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Cameroonian Cultural Network : bilan élogieux en 2025

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Alors que la hausse du budget du ministère des Arts et de la culture, soit 10,4 milliards de francs CFA fait encore des vagues quant à son orientation chez les artistes, l’annonce du bilan du projet Cameroonian cultural Network-CCN fait l’effet d’une bouffée d’air dans les sphères culturelles. Lancé officiellement en 2022 à Yaoundé, le réseau Cameroonian cultural Network-CCN dans le but de faire tourner des productions artistiques et de fournir un programme de renforcement des capacités pour les infrastructures associées, samedi 06 décembre dernier, les responsables de huit institutions camerounaises et celle de la coopération culturelle européenne avec à leur tête la Délégation de l’Union européenne, étaient face à la presse pour présenter les résultats de l’année 2025. Le chef de projet, l’artiste Grimo (Dzou Mbarga) a planté le décor d’une rencontre ouverte et conviviale.

Cameroun-réseau

Le Cameroun tout entier recèle des pépites qui ont juste besoin d’un accompagnement structuré et ils rayonnent au-delà des frontières. Les huit institutions à savoir: le Clac, le Cipca, Kiki entertainment, Othni-Laboratoire de théâtre de Yaoundé, l’Institut français du Cameroun, le Goethe-Institute, l’ambassade d’Espagne et la Délégation de l’Union européenne au Cameroun. Selon Thekla Worch-Ambara, parlant en filigrane sur la création de ce réseau et son déploiement sur le terrain du CCN 2025, «l’idée du CCN c’est de s’appuyer sur un réseau d’espaces culturelles avant même de parler de propositions artistiques. Il est question de mettre en réseau les différents partenaires, qu’ils se connaissent et qu’ils partagent leurs différents challenges pour avancer ensemble dans l’écosystème culturel local, de donner les possibilités aux artistes locaux de tournées sur le plan national». Elle continue plus loin sur les résultats élogieux enregistrés depuis la création du réseau. Les arts choisis cette année sont la danse, le théâtre, la musique, les arts visuels, les arts déclamatoires. Avec remarquablement Débora Yawdam, laureate avec son Avec son exposition de tableaux basés sur les violences conjugales. À travers le CCN tour, on a pu faire un décompte extraordinaire.

Les chiffres parlent avec force et arguments: 130 représentations, 10 régions, 14 espaces culturels locaux hors des instituts diplomatiques; 30 artistes. La plateforme avait quelques difficultés à couvrir les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NoSo). Elle a réussi au cours de l’édition 2025, à couvrir avec des artistes tels le groupe Motanni venu de Bamenda dans le Nord-Ouest.

Des cités d’art

Avec un budget de 70 000 euros en 2025 (un peu plus de 45 millions Fcfa), le dispositif fabrique une cartographie sur le plan national. « Nous voyons que les artistes n’ont pas toujours eu des expériences avec d’autres villes ou communautés», poursuit-elle d’un ton satisfait. Le CCN a eu une belle idée de créer des collaborations avec des espaces étendus sur le territoire avec des dispositifs d’acceuil des productions artistiques variés. Cette édition a également été marquée par un élan vers une diversité de disciplines et de cultures accrue, rassemblant des artistes issus de plusieurs régions et aires culturelles: Nord-Ouest, Nord Cameroun, Littoral et même du Centre. Tous ont contribué à enrichir la programmation des espaces retenus dans cet ecosystème de diffusion nationale. Certains artistes comme Nda Chi ou Emmanuel Barka, une richesse musicale sans frontières, portée par des valeurs de partage, de tolérance et de créativité. Les lieux sont choisis dans les villes à part des centres culturels d’envergure, mais aussi des sites ou les institutions de la coopération. On retrouve les artistes qui ne sont pas toujours populaires, mais qui répondent à un spectacle professionnel exportable. Le CCN est clairement le seul au Cameroun qui permet aux artistes d’avoir un réel accompagnement et de se produire plusieurs fois dans diverses villes. L’équipe de ce dispositif a sillonné les villes et le milieu artistique pour comprendre l’environnement et les préoccupations liées à la production des artistes. A part certains instituts qui peuvent garantir au plus deux diffusions par production.

