mercredi, mai 20, 2026
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Prix de l’excellence pour la paix : avec 55 voix sur 55, Jean Gatsi réalise le carton plein continental

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C’est un sans-faute qui égale le record historique de l’ancien ambassadeur d’Égypte au Cameroun. L’Association africaine des acteurs de la communication (2Acom) ne s’y est pas trompée. Dans sa lettre du 18 novembre, elle loue “l’esprit patriotique” et la “posture exemplaire” du conseiller technique auprès du recteur de l’Université de Douala. La salle bondée d’étudiants et de jeunes militants ce jour-là témoignait déjà de l’ascendant du professeur sur cette génération.

Quand le travail de l’ombre attire la lumière

« Il a œuvré dans l’ombre, sans relâche », explique Hervé Narcisse Yemdji, président exécutif de 2Acom. C’est justement cette discrétion, cette régularité sans tapage qui ont convaincu le jury continental. Voilà comment Jean Gatsi devient la 18ème personnalité d’Afrique centrale distinguée pour son engagement en faveur de la paix, de l’unité et de la formation des jeunes.

La surprise du principal intéressé était palpable : « Je ne m’y attendais pas du tout, j’ai appris la veille qu’une récompense m’attendait. ». Pas le genre d’homme à chercher les projecteurs, visiblement. Pourtant, son engagement parle pour lui. Aurélien Fernand Ndjock, président du conseil d’administration de 2Acom, y voit l’incarnation parfaite d’un Cameroun qui avance dans la sérénité.

Convergence républicaine gagne ses galons

Cette distinction fait rayonner bien au-delà du professeur lui-même. Toute la plateforme Convergence républicaine profite de ce coup de projecteur continental. « C’est un homme de conviction, un exemple à suivre », insiste Aurélien Ndjock en appelant les jeunes à s’inspirer de cette rectitude.

Et Jean Gatsi ne cache pas sa fierté d’avoir ouvert la voie : « J’ai été le premier à proposer la candidature du président Paul Biya pour 2025 ». Une audace précoce qui illustre, selon lui, sa capacité à anticiper et son engagement sans faille. D’ailleurs, l’éminent juriste ne compte pas s’arrêter là : « Je vais continuer à travailler pour que ce mandat de grandeur et d’espérance soit un mandat au service des jeunes et des femmes ».

Attention aux sirènes

Mais Hervé Yemdji connaît la musique. Avec la notoriété viennent les tentations : « Avec cette visibilité, de nombreuses sollicitations viendront avec les élections municipales et régionales à venir ». Le message est clair : garder le cap, résister aux chants des sirènes politiciennes, rester fidèle à la ligne qui a justement valu cette reconnaissance.

L’unanimité des 55 voix fait basculer le Pr Jean Gatsi du statut de militant discret à celui de référence continentale. Une consécration qui dépasse largement les frontières camerounaises et qui place la barre haute pour la suite. Reste à savoir si le professeur saura naviguer entre cette nouvelle notoriété et la fidélité à ses convictions originelles.

Par Dilan KENNE

Hydrocarbures : le vice-président de Guinée Équatoriale en visite à la SNH à Yaoundé pour discuter de projets énergétiques stratégiques

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Journée inhabituelle au siège de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) ce mercredi 19 novembre. Mme Nathalie Moudiki, représentant l’Administrateur-Directeur Général, a reçu S.E. Teodoro Nguema Obiang Mangue, Vice-Président de la République de Guinée équatoriale, accompagné d’une délégation de très haut niveau. Parmi eux, le Ministre d’État chargé des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Diaspora, le Ministre des Hydrocarbures et du Développement minier, ainsi que les Directeurs généraux de Tradex et Tradex Guinée équatoriale.

Cette réunion de travail a permis de dresser un état d’avancement des grands chantiers bilatéraux : le projet pétrolier Yoyo/Yolanda, le projet CSTAR, ainsi que les ambitions et perspectives de Tradex Guinée équatoriale, l’une des vitrines de la coopération économique entre les deux pays.

Une étape marquante dans une coopération exemplaire

L’audience intervient juste après la rencontre entre le Vice-Président équato-guinéen et le Chef de l’État camerounais, S.E. Paul Biya, au Palais de l’Unité ce même jour, le 19 novembre 2025. Le déplacement à la SNH s’inscrit dans la continuité d’un dialogue stratégique entre Yaoundé et Malabo, marqué par une collaboration énergétique de longue date.

Pour la SNH, bras séculier de l’État Camerounais dans le secteur pétrolier et gazier, il s’agissait d’une visite hautement symbolique : c’est la première fois qu’une personnalité politique de ce rang foule les installations de l’entreprise. Une occasion de présenter l’état d’avancement des projets bilatéraux et de réaffirmer le rôle du Cameroun dans la consolidation d’un modèle de coopération sud-sud dynamique, durable et mutuellement profitable.

