L’histoire va-t-elle récidiver ? En tous cas, il n’est pas exclu que le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais revive le suspens qu’il avait déjà vécu en 2013 lors des élections municipales. Pour le scrutin du 09 février prochain, le parti au pouvoir va affronter deux adversaires politiques qui ne sont pas des moindres dans cette localité. Le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais doit faire face au Front des Démocrates Camerounais (FDC) de Denis Emilien Atangana qui l’avait déjà mis en difficulté lors de la précédente élection municipale. Il doit ensuite affronter le Parti de l’Alliance Libérale (PAL) de Célestin Bedzigui. Même si les deux adversaires du Rdpc à Monatele ne sont pas des mastodontes de la politique, sur le plan stratégique, leurs leaders jouissent d’une notoriété incontestable dans le département de la Lekie. On se souvient qu’en 2013, lors des élections municipales, Denis Emilien Atangana, sous la bannière du MRC, avait donné des sueurs froides au parti au pouvoir et avait obtenu 41% des suffrages valablement exprimés. Son parti a plus de chance cette année, estiment ses soutiens. Ce d’autant plus que les populations ont exprimé leur ras-le-bol au sujet de l’exécutif qui gère cette mairie depuis 1996. Leur doléance a été entendu et le parti au pouvoir a préféré comme tête de liste, Hugues François Onana, au détriment de André Tsala Messi qui a dirigé la ville pendant 24 ans.
Le principal challenger du Rdpc, Denis Emilien Atangana entend profiter de ces remous pour vaincre le parti au pouvoir. « Nous avons plusieurs actions sociales qui ont été menées et qui amènent les populations à accepter que nous avons la volonté d’apporter des solutions à leurs problèmes et que nous sommes à l’écoute constante de ces populations. Nous ne doutons pas que nous allons gagner les élections ». Seulement il craint que ses adversaires gagnent par la fraude « car vous savez qu’avec le Rdpc, le plus grand combat c’est de contrecarrer la fraude électorale ». Pour éviter toutes fraudes, son parti a mis sur pied plusieurs mécanismes. « Nous nous sommes arrangés que notre parti ait 76 représentants dans les 76 bureaux de vote que compte l’arrondissement de Monatele. Nous avons également mis sur pied une brigade anti-fraude qui va essayer de contrecarrer toutes les stratégies de fraude qui seront envisagées par le camp d’en face ».
L’autre adversaire Célestin Bedzigui compte sur sa notoriété en tant que chef traditionnel et élite locale. Ses soutiens ne manquent pas de souligner que la répartition sociologique de cette localité pourrait jouer en faveur du candidat du PAL. Même si cela n’a pas été envisagé, le Rdpc doit surtout redouter qu’un de ces deux partis décide de donner ses voix à l’autre à la dernière minute. Si tel est le cas, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais s’en voudra d’avoir perdu cette commune située sur les deux rives du fleuve Sanaga.
Joseph Essama
Monatele: Trois prétendants une mairie
Le financement public de la campagne toujours attendu
Le financement public de la campagne n’est toujours pas disponible. C’est ce qu’ont indiqué les partis politiques en course pour le double scrutin du 09 février prochain. Au sortir d’une réunion que ceux-ci ont tenu le 23 janvier dernier avec Erick Essousse le directeur général de Elecam, les formations politiques présentes n’ont pas manqué d’exprimer leurs inquiétudes : « Elecam contrôle tout le processus électoral. Il doit aussi s’arranger que ce qui est prévu normalement par la loi, c’est-à-dire le financement de la campagne soit une préoccupation majeure. », a déclaré Anicet Ekane, président national du Manidem. Une situation qui n’a pas été sans conséquences lors de la première journée de campagne. « Nous avons réussi à fabriquer tous les gadgets, mais nous n’avons pas pu assurer tout le déploiement nécessaire pour le premier jour de campagne parce que nous n’avons pas toujours reçu le financement public de la campagne. Nous espérons que d’ici la semaine qui commence, l’organe compétent, va inviter les partis politiques à passer à la caisse », souhaite Joseph Zibi, candidat Undp aux législatives dans la Mefou-et-Akono. Aristide Engomena, colistier dans la commune de Mvengue, rejette la faute au conseil électoral qui doit veiller « au respect de la loi électorale par tous les intervenants (du processus électoral) de manière à assurer la régularité, l’impartialité, l’objectivité, la transparence et la sincérité des scrutins ». Pour lui, le financement public de la campagne étant contenu dans la loi électorale, il ne doit pas se négocier.
