mercredi, mai 20, 2026
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Gouvernance: Le pamphlet de Tchiroma à Cavaye Djibril

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A l’approche de l’élection présidentielle 2025, Issa Tchiroma Bakary vient de servir une lettre ouverte à Cavaye Yeguie Djibril. Le candidat à l’élection présidentielle du 12 octobre prochain met le président de l’Assemblée nationale et non moins personnalité de l’appareil de l’Etat dans les trois régions septentrionales du Cameroun, à ses responsabilités. Égrenant la liste des fils du Septentrion aux affaires, y compris Bello Bouba et lui-même (démissionnaires du gouvernement), le néo opposant fait remarquer que la taille des fils du Grand-Nord dans la Fonction publique n’est pas proportionnelle à la taille de la population des trois régions réunies. Lesquelles fournissent à Paul Biya au moins les deux-tiers de ses électeurs, pour ne prendre que le cas des élections présidentielles qui se tiennent depuis 1997.

Issa Tchiroma interpelle la troisième personnalité de la République, originaire d’une région de l’Extrême-Nord en proie à une insécurité rampante, avec des attaques de Boko Haram et des enlèvements avec demande de rançon. Tout un document fleuve à lire ici.

Maroua : Le patron de la police des frontière assassiné

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Au petit matin de ce 31 août 2025, le corps sans vie du commissaire Adam Alhadji Mahamat, a été découvert dans un ravin. C’est un paysan inspectant es champs qui en a fait la découverte macabre, et a informé le chef de quartier. Les éléments de la police dépêchés sur les lieux reconnaîtront le commissaire de police Adam Alhadji Mahamat, chef intérimaire du commissariat de l’émigration-immigration de la région de l’Extrême-Nord. Le corps examiné par les enquêteurs de la police et les médecins, porte une entaille profonde sur la poitrine, qui fait dire aux experts que l’homme a été agressé à l’arme blanche.

L’on apprend des sources contactées par le journal L’œil du Sahel, qu’« Adam Alhadji Mahamat avait dirigé la prière matinale à la mosquée de son quartier, comme à son habitude, avant de regagner son domicile. Après avoir mesuré son taux de glycémie ‘’qu’il avait trouvé élevé’’, avait décidé d’aller courir sur la colline de Zokok, une routine qu’il observait régulièrement pour maintenir sa santé ». La suite est cette découverte. Le corps inerte.

Alors que les enquêtes se poursuivent en vue de trouver le/les assassins du patron de la police des frontières, son corps a été transféré à Logone-Birni, son village, pour les besoins d’inhumations selon la tradition musulmane.

Conseillers régionaux : l’élection aura lieu le 30 novembre 2025

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Par un décret signé ce 1er septembre 2025, le président de la République convoque le collège électoral pour l’élection des conseillers régionaux le 30 novembre 2025. Conseillers municipaux et chefs traditionnels sont donc attendus aux urnes pour la seconde fois pour renouveler les conseils régionaux, en conformité avec l’article 245 du Code électoral qui prévoit que  »les conseils régionaux se renouvellent intégralement tous les cinq ans. L’élection a lieu au olus tard 20 jours avant l’expiration du mandat des conseils régionaux  ».

En effet, les premières élections régionales se sont tenues le 6 décembre 2020. Quelques 24000 grands électeurs avaient voté 9000 conseillers régionaux. En dehors de l’Undp qui avait entièrement ravi les postes de conseillers dans la région de l’Adamaoua, aucun autre parti politique n’a pu contrôler une région seule. Le Rdpc, parti au pouvoir, a ainsi raflé presque tous les postes en jeu.

Orange Cameroun mobilise 34,5 millions pour les meilleurs bacheliers 2025

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Les lauréats ont reçu des bourses allant de 2,5 à 1 million de FCFA dans le cadre de la première édition de l’initiative Orange Excellence + dédiée à récompenser les élèves les plus performants en fin de cycle secondaire.

Ils sont 30 jeunes venus des quatre coins du pays qui ont été célébrés lors d’une cérémonie au data center d’Orange Cameroun Makepe à Douala. Ce sont les meilleurs nationaux au GCE A Level et au baccalauréat d’enseignement général et d’enseignement technique, commercial et industriel.  Dans le détail, deux majors nationaux, le vice major, le troisième national, les 5 meilleurs de l’enseignement général, les 6 meilleurs de l’enseignement technique STT, les 7 meilleurs de l’enseignement technique industriel et les 8 meilleurs au GCE A Level. En récompense de leurs performances, la compagnie de télécommunications et ses partenaires se sont mis ensemble pour leur offrir des bourses d’études.

