mercredi, mai 20, 2026
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Eudoxie Douya, première femme à la tête de l’association des sociétés d’assurance du Cameroun

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La directrice générale de Royal Onyx Insurance et les membres du nouveau bureau exécutif de cette association ont été installés dans leurs fonctions par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze le 4 décembre dernier à Douala.

 Une nouvelle ère s’ouvre pour l’Association des Sociétés d’Assurance du Cameroun (Asac). Pour la première fois depuis la création de ce regroupement professionnel en 1973, une femme tient les rênes. Eudoxie Douya entre dans l’histoire après son élection comme présidente de cette association après deux mandats règlementaires conduits par Thierry kepeden.

Le nouveau bureau exécutif officiellement installé le 4 décembre dernier à Douala par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze est composé de grands noms du secteur des assurances. Georges Kagou, DG de Saar vie assurance, Nelly Mbakang de Chanas vie. L’ancien président Thierry kepeden d’Axa fait également partie de l’équipe dirigeante.  

Elue pour un mandat de deux ans, la présidente de l’Asac décline le plan d’action de son bureau autour de 5 leviers clés : la digitalisation, les pools des grands risques, le développement du segment Vie, le capital humain et le dialogue institutionnel. « S’il y a bien une attente, je dirai même une grande espérance, que les souscripteurs des contrats d’assurance, les assurés, les sinistrés, et le grand public fondent sur l’activité des compagnies d’assurance, c’est bien le règlement rapide des sinistres. N’est-ce pas notre corps de métier, notre raison d’être. Tout le programme que je viens de présenter a pour finalité d’assainir le marché financier afin d’améliorer la cadence de règlement des sinistres », a déclaré la nouvelle présidente.

L’Asac a entre autres missions de promouvoir la culture de l’assurance, défendre les intérêts de ses membres, représenter la profession auprès des pouvoirs publics et des institutions nationales et internationales et contribuer à l’élaboration des politiques publiques en matière d’assurance.

Camtel scelle une alliance avec Ethio Telecom pour lancer son mobile money

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Camtel avance un peu plus vers le lancement de son service de paiement mobile Blue Money. L’opérateur public camerounais a officialisé, les 3 et 4 décembre 2025 à Yaoundé, un accord-cadre de trois ans avec Ethio Telecom, destiné à encadrer l’accompagnement technique, stratégique et opérationnel du futur portefeuille électronique. Selon le communiqué publié le 4 décembre, l’accord porte en partie sur l’appui d’Ethio Telecom au déploiement de Blue Money, son service de paiement mobile, dont le lancement est prévu en 2026, selon des informations fournies au parlement, par la ministre des Postes et Télécommunications.

 Les contours du partenariat entre Camtel et Ethio Telecom sur ce segment n’ont pas été détaillés. Toutefois, il est important de rappeler que ce partenariat trouve son origine dans un premier déplacement officiel effectué le 24 avril 2025. Ce jour-là, Judith Yah Sunday, directrice générale de Camtel, s’était rendue à Addis-Abeba pour étudier le modèle Telebirr, la plateforme de finance numérique d’Ethio Telecom. Lancé en mai 2021, Telebirr revendiquait, à fin 2024, 51,5 millions d’utilisateurs et près de 27,8 milliards de dollars de transactions, un niveau de performance qui en fait aujourd’hui l’une des solutions les plus abouties du continent.

C’est cette expertise que Camtel souhaite répliquer pour tenter de s’installer dans un marché camerounais dominé par MTN Mobile Money et Orange Money. À cet effet, l’opérateur public a créé une structure dédiée : Blue Mobile Money S.A, constituée les 18 août et 15 septembre 2025, dotée d’un capital de 500 millions de FCFA et basée à Douala. La société est habilitée, selon les textes juridiques consultés, à l’émission et à la gestion de moyens de paiement conformément aux règles en vigueur dans la CEMAC.

