mercredi, mai 20, 2026
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Loi de Finances: Des coupes budgétaires, mais la consommation de l’État reste soutenue

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Dans le projet de loi de finances en cours d’examen au Parlement, les données transmises par le ministère des Finances montrent que les dépenses de biens et services augmentent nettement en 2026, malgré les instructions récurrentes de maîtrise du train de vie de l’État. En 2025, ces dépenses s’établissaient à 1 121,6 milliards de FCFA. Pour 2026, le gouvernement prévoit 1 320,9 milliards de FCFA, soit une progression d’environ 199 milliards de FCFA.

Les achats de biens, qui regroupent l’acquisition de matières, de matériel, de fournitures ou d’énergie, restent globalement stables mais affichent des dynamiques contrastées. Les postes dédiés aux matières, matériels et fournitures passent de 112,9 milliards de FCFA en 2025 à 107,8 milliards en 2026, ce qui traduit une légère baisse. À l’inverse, les dépenses liées à la consommation d’eau, d’électricité, de gaz et d’autres sources d’énergie progressent sensiblement, passant de 75,5 milliards à 80,1 milliards de FCFA, soit près de 4,6 milliards de plus. Le poste concernant le matériel et les fournitures spécifiques, qui renvoie à des équipements utilisés dans des missions techniques de l’administration, reste presque inchangé, s’établissant autour de 115,8 milliards de FCFA en 2025 et 115,4 milliards en 2026.

Du côté des achats de services, une catégorie qui inclut le transport des agents publics, les missions, les loyers, les travaux de maintenance ou encore les honoraires. Leur montant diminue entre 2025 et 2026, mais reste élevé. Ils passent de 557,8 milliards de FCFA à 372,8 milliards, principalement en raison d’une réorganisation interne de certains postes, mais plusieurs segments stratégiques continuent d’augmenter.

Les frais de transport et de mission, par exemple, progressent de 70,8 milliards à 75,4 milliards de FCFA. Les honoraires et études, régulièrement critiqués pour leur coût, passent de 43,9 milliards à 77,3 milliards, soit une hausse très significative. Les dépenses consacrées aux relations publiques et à la communication, qui avaient été ciblées par les consignes de réduction, montent également de 63,8 milliards à 73,5 milliards de FCFA. Les frais de formation du personnel suivent la même trajectoire en passant de 35,4 milliards à 39,3 milliards de FCFA. Quelques postes diminuent toutefois, comme les loyers, qui reculent de 63 milliards à 24,1 milliards, ou l’entretien et la maintenance, qui passent de 27,5 milliards à 35,6 milliards.

Au-delà de ces deux blocs, des mouvements apparaissent aussi dans les autres services, une catégorie comprenant notamment le remboursement de certaines recettes encaissées. Les montants prévus évoluent de 86 milliards à 92,3 milliards de FCFA, tandis que les différentes recettes fiscales et non fiscales associées à ce chapitre connaissent des ajustements internes.

Ces évolutions contrastent avec les mesures de réduction annoncées un an plus tôt. Dans l’ordonnance modifiant la loi de finances 2024, signée le 20 juin 2024 par le président Paul Biya, l’État avait réduit ses prévisions d’achats de biens et services de plus de 80 milliards de FCFA.

152 milliards FCFA de subventions pour les entreprises publiques en 2026

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Selon le projet de loi de finances, les subventions destinées aux entreprises publiques vont passer de 1,5 milliard de FCFA en 2025 à 152,26 milliards de FCFA en 2026. Soit une hausse de 150 milliards FCFA, en valeur absolue et 10 50%, en valeur relative. Cette hausse significative qui n’est pas étayée par la moindre explication des décideurs, intervient dans un contexte ou le gouvernement camerounais multiplie les initiatives pour faciliter le retour de la performance, mais aussi de la rentabilité dans ces entreprises considérées comme des gouffres a sous pour les finances publiques.

