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Agro-industrie : le Cameroun peut-il suspendre les importations de sucre réclamées par Sosucam ?

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Lorsque la Société sucrière du Cameroun (Sosucam) écrit le 13 novembre 2025 au ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, pour annoncer solennellement le début de la campagne sucrière 2025-2026, elle n’oublie pas d’énumérer les raisons qui devraient, à ses yeux, convaincre le gouvernement et les opérateurs économiques de s’en tenir à la production locale. « Dans un contexte particulièrement exigeant, nos équipes sont pleinement mobilisées pour broyer le maximum de cannes disponibles et atteindre le tonnage de sucre le plus élevé possible, en fonction des rendements agricoles et industriels observés.

 À cet effet, 8 000 travailleurs seront mobilisés tout au long de cette campagne, auxquels s’ajoutent 1 500 sous-traitants et prestataires », peut-on lire dans sa correspondance. Dans le même courrier, la Sosucam soutient que « les stocks déjà présents sur le territoire et estimés à plus de 100 000 tonnes – issus à la fois des opérations de la Raffinerie installée à Douala (potentiel de 70 000 tonnes d’ici le 31 décembre 2025) et des stocks de sucre importé pour la vente aux ménages et la production des agglomérés locaux (30 000 tonnes) – garantissent une disponibilité suffisante de sucre sur le marché, comme le confirme l’UPRASC (Interprofession de la filière sucre) ».

Le 14 novembre 2025, Luc Magloire Mbarga Atangana a adressé une lettre aux opérateurs de la filière sucre pour leur « bonne information et leurs réactions éventuelles ». Dans ce document, le membre du gouvernement rappelle que l’entreprise dit être « en mesure de couvrir les besoins du marché national, sans qu’il soit besoin de recourir aux importations ». Il cite même la phrase la plus forte de Sosucam, selon laquelle des importations auraient pour effet « d’aggraver la dérégulation du marché, de fragiliser la production nationale et de menacer la valeur ajoutée locale ».

Vraisemblablement, il s’agit pour l’État de prendre le pouls du marché avant de trancher. Dans l’éventualité où la balance pencherait vers la suppression des importations, la Sosucam a déjà une idée des premières actions que devrait mener le gouvernement pour que cette mesure ait un impact immédiat. Elle les lui suggère d’ailleurs dans sa correspondance du 13 novembre. « Cette nouvelle campagne intervient dans un environnement international difficile, où les grands pays producteurs – notamment le Brésil et l’Inde – subventionnent fortement leur industrie sucrière, y compris à l’exportation.

Ces politiques conduisent à des prix artificiellement bas sur le marché mondial, inférieurs aux coûts réels de production, et alimentent des velléités récurrentes de demandes d’importation sur notre territoire national », écrit l’entreprise.

À cela s’ajoute « la situation préoccupante des sucres initialement destinés au Tchad, actuellement stockés de manière prolongée sur le territoire camerounais (Douala et Ngaoundéré) en raison du relèvement récent de la taxation douanière dans ce pays. Cette contrainte limite désormais les possibilités de mise à la consommation au Tchad et fait peser un risque réel de déversement de ces sucres sur le marché national ».

DES PROMESSES D’AUTOSUFFISANCE CONTREDITES PAR LES FAITS RÉCENTS

Ce n’est pas la première fois que la Sosucam sollicite le gouvernement pour verrouiller les frontières au sucre étranger. L’épisode de mai 2018 reste encore dans les esprits. Sous la pression du même industriel, le secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, transmettait au ministre du Commerce « les hautes instructions du chef de l’État prescrivant de suspendre, jusqu’à nouvel avis, les autorisations d’importation du sucre ».

À l’époque, l’industriel menaçait tout simplement de fermer. Ses entrepôts de Mbandjock et Nkoteng débordaient, disait-il, de stocks de réserves de « plus de 45 000 tonnes », tandis que « 40 000 tonnes » supplémentaires déferlaient sur le marché via les importations et la contrebande durant les trois premiers mois de 2018. Cette année-là, et même l’année suivante, aucune perturbation majeure dans l’approvisionnement du marché national en sucre n’avait été signalée.

 Pourtant, les faits récents montrent qu’une suspension des importations n’est pas un remède magique. En 2023 comme en 2024, les promesses répétées d’autosuffisance n’ont pas empêché les pénuries. Le Cameroun a dû recourir, malgré lui, à des cargaisons extérieures que l’exécutif avait pourtant tenté de dissuader. D’après l’Institut national de la statistique, 224 003 tonnes ont été importées en 2023 pour 82,67 milliards de FCFA.

L’année suivante, 105 400 tonnes supplémentaires ont été importées entre janvier et juin 2024 pour 42,8 milliards de FCFA, selon le ministère des Finances. Cela malgré l’annonce, en décembre 2023, d’un stock disponible de 142 000 tonnes, qui, couplé à la production en cours, devait couvrir l’ensemble de l’année. Résultat : étals vides, livraisons interrompues et envolée des prix.