Professionnalisation et publics

Outre les tournées, le dispositif forme les artistes au montage de leurs projets de tournées, de dossiers professionnels de leurs productions. Les institulés de formation et des débats, ont permis d’enrichir les background  des artistes et même des espaces qui les accueillent. Les artistes Cie Tchina, Emmanuel Barka et autre  Nda Chi ont pu profiter de ces formations et ce dispositif pour avoir de nouveaux contrats.  Ces artistes à travers leurs productions de qualité, le public a repris avec les salles dans ces différentes villes. Charles Kamdem, chef de file du CCN scande ce travail de fond sur les publics. Car la multitude des spectacles a drainé vers les salles depuis la mise en place du dispositif plus de 3 800 spectateurs cumulés. Au cours de la rencontre avec la presse, l’enjeu politique a aussi été relevé. Dans son discours de circonstance, le chef de la Délégation de l’Union européenne au Cameroun, Jean-Marc Chataigner, a rassuré sur le soutien de ce projet qui permet la valorisation de la culture camerounaise et de dresser des ponts de coopération entre les institutions européenne et camerounaise. Ce jeu politique demande également de la contribution au niveau bilatérale.

Dans les échanges, il a été dit que le bilan est impressionnant. Le projet est très sollicité mais il en faut plus comme moyens pour accompagner les talentueux artistes. A cela, l’une des conclusions aura été que le dispositif CCN pense à un modèle économique permettant de susciter son autonomie et par conséquent sa pérennité.

Avec Eyangi Boka

Conseil Régional de l’Extrême-Nord : le sacre de la compétence et le retour de l’enfant de Gaban

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Le verdict des urnes au sein de l’hémicycle régional de Maroua a scellé une évidence politique , la continuité dans l’excellence. En reconduisant M. Kaigama Haman Gilbert au poste stratégique de Questeur, le Conseil Régional de l’Extrême-Nord du Cameroun, désormais sous la houlette du Pr Haman Djallo, ne fait pas que renouveler un bureau ; il s’offre une assurance de stabilité et une expertise de haut vol.

Les racines de Gaban

Pour comprendre la rigueur et le sens du service de l’homme, il faut remonter à ses origines. Fier natif du village de Gaban, dans le département du Mayo-Kani, Haman Gilbert est le pur produit d’un terroir où la résilience et l’honneur sont des vertus cardinales. Ce lien ombilical avec Gaban n’est pas qu’une mention géographique ; c’est le socle de sa légitimité populaire. Sa réussite est celle d’un enfant du village devenu, par le travail et le mérite, un haut commis de l’État diplômé de l’ENAM.

L’empreinte diplomatique : De N’Djamena à la CBLT

Si Haman Gilbert est aujourd’hui le garant de la transparence budgétaire à Maroua, sa stature dépasse largement les frontières du Cameroun. Son passage remarqué au Tchad, notamment en tant que Directeur Général à la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT), a laissé une trace indélébile.

À N’Djamena, il a été l’architecte de dossiers complexes liant sécurité, environnement et développement transfrontalier. Cette expérience tchadienne lui a conféré une vision « macro » des enjeux sahéliens, faisant de lui un interlocuteur privilégié pour les partenaires internationaux. Sa capacité à naviguer entre les arcanes diplomatiques du Tchad et les exigences administratives camerounaises fait de lui un véritable pont entre les nations du bassin du Lac Tchad.

Un moteur financier du développement

Au poste de Questeur, Haman Gilbert n’est pas seulement un gestionnaire de fonds. Il est la « sentinelle » de l’institution. Sa réélection garantit : une rigueur de fer : fort de sa maîtrise des finances publiques, il assure une optimisation des ressources pour les projets d’infrastructures locales; une vision intellectuelle , auteur de l’essai remarqué « Au-delà de l’Horizon », il insuffle une profondeur stratégique aux débats régionaux; un équilibre politique , car incarne le trait d’union entre le pouvoir central et les spécificités locales du Grand-Nord.

Un signal fort pour l’avenir

En maintenant ce fils du Mayo-Kani au cœur de l’exécutif, la région mise sur la mémoire institutionnelle. Alors que les défis sécuritaires et climatiques s’intensifient, l’expérience acquise par Haman Gilbert à la CBLT et sa connaissance des rouages de la préfectorale sont des atouts maîtres.

Le village de Gaban peut célébrer : son fils, aujourd’hui « homme de l’expérience », demeure l’un des piliers sur lesquels repose l’espoir d’un Extrême-Nord prospère et apaisé.

La Corée offre de l’eau potable à 10 000 habitants dans 4 communes du Cameroun

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De manière symbolique, c’est un mini monument représentant les infrastructures du projet d’adduction d’eau potable au Cameroun qui a été remis, le 16 décembre au ministre de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, par l’ambassadeur de la République de Corée au Cameroun, Son Excellence Nam Ki-Wook. Par ce geste, c’est le projet d’approvisionnement en eau potable en zone rurale qui a été réceptionné. Financé à hauteur de 3,6 milliards de FCFA par la République de Corée, ce projet permettra la construction et la réhabilitation de 98 forages dans les communes de Matomb ; Massock ; Ebebda et Koutaba, bénéficiant directement à près de 100 000 habitants et contribuant à la réduction des maladies liées à l’eau.

