mardi, mai 19, 2026
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Programme spatial Camerounais : CAMSPACE entre défis technologiques, ambitions stratégiques et blocages administratifs

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Depuis plusieurs mois, une même interrogation revient dans les cercles économiques, technologiques et politiques : où en est réellement le programme spatial du Cameroun ? Baptisé CAMSPACE, ce projet, présenté comme structurant pour la souveraineté numérique et territoriale du pays, semble avoir disparu des radars officiels. Projet gelé ? Mirage technologique ? Ou chantier stratégique ralenti par les pesanteurs administratives ? Pour répondre à ces questions, nous avons conduit une enquête approfondie, en croisant des documents techniques et administratifs et discours officiels avec des éléments issus des travaux du cabinet d’étude international mandaté par l’État camerounais.

 Ce que révèle cette investigation est plus nuancé que les rumeurs : CAMSPACE n’est ni mort, ni achevé. Il avance, mais à bas bruit, prisonnier d’un enchevêtrement institutionnel qui en brouille la lecture publique. Un projet que l’on croit récent, mais qui plonge ses racines dans l’histoire Contrairement à une idée largement répandue, CAMSPACE n’est pas une lubie technocratique apparue subitement en 2023.

Le Cameroun entretient une relation ancienne avec le spatial. Dès les années 1960, le pays adhère à INTELSAT et installe ses premières stations terriennes. Dans les années 2000, CAMTEL gère une partie du segment spatial national, mais dans une logique de simple exploitation, sans réelle maîtrise souveraine ni stratégie intégrée. Le véritable tournant politique intervient à partir de 2015.

Sur instruction du Premier ministre, le MINPOSTEL est chargé d’explorer des solutions satellitaires pour répondre à des problématiques concrètes : déforestation, braconnage, inondations récurrentes, fracture numérique. Entre 2015 et 2020, le dossier s’épaissit : études de préfaisabilité, résolutions du CIABAF, validations gouvernementales successives. Peu à peu, un consensus se dessine : le Cameroun ne peut plus dépendre exclusivement de capacités spatiales étrangères pour gérer son territoire et son économie numérique.

C’EST AINSI QUE NAÎT, FORMELLEMENT, LE PROGRAMME SPATIAL NATIONAL CAMSPACE

 Le 14 février 2023 marque une étape décisive avec le lancement d’un Appel à Manifestation d’Intérêt international. Trois groupements sont présélectionnés. Le 13 octobre 2023, le marché est attribué au groupement EUROCONSULT – INTEGC – DIGIGLOBE pour un montant de 2,012 milliards FCFA TTC. Le 4 décembre 2023, l’ordre de service est notifié. À cet instant précis, CAMSPACE quitte le registre des intentions politiques pour entrer dans celui de l’ingénierie concrète.

CAMSPACE, BIEN PLUS QU’UN SATELLITE

L’un des malentendus majeurs autour du programme tient à sa perception. CAMSPACE n’est pas l’achat ponctuel d’un satellite, encore moins un gadget technologique. Il s’agit d’un programme structuré, architectural, reposant sur deux piliers indissociables. Le premier est spatial : satellites d’observation et de télécommunications, positionnés sur différentes orbites selon les usages. Le second – et le plus stratégique – est terrestre. C’est là que se joue la véritable souveraineté.

Les documents analysés détaillent une architecture nationale ambitieuse : création d’une Agence spatiale camerounaise, mise en place d’un Centre des techniques spatiales dédié à la télédétection et à la surveillance environnementale, développement d’un Centre d’intégration pouvant accueillir à terme l’assemblage ou les tests de nanosatellites, sans oublier un Centre d’exploitation des télécommunications spatiales et un Centre de développement des applications. Autrement dit, CAMSPACE vise à doter le Cameroun d’un écosystème complet, capable non seulement d’utiliser l’espace, mais d’en maîtriser les usages, les données et la valeur économique.

UN ENJEU ÉCONOMIQUE ET STRATÉGIQUE SOUS-ESTIMÉ

Pourquoi un tel investissement ? L’enquête menée au MINPOSTEL montre que les bénéfices attendus dépassent largement la symbolique de « mettre un satellite en orbite ». L’agriculture figure en première ligne : suivi des cultures, gestion intelligente de l’irrigation, anticipation des pertes liées aux aléas climatiques. Viennent ensuite la sécurité alimentaire, la surveillance environnementale, la gestion des catastrophes naturelles, la sécurité et la défense, notamment le contrôle des frontières et de la Zone économique exclusive.

Le volet télécommunications est tout aussi stratégique. Chaque année, le Cameroun dépense des sommes considérables pour louer des capacités satellitaires à l’étranger. CAMSPACE ambitionne de réduire cette dépendance et de rapatrier une partie de la valeur ajoutée sur le territoire national, tout en stimulant un écosystème d’innovation autour des données géospatiales, de l’intelligence artificielle et de la climat-tech. L’espace, loin d’être abstrait, irrigue déjà le quotidien : météo, GPS, connectivité rurale, agriculture intelligente. CAMSPACE entend structurer et nationaliser ces usages.