Yoyo–Yolanda : un projet stratégique pour l’Afrique centrale

Au centre des échanges, le développement du champ gazier transfrontalier Yoyo–Yolanda, considéré comme l’un des projets énergétiques les plus lourds de la sous-région. Le 17 mars 2023, les présidents Paul Biya et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo avaient signé à Yaoundé l’accord bilatéral encadrant l’exploitation de ces ressources partagées. Cet accord, déposé aux Nations Unies en janvier 2025, sert désormais de socle à l’unitisation du champ et à la mise en valeur de son potentiel gazier.

Un partenariat nourri par la fraternité et le panafricanisme

Au-delà de la technique, cette audience a mis en lumière les valeurs qui guident la coopération entre le Cameroun et la Guinée équatoriale : fraternité historique, vision panafricaine et aspiration commune à la souveraineté énergétique. Pour la SNH, cette rencontre est également l’occasion de valoriser l’expertise locale et la capacité des États africains à piloter ensemble des projets majeurs, au service du développement.

Le projet Yoyo–Yolanda se présente comme un catalyseur de prospérité, un instrument d’intégration régionale destiné à renforcer l’indépendance énergétique des deux pays et, au-delà, de toute l’Afrique centrale.

L’Administrateur-Directeur Général de la SNH, Adolphe Moudiki via son représentant Mme Moudiki, a transmis à la haute autorité équato-guinéenne ses remerciements pour le soutien apporté au développement de Tradex, filiale stratégique du groupe, tout en se disant « honoré » de recevoir la première visite d’un dirigeant étranger au Cameroun depuis le lancement du septennat placé sous le signe de la « Grandeur et de l’Espérance ».

Le PAD s’attache l’expertise d’Innovendi pour digitaliser la plateforme portuaire

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 Une convention signée entre les deux parties va permettre la mise en place de divers outils tels que des infrastructures 4G/5G, le cloud sécurisé, des solutions IoT afin d’inscrire le port de Douala parmi les ports de première génération mondiale.

Le Port Autonome de Douala (PAD) s’apprête à opérer une transformation digitale de taille. Le Directeur Général du PAD, Cyrius Ngo’o et Joel Monefong  d’Innovendi data technologies & Communications ltd ont procédé le 17 novembre dernier à la signature d’une convention stratégique. Ce partenariat va favoriser une digitalisation et une modernisation profonde des installations du port de Douala Bonabéri.

L’expertise d’Innovendi va permettre la mise en place d’infrastructures 4G/5G évolutive et dédiée, garantissant la connectivité haut débit nécessaire à la gestion en temps réel des flux (navires, cargaisons, véhicules). Il est aussi question de développer des solutions IoT (Internet des Objets), permettant une gestion intelligente et prédictive des actifs et des opérations (maintenance préventive, optimisation des zones de stockage).  Un cloud local sécurisé, point crucial pour la souveraineté numérique et la conformité aux exigences de sécurité des données critiques est aussi prévu, en même temps que des outils de Cybersécurité essentiels pour protéger le site  des menaces numériques croissantes.

Ce dispositif vise à positionner le Port de Douala-Bonabéri comme pionnier des « Smart Ports » en Afrique centrale. Ceci repose sur des objectifs fondamentaux : l’optimisation des opérations (réduction des temps d’escale), la qualité de service aux usagers, et un renforcement tangible de la compétitivité de la plateforme, alignant le PAD sur les standards des ports de première génération mondiale.

Comme pour de nombreux projets du PAD, c’est une approche de Partenariat Public-Privé (PPP) qui a été choisie.  Le projet est orienté vers le renforcement du tissu économique local avec une priorité pour les compétences camerounaises. Il est question d’accorder une préférence à la main d’œuvre locale dans les recrutements mais aussi une implication des PME locales dans la chaîne de valeur du projet.  Un programme massif de formation est aussi prévu pour garantir une appropriation durable des outils par les jeunes générations et les équipes du PAD.

Il faut dire que la performance d’une plateforme portuaire se mesure désormais moins à ses infrastructures physiques mais davantage grâce à sa digitalisation. Le concept de smart port repose sur  les nouvelles technologies regroupant l’intelligence artificielle, le Big Data, les technologies blockchain… afin d’optimiser la logistique, l’environnement industriel tout en respectant l’environnement marin.

Electricité: le plan du gouvernement après la reprise d’Eneo

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Restructurer la société de distribution d’électricité d’ici février 2026, mettre en place un mécanisme efficace de recouvrement des factures d’électricité des entités publiques, une politique tarifaire d’ici fin 2026…sont entre autres actions prioritaires fixées par l’Etat du Cameroun.