  Des entreprises telles que Boissons du Cameroun, AFG Bank, Société Générale, AXA assurance, AGL ont soutenu cette première édition de l’initiative orange Excellence + qui vise à célébrer et à récompenser les élèves ayant obtenu des résultats exceptionnels au baccalauréat.  Ils ont reçu des bourses d’une valeur totale de 34,5 millions de FCFA à raison de 2,5 millions de FCFA pour chacun des majors nationaux et le vice major, 1,5 million pour le troisième et 1 million de FCFA pour les autres.

Pour Boissons du Cameroun, « cette collaboration avec Orange Cameroun illustre notre volonté de mutualiser les efforts pour favoriser le bien-être collectif et contribuer activement au développement du Cameroun. En offrant 2 000 000 Fcfa à 2 lauréats, nous formulons le vœu qu’ils en fassent un usage judicieux, qu’ils poursuivent leur parcours avec excellence, et qu’ils deviennent à leur tour des acteurs du changement dans leurs communautés ».

Orange Cameroun soutient de diverses manières l’éducation, notamment à travers Orange Digital Center, la plateforme Orange Pulse, le concours POESAM, et son partenariat avec les Universités d’État. Ces initiatives permettent à la compagnie présente depuis 25 ans dans le pays, de former les jeunes aux compétences numériques et de soutenir l’entrepreneuriat. 

Réactions

Yves KOM, Directeur Marketing et Communication Orange Cameroun

 « Orange Cameroun a offert à chacun un smartphone avec un an de connexion Internet »

« Le message que nous avons aujourd’hui pour les Camerounais, c’est qu’Orange récompense l’excellence. Orange célèbre l’excellence de la jeunesse camerounaise. C’est un programme qui en est à sa première édition. Aujourd’hui, nous récompensons les 30 meilleurs bacheliers du Cameroun, et également du GCE A Level. L’idée pour nous, c’est de leur passer un message d’encouragement. Leur dire que l’excellence est une attitude. Leur dire également que nous comptons sur eux. Toute la nation camerounaise compte sur eux. Les féliciter et leur dire enfin qu’Orange est là. Orange est là pour les accompagner. Orange est là pour eux. Alors, dans cette initiative, Orange n’est pas seul. Orange est un acteur qui travaille avec les autres entités de l’écosystème. Nous avons plusieurs partenaires avec qui nous avons réalisé cet événement, notamment Boissons du Cameroun, AGL, également  AFG Bank, AXA Cameroun et plusieurs autres partenaires. À côté des appuis financiers, Orange Cameroun a en particulier, a offert à chacun de ces jeunes, un smartphone avec un an de connexion Internet.  On veut offrir des perspectives concrètes à chaque jeune afin qu’il puisse ainsi relever leur potentiel et bâtir un avenir meilleur. Par exemple, nous avons récemment, pendant les vacances, lancé le programme Smart Kids Olivier, qui a permis à pratiquement 400 enfants de se frotter un peu aux outils, au codage, à l’IA et aussi à l’art oratoire, parce que c’est important. On a ainsi permis à ces jeunes qui vivent des expériences pendant les vacances, mais aussi aux parents de moins réfléchir par rapport à comment occuper les enfants pendant les vacances de façon utile. »

Dina Missouka-Rin-Zaman, lauréate

« Mes efforts, mes nuits blanches ont été récompensés »

 « Je suis désormais ancien élève à Libermann en classe de terminale SES, sciences économiques et sociales. Je suis âgée de 18 ans. Donc, j’ai eu mon bac SES avec mention très bien. Et cela a été un parcours assez difficile, puisqu’il y avait des nuits blanches, des cours extra, des parents stricts, la pression scolaire, la pression de l’avant-bacc et tout. Je rends grâce à Dieu d’abord, parce que c’est lui qui m’a soutenue durant tout mon parcours. Ensuite aussi à ma mère, parce que je ne vis pas avec mes deux parents, juste avec ma mère. Je dois aussi cette réussite à mon père, qui a contribué indirectement à ma scolarité, à toutes les dépenses de l’école et tout. Je veux aussi rendre grâce à toute la famille en général, mes proches, tout le soutien émotionnel. Parce que je suis une personne très sensible, j’ai beaucoup paniqué, j’ai beaucoup paniqué. Donc, ils m’ont aidé à me calmer et à me projeter aussi. En termes de perspectives, je pense que j’aimerai être expert-comptable, entrepreneur, si possible. Lorsqu’un agent d’orange Cameroun a appelé ma mère pour lui dire que devais recevoir une bourse, j’étais tellement excitée. Je me suis dit que mes efforts trouvaient de la récompense. »