DES CHIFFRES QUI PARLENT D’EUX-MÊMES

L’étude conduite par le cabinet international, sur la base d’entretiens avec 35 administrations et structures publiques et privées, dresse une cartographie des besoins impressionnante. En télécommunications satellitaires, les besoins identifiés concernent 15 000 villages à connecter, 23 000 écoles primaires dont 14 000 en zones rurales, 4 400 collèges et lycées, 6 000 structures de santé, sans compter des centaines de sites étatiques nécessitant des liaisons sécurisées. En observation de la Terre, les enjeux sont tout aussi massifs : 4 600 kilomètres de frontières à surveiller, 16 500 km² de ZEE à contrôler, 475 000 km² de territoire à cartographier, 30 000 km² de terres agricoles à suivre, plus de 100 000 kilomètres de routes.

 Ces chiffres révèlent une évidence brute : sans capacités spatiales, le Cameroun gère son territoire à l’aveugle.

UN PROJET PLUS AVANCÉ QU’IL N’Y PARAÎT

Contrairement à l’impression de blocage, l’enquête montre que CAMSPACE a déjà franchi plusieurs jalons clés. Le cadrage global du projet est finalisé. Les études institutionnelles, techniques, économiques et comparatives sont achevées. L’Évaluation environnementale stratégique et sociale, exigée pour un projet de cette envergure, est finalisée et en cours de validation auprès du ministère compétent.

 L’Avant-Projet Sommaire, qui analyse les différents scénarios techniques, est engagé à environ 20 %. Ces livrables existent. Ils sont documentés. Ils invalident l’hypothèse d’un projet fantôme.

LE VRAI NŒUD DU PROBLÈME : L’ARGENT ET LA RÉFORME DU FST

Pourquoi alors cette impression d’arrêt ? Les documents consultés sont formels : les difficultés ne sont ni techniques, ni conceptuelles. Elles sont administratives et financières. La restructuration du Fonds spécial des télécommunications (FST), transféré hors du périmètre du MINPOSTEL, a suspendu les mécanismes d’engagement et de paiement. Résultat : des retards significatifs dans le règlement des décomptes, ralentissant mécaniquement l’exécution de l’étude. Cette situation a alimenté les soupçons d’abandon, alors même que les équipes techniques sont restées mobilisées et que les travaux demeurent scientifiquement valides.

LE SILENCE, ENNEMI DU PROJET

À ce blocage financier s’ajoute un autre facteur, plus politique : la faiblesse de la communication institutionnelle. Alors que des étapes importantes sont franchies, l’information publique s’est tarie. Le vide a laissé place aux spéculations : projet englouti, ambition démesurée, chimère technologique. Notre enquête montre pourtant une réalité plus complexe : CAMSPACE est un projet stratégique, techniquement solide, administrativement ralenti, et politiquement sous-communiqué.

 La question n’est donc pas de savoir si le Cameroun peut se doter d’un programme spatial. Il l’a déjà engagé. La vraie interrogation est désormais celle-ci : l’État camerounais saura-t-il lever les blocages institutionnels et assumer publiquement ce choix stratégique ? L’espace, qu’on le veuille ou non, est devenu un enjeu de souveraineté. Et le Cameroun y a déjà mis un pied. Reste à savoir s’il décidera d’y entrer pleinement.

CEMAC: croissance en recul à 2,4 % et inflation ramenée à 2,2 % à l’horizon 2026 selon la BEAC

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Réuni à Yaoundé, le Comité de Politique Monétaire (CPM) de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) anticipe un ralentissement de la croissance économique et une poursuite de la désinflation à l’approche de l’année 2026. Ces projections ont été rendues publiques le lundi 15 décembre, à l’issue de la quatrième session ordinaire du CPM.

Présidant les travaux, le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, a indiqué que la croissance économique dans la sous-région CEMAC devrait s’établir à 2,4 %, contre 2,7 % enregistrés à la clôture de l’exercice 2024. Un tassement qui s’explique, selon l’institution d’émission, par un contexte international toujours incertain et par des contraintes structurelles persistantes dans les économies de la zone.

Sur le front des prix, les perspectives sont en revanche plus favorables. L’inflation devrait reculer à 2,2 % en 2026, contre 4,1 % en 2024. Une évolution qui traduit, selon le CPM, les effets combinés du resserrement monétaire antérieur et de la détente progressive des tensions sur les marchés internationaux.

Concernant les équilibres budgétaires, le gouverneur a annoncé une légère amélioration du solde budgétaire hors dons, attendu à 1,4 % du produit intérieur brut (PIB), contre un déficit de 1,6 % du PIB en 2024. En revanche, le solde du compte courant, dons inclus, se détériorerait pour s’établir à –2,9 % du PIB, après un niveau positif de 0,3 % en 2024.La liquidité bancaire devrait, pour sa part, progresser de 5,1 % pour atteindre 21 977,7 milliards de FCFA à fin décembre 2025. Les réserves de change, en revanche, sont projetées en baisse de 2,6 %, à 6 377,3 milliards de FCFA au 31 décembre 2025. Ce niveau permettrait de couvrir 4,2 mois d’importations de biens et services, contre 4,9 mois en 2024, traduisant une fragilisation de la position extérieure de la sous-région. Le taux de couverture extérieure de la monnaie passerait ainsi de 74,9 % à 67,0 %.