La défense de Elecam
Accusé de ne pas faire son travail, conseil électoral se défend. Selon un responsable de cet organe, les tâches sont partagées. Elecam, se charge d’organiser les élections, le ministère de l’Administration Territoriale quant à lui est chargé d’assurer le volet de la distribution du financement de la campagne des partis politiques. Une réponse qui n’est pas du gout de certains partis politiques. « Même si la prérogative sur le plan pratique relève du Minat, Elecam est pleinement concerné. Vous ne pouvez pas vouloir organiser les élections et vous donnez l’impression que vous vous fichez si les partis politiques ont droit à l’accès au financement. J’ai l’impression, jusqu’à preuve de contraire qu’il y a un plaisir ici à insulter les partis politiques. D’autant plus qu’Elecam ne peut pas nous convoquer ici sous le prétexte que sur l’état d’avancement de pratique liée à l’élection, et quand nous venons, nous nous prêtons au jeu, on fait des remarques et vous nous convoqué le magistère de la loi. Tout le monde sait que malgré les grandes avancées du code électoral, il est encore très imparfait. Donc le fait de jouer le jeu est une preuve que nous respectons la loi. Vous ne pouvez pas nous frapper le visage avec la rigueur de la loi, quand nous voulons apprécier ce qui est fait », commente Banda Kani.
Coupe du monde 2022 : Les Lions indomptables devront tuer les Eléphants pour aller au Qatar
A priori, le hasard n’a pas favorisé des groupes de la mort, épargnant ainsi les ténors des confrontations pouvant conduire à des éliminations précoces de la course. Ainsi, les deux finalistes de la dernière Coupe d’Afrique des nations (Can) par exemple, héritent des groupes A et H. Dans le premier groupe, l’Algérie aura pour adversaires le Burkina, le Niger et Djibouti. Les Sénégalais, eux, affronteront les Togolais, les Congolais et les Namibiens. Les autres mondialistes de 2018 n’en sont pas moins bien lotis. La Tunisie (groupe B) aura pour adversaires la Zambie, la Mauritanie et la Guinée équatoriale. Dans le groupe C, le Nigeria pourra avoir la tâche facile contre le Cap-Vert, la Centrafrique et le Liberia. Dans le groupe G, le Ghana affrontera l’Afrique du Sud, le Zimbabwe et l’Éthiopie.
En revanche, des poids légers pourront avoir la chance de jouer le dernier tour. Ainsi, dans le groupe J, la RD Congo pourrait avoir moins d’adversité face au Bénin, à Madagascar et à la Tanzanie. Dans le groupe E, le Mali pourra facilement se défaire de l’Ouganda, du Kenya et du Rwanda. Les Lions indomptables, eux, auront à neutraliser les Éléphants de Côte d’ivoire. Mais aussi, les obstacles mozambicains et malawites.
Les quarante équipes encore en lice s’affronteront dans ces groupes de quatre, et les premiers de chaque groupe seront qualifiés pour le dernier tour éliminatoire. Les cinq meilleurs de ce dernier tour se qualifieront pour représenter l’Afrique à la prochaine coupe du monde de football qui se joue au Qatar en 2022.
Incendie : La maison de Sam Séverin Ango partie en fumée
Les murs tiennent encore en place, ainsi que des restes de tôles. Mais plus rien n’est récupérable. Tout le mobilier est réduit en cendres. Les images qui font le tour des réseaux présentent ce qu’il reste de la maison de Sam Séverin Ango. Le journaliste et nouveau militant du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) n’a plus de maison à Ebolowa. Un incendie a tout ravagé.
Les membres du Mrc voient une main politique derrière cet incendie. Accusant l’adversaire politique, et la « milice tribale » que les partisans de Maurice Kamto voient en les caciques du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), parti au pouvoir présidé par Paul Biya, originaire de la région du Sud. Le Sud qui s’est récemment illustré dans des actes de tribalisme contre des ressortissants de l’Ouest à Ebolowa, et contre Sam Sévérin Ango à Ebolowa, empêché de tenir un meeting dans la capitale de sa région natale, au motif qu’il a pris la carte du Mrc. Mais la victime, elle, semble connaître déjà son bourreau : « nous sommes au palais de justice. La criminelle est déjà aux arrêts. On ne peut pas se parler maintenant», s’est contenté de réagir le nouveau militant du Mrc, joint au téléphone. Sans détails.
