisseurs de l’entreprise et paiera leurs décomptes au fur et à mesure que ceux-ci seront arrêtés et validés par le gouverneur en sa qualité d’ordonnateur des dépenses. Un expert explique d’ailleurs que les avances exceptionnelles qui vont ainsi être mobilisées ne devraient pas être utilisées par payer les dettes de Prime Potomac vis-à-vis de son personnel, ses sous-traitants et ses fournisseurs. Mais pour poursuivre les travaux. « La chose est simple, explique l’expert : si l’Etat débloque des avances exceptionnelles, cela veut dire que les décomptes ont effectivement été payés. En d’autres termes, l’Etat ne doit pas un franc à Prime Potomac ».

Par Janvier Duclair Mvondo

Affaire des émoluments impayés : Les présidents de clubs jouent au dilatoire

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Faustin_Domkeu et ses pairs contournent le problème

Ce 19 mars 2019 expire la rallonge de temps sollicitée par le comité ad hoc chargé de trouver des solutions au problème des salaires et primes impayés aux joueurs de 24 clubs de football d’élite du Cameroun. Et à quelques heures de ce délai, les lignes semblent n’avoir pas bougé. « Les présidents de clubs ont trouvé une stratégie pour ne pas payer : ils exigent que les joueurs concernés viennent eux-mêmes se plaindre, afin qu’on les confronte », confie une source. Une condition difficile à tenir, tant les joueurs semblent fragiles dans cette posture. « Il va être difficile pour un joueur de lever la tête car il s’agit d’un piège que leur tendent les présidents de clubs », analyse une source au Syndicat national des footballeurs du Cameroun (Synafoc). On apprend que : « certains joueurs commencent à subir des menaces au sein de leurs clubs, et du coup, il faudra être courageux pour oser se plaindre ouvertement ». Parmi les clubs où la menace est à peine voilée, l’on cite Astres de Douala. A Unisport du Haut-Nkam, « la page est presque tournée puisque celui à qui on pouvait demander des comptes se trouve en prison, et la situation du club laisse croire que rien ne peut plus être fait dans le sens de la régularisation », rapporte une source proche du club. Avant cela, les présidents de clubs avaient essayé en vain d’obtenir les données collectées par le Synafoc, pour déclencher le dossier. « Nous ne pouvons pas remettre ces informations à des gens qui sont supposés avoir payé leurs employés et qui de ce fait, devraient disposer de preuves de paiement », avaient opposé un cadre du Synafoc aux employeurs.

Il n’y aura donc rien à attendre du comité présidé par Faustin Domkeu, lui-même incriminé dans cette affaire. Et pourtant, la Fédération Internationale de Football Association (Fifa) tient à ce que les joueurs rentrent dans leurs droits. Dans un courrier adressé à la Fédération Camerounaise de Football (Fécafoot) le 18 février dernier, la secrétaire générale de la Fifa avait « demandé… de bien vouloir prendre de manière urgente les mesures nécessaires pour faire en sorte que les salaires et primes dus aux joueurs des 24 clubs conformément aux obligations contractuelles pertinentes soient payés à brève échéance ». Rappelant qu’« en tant qu’instance faitière du football camerounais, la Fécafoot a la responsabilité de veiller au respect des droits de ses joueurs professionnels». La Fécafoot s’était aussitôt exécutée en convoquant une réunion mettant aux prises les différentes parties, au terme de laquelle a été mis sur pied le comité ad hoc. Avec comme délai de remise de la copie, le 4 mars dernier. En deux semaines, ledit comité n’avait pu que définir le plan de travail. Pour envisager la procédure du contradictoire entre les présidents de clubs et les joueurs réclamant des salaires et primes de signature. Ce que n’avait pas apprécié le Synafoc, mais mis en minorité, le Syndicat avait dû laisser passer. Et aujourd’hui, la voie ne trouve pas d’issue satisfaisante pour le Synafoc.