Le contrat signé avec Ethio Telecom dépasse largement le seul cadre du mobile money. Il inclut aussi la contribution de l’opérateur éthiopien à la digitalisation de services publics, la mise en place d’un Government Cloud souverain, la modernisation des réseaux et l’accompagnement de la transformation interne de Camtel, que ce soit en matière d’organisation, de systèmes d’information ou de relation client.

 Pour faciliter ce transfert de compétences, les deux entreprises ont prévu des missions d’experts, des programmes de formation, du mentorat, ainsi que des immersions croisées. La délégation éthiopienne a ainsi multiplié les réunions techniques et rencontres de haut niveau avant la cérémonie de signature organisée à l’Hôtel Hilton de Yaoundé. La signature a été co-présidée par la DG de Camtel, Judith Yah Sunday epse Achidi, et son homologue d’Ethio Telecom, Frehiwot Tamiru. Plusieurs membres du gouvernement ont pris part à l’événement, dont le Professeur Cosmas Cheka, conseiller spécial auprès du Premier ministre. Prenant la parole, la dirigeante de Camtel a exprimé son enthousiasme : « C’est un accord qui va durer trois ans. Un véritable projet triennal », a-t-elle souligné, insistant sur l’intérêt de s’appuyer sur un opérateur qui « fait figure de référence en Afrique ».

 Elle a rappelé que l’entreprise éthiopienne compte plus de 86 millions d’abonnés, un effectif de 16 000 employés, et un chiffre d’affaires avoisinant 731 milliards de FCFA. « Ils ont transformé leur pays sur le plan digital. Ethio Telecom est un modèle pour nous », a-t-elle déclaré. De son côté, la CEO d’Ethio Telecom a mis en avant l’engagement de Camtel dans une transformation profonde. « Nous sommes ici parce que CAMTEL s’engage dans une étape majeure : sa transition numérique complète. Nous sommes privilégiés d’être à leurs côtés pour partager notre expérience », a affirmé Frehiwot Tamiru.

Rappelant les 131 ans d’existence de sa société et les investissements massifs réalisés durant les six dernières années pour soutenir la transition digitale en Éthiopie, elle a assuré que l’ambition est de proposer « des solutions digitales capables d’innover, de transformer les modes de vie et de stimuler les affaires ». Elle a situé l’accord dans la dynamique de la Stratégie numérique africaine 2020-2030, à laquelle le Cameroun souscrit.

Commune de Minta: Jean Lambert Nang, nouveau maire

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Depuis cette mi-journée, le journaliste Jean Lambert Nang est le nouveau maire de la commune de Minta, département de la Haute-Sanaga, région du Centre. La star de la télévision nationale camerounaise dans les années 90 et 2000, succède à Salomon Mout Abalang, décédé en septembre dernier, des suites de maladie. Le nouveau patron de l’exécutif municipal de Minta n’aura pas un mandat complet à faire, puisqu’il va juste assurer la transition jusqu’à la fin du mandat de son prédécesseur. Mandat arrivé à expiration depuis février dernier mais qui a été prorogé jusqu’en mai 2026 par le président de la République. Ce n’est qu’après cela que Jean Lambert Nang devrait se lancer dans la course en vue d’un mandat complet.

L’homme connu pour sa rigueur du temps où il était chef du service des sports de la Crtv, n’était pas le plus attendu à ce poste. Ajouté à sa forte personnalité et sa grosse gueule et son franc-parler. Lui qui ne s’était pas jusqu’ici affiché en première ligne politique, y compris dans sa Haute-Sanaga natale. Du coup, le nouveau maire a vite fait de rassurer dès son élection :  »N’ayez pas peur », a-t-il lancé avec emphase. Et d’indiquer :  »je ne connais pas tout. Mais de par mon expérience de journaliste de sport, c’est une affaire d’équipe. En sport collectif comme au football, c’est le collectif qui gagne. Donc c’est ensemble que nous réunissons », s’est-il adressé au conseillers municipaux. Promettant transparence dans la gouvernance de la mairie.