Depuis le 18 juillet 2025, date correspondant à la publication de l’ordonnance présidentielle les rendant éligibles aux incitations à l’investissement, elles ont désormais droit aux avantages garantis par cette mesure de promotion de l’investissement.

Un coup de pouce de plus pour des entreprises qui cumulent d’importantes pertes, depuis plusieurs années, ce qui a entraîné des recapitalisations et autres formes d’appui financier. En 2021, un document annexé à la loi de finances indiquait déjà que les quarante-quatre entreprises publiques camerounaises avaient accumulé 224 milliards de FCFA de pertes entre 2017 et 2019.

Cette situation a conduit la présidence de la République à appeler, dans une circulaire relative à la préparation du budget 2025, à un encadrement plus strict des subventions. La circulaire insiste sur l’obligation d’évaluer les besoins réels des établissements et d’examiner l’exécution de leurs précédents budgets. Elle rappelle aussi que chaque ministre doit transmettre au chef de l’État un rapport annuel sur la situation des entités dont il assure la tutelle technique, conformément aux prescriptions légales.

Baisse continue des subventions aux entreprises privées

Les entreprises privées évoluent dans un sens exactement inverse, avec un recul des montants inscrits, qui passent de 7,606 milliards de FCFA en 2025 à 5,025 milliards de FCFA pour 2026.  Ces évolutions interviennent après une année 2024 marquée par un resserrement général des transferts directs de l’État, tel que l’a établi la Chambre des comptes dans ses dernières publications. Le rapport indique que les entreprises publiques ont vu leurs subventions diminuer de manière sensible, passant de 17,68 milliards de FCFA en 2023 à 14,06 milliards de FCFA en 2024.

 La différence atteint 3,62 milliards de FCFA, ce qui correspond à un repli de 20 %. Les entreprises privées ont connu une contraction encore plus marquée, leurs dotations chutant de 20,31 milliards de FCFA en 2023 à 14,51 milliards de FCFA en 2024. L’écart de 5,8 milliards de FCFA représente une baisse de 30 %.

Africa Processing Company inaugure sa 2ème usine de transformation de cacao à Dimako

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L’inauguration, le 28 novembre 2025 à Ngolambélé dans l’arrondissement de Dimako, de la deuxième unité industrielle d’Africa Processing Company (APC) confirme la montée en puissance d’un acteur 100 % camerounais dans un segment dominé depuis des décennies par les multinationales. Présidée par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, la cérémonie a réuni plusieurs membres du gouvernement, des responsables de la filière et des opérateurs économiques, traduisant l’enjeu stratégique d’un investissement qui redéfinit progressivement l’architecture nationale de transformation du cacao. APC, fondée et dirigée par Lisette Claudia Tame Soumedjong, occupe désormais une place singulière dans le paysage industriel.

 Alors que la transformation locale reste largement portée par des groupes internationaux tels que Barry Callebaut, Tiger Brands, Atlantic Cocoa ou Neo Industry, APC se distingue par un modèle de croissance appuyé sur une double implantation industrielle : un premier site à Mbankomo, mis en service en janvier 2025, et une seconde unité désormais opérationnelle à Ngolambélé. Cette configuration permet à l’entreprise de se rapprocher des bassins de production et de réduire les coûts logistiques liés à l’acheminement des fèves.

La capacité installée d’APC illustre l’ambition de sa trajectoire. L’entreprise traite actuellement environ 8 000 tonnes de cacao par an. Elle projette d’atteindre 24 000 tonnes à l’horizon 2028-2029, soit une croissance de 200 % en moins de cinq ans. Dans l’industrie du cacao, la capacité de transformation renvoie au volume annuel de fèves qu’une usine peut convertir en produits semi-finis ou finis, tels que la pâte de cacao, le beurre de cacao ou la poudre. Ces produits servent ensuite de base à l’industrie chocolatière ou cosmétique internationale.