La Fifa veille veille

Pour autant, « le Synafoc ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Le Synafoc ira au bout de son combat », avait déjà prévenu Jacques Marcel Itiga Itiga, responsable de la communication du Syndicat. Sachant compter sur la Confédération Africaine de Football (CAF) que la Fifa avait saisie, en comptant éventuellement sur la commission Licence de clubs. Laquelle pourrait rétrograder les clubs récalcitrants. « L’accord du 6 novembre 2017 passé entre la Fifa et la Fifpro nous engage à collaborer étroitement sur les objectifs de valeur mutuelle, dont l’amélioration des conditions d’emploi pour tous les joueurs de football professionnel à l’échelle globale », a souligné Fatma Samoura, la secrétaire générale de la Fifa. On n’y est pas encore. La balle reste dans le camp du Cameroun. A la Ligue de Football Professionnel du Cameroun (Lfpc), on « attend la copie du comité ad hoc », s’est contentée Ariane Nkoma, la responsable de la communication. Mais Pierre Semengue, le président de l’instance, a déjà menacé de conditionner le versement des subventions, à la présentation des comptes d’exploitation des fonds déjà alloués. A défaut, l’action publique pourrait être engagée contre les rebelles.

Can 2019 : Le TAS pour éliminer le Cameroun

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La qualification du Cameroun passera par Lausanne

Selon un courrier publié par Jeune Afrique, la Fédération de Football des Comores (FFC) a saisi la Fédération Internationale de Football Association (Fifa) le 15 mars pour dénoncer les « dysfonctionnements » dans le règlement du recours qui les oppose au Cameroun. Les Comores qui ont eu des difficultés à trouver de l’argent pour les frais de procédures, convoquent l’article R65 du Règlement du Tribunal Arbitral du Sport (TAS) accordant le bénéfice de la gratuité de la procédure en cas dans le cas d’appels contre des décisions des fédérations internationales dans le cadre d’affaire disciplinaires. Attirant l’attention de la Fifa sur « une tentative flagrante de la CAF des moyens restreints de la FFC sans que la FFC puisse être entendue ». La Confédération Africaine de Football (CAF) ayant refusé de payer elle-même sa part d’avance de frais (24000F suisse), ce qui suppose qu’au cas où les Comores ne s’en acquittent pas, la procédure tomberait. En faisant remarquer qu’en tant que personne morale, la FFC ne peut bénéficier de l’assistance judiciaire auprès du TAS. Face à ce blocage, la FFC s’est donnée jusqu’au 18 mars, délai pour la CAF de déposer son dossier auprès du TAS, pour se rabattre sur les tribunaux ordinaires égyptiens, « compétents » en raison de ce que le pays abrite le siège de la CAF et organisera la CAN 2019. « Une procédure d’arbitrage est ouverte. Mais le calendrier n’est pas fixé et on ne sait pas quand une décision sera rendue. Nous en sommes au début de la procédure », a confié le service de communication du TAS à Jeune Afrique.

Les Comores ne comptent pas lâcher du lest

La FFC a saisi le TAS pour exiger l’exclusion du Cameroun des éliminatoires de la CAN 2019 dont l’organisation lui était initialement confiée. Mais le 30 novembre dernier, la CAF a retiré cette organisation au Cameroun, évoquant d’énormes retards dans la construction des infrastructures. Sans éliminer le Cameroun des qualifications. Les Comores invoquent l’article 92.3 du règlement de la CAF, qui prescrit la disqualification du pays en cas de retrait de l’organisation.

Quoi qu’il en soit, le TAS ne statuerait sur la requête des Comores qu’après le match qui opposera les deux sélections à Yaoundé le 23 mars prochain. Un match qui déterminera le second du groupe B pour l’Egypte 2019. Le Maroc étant déjà qualifié, et le Malawi éliminé, la deuxième place du groupe se joue entre le Cameroun (2ème 8pts, O) et les Comores (3ème 5pts, -1). Un nul suffit au Cameroun pour arracher le ticket. Une victoire de plus d’un but est impérative aux Comores. Amir Abdou et ses hommes travaillent à réussir le pari. Mais la FFC compte davantage sur le TAS pour damer le pion à son adversaire du 23 mars.