Déjà actionnaire au sein d’Eneo, la part de l’Etat du Cameroun dans le capital de l’énergéticien passe à 95% avec le rachat des 51% du fonds britannique Actis.  Dans son compact énergétique, vision stratégique de l’Etat en matière d’énergie à l’horizon 2030, le gouvernement dresse un plan clair de sa reprise en main de la société de distribution d’électricité et de la transformation qu’il en fera. Ceci afin d’une part de rétablir l’équilibre financier dans le secteur et d’autre part, favoriser l’accès à l’électricité au plus grand nombre.

D’après les projections du gouvernement, le processus de rachat des actions d’Actis dans la société Eneo devrait être finalisé d’ici la fin de cette année. 2025. La première démarche forte envisagée est d’élaborer un diagnostic assorti d’un plan de redressement de la société de distribution d’électricité. Il est ensuite question de la restructurer la dette avec une échéance fixée à fin 2026. Une équation pas des plus aisées. Car, les dirigeants actuels de l’entreprise n’ont pu engager les banques locales dans leur tentative de restructuration de la dette d’Eneo avant la cession des parts d’Actis. Les acteurs financiers n’ont pas osé se lancer sans perspective claire sur l’avenir de la société.  A fin 2024, la dette totale d’Eneo était estimée autour de 800 milliards de FCFA dont 500 milliards envers ses fournisseurs pour à peine 80 milliards de créances.

Revoir les tarifs d’électricité  maîtriser les coûts

Selon plusieurs experts, notamment Cyrile Tetougueni, les prix de l’électricité pour les consommateurs moyens et basse tension demeurent 18,2 % en dessous du coût de production. Cette sous‑tarification motivée par des raisons sociales, génère un déficit structurel, commente-t-il.  Dans son plan d’action, l’Etat compte mettre en place une politique tarifaire d’ici fin 2026. L’objectif décliné est de maîtriser les coûts et « rentabiliser les investissements des opérateurs dans les zones isolées ». Il compte aussi créer un mécanisme efficace de recouvrement des factures d’électricité des entités publiques d’ici 2026.  Une stratégie reposant essentiellement sur les clients publics (administrations, entreprises d’État, municipalités) qui accumulent des arriérés. Il sera notamment question d’élaborer un texte règlementaire contraignant définissant les modalités de paiements des factures d’électricité de l’Etat central; catégoriser les entités publiques (prioritaires qui ne peuvent pas subir de coupures et non prioritaires), définir les mécanismes de maitrise de l’énergie dans les bâtiments publics et structures publiques. Le document prévoit également d’introduire dans le fichier de payement des salaires du mois  des entités publiques, les factures d’électricité du mois n-1 ; prendre en compte dans leurs budgets les arriérés de consommation d’électricité.

 Toujours dans l’optique de garantir l’équilibre financier du secteur, plus d’investissement sont annoncés dans le segment distribution pour réduire les pertes techniques et non techniques. Environ 14 % de l’électricité selon plusieurs sources est perdue dans le réseau ou volée, sans être facturée. Cette démarche a pour objectif d’atteindre un rendement de distribution de 90 % d’ici 2030 contre 70% actuellement.  Cela permettra aussi d’élargir la base clientèle à travers la reconversion et la pose des nouveaux branchements et favoriser l’accès à l’électricité avec une cible d’environ 1,7 million de personnes par an pour une couverture de 100% à l’horizon 2030.

Appel au partenariat financier

Les besoins en financement pour atteindre les objectifs du Pacte s’élèvent à 12,5 milliards USD soit 7750 milliards de FCFA dont 6.4 milliards USD (3874 milliards FCFA) reste à financer. Sur la période 2025-2030, le segment distribution nécessite 1551 millions USD soit 878 641 millions de FCFA. Le gouvernement se dit prêt à recevoir toute participation pour mobiliser les fonds à travers des dons, des subventions, et prêts concessionnels pour le développement et la construction des ouvrages de production, de transport et de distribution de l’électricité nécessaires pour le redressement du secteur de l’électricité à l’horizon 2025-20230. Un appel est lancé aux partenaires de développement, fondations philanthropiques et au secteur privé.  Dans sa stratégie, le gouvernement prévoit par ailleurs d’identifier et de lever les obstacles liés aux investissements privés dans la production, le transport et la distribution d’électricité d’ici 2030.

L’API signe six nouveaux accords pour renforcer l’industrie camerounaise

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L’Agence de Promotion des Investissements (API) a procédé récemment à Yaoundé à la signature de cinq conventions d’investissement et d’un avenant, portant sur des entreprises opérant dans les secteurs industriel et agro-industriel. Les documents ont été paraphés par le Directeur général par intérim de l’API, Boma Donatus, marquant un nouvel élargissement du portefeuille d’investissements accompagnés par l’agence.

