lundi, juin 1, 2026
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Mondial 90 : Les entraîneurs inconsolables

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Des héros de 1990 oubliés

Alors que le ministère de l’habitat et du développement urbain (Minhdu) s’attèle à engager le processus devant aboutir à l’octroi des 22 logements présidentiels aux Lions indomptables ayant joué la Coupe du monde de football Italie 1990, les polémiques n’ont pas fini de se nourrir des développements nés de l’annonce faite la semaine dernière par le ministre des Sport et de l’éducation physique (Minsep). Avec parfois comme « victimes » et « mendiants » les entraîneurs qui ont été « oubliés » dans la promesse faite il y a trente ans par Paul Biya. « Il nous a semblé nécessaire et opportun de dire notre vérité sur les primes et logements Sic relatifs à notre participation à la Coupe du monde». Dans une mise au point rendue publique ce vendredi, trois des adjoints de Valeri Nepomniaschi ont tenu à clarifier leur situation sur le sujet. Déjà, Jules Frédéric Nyongha, Jean Manga Onguene et Michel Kaham, les trois signataires de la mise au point, confirment avoir écrit au président Paul Biya pour réclamer leurs parts de logements. Contrairement au démenti fait par le dernier cité, joint par la rédaction de Défis actuels dans son édition du lundi dernier. Michel Kaham qui déclarait alors que « nous sommes des adultes ; pour nous, la page est tournée». Non sans regretter que les entraîneurs qui sont du maillon incontournable dans une équipe soient ignorés lors des récompenses de l’aventure « heureuse » qui avait conduit le Cameroun en quarts de finale de la Coupe du monde. Une grande première pour le continent africain, que Paul Biya, spectateur du premier exploit de cette épopée (la victoire camerounaise sur l’Argentine, 1-0, Ndlr), salua par la promesse de 22 logements. Avant d’oublier sa parole, pour ne la tenir que trente ans après.

Clarifications sur les logements et les primes de 90

« Les joueurs ont initié récemment leur requête et ont eu gain de cause. A leur suite, nous entraîneurs de la Coupe du monde 90, avons aussi écrit à monsieur le président de la République par le truchement du ministre des Sports et de l’éducation physique », écrivent-ils. Mentionnant entre parenthèses « tout comme les joueurs ». Une allusion au stratagème utilisé par les joueurs pour pouvoir enfin obtenir la tenue de la promesse présidentielle vieille de trente ans. Narcisse Mouelle Kombi, le Minsep, a effectivement transmis le courrier à Paul Biya, assurent-ils. Les trois mécontents saisissent l’occasion pour faire la lumière sur certains pans de ce dossier. « Le secrétaire général de la présidence de la République demandera au Minuh (l’actuel Minhdu, Ndlr) de s’accorder avec le ministre des Sports pour lui communiquer la liste nominative des joueurs et encadreurs susceptibles de bénéficier du don en logement SIC du chef de l’Etat», apprend-on de la mise au point. En clair, tous les membres de la délégation n’étaient pas bénéficiaires des logements, et ils n’étaient pas destinés uniquement aux joueurs, selon les auteurs de la mise au point.

« Comme pour nos primes de la coupe du monde 90, nous faisons confiance à Son excellence monsieur le président de la République, qui comme à son habitude est équitable dan ses décisions », espèrent-ils. Informant officiellement l’opinion qu’une telle initiative en 2014, avait déjà permis aux adjoints camerounais de l’entraîneur soviétique de recevoir enfin leurs primes de la coupe du monde 90. Primes qu’ils avaient boudées pendant la compétition, faute d’accord avec le ministre Joseph Fofé de l’époque, qui les reversa au Trésor public. S’en suivront d’interminables discussions. « En 2014, le Chef de l’Etat donnera l’ordre de nous payer. Ce qui est fait immédiatement et en totalité», reconnaissent-ils. « Nous percevons le même montant que les joueurs et non le double comme prétendu par certains», précisent-ils. Sans certitude catégorique. « Tout dépendra en effet de la manière dont le dossier lui sera présenté». Quoiqu’il en soit, « nous sommes fiers et le resterons à jamais pour service rendu à la nation lors de cette campagne historique de notre équipe nationale à la Coupe du monde 90 en Italie».

Enseignements secondaires : Nalova Lyonga interdit les cours de vacances

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Nalova Lyonga ne veut plus de cours de vacances

Nalova Lyonga est catégorique. Les établissements d’enseignement secondaires n’ont pas l’autorisation d’organiser les cours de vacances cette année. L’information est contenue dans un communiqué rendu public le 14 août dernier par la ministre des Enseignements secondaires qui «porte à la connaissance de la communauté éducative nationale que suite aux mesures édictées par le gouvernement de la République dans le cadre de la lutte contre la propagation de la pandémie de la Covid-19, l’organisation des cours de vacances est formellement interdite dans les établissements publics et privés sur toute l’étendue du territoire national». Par conséquent, menace la ministre, «toute institution scolaire dont les infrastructures seront utilisées pour l’organisation desdits cours, sera sanctionnée conformément à la réglementation en vigueur». D’ailleurs, la ministre des Enseignements secondaires rappelle que «les vacances scolaires sont une période au cours de laquelle les jeunes doivent se consacrer aux activités ludiques à caractère éducatif ainsi qu’a l’apprentissage des valeurs sociales et culturelles pour une meilleure intégration».

