mercredi, mai 20, 2026
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Mouvements : le G27 du SDF rejoint l’Undp

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Ils ne sont plus des « sans domicile fixe ». le G27, ces anciens cadres du Social democratic front (SDF) qui ont quitté le navire il y a un peu plus d’un an, sont désormais membres de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp). Jean Tsomelou (ancien député, sénateur et surtout ancien secrétaire général du parti), Paul Tchatchouang (ancien sénateur),… tous ressortissants de la région de l’Ouest, ont décidé de rejoindre Bello Bouba Maïgari. Tous n’y sont pas, d’autant plus que l’honorable Jean Michel Nintcheu a repris le contrôle du FCC, son parti politique, tout comme Parfait Mvoum ; et que Me Tsapy Lavoisier est depuis peu au MRC de Maurice Kamto. Pour ne parler que de ces trois.

Cela survient en pleine préparation de l’élection présidentielle prévue le 12 octobre 2025. Une élection à laquelle Bello Bouba est candidat, après 28 ans d’accompagnement de Paul Biya, candidat du Rdpc, parti au pouvoir. « Aujourd’hui, nous faisons un choix clair. Nous ne venons pas à l’Undp en visiteurs, ni en opportunistes. Nous venons en militants. En bâtisseurs. En contributeurs loyaux à un projet politique que nous partageons pleinement », a indiqué Jean Tsomelou, leader du groupe qui a décidé de rejoindre l’Undp. «Le peuple camerounais envoie un message fort : il ne veut plus des jeux d’appareil, ni des promesses sans lendemain. Il attend des propositions sérieuses, une gouvernance responsable, et un leadership courageux », croit l’ancien secrétaire général du parti de la balance. «Nous croyons fermement que l’Undp, à travers son recentrage historique et son courage de rompre avec le pouvoir, est en mesure de répondre à cet appel du peuple. C’est pourquoi nous avons choisi de vous rejoindre », assure-t-il.

Espoir

Pour cette élection, le débat sur la coalition des forces de l’opposition a resurgi sur l’espace public. Et Bello Bouba se montre ouvert sur l’option de cette union des énergies. Les nouveaux militants adhèrent à cet esprit d’ouverture. « L’heure n’est plus aux divisions ni aux égos. L’heure est à l’unité des forces démocratiques, à la mutualisation des compétences, à la convergence des aspirations populaires», clame Jean Tsomelou. « Le peuple camerounais envoie un message fort : il ne veut plus des jeux d’appareil ni des promesses sans lendemain. Il attend des propositions sérieuses, une gouvernance responsable, et un leadership courageux. Nous croyons fermement que l’Undp, à travers son recentrage historique et son courage de rompre avec le pouvoir, est en mesure de répondre à cet appel du peuple», est convaincu le leader des nouveaux adhérents de l’Undp.  

Présidentielle 2025 : 81 candidatures reçues, et plusieurs carambolages

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Le palais de l'Unité tant convoité

Ils sont en tout 81 candidats à la candidature à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Ouvert le 11 juillet dernier, le délai de dépôt des dossiers de candidature a expiré ce 21 juillet à 23h59. Les opérations démarrées timidement se sont accélérées ces derniers jours. Avec pas moins d’une cinquantaine de dossiers reçus le dernier jour. La hausse du montant de la caution à 30 millions de francs n’a donc pas eu de l’effet sur les aspirants à la fonction présidentielle.

Il revient à Elecam d’étudier les dossiers reçus, et d’en tirer les bons. Et d’office, le tri laissera très peu de dossiers. Seulement 19 partis politiques pouvaient investir chacun un candidat, parce qu’tant les seuls à disposer d’élus. Les autres devant se présenter comme candidats indépendants et donc solliciter 300 parrainages d’élus, membres de chambres consulaires et chefs de premier degré. Il s’avère que plusieurs partis se sont retrouvés avec plus d’un candidat. Il en est ainsi du Rdpc, parti au pouvoir, qui a vu deux de ses militants se présenter : Paul Biya le président sortant, et Léon Theiller Onana, conseiller municipal de la commune de Monatélé qui conteste au président sortant, la légitimité à la tête du parti. Le Manidem a également présenté deux candidats : alors que le président Anicet Ekane investissait Maurice Kamto, président démissionnaire du MRC, Yebga, ancien président qui a été éjecté du parti, se lançait dans la course pour le compte du même parti. Une candidature annoncée la veille de l’échéance par Hervé Emmanuel Nkom, membre du Comité central du Rdpc. Sur un plateau de télévision, le cadre du parti au pouvoir déclarait avec assurance qu’Anicet Ekane que le ministre de l’Administration territoriale avait réconnu en 2018 à la veille de la dernière élection, comme le candidat de ce parti upéciste, n’est pas le président légal de ce parti, et qu’il n’a pas la légitimité d’investir un candidat.  

Quatre candidats pour l’UPC

C’est à l’UPC que la situation est plus serrée. Les pattes du crabe se sont encore plus multipliées à cette occasion. Pas moins de quatre candidatures ont été reçues pour le compte du Parti historique. Pendant que Pierre Baleguel Nkot, secrétaire général de la faction reconnue par la justice, accompagnait Me Akéré Muna investi par le parti Univers, Habiba Issa sa présidente, investissait Abdouraman Hamadou Babba. De son côté, Dominique Yamb Timba s’est annoncé en tant que candidat consensuel de plusieurs factions qui avaient déjà jeté leur dévolu auparavant sur le Pr Jean Bayebeck. Ce dernier qui se battait encore ces derniers jours à trouver la caution, a fini par débarquer au siège d’Elecam aux dernières heures de dépôt des dossiers.