Selon les informations communiquées par l’API, les entreprises concernées sont Capital Ciment, la Société Camerounaise de Purification de Sel (SOCAPURSEL), la Société Africaine de Distribution et de Promotion Industrielle (SADIPIN), la Société Camerounaise de Transformation du Blé (SCTB), Africa Process Company, ainsi que Eco-Green.

Objectifs : emplois, production locale et durabilité

Pour l’API, ces nouveaux accords visent à stimuler la création d’emplois, à renforcer la production locale, à promouvoir des pratiques respectueuses de l’environnement et à accroître la capacité industrielle du pays.

Ils interviennent alors que l’agence étend progressivement l’accès au système camerounais d’incitations à l’investissement.

Un cadre élargi aux entreprises publiques

Cette dynamique suit l’entrée en vigueur de mesures permettant désormais aux entreprises publiques de solliciter une accréditation au régime des incitations.

Le 16 octobre 2025, le Directeur général par intérim a publié une directive précisant les pièces à fournir par les investisseurs souhaitant bénéficier de ces avantages. Cette directive découle d’une Ordonnance du 18 juillet 2025, qui a étendu le régime d’incitations de 2013 aux entreprises publiques.

Désormais, les candidats doivent soumettre cinq copies physiques et une version numérique de leur dossier, comprenant notamment : une lettre de demande timbrée, un certificat d’immatriculation, une étude de faisabilité, un plan de financement, une étude d’impact environnemental et social.

Les projets d’extension doivent également inclure un certificat de non-redevance fiscale, des attestations CNPS et des plans de localisation.

L’API dispose désormais d’un délai maximal de 10 jours pour examiner chaque dossier, contre un délai antérieur pouvant atteindre trois mois.

De nouveaux secteurs désormais éligibles

Le cadre révisé élargit la liste des secteurs pouvant prétendre aux incitations, conformément à la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30).

Sont désormais éligibles : l’agriculture, l’élevage, la pêche, le commerce, le traitement digital, l’intelligence artificielle, l’industrie automobile.

Une réforme plus vaste en cours

Ces évolutions accompagnent un nouveau projet de loi sur les investissements, actuellement examiné au Parlement.

Présentant le texte le 12 novembre 2025, le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, a rappelé que 424 conventions ont été signées entre 2013 et 2025, représentant des engagements de 7 504 milliards FCFA et promettant 168 000 emplois.

Le projet de loi prévoit : un document de référence consolidé, la création de zones de développement prioritaires, une transition des réductions fiscales vers les crédits d’impôt, l’extension de l’éligibilité aux entreprises publiques des secteurs concurrentiels, la mise en place d’un guichet unique de promotion des investissements, ainsi qu’un comité d’audit et de recours.

Selon le gouvernement, cette réforme vise à soutenir la transformation structurelle de l’économie, à stimuler la valeur ajoutée locale et à encourager des investissements alignés sur les priorités nationales.

Industrie minière: Le ministre des Mines annonce 38 000 emplois en 2026

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Le ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (MINMIDT), Pr. Fuh Calistus Gentry, a annoncé hier à Yaoundé la création d’environ 38 000 emplois destinés en priorité aux jeunes et aux femmes dès l’année 2026. Il s’exprimait à l’occasion d’une rencontre avec des jeunes venus de tout le pays, des femmes et divers acteurs du secteur minier.

Selon le ministre, cette initiative s’inscrit dans la droite ligne des orientations fixées par le président de la République, Paul Biya, qui a déclaré lors de sa prestation de serment, le 6 novembre 2025, que son nouveau septennat serait placé sous le signe de l’autonomisation des jeunes et des femmes.

Pr. Fuh Calistus a assuré que « la situation va changer » et qu’une « nouvelle ère de l’industrie minière » s’ouvre au Cameroun. Il a néanmoins invité les populations à faire preuve de patience et à « laisser l’industrie prendre racine », afin de permettre au secteur de se structurer durablement.

10 000 emplois directs et 38 000 emplois globaux en 2026

Pour l’année 2026, le gouvernement projette 10 000 emplois directs répartis entre les trois grands projets en cours – Minim-Martap, Grand Zambi et Sino Steel – ainsi que de nouveaux chantiers prévus à Nkout et Ntem.

Au total, ce sont 38 000 emplois directs et indirects qui pourraient être générés par le secteur, a précisé le ministre.

Il a également souligné que les écoles de formation aux métiers des mines — y compris celle projetée dans la région du Sud — seront en capacité d’absorber les nombreux jeunes déjà formés ou en cours de formation.