Déception

Si Nalova Lyonga croit bien faire en interdisant l’organisation des cours de vacances dans les établissements publics et privés du pays, certains enseignants et patrons d’écoles eux, semblent très déçus de cette décision. «On comprend certes la volonté du gouvernement de protéger les acteurs des milieux scolaires, mais il ne faut pas perdre de vue le fait que les établissements, les enseignants et les élèves ont besoin de ces cours qui peuvent s’avérer indispensables au regard des difficultés rencontrées durant l’année scolaire qui s’achève», fait remarquer le directeur d’un collège basé à Yaoundé. «Ces cours dit-il encore, sont en effet importants à plusieurs titres. Ils permettent non seulement de relever le niveau des apprenants et les préparer à bien aborder la prochaine rentrée scolaire, mais ils donnent aussi l’opportunité aux enseignants de se faire un peu d’argent pour subvenir à leurs besoins pendant cette période difficile ».

Cours à domicile

Winnie Mpella, 16 ans, avait misé sur les cours de vacances pour ne pas définitivement perdre l’envie de retourner à l’école. Depuis l’arrêt des cours observés entre les mois de mars et mai derniers en raison de la propagation du coronavirus, la jeune élève promue en classe de première a perdu certains réflexes. «Je n’arrive plus à me lever à 4 heures pour étudier, affirme l’adolescente, l’air dépitée. Je ne parviens plus à m’exprimer en anglais, comme je le faisais avec mes copines au Lycée. Je me disais que je pouvais profiter des cours de vacances pour me remettre au travail et récupérer mes bonnes habitudes, mais ce ne sera plus possible. Pour moi, ce ne sont pas seulement les cours qui m’intéressent, mais surtout l’environnement scolaire ; l’établissement, les salles de classes, les camarades, etc.». Comme elle, certains élèves et enseignants songent à des cours de vacances… à domicile.

Par Arthur Wandji

Bac 2020 : Les auteurs de la fuite des épreuves sanctionnés

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Nalova Lyonga sans pitié pour les fraudeurs

Pauline Nalova Lyonga tient les responsables de la fuite des épreuves du baccalauréat général 2020. En tout, ce sont sept personnes tous en service au service de Reprographie de l’Office du baccalauréat du Cameroun (OBC) dont trois Professeurs des lycées d’enseignement général (PLEG), selon les résultats des enquêtes diligentées par le ministre des Enseignements secondaires (Minesec). Les trois enseignants sont Ngoumti Célestin de Paul (chef de service), Bona Zachée et Nsegbe (cadres détachés). Les quatre autres sont tous des agents (décisionnaire pour Ngah Tsimi Léontine Héloïse, secrétaire Repro), de maîtrise de maîtrise pour les trois autres (Hayatou Issa Junior, agent de bureau, Abena Ngono Gabriel Noël qui est agent de maîtrise et Mimfoumou Mfomo Valerie qui est secrétaire). Ils sont reconnus coupables de « négligence, fuite et complicité de fuite des épreuves du baccalauréat session 2020», après les enquêtes administratives décidées le 28 juillet dernier par le Minesec.

Les enseignants du groupe écopent de trois mois de suspension. Sanction décidée directement par leur chef de département ministériel. Nalova Lyonga met les autres à la disposition du directeur de l’Ofc, en l’instruisant « de diligenter, à leur encontre, les mesures disciplinaires qu’imposent les circonstances ». En plus, les sept personnes épinglées risquent des poursuites judiciaires. Et un probable séjour derrière les barreaux.

Insécurité : Alerte à la bombe à Yaoundé

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La-gendarmerie-en-place-à-la-Fonction-publique

Panique à Yaoundé ce jour. Un engin soupçonné d’être un Engin explosif improvisé (EEI) a été découvert au ministère de la Fonction publique et de la réforme administrative (Minfopra), peu avant midi. « C’est un courrier qui a été reçu à la porte 207. Lorsque l’agent l’a détaché, il s’est vite rendu compte qu’il s’agissait d’un colis dangereux et a alerté ses supérieurs et les policiers qui assurent la sécurité. Ils ont confirmé les soupçons », rapporte un employé du bâtiment. Entre temps, « ils ont alerté les forces de défense et de sécurité, après avoir enlevé le colis qu’ils ont posé près Lac (municipal). C’et là que l gendarmerie a expertisé et constaté la dangerosité de l’objet et a fait évacuer le bâtiment», poursuit-il.