Jean Lambert Nang hérite d’une commune en proie à des problèmes d’eau potable, d’électricité et autres défis liés au développement des ressources naturelles pour changer le visage de la commune. Le maçon est attendu au pied du mur.

Le Minpmeesa transfère 1,5 milliard FCFA à la BC-PME pour financer des PME agropastorales et halieutiques

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L’accord paraphé ce jeudi à Yaoundé entre Achille Bassilekin III, ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat et Amadou Haman directeur général adjoint de la Banque Camerounaise des PME (BC-PME) porte en effet sur le transfert de 1,5 milliard FCFA. Le dispositif vise le financement de petites entreprises, de très petites entreprises (TPE) et d’organisations de l’Économie Sociale engagées dans les secteurs agropastoral et halieutique. Le dispositif vise le financement de petites entreprises, de très petites entreprises (TPE) et d’organisations de l’Économie Sociale engagées dans les secteurs agropastoral et halieutique.

L’opération s’inscrit dans la mise en œuvre du Plan Intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique (PIISAH), un programme gouvernemental conçu pour développer la production locale, réduire la dépendance aux importations et améliorer la compétitivité des entreprises nationales. L’import-substitution consiste à produire localement des biens auparavant importés, afin de limiter les sorties de devises et de renforcer les chaînes de valeur internes.

L’enveloppe financière est répartie en trois axes. 330 millions FCFA financeront des unités individuelles de transformation agroalimentaire, c’est-à-dire de petites structures chargées de transformer des produits agricoles bruts en produits finis. 930 millions FCFA seront affectés à la création de trois unités collectives pilotes, destinées à mutualiser les équipements et les compétences au bénéfice de plusieurs organisations locales. 240 millions FCFA serviront à l’acquisition de pressoirs modernes pour les coopératives de production d’huile de palme.

La BC-PME devient l’opérateur chargé de sélectionner les bénéficiaires selon leur capacité à contribuer aux objectifs du programme. Les financements devront être octroyés à un taux bonifié plafonné à 4% toutes taxes comprises, nettement inférieur aux taux usuels pratiqués sur le marché local du crédit. Cette bonification vise à réduire le coût d’accès au financement pour des acteurs souvent confrontés à des contraintes de liquidité.

La banque devra en outre appliquer le mécanisme de suivi-évaluation prévu dans la convention. Le dispositif permettra de vérifier l’usage des fonds, de mesurer l’évolution des capacités de production et d’évaluer la pertinence des investissements réalisés dans les chaînes de valeur ciblées.

Le département ministériel annonce également une extension du programme en 2026, avec une enveloppe prévisionnelle de 1,6 milliard FCFA pour poursuivre l’appui aux entreprises locales et renforcer les filières agropastorales et halieutiques.

Un guichet dédié aux projets portés par les jeunes sera ouvert au sein de la BC-PME. Il offrira un accès simplifié au financement pour les initiatives entrepreneuriales dans l’agriculture, l’artisanat et l’économie sociale, avec pour enjeu d’accroître la participation des jeunes dans les activités productives.

L’ensemble du dispositif place les petites entreprises au centre d’une stratégie de production locale, de réduction des importations et de valorisation des ressources nationales.

Le Minfi inaugure le siège du Bureau national Carte rose Cemac à Douala

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L’ouverture officielle du siège du Bureau national Carte rose de la Cemac à Douala, présidée le 3 décembre 2025 par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, s’inscrit dans un processus élargi de structuration institutionnelle en Afrique centrale. Le bâtiment, d’un coût de 2,7 milliards FCFA, constitue un maillon opérationnel de l’écosystème régional dédié à la libre circulation et à la gestion financière des risques routiers transfrontaliers.