Professions connexes et opportunités pour les femmes

Pour permettre aux jeunes et aux femmes de capter une part croissante de la valeur ajoutée d’un secteur en plein essor, le ministre a rappelé que de nombreuses professions connexes seront fortement sollicitées : conducteurs d’engins lourds, ouvriers miniers, médecins du travail, personnels paramédicaux, secouristes, etc.

Il a ajouté que les opportunités s’étendront également à des secteurs tels que la restauration, la fourniture d’équipements de protection individuelle, le transport et la logistique, la maintenance, la sécurité, les ressources humaines ou encore la gestion des déchets industriels.

Des projets miniers en plein déploiement

Le secteur minier emploie déjà environ 1 000 Camerounais dans les projets en cours de production, avec une perspective de 7 500 emplois directs et 15 000 indirects à court terme.

Le projet Minim-Martap, destiné à faire du Cameroun le deuxième producteur de bauxite en Afrique, génère déjà près de 2 700 emplois indirects et pourrait, à terme, offrir plus de 5 000 emplois directs.

Le projet Bipindi–Grand Zambi dans le fer a déjà recruté 500 personnes, dont 90 % de jeunes Camerounais.

Quant au projet de Lobé à Kribi, qui repose sur un gisement de 632,82 millions de tonnes de minerai à 33 % de fer, il nécessitera 7 000 emplois directs et 1 000 indirects. L’entreprise a d’ores et déjà construit un camp de base comprenant 1 000 logements et recruté 250 employés, dont 150 Camerounais. Le terminal minéralier en construction permettra, dans une première phase, d’exporter 14 millions de tonnes de concentré de fer, puis 47,5 millions de tonnes en phase d’expansion.

Un partenariat stratégique entre le MINMIDT et Group Delta

La rencontre a également été marquée par la signature d’un mémorandum d’entente (MoU) entre le MINMIDT et Group Delta. L’accord, signé par le ministre Fuh Calistus et Mohammed Shahzeer, directeur général de l’entreprise, vise à soutenir le développement du secteur minier camerounais.

Le Group Delta s’engage notamment à : offrir des bourses d’études en Inde pour les jeunes et les femmes, faire venir au Cameroun des experts et géologues afin de former les techniciens locaux, contribuer au financement de la future École des Mines, de la Géologie et de la Pétrochimie de Meyomessala, mettre en place un fonds d’investissement dédié aux projets sociaux dans la localité.

Selon le ministre, cette coopération favorisera l’« emploi et l’épanouissement des jeunes esprits du Cameroun ».

Filière cacao : appel à plus de soutien aux femmes

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 Sécuriser l’accès au foncier, faciliter l’accès aux crédits et aux intrants, renforcer le mouvement coopératif sont entre autres recommandations formulées à l’issue d’une étude qui montre les difficultés des femmes dans cette filière, malgré leur rôle central.

Au Cameroun, les femmes sont le moteur de la filière cacaoyère d’après des données collectées par une quinzaine de jeunes chercheurs dans trois régions du pays. Ces données du  Sud (Djoum, Mintom), du  Centre (Lékié et Mbam-et-Kim) et de l’ Est (Boumba-et-Ngoko) mettent en évidence le rôle de la gente féminine dans la chaîne de valeur cacao. Elles assurent les tâches clés de nettoyage, d’ entretien, de récolte, de cabossage, de fermentation et de séchage. Ceci, sans compter le leadership féminin au sein des coopératives et des GIC. « Sans leur contribution, la filière ne fonctionnerait pas efficacement », reconnait. Samuel Nguiffo, secrétaire général du Centre pour l’Environnement et le Développement ( CED), l’ONG qui a initié l’étude.

L’étude relève la présence d’une catégorie particulière des femmes migrantes qui partent de loin pour s’installer dans les zones de production du cacao, preuve de la dynamisation des communautés rurales.  Elles sont pour la plupart issues des peuples autochtones.  Mais malgré ce dynamisme, ces femmes font face à diverses difficultés. Le rapport liste notamment l’accès au foncier, l’insécurité foncière. Car, peu d’entre elles ont des titres officiels de propriété.  Ce qui complexifie leurs chances pour obtenir des aides publiques ou encore des crédits et des projets agropastoraux.  De même que pour le financement, les femmes éprouvent du mal à accéder aux intrants et équipements (pulvérisateurs, tronçonneuses et plants de bonne qualité).  Cette situation est citée comme une difficulté majeure. Ce, malgré qu’elles parviennent à atténuer ce risque grâce à des chaînes de solidarité et d’entraide. A Biakoa dans le département du Mbam-et-Kim, une retenue de 10% est opérée sur les revenus des communautés l’achat des intrants ou pour la scolarité des enfants. Des cas de violences physiques et psychologiques des maris et de ceux qui veulent contrôler leurs champs et leurs gains ont également été rapportés.  