Au plan international, le CPM s’est appuyé sur les perspectives de l’économie mondiale telles que présentées dans le rapport World Economic Outlook du Fonds monétaire international (FMI), publié en octobre 2025. Selon le FMI, la croissance mondiale devrait atteindre 3,1 % en 2026, après 3,3 % en 2024 et 3,1 % en 2025. L’inflation mondiale, quant à elle, est attendue à 3,7 % en 2026, contre 4,2 % en 2025 et 5,8 % en 2024.Ajustement des taux directeurs.

Tenant compte de ces évolutions globales et régionales, le Comité de Politique Monétaire a procédé à un ajustement de certains taux directeurs. Le taux d’intérêt des appels d’offres a été relevé de 4,50 % à 4,75 %, tandis que le taux de la facilité de prêt marginal est passé de 6,00 % à 6,25 %. Le taux de la facilité de dépôt, en revanche, a été maintenu à 0 %. Les coefficients de réserves obligatoires demeurent inchangés, à 7,00 % pour les dépôts à vue et 4,50 % pour les dépôts à terme. Appel à l’accélération de la substitution aux importations.

Au-delà des chiffres, le gouverneur de la BEAC a lancé un appel pressant aux États membres de la CEMAC pour qu’ils traduisent concrètement la politique de substitution aux importations. Selon Yvan Sana Bangui, la dépendance excessive vis-à-vis des importations continue de peser lourdement sur les réserves de change. Il a regretté que certains pays consacrent jusqu’à 1 000 milliards de FCFA par an à l’importation de biens, appelant à des mesures fortes pour stimuler la production locale et soutenir la croissance.

 Interrogé sur la question sensible de la rapatriation des réserves de change, notamment dans les industries extractives, le gouverneur a reconnu les difficultés persistantes. Il a révélé que des discussions récentes, notamment à Washington, avec les entreprises concernées, n’ont pas encore permis d’aboutir à des avancées significatives. Selon lui, les négociations achoppent sur des intérêts divergents, certaines entreprises conditionnant leur coopération à une remise en cause de l’immunité de la Banque centrale.

 La BEAC n’exclut pas, a-t-il précisé, le recours à un cabinet international de droit pour soutenir ses démarches. Dans un contexte marqué par le ralentissement économique et la pression sur les réserves extérieures, la BEAC mise ainsi sur une combinaison de vigilance monétaire, de réformes structurelles et d’un engagement accru des États pour préserver la stabilité macroéconomique de la sous-région.

Plus de 39,2 milliards de FCFA pour étendre la vidéosurveillance et renforcer la sécurité urbaine

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Le Cameroun renforce sa stratégie de sécurité urbaine en s’appuyant sur l’extension de son système intelligent de vidéosurveillance, financé par des concours bancaires chinois. Un décret présidentiel signé le 17 décembre 2025 autorise le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire à contracter un nouvel emprunt pour ce programme. L’accord de prêt va être conclu avec la China CITIC Bank Corporation Ltd, branche de Shenzhen, afin d’assurer le financement complémentaire du dispositif à l’échelle nationale.

L’accord prend la forme d’un crédit-acheteur d’un montant de 59,8 millions d’euros, soit environ 39,24 milliards de francs CFA. Ce type de financement, courant dans les projets d’infrastructures impliquant des fournisseurs étrangers, lie généralement le prêt à l’acquisition d’équipements ou de services auprès d’entreprises du pays prêteur. Dans le cas camerounais, il vise à renforcer le déploiement d’un système de vidéosurveillance dit « intelligent », c’est-à-dire intégrant des technologies numériques avancées permettant la collecte, la transmission et l’analyse d’images en temps réel.

Selon le gouvernement, le système intelligent de vidéosurveillance urbaine répond à un objectif opérationnel précis : améliorer la prévention et la lutte contre l’insécurité, tout en renforçant les capacités de surveillance du territoire par les forces de maintien de l’ordre. Concrètement, il s’agit de doter les principales agglomérations du pays d’équipements technologiques interconnectés, capables d’appuyer les interventions policières, de faciliter la coordination entre unités et de produire des données exploitables dans le cadre des enquêtes.

Le projet ne part pas de zéro. Une première phase, financée à hauteur de 46 milliards de francs CFA par la Bank of China, a déjà été mise en œuvre. D’après des données officielles, cette étape initiale a permis l’installation de 1 500 caméras de vidéosurveillance dans certaines villes camerounaises, ainsi que l’acquisition de 2 000 postes émetteurs-récepteurs portatifs destinés à la police nationale. Ces équipements de communication, utilisés sur le terrain, visent à améliorer la transmission d’informations entre agents et centres de commandement, un aspect central dans la gestion des opérations de sécurité.

