Le premier dialogue économique et commercial bilatéral entre les États-Unis et le Cameroun, tenu du 27 au 28 août 2026 à Yaoundé, a permis d’identifier près de 4 000 milliards de FCFA d’opportunités d’investissement et de commerce. Ces projets affichent des niveaux de maturité très différents. Certains restent en discussion. D’autres sont déjà engagés sur le terrain.
Six secteurs concentrent l’essentiel de ces annonces. La technologie, les minerais critiques, les infrastructures, l’énergie, la foresterie et la logistique forment le socle de ce partenariat renouvelé.
Le sous-sol camerounais attire les majors
L’américain Tronox et l’australien Lion Rock Minerals développent activement le projet de rutile et de terres rares de Minta, dans la région du Centre. Le montant engagé atteint 500 millions de dollars. La société ARM, basée à Washington, négocie de son côté un projet cobalt-nickel-manganèse sur le gisement de Nkamouna-Lomié, dans le département du Haut-Nyong, région de l’Est. Cette vaste réserve polymétallique recèle un potentiel estimé à 121 millions de tonnes de ressources minérales. La mise de départ tourne autour de 85 millions de dollars.
Ces discussions s’accompagnent d’un chantier plus large. Les deux parties ont évoqué une réforme du secteur minier, ainsi que des ajustements sur la fiscalité et la logistique portuaire, pour rendre le climat des affaires plus attractif aux yeux des investisseurs américains.
Investissements étrangers au Cameroun
Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais
Infrastructures et énergie, les gros chantiers
Le volet infrastructures affiche les montants les plus lourds. A. Epstein and Sons International, associée à ITF sur le plan financier, discute d’un projet d’aéroport à 2 milliards de dollars dans la zone métropolitaine de Douala. La même entreprise porte un projet distinct de 230 millions de dollars pour construire des salles de spectacle à Yaoundé, Douala et Bamenda.
Sur le front énergétique, l’investisseur new-yorkais Hydromine travaille à la réalisation du barrage de Grand Eweng, sur le fleuve Sanaga. Le projet promet 1 040 mégawatts de capacité pour un coût de 3,5 milliards de dollars. À lui seul, il représente la moitié de l’enveloppe globale annoncée lors du dialogue.
Secteur minier au Cameroun
La tech et la diaspora entrent dans la danse
Cybastion, entreprise technologique basée en Virginie, annonce vouloir investir 75 millions de dollars dans un centre de données propulsé à l’intelligence artificielle, couplé à une centrale électrique à Douala. La fintech new-yorkaise Azamra vise un autre terrain, celui des transferts de la diaspora camerounaise. Son ambition consiste à accélérer les paiements numériques transfrontaliers.
Bois, fret et équipements complètent le tableau
La foresterie et la logistique ne sont pas en reste. Taylor Guitars, fabricant californien d’instruments, s’approvisionne en bois d’ébène auprès de son partenaire local Crelicam, dans une logique de durabilité. FedEx bâtit, avec Globex Cameroun, un cadre et un calendrier pour l’installation d’un entrepôt à l’aéroport international de Douala. Le distributeur Hoffman Equipment, basé dans le New Jersey, prépare quant à lui une vente d’équipements de 83 millions de dollars, destinée à soutenir les infrastructures et la formation technique locale.
Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais
Pour ne pas laisser ces annonces sans suite, Washington et Yaoundé ont acté la création de groupes de travail conjoints. Leur mission consiste à institutionnaliser le dialogue et à faire progresser les priorités économiques communes des deux pays.
Par Fabrice BELOKO
Défis Actuels du 29/08/2026
- Sommet Usa – Afrique : La BAD fait la cour aux investisseurs américains
- Cameroun–États-Unis : agriculture, énergie et mines au cœur du dialogue économique du 27 août 2026
- Agoa et son impact sur les exportations de l’Afrique
- Cameroun–États-Unis : Quatre priorités pour renforcer les échanges économiques
- RUTILE, COBALT, NICKEL ET MANGANÈSE : La Sonamines peine à trouver des partenaires fiables







