lundi, juin 1, 2026
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Coronavirus : le Gicam inquiet pour les entreprises

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92 % des entreprises impactées par le Covid-19

Le plus grand groupement patronal n’est pas resté de marbre face à la survenue du Coronavirus. Le Conseil d’administration du Groupement Inter Patronal du Cameroun (Gicam), a tenu une session extraordinaire le 19 mars dernier à Douala. Session dirigée par le président de ce groupement, Célestin Tawamba. Au terme de cette réunion, le Gicam a publié un communiqué dans lequel ressort l’inquiétude de cette organisation sur les effets que pourraient avoir cette pandémie sur les entreprises. « Après avoir procédé à une première évaluation de la situation actuelle des entreprises, exprime ses vives préoccupations et inquiétudes face aux répercussions déjà perceptibles auprès de nombreuses entreprises, mais surtout sur le désastre économique, social et humain que pourrait entraîner cette pandémie », peut-on lire dans ce document. A cet effet, à l’instar de nombreux pays déjà touchés par la crise, le Conseil d’administration du Gicam appelle, « non seulement à mobiliser en urgence l’ensemble des instruments de politique monétaire, budgétaire et commerciale, mais également à mettre en place des politiques inédites de soutiens aux entreprises et aux ménages pour gagner la «guerre» contre le coronavirus ». Ainsi, pour suivre de près cette situation, le Gicam dit avoir mis sur pied une cellule de veille chargée de suivre l’évolution de la situation des entreprises face à cette crise. Célestin Tawamba informe par ailleurs que le Gicam portera instamment auprès du gouvernement l’ensemble des préoccupations soulevées par les entreprises et proposera des mesures exceptionnelles en soutien au secteur privé et à l’économie nationale. Il convient de souligner que bien de spécialistes se sont déjà prononcés sur les mesures qui pourraient être prises par le gouvernement pour venir en aide aux entreprises. Dans une interview récemment accordée à Défis Actuels, l’économiste Emmanuel Yangam suggérait que « les entreprises des secteurs les plus touchés, qui sont confrontées à des difficultés de paiement d’imposition, peuvent solliciter un délai de paiement ». Autrement dit, arguait-il, « ces entreprises pourront différer le paiement de leurs impôts ». Il faudrait aussi envisager soutenait-il, « la mise en place d’un fond pour limiter l’impact négatif de la décision sur les commerces fermés sur ordre du gouvernement ». Aussi, ajoute-t-il « le gouvernement pourrait initier une concertation avec les institutions financières, pour donner de l’oxygène aux entreprises frappées par la crise du coronavirus ».

Par Junior Matock (Défis Actuels 467)

Covid-19 : ce que propose l’Apeccam pour sauver l’économie

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Ce que propose l’Apeccam pour sauver l’économie

S’il est un fait sur lequel les spécialistes s’accordent depuis le début de la pandémie du Coronavirus au Cameroun, c’est notamment l’impact de cette dernière sur l’ensemble de l’économie nationale, et par ricochet sur le secteur bancaire. C’est du moins ce que confirme l’Association Professionnelle des Etablissements de Crédits du Cameroun (Apeccam), dans un communiqué publié le 20 mars dernier. En effet, peut-on lire dans le document, « la crise actuelle du Covid-19 pourrait sérieusement compromettre la croissance déjà stagnante du Cameroun et les craintes liées à cette pandémie ajoutent une pression supplémentaire aux difficultés actuelles auxquelles sont soumises les banques ». Ainsi, au titre des domaines qui pourraient être sérieusement touchés, l’Apeccam souligne qu’il « touche l’offre en perturbant l’approvisionnement des entreprises, mais il s’étend désormais à la demande, avec des créateurs de richesse qui annulent ou repoussent leurs commandes ». Sans oublier la fermeture des restaurants, des bars, des établissements d’enseignements ou d’autres entités.