Autant de carambolages qui annoncent un contentieux pré-électoral dense et animé. Le Conseil constitutionnel sera très sollicité dans les prochains jours. Ce sera dès le 11 août 2025, date de publication par Elecam, des candidats retenus.

Le Cameroun veut se débarrasser définitivement de ses agents publics fantômes en 2026

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L’État veut boucler la COPPE en 2026 en radiant définitivement du fichier solde les personnels reconnus comme absents, suspendus ou démissionnaires, conformément à la circulaire présidentielle signée le 18 juillet 2025, qui encadre la préparation du budget de l’État pour l’exercice 2026. Ce texte prescrit « la finalisation de la phase contentieuse du Comptage physique des personnels de l’État, par la sortie définitive du fichier solde de l’État de tous les agents publics définitivement reconnus absents et suspendus à cet effet ». Il prévoit aussi la « poursuite de l’assainissement du fichier solde et personnels, à travers la suppression des agents démissionnaires, ou par la clôture des éléments de salaires ou pensions indûment perçus ».

Lancée entre avril et juin 2018, l’opération COPPE a été conduite par le ministère des Finances avec pour objectif d’identifier les agents émargeant irrégulièrement au fichier solde de l’État, du fait d’absences non justifiées, de démissions ou de décès non déclarés. À l’issue de ce recensement physique, 10 000 agents publics fictifs ont été supprimés du fichier solde, pour une économie annuelle estimée à 30 milliards FCFA dès 2019. En parallèle, 8 766 agents en situation irrégulière ont été identifiés. Malgré plusieurs mises en demeure, seuls 601 d’entre eux ont répondu aux convocations du Conseil permanent de discipline de la Fonction publique, selon le ministre Joseph Lé en octobre 2022.

Ces personnels sont radiés progressivement au terme de procédures administratives et disciplinaires. En février 2025, une nouvelle vague de 297 radiations a été actée, principalement dans l’éducation et la santé. À cette date, le cumul des radiations atteignait environ 4 500 agents, selon des sources gouvernementales.

Le dispositif mis en place pour la récupération des fonds versés à tort s’est appuyé sur la collaboration entre le ministère des Finances et les établissements de crédit. En juin 2023, le ministre Louis Paul Motaze avait émis des avis à tiers détenteur collectif à l’endroit des banques, visant le reversement de 15,5 milliards FCFA de soldes indûment perçues par des agents absents. À la date du 31 décembre 2024, 14,5 milliards FCFA avaient été effectivement recouvrés et reversés au Trésor public, soit 94 % de l’objectif initial. Ce résultat a été obtenu notamment par le blocage de 3 360 comptes bancaires de fonctionnaires absents ou fictifs.

Les opérations de recensement se sont poursuivies après 2018. En 2019, les salaires de 15 254 agents suspects ont été suspendus, et 12 546 comptes bancaires restaient actifs. L’État a laissé la possibilité aux intéressés de contester les prélèvements, en demandant aux établissements de crédit d’établir des attestations individuelles de reversements à l’intention des requérants éventuels.

Depuis 2022, un système de contrôle physique régulier est en cours à travers la Campagne de Recensement Physique des Personnels de l’État (COPPE), visant à réduire les coûts liés aux effectifs fictifs. Ce mécanisme est soutenu par les banques commerciales, partenaires clés du dispositif. Celles-ci ont fait part de difficultés dans la gestion des comptes ouverts par des agents indélicats ayant contracté des crédits avant de disparaître. Certaines situations extrêmes recensées révèlent des personnes ayant obtenu des prêts dans jusqu’à sept établissements différents, sans jamais les rembourser.

Le ministre des Finances a invité les banques à mettre en place des plateformes d’échange d’informations pour détecter ces pratiques. Il a également souligné les difficultés pour l’État lorsque les établissements bancaires réclament le remboursement de créances contractées par des fonctionnaires qui n’existent plus dans les effectifs.

La clôture de la COPPE, prévue pour 2026, s’inscrit dans la volonté des autorités camerounaises de rationaliser la dépense publique et d’optimiser la gestion des ressources humaines de l’État.

Le Cameroun va réglementer les financements parallèles de la SNH dès 2026

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La SNH reverse plus de 3000 milliards à l’Etat

À compter de 2026, les interventions directes de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), utilisées pour financer des dépenses urgentes de l’État, seront arrimées aux procédures classiques d’exécution de la dépense publique. C’est l’une des principales mesures contenues dans la circulaire présidentielle du 18 juillet 2025 relative à la préparation du budget de l’exercice 2026. « Un terme devra être mis dès 2026, à la pratique des interventions directes au niveau de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH). Les opérations y relatives suivront dorénavant la procédure normale d’exécution de la dépense, au même titre que les autres dépenses du budget de l’État », peut-on lire dans ce document.

Jusqu’ici, ces interventions échappaient largement aux circuits habituels de la dépense publique. Elles servaient à couvrir des besoins jugés stratégiques ou urgents — notamment en matière de sécurité ou de souveraineté — sans inscription préalable en loi de finances. La présidence de la République et la direction générale de la SNH en étaient les principaux décideurs, dans un cadre peu transparent, régulièrement dénoncé par les partenaires techniques et financiers du Cameroun.

La circulaire présidentielle prévoit désormais que ces opérations passent par la chaîne normale de la dépense budgétaire, « au même titre que les autres dépenses de l’État ». Toutefois, il est prévu qu’un mécanisme spécifique de paiement soit mis en place au ministère en charge des Finances, afin de tenir compte de l’urgence qui caractérise encore certaines de ces dépenses.