L’engin que les premières informations disaient avoir explosé, ne l’a pas été, rassurent les témoins. L’appareil aurait été désactivé avant d’être transporté par la gendarmerie nationale. Les lieux ont été investis par des éléments de la police, de la gendarmerie et de la Garde présidentielle qui fouillent de fond en comble les bureaux et tous les lieux susceptibles d’intéresser les terroristes. Les usagers, eux, se trouvent désemparés. « Revenez dès demain. Il n’y a pas travail aujourd’hui», répète régulièrement un agent posté à l’entrée, chargé d’orienter les visiteurs et autres nécessiteux des services de la Fonction publique.

Les faits surviennent trois jours après une explosion d’une bombe artisanale dans un bistrot du marché Mokolo. Un sac posé par un client présumé, contenait un engin qui a explosé après que le « faux » client ait vidé les lieux. « Heureusement que personne ne se trouvait sur la table qu’il occupait», rapporte un commerçant dudit marché. Depuis quelques mois, la police et la gendarmerie signalent dans les villes de Yaoundé, la présence de terroristes ayant des projets d’attentats dans ces deux villes.

Louis Paul Motaze : « Nous sommes favorables à l’annulation de la dette des pays africains »

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Au cours de cette réunion, l’un de vos collègues a clairement indiqué que le rééchelonnement de la dette ne saurait constituer une solution à la crise actuelle, il proposait à cet effet une annulation de la dette des pays africains. Quel est votre avis sur le sujet ?

Il ne faut jamais prendre les choses dans l’absolu. On ne peut pas dire qu’alléger la dette est une mauvaise chose. L’allègement de la dette est aussi une bonne initiative. Car toutes les échéances de remboursement de la dette qui était devant nous et qui allaient du 1er mai au 31 décembre sont reportées, ce qui nous crée un espace budgétaire pour régler d’autres problèmes. Ce qui est tout à fait appréciable, mais c’est insuffisant. C’est-à-dire que cette dette qui est reportée, on finira par la payer. Ce sujet et bien d’autres font partie des discussions qui ont lieu au cours des nombreuses réunions que nous avons avec les PTF. On en a par exemple parlé au cours du Comité ministériel auquel prenaient part les représentants du FMI, des membres du G20, le Trésor français, etc. Et je puis vous dire qu’ils nous ont fait savoir que ce sujet occupe une place importante dans les différentes discussions qu’ils ont entre eux. A savoir que, est-ce qu’on s’arrête à ce qu’on a déjà fait ou alors on va plus loin ? Nous espérons justement qu’ils comprendront qu’il faut aller beaucoup plus loin, en allégeant davantage ou alors annuler. Evidemment que si vous me posez la question de savoir si on doit annuler cette dette, je vous répondrai par l’affirmative. Mais il ne s’agit d’un décret que je peux prendre. C’est donc une discussion que nous devons avoir avec eux. Le plus important à mon avis c’est que quand nous discutions avec ces partenaires, nous devons toujours leur démontrer que nous ne demandons pas des choses pour que demain nous replongions dans les mêmes travers. Parce que c’est aussi pour cette raison que certains des solutions qui nous sont proposées sont pour nous insuffisantes. Et ce parce que certaines institutions se disent qu’en nous apportant certaines solutions, nous allons de nouveau replonger dans l’indiscipline. La meilleure manière d’effacer cette façon de voir les choses c’est en démontrant que nous sommes capables de faire plus et mieux. En évitant par exemple de nous retrouver dans un endettement inconsidéré et qui ne produit pas de richesses. Je crois que les pays africains ont bien besoin de faire cette preuve.

Que pensent les partenaires techniques et financiers de la façon dont la crise sanitaire est gérée par les pays de la Cemac et notamment par le Cameroun ?

Il se fait que ce matin (6 août, Ndlr) avant notre vision conférence, nous avions déjà une autre vision conférence avec le Premier ministre et l’ensemble des membres du gouvernement pour parler du Covid-19 au Cameroun, les choses se passent plutôt bien. C’est-à-dire que la stratégie que le chef de l’Etat a mis sur pied et qui est appliquée par le Premier ministre affiche de bons résultats. J’en veux pour preuve le taux de guérison, le taux de létalité, etc. De toute façon, les pays africains ont été félicités par les PTF parce qu’ils ont réalisé que les pays africains ont pris le taureau par les cornes. Pour la suite, nous leur demandons de continuer à nous soutenir pas toujours de manière ponctuelle, mais de façon beaucoup plus structurelle. Et ce à travers les Equipements de Protection Individuelle, etc. Il en est de même en ce qui concerne la fabrication des médicaments, et dans ce domaine, il est important de souligner que le Cameroun le fait déjà. C’est dire que l’Afrique s’est jusqu’ici bien comportée et nous demandons d’avoir plus d’aides pour sortir définitivement de l’ornière.