Les recommandations formulées au terme de l’étude et sur la base des attentes énoncées par les femmes sont diverses. Il faut sécuriser l’accès et l’usage du foncier et faciliter l’accès des femmes aux crédits et aux intrants, renforcer le mouvement coopératif avec une plus grande inclusion des femmes. Le CED propose aussi de soutenir les trajectoires d’autonomisation des veuves, célibataires, migrantes et femmes issues des peuples autochtones. Il est par ailleurs envisagé d’engager des échanges avec les décideurs politiques pour des actions adaptées.

Electricité : le Cameroun rachète Eneo pour 78 milliards FCFA

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Mercredi 19 novembre 2025, le cabinet du ministre des Finances a servi de cadre à la cérémonie solennelle de signature de la convention de rachat des actions d’Actis-CPH, dans Eneo par l’Etat du Cameroun. Ce dénouement qu’on peut qualifier d’heureux, intervient après de longs mois de négociations entre les différentes parties et fait officiellement du Cameroun l’actionnaire majoritaire, détenant 95% des parts d’Eneo, la compagnie nationale d’électricité. « C’est pour moi un honneur et un plaisir de présider ce jour avec le Ministre de l’Eau et de l’Energie, la cérémonie de signature de la Convention de rachat des 51% du capital social de Energy of Cameroon (ENEO) détenus par la société britannique ACTIS depuis 2014.

 Cette signature marque l’aboutissement d’un long processus de négociation mené avec rigueur et responsabilité. Le prix de cession auquel les parties sont finalement parvenues est de 78 milliards FCFA. Le rachat des actions détenues par ACTIS au capital social de ENEO que nous finalisons aujourd’hui, s’inscrit dans une dynamique plus large, portée par les orientations stratégiques de la politique du Président de la République, son Excellence Paul BIYA et, sa volonté affirmée de : (i) renforcer notre souveraineté économique, (ii) consolider les capacités nationales dans le secteur de l’électricité et (iii) garantir une gouvernance cohérente des entreprises d’intérêt stratégique », a souligné le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, lors de la cérémonie.

Avec ce rachat, l’État atteint désormais 95 % du capital d’Eneo, un niveau inédit depuis l’ouverture du secteur à l’investissement privé il y a plus de quinze ans. Le ministre des Finances inscrit cette décision dans la ligne politique du chef de l’État. « Le rachat […] s’inscrit dans une dynamique plus large portée par les orientations stratégiques du Président de la République, Paul Biya, et sa volonté de renforcer notre souveraineté économique, de consolider les capacités nationales dans le secteur de l’électricité et de garantir une gouvernance cohérente des entreprises d’intérêt stratégique. »

La cérémonie a aussi été l’occasion de rassurer les employés d’Eneo, qui ont manifesté par le passé leur inquiétude concernant cette opération de reprise par l’Etat. « Cette opération financière […] ne modifie en rien votre statut, vos droits, votre rôle au sein de l’entreprise. L’exercice du droit de préemption n’est pas à redouter. Bien au contraire. » a déclaré le ministre des Finances avant d’ajouter que la reprise publique est une opportunité pour « redresser, moderniser et développer » l’entreprise. Le gouvernement indique cependant que cette signature ne marque pas encore la fin juridique du processus. Une phase dite d’« intérim » s’ouvre jusqu’au closing, période durant laquelle plusieurs formalités et engagements dont la nature n’a pas été révélée doivent être finalisés par les deux parties.

GENÈSE

 Pour mémoire, c’est en 2023, que Actis-CPH, actionnaire d’Eneo Cameroun S.A a officiellement notifié son intention de se retirer du capital de ladite société. L’Etat du Cameroun a exprimé son intérêt pour le rachat des actions concernées et un comité interministériel a été mis en place pour les négociations. « A l’issue de plusieurs échanges techniques juridiques et financiers, Actis-CPH (le cédant) a formalisé son accord de principe pour la cession desdites actions, tandis que l’Etat du Cameroun (le cessionnaire), représenté par le ministère des Finances et le ministère de l’Eau et l’Energie, a accepté d’en poursuivre l’acquisition.

Dans le cadre de cette opération, l’Etat a mandaté la SCP Chazai Wamba en qualité de conseil juridique et KPMG Corporate Finance S.A.S en qualité de conseil financier. Après plusieurs mois d’échanges et de négociations constructives entre les parties la présente cérémonie de signature du contrat de cession d’actions consacre ainsi l’aboutissement d’un processus stratégique majeur pour le secteur de l’énergie électrique au Cameroun, ouvrant la voie à une nouvelle étape de son développement », souligne le ministère des Finances ».