UNE INDUSTRIE STRUCTURELLEMENT FRAGILE

Ces épisodes successifs disent beaucoup de la fragilité des équilibres autour du sucre au Cameroun. Ils renvoient aussi aux limites structurelles de l’opérateur dominant. En 2024, Sosucam annonçait plus de 90 000 tonnes de production. Mais la production réelle a oscillé cette année-là entre 70 000 et 85 000 tonnes, d’après les chiffres évoqués par ses dirigeants. Sur le plan financier, la trajectoire est tout aussi préoccupante : 15 milliards de FCFA de pertes en 2023, puis environ 22 milliards un an plus tard.

Le contraste est saisissant dès qu’on le rapporte à la demande nationale, estimée à 300 000 tonnes par an. Le quasi-monopole de Sosucam, sa capacité d’investissement limitée, et un plan de redressement qui ne vise que 130 000 tonnes à l’horizon 2027, se heurtent frontalement à l’objectif politique d’autosuffisance. D’où la question centrale derrière la lettre du 13 novembre 2025 : le pays est-il réellement en mesure de se passer des importations pour la campagne 2025-2026 ? Cette fois-ci, l’entreprise assure que oui.

Elle écrit sans ambiguïté que « la situation actuelle du marché camerounais ne justifie nullement de nouvelles importations », affirmant être en mesure de couvrir l’ensemble des besoins nationaux. Mais l’expérience des années récentes laisse dubitatif. La décision qui s’annonce pour 2025- 2026 est donc particulièrement sensible. Le ministre du Commerce a d’ailleurs sollicité les « réactions éventuelles » des opérateurs, signe que le gouvernement avance avec prudence et ne souhaite ni revivre le scénario de 2018, ni répéter celui de 2024.

Les fintechs face aux défis de sécurité

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 Des risques liés aux plateformes de mobile money, aux exigences en matière d’agrément, de la conformité à la lutte contre le blanchiment d’argent, de la protection des données des consommateurs, l’Antic et The Change-Engine ont réuni les acteurs à Douala pour une réflexion de trois jours.

Le taux de pénétration de la téléphonie mobile au Cameroun est au-dessus de 80 % avec un marché des paiements numériques qui devrait dépasser 2,607 milliards de FCFA en valeur transactionnelle en 2025 selon le rapport Statista Market Insights. Les services financiers numériques sont devenus un moteur clé de l’inclusion financière, stimulés par le recours croissant aux services d’argent mobile, aux plateformes de commerce électronique, aux prêts numériques et aux transferts de fonds transfrontaliers. Mais cet essor ne va pas sans défis.  L’un des plus importants est relatif à la cybersécurité et la réglementation.

Des audits menés par l’Agence Nationale des Technologies de l’Information et de la Communication (Antic) ont mis en évidence un certain nombre de vulnérabilités récurrentes qui menacent la résilience du secteur des fintechs. L’absence de politiques de sécurité correctement documentées ; des lacunes importantes en matière d’expertise en cybersécurité ; des faiblesses dans les contrôles d’accès logiques ; des insuffisances dans la protection des données. ; l’absence de plans de continuité d’activité pour faire face aux cybermenaces émergentes a également été constatée. C’est donc pour renforcer la compréhension des enjeux de sécurité dans la fintech, que la rencontre de Douala a eu lieu. Plus de 100 institutions, dont 80 institutions membres de la Cameroon Fintech Association ; 17 banques commerciales; 2 opérateurs de télécommunication et 5 institutions de microfinance ont échangé sur la question de « Sécurité, réglementation et partenariats stratégiques pour un écosystème Fintech résilient ».  C’était le thème de cette septième édition de Digitize Cameroon, une initiative de l’Antic et de l’ONG The Engine Change qui s’est tenue du 12 au 14 novembre 2025.  

La rencontre a permis aux régulateurs et aux opérateurs fintech de discuter des cadres existants au Cameroun, notamment des exigences en matière d’agrément, de la conformité à la lutte contre le blanchiment d’argent, de la protection des données et de la gouvernance des systèmes de paiement.  En prenant connaissance des risques liés aux plateformes de mobile money, aux portefeuilles numériques, aux passerelles de paiement et à l’infrastructure nationale de commutation des paiements, les participants pourront ainsi mettre en œuvre des contrôles de sécurité adaptés.  Il est leur est également recommander de réaliser des audits réguliers et d’élaborer des stratégies pour protéger les services financiers numériques, garantir la confiance et la continuité de l’écosystème.

Réactions

ENAW EBOT EBOT, DG ANTIC

« l’Antic a révélé plus de 6 500 vulnérabilités chez les prestataires de services de paiement »