Cette inflexion intervient alors que les interventions directes de la SNH continuent de croître en 2025. Dans le rapport économique, social et financier annexé à la loi de finances 2025, le gouvernement annonce une hausse de 105,8 milliards FCFA des dépenses en biens et services. Une partie de cette augmentation est explicitement liée au renforcement des interventions directes de la SNH dans le domaine sécuritaire.

Mise en garde répétée du FMI

Ces pratiques suscitent des critiques persistantes du Fonds monétaire international. L’institution de Bretton Woods, qui accompagne le Cameroun depuis 2021 dans le cadre d’un programme économique et financier soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC), a formulé à plusieurs reprises des réserves sur ces modalités d’exécution budgétaire. Le FMI reproche notamment leur manque de traçabilité et leur impact sur les équilibres budgétaires globaux.

Entre 2021 et 2024, le Cameroun n’a pas respecté plusieurs des cibles indicatives fixées dans le cadre de ce programme, en particulier celles relatives au volume des interventions directes de la SNH et aux dépenses exécutées via des procédures exceptionnelles. En 2021, par exemple, les interventions avaient atteint 138 milliards FCFA à fin juin, contre un plafond initial de 100 milliards. En 2022, elles ont franchi la barre des 91,9 milliards à mi-année, dépassant à nouveau les limites fixées.

Les autorités camerounaises ont justifié ces dépassements par les contraintes sécuritaires persistantes, mais aussi par les besoins de subvention des prix des carburants ou les tensions de trésorerie dans le secteur de l’électricité. Elles se sont engagées à améliorer le suivi de ces dépenses et à en rendre compte trimestriellement au FMI. Un comité ad hoc, réunissant des représentants de la SNH et du ministère des Finances, a d’ailleurs été créé à cet effet.

Malgré ces engagements, les rapports successifs du FMI — notamment celui de novembre 2024 — relèvent que ces dépenses ont continué à dépasser les plafonds convenus, contribuant à évincer d’autres postes budgétaires, notamment les investissements publics. Pour la seule période 2020-2021, les interventions directes de la SNH ont représenté 419 milliards FCFA.

Cacao : la valeur des exportations bondit de 90% en 2024

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Le cacao brut en fèves reste le produit phare de cette envolée. Les exportations en valeur ont presque doublé, passant de 359 milliards FCFA en 2023 à 683 milliards FCFA en 2024, soit une hausse de 90%. Cette croissance spectaculaire ne s’explique pas par une augmentation des volumes – qui ont en réalité diminué de 1% – mais plutôt par la hausse historique des cours mondiaux du cacao, stimulés par une demande soutenue et des tensions sur l’offre mondiale. « Cette performance prouve que le cacao reste une véritable rente d’exportation pour le Cameroun, même en période de restriction des volumes », commente un expert du ministère du Commerce.

Cette tendance révèle aussi l’intelligence d’un repositionnement stratégique : exporter moins en quantité, mais mieux en valeur. Autre signal fort, indique le rapport, est l’accélération de la transformation locale. La pâte de cacao a vu ses exportations en valeur plus que doubler, atteignant 210 milliards FCFA contre 97 milliards l’année précédente, soit une hausse de 115,5%, soutenue par une croissance de 24,5% des volumes exportés. Même logique pour le beurre de cacao, qui a généré 99 milliards FCFA en 2024, contre 56 milliards en 2023, soit une progression de 78,6%, avec des volumes en légère hausse (+4,2%).

 Ces chiffres traduisent l’efficacité des mesures incitatives prises par les pouvoirs publics pour favoriser la première transformation sur le territoire national, avec à la clé une plus grande valeur ajoutée captée localement. La réussite du cacao contraste avec le recul observé sur d’autres produits phares comme le bois brut (- 26,4%) ou l’aluminium (-41,6%), pénalisés par les droits d’exportation ou des stratégies de rétention pour transformation intérieure. Même le café, dont la valeur des exportations a progressé de 38,7%, a vu ses volumes chuter de 16,4%, dans un contexte de réorganisation du secteur.

 Le Cameroun semble amorcer un tournant vers une souveraineté économique par la transformation locale du cacao, tout en maintenant une compétitivité sur les marchés internationaux. Les recettes générées par la fève brune et ses dérivés représentent à elles seules près de 55% des exportations hors pétrole en 2024, consolidant la filière comme pilier stratégique de la relance commerciale du pays. Avec un œil sur les marchés internationaux et un autre sur la structuration locale, le Cameroun s’affirme de plus en plus comme un acteur clé du cacao transformé en Afrique centrale. Reste désormais à poursuivre les investissements dans la deuxième et troisième transformation, pour convertir cette rente en véritable levier de développement industriel.

Le Cameroun va accueillir le 23e Congrès international de l’eau

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La cérémonie de signature, présidée par Blaise Moussa, directeur général de Camwater et président en exercice de l’AAEA, et Christophe Mien Zok, directeur général du Palais des Congrès de Yaoundé, a scellé, le mercredi 16 juillet 2025, une collaboration pour la mise à disposition des infrastructures du Palais des Congrès pour accueillir l’événement, et la réhabilitation de son système d’alimentation en eau potable. « C’est avec une profonde fierté et un grand sentiment de responsabilité que nous entamons cette phase décisive des préparatifs », a déclaré Blaise Moussa. Selon lui, le partenariat signé permettra de faire du Palais des Congrès une vitrine d’excellence technique, logistique et sanitaire, à la hauteur des ambitions du Cameroun et des standards internationaux.