Nécrologie : Me Souop Sylvain n’est plus
Me Souop Sylvain n’est plus de ce monde. Le président du collectif des avocats de Maurice Kamto et compagnie s’est éteint ce matin au Centre des urgences de Yaoundé (Cury). La nouvelle est rendue publique par Olivier Bibou Nissack, porte-parole de Maurice Kamto. On y apprend que le conseil du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) a succombé suite à une réponse négative à l’anesthésie que lui préparait l’équipe médicale devant procéder à une opération de son bras. L’homme s’en étant sorti d’un accident dont il a été victime le week-end dernier sur la route Dschang-Bafoussam, avec une fracture du bras.
La nouvelle a surpris le Mrc qui suivait de près la situation de son conseil depuis qu’il a été évacué sur Yaoundé, après un bref passage à l’hôpital régional de Bafoussam. « Nous avions plus d’inquiétude pour Me Temate qui avait des soucis au niveau de la tête et qui a dû faire un scaner de la tête, mais Me Souop ne présentait aucun mauvais signe », se dit « surpris » Célestin Djamen. « Il était au téléphone avec des proches quelques minutes avant l’entrée en salle d’opération, et était même souriant », appuie un autre cadre du Mrc. Du coup, au Mrc, des voix s’élèvent pour se poser des questions : «Comment peut-on survivre à un accident de la circulation en s’en sortant avec une fracture du bras, et mourir quelques jours plus tard alors qu’on est entre les mains du personnel soignant du CURY… pour une banale opération portant sur le bras fracturé ? », se demande Olivier Bibou Nissack sur son mur facebook. Maximilienne Ngo Mbe, membre de la Société civile, peut s’interroger sur cette « mort subite », et exiger « une autopsie suivie d’une enquête indépendante».
Me Sylvain Souop était le leader du collectif qui a défendu la cause du Mrc lors du contentieux post-électoral, mettant à mal de hauts magistrats de la République. Son équipe a continué à défendre les intérêts de Maurice Kamto et ses coaccusés dans le procès des « marches blanches » qui visaient à contester les résultats de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018.
Can 2021 : Ce sera au Cameroun du 9 janvier au 6 février
Ahmad Ahmad est encore au Cameroun. Le président de la Confédération africaine de football (CAF) a encore effectué un glissement. Mais cette fois-ci, le Cameroun en est vainqueur. Le pays qui a perdu l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2019, hérite officiellement de l’organisation de la prochaine édition. Ce sera du 9 janvier au 6 février 2021. Sauf décision contraire du Comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) qui est l’instance qui attribue l’organisation des compétitions. Cette instance se réunit à Yaoundé fin janvier 2020.
On apprend que Joseph Dion Ngute a opposé une fin de non-recevoir au patron de la CAF qui souhaitait une co-organisation entre le Cameroun et un pays voisin. Lequel voisin serait choisi entre le Nigeria et la Guinée équatoriale, deux pays candidats à la reprise de l’organisation de la CAN féminine 2020 initialement attribuée au Congo, et qui ne se dit plus disposé à porter le projet. Le pays de Paul Biya veut relever un défi qu’il n’a pas pu essayer en 2019, faute d’avoir pu livrer ses infrastructures sportives. Et au moment où la Caf cède encore à la sollicitation du Cameroun qui avait pu obtenir en novembre 2018, un glissement des trois prochaines éditions de Can, respectivement au Cameroun, à la Côte d’ivoire et à la Guinée. L’Egypte ayant hérité de l’édition 2019. Le Cameroun a 11 mois pour relever le défi.