 « Forte de plus de 12 ans d’expérience dans les audits de sécurité des systèmes d’information au sein des secteurs public et privé, l’Agence a réalisé 119 audits d’institutions financières, mettant au jour plus de 6 500 vulnérabilités chez les prestataires de services de paiement, les banques, les institutions de microfinance, les agrégateurs de paiement et les sociétés de paris. L’objectif de cette initiative est de garantir que les prestataires de services fintech respectent les normes de sécurité établies tout en continuant d’innover pour répondre aux besoins d’une génération 100 % numérique. L’écosystème Fintech représente une formidable opportunité pour le Cameroun. Dans notre contexte où la confiance du public dans la finance numérique est encore en développement, ces vulnérabilités sont bien plus que de simples problèmes techniques. Elles représentent un risque réel pour la confiance des utilisateurs et pourraient considérablement freiner l’adoption du numérique si elles ne sont pas prises en compte. Afin de renforcer la cybersécurité de l’écosystème fintech – et, par extension, de l’ensemble du cyberespace camerounais –, et dans le cadre d’un effort plus large visant à la consolider, l’ANTIC joue un rôle proactif qui va au-delà de la simple identification des vulnérabilités. L’Agence travaille en étroite collaboration avec les institutions auditées pour faciliter la mise en œuvre effective des recommandations d’audit pertinentes, en servant de cadre de soutien avant la délivrance des certificats de conformité. »

Helene Manyi Arrey, fondatrice The Change-Engine

 « Plus nous progressons technologiquement, plus il est crucial de garantir la sécurité des utilisateurs »

« En effet, il existe généralement un manque de confiance envers les technologies financières. Si l’on se souvient des débuts des systèmes de paiement mobile, les doutes étaient nombreux en raison des problèmes de sécurité. Plus nous progressons technologiquement, plus il est crucial de garantir la sécurité des utilisateurs. L’objectif de cette conférence est donc de créer un espace d’échange entre les régulateurs et les entrepreneurs de la fintech afin de trouver des solutions mutuellement avantageuses. Il est essentiel que cela fonctionne pour les deux parties, car si les régulateurs mettent en place une réglementation qui étouffe l’innovation, alors ils n’aident personne. Mais si les entrepreneurs, si la technologie et la fintech ne comprennent pas exactement ce qui est fait, pourquoi c’est fait et comment cela fonctionne pour eux, il y aura beaucoup de résistance. En réalité, il y a beaucoup d’argent qui peut être perdu. Et ce n’est pas seulement de l’argent qui peut être perdu. Il y a aussi la réputation qui peut être perdue, car la plupart des pirates ne sont pas vraiment talentueux. Vous ne savez même pas comment cet argent a été perdu. Des gens ont perdu leur emploi parce que, sous leur responsabilité, leurs clients ont été volés. Donc, ce sont des moyens de subsistance qui sont en jeu.  Donc, au-delà du simple fait de dire que des personnes peuvent se faire voler leur vie, il est essentiel de s’assurer que, quelle que soit la plateforme ou le moyen utilisé pour effectuer des transactions financières, ces plateformes soient sécurisées. »

Ecobank soutient l’expansion du groupe Cadyst en Afrique

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La banque présente cet accompagnement comme l’une de ses solutions de financement et de finance structurée sur mesure pour des transactions transformatrices à grande échelle, et notamment en faveur des champions camerounais.

 Trois mois après l’officialisation de la finalisation du processus du rachat de Société le Grand Moulin (SGMC) au Cameroun et la Société le Grand Moulin du Phare (SGMP) au Congo par Cadyst group, Ecobank révèle son implication. La filiale du groupe bancaire panafricain Ecobank, déclare avoir joué le rôle de partenaire financier majeur dans l’opération ayant permis au géant industriel camerounais d’acquérir ces branches du groupe Castel.

Dans un communiqué, Ecobank affirme se positionner aux côtés des champions nationaux camerounais et à soutenir leurs ambitions de croissance quel que soit leur taille. « Notre mission dépasse le cadre bancaire traditionnel. Nous mobilisons le réseau panafricain inégalé et l’expertise du Groupe Ecobank pour proposer des solutions de financement et de finance structurée sur mesure pour des transactions transformatrices à grande échelle. En finançant l’expansion de champions camerounais comme le Groupe CADYST vers de nouveaux marchés, nous contribuons directement à la diversification économique du pays et à son agenda d’intégration régionale. Cette transaction illustre parfaitement comment Ecobank aide les entreprises locales à atteindre une dimension continentale », écrit Gwendoline Abunaw, Directrice Générale d’Ecobank Cameroun et du Cluster Cemac.

Il faut dire qu’à travers cette opération, l’homme d’affaires camerounais Célestin Tawamba renforce considérablement la sécurité alimentaire et la stabilité de la chaîne d’approvisionnement en blé et farine en Afrique centrale. Cette reprise en main de ces usines devrait générer des investissements accrus au Cameroun et en République du Congo, stimulant la création d’emplois et l’activité économique dans toute la zone Cemac. De la valeur ajoutée à laquelle Ecobank souhaite contribuer.

Cadyst group compte étendre son empire sur le continent et être leader au-delà de la minoterie, dans le secteur agroalimentaire, farines et élevage. « Le groupe Cadyst conforte sa position de leader au Cameroun et étend le périmètre de ses activités en République du Congo ouvrant la voie à de nouveaux développements en tant qu’acteur panafricain majeur œuvrant à la souveraineté alimentaire des pays qu’il sert. Ces acquisitions offrent également au groupe Cadyst de nouvelles perspectives de croissance en intégrant de façon significative ses activités en amont (provenderie, alimentation animale, aviculture) et en aval (produits agro-alimentaires finis) tant au Cameroun qu’en République du Congo », avait indiqué l’entreprise.