Le premier protocole d’accord vise à garantir des conditions optimales pour le déroulement du congrès, il s’agit en effet de l’aménagement des espaces, assurer la fluidité des services, confort et sécurité sanitaire. Le second accord, d’ordre technique, engage L’entreprise publique en charge de la production et de la distribution d’eau potable au Cameroun à réhabiliter et maintenir le système d’eau potable du site, tout en formant le personnel local. L’objectif est d’assurer un service durable, fiable et sécurisé avant, pendant et après l’événement. Au-delà de l’aspect événementiel, cette convention traduit une vision commune axée sur la durabilité. Camwater, en tant que maître d’ouvrage de l’eau au Cameroun, y voit l’opportunité de renforcer son rôle de leader en matière de gouvernance de l’eau en Afrique. Le Palais des Congrès, quant à lui, devient plus qu’un simple lieu de conférence : un modèle de gestion intégrée des infrastructures publiques. Cette collaboration sera aussi un levier pour mobiliser les partenaires techniques et financiers autour de projets structurants.

La convention, appuyée par des engagements concrets, offre un cadre institutionnel stable et crédible pour attirer bailleurs de fonds, sponsors et investisseurs intéressés par le développement du secteur de l’eau et de l’assainissement sur le continent. Le Congrès AAEA 2026 de Yaoundé s’annonce comme un carrefour stratégique pour le continent. Face à l’urgence climatique, à la raréfaction des ressources et aux besoins croissants en eau potable, ce forum rassemblera experts, décideurs publics, entreprises, ONG et bailleurs autour de solutions innovantes. Pour Blaise Moussa, « chaque discussion et chaque décision prise à Yaoundé auront des retombées concrètes pour les populations africaines ».

Les retombées attendues sont multiples, notamment positionner le Cameroun comme destination stratégique pour les grandes conférences internationales, valoriser les initiatives nationales en matière d’eau, et contribuer à un plaidoyer continental pour l’accès universel à l’eau et à l’assainissement.

Numérique: ST Digital, un opérateur privé cité en exemple

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En visite au sein de son datacenter, la ministre des Postes et Télécommunications a salué les performances de cette entreprise créée et dirigée par des jeunes camerounais qui ont l’ambition de contribuer à la souveraineté numérique.

En séjour à Douala, à l’occasion du forum international sur l’économie numérique, la ministre des Postes et Télécommunications du Cameroun, Minette Libom Li Likeng, a effectué une visite de terrain au sein du datacenter nouvelle génération de ST Digital située dans la zone portuaire.

 Après avoir fait le tour des lieux, le membre du gouvernement s’est montré satisfait des infrastructures. « Je suis encouragée parce qu’il s’agit d’un Data Center qui est géré par un partenaire privé,, par des jeunes Camerounais qui ont compris qu’ils sont capables d’offrir aux Camerounais des services de qualité comme ce qui se passe dans d’autres pays que nous admiron”, a indiqué Minette Libom Li Likeng.

 Pionnier des solutions Cloud et Datacenter en Afrique, ST Digital a lancé le premier cloud 100% camerounais.  Une solution qui répond aux difficultés de coûts souvent élevés pour les PME et les start up.

 La société camerounaise de services informatiques  a annoncé en début de cette année, la mise en place de la première offre d’hébergement IA souveraine en Afrique centrale et de l’Ouest. Disponible au Cameroun et en Côte d’Ivoire depuis le deuxième trimestre 2025, GPU CLOUD AFRICA se présente comme une offre souveraine d’hébergement de serveurs IA (intelligence artificielle) dotée de processeurs GPU NVIDIA avec une capacité de calcul inégalée pour les applications IA. “En encourageant l’hébergement local de nos données, en ajoutant au Data Center, le cloud, toutes les entreprises, l’administration peuvent en toute sécurité venir héberger leurs données ici. Et surtout, un autre élément que j’ai découvert, vous savez que nous venons de faire des concertations nationales sur l’intelligence artificielle, où nous voulons avoir une stratégie nationale de développement de l’IA camerounaise, qui tient compte des réalités locales. Et je me rends compte que cet opérateur a vu encore très loin en intégrant une infrastructure dédiée à l’intelligence artificielle. Donc vous voyez que je repars d’ici satisfaite”, se réjouit la ministre.

Selon le Directeur Général de ST Digital, cette visite est une reconnaissance de sa contribution à l’enjeu de souveraineté numérique.  « Nous hébergeons les données des Camerounais au Cameroun et donc c’est un honneur que d’avoir notre tutelle puisque c’est le ministre des postes et télécommunications qui nous visite mais également les services du gouverneur et le gouverneur lui-même. C’est un vrai honneur d’avoir une forme de reconnaissance pour nous et toute l’équipe. Vous savez, l’équipe est constituée essentiellement de Camerounais, de jeunes Camerounais formés localement qui au quotidien justement ont un engagement à fournir des services aux standards internationaux donc c’est aussi une fierté que de voir un peu ce travail acharné récompensé par une belle visite. », a déclaré Anthony Same,

Présidentielle 2025 : la candidature de Paul Biya déposée, pour sept dossiers

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Paul Biya est désormais officiellement engagé dans la course pour sa succession. Le dossier de candidature du président sortant a été déposé cette mi-journée par Jean Nkuété le secrétaire général du Comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), qu’accompagnaient Samuel Mvondo Ayolo le directeur du cabinet civil de la présidence de la République et Pierre Célestin Ndembiyembe, membre du Comité central du parti au pouvoir. Peu avant, à 10h58, c’est Jacques Bouhga qui avait déposé son dossier. L’économiste sera investi le week-end prochain par le Mouvement citoyen national camerounais (Mcnc) de Jean Monthe, à Bafang.