Can 2021 : Pourquoi Bello Bouba retire des marchés à Prime Potomac

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Bello Bouba est convaincu que Prime potomac ne peut pas livrer les hôtels de Garoua

Le gouvernement prend la main sur les chantiers de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de football 2021. Notamment l’achèvement des travaux de rénovation de l’hôtel Bénoué et de construction d’un hôtel 4 étoiles à Garoua dans la région du Nord. Les deux marchés dont les travaux sont à l’arrêt depuis plusieurs mois ont été retirés à l’entreprise Prime Potomac. Une décision prise par le ministre du Tourisme et des Loisirs (Mintoul). La décision du maître d’ouvrage se justifie par le fait que les délais contractuels de livraison de ces infrastructures hôtelières sont échus depuis octobre 2018. Sur le terrain, indique L’œil du Sahel du 13 mars dernier, le taux de réalisation de la rénovation de l’hôtel Bénoué est de 42 %, tandis que celui de la construction de l’hôtel 4 étoiles est de 32 %. Or pour marquer le coup face aux graves « carences » de l’entreprise de Ben Modo, le ministre d’Etat, Bello Bouba Maigari, a décidé de faire exécuter lesdits travaux en régie exceptionnelle. S’opposant ainsi à une demande du ministre d’Etat, secrétaire général à la présidence de la République qui, en date du 11 mars 2019 l’invitait à mettre à la disposition de l’entreprise Prime Potomac, des avances exceptionnelles à hauteur de 826 millions de francs CFA pour achever les travaux de l’hôtel 4 étoiles et de 473 millions de francs CFA pour l’hôtel Bénoué.

Prime potomac : Programméé pour échouer?

C’était prévisible ! Il y a longtemps en effet que Prime Potomac montre des signes d’incapacité à remplir ses engagements vis-à-vis de l’Etat. Outre les deux hôtels suscités, les travaux sont à l’arrêt dans les autres chantiers qui lui ont été confiés. L’entreprise doit livrer d’ici au 31 mars, quatre terrains d’entrainement. Plongé dans le doute et la panique, le patron de Prime Potomac ne s’arrête plus de signer des communiqués dans lesquels il tente de justifier les causes de cet « échec » programmé. Ben Modo se dit victime d’une « campagne violente de dénigrement et de désinformation ». « Les auteurs de cette campagne de dénigrement sont connus, dit-il dans un communiqué signé le 12 mars dernier. Leur objectif principal est de garder la confusion dans nos chantiers, et empêcher, à tout prix l’achèvement des travaux à date et dans les budgets prévus ».

Des arriérés à payer

Incapable de livrer ses chantiers dans les délais, Prime Potomac impute l’arrêt des travaux au « non paiement » des avances de trésorerie. Accusant injustement le ministère des Finances d’être la source du blocage alors que, selon de nombreux informateurs au sein de l’administration des finances publiques, l’Etat ne doit plus rien à cette entreprise. « Le gouvernement a respecté ses engagements dans les délais et si retard il y aurait dans la conduite des chantiers, le blocage ne relève pas du ministère des Finances », confiait à Défis Actuels, l’un des acteurs stratégiques de la chaîne de paiement des décomptes (les sommes à débiter sur le montant total d’un marché, Ndlr.). A la Direction Générale du Budget, des sources sont également formelles : « nous n’avons pas de décomptes Prime Potomac en instance au Trésor ». Coup dur, Prime Potomac a de lourdes dettes à payer. L’entreprise doit près de 5 mois d’arriérés de salaire à ses employés et sous-traitants. Et environ 2 milliards de francs CFA à ses fournisseurs.

Par Janvier Duclair Mvondo

Opération Epervier : La deuxième affaire qui accable Mebe Ngo’o

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Mebe Ngo'o a perdu le sommeil

Après l’affaire Magforce qui a déjà conduit à l’incarcération de l’ancien ministre de la Défense, Edgard Alain Mebe Ngo’o, voici de nouvelles accusations qui pèsent contre l’enfant de Zoetele. Dans cette seconde affaire, Edgard Alain Mebe Ngo’o est soupçonné d’avoir développé un système de corruption et de détournement avec l’entreprise publique espagnole de vente d’armes Defex. Avant le Cameroun, Defex avait déjà, grâce à ses réseaux, développé son système de corruption pour gagner des marchés en Angola et en Arabie Saoudite. Au Cameroun, l’entreprise espagnole était chargée, entre 2010 et 2011, au moment où Edgard Alain Mebe Ngo’o était ministre de la Défense, de fournir des pièces de rechange pour véhicules, des systèmes de surveillance et du matériel antiémeute à l’armée camerounaise. Selon une dépêche publiée par l’Agence france presse (AFP), le 09 mars dernier, Edgard Alain Mebe Ngo’o et l’entreprise Defex qui visiblement avaient les mêmes visées, se seraient appuyés sur un homme d’affaires français, pour parvenir à leur fin. Il s’agit d’un certain Phillipe Bourcier hâtivement recherché par la justice espagnole et qui aurait joué un rôle double dans l’affaire : négocier les contrats au Cameroun pour l’entreprise de vente d’armes, et assurer les rétrocommissions au profit d’Edgard Alain Mebe Ngo’o. Le tout, grâce à des contrats surfacturés et des sociétés écrans. L’homme d’affaires français aurait à lui seul profité, de près de 10 milliards de francs CFA dans l’affaire.