Ce projet dont l’objectif global est d’accroître l’accès à l’eau potable des zones rurales à travers la réalisation des systèmes d’alimentation en eau potable est entièrement réalisé. Concrètement, ce projet dans la commune de Massock a fait 773 bénéficiaires sur 16 sites ; dans la commune d’Ebebda dans la région du Centre, ce sont 17 695 personnes qui bénéficient d’un accès à l’eau potable sur 34 sites ; à Matomb toujours dans la région du Centre, ils sont 17 695 personnes à bénéficier de ce projet sur 45 sites, pendant qu’à Koutaba dans la région de l’Ouest, ils sont 15 138 à bénéficier également de ce projet sur 33 sites.

Les futurs centres de formation du e-government dévoilés

La cérémonie de réception du projet d’approvisionnement en eau potable en zone rurale était conjointe à celle de dévoilement des futurs centres de formation du e-government au Cameroun. En effet, le projet de transformation du secteur public financé également par la République de Corée à hauteur de 4, 54 milliards de FCFA prévoit la création des centres d’incubation digitale à l’Enam ; l’ISMP et Sup’TIC. Ce projet, précise-t-on, vise à moderniser l’administration publique à travers la formation des fonctionnaires et le développement de contenus numériques.

 Environ 93 milliards de FCFA mobilisés

La cérémonie du 16 décembre 2025 a permis au Minepat de ressasser quelques réalisations fortes de la Corée au Cameroun. Ainsi, l’on a appris que cette coopération a bénéficié aux secteurs prioritaires, notamment, la santé, les technologies de l’information et de communication, l’éducation, le renforcement des capacités, l’agriculture, le développement rural, etc. Environ 93 milliards de FCFA ont donc été mobilisés sous la forme aussi bien de dons que de prêts. Les dons de l’Agence coréenne de coopération internationale (Koica) se chiffrent à plus de 38 milliards de FCFA. Ces ressources ont permis la réalisation du projet de construction d’équipements du Centre des Urgences de Yaoundé, baptisé Curie. Elles ont aussi contribué à la réalisation du projet de l’élaboration du plan directeur et de renforcement des capacités pour la gouvernance électronique au Cameroun, le projet Public Key Infrastructure, porté par le ministère des Postes et Télécommunications. Un instrument de sécurisation des données numériques au Cameroun, etc.

Lutte contre l’insécurité alimentaire : Le Cameroun fait du sur place

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Pour la période projetée allant de juin à août 2026, il est attendu que 10 % de la population camerounaise soit en situation d’insécurité alimentaire et nutritionnelle aigue.

Entre 2024 et 2025, plus de 3 millions de personnes n’ont toujours pas eu régulièrement accès à une quantité suffisante d’aliments sûrs et nutritifs.

Selon les résultats du Cadre harmonisé (CH) d’identification des zones à risque, présentés le 12 décembre 2024 à Yaoundé par Gabriel Mbaïrobe, ministre en charge de l’Agriculture et du développement rural (Minader), plus de 3 millions de Camerounais soit 11% de la population étaient confrontés à une insécurité alimentaire et nutritionnelle entre octobre et décembre de l’année dernière.

En 2024 toujours, parmi les citoyens les plus touchés, environ 265 000 personnes se trouvaient dans une situation d’urgence critique nécessitant des interventions immédiates. Au mois de décembre, le gouvernement du Cameroun comptait 2 800 000 personnes en situation de crise alimentaire. Selon le CH, l’année dernière, 61,22% de la population avait une consommation alimentaire acceptable et 10.8% avaient une consommation alimentaire pauvre.

Hier lundi 15 décembre 2025 à Yaoundé, le même ministre a présenté l’état de la sécurité alimentaire au Cameroun. De cette présentation, pour la période courante octobre à décembre 2025, c’est 11% de personnes qui sont en insécurité alimentaire et nutritionnelle aigue au Cameroun soit 3,120,294 personnes parmi lesquelles 249 306 personnes en urgence et 2 870 988 personnes en crise. 6,194,078 personnes se trouvent en sous pression, soit 21 % de la population analysée.

A l’instar de 2024, 61,22% de la population a une consommation alimentaire acceptable et 10,86% une consommation alimentaire pauvre. Le membre du gouvernement a expliqué que ces résultats de la situation conjoncturelle relative à la sécurité alimentaire montrent que la campagne agropastorale 2025-2026 a été marquée par une forte hétérogénéité climatique en fonction des régions.

Selon le CH 2025, l’analyse conjointe des précipitations, des températures et du bilan hydrique pour la période allant du mois de janvier au mois d’octobre 2025 montre des contrastes agro-alimentaires significatifs entre les zones méridionales et septentrionales du pays.