En inaugurant cette infrastructure, le ministre des Finances a rappelé que le Cameroun matérialise ainsi les engagements pris par les chefs d’État de la sous-région pour une coopération plus intégrée. La Carte rose, instaurée le 1er juillet 1996, est un dispositif juridique permettant à un automobiliste assuré de circuler dans les six pays membres sans souscrire une assurance additionnelle. L’outil joue un rôle d’harmonisation réglementaire et d’interopérabilité financière entre les systèmes nationaux.

Le Bureau national camerounais, créé par arrêté ministériel le 3 mai 1999, avait reçu à son lancement une garantie publique de 20 millions FCFA destinée à sécuriser le mécanisme. Cette garantie constitue un signal de soutien étatique à la gestion des risques routiers transfrontaliers et à la protection des usagers. Le ministre a souligné que cet ancrage institutionnel sert à stabiliser les transactions entre assureurs tout en assurant la continuité du service sur le territoire.

Richard Lowé, fondateur d’Activa, a rappelé que la Carte rose ne constitue pas une compagnie d’assurance, mais un système d’intégration financière applicable sur plusieurs zones du continent. Chaque région dispose de sa variante : carte brune en Afrique de l’Ouest, carte verte au Nord et carte jaune en Afrique australe. L’objectif continental est d’assurer une gestion cohérente des risques de circulation interétatique par un ensemble de règles communes et un système de règlement des sinistres centralisé.

« Dans les situations de détresse que traversent les victimes de sinistres impliquant des conducteurs étrangers, ce lieu doit être le premier recours, l’endroit où l’État se matérialise, où la justice administrative prend forme, où la solidarité communautaire se concrétise » a déclaré Louis Paul Motaze dans son discours de circonstance. Et de poursuivre : « le bureau national n’est pas l’assureur de civilement responsable. Il ne peut pas faire l’objet de saisies solidaires par simple assimilation, car la République ne confond jamais garantie du système et responsabilité contractuelle ».

L’immeuble inauguré à Douala vient renforcer cette infrastructure régionale. Selon Richard Lowé, il symbolise la capacité du Cameroun à soutenir les mécanismes financiers de la Cemac et à consolider sa place dans les systèmes d’intégration. Sa mise en service améliore les conditions d’opérationnalisation du dispositif, notamment en matière de traitement des dossiers, de coordination interbureaux et de gouvernance administrative.

L’infrastructure s’inscrit dans les instruments de régulation financière et de stabilisation des échanges de la Cemac, dans un contexte où la libre circulation des personnes et des biens demeure un objectif structurant de la sous-région. Le siège de Douala constitue désormais un élément physique renforçant l’interconnexion institutionnelle et opérationnelle nécessaire à une Afrique centrale plus intégrée.

Des guichets automatiques de la Campost annoncés en 2026 pour renforcer l’inclusion financière

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La programmation budgétaire du département ministériel repose sur une dotation de 18,962 milliards FCFA inscrite au Budget d’Investissement Public. Les projets couvrent plusieurs volets : mise à niveau des équipements, extension du réseau téléphonique et internet dans les services centraux, sécurisation des processus administratifs et harmonisation des infrastructures de base.

Une étude préalable est également prévue pour le portail agropastoral Camagro, destiné à structurer la circulation d’informations techniques et commerciales dans les filières agricoles et pastorales. Le portefeuille inclut des projets à forte intensité technologique. Le Projet d’Accélération de la Transformation Numérique au Cameroun (Patnuc) vise l’extension des réseaux numériques en zones rurales, où la couverture reste insuffisante et limite l’accès aux services digitaux essentiels.

L’extension de la phase IV du Backbone National à Fibre Optique, infrastructure stratégique pour le transport de données, constitue un autre axe majeur. Ce backbone doit améliorer la qualité de service, réduire les coûts de transmission et renforcer la résilience du réseau national. Le budget prévoit aussi le paiement d’arriérés liés au projet Central African Backbone (CAB) et une étude de faisabilité pour une plateforme de commerce électronique sous Campost, intégrant commande, paiement et livraison.