Sur la demande du juge espagnol, Jose Mata, l’ancien ministre de la Défense Edgard Alain Mebe Ngo’o a été auditionné dans le cadre de l’affaire Defex, le 06 mars dernier. Il répondait, selon le journal Jeune Afrique, « de ses relations avec Manuel –Iglesias Sarria, un ex cadre de Defex, Phillipe Bourcier, un homme d’affaires français et Pierre Njine Djokam, un ex contre-amiral camerounais ou Jean Calvin Momha, un général de brigade » aérienne, tous soupçonnés, d’avoir bénéficié de l’entreprise espagnole des fonds jugés suspects. Après cette audition, et dans le cadre de la même enquête, renchérit le magazine panafricain, le domicile de l’ancien directeur du cabinet civil au quartier Odza à Yaoundé, a été perquisitionné pendant près d’une demi-journée.

Avec cette nouvelle affaire, l’ancien homme fort du régime de Yaoundé semble pris entre deux feux : la justice camerounaise et la justice espagnole. Les juges se chargeront de faire leur travail, mais tout laisse croire que le sort de celui qui fut l’un des plus influents ministres de Biya est déjà scellé.

Par Joseph Essama

Justice: Du renfort pour Maurice Kamto

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Du lourd pour Maurice Kamto (?)

Ils sont certainement venus faire leur travail. Mais leur présence sur le sol camerounais sème la discorde au sein de l’opinion. Officiellement, le Sous- secrétaire d’Etat américain aux affaires africaines, Tibor Nagy, s’arrête au Cameroun dans le cadre de sa mini-tournée diplomatique dans plusieurs pays africains. Et l’avocat français Dupont-Moretti vient à Yaoundé, pour défendre les prisonniers du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun. Avant même d’avoir commencé leur mission, certains Camerounais dénoncent déjà leur présence à Yaoundé. Certains y voient, un agenda caché, dont « l’objectif est de faire partir les autorités actuelles ». Si les critiques sont plus souples à l’endroit de l’avocat français, venu défendre Maurice Kamto et cie, elles sont en revanche virulentes au sujet du diplomate américain. Cette susceptibilité s’explique par les propos tenus, il y’a quelques jours par Tibor Nagy. Dans sa sortie, le diplomate américain avait critiqué sans fioritures, la gestion par l’Etat de la crise anglophone, et avait appelé les autorités camerounaises à « l’organisation d’un forum international » pour sortir du conflit dans le Nord-Ouest et Sud-Ouest. Il a ensuite dénoncé l’arrestation des leaders de l’opposition. Cette prise de position du monsieur Afrique du gouvernement Trump avait réconforté plusieurs Camerounais acquis à la cause anglophone et à celle des militants du Mrc. Mais a mis une bonne partie de l’opinion nationale dans tous ses états.

La position des députés

Dans son discours d’ouverture de la session parlementaire en cours, le doyen d’âge de l’Assemblée nationale, Enow Tanjong, a vertement dénoncé ces propos qu’il considère comme : « une ingérence dans le fonctionnement d’un Etat souverain, doté d’institutions démocratiques et stables ». « Le Cameroun n’est ni un certain pays du Moyen-Orient, ni un certains pays d’Afrique du Nord, encore moins un certains pays d’Amérique latine. Le Cameroun c’est le Cameroun », a-t-il mis en garde, ceux qui, selon lui en veulent au Cameroun. A sa suite, son homologue Emmanuel Mbiam, député du Rdpc a lui aussi qualifié ces propos de « particulièrement grave et inélégant ». Pour le député du Social Democratic Front, Joshua Osih, il ne s’agit pas d’une ingérence. Le candidat déchu à la dernière élection présidentielle pense que « tout individu, même diplomatique a le droit de prendre position sur un sujet comme sur un autre, une ingérence sous-entend que le diplomate américain veut venir régler un problème au Cameroun, sans l’autorisation des autorités camerounaises ». Et de son avis, « ce n’est pas ce qu’il est en train de faire. Il a juste pris une position par rapport à un problème existentiel, un problème profond ». Pour le député Assiga, il n’a pas été question dans la sortie du Sous-secrétaire américain de remettre en cause la souveraineté du Cameroun, « quand bien même, il y aurait le droit de réserve en diplomatie, chaque pays est en droit de faire des commentaires sur la situation d’un autre pays. Il peut exprimer une doléance, une demande et un souhait, cela ne remet pas en cause la souveraineté du Cameroun ». « En aucun moment le responsable américain n’a remis la souveraineté du Cameroun en cause » a-t-il martelé.

