Comme depuis toujours, le pouvoir politique au Cameroun reste concentré entre les mains d’un seul parti. Les raisons : le Rdpc contrôle les pouvoirs exécutifs et législatifs. Au niveau du pouvoir exécutif, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais continue de dicter sa loi. Au sommet de la pyramide, un président de la République « vieux » de 37 ans de pouvoir et qui au-delà des droits que lui confère la constitution dirige avec une bonne dose de paternalisme. Au sein du gouvernement, la quasi-totalité des ministres qui sont membres du Rdpc, exécutent, sans avoir mot à dire, les ordres qui leur viennent du chef de l’exécutif.
Au parlement, Cavaye Yéguié Djibril et ses camarades font la loi depuis 1992. Aucune concession n’est faite à l’opposition, qui même lorsqu’elle semble proposer des lois favorables à tous est obligé de subir le diktat du parti majoritaire à l’Assemblée. A côté de cela, tous les projets de loi de la majorité, même lorsqu’ils présentent une menace pour la stabilité sociale, passent comme des lettres à la poste. La plupart des députés du parti au pouvoir, sacrifient parfois leurs propres convictions, au nom de la solidarité du parti. Ce fut le cas en 2008, lorsqu’envers et contre tout, ils ont réussi à lever le verrou sur la limite du mandat présidentiel. La conséquence de toute cette « démocratie », qui s’assimile à la fin à une dictature de la majorité, est l’uni polarisation de la société. Comment donc réussir à ôter une parcelle de pouvoir à ce régime qui, au nom de la démocratie politique, régente tout ? C’est la question que se posent plusieurs Camerounais, au lendemain d’une élection présidentielle où le Rdpc vient encore de rempiler, la magistrature suprême pour la 7e fois consécutive.
Plusieurs experts en sciences politiques et en droit constitutionnel s’accordent à dire que ce n’est qu’en contrôlant le parlement, notamment l’Assemblée nationale que l’opposition peut tenter d’équilibrer le jeu démocratique. Une équation faisable, mais très difficile au regard des forces politiques en présence. En dehors du fait qu’elle est divisée, l’opposition au Cameroun reste fragilisée par le manque de moyens. Le parti au pouvoir a réussi à mettre en place toute une machine qui tente de réduire au silence toute velléité d’opposition. Les résultats de la dernière présidentielle où l’opposition a réussi a glané plus de 20 % des suffrages, auguraient pourtant une lueur d’espoir. Le parti de Maurice Kamto était bien parti pour tout contrôler la capitale économique. Mais avec l’arrestation de ses leaders, le MRC perd de plus en plus du terrain. Cabral Libii premier dauphin de l’opposition est resté très engagé sur le terrain, mais son mouvement qui n’a pas déjà assez de leaders, capable de convaincre l’électorat au niveau local, vient lui aussi de divorcer d’avec le parti Univers qui l’a soutenu lors de l’élection présidentielle. Même avec ses 18 députés, le Sdf est plus que jamais fragilisé par la crise anglophone. Les autres partis, ayant des représentants au parlement se sont alliés pour la plupart à la majorité présidentielle. Avoir la majorité au parlement reste un gros challenge pour l’opposition. Ce challenge s’annonce difficile, mais pas impossible.
Quelle analyse faites-vous du secteur de la Microfinance au Cameroun ?
Les établissements de microfinance exerçant au Cameroun réalisent les missions qui sont les leurs. En effet, sur le plan social, grâce à ces institutions, des millions de Camerounais ont désormais accès aux produits et services financiers où qu’ils se trouvent. Quelle que soit la localité où vous vous trouvez de nos jours, et quelle que soit la couche sociale à laquelle vous appartenez, bayam sellam, agriculteurs, éleveurs, artisans, etc… vous avez la possibilité d’accéder à une diversité de produits et services financiers de votre choix proposés par des établissements de microfinance agréés. Au plan économique, le volume de plus en plus croissant de crédit injecté dans les activités génératrices de revenus permet aux populations sus visées de créer de la richesse. Depuis une dizaine d’années les micro entrepreneurs, les agriculteurs, les artisans soutenus par les établissements de microfinance contribuent à hauteur de 15 % au Produit Intérieur Brut (PIB). C’est-à-dire, 15 % de richesses créées au Cameroun proviennent de ces micro entrepreneurs et particulièrement celles exerçant en zone rurale. Les crédits accordés aux micro entrepreneurs camerounais permet à notre pays de contrôler 70 % des échanges intracommunautaires. Le secteur agricole essentiellement financé par la microfinance emploie 45 % de la population active de notre pays. Sans compter que 82 % des disponibles caloriques sont fournies par les denrées agricoles locales produites par les financements offerts par les établissements de microfinance. Les établissements de microfinance emploient directement plus de 15 000 Camerounais pour la plupart des jeunes filles et de jeunes garçons formés dans nos universités.
Au plan de l’élargissement de l’assiette fiscale, les établissements de microfinance jouent un rôle non négligeable. Et ce que je déplore ici c’est que le gouvernement n’apprécie pas toujours cette contribution à sa juste valeur. En effet, plusieurs micro entrepreneurs sont sortis du maquis fiscal à la faveur des crédits qu’ils obtiennent des établissements de microfinance. La présentation d’une carte de contribuable ainsi que d’un titre justifiant que l’activité que vous menez est en règle avec l’administration fiscale constituent des préalables pour obtenir un crédit auprès des établissements de microfinance. Ces mesures ont permis à des centaines de milliers de micro entrepreneurs de devenir des opérateurs économiques citoyens qui sont immatriculés auprès de l’administration fiscale et payent leurs impôts libératoires ou leur patente selon le cas. Ne fût-ce que pour cette mission sociale, les établissements de microfinance devraient mériter une attention spéciale notamment en leur donnant des moyens pour continuer à réaliser cette difficile mission.
