AccueilBusinessCameroun–États-Unis : agriculture, énergie et mines au cœur du dialogue économique du...

Cameroun–États-Unis : agriculture, énergie et mines au cœur du dialogue économique du 27 août 2026

Le premier Dialogue économique et commercial bilatéral CamerounÉtats-Unis se tiendra le 27 août à Yaoundé. Washington veut y promouvoir davantage de commerce, d’investissement et de transferts de technologies, en mettant l’accent sur l’agriculture, l’énergie, les mines, la technologie et les transports.

Les États-Unis veulent davantage parler d’affaires avec le Cameroun. Le premier Dialogue économique et commercial bilatéral entre les deux pays, prévu jeudi 27 août à Yaoundé, doit servir de cadre pour passer des intentions aux opportunités d’investissement. Le 24 août 2026, le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, a reçu à Yaoundé John G. Robinson, chargé d’affaires a.i. de l’ambassade des États-Unis au Cameroun. Les deux parties ont affiné les préparatifs de cette rencontre présentée comme le premier dialogue économique bilatéral de ce format.

« Nous allons discuter des mesures pour améliorer le climat des affaires, mais aussi identifier des opportunités de commerce, des opportunités d’investissement entre le Cameroun et les États-Unis », a déclaré John G. Robinson à l’issue de l’audience. Pour Washington, l’enjeu est de créer davantage de passerelles entre les entreprises des deux pays et de faciliter les investissements.

DU SOUTIEN À L’INVESTISSEMENT

Le discours américain défend désormais une approche davantage tournée vers le secteur privé. En marge de Promote 2026, lors d’une conférence organisée par la Chambre de commerce américaine au Cameroun, John G. Robinson avait indiqué que les États-Unis souhaitaient être « un partenaire fiable pour la croissance économique ». Cette ambition doit passer par « le commerce, les investissements et les transferts de technologie », plutôt que par les programmes d’aide traditionnels.

Le dialogue économique annoncé veut traduire cette orientation en pistes d’affaires. « Tout est sur la table dans le cadre de ce dialogue », a insisté le diplomate américain. Selon lui, les deux pays ont intérêt à développer leurs échanges. « Le commerce favorise l’investissement, et l’investissement favorise le commerce », a-t-il ajouté.

Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais

Le secteur privé américain dispose déjà de plusieurs points d’entrée au Cameroun. Des entreprises américaines et camerounaises ont noué récemment des partenariats dans l’agroalimentaire, l’aviculture, l’énergie et l’hôtellerie. Cette présence reste toutefois à consolider. Washington veut notamment utiliser ses instruments de financement et d’accompagnement pour faciliter de nouveaux projets.

DES OUTILS AMÉRICAINS DÉJÀ DISPONIBLES

Trois mécanismes occupent une place importante dans cette stratégie. La Société américaine de financement du développement international, DFC, peut soutenir le financement de projets répondant à ses critères. La banque américaine d’import-export, EXIM Bank, intervient notamment dans le financement des exportations et des transactions impliquant des entreprises américaines. Le US Commercial Service accompagne pour sa part les entreprises dans la recherche de partenaires et le développement de leurs activités commerciales.

Ces instruments peuvent donc rapprocher les entreprises camerounaises des capitaux et des technologies américaines. Selon la Chambre de commerce américaine au Cameroun, les missions commerciales et les échanges entre entreprises ont déjà contribué à des projets d’investissement dans plusieurs secteurs. Les mécanismes de financement américains continuent également de soutenir des projets éligibles associant des partenaires américains et camerounais.

Le rendez-vous du 27 août prochain devra surtout permettre d’élargir ce portefeuille. Les discussions porteront notamment sur l’agriculture, l’énergie, les mines, la technologie et les transports.

LA SND30 COMME TERRAIN DE CONVERGENCE

Washington veut aussi aligner ses intérêts commerciaux sur les priorités économiques du Cameroun. John G. Robinson a souligné que les discussions porteront sur des domaines directement liés à la Stratégie nationale de développement 2020-2030. « Nous allons discuter des secteurs divers, y compris la technologie, l’agriculture, l’énergie, secteur minier aussi », a-t-il déclaré après son entretien avec Alamine Ousmane Mey.

Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais

La convergence est particulièrement visible dans l’agriculture et l’énergie. Le Cameroun cherche à accroître sa production locale, développer ses chaînes de valeur et renforcer ses capacités énergétiques. Les entreprises américaines peuvent y trouver des débouchés pour leurs capitaux, leurs équipements et leurs technologies.

Le secteur minier constitue une autre piste. Le Cameroun cherche à mieux valoriser ses ressources et à développer les infrastructures nécessaires à leur exploitation et à leur transformation. Pour les investisseurs américains, ces secteurs peuvent offrir des opportunités à condition que les conditions d’entrée et de financement soient suffisamment attractives.

Les transports figurent également parmi les sujets qui doivent être abordés lors du dialogue. Le déficit d’infrastructures constitue en effet l’un des principaux freins à la compétitivité des entreprises et à la circulation des marchandises.

UN COMMERCE ENCORE LIMITÉ

La taille des échanges donne toutefois la mesure du chemin à parcourir. En 2025, les importations américaines de biens en provenance du Cameroun se sont élevées à 287,7 millions de dollars. Dans l’autre sens, les exportations américaines vers le Cameroun ont atteint 169,3 millions de dollars, selon les données du Bureau du représentant américain au commerce. Les deux économies disposent donc d’une marge importante pour développer leurs échanges.

Mais l’augmentation des investissements ne dépendra pas uniquement de la volonté politique affichée par les deux gouvernements. Les investisseurs américains regarderont aussi les conditions concrètes d’exercice des affaires. Le climat des affaires, la réglementation, l’accès au financement, la qualité des infrastructures et la capacité à sécuriser les investissements restent déterminants.

Le dialogue économique devra donc aller au-delà de l’identification de secteurs porteurs. Pour attirer durablement les capitaux américains, le Cameroun devra offrir des conditions permettant aux entreprises de transformer une opportunité commerciale en projet rentable.

La rencontre de Yaoundé doit ainsi poser les bases d’un mécanisme appelé à durer. John G. Robinson a annoncé que ce format de dialogue devrait se poursuivre chaque année. Le gouvernement camerounais sera invité aux États-Unis pour la prochaine édition. Le premier rendez-vous doit donc produire des résultats suffisamment concrets pour justifier sa pérennisation.

Par Fabrice BELOKO
Défis Actuels du 24/08/2026

spot_img
LIRE AUSSI

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

ACTUELLEMENT EN KIOSQUE

spot_img

LES PLUS RECENTS