 La montée d’APC s’inscrit dans la stratégie publique de transformation locale, rappelée à Dimako par le ministre du Commerce. Le membre du gouvernement a exhorté les producteurs à privilégier la vente en circuit court, c’est-à-dire la commercialisation directe aux transformateurs sans intermédiaires, afin d’améliorer la rémunération des planteurs. Le ministre a également indiqué que le gouvernement vise l’installation d’une unité de transformation dans chaque département pour mieux structurer les flux de production et réduire la dépendance aux exportations de fèves brutes.

Le volume croissant des exportations de produits semi-finis montre d’ailleurs l’évolution du modèle camerounais : en 2024, selon les données du Minepat, le pays a exporté 61 527 tonnes de pâte de cacao pour une valeur de 210 milliards FCFA, en hausse de 115,5 % par rapport à 2023. Le beurre de cacao a atteint 24 819 tonnes pour 99 milliards FCFA, soit une progression de 78,6 % en valeur. L’implantation de Ngolambélé est alignée sur cette dynamique.

Située au cœur du bassin cacaoyer du Haut-Nyong, l’usine consolide une chaîne de valeur locale en créant des emplois techniques et industriels et en stimulant l’activité des producteurs. APC développe une gamme couvrant la poudre de cacao – naturelle ou alcalinisée –, la masse de cacao, le beurre de cacao et des produits finis destinés à la consommation directe. L’alcalinisation, un procédé chimique utilisé pour modifier l’acidité de la poudre et améliorer sa solubilité, permet à l’entreprise de répondre à des exigences spécifiques de l’industrie agroalimentaire.

 L’expansion d’APC intervient dans un contexte de renforcement des incitations à l’investissement. L’entreprise fait partie des cinq sociétés industrielles ayant signé, le 13 novembre dernier, des conventions avec l’Agence de Promotion des Investissements, portant sur la création d’emplois, le développement de la production locale et l’amélioration des performances environnementales. Ces engagements soutiennent l’augmentation des capacités et l’extension géographique des implantations industrielles.

CAN 2025: Une liste de Lions Indomptables sans les cadres

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Aussitôt nommé à la tête des Lions indomptables, le nouveau staff conduit par Martin Ndtoungou Mpile et David Pagou, a rendu publique une liste de joueurs devant défendre les couleurs du Cameroun à la prochaine Coupe d’Afrique des nations (CAN) prévue au Maroc entre décembre 2025 et janvier 2026. Et comme on pouvait s’y attendre, les cadres de l’équipe sont absents, notamment le capitaine Vincent Aboubakar, le vice-capitaine André Onana, Eric-Maxime Choupo Moting, Franck Zambo Anguissa, Michaël Ngadjui, Faï Collins,…
Ils ont en commun d’avoir été en première ligne de la défense de Marc Brys. On les avait vu lire la lettre ouverte adressée au président de la Fecafoot, pour implorer la présence de Joachim Mununga, l’assistant de Marc Brys, sur le banc de touche. Lettre qui avait été lue en direct sur les réseaux sociaux et sur certaines chaînes de télévision nationales.

La liste des joueurs convoqués

En même temps qu’on y retrouve de nouveaux noms qui n’ont jamais jusqu’ici fait partie des effectifs des Lions indomptables, l’on peut constater la première place que devraient occuper certains joueurs jouant jusqu’ici des rôles secondaires. C’est le cas par exemple Devys Epassi qui devrait être le premier gardien. Ou encore en défense Enzo Boyomo, Darling Yongwa, Christopher Wooh, Arthur Avom Mohamadou Nagida, Danny Namasso, Etta Eyong, Franck Magri,…

La célérité avec laquelle Ndtoungou Mpile et David Pagou ont rendu cette liste, juste après l’annonce de leur nomination, laisse croire qu’ils y travaillaient déjà depuis bien longtemps. Il est fort probable que cette liste ait déjà été envoyée à la CAF. Mais rien n’est encore acquis, tant l’Etat n’a pas encore réagi au limogeage de Marc Brys. Samuel Eto’o, lui, a lancé la guerre totale.