Pour la période projetée allant de juin à août 2026, il est attendu que 10 % de la population camerounaise soit en situation d’insécurité alimentaire et nutritionnelle aigue soit 2,856,753 personnes parmi lesquelles 249,559 personnes en situation d’urgence et 2,607,194 personnes en situation de crise pour la période considérée.

Par contre, les personnes en phase 2 c’est-à-dire sous pression passeront à 6,212,280 personnes soit 21 % de la population totale. La sécurité alimentaire reste fragile, portée par des chocs climatiques, sécuritaires et économiques.

Conseil régional du Sud : Antoine Bikoro Alo’o choisi pour succéder à Emmanuel Mvé

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Le nouveau président du Conseil régional du Sud s’appelle Antoine Bikoro Alo’o. L’ancien directeur général adjoint du Chantier naval et industriel du Cameroun succède à l’ancien capitaine des Lions indomptables Emmanuel Mve Elemva. Ce dernier n’a donc pas rempilé. En revanche, Cathy Meba la nièce de Paul Biya, n’a pas non plus été élue. Alors que cette dernière faisait feu de tout bois et battait campagne sur les réseaux sociaux, un des siens a menacé de rejoindre l’opposition, si Cathy Meba n’était pas désignée présidente de l’instance.

Le Comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), parti au pouvoir, n’a donc pas cédé aux menaces que d’aucuns voyaient comme du chantage. Ainsi qu’il l’a généralement fait lors des différentes élections, l’organe dirigeant du Rdpc a fait son choix sans tenir compte des bruits de bottes. Se basant sur l’article 58, alinéa 4 du Règlement intérieur du parti, Jean Nkuete et compagnie ont jeté leur dévolu sur un homme qui avait déjà manifesté l’envie de conduire les rênes du conseil régional du Sud, avant d’être désavoué par la hiérarchie du parti. L’homme était déjà vu par certaines sources comme le candidat soutenu par Jacques Fame Ndongo, secrétaire à la communication du Rdpc.

Ainsi, l’inspecteur des régies financières âgé de 53 ans, rebondit cette fois-ci à la tête du Conseil régional de sa région natale. Cathy Meba se contentera du poste de secrétaire du bureau. Pour sa part, l’homme d’affaires Gervais Eric Ndo qui s’était également annoncé dans la course pour la présidence, devra attendre cinq années encore, pour espérer atteindre le graal.

Mais sur le terrain , des voix s’élèvent pour contester le choix du comité central. Seul le vote des conseillers déterminera le prochain président du conseil régional.

Le bureau 2025

Président : Bikoro Alo’o Antoine

1er vice-président : Gervais Eric Ndo

Questeur : – Jean Michel Mendo’o

               – Jeanine Angèle Sidonie Evehe

Secrétaire : Christiane Cathy Meba

Comment ADC a mobilisé 22,3 milliards de FCFA pour rénover l’aérogare de Douala

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La convention de prêt signée le 15 décembre 2025 à Yaoundé entre l’Agence française de développement et Aéroports du Cameroun, dépasse le cadre d’un financement classique d’infrastructure. Elle encadre le Projet de rénovation de l’aérogare passagers de l’aéroport international de Douala, connu sous l’acronyme RAP-AID, et mobilise un montage financier combinant prêt concessionnel, investissement propre de l’entreprise publique et recours à un instrument de marché.

Le financement global repose sur un prêt de l’AFD de 58,4 millions d’euros, soit 38,3 milliards de FCFA, complété par un investissement direct d’ADC évalué à 56 millions d’euros, équivalant à 36,7 milliards de FCFA. À ce socle s’ajoute l’appui de l’État camerounais, qui intervient sur la maturation du projet et la prise en charge des taxes et droits de douane liés aux travaux. La singularité du montage réside toutefois ailleurs, dans l’utilisation d’un mécanisme financier rarement mobilisé pour une infrastructure publique au Cameroun.

Un financement non souverain assumé

Le prêt accordé par l’AFD à ADC est explicitement non souverain. Concrètement, cela signifie que l’État camerounais ne se porte pas garant du remboursement de la dette contractée par l’entreprise. Le risque financier repose sur la capacité propre d’ADC à générer les ressources nécessaires au service de la dette. L’État n’intervient qu’à travers une lettre de confort, par laquelle il s’engage à créer les conditions administratives et fiscales nécessaires à la bonne exécution du projet, sans endosser la dette elle-même.

Ce schéma rompt avec les pratiques dominantes de financement des infrastructures publiques, historiquement adossées à des emprunts souverains ou à des garanties étatiques directes. Il traduit une volonté de contenir l’endettement public tout en maintenant l’investissement dans des équipements structurants, dans un contexte de contraintes budgétaires accrues.