Crédits non remboursés : la Cobac durcit les règles pour les clients indélicats

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Le texte en cours d’adoption exclut notamment les emprunteurs en retard de paiement, de tout accès aux services bancaires dans la zone Cemac, y compris des opérations sur leurs propres comptes.

 Selon les données de la banque centrale dans son rapport 2024, les créances en souffrance dans la zone Cemac ont augmenté de + 17% en un an pour atteindre plus de 2000 milliards de FCFA dont 178 milliards pour le secteur de la micro finance. 81% de ces fonds étant détenus par les Etablissements de micro finance du Cameroun.  Ces crédits non remboursés sont considérés comme un risque majeur sur le système bancaire de la Cemac, notamment « au regard de leur volume particulièrement élevé au cours de la période récente », renseigne la Cobac.

Lors d’une concertation à Libreville fin octobre dernier, la Commission Bancaire d’Afrique Centrale (Cobac) a  recensé les avis des acteurs financiers sur une nouvelle réglementation en cours pour résoudre cette problématique. Il s’agit du projet de règlement sur la mise à l’index des clients ces établissements assujettis à la Cobac en matière de non remboursement de crédit. Ce texte définit la mise à l’index comme une mesure interdisant au client « d’effectuer toute opération au débit d’un compte bancaire ou de paiement dont il est titulaire dans un établissement assujetti à la Cobac à l’exception des opérations visant la régularisation de sa situation, ou d’ouvrir un nouveau compte jusqu’à la levée de la mesure ». S’il est adopté, tout client défaillant sera mis à l’index par la Cobac si sa banque ou sa micro finance signale son incapacité à rembourser son crédit après un délai fixé. Il ne pourra de ce fait avoir accès à ses avoirs bancaires qu’après le remboursement de sa dette.

 « Les conséquences d’une mise à l’index sont, i) vous ne pouvez plus ouvrir un compte bancaire en zone CEMAC ; ii) vous ne pouvez plus accéder à vos comptes ouverts dans les banques/microfinance exerçant en zone CEMAC même pour retirer votre épargne ; iii) vous ne pouvez plus avoir accès au crédit auprès d’une institution financière en zone CEMAC en plus d’autres procédures que ces établissements financiers/microfinacne peuvent engager contre le client délinquants notamment les poursuites pénales conformément à la loi n°2019/021 du 24 décembre 2019 sur le non remboursement de crédit. Cette sanction durera aussi longtemps que vous serez en impayés », explique David Kengne, expert réglementation financière.

Cette réglementation concerne aussi bien les personnes physiques que morales. Interrogé sur cette réforme en cours, le DG adjoint de Focep, un EMF de deuxième catégorie estime que ce changement devrait être bien encadré. « Le principal risque réside dans la possibilité d’erreurs ou d’abus lors de la mise à l’index, qui pourraient nuire à la réputation ou aux droits d’un client de bonne foi. Une application trop stricte pourrait entraîner une exclusion financière accrue, notamment pour les petits emprunteurs qui représentent pourtant la clientèle cible des EMF. D’où la nécessité d’un encadrement juridique et technique solide, garantissant l’équilibre entre rigueur et inclusion. Je considère que cette réforme est utile et opportune. Néanmoins, sa réussite dépendra largement de la manière dont elle sera mise en œuvre » fait savoir Hervé Blaise Feunke.

Réaction

David KENGNE, expert en réglementation financière

 « On aura  plus d’informations sur le comportement des clients qui sollicitent le crédit »

« Il faut tirer une sonnette d’alarme car, le Cameroun à lui seul porte 81% de mauvais crédit de la zone CEMAC du portefeuille de crédit des établissements de microfinance. Les promoteurs de PME/PMI camerounaises sont des emprunteurs délinquants. La plupart ne remboursent pas le crédit que les banques et établissements de microfinance leur accordent. C’est également ce comportement malhonnête qui justifie le coût élevé de l’accès au crédit dans notre pays. Car les bons emprunteurs doivent payer pour les emprunteurs délinquants. Ce qui n’est pas bien pour la pérennité de ces institutions qui exercent une continuité de l’action publique. Il y a aussi en cours le règlement sur le bureau d’information sur le crédit qui permettra aux établissements financiers et de microfinance d’avoir accès à toutes les informations sur le comportement des clients qui sollicitent le crédit auprès d’eux. Ainsi par exemple, si vous venez solliciter un crédit auprès d’un établissement, l’établissement financier/microfinance peut avoir des informations sur le comportement de ce client dans ses relations avec son bailleur s’il est locataire, est-ce qu’il paye régulièrement ses loyers chez bailleur ? est-ce qu’il est en règle avec l’administration fiscale ? est-ce qu’il est en règle avec ses fournisseurs s’il est commerçant. Ces instruments mis ensemble, ajoutés à la loi sur la pénalisation des crédits non remboursés et à la centrale des risques peuvent constituer une barrière étanche contre les délinquants bancaires. »