Tatiana Tjang et Ghislaine Ossomba en tête d’affiche d’un récital lyrique à Yaoundé

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La soirée sera conduite par Tatiana Tjang, l’une des voix les plus suivies de la scène lyrique locale. Elle partagera l’affiche avec Ghislaine Ossomba et plusieurs jeunes chanteuses en ascension. Le programme annonce un mélange de répertoire classique européen, d’arrangements contemporains et d’influences camerounaises, dans une logique de croisement culturel. Tatiana Tjang explique que cette proposition vise à rendre la musique classique plus accessible, en l’inscrivant dans une sensibilité nationale.

Les billets sont déjà en vente et l’intérêt du public se confirme. L’événement est soutenu par Antoine Félix Samba, engagé de longue date dans la promotion des initiatives artistiques locales. Son parrainage accompagne la volonté de renforcer la visibilité des voix féminines dans un domaine encore peu exploré au Cameroun.

Avec ce récital, l’hôtel Albatros accueillera l’un des premiers rendez-vous culturels marquants de 2026. Une date qui devrait installer le chant lyrique dans un espace plus familier pour le public de Yaoundé.

L’UE, l’opposition et Yaoundé réagissent au décès en détention d’Anicet Ekane

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Le décès en détention d’Anicet Ekane, président du Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie (MANIDEM), survenu le 1er décembre 2025 au Centre médical militaire de la Gendarmerie nationale à Yaoundé, a déclenché une vague de réactions politiques et diplomatiques. Arrêté le 24 octobre à Douala, ce leader connu depuis les années 1990 pour son engagement en faveur du pluralisme démocratique, est mort alors qu’il était placé en garde à vue.

La Délégation de l’Union européenne au Cameroun et pour la Guinée équatoriale a exprimé sa « profonde tristesse » et adressé ses condoléances à la famille et au parti du défunt. Elle a salué la mémoire d’un « militant engagé » et rappelé la nécessité de garantir la sécurité et l’intégrité physique de tous les acteurs politiques. L’Union européenne a pris note de l’annonce du ministère de la Défense concernant l’ouverture d’une enquête et a réitéré son appel à la libération des personnes détenues arbitrairement depuis l’élection présidentielle. L’Ambassade d’Allemagne s’est associée à cette déclaration, exprimant sa « profonde préoccupation ».

Face à cette situation, le gouvernement camerounais a publié un communiqué officiel. Il affirme que M. Ekane souffrait de pathologies avant sa détention et qu’il a bénéficié de soins médicaux, tant de la part des médecins militaires que de ses praticiens personnels. Le gouvernement a présenté ses condoléances à la famille et aux militants du MANIDEM, tout en annonçant qu’une enquête a été prescrite par le Chef de l’État pour établir les circonstances exactes du décès. Il a appelé la population au calme et à la retenue afin d’éviter toute instrumentalisation de l’événement.

Sur le plan politique national, les réactions se sont multipliées. Le Social Democratic Front (SDF) a exprimé sa vive émotion et rappelé le rôle d’Anicet Ekane dans la lutte pour la démocratie et les libertés fondamentales. Le parti a demandé une enquête indépendante, transparente et impartiale pour déterminer les responsabilités et éviter que de telles situations ne se reproduisent. Le SDF insiste sur la protection de l’intégrité physique et morale des acteurs politiques, principe qu’il considère comme intangible dans un État de droit.

L’Union Démocratique du Cameroun (UDC) a également réagi avec indignation. Dans sa déclaration, le parti évoque une « circonstance scabreuse » et interpelle le gouvernement pour que toute la lumière soit faite sur ce décès. L’UDC rappelle sa demande de libération des détenus politiques arrêtés après l’élection présidentielle et dénonce les conditions de détention jugées inhumaines. Le parti appelle à un sursaut républicain et à des actes forts pour restaurer la paix durable, la réconciliation et la confiance des citoyens.