La couverture territoriale de cette première phase a été conçue selon une logique à la fois administrative et stratégique. Les chefs-lieux des dix régions du pays ont été ciblés, de même que des villes considérées comme sensibles ou à fort enjeu sécuritaire et économique. C’est le cas de Kribi, pôle portuaire majeur et vitrine maritime du Cameroun, de Kyé-Ossi et Garoua-Boulaï, situées aux frontières respectives avec la Guinée équatoriale et la République centrafricaine, ainsi que de plusieurs localités de l’Extrême-Nord — Waza, Fotokol, Kousseri et Amchidé — confrontées depuis 2013 aux attaques du groupe islamiste nigérian Boko Haram. Dans ces zones, la vidéosurveillance est présentée comme un outil d’appui à la surveillance continue et à l’anticipation des risques.

L’extension actuelle du programme intervient toutefois dans un contexte financier marqué par un ajustement des partenariats. La Caisse autonome d’amortissement (CAA), organisme public chargé de la gestion de la dette du Cameroun, indique dans sa note de conjoncture sur la dette publique à fin septembre 2024 que le financement de 33 milliards de francs CFA initialement prévu pour la phase 2 du projet a été annulé à la suite du retrait du partenaire financier. La CAA ne cite pas explicitement l’établissement concerné, mais il est établi que le 29 décembre 2021, un décret présidentiel avait habilité le ministre de l’Économie à contracter un prêt de ce montant auprès de la China Construction Bank Corporation (CCBC) pour la réalisation de cette extension. Les raisons de ce désengagement n’ont pas été rendues publiques.

Pour les autorités camerounaises, la vidéosurveillance intelligente s’inscrit dans une politique publique plus large de modernisation des forces de sécurité, dans un contexte urbain marqué par la croissance démographique, la pression sur les infrastructures et la diversification des formes de criminalité. L’enjeu dépasse la simple installation de caméras : il s’agit de bâtir un système intégré, capable de soutenir l’action policière sur l’ensemble du territoire, tout en s’appuyant sur des partenariats financiers et technologiques internationaux.

Cameroun : Ce gouvernement fonce vers l’aggravation de la crise sociale en 2026

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Par Louis-Marie KAKDEU

En plus de toutes les crises politiques que le pays traverse, j’indiquais ce 1er décembre 2025 que le gouvernement ne comprenait pas toujours le sens de la politique de l’import-substitution au regard de la mauvaise qualité du projet de loi des finances 2026 voté ce jour-là au Parlement. Voilà que ce 2 décembre 2025, le Ministre en charge du commerce nous donne une bonne illustration des faits que je relevais.

Il célèbre dans un communiqué rendu public, l’arrivée d’une « société indienne de renom » pour acheter « d’importantes quantités de manioc en provenance du Cameroun ». Pire, il explique que c’est une « excellente opportunité à saisir, de nature à contribuer à la résorption du chômage dans notre pays » non sans indiquer que cela s’inscrit « dans le droit fil du septennat de la Grandeur et de l’Espérance ». Cette situation est invraisemblable et je vous propose de décrypter ensemble cette énième décision politique inappropriée.

Le manioc est un aliment de base pour les populations dans 9 régions sur 10 au Cameroun. Il est aussi un intrant principal pour l’industrie locale. En 2025, le pays traverse une situation de déficit de production pour combler les besoins locaux. La production nationale de manioc est d’environ 19 millions de tonnes par an, ce qui ne suffit pas à satisfaire une demande nationale estimée à 50 millions de tonnes, créant un déficit de 31 millions de tonnes.

Le gouvernement ne peut pas favoriser l’exportation du peu de production du pays sans aggraver la crise sociale. J’explique : si les Camerounais n’avaient que 2 repas par jour, le gouvernement ne peut plus soutenir une politique qui vise à leur réduire un repas. Le Ministre du commerce se trompe constamment de tâche : il est en charge de la consommation et il se comporte comme un ministre en charge de la production, ce qui casse l’équilibre social.

Ce n’est pas à lui de lutter contre le chômage. Il doit lutter contre l’inflation ou encore contre la vie chère sans se comporter comme un commerçant ou comme le ministre des commerçants. En tant que le représentant de l’Etat, il est plutôt le ministre des consommateurs, ce qu’il ne comprend pas toujours.

Si le Ministre du commerce jouait bien son rôle, il ne se comporterait pas comme un bayam sellam. Il créerait par exemple des bourses agricoles ou alimentaires qui permettent, comme en Suisse, d’avoir la pleine maîtrise du niveau de production réelle du pays en temps réel en vue de favoriser ou non l’entrée ou la sortie (l’importation ou l’exportation) de certains produits.

En clair, l’on structure les producteurs nationaux par secteurs d’activité et l’on s’assure de savoir par jour, par semaine ou par mois le niveau réel de production du pays. Cela permet de savoir quelle quantité et quelle qualité de produit le pays peut importer ou exporter : On importe en cas de déficit la quantité nécessaire pour combler la demande intérieure et l’on ne favorise l’exportation qu’en cas d’excédent.