« …plusieurs micro entrepreneurs sont sortis du
maquis fiscal à la faveur des crédits qu’ils
obtiennent des établissements de microfinance.
Ces mesures ont permis à des centaines de
milliers de micro entrepreneurs de devenir des
opérateurs économiques citoyens qui sont
immatriculés auprès de l’administration fiscale
et payent leurs impôts libératoires ou leur
patente selon le cas… »
Au plan règlementaire, malgré les efforts déployés par l’Autorité Monétaire Nationale et la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (Cobac) pour adopter des lois et règlements pour protéger les dépôts des clients/membres, nous notons encore des brebis galeuses dans les rangs du secteur de la microfinance. C’est ce qui justifie malheureusement la peur de certains clients à chaque fois qu’un établissement de microfinance est placé sous administration provisoire ou en liquidation.
Toutefois, nous devons le relever pour apaiser les inquiétudes des uns et des autres pour dire que, du côté des établissements de microfinance, beaucoup d’efforts sont en train d’être faits par les professionnels de la microfinance (administrateurs et personnel opérationnel) pour améliorer leurs pratiques en matière de gestion. Ces efforts sont marqués par la qualité des services offerts qui s’améliore de jour en jour. Le nombre de faillite a considérablement baissé au cours des cinq dernières années. Il y a une dizaine d’années, un établissement de microfinance fermait les portes en moyenne chaque mois emportant avec lui des centaines de millions de dépôts des épargnants. Grâce à la surveillance de la Cobac, grâce au suivi rapproché de l’Autorité Monétaire Nationale (ministère des Finances), aux partenaires de développement bilatéraux et multilatéraux ainsi qu’ aux institutions de formation, ce nombre a baisé de manière très considérable.
Parlant de la contribution de l’Autorité Monétaire et de la Cobac dans l’assainissement du secteur de la microfinance, pensez-vous que ces deux acteurs jouent réellement leurs rôles ?
Ces deux acteurs majeurs dont le rôle est de réguler l’activité de la microfinance jouent pleinement chacun son rôle. Au niveau de la Cobac, plusieurs missions de contrôle sont effectuées au sein des établissements de microfinance. Et ces missions permettent d’identifier des insuffisances dans plusieurs domaines tels que les méthodes de gouvernance, la tenue de la comptabilité, la qualité du système d’informations, les crédits accordés aux dirigeants et qui ne sont pas toujours remboursés, les mesures mises en place par les établissements de microfinance pour protéger les dépôts des clients contre les risques et les braquages, le niveau bas des salaires payé au personnel, le traitement peu honorable des dirigeants responsables agrées par l’Autorité Monétaire après avis conforme de la Cobac…. Tous ces constats font l’objet de projet de règlements qui sont discutés avec les mêmes professionnels du secteur pour limiter dans l’avenir ces mauvaises pratiques observées lors des contrôles.
Du côté de l’Autorité Monétaire, je dois relever pour m’en réjouir, l’attention très prononcée de monsieur le ministre des Finances en fonction qui a instruit à ses collaborateurs de faire le tour de toutes les régions du pays ; même les régions en guerre pour diffuser le nouveau dispositif réglementaire en vue de donner l’occasion aux professionnels qui travaillent au quotidien de pouvoir mesurer les enjeux et les défis de cette nouvelle réglementation qui est entrée en vigueur depuis janvier 2018 et qui, malheureusement contient des dispositions désormais très contraignantes pour le management des établissements de microfinance. Cette tournée a débuté par les régions du grand Nord, et s’est poursuivie dans le Littoral dans le courant des mois de février et de mars 2019. Elle est annoncée dans les autres régions au cours des semaines qui suivent. En ma qualité d’expert en microfinance, j’apprécie la qualité des intervenants et des échanges au cours de ces rencontres. J’encourage ces deux organes à continuer ces réformes en vue d’assainir le secteur ; mais surtout en mettant en avant le rôle pédagogique qui doit précéder toutes leurs actions pour éviter de tuer la poule aux oeufs d’or. La microfinance encore en phase de construction, il ne faudrait pas admettre aucune action dont le résultat pourrait contribuer à déconstruire cette noble œuvre.
Le secteur de la microfinance est actuellement ébranlé par la fermeture du Crédit Mutuel. Quelle explication vous apportez à cette dernière crise ?
Effectivement, depuis quelques semaines des messages circulent dans les réseaux sociaux faisant état de la fermeture imminente du Crédit Mutuel qui est un établissement de microfinance de 1ère catégorie et qui faisait malheureusement partie des premiers établissements de microfinance agrées au Cameroun. Seulement, je dois dire pour la gouverne de la clientèle des établissements de microfinance en général et de ceux du Crédit Mutuel en particulier que cette institution était en difficultés très profondes depuis plus de cinq ans ; même avant le décès de son Promoteur il y a près de trois ans. Depuis belle lurette, le Crédit Mutuel ne réussissait plus à honorer ses engagements vis-à-vis de ces clients/membres en raison des tensions récurrentes de trésorerie. Face à cette situation préjudiciable pour les clients/membres, la Cobac a désigné il y a près de deux années un administrateur provisoire qui a déployé des efforts considérables pour sauver les dépôts des épargnants et relancer cette structure. Malheureusement, les efforts de cet administrateur se sont heurtés au manque de coopération et aux exigences de gros déposants doublé des difficultés observées dans le recouvrement des crédits accordées assez souvent sans garanties. Sans compter que, dans la plupart des cas l’essentiel de ces crédits n’avaient pas de fonds de dossiers.