Le Cameroun, un poumon vert sous-financé par les pollueurs

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Le 29 janvier 2024, le FMI a approuvé un financement de 183,4 millions de dollars (plus de 111 milliards FCFA) en faveur du Cameroun, via son Mécanisme pour la résilience et la durabilité (FSR). Ce dispositif vise à soutenir les pays engagés dans des réformes face aux risques liés au climat et aux pandémies. Une avancée notable, mais encore éloignée de la reconnaissance du rôle écologique majeur du Cameroun. Le FMI, souligne la vulnérabilité structurelle du pays : sécheresses, inondations, érosion côtière, insécurité alimentaire et déplacements de populations.

Le changement climatique menace le capital humain et freine la croissance inclusive. À cela s’ajoute le rôle stratégique du Cameroun dans la préservation des forêts du Bassin du Congo, deuxième poumon écologique mondial. Le WWF Cameroun rappelle que les pays de la région ont limité la déforestation entre 0,01 % et 0,33 %, malgré les pressions économiques.

Mais les mécanismes de financement restent insuffisants pour garantir une conservation durable. Le rapport pays 2023 sur le climat et la croissance verte confirme cette faiblesse : 97,4 % des financements climatiques reçus par le Cameroun en 2019-2020 proviennent de sources publiques, contre seulement 2,6 % du secteur privé. Les investissements privés — énergies renouvelables, prêts verts, subventions — demeurent marginaux.

En 2022, l’Afrique ne représentait que 0,1 % des obligations vertes mondiales, sans aucun pays d’Afrique centrale parmi les principaux bénéficiaires. Ce paradoxe est criant : le Cameroun rend un service climatique mondial vital, mais les flux financiers ne reflètent ni la valeur de cet apport ni les coûts supportés.

La rémunération équitable des services environnementaux devient un enjeu central. Le financement du FMI, couplé aux engagements de la FEC et de la FEP, offre une opportunité de repositionner la stratégie nationale. Le défi : faire de la conservation un actif financier reconnu, mesurable et attractif pour les marchés du carbone et les obligations vertes.

Le Cameroun dispose d’atouts techniques et institutionnels, mais doit renforcer ses outils de mesure, mobiliser le secteur privé et structurer une offre crédible. L’enjeu dépasse l’environnement : il touche à la soutenabilité des finances publiques, dans un contexte de vulnérabilité croissante aux chocs climatiques.

Guichets climatiques: un important gisement de financements verts à prospecter

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A Balém au Brésil, où se déroule la COP30 depuis le 10 novembre, le financement climatique est au centre du débat international, dans un contexte de recul politique des grandes puissances, principaux pollueurs, tels la Chine, les États-Unis, l’Inde, l’Afrique du Sud, le Brésil et le Royaume-Uni. Les annonces se multiplient, sans certitude sur leur concrétisation. La France confirme, via Reuters et l’Élysée, une « initiative de 2,5 milliards de dollars pour la sauvegarde des forêts du Bassin du Congo, dont fait partie le Cameroun (Ndlr) ».

Le Brésil affirme avoir « déjà réuni 5,5 milliards de dollars » pour un nouveau mécanisme destiné à rémunérer les pays en développement qui préservent leurs forêts. Ces engagements réactivent, pour le Cameroun, un ensemble de guichets financiers théoriquement accessibles mais encore peu captés. Dans l’Amazonie brésilienne, les dirigeants présents rappellent que « le temps était compté » pour éviter les pires effets du changement climatique. Leur priorité : convertir des engagements anciens en financements effectifs, tandis que les fonds onusiens pour pertes et dommages restent faiblement dotés.

Le Brésil avance sa proposition la plus structurante : la « Facilité pour la préservation des forêts tropicales », destinée à « payer 74 pays en développement fortement boisés » pour maintenir leurs forêts, avec un modèle fondé sur des prêts de pays riches et d’investisseurs commerciaux. Selon le président Lula, « Le Fonds pour les forêts tropicales sera l’un des principaux résultats concrets », à condition de mobiliser un financement international suffisant.

L’intérêt de ce dispositif est d’offrir une rémunération basée sur des résultats mesurés par satellite, avec un versement de 4 dollars par hectare conservé et une part réservée aux communautés locales. Ce principe reprend l’esprit du REDD+, qui prévoyait de « fournir des incitations financières […] proportionnelles aux réductions vérifiées des émissions ». Mais REDD+ a souffert de « la lenteur des transferts financiers », du manque de coordination et d’un financement insuffisant.

Le Tropical Forest Forever Facility (TFFF), un nouvel outil de financement, vise une architecture plus centralisée et plus prévisible, susceptible d’élargir les marges d’accès pour les pays du Bassin du Congo, dont le Cameroun. Cette dynamique internationale rejoint les préoccupations des économistes locaux. Le Dr Moussa Elhadji Saidou, de l’université de Ngaoundéré, le rappelle dans une interview accordée à Cameroon Tribune, que les États disposent d’un ensemble d’instruments pour mobiliser des financements verts : « émissions d’obligations vertes [… ], partenariats public-privé verts […], fonds climatiques internationaux et multilatéraux ».