On ne peut aller entrer dans le circuit long (importation ou exportation) que si le circuit court (marché local ou national) est saturé ou vide en fonction des cas. En décembre 2025, le Ministre du commerce ne devait pas favoriser l’exportation du manioc du Cameroun. Au contraire, il devait favoriser l’importation de 31 millions de tonnes pour combler la demande immédiate en attendant que les ministres en charge de la production (agriculture, PME/PMI, etc.) s’occupe de la production locale en vue de la création des richesses et de la croissance.

L’on pourrait m’opposer l’argument selon lequel l’activité de production est aujourd’hui orientée marché (Market Oriented) c’est-à-dire que l’on trouve d’abord le marché avant de produire. Cette approche signifie que le marché est libre et que le gouvernement n’y intervient pas pour créer une concurrence déloyale à travers des mesures d’incitation qui profitent aux étrangers contre les locaux.

Le Ministre du commerce n’a pas à faire la publicité d’une entreprise étrangère ; il n’a qu’à laisser la « société indienne de renom » venir affronter le marché dans sa réalité et s’occuper uniquement de la régulation. C’est ce que fait le gouvernement dans tout pays normal. Par exemple, entre les années 2022 et 2023, l’Inde lui-même, premier producteur mondial de riz, avait imposé diverses restrictions et interdictions sur l’exportation de certaines variétés afin de maîtriser les prix intérieurs (lutte contre l’inflation) et d’assurer sa sécurité alimentaire.

L’interdiction d’exporter le riz blanc non basmati, initialement mise en place en juillet 2023, n’a été levée qu’en septembre et octobre 2024, suite à une récolte supérieure aux attentes en 2024 et à des stocks nationaux suffisants. En l’état, le Cameroun vit dans une situation d’insécurité alimentaire grave, ne disposant pas de stocks. Aussi, l’interdiction d’exporter le riz brisé en Inde, en vigueur depuis septembre 2022, n’a été levée qu’en mars 2025.

Je pourrais aussi prendre l’exemple de la Russie qui met en œuvre des quotas d’exportation de céréales, incluant le blé, pour garantir la sécurité alimentaire nationale et stabiliser les prix intérieurs. Pour une partie de la saison 2025, un quota de 10,6 millions de tonnes de blé avait été fixé par le gouvernement. Ces mesures sont conjoncturelles et dépendent de la situation réelle de l’offre et de la demande sur le marché.

Notre gouvernement ne comprend pas ces enjeux probablement pour des raisons égoïstes et clientélistes ; l’orientation des politiques publiques n’est pas pro-camerounaise, ce qui fonde notre opposition. Il faut utiliser un système de contingents (quotas) à l’importation et à l’exportation pour réguler le marché local.

Je prends deux exemples concrets sur le marché actuel : En novembre et décembre 2025, la production locale d’oignons est déjà disponible et le Cameroun continue de subir l’importation massive des oignons en provenance du Nigéria. Par conséquent, des oignons pourris jonchent déjà nos marchés, compromettant les revenus des producteurs et des commerçants locaux.

Où est le Ministre du commerce pendant ce temps ? L’on ne peut pas favoriser l’importation de la tomate lorsque les tomates pourrissent sur le marché comme cela a été encore le cas cette année. Le gouvernement doit travailler pour l’intérêt national et pour l’intérêt collectif. La régulation n’est pas synonyme de répression des locaux comme on peut le regretter en parcourant nos lois des finances. La régulation permet de maintenir les équilibres sociaux et économiques.

Nous sommes très loin du compte et chaque jour, le pays se rapproche encore davantage d’une crise sociale sévère. A nous de voir !

Louis-Marie Kakdeu, MPA, PhD et HDR

Conseil régional du Sud : la rébellion gagnante de Gervais Éric Ndo

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Pour la mandature 2025-2030, Gervais Éric Ndo présidera aux destinées du Conseil régional du Sud. Ainsi en ont décidé les électeurs ce 17 décembre 2025. Le commandant des douanes a supplanté Antoine Bikoro Alo’o (66 voix contre 22). Battant ainsi à plate couture le candidat désigné par le comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc). Vingt-quatre heures après la date prévue par le Code électoral pour la session de plein droit.

C’est que la veille, face à la radicalisation des positions, le gouverneur du Sud a dû suspendre les travaux pour le lendemain. Les partisans de Cathy Meba ayant refusé tout compromis, en s’alignant derrière Gervais Éric Ndo. La candidate qui a jeté l’éponge, n’était pas non plus disposée à accepter le poste de secrétaire que lui avait préparé le comité central. Malgré les interventions de Jacques Fame Ndongo, première personnalité du parti dans la région natale du président de la République et non moins président national du Rdpc arrivé en renfort à Joseph Le le mandataire initialement choisi par le sommet du parti pour porter le pli fermé, rien n’y changera.

Gervais Eric Ndo qui avait déjà concédé de mettre en berne ses ambitions en 2020 pour céder la place à Emmanuel Mve Elemva, a tenu bon cette fois-ci. Aidé en cela par une Cathy Meba qui n’a pas manqué de brandir par moments l’argument de sa relation avec Paul Biya dont elle est là nièce. Celle-ci bénéficie du strapontin de première vice-présidente. Bien mieux que le poste de secrétaire. Et l’exécutif régional sera autre que celui pensé par Jean Nkuete le secrétaire général du comité central et compagnie.