Ce statu quo a amené la Cobac à mettre le Crédit Mutuel en liquidation depuis le mois dernier et à nommer un liquidateur dont la mission sera de réaliser les actifs pour éponger une partie du passif. En français facile, le liquidateur doit vendre les quelques biens qui existent encore du Crédit Mutuel, recouvrer les crédits ; et le fruit de ces ventes et de ces recouvrement va permettre de rembourser les dettes. Toutefois, il convient de préciser que les recettes obtenues à la suite des actions du liquidateur seront affectées en priorité au règlement des dettes fiscales, des dettes dues au personnel, des engagements hypothéqués et c’est le solde qui pourra éventuellement rembourser une partie des dépôts des clients/membres.
Malgré l’assainissement de secteur par le gouvernement, le système de microfinance reste toujours fragile. Quels sont les véritables maux des EMF ? Qu’est ce qui explique les fermetures en cascade des EMF ces dernières années ?
L’industrie de la microfinance souffre de maux que nous pouvons classer en plusieurs catégories à savoir, les causes imputables aux EMF. Parmi ces causes il y a, la mauvaise gestion des promoteurs et dirigeants. Les crédits accordés aux promoteurs, à leurs épouses, leurs enfants ou leurs amis et qui ne sont malheureusement pas souvent remboursés, les surfacturations des prestations fournies par les promoteurs et les dirigeants. Vous trouverez des établissements de microfinance où les promoteurs et les dirigeants sont en même temps leurs propres bailleurs, les fournisseurs des rames de papiers, des ordinateurs, de l’encre, des meubles. C’est encore eux qui effectuent les aménagements des agences. Pire encore, les prix qu’ils facturent sont exorbitants.
Toujours dans cette même rubrique, il y a le manque de formation. Il convient de préciser pour la gouverne des professionnels des établissements de microfinance que la formation du personnel et des administrateurs constitue une voie incontournable pour réaliser de bonnes performances. Aujourd’hui, il y a une dizaine d’établissements de microfinance qui se démarquent en réalisant des centaines de millions de bénéfices parce qu’ils mettent le personnel au centre de leur management. Ce personnel bénéficie d’un bon programme de formation sur les bonnes pratiques dans divers domaines de l’activité de la microfinance ; par la suite, le suivi de la mise en œuvre des formations acquises est assuré ; et les résultats suivent automatiquement.
La qualité approximative du système d’information de gestion qui ne permet pas toujours d’anticiper sur les risques de fraudes de toute nature ; mais également ne permet pas de bien suivre le portefeuille de crédit. Les produits de crédit inadaptés. De nos jours, nous rencontrons des EMF qui accordent des crédits de très gros montants aux clients sans aucun moyen de les suivre. Il en est de même des EMF qui proposent des produits de découvert à leur clientèle alors qu’ils ne disposent pas d’outils ou d’expertise nécessaires pour la mise en œuvre et le suivi de ce produit qui est plus orienté banque commerciale classique.
La deuxième catégorie de problème est constituée de la qualité des règlements et des lois qui régissent l’activité da la microfinance en zone CEMAC. Nous remarquons malheureusement que l’organe de régulation et de contrôle qu’est la Cobac transpose assez facilement les règlements qui régissent les banques commerciales classiques dans le secteur de la microfinance. Ce qui pose un véritable problème car le métier de banque est différent de celui de la microfinance ; même si les deux acteurs font de l’intermédiation financière. Les règlements qui régissent l’activité de la microfinance doivent être adaptés à l’activité de la microfinance et non calqués sur le modèle bancaire.
« Les lois et le dispositif judiciaire actuels semblent plutôt protéger les clients délinquants qui prennent les crédits et ne les remboursent pas »
La troisième catégorie des problèmes est constituée de la fiscalité qui régit l’activité de microfinance. En effet, la fiscalité à laquelle l’activité de la microfinance est assujettie constitue un gros handicap qui plombe la création de la richesse et limite la création d’emplois au Cameroun pour la simple raison que, telle que pratiquée, le crédit coûte plus cher au micro entrepreneurs à sa sortie du fait de la TVA qui vient renchérir le coût du crédit. De même, les impôts et taxes payés par les établissements de microfinance les privent de ressources pour accorder de micro crédits. Et lorsque nous savons que chaque micro crédit de 200 000 Francs CFA que l’EMF accorde permet d’employer en moyenne deux à trois camerounais, nous comprenons que la fiscalité actuelle rame à contre-courant de la politique gouvernementale en matière de création d’emplois et de création de richesses.
Enfin, il y a le problème de recouvrement des crédits dans les EMF. Les lois et le dispositif judiciaire actuels semblent plutôt protéger les clients délinquants qui prennent les crédits et ne les remboursent pas. La plupart des juges sinon tous présentent de grosses insuffisances dans la maîtrise de l’activité de la microfinance. Il y a quelque chose à faire de ce côté-là. Nous recommandons ici que la loi sur la répression du non remboursement de crédit en cours soit rapidement adoptée par l’Assemblée Nationale ; ensuite que le gouvernement crée une juridiction spéciale dotée de magistrats formés et agréés pour juger dans des délais bien précis toutes les affaires liées aux activités bancaires et de microfinance. Enfin, que la Cobac adopte un règlement spécial pour le recouvrement des créances des établissements de microfinance dans la Cemac.