Pendant ce temps, Joshua Osih déposait son dossier à l’antenne régionale Elecam du Nord-Ouest à Bamenda. Le candidat du Social demoratic front (SDF) a opté pour Bamenda, symboliquement. Bamenda est la ville qui a vu naître le Parti de la balance. Trente-cinq ans après la naissance dans le sang de ce parti qui a longtemps porté les aspirations du peuple camerounais, de l’eau a coulé sous le pont. Pour sa première tentative, le successeur de Ni John Fru Ndi avait fait le pire des résultats du parti, se classant 4ème (avec 3,2%) derrière Cabral Libi’i du parti Univers (avec 6,3%) et Maurice Kamto du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (2ème avec 14,4%). Dans cette ambiance de fin de règne du leader charismatique Ni John Fru Ndi, la guerre de transition aboutira au départ de plusieurs cadres de la première heure. Les adversaires de Joshua Osih partis, l’homme ira à l’élection avec du sang neuf, acquis à sa cause.

Hier déjà, trois autres dossiers ont été reçus par la commission interne de réception des dossiers à la direction générale d’Elections Cameroon (Elecam) que préside Suzanne Epie Epang. Celles de Me Akere Muna investi par le parti Univers ; de Kamgan Tan Eric, portée par le parti Libération démocratique pour le changement républicain camerounais (Ldcrc) ; et de Jean Blaise Gwet, portée par le Mouvement patriotique pour le changement au Cameroun (Mpcc). L’antenne régionale d’Elecam du Sud a enregistré une candidature, celle de Geneviève Ze Amvene, candidate indépendante.

 Laurentine Assiga : « Le RJ2C veut autonomiser les professionnels de l’information culturelle »

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Laurentine Assiga, présidente fondatrice du Réseau des journaliste culturels du Cameroun (RJ2C)

Quel bilan faites-vous de la 5e édition ?

La 5e édition a mis en lumière l’aire culturelle Fang-Beti. Plus d’une vingtaine de chefs traditionnels ont fait le déplacement, accompagnés de plus de 200 membres de cette communauté. Ils ont même occupé un stand au Village de la Presse Culturelle afin de transmettre leurs savoirs aux visiteurs. Côté participation journalistique, nous avons enregistré plus de 200 candidatures. Pour la première fois, le nombre de finalistes a été porté à 50. Ce choix découle de la volonté de former davantage de journalistes internationaux à des problématiques culturelles. L’Afrique manque cruellement de critiques d’art. Malgré sa richesse culturelle, elle reste marginalisée sur le plan international. Sa culture est souvent racontée par d’autres.

Nous avons donc voulu mobiliser les professionnels de l’information culturelle pour qu’ils racontent l’Afrique avec les mots justes et dans leur essence. L’année dernière, nous avons abordé le thème de la mode africaine. Ce domaine reste souvent traité superficiellement. Lorsque l’on parle de tissus africains, d’autres préfèrent les désigner comme « tissus ethniques », ce qui contribue à les confiner à une image communautaire, peu universelle. C’est une distorsion que nous avons voulu rectifier par une approche approfondie.

Des ateliers ont été organisés, comme celui sur le costume du danseur. Certains portent des points blancs ou noirs, des gorilles, des peaux de panthère. Que signifient ces éléments ? Quelle est leur symbolique ? Le journaliste culturel doit être capable de les décrypter pour le grand public, qui ne voit souvent que de simples accessoires. L’anthropologue Pr François Bingono Bingono est intervenu pour expliquer que les points blancs représentent les yeux, et que la peau de panthère est un symbole de protection spirituelle. Tout talent étant spirituel, il est exposé aux forces obscures qui cherchent à l’étouffer. Il est donc nécessaire de se couvrir pour exercer ce don que Dieu nous a confié et le fructifier comme le demande la foi chrétienne.

Cette thématique est d’autant plus importante que les journalistes européens ou américains, bien qu’intéressés, abordent parfois la culture africaine avec un regard biaisé, influencé par leur propre référentiel culturel. Nous voulons que chacun vienne ici, au Cameroun – véritable Afrique en miniature – pour s’immerger et comprendre en profondeur. Plusieurs ateliers ont été tenus, avec les 50 finalistes, rejoints par des confrères étrangers non finalistes. En tout, environ 150 participants, sans oublier les bénévoles qui nous soutiennent. En les incluant, nous atteignons près de 200 personnes pleinement investies. Nous avons également accueilli la reine Clarisse Belle, qui est venue partager l’histoire du Kaba et du Sandja. C’est essentiel, car bien souvent, nous portons ces vêtements sans en connaître la signification. Cette édition a été riche, retentissante, et véritablement belle.

La 5e édition du Grand Prix Francophilie des Médias s’est imposée comme un rendez-vous majeur dans les sphères culturelles et événementielles du Cameroun. La 6e édition, quant à elle, est placée sous le thème « Architecture ». Pourquoi ce choix, et quel bilan tirez-vous de la précédente édition ?

Pourquoi ce thème ? Parce que l’architecture est considérée comme le premier art. Or, en analysant nos contenus, bien que nous appartenions à des organes de presse généralistes, nous constatons que la question architecturale est quasi absente, à peine 0,001 % de nos productions l’abordent. Elle n’est généralement traitée que lors de la Journée mondiale de l’architecture ou à l’occasion d’événements particuliers comme les 50 ans de l’Ordre national des architectes.

Pourtant, l’architecture est un élément fondamental de l’identité d’un peuple. Quand on se rend chez les Bakas, leur architecture est bien connue. Les Mousgoum ont leur propre style de construction, tout comme les Mandaras. Chaque peuple a ses éléments distinctifs visibles et palpables, et l’architecture en fait partie. C’est ainsi que l’on peut dire : « ici, on est chez les Mousgoum », « ici, chez les Baka », « ici, à Bafou », « chez les Fang-Beti », etc. Nous avons donc estimé que cet héritage ne peut être ignoré. En tant que journalistes culturels, nous avons la responsabilité de le transmettre de génération en génération, notamment à travers des articles de fond.