Composition du Conseil régional
President: Gervais Ndo (Mvila)
1er VP: Cathy MEBA ( Dja et lobo)
2e VP : SM SILLA JEAN CLAUDE ( Ocean)

Questeurs
1) EKORO OVONO CASIMIR (Vallée du Ntem)
2) NDO BILO’O DANIEL ( Dja et Lobo)

Secrétaires
1) BIKO FERDINAND (Ocean)
2) SM MESSA PETIT ALBERT BERNARD ( Vallée du Ntem)

Douala accueille la quatrième édition de son Forum économique en mai 2026

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L’évènement sera marqué par un side event dédié à l’économie sociale et solidaire et un concours citoyen visant à primer les meilleures initiatives en faveur de la modernisation de la ville .

Après l’immobilier et la logistique en 2024, le Forum économique de Douala (FED), abordera en 2026 la question de transformation urbaine.  « Douala, les défis de la transformation urbaine » est le thème central de ce rendez vous dont la quatrième édition se tiendra du 5 au 8 mai 2026. Les contours de cet événement ont été dévoilés à la presse à Douala par son coordonnateur, Olivier Kingue Molli.

Quatre marqueurs majeurs vont guider les réflexions autour du thème central : l’innovation et la transformation numérique, le développement des compétences et du capital humain, le développement durable, et la diaspora, partenariats et financements.  « Bien articulés, ces 4 marqueurs peuvent contribuer à la transformation urbaine sous le chapeau de la CUD, qui ne va cependant pas arrêter d’adresser les problématiques quotidiennes que sont : la mobilité urbaine, l’habitat, l’assainissement ou l’éclairage publique », indiquent les organisateurs.

Le Forum s’ouvrira sur un side event dédié à l’économie sociale et solidaire (ESS). Ce choix est justifié par la volonté de mettre en lumière un modèle économique centré sur l’humain, la solidarité, la coopération avec la quête de la transformation urbaine de la capitale économique. Ce side event sera u cadre d’échanges entre acteurs publics, collectivités, organisations de la société civile, entreprises sociales, bailleurs de fonds et experts.  

L’une des principales innovations sera le concours citoyen pour la transformation urbaine. Il récompensera les meilleurs projets en faveur de la modernisation de la ville, autour des quatre marqueurs. L’innovation et la transformation numérique, le développement durable, l’économie sociale et solidaire et les initiatives de la diaspora. Les jeunes porteurs de projets, les femmes entrepreneurs, les startups, les associations locales, la diaspora camerounaise, les centres de recherche et les acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) pourront postuler lors du lancement prévu deux mois avant le Forum.  Les lauréats bénéficieront d’un appui technique et institutionnel de la CUD pour la mise en œuvre de leurs projets ; d’un financement initial ainsi que d’un mentorat et suivi pendant 12 mois.

Le Forum économique de Douala  est organisé par le cabinet Impact Economique et parrainé par la Communauté Urbaine de Douala (CUD).

Le Cameroun a perçu 48,1 milliards FCFA du transport du pétrole brut tchadien en 2023

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Le transport du pétrole brut tchadien via le pipeline Tchad-Cameroun a généré en 2023 un montant global de 48,1 milliards FCFA versé par la Cameroon Oil Transportation Company (COTCO) au Trésor public camerounais, selon le Rapport 2023 de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) au Cameroun.

Les revenus générés pour le Cameroun proviennent principalement des droits de transit, c’est-à-dire les frais payés par les compagnies pétrolières pour l’utilisation du tronçon camerounais du pipeline. Depuis un avenant signé en octobre 2013, ces droits sont fixés à 1,30 dollar par baril, soit environ 725 FCFA, avec une révision quinquennale indexée sur l’inflation. En 2023, le tarif appliqué était de 1,36 dollar par baril (760 FCFA).

Le volume transporté cette année-là s’est élevé à 48,76 millions de barils. À ce tarif, les droits de transit dus ont atteint 66,32 millions de dollars, soit environ 40,08 milliards FCFA. Le Rapport ITIE précise que sur ce montant, 39,36 milliards FCFA ont effectivement été versés au Trésor public camerounais par COTCO.

Au-delà des droits de transit, l’entreprise a également contribué sous forme de paiements fiscaux, douaniers, sociaux et environnementaux. Ces obligations, qui incluent notamment les impôts sur les sociétés, les taxes douanières liées aux opérations logistiques, ainsi que des contributions sociales et environnementales, ont représenté 8,7 milliards FCFA la même année.

Ainsi, le montant global des paiements effectués par COTCO au Cameroun en 2023 s’élève à 48,1 milliards FCFA, ventilés entre les droits de transit et les autres obligations légales et réglementaires. Ces flux financiers constituent une part importante des recettes publiques liées au transport des hydrocarbures, aux côtés des dividendes perçus par la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), actionnaire de COTCO.