Réalisée par Junior Matock

Alamine Ousmane Mey : « Nous avons besoin de plus d’assistance de nos partenaires »

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Monsieur le ministre quels sont les grands axes du mémorandum validé par les gouverneurs africains du fonds monétaire international et de la Banque mondiale ?

Notre pays vient d’être honoré par l’organisation de cet événement, à savoir le Caucus africain qui dans sa 57ème édition sous forme virtuelle s’est tenue au Cameroun. Cette rencontre se tient dans un contexte particulier marqué par la crise sanitaire et qui a d’ailleurs présidé au choix du thème du Caucus 2020. Les gouverneurs se sont retrouvés pour formuler des doléances qui sont adressées au Fonds Monétaire International (FMI), au groupe de la Banque Mondiale, ce qui se fait sous forme de mémorandum à remettre à ces deux institutions en marge des assemblées annuelles au mois d’octobre. Nous avons donc travaillé sur cet important document et cinq grands axes ont été retenus pour traduire les attentes des Etats africains regroupés autour du Caucus africain. Le premier aspect porte sur le renforcement de l’aide extérieure, de la mobilisation des ressources. Cet appel a été adressé à l’endroit du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale pour relever le niveau des ressources dont on a besoin en cette période difficile. Ensuite, il est évident que pour faire face à cette pandémie, le renforcement du système de santé, l’accès aux services sociaux de base, le relèvement de la qualité de l’éducation sont importants. En d’autres termes, la place du capital humain constitue un axe majeur de nos politiques de développement. C’est un axe qui va faire l’objet de la présentation du mémorandum aux institutions de Bretton Woods. Le troisième concerne la gestion macro-prudentielle et budgétaire et la gouvernance en pareille circonstance de crise. Nous avons convenu qu’il faille bénéficier encore davantage de l’assistance technique, du soutien et de l’accompagnement de nos partenaires pour garantir une stabilité à l’intérieur et à l’extérieur. Le quatrième concerne le secteur privé qui, à travers les marchés, doit être entretenu, préserver, tout comme l’emploi qui doit être également créé pour nous permettre d’aller de l’avant en matière d’inclusion sociale.

Qu’en est-il du cinquième axe ?

Il est relatif à notre représentation au sein des institutions de Bretton Woods. Les pays africains sont représentés dans diverses sphères de ces institutions et nous saluons les développements récents qui ont donné lieu à la désignation d’un second Vice-président pour l’Afrique centrale et de l’Ouest. La nomination au niveau du FMI du directeur général adjoint, madame Antoinette Sayed. Autant de chose qui font que nous soyons dans une dynamique qui permettra à nos pays de poursuivre leurs ripostes face à la pandémie, mais de se structurer pour que dans le futur, à travers une transformation économique et l’avènement numérique à travers la promotion du genre, des jeunes, et la promotion du secteur privé, que nous puissions retrouver le sentier de la croissance. Il faut le dire, le continent africain va rencontrer d’énormes difficultés. C’est la première fois en 2020, après près de 25 ans de croissance positive que l’Afrique subsaharienne va connaître une récession. C’est donc dire l’ampleur des conséquences économiques et sociales de cette pandémie. Heureusement le continent s’en sort plutôt bien au regard des statistiques. Il faut donc continuer à observer les mesures barrières pour sortir définitivement de cette crise sanitaire.

Réalisée par Junior Matock

Caucus 2020 : Les attentes des gouverneurs africains

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Les rideaux sont tombés sur la 57ème édition du Caucus africain organisé à Yaoundé le 6 août dernier. Tenu sous le format virtuel présidé par Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Economie et président du Caucus africain, avait pour thème : « protéger le capital humain de l’Afrique face à la Covid-19 : sauver des vies, préserver le bien-être, sauvegarder la productivité et l’emploi ». Cette réunion a débouché sur l’élaboration d’un mémorandum contenant les attentes des gouverneurs africains du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale (BM). Regroupées en cinq grands axes, ces doléances portent principalement sur l’amélioration de l’aide extérieure, des services sociaux de base, la consolidation macro-budgétaire, le renforcement du secteur privé, l’amélioration de la représentation de l’Afrique au sein du FMI et de la Banque Mondiale.