Revenons à l’actualité, avec cette cinquième édition dont vous êtes en plein dans les préparatifs. Comme la précédente, vous avez mis l’accent sur l’économie des médias culturels. Nous sommes dans un contexte où la presse privée, en général, souffre dans son développement. Quel levier peut-on proposer pour accompagner les journalistes culturels en matière de formation, afin d’optimiser leurs résultats et leur permettre de vivre de ce métier ?

Oui, merci pour la question. C’est justement pour cela que nous avons intégré, au sein de l’événement, une plateforme appelée Le Grand Forum sur l’autonomisation des professionnels de l’information culturelle. En tant que journaliste moi-même, je sais qu’à l’école, on ne nous forme pas à devenir des patrons de presse. On nous forme à être de très bons employés : collecter, traiter, diffuser l’information. On nous enseigne l’appareillage juridique, comportemental et déontologique lié à l’exercice du métier, mais jamais on ne nous dit : « Demain, tu peux être patron de presse. Voici comment chercher des financements, te positionner sur le plan marketing, cibler ton secteur. »

Quand on observe le paysage médiatique camerounais, on constate que plus de 99 % des médias sont généralistes. Pourquoi ? Parce que cela découle directement de cette formation. Si, dès l’école, on nous avait encouragés à nous spécialiser, à choisir une niche précise, on saurait mieux ce qu’on vend. Aujourd’hui, avec une dizaine de chaînes de télévision qui font toutes la même chose, le public se lasse et se tourne vers l’étranger, où il existe des spécialisations.

Pour capitaliser les talents et il y en a au Cameroun, il faut réfléchir. En analysant les profils qui soumissionnent dans le cadre de la Coupe du monde après-culturelle, on constate que près de 60 % sont des freelances. Pourquoi ? Parce que beaucoup ne trouvent pas leur place dans les structures existantes. Et quand on parle de « freelance », on pense souvent à des journalistes en situation de chômage, qui attendent des événements ponctuels pour exercer. Pourtant, leurs productions sont souvent de véritables pépites. Que fait-on de ces talents ? On ne va pas pleurer sur notre sort. Il faut trouver des solutions.

Avec les compétences que nous avons, nous avons décidé de réfléchir sérieusement à l’économie des médias. À l’école, c’était mon cœur de métier, mais je n’ai jamais eu la suite : le management des entreprises de presse. Je me suis dit qu’il fallait révéler cette dimension, chez moi comme chez les autres. Monter une entreprise de presse ne repose pas uniquement sur le talent d’écriture. Il faut aussi des financements, un marché. Et pour cela, il faut comprendre les mécanismes.

Par exemple, pour obtenir un crédit bancaire, on vous demandera des garanties comme un titre foncier, que la plupart des jeunes journalistes n’ont pas. Pourtant, dans d’autres secteurs comme l’agriculture, il existe des prêts à taux zéro, sans garantie. Pourquoi ne pas transposer ces modèles à l’information culturelle ? Nous vendons un produit intellectuel, certes intangible, mais essentiel à la société. Pourquoi ne pas financer la presse à juste titre ?

Nous avons donc réuni autour de la table des partenaires qui, jusque-là, étaient peu sensibles à notre plaidoyer. Ensemble, nous réfléchissons à comment démarrer, ne serait-ce qu’avec deux ou trois start-ups exclusivement dédiées à la culture. À partir de leur expérience, nous pourrons élaborer un modèle économique à proposer aux autres. Cette année, nous poursuivons cette dynamique. Orange Cameroun a décidé de financer un projet à hauteur de 1 million de FCFA. L’Union européenne apporte également 500 000 FCFA pour un autre projet. Ce n’est qu’une étape. L’année prochaine, la cagnotte pourrait grandir, car nous sommes en phase de test. Nous allons mettre en place un système de mentorat sur un an, avec trois volets : un mentorat professionnel, assuré par un aîné expérimenté ; un mentorat juridique, avec un cabinet d’avocats pour accompagner la structuration légale ; et un mentorat financier, avec un mécène ou une institution qui s’engage à soutenir la jeune entreprise.

Ensemble, nous évaluerons la faisabilité, les obstacles et les résultats. Au bout d’un an, nous pourrons dire : « Nous avons investi un million, voici ce que nous avons gagné. » Cela permettra, en 2026, de revenir avec une assiette plus large et des perspectives renforcées.

Au regard de vos explications, peut-on espérer que le Grand Forum soit considéré comme un dispositif concret de mise en place ?

C’est un programme qui va s’étendre sur toute une journée. Nous avons prévu des enseignements, des masterclasses, des ateliers, avec la participation d’aînés comme le Directeur Général de la CRTV. Nous avons articulé tout cela autour d’une thématique : du reporter au boss. Comment faire la transition ? Quel type d’employé faut-il avoir ? Quelle attitude adopter en tant que patron ? Quels sont les fondamentaux, les manœuvres à maîtriser ? Nous aurons également des intervenants issus du marketing, comme Blaise Etoua, qui viendront parler de la structuration d’un plan stratégique pour une entreprise de presse culturelle. Que faut-il vendre ? Quels éléments intégrer ? Est-ce qu’on monte le même dossier qu’une entreprise de vente de beignets, par exemple ?

Nous aurons aussi le partage d’expérience du Directeur Général du Quotidien de Dakar, au Sénégal, qui interviendra sur les plus-values, sur la diversification des sources de revenus. Émile Fidjeck sera également présent. Ce sera une journée intense, axée sur l’apprentissage pratique, sans théorie. Il y aura des études de cas, des échanges directs, et en fin d’après-midi, une battle de pitch : les candidats présenteront leurs projets devant un jury composé de mécènes, de professionnels des médias et de représentants du secteur bancaire.