Présentation des vœux: le corps diplomatique salue la réussite du Grand Dialogue National
C’est pour la troisième fois consécutive, que Paul Patrick Biffot, l’ambassadeur du Gabon au Cameroun s’exprime au nom du cops diplomatique. Au cours de son discours lors de la cérémonie de présentation des vœux au chef de l’Etat camerounais, le 09 janvier dernier, le diplomate gabonais s’est dit fier des efforts consentis par Paul Biya pour un retour à la paix dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. « Vous avez convoqué la tenue d’un Grand Dialogue National inclusif aux problèmes posés qui sont une menace à l’unité du pays et au vivre ensemble entre les Camerounais. Le corps diplomatique se réjouit et vous félicite de la bonne tenue de ce Grand Dialogue National signe majeur d’apaisement à cette crise, qui a réuni les Camerounais de bonne volonté épris de paix, d’amour et de quiétude pour leur pays », s’est-il réjouit. « Le corps diplomatique met beaucoup d’espoir sur les recommandations issues de ce grand dialogue et salue le début de leur mise en œuvre effective. Nous pouvons déjà apprécier les dispositions juridiques figurant dans la loi portant Code général des Collectivités Territoriales Décentralisées, qui marquent inéluctablement un nouvel envol dans la bonne marche du pays » a-t-il ajouté. Pour le diplomate gabonais, Paul Biya vient de « prouver une fois de plus au monde entier qu’il est (NDLR) toujours à la hauteur des défis importants causés au Cameroun au cours des quatre dernières décennies ». « Permettez-moi a-t-il dit, de vous redire que la tenue du Grand Dialogue National est venue apaiser un climat difficile et a aidé à décrisper la situation… Nous attendons de voir des progrès rapides dans les voix de la paix car ce grand dialogue a été salué par toutes les institutions nationales et celle de la communauté internationale », a poursuivi l’ambassadeur gabonais. Le doyen du corps diplomatique a par la suite encouragé le gouvernement à poursuivre la voix du dialogue en ayant à l’esprit ses précieux acquis que sont « le bilinguisme et le multiculturalisme ».
Pour une élection transparente.
A un mois jour pour jour de la tenue des prochaines élections municipales et législatives, le doyen du corps diplomatique a émis son vœu de voir le Cameroun organiser une élection transparente. « Nous suivons avec intérêt les dispositions prises pour l’organisation des élections législatives et municipales qui pointent à l’horizon. Il est à souhaiter que ces échéances électorales se déroulent dans les conditions optimales de sérénité et de transparence », a-t-il déclaré à la fin de son discours, avant d’émettre un autre vœu de voir le pays de Paul Biya réussir l’organisation du Championnat d’Afrique des Nations (Chan) qui se joue au Cameroun en avril prochain.
Paul Biya plaide pour une lutte intensive contre le terrorisme
Le président de la République est déterminé à combattre le terrorisme. Il venait encore de le faire savoir lors de son discours au cours de la cérémonie des vœux au palais d’Etoudi. Répondant au doyen des membres du corps diplomatique qui avait pris la parole avant lui, Paul Biya a appelé les pays du bassin du lac Tchad à intensifier la lutte contre le terrorisme. « C’est l’occasion pour moi de lancer un appel fraternel à tous les pays du bassin du lac Tchad, affectés (par le terrorisme NDLR), afin qu’ils se remobilisent et redoublent d’efforts pour mettre définitivement ces terroristes hors d’état de nuire », a fermement lancé Paul Biya, devant un parterre de diplomates présents à la cérémonie. Pour le chef de l’Etat camerounais, « la décennie qui vient de s’achever tout comme l’année que nous venons de vivre ont été marquées par de grandes menaces sur la paix et la sécurité internationales. Face à d’énormes défis posés à l’humanité tout entière, et qui ont pour nom terrorisme, changements climatiques, mouvements migratoires, montée du populisme, etc., la communauté internationale a engagé de multiples efforts pour trouver des solutions. Mais, hélas, beaucoup reste à faire ». Paul Biya pense que le terrorisme s’est accentué ces dernières années, du fait d’un manque de solidarité à l’échelle internationale et craint que « ce fléau ne s’étende… en Afrique et particulièrement à la zone sahélienne où la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad sont déjà touchés ». Profitant de l’occasion, le chef de l’Etat a salué les pays qui mettent la main à la patte pour lutter contre le terrorisme. « C’est l’occasion pour moi de saluer les efforts des Etats du G5 Sahel qui déploient d’énormes efforts pour neutraliser les terroristes. Je rends également hommage à la France dont les contingents participent courageusement à la lutte contre les djihadistes dans le cadre de l’opération Barkhane », a-t-il déclaré. Tout en réaffirmant que : « le Cameroun, de son côté, conjugue ses efforts avec tous les pays voisins du bassin du lac Tchad et les partenaires internationaux de bonne volonté, pour neutraliser la capacité de nuisance de la secte Boko Haram ».