Les 2 blancs à Yaoundé

Dès son arrivée, l’avocat français a rendu visite à Maurice Kamto à la prison centrale de Kondengui. Au terme de cette visite, Dupont-Moretti a donné une conférence de presse dans laquelle il a livré son intention de vouloir rencontré le président de la République. Ensuite il a déclaré que sa présence au Cameroun avait pour but de rencontrer les personnes proches du dossier en vue de se faire une idée du problème et envisager les recours internationaux. Le Sous-secrétaire d’Etat américain Tibor Nagy est lui aussi arrivé à Douala samedi dernier et a été accueilli par l’ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun. Il doit rencontrer les autorités camerounaises dès ce lundi.

Par Joseph Essama

Climat sociopolitique : La Communauté internationale invitée à « frapper » le régime Biya

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Kah Walla et compagnie comptent désormais sur la communauté internationale

« Pour réussir à déterminer leur avenir face à ce régime violent et répressif, les Camerounais demandent à la communauté internationale de se tenir aux côtés du peuple camerounais et de faire respecter les différents engagements pris par l’Etat du Cameroun ». L’invitation est du Front citoyen, dans une lettre adressée à la communauté internationale. Si cette coalition d’associations de la société civile et de l’opposition, « note avec satisfaction l’intérêt de plus en plus croissant que la communauté internationale porte sur le Cameroun, notamment la condamnation et la dénonciation des cas de violation flagrante et répétées des diverses conventions et accords internationaux pourtant dûment ratifiés par le Cameroun », il reste que les signataires souhaitent voir la communauté internationale faire mieux.

Le document signé de 23 personnalités dont Edith Kah Walla, Sam Mbaka, père Ludovic Lado, Alice Nkom, Jean Pierre Bekolo, Agbor Balla, Hilaire Kamga,… fait une « analyse objective de la situation réelle des droits humains et du respect de l’Etat de droit au Cameroun » sur les trois dernières années : 7 régions sur 10 en proie à l’insécurité, avec en prime la crise dite anglophone qui touche 16% de la population, et déjà « quelques incursions de bandes armées non identifiées dans certaines localités des régions du Littoral et de l’Ouest », « l’emprisonnement à tort » de centaines de personnes dans le cadre de la guerre contre Boko Haram, des assassinats extrajudiciaires de femmes et d’enfants par des soldats camerounais, des arrestations de journalistes, acteurs de la société civile et de l’opposition que le Front compte par milliers, des interdictions et interruptions de manifestations de la société civile et de l’opposition par les forces armées, des tirs à balles réelles sur des manifestants non violents,… Et surtout l’élection présidentielle du 7 octobre 2018 qui a été émaillée de violences avant. Pour ce dernier cas, le Front citoyen estime que « l’élection a été entachée de fraudes et irrégularités, empêchant monsieur Biya, déclaré élu par un Conseil constitutionnel controversé, de jouir d’une quelconque légitimité ».

Gel des avoirs, interdiction de voyager,…

Et face à « l’arsenal de réponses violentes » que le régime Biya a servi « à toutes les situations », le Front juge urgent de faire recours à la communauté internationale. Et souhaite voir son interlocutrice « demander des comptes au régime Biya lors des rencontres internationales », y compris « l’interpellation des représentants du gouvernement camerounais selon les mécanismes existants sur les cas avérés d’assassinat, emprisonnement et torture ». Mieux, de « déclencher le processus de sanctions individuelles contre les membres du gouvernement camerounais responsables de la violence et du chaos actuels dans le pays» telles que des interdictions de voyager, le gel des avoirs, la saisie des biens, etc. Non sans oublier les condamnations directes des violations de droits humains et des principes démocratiques. Et que la communauté internationale « demande la libération immédiate et inconditionnelle de toutes les personnes illégalement arrêtées et condamnées dans le cadre de la crise anglophone et des manifestations de la Coalition autour du Mrc ».