La mort d’Anicet Ekane en détention met en évidence les tensions persistantes autour de la gestion des opposants politiques au Cameroun. Elle soulève des interrogations sur les conditions de détention et sur la prise en charge médicale des prisonniers. Les réactions convergent sur un point : la nécessité d’une enquête crédible et transparente pour établir les faits et rassurer l’opinion publique nationale et internationale.

479 milliards FCFA déjà collectés pour apurer la dette de la Sonara et préparer sa reconstruction

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Le 29 novembre 2025, lors de la présentation de son projet de budget à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Eau et de l’Énergie a indiqué qu’environ 479 milliards FCFA ont déja été déposés au 31 octobre 2025 sur le compte logé à la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Cette enveloppe provient de la ligne de soutien de 47,88 FCFA prélevée sur chaque litre de carburant vendu dans le pays, introduite en 2020 pour contribuer à l’apurement de la dette de la Société nationale de raffinage (Sonara), évaluée alors à 1 000 milliards FCFA.

Cette communication intervient près d’un an après celle du 4 décembre 2024, lorsque le même membre du gouvernement déclarait devant les députés que 353 milliards FCFA avaient été collectés au 31 octobre 2024. À la même période en 2023, ce compte affichait 270 milliards FCFA, contre 194,7 milliards FCFA en 2022, selon les chiffres fournis par le ministre. Ce dispositif avait été créé pour soutenir la dette de la Sonara.

Cette taxe a été instituée au lendemain de l’incendie du 31 mai 2019, qui a contraint la Sonara à suspendre toute activité de raffinage et à ne plus honorer ses engagements dans les délais. Pour rassurer les créanciers, l’État et la Sonara ont engagé des conventions de restructuration et de remboursement avec les banques et les négociants pétroliers, parallèlement à l’ouverture du compte de soutien à la BEAC.

Alors que les remboursements se poursuivent, le gouvernement prépare désormais la réhabilitation complète de la raffinerie. Le Programme économique, financier, social et culturel de l’exercice 2026, présenté le 26 novembre 2025 par le Premier ministre Joseph Dion Ngute, chiffre ce chantier à 300 milliards FCFA. Le montant découle d’une étude de faisabilité confiée au groupe français Axens et lancée officiellement le 19 mars 2025 lors d’une réunion à Limbé.

Axens devait conduire pendant quarante-deux semaines un avant-projet sommaire incluant une analyse de marché, une étude technico-financière complète, la définition de la future capacité de traitement et la préparation des documents techniques nécessaires. Cependant, des diagnostics antérieurs, réalisés par le cabinet Ekium et cités par l’agence Argus, estimaient que 75 % des installations étaient récupérables, 8 % définitivement perdues et 17 % en cours de vérification.

Recettes non fiscales : l’e-visa rapporte près de 47 milliards FCFA en neuf mois

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La plateforme de délivrance en ligne des visas d’entrée au Cameroun a généré, au 30 septembre 2025, 411 439 visas payants représentant 46,873 milliards FCFA de recettes publiques, auxquels s’ajoutent 34 508 visas gratuits. Ces données sont issues du Programme économique, financier, social et culturel du gouvernement pour l’exercice 2026 présenté à l’Assemblée nationale le 26 novembre 2025 par le Premier ministre, Joseph Dion Nguté.

Ce volume marque une progression notable. Pour mémoire, le ministère des Relations extérieures rappelait qu’entre avril 2023 et octobre 2024, l’e-visa avait permis de collecter 29 milliards FCFA en dix-huit mois. La hausse correspond à l’accélération du traitement et à l’élargissement du dispositif.

L’e-visa est un système de demande dématérialisée permettant au voyageur de solliciter son autorisation d’entrée sans dépôt physique de passeport. Le processus repose sur une plateforme centralisée qui collecte, analyse et valide les dossiers, réduisant les files d’attente en ambassade et limitant les risques de falsification grâce à la traçabilité numérique.