Mesures à prendre

Ainsi, face à ce tableau peu reluisant, l’Apeccam propose quatre principales mesures de soutien aux banques et à l’économie. Il s’agit « d’examiner avec une attention particulière, les situations individuelles de leurs clients impactés dans les secteurs d’activités les plus directement exposés en proposant des solutions les plus adaptées de financement à court terme ». Comme autre mesure, l’Apeccam suggère « d’envisager avec les clients les moyens compréhensibles de gestion classique de la renégociation des dettes bancaires, afin d’accompagner et de soutenir les agents économiques qui auraient besoin de renégocier leurs contrats et leurs échéanciers de remboursement ». Dans la même perspective, en ce qui concerne le remboursement des crédits, l’Apeccam propose de « reporter pour une période déterminée d’accord parties les remboursements de crédits pour les entreprises, période ne pouvant excéder un an dans un premier temps ». L’Apeccam ne s’arrête pas à ce niveau, elle est montée d’un cran pour souhaiter la « suppression des pénalités et les coûts additionnels de reports d’échéances et de crédits des entreprises et enfin le soutien aux clients en les sensibilisant à l’usage du numérique afin de réduire la fréquence dans les guichets des banques ». Par ailleurs, au vu de l’impact du Coronavirus sur l’économie nationale et sa croissance, l’Apeccam invite ses membres « à être attentifs aux demandes des commerçants et des entreprises qui tirent la sonnette d’alarme pour leur trésorerie, de mettre à disposition des clients des liquidités pour soutenir leurs entreprises, d’accorder et de maintenir des crédits bancaires aux agents économiques, en particulier aux PME/PMI qui pourraient rencontrer des difficultés résultant du développement de l’épidémie de Coronavirus pouvant impacter à plus ou moins long terme leurs activités ». Et pour éviter toute panique pouvant naître chez les clients, l’Apeccam rassure que « les réseaux bancaires demeureront ouverts aux heures habituelles ; les agences sont préparées et répondront à toutes les sollicitations de leurs clients » ; et que « l’alimentation des réseaux DAB/GAB est assurée. Les infrastructures de moyens de paiement sont totalement opérationnelles ». De plus, lit-on dans le communiqué de l’Apeccam, « afin de limiter des déplacements risqués, les clients sont invités à privilégier les contacts avec leur gestionnaire par téléphone ou via les plateformes dédiées. Dans la plupart des banques camerounaises, au quotidien, l’essentiel des opérations bancaires sont automatisées et peuvent être accomplies à distance via les automates et les serveurs ».

Par Junior Matock (Défis Actuels 467)

Impact covid-19: : la diversification des économies comme solution

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impact du covid-19 : la diversification des économies comme solution