La titrisation, cœur du montage financier

Pour compléter ce financement, ADC a mobilisé 34 millions d’euros, soit environ 22,3 milliards de FCFA, via une opération de titrisation réalisée en l’espace d’un mois. La titrisation consiste à transformer des revenus futurs prévisibles en ressources immédiatement mobilisables. Dans le cas présent, ADC a utilisé des flux financiers liés à son activité aéroportuaire comme support pour lever des fonds sur le marché, sans solliciter de garantie directe de l’État.

Ce mécanisme permet à une entreprise de convertir une partie de ses recettes attendues en liquidités, en les cédant à un véhicule financier qui émet des titres souscrits par des investisseurs. Les investisseurs sont ensuite remboursés à partir des flux générés par l’activité sous-jacente. Pour ADC, l’opération a permis d’accélérer la mobilisation des ressources nécessaires au projet RAP-AID, tout en diversifiant ses sources de financement.

La rapidité de mobilisation des fonds, rendue possible par l’implication du ministère des Finances et des équipes techniques d’ADC, a été présentée par l’AFD comme un signal de maturité institutionnelle. Elle témoigne de la capacité des acteurs publics camerounais à structurer et exécuter des instruments financiers complexes, habituellement réservés aux grandes entreprises privées ou aux marchés plus développés.

Une infrastructure au service de l’économie nationale

L’aéroport international de Douala reste la principale porte d’entrée aérienne du Cameroun et un hub sous-régional pour le commerce, le tourisme et la logistique. Sa rénovation vise une capacité d’accueil portée à 1,5 million de passagers par an, dans un environnement modernisé, plus fluide et conforme aux standards internationaux. Les travaux, qui se dérouleront en site exploité, doivent concilier continuité du service et exigences techniques.

Au-delà de l’amélioration de l’expérience passager, le projet est présenté comme un levier de compétitivité économique, avec des retombées attendues sur l’emploi, l’attractivité du territoire et l’intégration du Cameroun dans les flux régionaux et internationaux. La dimension environnementale est également intégrée, avec une trajectoire bas carbone inscrite dans les engagements de durabilité portés par les partenaires du projet.

Une rupture méthodologique plus qu’un cas isolé

En recourant à la titrisation pour financer une partie de la rénovation de l’aéroport de Douala, ADC introduit une rupture méthodologique dans le financement des infrastructures publiques au Cameroun. L’opération ne se limite pas à un besoin ponctuel de trésorerie. Elle illustre une approche fondée sur la mobilisation de ressources propres et de mécanismes de marché, dans un cadre non souverain maîtrisé.

Si ce modèle reste encore expérimental à l’échelle nationale, il pourrait servir de référence pour d’autres projets d’infrastructures portés par des entreprises publiques disposant de revenus récurrents. À court terme, il marque une étape dans la diversification des outils financiers disponibles. À moyen terme, il pose la question de la place des marchés dans le financement du développement, au-delà de l’endettement public classique.

Le Cameroun assure 46,3 % du Produit Net Bancaire de la CEMAC en 2024

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Selon le rapport annuel 2024 de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), le Produit net bancaire cumulé des établissements de crédit de la CEMAC s’établit à 1 532 milliards de FCFA à fin décembre 2024. Ce niveau marque une progression de 131,5 milliards de FCFA par rapport à l’exercice 2023, soit une hausse annuelle de 9 %.

Cette évolution globale masque toutefois des dynamiques nationales contrastées. En rythme annuel, la croissance du PNB atteint 7 % au Cameroun, 26 % au Congo, 8 % au Gabon et 13 % en Guinée équatoriale, tandis que le Tchad et la République centrafricaine enregistrent respectivement des replis de 1,2 % et 1 %. Dans cet ensemble hétérogène, le Cameroun conserve une trajectoire de progression régulière, sans à-coups, qui renforce sa position centrale.

Le Cameroun concentre près de la moitié du PNB communautaire

Avec un PNB de 708,7 milliards de FCFA en 2024, les banques opérant au Cameroun génèrent à elles seules 46,3 % de la richesse bancaire produite dans l’ensemble de la CEMAC. Cette proportion place largement le pays devant le Gabon, qui capte 21,2 % du total régional, et le Congo, avec 17,8 %. Le Tchad, la Guinée équatoriale et la République centrafricaine ferment la marche avec des parts nettement plus modestes.

Ce poids traduit la profondeur du marché bancaire camerounais, à la fois par la taille de son économie, la densité de son tissu d’entreprises et le volume des opérations financières traitées. Il confirme aussi que les évolutions observées au Cameroun ont un effet direct sur les équilibres globaux du système bancaire communautaire.