Le ministère des Finances a mis en place une Centrale des risques des Établissements de Microfinances pour réduire le risque de banqueroute. Quel est l’apport de cette institution ? Quelles autres solutions proposez-vous pour réduire les risques des EMF ?
La Centrale des risques qui est en cours d’implémentation et qui sera élargie à l’activité de la microfinance, constituera un outil déterminant dans la lutte contre les clients délinquants. Seulement, le coût d’accès à cet instrument par les EMF pourrait constituer une limite à son efficacité.
A côté de cette centrale, le gouvernement devra accélérer comme nous l’avons dit un peu plus haut l’adoption de la loi sur la répression des clients qui ne remboursent pas leurs crédits. Je suggère même que ce dispositif, s’il est adopté au Cameroun, soit rapidement généralisé dans la Cemac.
« il faudrait que la Cobac revoie également la manière dont les administrateurs provisoires mettent en œuvre leurs missions »
Cependant, la Cobac a pris une batterie de mesures applicables d’ici 2020 pour assurer la viabilité de ce secteur dans la sous-région. Que vous inspirent ces nouveaux dispositifs réglementaires ?
Il s’agit là de bonnes initiatives à encourager et à vulgariser à travers des formations, du coaching et du suivi rapproché. Tout en réitérant les réserves faites un peu plus haut, nous devons recommander aux organes de surveillance de l’activité de la microfinance de compléter son dispositif par un véritable règlement sur des mesures préventives de protection des dépôts. De même, il faudrait que la Cobac revoie également la manière dont les administrateurs provisoires mettent en œuvre leurs missions ; notamment en prévoyant des agréments pour accéder aux fonctions d’administrateurs provisoires et de liquidateurs des EMF ; car de nos jours, on rencontre dans les rangs de ces administrateurs provisoires certains, dont l’objectif est simplement de se faire de l’argent au détriment du redressement de l’institution qui leur a été confiée. Nous avons des exemples actuels ici au Cameroun. Comment comprendre que des promoteurs d’établissements de microfinance sous administration provisoire font des efforts de recapitalisation de leur institution dans la limite approximative demandée par l’administrateur provisoire ; et que ce dernier se refuse de proposer à la Cobac la fin de l’administration provisoire. Nous recommandons également à la Cobac et à l’Autorité Monétaire d’adopter un règlement qui exige une attestation de formation délivrée par un cabinet ou centre reconnu pour toute personne qui aspire aux fonctions d’administrateur ou d’élu dans un établissement de microfinance prouvant qu’il a suivi un cours sur la gouvernance et la gestion du crédit et les normes prudentielles et analytiques en microfinance.
La sanction est tombée le 21 mars dernier. Dans une série de communiqués de presse, le ministre des Transports annonce la suspension de 88 compagnies de transport routier interurbain. La décision prise par Ernest Ngalle Bibehe concerne touche particulièrement des agences basées dans neuf régions du pays. Celles-ci exerçaient leurs activités sans agrément, une « situation qui s’apparente à la pratique du transport clandestin, un incivisme clandestin », explique le ministère. Seules bonnes élèves, les compagnies dont le siège se trouve dans l’Adamaoua.
Selon les informations rendues publiques par le ministère des Transports, cette sanction qui s’impose a été prise « au terme de l’audit effectué par ses services techniques compétents » dans les différentes régions du pays. Pourtant, un délai de 15 et 30 jours avait au préalable été accordé à toutes les compagnies incriminées pour « régulariser leur situation administrative ».
Quelques-unes, visiblement prudentes se sont pliées aux exigences du gouvernement notamment dans les régions de l’Ouest où 13 compagnies sur les 32 visées, 16 sur 39 dans le Littoral et 18 sur 42 dans le Centre se sont conformées. Du coup, ce sont les régions du Centre et du Littoral qui détiennent les records avec respectivement 24 et 23 compagnies de transport sanctionnées. « Eu égard aux graves périls de sécurité routière susceptibles de résulter de cet incivisme caractérisé », le ministre des Transports invite les autorités administratives compétentes « à veiller à l’application stricte de cette mesure de suspension ».
Liste des compagnies suspendues Ouest (19) : Fodem voyages, Trésor voyages, Satellite Express Voyages, Super Confort Express voyages, Royal Intercity, Butsis Express voyages plus, Mayo Banyo voyages, Avenir du Noun, Eurolines, Grand Ouest Express, Super Grand Mifi, Gic super Salomoun voyages, Hata Express, Menoua voyages, Nkwen Ndem voyages, Camarade Express, Diamond Travel agency, Mazi group Express, Avenir Bamboutos.
Extrême-Nord (02) : Mont Mandara, National Voyages.
Sud-Ouest (03) : Diamond Travel, Grand Jeannot, Garanti Express.
Est (04) : Super Narral, Abong- Mbang Express, Deo Gratias, GIC Haut-Nyong Voyages.
Sud (05) : Alpha Jet Voyage, Kouma Voyage, Caravane Express, Meyomessala Express, Rapide Express.
Littoral (23) : National voyages, Butsis voyages, Eurolines voyages, Jes group, Grand Ouest express, Golden express, Nde Airlines, Trésor voyages, Nso boy Express, Tsebo voyages, Menoua voyages, Perseverence Express voyages, Avenir Express voyages, Moghamo voyages, Ngiamte Express, Avenue Stop Express, Grand Jeannot, Golden Express voyages, Psalm 23 Express, Ngoua Express, Camarade Express, Chéri Chéri, Nianko voyages.