Il souligne que l’accès à ces guichets repose sur « des propositions de projets solides » et une capacité à structurer des opérations répondant aux critères des bailleurs. Il mentionne également l’émergence d’initiatives nationales comme le « Global Green Bond », dont l’impact dépendra de sa structure précise, de ses garanties et de la catégorie d’investisseurs ciblée.

Au-delà de ces instruments, d’autres guichets sont déjà opérationnels. Le Fonds d’investissement climatique (CIF), un instrument de financement des projets liés au climat et au développement durable, avec « un engagement de plus de 12,5 milliards de dollars » et près de 400 projets financés dans 81 pays, soutient des actions en technologies propres, accès à l’énergie, résilience et gestion durable des forêts. Les évaluations indépendantes saluent son rôle dans « l’accélération de l’action climatique ». Le Cameroun peut y inscrire des projets ciblés, à condition de présenter des dossiers structurés et alignés sur les critères des gestionnaires de fonds.

La conjoncture de la COP30 élargit ainsi les opportunités : initiatives bilatérales, nouveaux fonds pour les forêts tropicales, instruments multilatéraux consolidés, obligations vertes et financements privés orientés vers la transition. Le Cameroun se trouve face à une fenêtre où l’abondance d’annonces contraste avec la difficulté structurelle d’en capter la valeur réelle. L’enjeu consiste désormais à transformer ces différents guichets en financements accessibles, prévisibles et proportionnels au rôle stratégique du pays dans la stabilité climatique mondiale.

Budget 2026 : Face à l’érosion des recettes, l’État parie sur la finance climatique

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Lors du séminaire de lancement des activités de préparation du budget 2026, tenu en juillet 2025 au Palais des Congrès de Yaoundé, le ministre des Finances a décrit un contexte budgétaire marqué par une montée rapide des risques climatiques. Selon lui, ces facteurs pèsent déjà sur les recettes publiques et alourdissent les dépenses courantes.

Cette situation place la résilience climatique au cœur des arbitrages financiers du gouvernement. Le ministre rappelle depuis plusieurs années que les aléas climatiques perturbent les fondements de l’activité productive. Il cite des effets visibles : baisse des rendements agricoles, difficultés dans la pêche et l’élevage, multiplication de maladies hydriques, et pressions accrues sur le système de santé.

En 2023 et 2024, inondations et effondrements ont touché des centaines de milliers de personnes, causant des pertes humaines et matérielles, une « source de dépenses de plus en plus lourde », avait indiqué le Minfi. Et de poursuivre : « un risque croissant de pertes de recettes ».

POSITIONNEMENT STRATÉGIQUE DU CAMEROUN DANS LA FINANCE CLIMATIQUE

 Pourtant, le Cameroun émet peu de gaz à effet de serre — à peine 0,07 % des émissions mondiales en 2020 — mais figure parmi les trente pays les plus exposés aux risques climatiques. Cette contradiction renforce l’argumentaire national en faveur d’une compensation financière internationale.

A Belém, au Brésil, la COP30 qui s’est ouverte le 10 novembre 2025 intervient dans un climat de fortes attentes pour les pays vulnérables. Pour le Cameroun, ce rendez-vous constitue une occasion de porter ses besoins d’adaptation, alors que l’Afrique, malgré moins de 4 % des émissions mondiales, subit jusqu’à 5 % de pertes annuelles de PIB liées aux chocs climatiques.

Séminaire de lancement des activités de préparation du budget 2026, tenu en juillet 2025 au Palais des Congrès de Yaoundé.

 Ces pertes budgétaires limitent les marges pour financer l’éducation, la santé ou les infrastructures. Lors du séminaire de juillet 2025, le ministre Motazé a rappelé la nécessité d’élargir le périmètre des ressources financières. Il demande à l’administration de rechercher systématiquement des financements liés au climat au niveau national et international. Le gouvernement considère que la « monétisation de la résilience » passe par la capacité à démontrer, de manière documentée, l’ampleur des risques et le coût économique de l’adaptation.

Ce positionnement, selon le ministère, doit permettre au pays d’entrer plus fermement dans les mécanismes de finance climatique, un ensemble d’instruments financiers — dons, prêts concessionnels, fonds d’adaptation ou d’atténuation — destinés à soutenir les pays confrontés aux impacts du changement climatique. Une première étape a été franchie en 2025 avec l’introduction, dans la loi de finances, d’une annexe budgétaire sensible au climat.

 Cette annexe vise à classifier les dépenses publiques selon leur contribution à la lutte contre le changement climatique. Sur les neuf administrations pilotes engagées, 17 % des dépenses ont été considérées comme favorables au climat ; mais 82 % restent « non déterminées », faute de données fiables et d’un cadre méthodologique consolidé. Ce déséquilibre met en lumière les défis à résoudre : études d’impact peu orientées vers les enjeux climatiques, coordination institutionnelle insuffisante et inertie administrative dans la conception des projets.

 RÉFORMES BUDGÉTAIRES ET EXIGENCES POUR 2026

 Pour améliorer cette situation dès 2026, le ministère prévoit plusieurs mesures : doublement du nombre d’administrations pilotes, passage de trois à six marqueurs climatiques pour classifier les dépenses, création d’un mécanisme de traçabilité des financements verts, renforcement de la formation des personnels et vulgarisation du Plan National Climat. Le ministère insiste sur la nécessité de disposer de données mieux structurées pour répondre aux exigences des bailleurs internationaux.