Appel à la solidarité internationale
Poursuivant son discours, le président de la République s’est montré préoccupé par les problèmes qui secouent le continent africain et n’a pas manqué d’appeler à la solidarité de la communauté internationale. Cette « solidarité est d’autant plus nécessaire que nos Etats en développement ont besoin de davantage de ressources financières pour construire des infrastructures routières, ferroviaires, portuaires, énergétiques et industrielles pour leur développement. Ces réalisations favorisent la création de nombreux emplois susceptibles de détourner notre jeunesse de l’aventure vers d’autres continents, et de nous éviter le drame qui fait de la mer Méditerranée un grand cimetière hideux en ce début du 21ème siècle », a-t-il expliqué.
Plaidoyer pour une mondialisation plus humaine
Face aux problèmes que connait le monde, Paul Biya s’est voulu plus pragmatique. « Le monde peut-il continuer à évoluer dans un contexte de « guerre commerciale », de méfiance entre les Etats, d’incompréhension entre gouvernants et gouvernés ? », a-t-il demandé s’adressant à la communauté internationale. Répondant par la négative à sa propre question, Paul Biya a estimé « que seule une conférence internationale au plus haut niveau pourrait jeter les bases de « l’acte II de la mondialisation », selon les termes d’un éminent politologue, c’est-à-dire une mondialisation qui mette l’homme et son environnement au cœur de toute activité économique ».
Joseph Essama
Can 2021 : Les dessous de la visite d’Ahmad au Cameroun
Ahmad Ahmad veut voir clair sur l’état d’avancement des préparatifs de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2021. Le président de la Confédération Africaine de Football (CAF) va à cet effet effectuer une visite au Cameroun les 13, 14 et 15 janvier 2020. Le dirigeant malgache sera accompagné à cette occasion par une importante délégation de hauts dirigeants de l’institution faîtière du football africain, d’experts et de légendes du football de renommée mondiale. Durant son séjour, informe le ministre camerounais des Sports dans un communiqué, la délégation de la CAF aura d’importantes concertations et réunions avec les autorités du Comité local d’organisation du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) 2020 et de la CAN 2021. Et à l’issue de ces rencontres de travail, « d’importantes décisions relatives à l’organisation » de ces deux compétitions « seront prises », annonce Narcisse Mouelle Kombi. « Par ailleurs ajoute-t-il, la révélation des visuels du Chan Total Cameroun 2020 sera faite le 15 janvier 2020 au cours d’une soirée spectacle, en présence des officiels de la CAF ».
C’est pourtant la première fois que le président de la CAF fait partie d’une mission d’inspection des chantiers d’une compétition continentale. La visite d’Ahmad au Cameroun n’a donc rien d’anodin. Le dirigeant malgache sera attendu sur des questions comme le retrait de la CAN 2019 au Cameroun, après qu’il ait annoncé, au sorti d’une audience avec le chef de l’Etat Paul Biya le 2 octobre 2018, que «La CAF n’a jamais réfléchi à un retrait de la CAN [2019] du Cameroun ». Le patron du football africain devrait aussi apporter des clarifications sur la position de l’Algérie qui martèle avec insistance que la CAF lui a demandé de se tenir prête à accueillir la CAN 2021 en cas de retrait de l’organisation au Cameroun.
Vers un autre glissement de dates
Ahmad veut aussi être celui qui annoncera officiellement la date définitive du déroulement de l’édition 2021. Le calendrier de la CAN 2021 pourrait en effet changer. Initialement prévu en juin-juillet, le tournoi pourrait être ramené en début d’année, comme c’était la règle jusqu’en 2017. Interrogé par nos confrères de RFI, le président de l’instance africaine du football fait une annonce à ce sujet : « on connaitra la date de la CAN 2021 le 15 janvier prochain. Nous allons nous réunir au Cameroun et prendre cette décision avec les représentants de l’Etat camerounais et ceux du football africain ». Dans l’hypothèse la plus probable d’une CAN 2021 en début d’année, le patron du football africain ne verrait pas cela comme un retour en arrière après une édition estivale en 2019 en Egypte.
Ahmad : « il y a toujours des arrangements ».