Centre (24) : Fodem voyages, Professionnel Driver’s Express, Remember Express Voyages (Nanga), Astrandy, Charité Voyages, Solidarité Plus Voyages, Super Confort Express, Super amlgo, Satellite Express Voyages, Caravane Voyages, Fako Travelers, Princesse Voyages, Horizons nouveaux, Deo Gratias, Confiance express (Ntui), Super Aimé voyages, One love voyages, Maxime voyages, Miss voyages, Solliciter, Emamo, le Doux voyages, Majestic, Oman Express.
Dès la rentrée scolaire 2019 – 2020, le Collège Sonara aura sa section anglophone. Cette innovation qui vient d’être annoncée par le directeur général de la Société Nationale de Raffinerie (Sonara) s’inscrit « en droite ligne de la politique du vivre ensemble et du multiculturalisme prônée par le chef de l’Etat », indique Jean-Paul Simo Njonou. Le top management de l’entreprise a à cet effet instruit le directeur de l’école, le directeur des Affaires générales et le directeur de l’Administration et des Ressources humaines « de prendre toutes les dispositions nécessaires pour rendre effective et de manière progressive l’ouverture » de ladite section anglophone dès la rentrée prochaine. Le patron de l’entreprise invite par conséquent le personnel ayant des enfants inscrits dans le sous-système anglophone (class six) à préparer « sereinement la rentrée scolaire 2019-2020 en se rapprochant des responsables du Collège Sonara ».
Le Collège Sonara est un établissement d’enseignement secondaire qui accueille tous les élèves à l’issue de la scolarité élémentaire de la sixième jusqu’à la classe de terminale. Selon la direction de cet établissement, celui-ci dispose d’un cadre d’étude convivial et adapté aux besoins réels des enfants. « En effet, les salles de classe sont bien équipées, le nombre d’élève par classe est limité. Les clubs du mercredi sont à la disposition des élèves afin de valoriser leur créativité. Une salle informatique équipée d’ordinateurs de dernière génération avec une connexion Internet de qualité permet aux élèves de travailler dans des conditions optimales. Une bibliothèque de plus de 10000 ouvrages favorise l’épanouissement scolaire des élèves », peut-on lire sur le site internet de l’école qui, « en plus d’un cadre étude approprié, les élèves disposent d’un complexe sportif .Une cantine pour la restauration sur place des élèves respectant scrupuleusement les normes de sécurité alimentaire accueille nos jeunes. Les enseignants en plus d’être diplômés et qualifiés dans leur travail ont une très grande expérience dans l’éducation et le suivi des élèves ».
Le Collège Sonara possède par ailleurs un grand nombre d’infrastructures de haute qualité pour l’épanouissement et la réussite de ses élèves. Notamment : dix-neuf salles de classes, deux laboratoires de sciences, une salle de collection de sciences, une salle informatique munie de trente postes, une bibliothèque, une cantine, deux terrains de basket, un terrain de football, un terrain de handball, deux courts de tennis et un plateau d’athlétisme. Arthur Wandji
Source : Défis actuels
La revue conjointe du portefeuille de coopération entre le Cameroun et la Banque Mondiale (BM), effectuée à Yaoundé le 19 mars dernier, n’a pas donné entière satisfaction aux participants. Du fait de certaines difficultés qui freinent l’exécution optimale des projets. Selon le représentant de la directrice des Opérations de la BM au Cameroun, Mazen Bouri, le premier frein est « le délai de mise en vigueur des projets du portefeuille, ce délai a plus que doublé entre 2016 et 2019 passant de 6,7 mois en 2016 à plus de 14 mois en 2019 ». De ce fait, a-t-il indiqué, « 07 projets du portefeuille sont en attente de la déclaration de leur mise en vigueur alors qu’ils ont été approuvés depuis plus d’un an pour certains ». En outre, a poursuivi Mazen Bouri, « les limites sur les décaissements ne sont-ils pas de nature à faciliter l’exécution satisfaisante des projets. C’est ainsi que le taux de décaissement sur l’année fiscale 2019 n’excédera pas 7 % contre 18 % en 2018 et 22 % en 2017 ». Sur ce dernier point, les chiffres officiels indiquent que le taux de décaissement cumulé se situe à 46,1 %, tandis que le taux de décaissement pour l’année fiscale 2016-2017 s’évalue à 23 %. Quant au solde engagé non décaissé, il se chiffre à 512,7 milliards de francs CFA, qu’il faudrait décaisser au cours des deux prochaines années afin d’éviter que ces ressources ne deviennent forcloses.
Ainsi, pour la BM, cette situation dans laquelle les projets risquent de ne pas être achevés dans les délais convenus, de manière satisfaisante et l’atteinte des objectifs de développement compromis signifie un ralentissement de la croissance et de la lutte contre la pauvreté. Au-delà de ces conséquences immédiates, a martelé Mazen Bouri, « l’engagement de la Banque pourrait s’en trouver diminué du fait d’un ralentissement de la préparation et de la soumission au Conseil d’Administration de nouvelles opérations ».
Par ailleurs, à ces éléments, il faut ajouter la crise sécuritaire qui sévit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, laquelle « a provoqué de facto un ralentissement considérable voire dans de rares cas (transport et éducation) un arrêt de nos opérations », s’est inquiéter Mazen Bouri. Toutefois, nous sommes en train de travailler avec les Unités de Gestion des Projets, le gouvernement et nos spécialistes en fragilité/conflit et violence pour envisager des solutions qui permettraient de maintenir nos opérations dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, surtout dans les secteurs de développement humain, a-t-il conclu.