Face au double péril que représente le coronavirus, la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) recommande aux pays de l’Afrique centrale de diversifier d’avantage leurs économies pour minimiser la vulnérabilité aux chocs extérieurs. En effet, pour le directeur du Bureau de la CEA, Pedro, la solution à ce problème est simple : « encore une fois….pour sortir de cette situation récurrente critique et du cercle vicieux de la vulnérabilité aux chocs extérieurs, les pays de la sous-région d’Afrique centrale doivent investir dans les fondamentaux de la diversification horizontale de leurs économies à travers l’augmentation du nombre d’exportations produits et au plan vertical, en approfondissant la valeur ajoutée des biens et services grâce à l’industrialisation basée sur les ressources et induite par le commerce », at-il relevé. Pour soutenir cette idée, les économistes de la CEA ont relevé le niveau avancé de transformation des produits du bois au Gabon comme un exemple de la manière dont les pays centrafricains devraient utiliser leurs avantages comparatifs pour mieux se positionner dans les chaînes de valeur mondiales. Ces experts ont expliqué que les gouvernements doivent donc intervenir pour créer un environnement propice à ces changements, notamment en instituant des politiques de contenu local telles que « des règles qui localisent les achats qui, dans plusieurs cas, représentent 60 %, soit le coût d’exploitation total des grandes entreprises opérant sur le continent ». Les gouvernements devraient également, a ajouté la CEA, « faciliter la participation des Petites et Moyennes Entreprises (PME) aux chaînes de valeur locales et régionales en supprimant les barrières tarifaires et non tarifaires, en particulier en prélude à la phase de démarrage des échanges dans le cadre de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine. (Zlecaf) ». Toutefois, ont prévenu les spécialistes, il s’agit d’une situation dans laquelle le secteur privé doit ajuster le siège du conducteur. Le patron de la CEA pour l’Afrique centrale suggère par exemple que, « la multitude de gigantesques entreprises et propriétaires de capitaux en Afrique copiait l’exemple d’Aliko Dangote qui n’a pas attendu que l’environnement soit parfait pour affronter des géants de la fabrication et de la vente de ciment ? ». Pour lui, « c’est là la voie à suivre puisque, le monde entier va bientôt migrer vers des voitures électriques alimentées par des batteries pour une industrie de 300 milliards de dollars (181 852 milliards de francs CFA) par an d’ici 2050, avec environ 160 millions d’automobiles à construire ». Il a à cet effet déclaré la Commission invite d’ores et déjà la communauté des affaires du continent à adopter une stratégie commerciale tournée vers l’intérieur parce que les opportunités, les marchés – en particulier avec une classe moyenne en augmentation – et les ressources sont disponibles à cet effet. Cette voie semble être idéale en ce sens que, s’est interrogé le directeur de la CEA : « si l’Afrique produit plus de 70 % du cobalt total utilisé dans le monde pour produire les batteries des moteurs de voitures électriques, pièce essentielle de ce type de véhicule, alors pourquoi nos riches propriétaires de capitaux tardent à se ruer dans ce secteur ? ». En attendant que ces mesures ne soient implémentées, la CEA préconise que sur le court terme, les pays de la Ceeac pourraient faire recours à des politiques monétaires expansionnistes, y compris l’assouplissement quantitatif qui implique l’injection des fonds dans les circuits performants par les gouvernements et d’autres mesures incitatives. Seulement, étant donné que cette dernière mesure constitue une voie difficile à prendre, et ce à cause « de l’espace budgétaire restreint dans lequel les pays d’Afrique centrale de la dernière génération de régimes d’ajustement structurel sont confrontés, les partenaires au développement devront venir à l’aide, pour suivre l’exemple déjà montré par le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale qui ont promis de l’aide et des prêts concessionnels aux pays en développement confrontés à la pandémie ».

Par Junior Matock (Défis Actuels 467)

La CEA projette une baisse de la croissance de 4,7 points dans la Ceeac

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La CEA projette une baisse de la croissance de 4,7 points

On ne pouvait pas s’attendre à bien plus triste nouvelle. La pandémie de coronavirus n’épargnera pas la croissance de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (Ceeac). C’est du moins ce que soutient la Commision Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA). D’après les prévisions récemment faites par cette organisation des Nations Unies, les pays de la Ceeac vont connaître « une baisse collective de 4,7 points de pourcentage de leur croissance du Produit Intérieur Brut (PIB), en raison de l’impact grave de la pandémie du coronavirus (Covid-19) ». Bien plus projette la CEA, cette situation va coûter à l’ensemble de l’Afrique « des milliards de dollars pour le combattre et la moitié de son potentiel de croissance ». Dans le détail, alors que la CEA projetait un taux de croissance de 3,2 % en début d’année 2020, elle soutient désormais que du fait de l’impact du covid-19, ce taux de croissance va connaître une décote pour se situer à seulement 1,8 %, et ce parce que, argue la CEA, « l’Afrique Centrale est l’une des zones les plus exposées à la récession économique ». En effet, au cours d’un échange avec la presse, le directeur du Bureau de la CEA pour la sous-région a expliqué la raison pour laquelle la sous-région est exposée à un double péril : « avec le coronavirus, les pays de l’Afrique Centrale sont confrontés à un double péril, sous-entendu par leur dépendance excessive à l’égard de l’exportation de produits de base ». Et d’ajouter : « Ce double péril signifie qu’en plus de lutter contre cette pandémie avec des ressources financières très limitées et des systèmes de santé fragiles, nous devons également faire face à ses graves effets économiques, qui se multiplient en raison de la constitution de nos économies conduisant à une exposition disproportionnée aux effets de contagion des chocs extérieurs », a-t-il renchérit.