La relation avec la clientèle reste le premier moteur

Dans la structure du PNB régional, les opérations avec la clientèle — c’est-à-dire les revenus tirés principalement des crédits accordés et des services bancaires facturés aux clients — représentent 44,5 % en 2024. Douze mois plus tôt, cette part atteignait 46,8 %, signe d’un léger rééquilibrage vers d’autres sources de revenus, sans remise en cause de leur rôle central.

La marge issue de ces opérations progresse néanmoins en valeur absolue. Elle passe de 655,2 milliards de FCFA à fin décembre 2023 à 681,9 milliards de FCFA un an plus tard, soit une hausse de 26,7 milliards de FCFA, équivalente à 4 %. Le Cameroun capte 45,9 % de cette marge, pour un montant de 313 milliards de FCFA, confirmant sa place de principal marché de crédit et de services bancaires de la sous-région.

Une forte contribution camerounaise à la dynamique financière

La marge sur opérations financières, qui correspond aux revenus générés par la gestion des ressources à long terme des banques — comme les emprunts, les dettes subordonnées ou les placements financiers — connaît une évolution marquée en 2024. À l’échelle de la CEMAC, elle progresse de 339,7 milliards de FCFA à 429,1 milliards de FCFA, soit une augmentation de 26,3 % en un an.

Cette progression est largement imputable aux banques camerounaises, qui enregistrent à elles seules une hausse de 55,9 milliards de FCFA, correspondant à une croissance de 30,2 %. Cette performance conforte le rôle du Cameroun dans la structuration financière de la zone, notamment à travers sa capacité à mobiliser et à gérer des ressources financières de long terme.

Le recul du crédit-bail, un point de fragilité identifié

À l’inverse, la marge issue des opérations de crédit-bail, qui représente environ 1 % du PNB régional, recule fortement en 2024. Elle s’établit à 10,2 milliards de FCFA, en baisse de 47,6 % par rapport à l’année précédente. Cette contraction est principalement observée au Cameroun, où la marge chute de 12,9 milliards de FCFA, soit un repli de 73,6 %.

Le crédit-bail, qui permet aux entreprises de financer des équipements sans les acheter immédiatement, constitue un outil important pour l’investissement productif. Sa contraction au Cameroun signale un ralentissement de ce mode de financement, avec des implications potentielles pour certains secteurs économiques.

Les commissions progressent, mais à un rythme modéré au Cameroun

La marge sur opérations diverses, alimentée principalement par les commissions perçues sur les opérations de change, les chèques et autres services, atteint 466,4 milliards de FCFA en 2024, contre 409 milliards de FCFA un an plus tôt. Cette hausse de 8,2 % profite à plusieurs places bancaires.

Au Cameroun, la progression est plus contenue, avec une augmentation de 6,8 milliards de FCFA, soit 4 %. Ce rythme modéré contraste avec les hausses plus marquées observées dans certains pays voisins, mais il s’inscrit dans une dynamique de stabilité, en cohérence avec la maturité du marché bancaire national.

Un déficit de trésorerie qui s’accentue

Les opérations de trésorerie et interbancaires, qui retracent les échanges de liquidités entre banques, demeurent déficitaires à l’échelle régionale. Le solde négatif passe de 22,9 milliards de FCFA en 2023 à 55 milliards de FCFA en 2024, selon la COBAC.

Au Cameroun, ce déficit s’aggrave, passant de 9,9 milliards à 27,7 milliards de FCFA. Cette évolution traduit des tensions accrues sur la gestion de la liquidité bancaire, dans un contexte régional marqué par des déséquilibres persistants entre excédents et besoins de financement.

Une meilleure maîtrise des charges dans la durée

Malgré la hausse des frais généraux, qui atteignent 710,8 milliards de FCFA en 2024 contre 692 milliards de FCFA un an plus tôt, le secteur bancaire de la CEMAC améliore son efficacité globale. Le coefficient net d’exploitation, qui mesure le rapport entre les charges et le PNB, recule de 49,4 % à 46,4 % entre 2023 et 2024, soit une amélioration de 300 points de base.

Cette évolution signifie que, globalement, les banques parviennent à mieux contrôler leurs coûts par rapport aux revenus générés. Compte tenu du poids du Cameroun dans le PNB régional, cette amélioration reflète en grande partie les ajustements opérés sur la place bancaire camerounaise.