Le pipeline Tchad-Cameroun, long de 1 070 kilomètres dont 890 km sur le territoire camerounais, relie les champs pétroliers de Doba au port de Kribi. Exploité par COTCO, il constitue une infrastructure stratégique pour l’exportation du brut tchadien vers les marchés internationaux. Sa gestion est encadrée par une Convention d’Établissement signée en 1998 entre l’État du Cameroun et la société.

Présidentielle 2025 : Pourquoi Biya a perdu le Nord

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Le Conseil constitutionnel a déclaré Paul Biya vainqueur de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, par un score de 53,66%, contre 35,19% pour Issa Tchiroma Bakary. Dans un contexte marqué par l’absence des leaders de poids qui ont par le passé affronté le candidat sortant, notamment Ni John Fru Ndi du SDF en 1992, 2004 et 2011 ; et Maurice Kamto en 2018, Paul Biya s’est retrouvé face à son ancien allié de la coalition gouvernementale, Issa Tchiroma qui a démissionné du gouvernement trois mois seulement avant le scrutin. L’homme qui s’était taillé une camisole de défenseur patenté du pouvoir en place, a surpris l’opinion nationale et internationale, en devenant l’alternative pour l’alternance au sommet de l’Etat.

Et au-delà des résultats que continue de contester le second qui s’était déjà autoproclamé vainqueur avant même la publication officielle des résultats, Paul Biya qui a marqué un net recul à cet autre rendez-vous, a davantage perdu du terrain dans un Grand-Nord qui lui a toujours offert gracieusement les clés du palais d’Etoudi. Les trois régions septentrionales qui avaient presqu’unanimement soutenu et accompagné Paul Biya depuis 1997, totalisaient 2 603 077 électeurs sur les 7 818 822 que comptait le fichier électoral national. 1 345 812 électeurs ont émis des suffrages valablement exprimés. Paul Biya en a récolté globalement 563 658, derrière Issa Tchiroma (592 764 voix).

En 2011, le Grand-Nord pesa 42,70% dans la victoire de Paul Biya. L’homme du Renouveau avait remporté l’élection dans les trois régions, soit 86,15% des voix dans l’Adamaoua, 90,15% dans l’Extrême-Nord et 77,98% dans le Nord. En 2018, Paul Biya a fait mieux. La partie septentrionale du pays a pesé de 47,5% des voix sur l’élection de l’homme, sur les 71,28% des voix qu’il a eues. Dans le détail, Paul Biya a récolté 89,21% des voix dans l’Extrême-Nord, 79,77% dans l’Adamaoua et 81,62% dans le Nord. Mais en valeur absolue, Paul Biya avait récolté dans les trois régions septentrionales 1 199 507 voix sur les 2 521 934 voix obtenues sur l’ensemble du territoire national. Soit un peu moins que celle de 2011 qui l’a bénéficier des voix de 1 610 997 Nordistes sur les 3 772 527 voix nationales. Cette année encore, Paul Biya a davantage chuté dans le Septentrion. Une chute presque libre, tant l’homme n’avait jamais perdu autant la confiance des électeurs. Avec seulement l’Extrême-Nord qui lui est restée favorable (45% des voix contre 42,34% pour Tchiroma), mais elle aussi avec une marge très faible face à un Issa Tchiroma qui n’était pas le plus attendu, en termes de côte de popularité, si l’on ne s’en tenait qu’à la représentativité dans les institutions, et même en terme d’implantation territoriale de son parti. Le candidat du Fsnc a remporté le scrutin dans l’Adamaoua (50,33% contre 34,61%) et dans le Nord (avec 43,51% contre 38,78% pour Pau Biya).

Il est clair que la confiance entre l’ancien grand bénéficiaire des voix du Grand-Nord s’effrite dans cette partie du pays sans cesse, au fil des échéances. En 2018 déjà lors de son meeting à Maroua, Robert Bakary, le délégué du gouvernent auprès de la communauté urbaine de Maroua, s’était abstenu de soumettre des doléances au président candidat ; autant que Cavaye Yeguie Djibril le président de l’Assemblée nationale et chef de la commission régionale de campagne du Rdpc le parti au pouvoir. Certains analystes avaient compris que les relais locaux de Paul Biya avaient évité d’embarrasser le président dans un contexte où les anciennes doléances n’avaient pas eu de suite favorables, du moins en actes concrets. Et de fait, le Grand-Nord sombre dans une pauvreté qui ne recule pas depuis de longues années ; les projets et programmes gouvernementaux engagés dans cette partie du pays, peinent à être exécutés ; et même les promesses autrefois faites au Grand-Nord ne sont que rarement tenues. Dans ce dossier, la rédaction scrute sous le prisme des chiffres et des actes vérifiés et démontrables, les possibles et probables causes de la perte de confiance entre Paul Biya et le Grand-Nord.

Gestion des déchets : la solution que propose le groupe ghanéen Jospong au Cameroun

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C’est une solution africaine face à la problématique  de gestion des ordures que vient proposer le groupe ghanéen, Jospon au Cameroun. En mission économique au Cameroun, ce groupe a été reçu en audience, le 17 décembre 2025 à Yaoundé, par le ministre de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey. La délégation de ce groupe ghanéen sera également reçue en audience, vendredi prochain par le Premier ministre, Chef du gouvernement, pour clôturer sa visite au Cameroun.