« En Afrique, l’été au nord du continent n’a rien à voir avec l’été au sud. Il faudrait que quelqu’un vérifie ma déclaration au symposium de Rabat au moment où nous avions annoncé une CAN à 24 en juillet. J’ai toujours dit que nous devions être flexibles par rapport à la météo », assure Ahmad avant d’évoquer le risque d’embouteillage dans le calendrier avec le nouveau Mondial des clubs de la FIFA qui aura lieu en juillet 2021. « Vous savez, il y a toujours des arrangements, il y a toujours des discussions entre les différents responsables du football mondial. Nous allons nous mettre autour d’une table et trouver des solutions », a assuré le dirigeant malgache.
Par Arthur Wandji
Chantiers de la Can 2021 : le doute persiste
A priori, il n’y a pas lieu de craindre un autre « glissement » du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) 2020 et la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2021, que devrait organiser le Cameroun. Le CHAN est presque déjà un acquis ; parce que la période de sa ténue est déjà arrêtée, et qu’il ne reste plus que le tirage au sort de la phase finale de la compétition. Aussi, la Confédération Africaine de Football (CAF) a déjà retenu les stades devant accueillir le tournoi. En revanche, la CAN n’est pas encore (officiellement) camerounaise. Le Comité exécutif de l’instance africaine du football n’a pas encore pris une résolution définitive pour attribuer 2021 au pays des Lions Indomptables, vainqueur de l’édition 2017 au Gabon. Du coup, l’accord-cadre ne peut être signé.
Entre doute et pression
Au Cameroun, d’aucuns redoutent un tacle irrégulier que préparerait Ahmad contre la nation vert-rouge-jaune. « Une bonne organisation du CHAN 2020 qui se tiendra au Cameroun du 4 au 25 avril pourrait lever toute incertitude concernant l’organisation de la CAN 2021 », déclare une source à la CAF citée par orangefootballclub.com. La CAF voudrait donc d’abord voir le Cameroun à l’œuvre dans un test mineur. Toujours est-il que l’incertitude réside encore sur la disponibilité des stades en chantier. C’est là que le Cameroun avait perdu déjà l’organisation de la dernière CAN. La CAF vient de se rendre compte des conditions climatiques en juin-juillet, et envisage de revenir à l’ancienne période que défendait Issa Hayatou, contre la volonté de l’Union Européenne de Football Association (Uefa). Ce qui accentue la pression sur le Cameroun qui peine à faire avancer ses chantiers. Les grèves et batailles de positionnement prenant le pas sur l’avancée des travaux. Et pourtant, il se dit qu’Ahmad Ahmad arrive à la tête de l’équipe d’experts pour personnellement « juger l’évolution des travaux ». Si la plupart des infrastructures sportives notamment, sont prêtes ou en voie de l’être, la grosse inquiétude réside cependant sur le chantier du Complexe Sportif d’Olembe, sensé abriter le match d’ouverture et la finale de cette CAN 2021.
Officiellement, les autorités camerounaises en charge des Sports ne donnent aucun chiffre sur le taux de réalisation des travaux de construction du Complexe basé à Yaoundé. Alors qu’officieusement, certaines sources avisées croient savoir que beaucoup reste à faire et que les retards sont énormes. Un peu trop même. Ce qui explique qu’en date du 29 novembre 2019, le ministre camerounais des Sports et de l’Education physique a mis un terme au contrat de l’entreprise italienne Gruppo Piccini qui avait la charge de construire ce Complexe, et de confier la suite des travaux au Canadien Magil Construction qui, depuis, s’est lancé dans une course contre la montre. « Toutes les infrastructures sportives doivent être prêtes d’ici la fin du mois d’avril », murmure une source à la CAF.
Rendez-vous le 15 janvier 2020
Entre temps, apprend-on, la date de la CAN sera connue le 15 janvier après la réunion entre la CAF et les autorités camerounaises. Ahmad Ahmad l’a annoncé sur les antennes de Rfi. Reste que la parole du patron du football africain tient très souvent le temps de sa prononciation. Et concernant le Cameroun notamment, l’homme a souvent opté pour l’attitude du caméléon, changeant au rythme des situations. La première visite officielle d’Ahmad Ahmad en tant que président de la CAF a laissé un triste souvenir. Après avoir rassuré les Camerounais sur le perron du palais présidentiel, que « il n’y pas de plan B pour la CAN 2019 au Cameroun », le successeur d’Issa Hayatou que Samuel Eto’o avait conduit chez le président Biya, avait pourtant retiré la compétition au Cameroun le 30 novembre 2018, longtemps avant l’échéance prévu pour un retrait au motif de retard dans les travaux d’infrastructures.