Cette montée en charge accompagne le chantier de transformation digitale engagé à Yaoundé depuis avril 2024, avec la construction d’un centre technologique intégrant un data center et un système informatique unifié destiné à standardiser les procédures consulaires. Sur le réseau extérieur, 44 postes diplomatiques et consulaires sont déjà équipés.

Sur le territoire, 19 postes-frontières sur les 25 prévus en première phase disposent des nouveaux terminaux nécessaires à l’identification et au contrôle automatisé. Les autorités reconnaissent l’existence de dysfonctionnements ponctuels, mais mettent en avant un traitement plus rapide et une sécurisation accrue des flux.

L’usage de l’e-visa s’inscrit dans une tendance continentale. Près de 30 pays africains ont adopté une solution similaire, dont le Rwanda, le Kenya, l’Éthiopie, l’Afrique du Sud, le Maroc, l’Égypte ou la Tanzanie.

Certains États, tels que le Bénin ou la Gambie, ont opté pour des régimes d’entrée simplifiés pour les ressortissants africains afin de fluidifier les échanges régionaux. Dans ce contexte, la performance du Cameroun illustre l’intégration progressive du pays dans les standards numériques de gestion des mobilités, tout en renforçant une source de recettes non fiscales devenue significative.

Le Cameroun  signe un accord de 75 milliards FCFA avec l’espagnol Salvi Lighting pour moderniser l’éclairage public

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Le Cameroun a signé, le 18 novembre 2025, un contrat commercial évalué à 74,95 milliards FCFA TTC avec l’entreprise espagnole Salvi Lighting. L’information a été révélée le 29 novembre 2025, devant les membres de la Commission du budget et des finances de l’Assemblée nationale, par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba. Ce contrat découle d’un protocole d’accord conclu à Yaoundé le 7 août 2025 entre l’État et la société espagnole. Ce premier acte avait officiellement lancé le Projet Smart Lighting Cameroon, un programme dédié à la modernisation de l’éclairage public dans plusieurs grandes villes.

Les autorités rappellent que la convention du mois d’août a aussitôt ouvert la voie aux premières études techniques. Elles ont été menées « dans les villes de Bafoussam, Yaoundé et Douala, avec un diagnostic des réseaux, un inventaire des points lumineux existants et une collecte de données technico-économiques ». Le rapport d’étude élaboré à l’issue de cette opération, a fait apparaître un besoin de 53 573 luminaires LED, de 35 068 poteaux en acier galvanisé de 11 mètres, d’environ 1,74 million de mètres de câbles torsadés, de 577 armoires électriques de protection, ainsi que le déploiement du système SMARTEC sur environ 1 870 km.

Sur la base de ces conclusions, l’État a donc scellé le contrat de novembre avec Salvi Lighting. La société, basée à Barcelone et forte d’une longue expérience dans l’éclairage public, doit fournir les équipements et accompagner le Cameroun dans la mise en service des solutions intelligentes retenues. Selon les précisions fournies lors de la signature du premier accord, les technologies proposées doivent permettre un pilotage en temps réel de l’éclairage urbain, une adaptation de l’intensité selon les besoins et une réduction des gaspillages, grace à un système de gestion à distance baptisé Smartec.

Gaston Eloundou Essomba avance un objectif d’économies annuelles d’environ 4 milliards FCFA sur la facture d’électricité publique. Le Minee prévoit également une baisse d’environ 15 MW de la demande en période de pointe, un enjeu présenté comme significatif pour un réseau national régulièrement sous tension.

À l’Assemblée nationale, le ministre a indiqué que la recherche et la structuration du financement global du projet sont en cours, ce qui constitue l’étape suivante avant l’engagement des travaux sur le terrain.