Aide extérieure : les pays africains veulent plus de ressources

L’amélioration de l’aide extérieure est la première attente formulée par les gouverneurs africains du FMI et de la BM. Dans le détail, les gouverneurs africains « exhortent le FMI et le groupe de la BM à être plus audacieux dans le renforcement des capacités et des ressources financières des pays en vue de contenir la crise et faire face à ses répercussions économiques ». Ils souhaitent à cet effet que la mise en place d’instruments d’intervention à long terme en directions des pays africains. Bien plus, les pays africains attendent des institutions de Bretton Woods de « fournir les ressources nécessaires à tous les pays africains qui en ont besoin, notamment les petits Etats, les Etats en situation de fragilité et de conflit et ceux dont la dette est improductive ou qui sont confrontés à des chocs multiples ». A cet effet, pour éviter que les dettes de ces pays ne constituent un poids insupportable il est demandé au FMI de « rechercher des solutions novatrices permettant de fournir une aide d’urgence aux pays dont l’endettement est insoutenable et d’étendre l’allégement de la dette à un plus grand nombre de pays, tout en mobilisant des ressources supplémentaires pour son fonds fiduciaire ARC ». Dans la même veine, les pays africains demandent au FMI d’harmoniser la liste de ses exigences à l’endroit des pays du continent.

Améliorer les services sociaux de Base

Dans la perspective de l’amélioration des prestations des services sociaux de base, notamment la santé, l’éducation, l’accès à l’eau et à la protection sociale, les gouverneurs demandent au FMI et surtout à la Société Financière Internationale, institution de la BM en charge du secteur privé, « de continuer à soutenir le secteur privé, en vue d’améliorer la production nationale d’équipements médicaux, tout en contribuant à la lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle ». Aussi, en ce qui concerne les réfugiés, les gouverneurs souhaitent que la BM « d’assurer la fourniture de ressources aux réfugiés relevant du guichet IDA pour l’aide aux réfugiés et aux communautés d’accueil ». La BM est également encouragée à « renforcer les capacités institutionnelles pour la mise en œuvre des projets liés au Covid-19, tout en améliorant la gestion des données, le suivi, la coordination et le partage des leçons apprises ». L’imbroglio observé sur le terrain dans le déploiement des institutions spécialisées des Nations Unies, en particulier l’Organisation Mondiale de la Santé semble ne plaire du tout aux Etats africains. A cet effet, les gouverneurs demandent à la BM de « renforcer la coordination de ces différentes institutions, ainsi qu’avec d’autres banques multilatérales de développement et bailleurs de fons bilatéraux, afin de fournir le soutien nécessaire aux pays africains ».

Gestion de la dette : Plus de souplesse attendue de la Part du FMI

En matière de gestion de la dette des pays africains, les gouverneurs attendent du FMI qu’il soit moins rigide dans ses conditions. A ce propos, il est demandé au FMI « de continuer à proposer des procédures simplifiées pour accéder à leurs instruments de prêt, et une assistance en matière d’élaboration de politiques institutionnelles, de gestion de la dette publique et de développement des capacités, en vue de renforcer les cadres macro-budgétaires et la gouvernance, et d’améliorer la mobilisation des ressources intérieures ». Dans la même perspective, les pays africains exhortent le FMI et le groupe de la Banque Mondiale « d’aider les pays à tirer parti de la technologie pour fournir des services. Que ce soit par la mobilisation des recettes, la rationalisation des dépenses ou une plus grande efficacité des dépenses, la numérisation est devenue indispensable. Le FMI et le groupe de la Banque mondiale devraient étendre leurs conseils stratégiques aux initiatives Fintech, notamment en opérationnalisant le Programme Fintech de Bali, et contribuer à développer l’utilisation de la technologie numérique ».

Soutenir la mise en œuvre de la zone de libre échange

Pour booster le secteur privé et créer plus d’emplois dans le continent, les gouverneurs africains demandent au groupe de la BM de tirer parti de l’accord établissant la zone de libre-échange continentale africaine et de soutenir sa mise en œuvre, tout en favorisant la synergie avec la Banque Africaine de Développement. Dans le même sens, les financements en direction des PME africaines sont appelés à augmenter tout comme le soutien de la SFI à l’amélioration du climat des affaires et à la réduction des risques liés à l’investissement. En outre, le groupe de la Banque mondiale devra contribuer au renforcement des capacités institutionnelles et fournir une assistance technique pour structurer et gérer les transactions dans le cadre du partenariat public-privé en Afrique, tout en garantissant la viabilité des finances publiques et de la dette.

FMI et Banque mondiale : les Etats africains exigent plus de places

Dans la déclaration de Yaoundé, les gouverneurs africains du FMI et de la BM souhaitent plus de places au sein des institutions de Bretton Woods. Concrètement, les pays africains demandent au FMI de « donner suite à la demande de longue date concernant un troisième siège pour l’Afrique subsaharienne ». Plus précisément, les pays du continent exigent « une augmentation de la part du personnel provenant des régions sous-représentées grâce à une approche plus proactive et un engagement plus fort à tous les niveaux. Il est essentiel de poursuivre des efforts plus ciblés visant à atteindre les niveaux de référence pour ces régions ».