Dans sa feuille de route pour le budget 2026, le gouvernement associe l’adaptation climatique à d’autres priorités économiques : intensification de la production locale, renforcement de l’offre énergétique grâce à la mise en service du barrage de Nachtigal, accélération de la réforme foncière, poursuite des grands chantiers portuaires, autoroutiers et énergétiques, et amélioration des dispositifs de soutien social.

Pour Louis Paul Motaze, ces projets devront être « verdits », c’est-à-dire évalués selon leurs effets sur l’environnement, afin de prétendre aux financements climatiques internationaux. La référence stricte aux orientations contenues dans la circulaire présidentielle de préparation du budget 2026 constitue le cadre de convergence des administrations. Cette circulaire demande une évaluation plus fine des dépenses, un meilleur ciblage des investissements et une recherche active de financements extérieurs, notamment dans la finance climatique. Elle impose la cohérence entre les arbitrages internes et les standards requis pour accéder aux guichets internationaux.

Pour le ministère des Finances, la transformation de la gouvernance budgétaire est désormais une contrainte économique. Si le changement climatique continue à générer des chocs budgétaires majeurs, il deviendra, selon le ministre, une « cause de contre-performance dans l’utilisation des recettes publiques ». C’est ce diagnostic qui justifie l’intégration systématique du climat dans la programmation financière de l’État.

BTP, métallurgie, agroalimentaire : ces secteurs qui ont attiré le plus d’IDE en 2024

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En 2024, le Cameroun a donc franchi la barre de 500 milliards d’Investissements directs étrangers (IDE) attirés. Le pays a en effet enregistré un accroissement de 26,8% du flux net d’IIDE, passant de 451,1 milliards de FCFA à 571,9 milliards de FCFA. Pour sa part, le World Investisment Report de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) 2024, note que le stock d’IDE au Cameroun a augmenté de 12,3 % par rapport à 2022 pour se situer à 7 283 millions de dollars en 2023, mais cette performance du Cameroun en matière d’IDE reste encore inférieure comparée à celle de l’Angola (12 177 millions de dollars) et du Gabon (17 742 millions de dollars).

Les secteurs à fort potentiel d’IDE

Selon l’observation du Comité de compétitivité logé au ministère de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat), le dynamisme des investissements privés s’est traduit par la forte mobilisation des investissements dans les bâtiments et travaux publics, ainsi que la hausse de la demande des produits issus de la fabrication de machines et des meubles. Il y a également les secteurs de la métallurgie, avec des investissements du groupe PROMETAL d’un montant de 54 milliards à Douala, de l’agroalimentaire, avec  une nouvelle unité industrielle de LA PASTA S.A à Kribi, …, de la cimenterie avec l’inauguration de l’usine du 6ème producteur CIMPOR à Kribi pour un investissement de 35 milliards.

Cette croissance d’IDE au Cameroun peut aussi trouver une justification à travers le dispositif incitatif à l’investissement privé mis en place par les pouvoirs publics. A ce titre, au titre des facilitations à l’investissement privé, près de 400 conventions ont été signées entre l’Agence de promotion des investissements (API) et les entreprises de divers secteurs d’activités pour des investissements potentiels de plus de 7 000 milliards et plusieurs milliers d’emplois projetés.

Des investissements insuffisants pour la production des biens

Malgré cet accroissement substantiel du  stock d’IDE attirés par le Cameroun en 2024, les experts du Comité de compétitivité relèvent que le volume d’investissements privés ou publics n’est toujours pas suffisant pour la production des biens et services. Les coûts relatifs de mise en conformité des entreprises à l’effet de s’aligner aux exigences réglementaires, bien que n’étant pas propres au Cameroun, peuvent partiellement expliquer le frein à la productivité de l’investissement, explique-t-on. Par ailleurs, l’on dit observer une allocation des ressources d’investissement plus orientée vers le secteur des services que vers l’industrie ou les activités en amont de celle-ci. En sus, l’insuffisance en amont d’un approvisionnement continu en matières premières et autres intrants tels que l’énergie électrique plombe l’optimisation des investissements dans le secteur industriel, peut-on lire dans ce rapport.

Fin d’année : Orange Cameroun tient à sa promesse de récompense de ses millions d’abonnés

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Fidèle à sa tradition, Orange Cameroun transforme cette fin d’année en une véritable saison de cadeaux. Pour cette occasion, l’entreprise ne se contente pas uniquement de récompenser la fidélité de ses clients, mais souhaite également rendre cette période inoubliable, plus gaie et plus colorée que jamais.
Une pluie de cadeaux pour les abonnés
La liste des lots mis en jeu a de quoi faire rêver. Pour cette fin d’année, les abonnés d’Orange Cameroun ont la possibilité de remporter des cadeaux exceptionnels qui changeront positivement leur quotidien. Parmi les récompenses phares, on retrouve des centaines de millions de FCFA en cash ; 50 voyages tous frais payés pour aller soutenir les Lions Indomptables à la CAN Total Energies 2025 au Maroc ; des véhicules SUV de l’heure et flambant neufs ; des dizaines de motos ; des Smart TV géantes de 65 pouces ; des milliers de maillots officiels des Lions Indomptables, etc.
La passion du football au cœur des célébrations