Sur le plan opérationnel, le ministère programme la réhabilitation et la construction de bureaux de poste, ainsi que le lancement d’un réseau de monétique sous Campost. Vingt guichets automatiques bancaires seront installés dans les dix régions. La monétique, ensemble des technologies de paiement électronique, doit renforcer l’inclusion financière et moderniser les services postaux.

Le projet Cameroon Digital Connect complète ces initiatives en proposant un environnement numérique harmonisé pour les services gouvernementaux et une plateforme de signalement des contenus illicites en ligne. Campost, opérateur postal public, inscrit plusieurs chantiers dans son plan d’action 2026. L’entreprise doit poursuivre la mise en œuvre de son plan stratégique 2025-2030 et formaliser un contrat de performance avec l’État, afin de clarifier obligations, ressources et indicateurs de suivi.

Le programme inclut l’achèvement des activités résiduelles du Contrat-Plan en cours et la finalisation d’un manuel de procédures pour standardiser les opérations internes. Sur le segment numérique, Campost prévoit la mise en service de sa plateforme d’e-commerce Bolamba, ainsi que l’intégration des besoins des administrations publiques dans l’application d’adressage numérique et le plan de localisation postale, étape clé pour la logistique, les livraisons et la planification territoriale.

Énergie : près de 302 milliards FCFA pour renforcer la production et la distribution énergétique au Cameroun

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La première composante, consacrée à l’offre d’énergie, mobilise 173,2 milliards FCFA. Elle porte sur la poursuite de grands chantiers : le barrage hydroélectrique de Kikot (500 MW), les projets de Bini à Warak (90 MW) et de Minkouma (300 MW), ainsi que la centrale à gaz de Limbé (350 MW). Ces ouvrages représentent près de 2 100 MW potentiels, destinés à équilibrer l’offre et la demande nationale.

En parallèle, des études se poursuivent pour des centrales solaires et de petites unités hydroélectriques à Vina Pont Lac et Mbalang Djalingo. La deuxième composante concerne le transport de l’énergie. Les crédits visent la poursuite des lignes 225 kV Ebolowa-Kribi et 90 kV Mbalmayo-Mekin, l’interconnexion Tchad-Cameroun, ainsi que le renforcement des réseaux de Douala et Yaoundé. L’achèvement de la ligne 225 kV Piti-Ngodi Bakoko et l’extension du poste associé doivent densifier et stabiliser le réseau national, condition essentielle pour évacuer l’énergie produite par les barrages et soutenir l’industrialisation.

Le volet « accès à l’énergie », doté de 118,2 milliards FCFA, bénéficie des appuis de la Banque mondiale et de la BAD. Il prévoit l’installation de 200 000 kits de comptage communicants, 2 000 compteurs intelligents, le remplacement de 10 000 poteaux bois par des supports en béton, l’électrification des chefs-lieux administratifs et la construction de points de distribution de produits pétroliers et de gaz domestique à Lagdo et Magada.

Enfin, 10,5 milliards FCFA supplémentaires seront transférés aux collectivités territoriales pour renforcer leur rôle dans la planification énergétique locale.

La BD « Survivre à un Parent Toxique et Violent » brise le silence sur les violences intrafamiliale

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« Survivre à un Parent Toxique et Violent » n’est pas seulement un support narratif destiné au divertissement. Cette bande dessinée est un outil de plaidoyer public, mobilisé pour traiter les violences intrafamiliales. Carine Bahanag, autrice franco-camerounaise utilise ce support pour sensibiliser les politiques publiques et les dispositifs d’accompagnement peinent encore à rendre accessibles au plus grand nombre. L’ouvrage de Carine Bahanag, artiste féministe explore les mécanismes de survie d’une enfant confrontée à un parent violent, en combinant un récit autobiographique, un dessin expressif et un usage assumé de l’humour noir.