 Les pays qui seront plus touchés

 Le patron de la CEA pour l’Afrique centrale n’est pas allé par quatre chemins pour citer les pays qui pourraient être les plus touchés sur le plan économique par cette pandémie de coronavirus en Afrique Centrale. Dans cette liste notamment le Gabon, le Congo, le Tchad et la Guinée Equatoriale. Et ce du fait « du poids des exportations de pétrole dans les exportations totales de ces pays ». De manière détaillée, le directeur de la CEA pour l’Afrique Centrale soutient que « dans un scénario de 30 dollars US par baril, cela représenterait une réduction de 50 % des revenus d’exportation de pétrole causée par une contraction de la demande des prix ». Cette situation ne se produira pas ex nihilo, mais découle tout simplement « des projections à la baisse du taux de croissance des économies chinoise et occidentale et d’un différend non résolu entre la Russie et l’Arabie Saoudite sur les plafonds de production de pétrole ».

 Les secteurs plus affectés

D’après les analyses faites par la CEA, plusieurs secteurs vont subir les affres du coronavirus. Il s’agit des domaines tels que la chaîne d’approvisionnement, le tourisme, les envois de fonds de la diaspora et les produits de base tels que le café, le cacao, le caoutchouc et le bois. Pour être plus concret, les pays comme Sao Tomé-et-Principe va perdre 3,2 % de son PIB prévu pour 2020, la baisse la plus importante comparé au Gabon et la Guinée Equatoriale qui eux, perdraient respectivement 17,6 % et 18,5 % du fait de leur forte dépendance au pétrole.

Par Junior Matock ( Défis Actuels No 467)

Décès de Manu Dibango: Un propos de Cabral Libii attire la foudre des internautes

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L'étudiant sur les pas du professeur



Propos imagé ou simple raté ? Les propos de Cabral Libii en hommage, à Manu Dibango, le saxophoniste camerounais décédé en France des suites du Coronavirus, ont provoqué une indignation des internautes « Manu Dibango n’a pas embrassé Cavaye Yeguie Djibril sur la bouche à Paris », a écrit sur sa page Facebook, le leader du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale, avant de donner des conseils sur l’hygiène corporel pour éviter d’attraper cette maladie. A la suite de ces propos, les internautes n’ont pas loupé Cabral Libii. « Cabral respecte le grand Manu, il n’est pas comparable à ceux qui vivent grâce aux cotisations », a écrit Daniel Dourbaga, dans un commentaire. « Mais qu’est ce qui se passe vraiment ! Tout le monde ouvre la bouche pour sortir des bêtises. Quel est le message à passer à nous qui te soutenons ? Quel est l’honneur donné par cette phrase à une sommité africaine de la musique ? Quand on fait une erreur, il faut s’excuser ou se taire. Vous n’auriez pas du aller chez un potentiel malade du Covid 19qui devrait être en confinement point », s’emporte Martial Etoundi Messi. A son tour, Jean Marie Monok demande à Cabral Libii de démissionner. « Il faut démissionner. Ton parti a raté une occasion de montrer qu’il est le représentant du peuple. Il devait boycotter la session de plein droit à cause de la présence de Cavaye Yeguie présumé contaminé par le coronavirus ». Carin Diboti n’a pas caché sa déception. « Je suis très déçu par le caractère pernicieux de ton propos. Et dire que tu souhaites diriger le Cameroun…un présidentiable a de la hauteur ».
Accusé de s’être rendu à l’Assemblée Nationale et d’avoir salué Cavaye Yeguie Djibril alors que celui-ci était susceptible d’etre porteur du coronavirus, Cabral Libii a voulu attirer l’attention des internautes sur le danger que représente cette maladie.
Joseph Essama

Coronavirus : Le Cameroun prépare le dépistage populaire

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Une semaine après la prise de mesures préventives par le Premier ministre, contre la maladie à coronavirus, René Emmanuel Sadi fait « le constat du non-respect des mesures de prévention et de riposte contre le Covid-19 par nombre de Camerounaises et de Camerounais, leur insouciance, voire leur apparente indifférence face à toutes les alertes qui sont données jusqu’à date ». Pour le ministre de la Communication, ces actes « semblent justifier pour une part déterminante, l’accélération de la propagation du virus observée ces derniers jours dans certaines de nos grandes agglomérations notamment Yaoundé, Douala et Bafoussam». Au moment où le nombre de cas d’infections évolue tous les jours, à grande vitesse.