Tout en redoutant une réaction « nationaliste » de Yaoundé. « Il sera important pour vous, chère communauté internationale, de faire face aux brimades et à l’intimidation qui constituent les tactiques habituelles du régime en place. Vos appels… susciteront des critiques ‘’d’ingérence dans les questions de souveraineté nationale’’. Ne soyez pas dupes ! », préviennent-ils les « pompiers ». Pour le Front citoyen, « les Nations souveraines utilisent leurs richesses pour fournir des services de base à leurs peuples, placent les intérêts de leurs peuples au dessus-de tout ; respectent les droits fondamentaux de leurs citoyens et respectent la loi », enseigne-t-il. « Sous le régime Biya, le Cameroun n’est pas une nation souveraine», note-t-il.

Et « c’est pour rétablir notre dignité et notre souveraineté en tant que Nation que nous de la société civile et de l’opposition, sommes déterminés,… à défendre les droits humains du peuple camerounais, la primauté du droit et des libertés fondamentales au Cameroun », justifient les signataires. « Peu importe l’inévitable violence verbale et médiatique qui va se déchaînera sur vous, en tant qu’individus et en tant que pays, il importe de continuer à s’investir dans la construction de la relation durable qui lie le peuple camerounais et la communauté internationale sur une base solide de respect des droits humains et des libertés fondamentales», insistent-ils.

Crise sécuritaire: l’accueil des réfugiés accentue les difficultés des communes

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L’accueil des réfugiés accentue les difficultés des communes.

Les communes situées dans les régions de l’Adamaoua, de l’Est, du Nord et de l’Extrême-Nord font face à de nombreuses difficultés induites par l’accueil des réfugiés. C’est ce que révèle un rapport récemment publié par l’Institut Nationale de la Statistique (INS). Intitulé Diagnostic pour le Relèvement et la Consolidation de la Paix (RCP), ce document est le résultat des enquêtes menées au cours de la période allant de d’octobre 2016 à mars 2017. Et ce, à la suite des incursions perpétrées par les membres de la secte islamiste Boko Haram depuis 2014, ainsi que les conflits dans les pays voisins tels que la République centrafricaine, qui ont conduit à un afflux massif des réfugiés au Cameroun. Le rapport de l’INS souligne que « près d’une commune sur deux ayant accueilli des réfugiés est confrontée au problème d’insécurité du fait de ces derniers ». Les autres problèmes auxquels ces communes font le plus face par ordre d’importance sont respectivement : « la pression sur les terres (48 %), l’approvisionnement en eau potable (43 %), la pression sur les services de santé (38 %), la pression sur les services d’éducation (36 %) et enfin les problèmes d’approvisionnement en nourriture (34 %) », d’après l’INS. Tandis que le principal problème se posant avec acuité dans les communes de l’Adamaoua et de l’Est est « l’insécurité (respectivement 69 % et 100 %), les communes de l’Extrême-Nord sont plus confrontées au problème d’approvisionnement en eau potable (46 %), et celles du Nord aux pressions sur les services de santé (22 %) et sur les terres (22 %) ». On note aussi que quatre communes sur dix (42 %) ont connu des pressions sur leurs terres, avec un impact encore plus accentué à l’Est (56 %). Dans neuf communes sur dix, il y a des pressions sur la terre, parce que « le désir de cultiver, de la part des réfugiés et/ou déplacés internes, est à l’origine de ladite pression ». En outre, dans 71 % et 69 % des communes, cette pression est respectivement due « à la forte demande alimentaire et à la recherche de pâturage. La pression sur les sols a engendré des conflits dans six communes sur dix », selon le rapport de l’INS. Sur les 122 communes répertoriées dans ces régions, seules 114 communes ont été enquêtées. On note aussi qu’un peu plus de la moitié des communes enquêtées dans les quatre régions d’étude ont accueilli des réfugiés depuis janvier 2014. Les communes de l’Est (68 %) sont celles qui ont accueilli le plus de réfugiés. Par ailleurs, dans un peu plus de sept communes sur dix (72 %), les réfugiés accueillis vivent principalement avec les populations autochtones ou hôtes. Pour 16 % de communes, ces réfugiés vivent dans des camps spécialement aménagés pour eux.

Par Junior Matock (Défis Actuels)

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