Il convient de noter que l’ensemble des engagements de la BM en cours s’élève à 1000 milliards de francs CFA, pour 15 projets actifs. Huit projets sur les 15 se distinguent avec un taux de décaissement de loin inférieur aux taux de consommation des délais, c’est-à-dire la durée du projet. Cependant, au cours de cette revue, le directeur général de la Coopération et de l’Intégration au ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat), Charles Assamba Ongodo a fait savoir qu’une batterie de mesures est en train d’être prise en partenariat avec l’institution de Bretton Woods pour inverser la tendance. Junior Matock
Source : Défis actuels
Louis Paul Motaze injecte de nouvelles énergies au Minfi.
Au cours de la décennie allant de 2008 à 2018, le ministère des Finances (Minfi) n’a ménagé aucun effort pour mettre sur pied une batterie de réformes de la politique fiscale ainsi que de l’administration en charge de ce secteur. A cet effet, la 10ème session du Cameroon Business Forum (CBF) tenue à Douala le 18 mars dernier, a servi de prétexte au chef de ce département ministériel, Louis Paul Motaze, pour présenter les retombées issues de ces mesures. Ainsi, dans son exposé intitulé « quelle fiscalité pour l’émergence ? », le Minfi a fait savoir que les réformes fiscales initiées de 2008 à 2018, ont significativement contribué à la hausse des recettes budgétaires. A titre d’illustration, Louis Paul Motaze a révélé que, « les recettes non pétrolières ont connu une hausse substantielle, passant de 1277 milliards de francs CFA en 2008, à 2703 milliards en 2018, soit une variation de 111,66 % ». De manière détaillée, les recettes fiscales internes, sont passées de 809 en 2008 à 1900 milliards de francs CFA en 2018, ce qui situe le taux d’évolution à 134,85 % au cours de la période sous revue. Bien plus, les recettes douanières, quant à elles, sont passées de 468 milliards en 2008 à 803,5 milliards en 2018, soit un taux de progression de 71,68 %. Cependant, cette hausse des recettes fiscales a-elle de fait un effet sur l’émergence ? Selon Louis Paul Motaze, « la fiscalité peut contribuer à la croissance, mais n’en est pas le déterminant exclusif. L’importance ou le niveau des prélèvements fiscaux n’entraine pas automatiquement la croissance soutenue ou l’émergence ».
Pression fiscale
Dans la même veine, Louis Paul Motaze a indiqué que le taux de pression fiscale au Cameroun est passé de 13 % en 2008 à 16 % en 2018. Toutefois, même si l’on note une certaine évolution, il n’en demeure pas moins que comparé aux pays tels que le Maroc, la Côte d’Ivoire, le Ghana ou encore le Sénégal, le taux de pression fiscale au Cameroun est de loin inférieur à celui qui est appliqué dans ces pays. La preuve, d’après les données fournies par la Banque Mondiale, en 2017, alors que le taux de pression fiscale était de 15,6 % en Côte d’Ivoire ; 26 % au Maroc, 22 % au Sénégal et 15 % au Ghana, il n’était que de 14,8 % au Cameroun. A ceux qui estiment que la hausse de la pression fiscale constitue un handicap pour la croissance économique, Louis Paul Motaze rétorque en affirmant que « le taux de pression fiscale en soit et par lui seul ne peut pas constituer un frein à la croissance, ou à l’amélioration du niveau de vie des citoyens ». Car, argue-t-il:« c’est un niveau juste, suffisant et équitable de pression fiscale qui est un facteur de croissance économique ».
En termes de perspectives de la nouvelle politique fiscale, capable de conforter et de contribuer à l’atteinte de l’objectif de l’émergence, Louis Paul Motaze parle : d’une fiscalité garante de la croissance des entreprises et de la compétitivité de l’économie ; la poursuite de l’élargissement de l’assiette fiscale avec une emphase particulière sur l’imposition du patrimoine et des revenus des personnes physiques, notamment les revenus fonciers ; la réduction des taux d’imposition pour tous en lieu et place des incitations discriminatoires et pas toujours efficace ; la rationalisation des dépenses fiscales, etc. Il faudra pour cela, a-t-il martelé, que le secteur privé « améliore son civisme fiscal et la lutte contre la corruption ».
*** Local Caption *** Abbas Mahamat Tolli, gouverneur de la BEAC.
Selon les prévisions de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (Beac), le taux de croissance en 2019, sera de 3,2 % au sein de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (Cemac). Soit une augmentation par rapport à 2018, période au cours de laquelle la sous-région affichait un taux de croissance de 1,7 %. Cette annonce a été faite le 21 mars dernier à N’Djamena, au Tchad, par Abbas Mahamat Tolli, président du Comité de Politique Monétaire (CPM). Même si le communiqué publié au terme de cette rencontre n’est pas assez explicite, l’on retient que cette prévision s’appuie sur « la situation économique et monétaire de la zone Cemac, ainsi que sur les perspectives à court terme ». Le document rappel d’ailleurs quelques indicateurs qui pourraient justifier cette situation, notamment le fait qu’en 2018, « l’activité économique des pays membres a été marquée par la hausse du prix du baril de pétrole brut, l’augmentation de sa production dans certains pays, et le dynamisme du secteur non pétrolier, conjugués avec la poursuite des réformes macroéconomiques et structurelles par les Etats de la sous-région ».