Si Manaouda Malachie situe justifie la propagation de cette pandémie mondiale au Cameroun par « l’arrivée des voyageurs en provenance des pays touchés », mais aussi aux « des déplacements internes des populations entre nos différentes villes », René Sadi reproche les populations dans leur ensemble d’entretenir le flux de contamination du fait de leurs actes quotidiens. Dénonçant le non-respect des mesures gouvernementales et celles de l’Organisation mondiale de la santé (Oms) qui visent globalement les restrictions de libertés et de mouvements de personnes, ainsi que le respect des mesures d’hygiène. Notamment des « des rassemblements de plus de cinquante (50) personnes », le fonctionnement de débits de boissons après 18h et parfois « jusqu’au petit matin », « les surcharges de personnes dans les moyens de transport public ». A propos du lavage des mains, « nombre de camerounais rechignent encore à se laver les mains ou à les désinfecter sous de fallacieux prétextes de carence en eau ou de manque de solutions hydro-alcooliques », condamne le porte-parole du gouvernement qui condamne « le comportement délibérément irresponsable et l’incivisme de certaines personnes qui, placées en quarantaine dès leur entrée sur le territoire national, parce qu’en provenance de pays fortement touchés par la pandémie, ont choisi de rompre leur confinement, pour se fondre dans la nature, alors qu’elles étaient déjà contaminées». Le porte-parole du gouvernement regrette « des actes d’agression perpétrés contre des Autorités administratives ou des Forces de Sécurité en plein exercice de leurs prérogatives de contrôle du respect des prescriptions gouvernementales».

Réquisitions de chambres d’hôtels dans toutes les régions
A l’occasion, l’homme condamne le discours alarmiste sur les réseaux sociaux, portant sur « de fausses nouvelles, les modes de prévention ou de traitement des infections à coronavirus ». Informations « dénuées de tout fondement [avec pour] le seul but de dérouter l’opinion ou d’entretenir la psychose parmi les populations », conclut-il.

Au moment où le gouvernement s’engage dans une campagne de communication intensive, des dispositions sont en cours d’implémentation, afin d’étendre la lutte à l’ensemble du pays. Le Minsanté a instruit les dix gouverneurs de régions de réquisitionner dans les différentes capitales régionales 40 chambres d’hôtels en prévision de la mise en quarantaine des personnes éventuellement infectées. Envisageant même un déploiement d’agents de la santé dans les ménages pour des tests massifs. L’indiscipline généralisée et les déplacements des populations à travers le pays, ajoutés au longue période d’incubation du coronavirus, pouvant faciliter l’infection de davantage de personnes. Pour l’instant, en attendant la mise à jour que fera le Minsanté ce soir, le Cameroun compte déjà 75 cas d’infections, pour un décès et deux cas de guérison. A l’échelle mondiale, l’Oms comptabilise 416 686 cas à travers le monde, pour
18 589 décès. Ce dans 196 pays.

Contacts à saisir en cas d’urgence

  • 1510
  • 677 89 93 69
  • 677 89 43 64
  • 677 89 76 44
  • 677 90 01 57

Elections législatives partielles : Vers un nouveau report du scrutin ?

