jeudi, juillet 25, 2024
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Présidentielle 2025 : Dernières manœuvres pour contrer Kamto

La prorogation du mandat des députés et conseillers municipaux par l’Assemblée nationale participe de ce projet connu d’avance.

Alors que la session parlementaire du mois de mars tend vers sa fin, le président de la République a transmis à travers le secrétaire général de ses servies un projet de loi portant prorogation du mandat des députés et des conseillers municipaux. Pour un an. Une consultation prévue par l’article 15 de la Constitution du 18 janvier 1996, en son alinéa 4 : « en cas de crise grave, le président de la République peut, après consultation du président du Conseil constitutionnel et des bureaux de l’Assemblée nationale et du Sénat, demander à l’Assemblée nationale de décider par une loi de proroger ou d’abréger son mandat ».

Dans l’exposé des motifs, le président de la République justifie son option par « la nécessité d’alléger le calendrier électoral qui prévoit quatre élections au cours de l’année 2025 à savoir : l’élection des députés à l’assemblée nationale et des conseillers municipaux, ainsi que l’élection du président de la République et des conseillers régionaux ». En outre « en dehors de l’élection des conseillers régionaux, les autres élections qui sont des scrutins directs, nécessitent un déploiement aussi bien humain que matériel et financier important». Voilà pourquoi « il est par conséquent judicieux d’étaler les scrutins électoraux sus-évoqués sur les années 2025 et 2026, de manière à en garantir une meilleure organisation ». En clair, pour Paul Biya, l’embouteillage des élections est un « cas de crise grave ».

Une prorogation donc qui est une exception donc. L’urgence n’est pas signalée pour que ces élections soient reportées. Mais comme le veut désormais une certaine tradition instituée depuis 1996, le Cameroun a usé de l’exception. Alors que les crises qui secouent le pays tendent à se terminer. Mais les représentants du peuple ont choisi de suivre l’exécutif sans réserves. Aussitôt reçu, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi. Si le président de la République promulgue ladite loi, le mandat des députés et des conseillers municipaux qui courrait jusqu’au 30 mars 2025, s’étendra jusqu’au 30 mars 2026. Avec es élections en février 2026.

Batailles de fin de règne

La première conséquence est que Maurice Kamto et le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) sont exclus de la prochaine élection présidentielle, faute de pouvoir constituer un dossier de candidature. Le parti avait boycotté les législatives et municipales de 2020, dans un contexte de brouille en son sein. Il reste une seule possibilité pour l’homme arrivé 2ème selon le décompte officiel, à la dernière présidentielle en 2018. Sauf si le parti use de parrainages. Mais dans un contexte de règne sans partage du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), parti au pouvoir, à la majorité obèse et où la discipline du parti est dictée par le sommet, il est impossible pour le leader du MRC de compter sur quelque soutien que ce soit d’élus issus des rangs du parti au pouvoir.

Paul Biya et son régime subissent depuis bientôt six ans la forte présence de Maurice Kamto dans les débats publics. Au moment où la bataille de fin de règne fait rage déjà au sein du parti au pouvoir, et même simplement au sommet de l’Etat. Ceux qui tiennent le bon bout essaient d’abord de mettre hors d’état de nuire le leader de l’opposition. C’était un projet attendu car au sein du régime, des fuites avaient déjà renseigné l’opinion sur les intentions du pouvoir.

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