Le récit met en scène une enfant simplement appelée « la petite fille ». L’absence de prénom n’est pas une figure stylistique mais un choix de mise à distance. Selon l’autrice, ce personnage représente la condition universelle des enfants victimes, et renvoie aussi à un phénomène fréquemment observé dans les parcours traumatiques : la dépersonnalisation ou la déréalisation. Ces termes désignent un mode de perception altéré dans lequel l’individu ne se sent plus pleinement réel. En retraçant ces états sans vocabulaire psychologique, l’ouvrage rend perceptible une réalité souvent invisible dans les débats publics : l’impact émotionnel et cognitif des violences sur la construction identitaire de l’enfant.

Ce choix narratif s’accompagne d’une orientation visuelle précise. La petite fille est noire, inscrite dans un environnement africain, un ancrage assumé par l’autrice. Le concept artistique a été développé par Nade en 2022, puis transcrit en illustration par Karamba Dramé. L’univers graphique privilégie une atmosphère oscillant entre malaise, tension et respiration humoristique. Cette esthétique soutient l’objectif central du livre : permettre aux lecteurs de saisir le décalage entre les stratégies d’adaptation que développent les enfants victimes et la manière dont la société interprète ces comportements une fois à l’âge adulte.

Carine Bahanag explique avoir longtemps été perçue comme une personne « forte », « capable » et fonctionnelle. Ce regard social valorisant les performances des survivants occulte souvent la souffrance, l’épuisement et les mécanismes de survie qui s’installent durablement. L’autrice évoque deux épisodes de burn-out comme moments de rupture qui lui ont révélé le coût émotionnel d’un rôle intériorisé depuis l’enfance. Elle relie cette expérience au silence collectif qui entoure souvent les violences intrafamiliales : une société qui peine à entendre la détresse des victimes mais applaudit la résilience observée après coup.

Dans ce contexte, la forme choisie pour le livre — une parodie de manuel de développement personnel — devient un outil de critique sociale. Le format « how to », habituellement utilisé pour présenter des solutions rapides et individualisées, est ici détourné pour montrer l’absurdité d’un système où la responsabilité de la « guérison » repose sur l’enfant ou l’adulte victime, plutôt que sur les institutions, les familles ou les politiques de protection. Le parent violent est d’ailleurs désigné uniquement par l’acronyme « PTV » (Parent Toxique et Violent), une manière de représenter un comportement plutôt qu’une personne singulière. Cette approche facilite l’intégration de l’ouvrage dans des contextes éducatifs ou thérapeutiques où la personnalisation excessive d’un cas peut freiner la discussion.

La dimension pédagogique se retrouve dans la manière dont les stratégies de survie sont présentées. La petite fille invente, détourne, imagine et rationalise pour échapper à la terreur que lui inspire son père. Ces mécanismes sont reproduits de façon volontairement exagérée pour rendre visibles des réactions souvent méconnues : hypervigilance, retrait, créativité défensive, suradaptation. L’humour noir fonctionne comme une médiation émotionnelle, permettant de décrire des situations douloureuses sans les édulcorer et sans imposer une charge trop frontale aux lecteurs.

Dans un contexte international où les programmes de prévention cherchent à développer des supports adaptés à des environnements scolaires, médicaux ou communautaires, cette bande dessinée apporte un matériau exploitable. Sa forme illustrée permet une lecture individuelle ou collective ; ses ressorts narratifs facilitent l’identification sans exposition traumatique ; son angle critique ouvre la voie à des échanges sur la responsabilité sociale face aux violences. L’ouvrage ne prétend pas résoudre un problème d’ampleur mondiale, mais il contribue à lever le tabou qui entoure les violences intrafamiliales et à réduire la stigmatisation qui touche les victimes devenues adultes.

« Survivre à un Parent Toxique et Violent » s’insère ainsi dans une dynamique globale où la culture, les arts visuels et les récits graphiques participent à la sensibilisation. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) rappelle que près d’un milliard d’enfants âgés de 2 à 17 ans subissent chaque année des violences physiques, émotionnelles, des négligences ou d’autres formes de maltraitance. Ce volume massif, associé à un tabou persistant dans de nombreux pays, renforce la nécessité d’outils de sensibilisation capables d’atteindre des publics divers, notamment les adolescents, les parents, les enseignants, les travailleurs sociaux et les acteurs de la santé mentale. La BD de Carine Bahanag s’inscrit dans ce registre : un matériau accessible, narratif et visuel, qui permet d’aborder une problématique difficile sans jargon technique ni exposition traumatisante.