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L’élection législative partielle s’est déroulé le 22 mars dernier dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Au total, six partis politiques étaient en lice pour 13 sièges dans 11 circonscriptions, dont 10 dans le Nord-Ouest et 1 dans le Sud-Ouest. Selon le ministre de l’Administration Territoriale l’élection s’est déroulée dans le calme et la sérénité. « Le scrutin s’est déroulé dans le calme et la transparence. Aucun incident majeur susceptible d’entacher le bon déroulement de ces élections ou leur crédibilité n’a été signalé », a affirmé Paul Atanga Nji dimanche dernier après le scrutin. Au plan sécuritaire Paul Atanga Nji assure que « Elections Cameroon (Elecam) a bénéficié, comme par le passé, d’un encadrement sécuritaire optimal à la satisfaction de tous les acteurs politiques intéressés ». Elections Cameroon a de son côté affiché son satisfecit. « Les bureaux de vote ont ouvert à 08h00 et fermé leurs portes à 18h00….les électeurs ont voté dans l’ordre, la discipline et la transparence», s’est félicité Enow Abrams Egbe, le président du conseil électoral. Si les autorités en charge de l’organisation des élections se montrent optimistes, certains observateurs et certains partis politiques affirment que l’élection ne s’est pas déroulée dans le calme. Selon la journaliste Mimi Mefo, citant une source à Makon, plusieurs personnes ont été tuées pendant le déroulement des élections. La journaliste indique que « trois personnes ont été tuées dans les violences électorales. Parmi eux, un combattant ambazonien et deux éléments des forces de sécurité ». A Batibo et à Bamenda, des sources locales ont annoncé que plusieurs coups de feu ont été entendus dans la journée, obligeant plusieurs électeurs à ne pas se rendre aux urnes. Au sein du SDF, tous les officiels contactés n’ont pas souhaité s’exprimer sur les présumés personnes qui auraient été tuées le jour de l’élection. Ils ont néanmoins reconnu que l’élection ne s’est pas déroulée dans le calme « comme le prétendent les autorités en charge de l’Administration Territoriale ».
Vers une nouvelle saisine du Conseil Constitutionnel
Selon tendances récoltées dans les différents quartiers généraux, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais viendraient largement en tête dans les deux régions, devant son principal rival le Social Democratic Front. Une victoire due en partie, au fait que « dans certaines localités seuls les électeurs du Rdpc pouvaient bénéficier de la protection des forces de l’ordre », se plaint Arrey Ngomena, militant du SDF dans le Nord-Ouest. A en croire ce militant, l’insécurité dans les zones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest a fait que « cette élection soit marquée par un très faible taux de participation ». Même si cette affirmation n’a pas encore été prouvée, elle parait néanmoins vraisemblable, ce d’autant plus que depuis la fin de cette élection, l’organe chargée des élections entretient un flou sur le taux de participation au scrutin. Selon l’historien et analyste Patrick Medza, ces arguments qui sont similaires à ceux que le SDF avait déjà évoqué pour demander l’annulation du scrutin du 09 février, pourraient amener cette formation politique à saisir une fois de plus le Conseil Constitutionnel pour demander une deuxième annulation de l’élection. Le 25 février dernier, le Conseil constitutionnel a prononcé, après saisine du SDF, l’annulation partielle des résultats des élections législatives dans onze circonscriptions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Entre autres motifs évoqués, les violences électorales qui ont privé de nombreux électeurs d’exercer leur droit de vote. Selon le Social Democratic Front (SDF), parti d’opposition qui a demandé et obtenu cette annulation partielle, toutes ces irrégularités n’ont pas permis d’avoir un « vote libre et transparent ».
Plus de groupe parlementaire pour le SDF
Si le Social Democratic Front (SDF), venait à perdre tous les sièges en jeu dans cette élection, il n’aura plus de groupe parlementaire au sein de la chambre basse du Parlement. Le parti de Ni John Fru Ndi devra uniquement se contenter des cinq sièges obtenus lors des législatives du 09 février dernier. Un nombre de député qui lui fera non seulement perdre sa place de première force de l’opposition à l’Assemblée Nationale, mais aussi son groupe parlementaire. Le règlement intérieur de l’Assemblée Nationale indique, en son article 20 (1) que : « Les députés peuvent s’organiser en groupes par partis politiques. Aucun groupe ne peut comprendre moins de 15 membres, non compris les députés apparentés ».
Joseph Essama

Hommage : Paul Biya affligé par le décès de Manu Dibango

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Peu après l’annonce du décès du père du Soul Makossa, le chef de l’Etat a publié sur son compte twitter, un message à l’endroit de la famille du défunt.