Les ADC et l’AFD signent un accord de 38,3 milliards FCFA pour la rénovation de l’aéroport international de Douala

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Les Aéroports du Cameroun (ADC S.A.) et l’Agence française de développement (AFD) ont signé, le 15 décembre à Yaoundé, une convention de prêt d’un montant de 38,3 milliards de FCFA. Ce financement est destiné au Projet de rénovation de l’aérogare passagers de l’Aéroport international de Douala (RAP-AID). L’opération est coordonnée par le ministère des Transports et bénéficie de l’appui formel de l’État du Cameroun.

Le projet RAP-AID affiche un coût global de 95 milliards de FCFA toutes taxes comprises, pour un montant de travaux hors taxes évalué à 75 milliards de FCFA. En complément du prêt de l’AFD, ADC S.A. mobilise 36,7 milliards de FCFA sur fonds propres. L’État contribue à hauteur de 20 milliards de FCFA, sous forme de prise en charge des impôts et droits de douane, un mécanisme budgétaire usuel dans les projets d’infrastructures lourdes.

Sur le plan technique, la rénovation vise une remise à niveau complète de l’aérogare passagers afin de la conformer aux standards de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et de l’Association internationale du transport aérien (IATA). L’objectif opérationnel est l’atteinte du niveau de service IATA « C », correspondant à un standard intermédiaire garantissant une qualité de traitement jugée acceptable pour les passagers, les compagnies aériennes et les exploitants.

« Au-delà de la modernisation matérielle, ce projet porte aussi un enjeu de compétitivité économique, d’emploi, d’innovation et de rayonnement international. Il contribue directement à renforcer l’image du Cameroun et à soutenir une croissance durable dans les secteurs clés du tourisme, du commerce et du transport », a déclaré Virginie Dago, directrice de l’AFD au Cameroun. Et de poursuivre : « La rénovation intégrera enfin une trajectoire bas carbone, cohérente avec nos engagements conjoints en matière de durabilité et de modernisation responsable des infrastructures », a-t-elle déclaré dans son discours lors de la signature de convention ce lundi 15 décembre à Yaoundé.

Concrètement, le projet prévoit la séparation des flux domestiques et internationaux, tant à l’arrivée qu’au départ, afin de fluidifier les contrôles et de réduire les congestions. Les capacités d’enregistrement passeront de 20 à 30 banques. Les systèmes de traitement des bagages seront renforcés, avec l’installation de 600 mètres linéaires de carrousels. Six passerelles d’embarquement seront mises en service pour limiter l’embarquement à pied. L’accessibilité sera améliorée par l’installation de six ascenseurs et de trois rampes dédiées aux personnes à mobilité réduite.

Les infrastructures au sol feront également l’objet d’extensions significatives. Le projet prévoit la construction de 42 000 m² d’aires de trafic destinées à accueillir un plus grand nombre d’aéronefs, ainsi que le réaménagement de 25 000 m² d’espaces existants et l’ajout de 10 000 m² supplémentaires au sein de l’aérogare. L’ensemble de ces aménagements vise un relèvement du niveau de sûreté aéroportuaire, évalué à 9 sur l’échelle de conformité internationale.

Le projet est structuré en trois lots : l’extension des chaussées aéronautiques, la rénovation de l’aérogare passagers (superstructure, aménagements intérieurs et corps d’état techniques) et l’acquisition des équipements stratégiques. Le marché relatif aux chaussées a déjà été attribué à China Harbour Engineering Company pour un montant de 10,7 milliards de FCFA TTC, avec un ordre de service prenant effet le 15 décembre 2025. Les autres composantes restent conditionnées à l’obtention des avis de non-objection de l’AFD en vue du lancement des appels d’offres.

Les travaux devront être exécutés sans interruption de l’exploitation de l’aéroport. Le chronogramme d’exécution prévoit une phase zéro à partir de juin 2026, suivie de deux phases opérationnelles, dont l’achèvement est programmé pour mai 2028. Face aux interrogations liées à cet échelonnement, alors que le projet est attendu depuis 2018, le président du conseil d’administration d’ADC a apporté des clarifications. « Quand on parle de phase zéro à partir de juin 2026, cette période n’est pas vide. Elle correspond aux études et aux montages techniques et financiers, qui sont complexes et prennent du temps. Escamoter une étape peut compromettre la réussite du projet. Nous avons pris les dispositions nécessaires pour que toutes les études soient réalisées selon les règles de l’art », a déclaré Fritz Ntone Ntone, le 12 novembre 2025 à Douala, à l’issue d’une session du Conseil d’administration d’ADC.

Pour mémoire, en 2016, l’Agence française de développement avait déjà financé, à hauteur de 30 milliards de FCFA, la réhabilitation de la piste et des voies de circulation (taxiways) de l’Aéroport international de Douala.

Comment rattraper le retard pris dans la mise en œuvre de la SND30 ?