L’API signe deux conventions d’investissement de plus de 20 milliards de FCFA

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La signature, le 26 novembre 2025 à Yaoundé, de deux conventions d’investissement entre l’Agence de promotion des investissements (API) et des opérateurs chinois et libanais illustre la place croissante des régimes incitatifs dans la stratégie d’industrialisation camerounaise. L’API, institution publique chargée d’accorder des facilités financières et douanières aux entreprises productives, a validé deux projets dont la configuration financière éclaire la structure actuelle du capital manufacturier.

Le premier projet concerne La Camerounaise de construction et de béton Sarl, dirigée par Han-Xiaomei. L’entreprise prévoit l’installation, à Yaoundé, d’une unité de production de béton destinée aux chantiers de bâtiments et de routes. Le capital engagé dépasse cinq milliards de FCFA. Selon les projections transmises à l’API, l’activité pourrait générer environ 100 emplois directs et plus de 500 emplois indirects. La logique capitalistique du projet repose sur un investissement industriel lourd — machines de broyage, malaxage et dosage — dont le coût d’entrée justifie l’usage d’un régime d’exonération pour réduire les charges à l’importation. Les exonérations fiscalo-douanières, qui couvrent plus de 90 % des redevances normalement dues, s’appliqueront sur dix ans, répartis entre une phase d’implantation (cinq ans) et une phase d’exploitation (cinq ans). Ce type de dispositif vise à alléger le CapEx initial, c’est-à-dire les dépenses d’investissement nécessaires au lancement de l’activité.

Le second projet implique Amana Motors Company, représentée par Hassan Hijazi. L’entreprise prévoit l’installation, au Port autonome de Douala, d’une unité industrielle d’assemblage de motos à deux et trois roues. Le coût annoncé excède 15 milliards de FCFA, soit un niveau triple de celui du projet cimentier. Les projections d’emploi associés atteignent plus de 500 emplois directs et plus de 1 000 emplois indirects à long terme. La configuration financière est typique des industries d’assemblage, où l’essentiel des dépenses concerne les chaînes de montage, les équipements logistiques et les approvisionnements initiaux. Comme pour le premier projet, les exonérations accordées, supérieures à 90 % des droits et taxes, neutralisent une grande partie du coût d’importation des équipements et pièces détachées.

L’examen comparé des deux investissements met en évidence un ratio incitations/CapEx particulièrement élevé. Pour l’industrie du béton, les exonérations couvrent presque intégralement les charges douanières sur une enveloppe d’investissement d’environ cinq milliards de FCFA, ce qui réduit fortement la barrière d’entrée dans un segment capitalistique traditionnellement coûteux. Pour l’assemblage de motos, les facilités s’appliquent à un investissement trois fois plus important, ce qui donne à l’exonération un effet de levier notable sur la compétitivité future de l’unité d’assemblage. Dans les deux cas, la durée de dix ans place le Cameroun dans la catégorie des pays offrant un amortissement fiscal long, utile aux secteurs où le retour sur investissement — ou ROI, indicateur de rentabilité d’un projet — nécessite plusieurs cycles de production.

Les représentants des deux entreprises ont salué ces facilités, y voyant un cadre favorable à la mise en œuvre de leurs projets industriels. Le directeur général par intérim de l’API, Boma Donatus, a estimé que ces signatures confirment l’attractivité du Cameroun pour les investisseurs étrangers et souligné la présence d’un capital mixte associant partenaires chinois et libanais à des opérateurs locaux.