« J’ai appris avec tristesse, le décès de monsieur Emmanuel Ndjoké Dibango, votre père et proche parent. Je prends la mesure de votre immense peine et de celle de toute votre famille.

J’ai personnellement connu le très talentueux auteur-compositeur et chef d’orchestre, que fut Manu Dibango. Saxophoniste de renom, il aura réalisé une exceptionnelle carrière d’artiste par sa longévité, sa densité et sa diversité. Sans aucun doute, Manu, comme il aimait se faire appeler, était le doyen estimé et respecté des musiciens africains. C’est en effet grâce au succès retentissant de son tube « Soul Makossa » qu’il conquit le monde et entra dans la légende.

Toujours attaché à sa terre natale, il fut un excellent ambassadeur artistique du Cameroun, tout en demeurant une passerelle culturelle entre l’Afrique et le monde. Avec sa disparition, le Cameroun et l’Afrique perdent un musicien très apprécié et reconnu, et la Francophonie, l’un de ses meilleurs défenseurs.

Mon épouse et moi-même tenons à vous adresser en cette douloureuse circonstance, ainsi qu’à la communauté Sawa qu’il aimait particulièrement, Nos sincères condoléances ».

Souvenirs : quand Manu racontait les grands moments de sa vie

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Sa vie est un grand livre d’histoire. Et pourtant, l’immense chanteur et saxophoniste camerounais, se souvient de 5 grands moments en particulier. C’était sur un plateau de Rfi.  

1949 : son arrivée en France

« C’est des grands moments quand même. Parce que, sur le moment on ne se rend pas compte bien entendu. C’est le facteur temps qui donne de l’importance, de la signification des choses. On arrive à 15 ans, on découvre un autre monde. Il n’y avait pas encore de transport aérien entre l’Afrique et la France, donc ça se faisait par paquebot. De Douala à Marseille, 21 jours ! En fait quelque part, c’est un voyage initiatique. Quand vous partez de chez vous, les parents vous donnent quelque chose à donner à votre correspondant. Et comme le café était une denrée très rare, ça faisait plaisir à ceux qui me recevaient d’avoir du café à torréfier, l’odeur du café dans le quartier c’était quelque chose. Ce qui est amusant dans l’affaire, c’est que ces 3 kilos de café permettaient de payer un mois de pension. Combien valent 3 kilos de café aujourd’hui ? ».

1960 : indépendances africaines

« « Indépendance cha cha », c’était très important parce que c’est au moment de la table ronde à Bruxelles que Patrice Lumumba a amené dans ses valises l’orchestre L’African Jazz avec notamment Joseph Kabasélé. C’était la première fois qu’un orchestre africain venait en Europe enregistrer dans des conditions techniques du moment, par rapport aux enregistrements qu’on pouvait avoir en Afrique à cette époque-là. La deuxième chose c’est que Kabasélé a composé un morceau qui est pratiquement devenu l’hymne des indépendances : « Indépendance cha cha », qui était une espèce de journal parce qu’il cite tous les participants de la table ronde. Des gens comme les Albert Kalonji et il y avait Lumumba qui a amené une partie de la culture congolaise ».

1972 : Soul Makossa

« Il se trouve que pour la Coupe d’Afrique des Nations [1972], on avait lancé un appel d’offre pour faire un hymne. Il se trouve que c’est moi qui ait gagné cet appel d’offre. Il fallait faire un « 45 tours ». J’ai fait l’hymne correctement comme il faut, les gens défilaient, les militaires pouvaient le joueur… Il fallait une face B et Soul Makossa était un morceau déjà composé. Et j’avais remarqué que quand je répétais ce morceau dans le quartier, les mômes rigolaient pour le jeu de mots : Mama ko mama sa maka makossa. Je me suis dis tiens, je vais mettre ces paroles dans la chanson. Les Afro-américains venaient à Paris parce que c’était l’époque de « Racines ». « I’m black and proud » etc. Ils cherchaient leurs racines et donc ils viennent à Paris chercher des disques africains. Tous les labels qui avaient des disques africains leur en ont donné, notamment le petit 45 tours. Voilà. And the winner is… Voilà l’aventure qui commence avec cette histoire-là et la vie change ».