Par Junior Matock

Dr Aristide Mono : « Pour qui connait le grand Nord, les revendications portées sont légitimes »

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Pour qui connait le grand Nord, les revendications portées sont légitimes voire pertinentes. Si on prend seulement le cas de l’Extrême-Nord qui est la région camerounaise où on trouve plus de mal nourris, plus de sous et non alphabétisés ; la région où la criminalité jouit d’une sanctuarisation historique dans le pays et où depuis l’implosion de la crise de Boko Haram aucun plan de reconstruction n’a été arrêté par les pouvoirs publics. Il est clair qu’on ne peut que créditer les griefs formulés d’une bonne dose de légitimité. J’ai eu la chance de parcourir cette région pendant des mois dans le cadre d’une recherche, la misère décriée est une réalité. Alors, je pense que le plaidoyer que tente de mener ce mouvement ne souffre d’aucun problème de pertinence. Seulement il faut redouter des éventuels écarts entre les ambitions affichées et les calculs finaux des promoteurs, parce que de telles initiatives ont souvent donné lieu à des instrumentalisations à des fins personnelles ou clanistes. Je parle des logiques calculatoires des tenanciers du projet qui peuvent corrompre la légitimité affichée de son objet.

Partagez-vous l’avis de ces acteurs politiques qui assimilent ce mouvement à un groupe visant à favoriser le repli identitaire et renforcer le tribalisme au Cameroun?

La création de ce mouvement porte déjà les gènes du fractionnisme macrosociologique de la nation. C’est un projet qui promeut – probablement de bonne foi – le repli identitaire des ressortissants du complexe nordique par l’entremise de la structuration d’une conscience collective nordique de marginalisés de la nation. Sinon, pourquoi créer un mouvement de défense communautaire si l’on ne se sent pas lésé ? Pourquoi les problèmes répertoriés et posés qui sont loin d’être une exclusivité du grand Nord, ne sont pas fustigés dans le cadre d’une plateforme de défense de tous les marginalisés de la nation ? Ce qui est plutôt en vue c’est la tentative d’extraction de la communauté nordique du nous national dans ce projet de quête et de sécurisation des intérêts des marginalisés nationaux. Une posture communautairement clivante qui, suivant ce que nous avons appelé dans nos récents travaux, «le paradoxe de la stigmatisation», peut avoir pour effet pervers, le renforcement de la conscience ethnique des autres communautés qui pourraient être tentées, pour des besoins de survie dans ce régime de défense communautaire, d’emboiter le pas aux logiques communautaristes du mouvement «10 millions de Nordistes». Il y a dans ce projet, le risque d’un effet de contagion pouvant aggraver les tensions intercommunautaires au Cameroun. Toujours dans la même veine, il faut noter qu’une certaine grammaire mobilisée dans les propos du leadership de ce mouvement peut prêter le flanc à l’ethno-fascisme, par exemple lorsqu’on invoque l’idée de la «grandeur du Grand Nord». Le prétexte implicite dans ce cas étant la présumée domination inacceptable du Grand Nord par une autre communauté ou groupe de communautés. Il y a là l’idée de restauration d’un équilibre national bradé par d’autres communautés qui seraient les plus privilégiées. Bref, quel que soit le niveau d’objectivation de cette initiative, il est clair qu’il s’agit d’un repli identitaire flagrant. Maintenant la question reste celle de sa légitimité (repli positif). Parce que, dans une société affectée considérablement par l’inflation du nombrilisme communautaire, est-ce qu’il n’est pas nécessaire pour le groupe nordique du point de vu de monsieur Guibaï de se doter, par réalisme, d’un instrument de défense communautaire pour mieux faire peser la région dans les prochains partages sociologiques des rentes de l’Etat ? C’est là, ma foi, le vrai débat. Et sur ce point, je pense que la forme peut être discutable, mais le fond du projet semble malheureusement pertinent, parce qu’aujourd’hui l’unité nationale a été devancée par l’arithmétique nationale des communautés villageoises ou primaires. Le partage des ressources du pays se pense plus en termes d’aires sociologiques.

Certains ressortissants du Grand nord ne s’identifient pas nécessairement à ce mouvement. Qu’est-ce qui peut justifier cela?

Je pense qu’il y a trois arguments qui peuvent diversement justifier cette réticence de certains. Il y a d’abord des logiques d’ordre politique dans la mesure où il serait question pour certains sympathisants de la gouvernance actuelle de ne pas céder à cette illusion de marginalisation d’une partie du pays par les pouvoirs publics. Dans cette tendance on note plus les soutiens du pouvoir de Yaoundé qui ne veulent pas, à travers leur adhésion à cette démarche, approuver l’idée de faillite de l’équilibre régional promue par ce mouvement dit nordique. Adhérer à une telle initiative pour cette tendance serait également un cautionnement de l’idée d’un sous-développement alarmiste effectif du Grand Nord. Donc une posture politicienne. Ensuite, il y a une logique qui relèverait de l’éthique républicaine dans la mesure où certains se montreraient allergiques à des initiatives aux relents centrifuges pouvant ramer à contre-courant de l’unité recherchée du Cameroun. En fin, il y a la peur d’un travestissement à terme du projet en instrument privé d’accès au marché des rétributions politiques comme cela fut le cas avec le mémorandum de 2004.