Sponsor majeur des Lions Indomptables toutes catégories confondues depuis 25 ans, Orange Cameroun place une nouvelle fois le football au cœur de sa campagne. Alors que nos chers Lions Indomptables s’apprêtent à conquérir une 6ème étoile continentale sur le sol qui les a couronnés en 1988, l’opérateur leader des télécommunications au Cameroun offre une opportunité unique aux supporters de vivre leur passion au plus près de l’action avec 50 voyages à gagner pour le Maroc et des milliers de maillots des Lions indomptables distribués chaque jour.

Cet engagement dans le football Camerounais va au-delà des équipes nationales. Orange Cameroun est résolument engagé dans le soutien du football à la base, notamment à travers son partenariat avec l’Académie Nationale de Football (ANAFOOT) depuis 2021. Un accompagnement qui a permis de former et de révéler plus de 2000 jeunes talents, filles et garçons, qui aujourd’hui, excellent dans les clubs d’élites en local comme dans les grands championnats étrangers, et dans toutes les catégories des Lions Indomptables. Permettant ainsi, d’assurer un avenir radieux à notre football, gage des grandes victoires futures. 
Pour être éligible à la « Wish List » d’Orange Cameroun et ainsi bénéficier des super lots à gagner, les clients doivent simplement effectuer leurs transactions habituelles du quotidien. Il suffit de :
• Souscrire à un forfait Orange Bonus via le code #111*1# ou l’application Max it.
• Effectuer des paiements avec Orange Money chez les marchands partenaires, via le #150# ou le QR Code sur Max it.
• Pour les clients Business, renouveler un forfait Access Pro+, souscrire au Giga Data (#180#) ou payer ses factures Business Infinity par Orange Money (#150*3#).
La campagne lancée le 13 novembre 2025, s’étendra sur plus de 03 mois et ira jusqu’au 22 Février 2026, donnant ainsi la possibilité aux millions d’abonnés de multiplier leurs chances de gagner.
Appel à la vigilance : Attention aux arnaques !
Pour garantir la transparence du processus et protéger ses clients, Orange Cameroun tient à rappeler les consignes de sécurité. Les listes officielles des gagnants sont exclusivement publiées sur les pages digitales certifiées d’Orange Cameroun (Facebook, Twitter/X, etc.) et annoncées lors des programmes TV animés par les équipes de l’entreprise.
Les gagnants seront contactés uniquement par les numéros officiels suivants :
6 9000 9000
6 9000 9200
6 9000 9500
Ces numéros ne peuvent pas recevoir d’appels en retour. En cas de doute ou d’appel suspect, les clients sont invités à se rapprocher d’une agence Orange Cameroun, à appeler le service client au 8900, ou à dénoncer toute tentative d’arnaque via le code gratuit #150*60#.
Cette initiative vient couronner 25 années de proximité et d’engagement d’Orange Cameroun, qui continue de placer ses clients au cœur de ses priorités.

Urbanisation : Ndollè City, la future ville écotouristique sur le chemin de la concrétisation

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L’information émane du Vice-président du Comité interministériel de suivi, de facilitation et d’accompagnement du programme WDI, par ailleurs Directeur général d’Impex Trading, promoteur du programme, de Ndollè City et des projets intégrés. Selon le communiqué rendu public le 31 octobre 2025, cette ligne de financement bénéficie désormais de l’ensemble des autorisations requises des autorités financières nationales. Le ministère des Finances a validé l’enregistrement de la convention d’investissement en convention de crédit, conformément aux recommandations de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac).

Cette validation technique et administrative marque la mise en conformité du projet avec la réglementation communautaire sur les flux financiers et les opérations d’investissement à grande échelle. Concrètement, le droit de tirage privilégié représente une faculté pour l’État ou ses partenaires stratégiques d’accéder à des ressources financières prédéfinies en vue du financement de projets à caractère économique et social. Dans le cas du projet Ndollè City, ces fonds mobilisés serviront à la construction d’une cité intégrée à vocation industrielle, résidentielle et technologique.

Le dispositif mis en place s’appuie sur un partenariat large, associant plus de 5 300 entreprises internationales issues d’une centaine de pays, ainsi que 12 000 petites et moyennes entreprises locales et sous-régionales. Ce maillage devrait, selon les projections du Comité, générer environ 2,3 millions d’emplois directs et indirects sur le territoire national. La future pose de la première pierre marquera le démarrage effectif du chantier Ndollè City, qui s’inscrit dans une logique de structuration économique durable.

Le projet vise à relier l’investissement privé international à la capacité d’absorption du tissu économique local, en soutenant la montée en compétence des entreprises camerounaises et la création d’activités dans les filières connexes. Le Vice-président du Comité interministériel et Directeur général d’Impex Trading souligne que cette étape consacre la collaboration entre le secteur public et le secteur privé autour d’un mécanisme d’investissement régulé, appelé à renforcer la souveraineté économique nationale par la valorisation des ressources internes et la création d’emplois productifs. La mise en œuvre du droit de tirage, encadrée par la Beac et le ministère des Finances, ouvre ainsi un cadre de financement inédit pour un projet porté au nom du développement structurel du Cameroun.