En ce qui concerne les autres indicateurs, le communiqué de la Beac précise qu’on devrait s’attendre à une stabilisation des pressions inflationnistes avec un taux d’inflation à 2,1 %, comme en 2018 ; un excédent du solde budgétaire base engagements, dons compris de 0,9 % du Produit Intérieur Brut (PIB), contre un déficit de 0,7 % du PIB en 2018; une aggravation du solde du compte courant extérieur passant de 1,6 % du PIB en 2018 à 5 % en 2019 et enfin, une expansion de la masse monétaire (volume de monnaie détenu par les agents non financiers dans un espace économique, ndlr) de 3,8 %, pour un taux de couverture extérieure de la monnaie qui se situerait autour de 65,7 % en 2019. Ce qui est de bon augure selon les experts, car lorsque la masse monétaire est en augmentation, cela génère de l’activité économique, c’est-à-dire qu’on assiste à une augmentation de la consommation et des investissements, expliquent-ils. Junior Matock
Source : Défis actuels
Éliminés sur le terrain des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2019, les Comores ne désespèrent pas de jouer le tournoi final prévu du 21 juin au 19 juillet prochain en Egypte. La voie que la Fédération de Football des Comores (FFC) empruntée est celle des tribunaux. En effet, la procédure engagée au Tribunal Arbitral du Sport (TAS) au lendemain du retrait de l’organisation de la Can 2019 au Cameroun, a été relancée. La collecte de fonds lancée sur internet a trouvé un élan de coeur favorable. Et les 19 000 euros (un peu plus de 12 millions 200 mille franc CFA) nécessaires pour payer l’avance de frais exigés par la juridiction suprême sportive, ont été récoltés jeudi dernier. Et le TAS a alors sommé la Confédération Africaine de Football (CAF) sous vingtaine. Une formalité car à cette étape, la procédure peut s’ouvrir, selon les experts du droit du sport. Les Comores pouvant même se permettre le luxe de payer pour l’autre partie.
Au lendemain du match du 23 mars à Yaoundé, comptant pour la dernière journée des éliminatoires de la prochaine CAN, Ben Amir Saadi, le manager général des Coelacanthes avait prévenu par un tweet : « Hier à Yaoundé les Lions ont mérité leur victoire dans un match qui n’aurait jamais dû avoir lieu si le règlement avait été respecté. Ce résultat n’est donc pas définitif car le score peut encore s’inverser en faisant valoir notre droit au TAS ». En terminant 4ème du groupe B après la défaite (3- 0) face aux Lions indomptables, et donc derniers du fait d’une différence de buts en faveur du Malawi (5 pts), les Coelacanthes rêvent pourtant de supplanter le Cameroun. Alors qu’au Cameroun, on avance l’argument de cette position plutôt favorable au Malawi pour voir se désister les Comoriens, ceux-ci ont fait d’autres calculs. « Le Cameroun devrait perdre tous ses matchs, pas seulement le dernier », riposte Ben Amir Saadi, Manager Général de l’équipe nationale des Comores.
Précisions sur mes précédents propos relatifs au litige entre la CAF et la Fédération de Football des Comores…
Les Comores ont saisi le TAS dès janvier dernier, pour demander la disqualification du Cameroun des éliminatoires de la CAN 2019, en constatant qu’après le retrait de son organisation au Cameroun, la CAF a maintenu le pays en course. Les Comores exigent l’application du règlement qui dans son article 92.3 du Règlement de la CAF prévoit une amende et une exclusion des deux prochaines éditions de CAN (dont celle qu’il organise) infligée au pays qui perd l’organisation de la CAN, au cas où la dite perte par démission ou retrait a lieu moins d’un an avant le coup d’envoi de ladite compétition. Or il s’avère que désormais, le pays organisateur joue les éliminatoires, sans que ses résultats influence sa participation au tournoi qu’il organise. Et le Comité exécutif de l’instance qui a modifié le cahier de charges en passant de 16 à 24 pays, a eu la main douce sur le Cameroun, au regard du « niveau d’investissements faits par le Cameroun », comme l’a laissé entendre Ahmad Ahmad, le président de la CAF. Concédant par ailleurs au pays de Samuel Eto’o l’organisation de l’édition 2021. Si les Comores concèdent l’attribution d’une autre édition au Cameroun, elles ne tolèrent pas le maintien du Cameroun pour 2019, qui pourrait être leur première participation à la CAN. Ahmad Ahmad qui s’est précipité d’évaluer le Cameroun avant le délai requis, et qui a garanti au président Paul Biya un glissement sur 2021, avant d’aller convaincre la Côte d’Ivoire et la Guinée Equatoriale de se projeter sur les deux autres éditions, se doit désormais de sauver le pays de son prédécesseur-ennemi.
Ce lundi 1er avril 2019, Jean Serges Noah sera installé dans ses fonctions de Directeur Technique National (DTN) de football du Cameroun. L’homme a été nommé le 27 mars par le président de la Fédération Camerounaise de Football (Fécafoot). En remplacement de Jean Manga Onguene qui officie depuis 2010. Un ancien joueur du Canon de Yaoundé pour succéder à un autre ancien sociétaire de ce club mythique du football camerounais. Mais le nouvel homme fort de la DTN est précédé par un scepticisme aux antipodes de l’euphorie et l’espoir qui ont accueilli son prédécesseur. C’est que Séidou Mbombo Njoya a jeté son dévolu sur un no name à l’expérience moins riche que tous ceux qu’il a fait oublier. Du moins sur la base de la paperasse.