1992 ; l’album Wakafrika

« J’étais avec Yves Bigot, directeur du label de la FNAC. On a eu l’idée de faire « We are the world » à notre manière. On a pensé à réunir tous les artistes africains pour faire un album de voyage. D’où « Waka » et  » Afrika » qui veut dire marcher. Aller du Sénégal jusqu’à Cape Town et prendre à chaque fois un artiste par pays, et surtout jouer les standards africains, pas ses propres morceaux. Youssou N’Dour a fait sa version de Soul Makossa, elle est unique ! Pour moi, ç’a été un moment très important parce qu’on a réussi à le faire ».

2019 : Safari symphonique

« Je fonctionne par projet, sinon aller au studio quand on a rien à dire c’est toujours dangereux. Il faut éviter de faire un disque de trop. Ce sont des projets qui sont très difficiles à monter. Il faut le temps, que les gens y croient… Finalement ça s’est fait, je me suis arrangé avec l’orchestre Lamoureux. Nous avons fait des concerts, le festival Jazz à Vienne avec l’orchestre national de Lyon. C’est un safari non pas pour aller voir des animaux, mais plutôt pour voir les do, ré, mi, fa, sol ! ».

Recherches: Madeleine Tchuente, la chauve-souris et le coronavirus

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On avait jusqu’ici parlé de pangolin. Et aucune dissonance relevée jusque-là. Voici que Madeleine Tchuente apparait avec la chauve-souris. La ministre de la Recherche scientifique et de l’innovation (Minresi) voit en cet animal à l’intersection entre les mammifères et les ovipares l’origine de la pandémie qui décime les peuples du monde entier. « D’autres recherches ont montré que la chauve-souris en est le principal réservoir». Expliquant que « frugivore, elle consomme en commun avec l’homme plusieurs fruits comme la mangue, l’avocat, les noix de palme,… mettant en évidence un risque élevé de transmission de la chauve-souris à l’homme ». Un son de cloche qui n’a jusqu’ici pas encore été entendu. Dans un pays qui regorge d’une grande population de cette espèce. Le Minresi chiffrant à plus de 500 le nombre d’individus vivant en plein cœur de la ville de Yaoundé. Autant dire que le risque d’une explosion de la maladie s’agrandit au Cameroun.


Réveillée par des réseaux sociaux qui, affolés, ont questionné l’utilité de ce département ministériel dont la vocation est de promouvoir la recherche dans le domaine de la science. Pour le développement, Et celle qui, comme la plupart des membres du gouvernement de Yaoundé, était jusqu’ici restée en retrait, abandonnant le ministre de la Santé publique (Minsanté) au front. A en croire Madeleine Tchuente, son département ministériel est activement engagé dans le combat, à sa manière. La Minresi annonce des recherches en cours en vue de fabriquer des cache-nez en quantité et qui seront vendus à prix raisonnable. Entre temps, le Minresi annonce la création d’un think-thank au Centre de recherches sur les maladies émergentes et réémergentes (Cremer), centre auteur de l’étude qui a conclu à la thèse d’une contamination à partir de la chauve-souris. Ce think-thank logé à l’institut de recherches médicales et d’études des plantes médicinales travaillera à trouver des solutions de « dépistage et de confirmation des diagnostics à coronavirus, en temps réel ».

La piste prise par la Minresi semble originale et salutaire. Mais le gouvernement ne s’y est pas plus attardé que sur la campagne du Minsanté qui se contente de comptabiliser les cas suspects et à donner les leçons d’hygiène. Seul l’avenir permettra d’en savoir davantage.

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