Finances publiques : Fitch pousse Yaoundé à encadrer les dépenses parallèles de la SNH

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Dans sa note de conjoncture publiée le 7 novembre 2025, Fitch Ratings a reconduit la note souveraine du Cameroun à B, mais en adressant au gouvernement un message clair. Cette évaluation, qui accompagne traditionnellement une appréciation détaillée des risques budgétaires, place cette fois les interventions directes de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) au cœur de ses préoccupations.

L’agence écrit explicitement que « la gestion des finances publiques (GFP) du Cameroun reste un point faible pour la notation ». Mais c’est surtout la question des dépenses parallèles de la SNH, exécutées hors budget, qui alimente les inquiétudes des analystes.


LES INTERVENTIONS DE LA SNH, CŒUR DU PROBLÈME

Dans sa note, Fitch consacre un passage entier à ces opérations. « La faiblesse de la GFP est également mise en évidence par la hausse continue des ‘interventions directes’ (activités quasi fiscales, 0,7 % du PIB en 2024) de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), que nous prévoyons de rester élevées en 2025, et par une accumulation nette continue d’arriérés intérieurs en 2024 », souligne Fitch. En langage simple, Fitch reproche à la SNH de financer — pour le compte de l’État — des dépenses dites « quasi fiscales », c’est-à-dire des dépenses publiques financées en dehors du budget officiel.

Elles concernent souvent des questions considérées comme urgentes ou sensibles, mais elles ne sont ni planifiées, ni inscrites en loi de finances, ni présentées clairement dans les rapports de dépenses. Ces pratiques échappent aux règles normales. Elles ne passent pas par les vérifications administratives habituelles, ne sont pas soumises au contrôle parlementaire, et ne figurent pas dans les tableaux budgétaires. C’est pour cette raison que Fitch insiste. Et c’est précisément ce que la circulaire présidentielle de juillet 2025 veut corriger.

PAUL BIYA DIT STOP !
Face à plusieurs années de critiques — notamment celles du FMI — la présidence de la République a décidé, dans une circulaire datée du 18 juillet 2025, d’imposer un encadrement strict à ces interventions. Ce document affirme sans ambiguïté « qu’un terme devra être mis, dès 2026, à la pratique des interventions directes au niveau de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH).

Les opérations y relatives suivront dorénavant la procédure normale d’exécution de la dépense, au même titre que les autres dépenses du budget de l’État ». En d’autres termes, toutes les dépenses financées par la SNH pour l’État devront suivre la chaîne budgétaire classique : engagement, validation, contrôle du ministère des Finances, mise en paiement dans les règles. Cette décision constitue un tournant, car jusqu’ici ces opérations étaient gérées de manière dérogatoire.

La présidence et la direction de la SNH en décidaient directement, dans un cadre opaque, parfois en dehors de toute inscription préalable en loi de finances. La circulaire prévoit néanmoins une exception. Certaines dépenses dites « urgentes » disposeront d’un mécanisme spécifique de paiement, toujours sous l’autorité du ministère des Finances.


POURQUOI FITCH INSISTE MAINTENANT

Si Fitch insiste avec autant de force en novembre 2025, c’est parce que ces interventions ont continué de croître — au lieu de diminuer — au cours de l’année. Le rapport économique et financier annexé à la loi de finances 2025 note une hausse de 105,8 milliards FCFA des dépenses en biens et services, en partie due à un renforcement des interventions directes de la SNH dans le domaine sécuritaire. Ces dérives ne sont pas nouvelles. Elles ont été dénoncées à plusieurs reprises par le FMI dans les années récentes.

Entre 2021 et 2024, le Cameroun n’a pas respecté plusieurs des cibles indicatives du programme économique appuyé par le FMI. En 2021, les interventions directes atteignaient 138 milliards FCFA à fin juin, pour un plafond initial de 100 milliards. En 2022, elles dépassaient encore les plafonds, atteignant 91,9 milliards FCFA à mi-année.

Les autorités ont expliqué ces dépassements par les besoins sécuritaires, les subventions au carburant ou les tensions dans le secteur de l’électricité. Elles ont même créé un comité ad hoc entre la SNH et le ministère des Finances pour en assurer le suivi. Mais ces efforts n’ont pas suffi. Le FMI relevait encore en novembre 2024 que ces dépenses continuaient à dépasser les limites convenues et qu’elles « évinceraient » d’autres priorités, notamment l’investissement public.

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