Production locale des livres : les imprimeurs sollicitent l’accompagnement de l’Etat.

Les acteurs de la filière estiment que la production actuelle des manuels scolaires est plus profitable aux pays étrangers.

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Des acteurs de la chaine du livre scolaire veulent une nouvelle organisation de la chaine de production. Ils estiment qu’en l’état actuel, le Cameroun ne tire pas réellement profit de son marché du livre scolaire. Les acteurs et experts de la filière réunis à Douala dans le cadre de la session professionnelle de l’université populaire Afrique Evolution (Upae) convoquent les données de l’INS. L’Institut révèle que près de 80% des chiffres réalisés par la filière bénéficient aux pays étrangers.

En effet, soulignent les experts, le secteur de l’imprimerie est en difficulté du fait du choix opéré par les éditeurs de produire les livres à l’étranger et de les importer aux Cameroun. Ces livres produits généralement en Chine, en Inde, en Turquie reviennent au Cameroun en totale exonération des droits de douane. Ceci en respect des accords de Florence et de Nairobi sur les facilités d’importation des produits à caractère éducatif. Mais, dans le même temps, regrettent les imprimeurs locaux ; ils doivent s’acquitter des droits de douane lorsqu’ils importent des intrants comme la pâte à papiers, les ancres etc. En conséquence, le livre produit localement coûte plus chère que celui qui est produit à l’étranger, pourtant pas de qualité supérieure, disent-ils. « L’imprimeur a le métier le plus difficile dans la chaîne du livre. Le manuel scolaire imprimé à l’étranger et ramené avec exonérations des droits de douane au Cameroun est de mauvaise qualité avec un papier de grade inférieur. Le Cameroun perd près de 500 milliards de francs CFA chaque année pour produire le manuel scolaire à l’étranger. Les imprimeurs nationaux locaux ont la volonté, la compétence pour imprimer sur place au Cameroun le manuel scolaire », indique le président du syndicat et de la mutuelle des imprimeurs Antoine Djomo.

Le marché local du livre scolaire a pourtant un fort potentiel. En 2017, on dé nombrait environ 600 000 élèves inscrits en classe de maternelle, 5 millions au primaire et 2 millions au secondaire. Soit un total de 7,6 millions d’apprenants. Les estimations actuelles font état d’environ 12 millions d’élèves au Cameroun. Selon la moyenne des livres inscrits au programme, on évalue à autour de 100 millions, le nombre de livres à produire chaque année pour satisfaire les élèves. Un potentiel que comptent capter les imprimeurs locaux. Les experts de L’Upae recommandent au gouvernement de revoir la gestion des exonérations des taxes pour faire profiter à l’industrie locale. De même, de faire respecter la directive du premier ministre qui voudrait que 50% du manuel scolaire soit produit au Cameroun.

Selon les experts, la production locale des manuels scolaires limiterait le problème des pénuries souvent observées à la rentrée. Ce serait aussi un coup de pouce pour la création d’environ 20 000 emplois directs et indirects. Surtout que le secteur a selon eux subit un « coup dur » du fait de la mise en œuvre de la politique du livre unique.

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