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Le rapport d’évaluation à mi-parcours de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement (SND30) est donc assorti des recommandations à l’effet de rattraper le retard constaté dans l’atteinte de certains objectifs. Ainsi, cette évaluation appelle la nécessité de poursuivre et de renforcer la mise en œuvre des piliers et stratégies sectorielles avec quelques points d’attentions particuliers notamment, la nécessité de poursuivre les efforts de discipline budgétaires mis en œuvre dans le cadre du programme économique et financier avec le FMI et d’approfondir la réforme des finances publiques en lien avec le régime financier de l’Etat de 2018 et du code de transparence y associé.

 Egalement, l’on recommande de renforcer l’efficacité de l’Etat actionnaire, notamment dans un contexte de retrait d’Investisseurs dans certaines entreprises stratégiques et de viabiliser de manière volontariste l’ensemble du portefeuille d’entreprises publiques. Aussi, il est demandé de poursuivre la mise en œuvre du Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (PIISA) et de mettre en œuvre de manière efficace le projet d’aménagement de terres dans la plaine centrale (PATIPAPLACE).Tout comme la poursuite du déploiement du Programme d’impulsion initiale de la SND30 en faveur d’une programmation stratégique volontariste, en relation notamment avec la Société Nationale d’Investissement dans sa nouvelle configuration d’une part et une attention particulière sur l’aménagement de la Zone industrielle intégrée au Port de Kribi (ZIIPK) d’autre part.

Démarrer et achever le projet de réhabilitation de la SONARA

Le rapport d’évaluation à mi-parcours de la mise en œuvre de la SND30 recommande aussi de démarrer et d’achever le projet de réhabilitation de la SONARA en parallèle avec l’accompagnement adéquat des initiatives déjà entamées dans ce secteur ; de veiller au déploiement efficace et cohérent de la nouvelle ordonnance sur les incitations à l’investissement et l’opérationnalisation de l’APZE en vue de consolider et d’accélérer la dynamique des projets industriels et miniers en cours ; de veiller à un entretien à niveau du réseau routier pour garantir une circulabilité satisfaisante des routes avec une priorité sur les grands corridors de transports ; de veiller à un entretien à niveau des voiries notamment dans les principales villes, et parvenir à un traitement satisfaisant des déchets.

Mais également,  de mettre en œuvre en tant qu’un portefeuille, un train critique de projets d’infrastructures pour l’émergence du Cameroun, l’instrument portefeuille devant aider à construire des synergies opérationnelles pour générer des bénéfices additionnels en faveur de l’économie nationale ; de pérenniser les transferts sociaux directs et de mettre en place le Fonds de solidarité national ; de poursuivre les efforts en faveur d’un déploiement progressif de la couverture santé universelle, en élargissant le panier des soins et en mettant en place un cadre légal et réglementaire adéquat, etc.

Agriculture : La Banque islamique de développement va injecter plus de 24 milliards FCFA au Cameroun

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L’objectif pour la BID est de renforcer la résilience économique

C’est pour soutenir le projet de développement durable de l’irrigation et de la chaîne de valeur agricole.

Le 13 décembre 2025, le Conseil d’administration de la Banque islamique de développement (BID) a approuvé un nouveau programme de projets d’un montant total d’environ 1,365 milliards de dollars américains (plus de 726 milliards FCFA) pour 12 pays membres, parmi lesquels le Cameroun. C’était au cours de sa 363ème session du Conseil d’administration.

Les 14 opérations soutenant des projets de développement concernent les domaines des énergies renouvelables et des interconnexions électriques transfrontalières, des principaux axes de transport, de la sécurité hydrique et de l’agriculture, ainsi que des services d’éducation et de santé. L’objectif pour la BID est de renforcer la résilience économique, à améliorer l’accès aux services essentiels et à accélérer les progrès vers la des Objectifs de développement durable (ODD).

Pour le cas du Cameroun, le pays recevra 36,66 millions d’euros (plus de 24 milliards FCFA) pour le Projet de développement durable de l’irrigation et de la chaîne de valeur agricole, qui soutiendra une irrigation résiliente au climat, de meilleurs intrants et une infrastructure rurale améliorée. Ce projet financé par la BID vise à renforcer la sécurité alimentaire et à accroître la compétitivité des filières porteuses telles que le palmier à huile, l’ananas et le bananier plantain.

Pour mémoire, la BID fait partie des partenaires les plus constants du Cameroun, avec un porte feuille actif de 14 projets pour un montant total de 427,63 milliards FCFA. A en croire le ministère en charge de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat), ce portefeuille s’est récemment renforcé, avec le projet d’Appui à l’éducation de base au Cameroun (Paebc/Cambesp), financé en partenariat avec la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea) et le partenariat mondial pour l’éducation (GPE).

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