Vers un accord de prêt de 98 milliards FCFA entre le Cameroun et la BEI pour la voie de contournement de Yaoundé

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Dans son projet de budget présenté au Parlement la semaine dernière, le ministère de l’Habitat et du Développement urbain (Minhdu), révèle que le Ministère de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat) examine actuellement un financement de la Banque européenne d’investissement (BEI) estimé à 150 millions d’euros (98,3 milliards de FCFA). Cette enveloppe est destinée au lancement des travaux du tronçon T3 de la Voie de contournement de Yaoundé, longue de 22,8 km. Cette portion de route reliera le quartier de Nkozoa à l’autoroute Yaoundé-Douala, en passant par Minkoameyos

« Pour ce qui est du tronçon T3 de la Voie de Contournement de Yaoundé, les avancées sont tout aussi significatives : le décret d’indemnisation a été signé par le Premier Ministre, l’Union Européenne a confirmé une subvention de 49 millions d’euros et la Banque Européenne d’Investissement a transmis un projet d’accord de prêt de 150 millions d’euros (98,3 milliards FCFA), actuellement en examen au MINEPAT. », peut-on lire dans le document susmentionné, dans lequel il est par ailleurs indiqué que

Selon les documents budgétaires transmis au Parlement, la validation de ce projet d’accord devrait permettre d’engager les travaux dès l’année prochaine. « Ces avancées permettront d’engager, dès l’année prochaine, les travaux sur le lot N°1 Nkozoa – Nkong (13 km), dans la Commune d’Okola », précise le Minhdu.

Pour obtenir des financements pour l’aménagement des autres tronçons, le Cameroun multiplie les opérations de charme. Du 7 au 15 juin 2025, une délégation conduite par la ministre de l’Habitat et du Développement urbain, Célestine Ketcha Courtès, a pris part au 16e Forum international de la construction et de l’investissement des infrastructures à Macao. Ce rendez-vous annuel, organisé par la China International Contractors Association, est une plateforme stratégique pour nouer des partenariats dans les secteurs du transport et du logement.

 À Macao, la ministre a notamment rencontré le président de la China Harbour Engineering Company (CHEC), une filiale du groupe chinois CCCC, déjà implanté au Cameroun à travers plusieurs projets d’infrastructure majeurs comme l’autoroute Kribi-Lolabé ou le port en eau profonde de Kribi. La société a exprimé son intérêt pour accompagner le Cameroun dans ses ambitions urbaines, notamment la création d’une nouvelle ville moderne sur l’un des pôles de développement intégrés de la future rocade.

«Le projet va se mettre en place d’ici 2023. Nous sommes en train de remplir les conditionnalités attendues des bailleurs pour démarrer le projet». Ces paroles rassurantes, sont celles de Célestine Ketcha Courtès, ministre de l’Habitat et du développement urbain (Mindhu). Le membre du gouvernement s’exprimait ainsi en 2022, au sortir d’un forum sur l’habitat organisé en Pologne.

A l’issue  de cet événement qui rassemblait les institutions financières mondiales les plus importantes, le Cameroun a, à en croire le Mindhu, réussi à négocier des promesses de financement d’un montant de 175 milliards de F pour son projet de construction d’une voie de contournement dans la ville de Yaoundé.

Toutefois, malgré les projections optimistes de Célestine Ketcha Courtès qui s’attendait à recevoir l’argent promis par les investisseurs au courant de l’année 2023, afin de démarrer les travaux pendant la même période, les bailleurs de fonds sont, depuis lors, restés muets.

Le projet de voie de contournement de Yaoundé est l’un des plus ambitieux en matière de transport et d’urbanisme dans le pays. Il prévoit la construction d’une autoroute périphérique de 85 kilomètres destinée à désengorger la capitale, aujourd’hui saturée par un trafic de transit dense en provenance des corridors Tchad-RCA. Le coût global du projet s’élève à 1 264 milliards de francs CFA (environ 1,9 milliard d’euros), incluant les indemnisations, les relocalisations et l’aménagement de quatre zones urbaines intégrées.

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