Pourquoi le mouvement «10 millions de nordistes» ferait-il peur ?

Deux facteurs peuvent expliquer la peur entretenue depuis la mise sur pied de ce projet. Il y a d’une part, la dérive communautaire nombriliste qui le guette. Dans le contexte africain hautement marqué par les tensions et conflits interethniques, il est normal de redouter qu’un tel projet ne soit un laboratoire d’exacerbation d’une conscience communautaire voire communautariste Grand-nordique. D’autre part, il y a la peur d’une éventuelle mutation, à terme, de ce mouvement en groupe de pression politique voire en parti politique. Le cas du mouvement 11 millions d’inscrits étant une jurisprudence dans ce sens. Et dans une telle mutation, on pourrait ne pas être loin d’une cristallisation politique nordique nourrie au lait des contentieux politiques historiques qui opposent de façon latente le groupe dit du Grand-Nord à celui dit du Grand-Sud depuis la passation de pouvoir chaotique entre le président Biya et le président Ahidjo. Ce qui pourrait naturellement mettre en difficulté les équilibres politiques communautaires actuels avec des incidences sur la cohésion nationale. Ici, le mouvement «10 millions de Nordistes» pourrait s’affirmer comme l’antichambre des revendications politiques communautaires à venir du Grand Nord, ce d’autant plus que tout est possible en politique. Et c’est dans ce sens que je pense que le caractère apolitique du mouvement clamé par les promoteurs de ce projet n’est pas pertinent. En effet, dès qu’on rentre dans des activités d’influence de la marche de la cité, on est dans la politique qui peut maintenant être soit partisane soit non partisane (parapolitique). Du coup, toutes les craintes observées par rapport à ce mouvement me semblent légitimes.

Menée par Arthur Wandji

«10 millions de Nordistes» : Un mouvement apolitique selon son promoteur

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Meeting du candidat Biya à Maroua en 2018

Initiant le mouvement «10 millions de Nordistes» le 27 juin dernier, Guibaï Gatama savait certainement qu’il n’allait pas échappé à des critiques de tout genre. Surtout dans un contexte marqué par les replis communautaristes et la haine tribale entretenue notamment sur les réseaux sociaux. Mais quand il doit présenter la raison d’être de «son» initiative, le directeur de publique du journal L’Œil du Sahel est catégorique : il ne s’agit ni d’un projet politique, ni d’un outil visant à créer des divisions entre les Camerounais. Mais seulement d’une initiative qui vise à promouvoir et défendre les intérêts des ressortissants du Grand Nord dans un esprit républicain.

L’Œil du Sahel était bien conscient du tollé qui s’en suivrait. Mais quand on l’interroge sur cet entêtement à tribaliser un combat pour l’émancipation sociale il est loin d’en démordre. «Le constat de la double bipolarisation dans le pays tendait à donner l’impression que les Nordistes étaient en train de se soustraire des débats qui engagent le devenir du Cameroun», confiait le journaliste au quotidien Le Jour. Or quand il parle de double bipolarisation, ce patron de presse fait sans doute allusion au fameux face-face entre ressortissants de la région de l’Ouest, et ceux du Centre- Sud qui s’étripent au quotidien sur les réseaux sociaux depuis la dernière élection présidentielle (octobre 2018). A entendre le promoteur de «10 millions de Nordistes», il serait temps que sa communauté fasse elle aussi entendre sa voix dans ce concert de diatribes. «Il y a davantage la situation du Grand Nord. Tous ces problèmes critiques qui touchent au développement de cette partie du pays, notamment l’absence des projets structurants, la question de l’eau, l’éducation…», dit-il. Et d’ajouter : «Nous devons parler, nous devons s’il le faut crier. Crier aussi fort et longtemps pour être entendus dans le cadre de la République parce que nous sommes des patriotes et des républicains».

S’il est question à travers ce mouvement de la défense des intérêts des ressortissants du Septentrion, l’autre enjeu semble se situer dans la réparation du «gâteau national». «Regardez les projets structurants. Il n’y en a qu’un seul dans le Grand Nord : c’est le barrage de Bini à Warak. Aujourd’hui quand on veut nommer des ministres ou des directeurs généraux de sociétés on pense d’abord aux anglophones, aux gens du Centre-Sud, de l’Ouest et le Grand Nord vient juste boucher les trous», a-t-il martelé à Le Jour. Dans sa démarche, l’initiative appelle par exemple le Conseil Supérieur de la Magistrature qui se tient ce lundi 10 août à se «se pencher sur la question de la représentativité du Grand Nord au sein de l’appareil judiciaire». Dénonçant «une sous-représentation des filles et fils du Septentrion qui doivent pourtant avoir le sentiment que la justice est rendue en leur nom par des magistrats qui agissent au nom de l’Etat censé incarner les composantes de la nation». Affaire à suivre.