Le protocole d’accord tripartite entre l’État du Cameroun, représenté par le ministre du Tourisme et des Loisirs, la société Impex Trading SA, représentée par son Directeur général Ngosso Abraham Junior, et le consortium Grand Impex Trading LTD (GIT), a été signé le 29 août 2025 à Yaoundé, en présence des membres du gouvernement camerounais.

Le projet Ndollè City, inscrit dans le cadre du programme national « SND 30 », vise à transformer Sikoum-Dibamba en une ville modèle intégrant innovation, durabilité et technologie. La phase 1 du projet a été lancée en 2024 sur un terrain de 1 500 hectares à Sikoum-Dibamba.

Face aux crises, les Matinées de Prière misent sur la foi pour rebâtir le vivre-ensemble

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Avant l’ouverture officielle, la CNPB a convié la presse nationale à un Petit déjeuner de Presse le 12 novembre au Centre Care & Hope de Nkoulou, son siège à Yaoundé. Cette rencontre visait à présenter les articulations du programme et rappeler la mission du mouvement : rassembler les croyants, toutes confessions confondues, pour prier pour la nation et ses dirigeants, hors de tout cadre ecclésial ou partisan.

Dans son allocution, le président de la CNPB, le Révérend Dr. Jean Libom Li Likeng, a situé la démarche dans une perspective spirituelle globale : « Le développement est d’abord spirituel avant de se manifester dans les autres domaines de la vie nationale. » Pour l’homme de Dieu, la multiplication des crises — économiques, sociales et politiques — traduit une perte de repères et une fragilisation morale qui appellent à une restauration du lien intérieur.

Les sujets de prière à présenter devant Dieu

Sur le plan social, le pasteur a évoqué une société fracturée par la méfiance et le repli identitaire : accusations de corruption, violations des droits humains, sentiment d’injustice, violences dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, et persistance des attaques attribuées à Boko Haram. À cela s’ajoute, selon lui, un « délabrement moral en milieu jeune » marqué par la criminalité, la consommation de drogues et la propagation de discours haineux.

Sur le plan économique, la croissance reste vulnérable. L’inflation, la hausse du coût de la vie et la montée du chômage minent le pouvoir d’achat et l’espérance sociale. Quant au champ politique, il demeure, selon ses mots, « fragilisé par les séquelles du processus électoral et la faiblesse du dialogue démocratique. » Cette accumulation de crises entretient un climat d’inquiétude généralisée, où de nombreux Camerounais doutent de leur avenir collectif.

La prière, voie de reconstruction

Pour la CNPB, la prière représente une voie de reconstruction. « Notre espérance est fondée sur la promesse divine que la paix véritable passe par une réconciliation vitale, » a déclaré le pasteur Libom Li Likeng, citant les Évangiles selon Ésaïe (32:17-20) et Jean (10:10). Ces textes bibliques, interprétés dans une lecture socio-théologique, présentent la paix comme le fruit de la justice et la prospérité comme une conséquence de la réconciliation nationale.

Cette orientation spirituelle se traduira, durant la semaine, par plusieurs temps forts. Le 15 novembre, une Marche de prière pour le Cameroun rassemblera, selon les estimations du promoteur, près d’un millier de participants à Yaoundé, sur un itinéraire symbolique reliant le Monument de la Réunification au Boulevard du 20 mai. Les 17 et 18 novembre, un Séminaire des leaders réunira une trentaine de responsables chrétiens au Centre Care & Hope pour réfléchir sur le leadership éthique et la responsabilité sociale.

Le 19 novembre, une Prière pour les Élus aura lieu au Cercle municipal de Yaoundé, en présence d’une centaine de parlementaires et d’élus locaux. Enfin, la Matinée Nationale de Prière pour le Cameroun, prévue le 20 novembre à l’Hôtel Hilton, réunira environ 300 personnalités du gouvernement, du Parlement, du monde universitaire, des affaires et de la société civile.

Instaurer une culture de la prière nationale

Dans un pays où les clivages politiques et communautaires demeurent profonds, la CNPB présente cette initiative comme un espace de dialogue spirituel, complémentaire aux institutions publiques. Le mouvement, né sur le modèle du National Prayer Breakfast américain, veut instaurer une culture de la prière nationale, non comme un substitut au débat politique, mais comme un terrain neutre de fraternité et d’écoute mutuelle.

En plaçant cette 16ᵉ édition sous le signe de l’espérance debout, les initiateurs espèrent insuffler une dynamique de foi active — non pas une résignation, mais une confiance collective en la possibilité d’un redressement. Pour le Révérend Libom Li Likeng, la réconciliation nationale ne se décrète pas par les textes, elle se cultive dans les consciences.

Ainsi, entre foi et responsabilité citoyenne, la CNPB appelle les Camerounais à redécouvrir la prière comme un acte de cohésion nationale, face à un avenir incertain mais encore ouvert à la paix et à la prospérité.

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