Concrètement, comme l’a indiqué la Camerounaise, Yvone Belema, chef de cette mission économique, « aujourd’hui nos partenaires sont au Cameroun pour venir nous accompagner à, pas à gérer nos déchets non, mais dans une solution qui va permettre aux Camerounais de pouvoir adresser la question de la gestion des déchets solides, liquides et médicaux. Vous savez, après les états généraux, Il y a eu des résolutions qui ont été prises et l’une des résolutions, c’était voir comment les déchets peuvent être transformés en richesses. Donc l’économie circulaire, la valorisation de nos déchets. Et dans nos recherches et dans notre envie de trouver des solutions, nous avons eu la chance de tomber sur nos frères africains ». Avant d’ajouter qu’ « Au Cameroun. Nous allons commencer par les deux grandes villes, mais naturellement, nous serons dans les dix régions. Parce que les déchets, ce n’est pas seulement les deux grandes villes, mais c’est toutes les dix régions ».

Cette visite du groupe ghanéen Jospong, a rappelé Yvone Belema, « émane de la visite économique que nous avons effectuée au mois d’août au Japon avec M. le Premier ministre qui représentait le chef de l’État. Et donc nous avons demandé une audience et nous avons été reçus par le ministre de l’Économie et la planification ». Le groupe Kospong, rappelle-t-elle, des « Ghanéens qui ont 30 ans d’expérience et qui sont présents dans plus de 30 pays africains, et qui sont volontaires à venir nous accompagner, à travailler avec les structures locales et à créer des emplois jeunes. Après le discours du chef de l’Etat lors de son investiture, il a placé son mandat sous la femme. Et, c’est avec un plaisir que l’entreprise qui va accompagner la solution est gérée par une femme, et les jeunes auront de l’emploi. Donc nous sommes très contents d’être reçus par Monsieur le Ministre de l’Economie, et nous serons reçus vendredi par le Premier Ministre pour clôturer la visite. Et, nous partons avec l’espoir que d’ici 2026 nous ne parlerons plus des problèmes de déchets au Cameroun ».

Le gouvernement octroie des appuis d’environ 855 millions de FCFA à 179 entreprises privées

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« Quand la politique publique rencontre les outils financiers appropriés, le développement cesse d’être un slogan ». Ces mots de la représentante des bénéficiaires du projet « Opération de soutien au secteur privé camerounais » (OSSP-CMR), illustrent à eux-seuls du degré de satisfaction de ces derniers face à cette initiative gouvernementale.  Ils étaient 179 PME, start-up, coopératives et Gics à bénéficier des appuis financiers et non financiers d’un montant global d’environ 855 millions de FCFA. 62 de ces entreprises privées sont dirigées par des femmes. Ces appuis portent sur des équipements, des intrants, des crédits à taux bonifié, soit 5% par an et des subventions au profit des PME, start-up, coopératives et Gics, avec un accent sur les jeunes et les femmes. A travers cette remise, le gouvernement réaffirme son engagement en faveur d’un secteur privé plus compétitif, créateur d’emplois et moteur d’une croissance inclusive.

En leur remettant ces appuis, le ministre de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, a appelé les bénéficiaires à la responsabilité, l’exemplarité et à l’ambition. « Vous avez bénéficié des financements, il est attendu de vous d’être des responsables, des responsables dans l’utilisation de la ressource, des responsables dans la transformation des dites ressources, des responsables dans l’accompagnement de l’économie, la nôtre. Vous en avez les capacités, vous en avez les compétences. Nous vous encourageons à les utiliser, de la manière la plus exhaustive possible. Après la responsabilité, il me semble que l’on pourrait parler d’exemplarité. Exemplarité dans la qualité de ce que vous êtes en train de faire, pour susciter l’émulation, pour permettre à celles et ceux qui rêvent, jeunes femmes, d’être également des capitaines d’industrie, de commencer petit et de grandir de manière continue vers l’estime du succès », a-t-il précisé.

Avant d’ajouter qu’ « Il ne serait pas superflu de dire que toute initiative, tout projet, naît aussi bien d’un rêve que d’une ambition. Et cette ambition, vous l’avez, vous la mettez en œuvre, vous pouvez également regarder au-delà de notre triangle national, pour embrasser des objectifs dans la sous-région, sur le continent, dans le monde tout entier ». Aussi, a-t-il rappelé, « vous aurez toujours l’État à vos côtés, vous aurez également les partenaires techniques et financiers, avec le soutien de l’État, pour que celles et ceux qui solliciteront le financement, l’accompagnement technique, puissent en bénéficier de la meilleure manière possible ».

Mis en œuvre avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et la Banque arabe de développement économique en Afrique (BADEA), le projet OSSP-CMR est un projet du gouvernement doté d’un financement global d’environ 12,8 milliards de FCFA. Ce projet vise à renforcer la résilience des entreprises et à soutenir la relance économique, conformément à la stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30).

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