Par Arthur Wandji

Manœuvres : « 10 millions de Nordistes » : espoirs, craintes et suspicions

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« Promouvoir et défendre les intérêts des ressortissants du Grand Nord dans un esprit républicain». Tel est le leitmotiv du mouvement «10 millions de Nordistes» créé le 27 juin 2020 par Guibaï Gatama. L’initiative, telle que présentée, se veut être une lueur d’espoir pour les Camerounais originaires des régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord. Dans un pays où ces derniers se disent «lésés». «Si nous sommes 10 millions, c’est que nous sommes une force. Nous devons l’affirmer. Nous devons avoir un mot dans les affaires de notre pays. Nous avons un rôle à jouer dans notre pays», affirme le promoteur de l’initiative qui mobilise déjà près de 8 mille personnes sur le réseau social Facebook.

Poids politique

De l’avis de certaines analyses sociopolitiques, le mouvement «10 millions de Nordistes» peut en effet trouver un écho favorable et bénéficier par conséquent d’un poids politique important, dans une société plurale traversée par la résurgence permanente des replis identitaires. Une influence qui, selon le docteur en sciences politiques Aristide Mono, est soutenue dans ce cas spécifique par l’extension géographique et démographique du projet qui entend regrouper les ressortissants de trois des dix régions du Cameroun dont l’une d’entre elles s’affirme comme la plus dense du pays. «Autrement dit, la zone de couverture visée par l’initiative s’étend sur l’un des trois plus grands complexes sociologiques camerounais à savoir le complexe nordique quoi qu’ethniquement très hétérogène. Il est donc clair qu’en cas d’adhésion massive à ce mouvement, ce dernier peut peser considérablement dans les futures configurations politiques au Cameroun», décrypte l’analyste politique. Le Grand Nord c’est en effet un concentré de trois régions qui représentent à elles seules une puissance économique, politique et démographique, objet de toutes les convoitises en période d’élection présidentielle.

Le septentrion, une puissance convoitée

Le Septentrion représente le plus important réservoir de voix du pays (environ 2,3 millions d’électeurs sur près de 6,6 millions d’inscrits). Pas étonnant qu’en marge de la présidentielle de 2018, le candidat au pouvoir, Paul Biya, a dû tenir son unique meeting de campagne à Maroua, chef-lieu de la région de l’Extrême-Nord. Résultat : ce dernier a rempilé à l’issue du scrutin avec notamment des scores sans appel dans l’Adamaoua (79,8 %), le Nord (81,62 %) et l’Extrême-Nord (89,01 %). Or, il faut associer au poids lié aux projections territoriales de l’initiative «10 millions de Nordistes», le profil de son promoteur central qui jouit aujourd’hui d’une certaine notoriété dans la défense des intérêts des ressortissants du Septentrion, avec à sa disposition un instrument de communication nationalement établi, L’œil du sahel, qui ces dernières années, s’est positionné comme l’écho du grand Nord. «On sait d’ailleurs que ce promoteur totalise un background de porteur de cause politique de cette région via un lobbying permanent dont l’une des illustrations la plus flagrante est le Mémorandum du Grand Nord de 2004 qui s’était soldé par la cooptation des fils du Septentrion, signataires dudit document dans le gouvernement», décrypte encore Dr Aristide Mono.

Un mouvement qui divise

Pour le docteur en sciences politiques, le seul handicape à la consolidation du poids potentiel de ce mouvement pourrait résider en la difficile pénétration de la sensibilisation sur le projet dans toutes les communautés nordiques afin que l’initiative puisse recueillir l’adhésion et la mobilisation intra nordique escomptées. Entre temps, l’initiative du journaliste Guibaï Gatama provoque depuis son lancement, un énorme tollé sur les réseaux sociaux. Certains observateurs parmi lesquels des Nordistes, ayant vite fait d’assimiler le mouvement à une «dérive ethno politique». «Ce mouvement, déclare un journaliste originaire de Ngaoundéré, fait la promotion de la division du Cameroun sur la base identitaire nordiste». Quand d’autres le voient comme un «chantage à la République». «Le mouvement 10 millions de Nordistes est un mouvement politique pour le positionnement de Guibaï et ses amis en quête du pouvoir, s’est emporté Hamadou Haminou de l’Alliance Nationale pour le Progrès du Cameroun (Anpc). Ces gens sont méchants et veulent nous diviser». Faux, rétorque un membre de l’initiative créée sur Facebook : «notre mouvement n’est pas le fruit du spontané, de l’opportunisme ou encore de la manœuvre politicienne.  »10 millions de Nordistes » est le résultat d’un engagement acharné pour le développement socio-économique du Grand Nord, et le plein épanouissement de nos frères et sœurs, sans discrimination aucune».

Par Arthur Wandji

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