L’un des points saillants du Grand Prix de la Francophilie est également le village culturel. Peut-on considérer ce village, qui regroupe presque tous les domaines, comme un incubateur pour les industries créatives ?

C’est exactement cela. C’est un espace d’autonomisation, qui montre ce que les journalistes savent faire en plus. Certains sont créateurs de mode, d’autres sont chanteurs, d’autres encore sont artistes dans divers domaines. Le village de la presse culturelle met en lumière cette autre facette de leur talent. C’est aussi un lieu de contact et de communion avec nos sources, qui sont souvent des artistes.

Des échanges auront lieu à travers des talks, des showcases conçus comme des présentations de projets à la presse. Un artiste qui a un projet exclusif encore en gestation viendra le présenter. S’il s’agit de musique, nous organiserons des séances d’écoute ; s’il s’agit de cinéma, des séances de visionnage. Cela permet aux journalistes de repartir avec du contenu exclusif que les autres n’ont pas. On ne vient pas seulement se balader, on vient aussi chercher de l’inédit pour nos lecteurs, nos téléspectateurs, nos auditeurs.

C’est l’un des combats que vous menez depuis la création du Réseau des Journalistes Culturels du Cameroun, dont vous êtes la présidente fondatrice. Vous défendez la presse culturelle et souhaitez la faire grandir. Si un journaliste vous lit ou vous écoute, quel message-clé lui adresseriez-vous pour renforcer son potentiel et asseoir sa légitimité ?

Il doit d’abord se considérer comme un produit de très haute valeur. Selon mon expérience, beaucoup s’affaiblissent à la première critique. Pourtant, je dis que c’est la meilleure spécialisation du monde. Il faut se considérer comme une valeur, car on touche à quelque chose que les autres ne touchent pas. Être sur une scène de live, c’est presque divin. Le journaliste culturel est le transmetteur des héritages des autres. Il est important. Sans lui, tout cela peut disparaître.

Il faut défendre cette valeur, ne pas permettre à n’importe qui de la dénigrer. Avant de se lancer, il faut se poser la question : comment considère-t-on les journalistes culturels ? Aujourd’hui, beaucoup veulent entrer dans ce domaine parce qu’ils ont vu notre travail. On leur a montré que notre sac n’est pas un sac vide, même s’il est modeste, il est rempli de sens.

C’est une question d’état d’esprit. Nous sommes investis d’une mission. Dieu est le premier créateur, et ce que nous voyons dans chaque communauté, ce sont les semences qu’il a déposées. Celui qui les voit est un esprit élevé. Il faut se dire : « J’ai de la valeur. Et si on ne m’en donne pas, j’en crée. » Il ne faut pas attendre que quelqu’un d’autre construise ton secteur. Il faut bousculer les lignes, prendre la machette et débroussailler le terrain.

Beaucoup n’aiment pas l’effort. Ils disent : « On ne m’a pas donné de perdiem. » Mais pourquoi ne pas créer de la plus-value pour qu’on ne vous donne plus 2 000, mais 100 000 FCFA ? Il faut que votre plume vaille ce prix. Il faut se positionner comme un produit, rechercher les codes du marketing pour vous aider. Si on ne vous invite pas, ne venez pas. Ou alors, si vous êtes au courant, venez avec assurance. Ne vous ridiculisez pas à l’entrée. Si vous êtes freelance et qu’on ne vous recrute pas, utilisez votre mur Facebook. Faites vos chroniques, racontez vos voyages, vos immersions culturelles. Très souvent, les jeunes pensent que nous sommes dans des entreprises déjà établies. Non. Il faut être soi-même un créateur de richesses. C’est ça. Pour conclure, je dirais simplement : il est temps de croire en la presse culturelle, de l’investir, de la structurer, et surtout de la considérer comme un levier de développement. Nous avons les talents, les idées, les outils. Il ne reste plus qu’à les mettre en mouvement.

Pour conclure, la France est à l’honneur dans cette émission, notamment pour son modèle de conservation patrimoniale, reconnu mondialement et considéré comme un pilier dans la marche des peuples. Quelles opportunités ce modèle peut-il offrir à l’Afrique, et particulièrement au Cameroun, en matière de tourisme culturel et de valorisation du patrimoine ?

Justement, c’est le modèle économique qu’il faut observer. La France n’a pas de bois, ni de grandes matières premières, si l’on prend le terme dans son sens le plus strict. Ce qu’elle a, c’est sa culture. Ce qu’elle a, c’est son tourisme. Pourquoi la France a-t-elle défini Paris comme capitale mondiale de la mode ? Parce qu’elle a su ancrer cette idée dans l’imaginaire collectif. Et à force d’y croire, le monde entier y croit aussi. Les médias culturels ont été un levier pour changer le regard du monde sur la France. Et vous voyez comment elle investit dans la culture.

Les pays africains, et le Cameroun en particulier, doivent s’inspirer de cela. Il faut regarder comment certains pays génèrent des revenus culturels supérieurs à ceux de l’industrie automobile. Rien que les entrées à la Tour Eiffel rapportent des sommes colossales. Nous, cela fait dix ans que nous organisons la Coupe du Monde de la Presse Culturelle. Il faut donc travailler sur le subconscient collectif.

Les médias français sont présents partout dans le monde, y compris en Afrique : RFI, France 24… Tandis que nos médias publics restent cantonnés au territoire national. Certains ne sont même pas captés dans certaines régions. Il faut réfléchir à cela. On ne peut pas toujours compter sur les recettes des matières premières. Nous avons un soft power puissant, qui ne demande pas d’investissements faramineux. Il faut le reconnaître et l’exploiter.