La question de la soutenabilité budgétaire de ce régime d’exonérations se pose toutefois dans tout dispositif incitatif de long terme. Un taux supérieur à 90 % sur une décennie implique une forte réduction des recettes fiscales potentielles. Le gouvernement mise sur un retour indirect via la création d’emplois, l’effet multiplicateur sur les chaînes de valeur locales et l’émergence d’une base industrielle capable de renforcer l’assiette fiscale après la période d’exonération.

Ces deux conventions illustrent ainsi la stratégie camerounaise consistant à mobiliser l’incitation fiscale comme instrument d’attraction du capital productif. Elles éclairent également la structure du risque financier pris par les investisseurs, atténué par un dispositif qui réduit le coût initial d’entrée sur le marché tout en cherchant à stimuler une industrialisation orientée vers l’emploi.

La BAD accorde 16,3 milliards FCFA à CCA-Bank pour renforcer l’accès des PME au crédit  

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Le Groupe de la Banque africaine de développement a annoncé, le 2 décembre 2025, l’approbation d’une facilité de financement du commerce de 25 millions d’euros – environ 16,3 milliards FCFA – en faveur de CCA-Bank. La décision, prise lors d’une session du Conseil d’administration tenue la veille à Abidjan, porte sur la mise à disposition d’une Garantie de Transaction, un instrument conçu pour couvrir les risques des opérations de financement du commerce effectuées par les banques africaines éligibles.

Dans le communiqué publié depuis Abidjan, la Banque explique que cette facilité permettra de soutenir les importations d’équipements destinés aux secteurs industriel, agro-industriel et des télécommunications.

Lamin Drammeh, Chef de la Division du Financement du Commerce du Groupe de la Banque, précise que la garantie pourra couvrir « jusqu’à 100 % » des opérations concernées par les banques confirmatrices, afin de faciliter la confirmation des lettres de crédit et des instruments similaires émis par CCA-Bank au profit des PME camerounaises.

Léandre Bassolé, Directeur général de la région Afrique centrale, indique que cette opération s’inscrit dans la volonté de l’institution d’accroître ses interventions directes en faveur du secteur privé au Cameroun.

« Elle renforcera la capacité de la CCA-Bank à soutenir les activités des PME, y compris celles détenues par des femmes et des jeunes, afin de dynamiser le secteur productif local, de faciliter la croissance économique et de créer et maintenir des milliers d’emplois », a-t-il déclaré.

Marguerite Fonkwen Atanga, Directrice générale de CCA-Bank, se félicite de ce premier soutien financier direct du Groupe de la Banque africaine de développement. « Nous tenons à exprimer notre gratitude au Groupe de la Banque africaine de développement pour cette importante facilité de financement du commerce.

Ce partenariat stratégique marque une étape majeure pour notre institution et renforcera considérablement notre capacité à soutenir les petites et moyennes entreprises, les femmes entrepreneures et les start-ups au Cameroun et en Afrique », a-t-elle déclaré.

La Banque africaine de développement rappelle que sa Garantie de Transaction, lancée en 2021, couvre plusieurs types d’instruments de financement du commerce, dont les lettres de crédit confirmées, les engagements de paiement irrévocables, les traites endossées ou encore les billets à ordre. L’outil est destiné aux banques inscrites et actives en Afrique après un processus de diligence raisonnable.

En dehors de ce financement de la BAD, CCA-Bank a obtenu deux autres appuis internationaux plus tôt dans l’année pour soutenir les PME. Le 24 avril 2025, la Société islamique pour le développement du secteur privé, membre du Groupe de la Banque islamique de Développement, a mis à disposition 15 millions d’euros, soit environ 9,8 milliards FCFA, pour améliorer l’accès au crédit dans les secteurs à fort potentiel comme l’agroalimentaire, les transports ou la santé.

Puis, le 21 mai 2025, en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la BID à Alger, la Société internationale islamique de Financement du Commerce a annoncé une nouvelle facilité de 10 millions d’euros, environ 6,5 milliards FCFA, toujours en faveur de CCA-Bank.

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