En effet, footballeur, Jean Serges Noah a connu une carrière peu glorieuse. Double vainqueur de la Coupe du Cameroun en 1993 et 195, la traversée de la Méditerranée n’a pas laissé des traces indélébiles sur le parcours de l’aspirant au professionnalisme. De l’Athletico Madrid au Fc Sion en Suisse en passant par le Fc Seville, Jean Serges Noah n’a que très peu laissé de souvenirs. Très vite, c’est une reconversion à l’entraînement. Sur cet autre terrain, le plus gros titre que revendique l’ancien Canonier est celui de champion de France CFA2 avec l’US Creteil (2005-2006), l’équivalent de la 4ème division. Puis ce titulaire d’un Diplôme d’entraîneur de football de la Fédération Française de football, se contentera de trois autres titres moins importants sur les trois prochaines saisons : champion et montée en D2 départemental en 2011-2012, champion D2 départemental, pour une montée en D1 départemental, puis montée en niveau Excellence, avant de boucler en Promotion d’honneur en 2014-2015. Depuis quatre saisons, plus rien à se mettre sous la dent.
Mais aux yeux de Seidou Mbombo Njoya, le dossier est suffisamment costaud pour que ce proche de la prestigieuse famille Noah de Yaoundé aspire à porter le destin de la DTN au pays des Lions indomptables. Supplantant des aspirants ayant posé les jalons de cette Direction, comme Etienne Sockeng, Atah Robert pour ne citer que ces deux qui n’ont pas été notifiés d’une suspension de contrat comme Jean Paul Akono et Manga Onguene, tous deux amortis par la maladie. Devant des techniciens qui se sont frottés aux pelouses et aux bancs de touche, avec des fortunes diverses, mais en laissant des traces dignes de souvenirs, comme Martin Ndtoungou Mpile, l’éternel second couteau, Jules Nyongha, Thomas Nkono, Joseph Antoine Bell, Joseph Marius Omog, Ngweha Ikouam, etc. Parmi les plus connus.
La tâche s’annonce ardue dans cette DTN refondée sous le Comité de normalisation II, afin de lui donner un contenu et l’orienter vers le football moderne. L’homme qui a eu maille à partir avec ses prédécesseurs lorsqu’il a sollicité une équivalence pour entraîner au pays, est désormais le patron de ses maîtres d’hier. Et l’expérience avec son club de coeur, le Kpa-kum a tourné court. L’homme de 45 ans qui a échoué à entraîner le Canon hier, implémentera la politique sportive d’une fédération dont le président a placé la direction technique nationale au premier rang de ses priorités de candidat. Le maçon sera jugé au pied du mur. Un mur qui risquera de ne recevoir que des coups de techniciens de l’ombre, comme il se susurre à Tsinga. La main de Yannick Noah ayant été un peu trop lourde à repousser dans ce dossier par les nouveaux maîtres du football camerounais. Pendant ce temps, ça grommèle dans la maison des entraîneurs qui se sentent « insultés ».
Esseulés, ces élèves pleurent leur camarade, loin de Yaoundé
Le Lycée bilingue de Déido a encore fait parler de lui ce 29 mars 2019. Alors que les établissements scolaires relevant des ordres d’enseignements de la maternelle au secondaire prenaient le train des congés, Tsanou Rochnan Bleriot, un élève de ce lycée de la ville de Douala, a pris la direction de la morgue. Cet élève de la classe de seconde a été poignardé à mort par son camarade. Dans des circonstances troubles. Au micro du poste national de la Crtv, les élèves parlent tantôt d’une altercation entre des élèves qui a tourné au pire, tantôt d’une bagarre que la victime voulait séparer, ou encore d’une intervention dans une tentative de confiscation du téléphone d’une élève, que Bello a voulu aider face à la violence du bourreau. Toujours est-il que les sources convergent à trouver en Bello un médiateur dans une situation de violence. Le présumé meurtrier que l’on présente tantôt comme un élève de cette classe, tantôt comme un ancien pensionnaire déjà exclu, étant arrivé à franchir le portail de l’établissement avec un couteau. L’homme qui en prendra un coup en plein cœur, sans visiblement avoir été la cible d’une éventuelle attaque, rendra l’âme victime une fois parvenu à l’hôpital.
Un élève condamné à 10 ans pour un sms « terroriste »
Cette situation survient alors que le même établissement scolaire a fait couler encre et salive il y a quelques semaines seulement. Un élève de 6ème s’était plaint d’avoir été sodomisé par deux élèves d’une classe de terminale. L’affaire est à peine rentrée dans le couloir qui mène à l’oubli, que l’on parle de meurtre.
Avant cela, c’est une affaire de terrorisme qui a touché trois élèves de ce même lycée. En décembre 2014, Levis Gob Azah (âgé alors de 22 ans), recevait un message disant que « Boko Haram recrute des jeunes de 14 ans et plus. Conditions de recrutement : avoir validé un Gce-A level en quatre matières plus religion ». Celui-ci le transfèrera à son ami Ivo Feh Fomusuh (25 ans), qui lui aussi le fera suivre à Nivele Nfor Afuh, 25ans et élève au lycée bilingue de Déido.
Mohamed Bello, mort poignardé dans son établissement scolaire
Le message est intercepté par un enseignant qui saisit la police qui mettra la main sur les deux maillons précédents de la chaîne de transmission du message. S’en suivra une procédure judiciaire qui a abouti à la condamnation des trois jeunes à dix ans de prison ferme pour non dénonciation d’actes terroristes et complicité d’insurrection par le tribunal militaire de Yaoundé le 2 novembre 2016. En appel, la Cour d’appel confirmera la peine le 15 mars 2018.
Hier n’est pas encore oublié. Aujourd’hui, tout le Cameroun pleure Bello. Que réserve demain? Et plus de 24h après le drame, aucun officiel n’a daigné se prononcer. Pas même Nalova Lyongha, la ministre des Enseignements secondaires préoccupée par les jeux Fénassco A qui s’ouvrent ce lundi à Yaoundé. le lycée bilingue de Déido garde seul le secret de ses faits sociaux.