En matière de conservation, c’est pareil. Ici, on détruit nos cases patrimoniales, nos bâtiments historiques. Un édifice construit en 1800 est rasé pour faire place au béton. Là-bas, ils restaurent. Regardez la cathédrale Notre-Dame de Paris : elle a brûlé, mais ils l’ont reconstruite à l’identique, en allant chercher la même pierre utilisée à l’origine. Nous, on efface tout. Pourtant, ce que les gens viennent voir, ce n’est pas juste le bâtiment, c’est l’histoire qu’il incarne. Le château de Versailles attire des millions de visiteurs parce qu’il raconte une histoire. Qu’est-ce qui nous empêche, nous aussi, de créer des récits ? Certains sont même inventés, mais ils captivent parce qu’ils sont portés par un storytelling fort. C’est une narration, un discours. Et vous entendez souvent le président dire : « Changeons de narratif. » Il faut se valoriser. Si nous ne le faisons pas, personne ne le fera à notre place.

Aujourd’hui, au Cameroun, quand quelqu’un mange de l’okok, il dit que c’est « villageois ». Quand il mange du ndolé, il le dévalorise. Mais s’il mange une pizza, il se sent valorisé. Si l’État italien n’avait pas investi dans la presse culturelle pour promouvoir sa gastronomie, nous ne mangerions pas de pizzas ou de spaghettis comme nous le faisons aujourd’hui. Il faut que nos États comprennent les enjeux du pouvoir culturel, du donner et du recevoir.

Aujourd’hui, on parle de « continent », ce n’est pas l’État qui l’a décrété, c’est le peuple qui s’est affirmé. Il faut que l’État saisisse cette opportunité. Il faut investir pour que le monde entier sache que nous sommes un continent. Et cela commence par les mentalités, dans tous les corps de métier concernés : la police, les services de visa, tout doit être facilité pour que les gens puissent venir découvrir notre culture. Il faut des restaurants qui reflètent cette identité, des infrastructures qui incarnent ce statut continental. C’est là que les acteurs culturels doivent être pris au sérieux, et non négligés.

GPFM : Structurer la presse culturelle pour bâtir l’économie médiatique de demain

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Et si l’avenir prospère des médias camerounais passait par la culture ? la question ne se pose plus. Elle s’expérimente à Yaoundé, la capitale du pays. C’est à travers le Grand Prix Francophilie des Médias, qui engage un pari de faire de l’information culturelle un véritable levier de développement économique.  Né en 2020 avec, pour première lauréate, la journaliste du quotidien bleu Le Jour, Elsa Kane, le Grand Prix Francophilie des Médias s’est imposé en six éditions comme bien plus qu’un simple concours. Véritable « Coupe du monde de la presse culturelle », cet événement annuel, dont l’apothéose est attendue le 27 juillet prochain, est désormais un rendez-vous incontournable pour les passionnés de patrimoine et d’expression artistique. Porté par le Réseau des Journalistes Culturels du Cameroun (RJ2C), le prix célèbre non seulement l’excellence journalistique, mais ambitionne aussi de repositionner la culture au cœur du développement et du récit médiatique africain. Son ambition est en effet de structurer un écosystème éditorial autour des arts et de la culture, et inscrire ce secteur dans les industries culturelles et créatives (ICC), trop souvent marginalisées dans les rédactions et les politiques du pays.

Dans un paysage médiatique où la culture représente à peine 5 % des contenus, et où les journalistes spécialisés sont souvent marginalisés, voire précarisés, le Grand Prix agit comme un catalyseur. C’est à travers le « Grand Forum sur l’autonomisation des journalistes culturels », organisé cette année à l’Institut français de capitale politique, incarne cette volonté de rassembler les experts financiers, les institutions publiques, les patrons de presse et les investisseurs pour poser les bases d’un modèle économique viable et durable dans le secteur de la presse privée au Cameroun. Entre concours de rédaction, showcases thématiques, expositions, conférences et village de la presse culturelle, l’événement explore une chaîne de valeur complète de la création de contenu à sa valorisation commerciale, en passant par la formation des talents et la mise en réseau des acteurs du secteur.

Le choix du thème de l’architecture pour cette 6ᵉ édition n’a rien d’anodin. Longtemps reléguée au second plan dans les médias, cette discipline recèle pourtant un fort potentiel de développement local. Du tourisme patrimonial à l’urbanisme durable, en passant par le design d’espaces publics et la photographie spécialisée, l’architecture peut devenir un levier économique majeur. À travers ce focus, l’événement entend interroger la place des médias culturels dans la valorisation et la mise en lumière de ce secteur encore sous-exploité. Pays à l’honneur cette année, la France est citée en exemple, avec ses 45 000 édifices protégés, sa base de données Mérimée, et sa capacité à conjuguer patrimoine architectural et modernité urbaine. Ce savoir-faire nourrit une coopération renforcée, notamment via l’Ambassade de France, partenaire de l’événement et soutien des ambitions d’exportation du modèle.

Au-delà des discours, c’est sur le terrain que va s’opérer la transformation. Le village culturel, qui sera installé à l’esplanade du Musée national, va se muer en mini-foire économique où entreprises de presse, artistes, créateurs, partenaires y testent des modèles de monétisation et de collaboration. En plein cœur de Yaoundé, le lieu est symbolique, il rappelle que la culture peut être moteur de visibilité, d’attractivité et de croissance. Depuis sa création, le Grand Prix Francophilie a stimulé les échanges sud-sud et nord-sud entre journalistes culturels. En 2025, l’événement veut poser les fondations d’une économie éditoriale dédiée à la culture, avec des outils, des publications, des labels de qualité et des incubateurs de médias culturels.

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