Christine Demanga, parent d’un lauréat

 « Je suis devenue une super star grâce à mon fils »

« Mon fils a eu le bac technique, il est major de sa promotion et je suis très contente. Je remercie le ciel et je remercie les enseignants. Je répète et je précise, je remercie beaucoup plus M. Ebas, son enseignant et l’ensemble du personnel du collège Du val qui ont veillé sur cet enfant et pour donner ce succès à cet enfant. Et je tiens aussi à rappeler à tous les parents que le succès de chaque enfant dépend de la volonté de l’enfant. Par moments, il faut souvent écouter l’enfant et le petit secret que je souhaiterais donner chez les parents, c’est que moi j’écoute mon fils. Quand il me dit « Maman, je ne veux pas faire ça », je le laisse. Quand il dit « Maman, je fais ça », je le suis. Mon rôle en tant que maman, c’est juste d’accompagner mon fils en fait. Et aujourd’hui, le résultat est visible et je suis devenue une super star. »

EGIN SA obtient 5,8 milliards de FCFA pour sa cimenterie à Douala

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  Ce financement de la BDEAC sera dédié à favoriser l’extension de la capacité de production et de stockage de la station de broyage de ciment de cette société qui a investi ce secteur en 2017.

Pour la troisième fois, la société Entreprise Générale Industrielle (EGIN) décroche un financement de la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (BDEAC). Le directeur général de cette société, Kaiafas Georges Kyriakos et le Président de la banque, Dieudonné Evou Mekou ont signé à Douala, un accord de financement d’un montant de 5,8 milliards de FCFA.

Cette injection de la BDEAC intervient dans le cadre de son engagement à soutenir l’économie camerounaise. La banque a en tout décidé de décaisser 31,8 milliards de FCFA pour le financement de quatre projets dans le pays repartis dans les secteurs de l’industrie,  la production du fer à béton et du ciment ; l’hôtellerie et la logistique. Les fonds octroyés à Egin visent à favoriser l’extension de la capacité de production et de stockage de sa station de broyage de ciment située dans la zone industrielle du port de Douala. Un appui qui vient s’ajouter à deux premiers financements mobilisés par la même banque au profit du même objectif affiché par la société. En 2019, la Bdeac avait approuvé, dans le cadre de son Plan stratégique 2017-2022, un financement de 3,5 milliards de FCFA pour EGIN SA pour aider l’entreprise à augmenter sa capacité de production installée de 100 000 à 300 000 tonnes par an. Puis en 2023, BDEAC avait annoncé avoir financé à hauteur de 19 milliards l’extension des capacités de production de cette cimenterie de 200 000 à 500 000 tonnes par an.  Des appuis qui permettent à cette entreprise de renforcer son assise dans ce secteur qu’elle a investi en 2017 avec la marque Lion », après une réputation dans les segments de la fabrication de verre et de produits céramiques.

Les autres entreprises ayant également bénéficié de cette enveloppe de la BDEAC sont notamment la Société immobilière du groupe Sohaing très présent dans le secteur de l’hôtellerie qui a obtenu 15 milliards de FCFA, le groupe Quiffeurou, 8,95 milliards de FCFA, pour son projet de construction d’une usine de production de fer à béton à Douala. Le quatrième projet est celui de la Société Cargo Management Service, spécialisée dans la logistique. Son financement d’un montant de 3 milliards de FCFA est dédié à la construction de nouvelles bases logistiques, l’acquisition de 23 camions supplémentaires et le renforcement du parc d’équipements spécialisés.

Douala :  grogne des commerçants du marché de New Bell et des conseillers municipaux

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Ils accusent la mairie de Douala 2e de démolition forcée et de mauvaise gestion des espaces marchands.

Les commerçants du marché de la gare et du marché des femmes de New Bell sont en colère. Celle-ci ne leur pas visiblement quitté depuis la démolition de ces marchés, en juillet dernier pour le second et en 2023 pour le premier.  A cette période, ils dénonçaient déjà la démolition forcée orchestrée par la mairie de Douala 2e. Ils sont de nouveau montés au créneau le 27 août dernier, tandis qu’une délégation conjointe du ministère de l’Administration territoriale et du ministère des Domaines du Cadastre et des Affaires Foncières étaient sur les lieux.

 « J’avais une boutique, je payais les impôts et autres droits de place au marché de la gare New Bell. Depuis le 11 mai 2023, ma boutique a été détruite, brusquement sans aucun mot, avec toutes mes marchandises qui s’y trouvaient, tous mes documents importants. J’ai pris la décision d’aller porter plainte. Pendant que le procès est en cours, le site a été construit, des personnes qui n’étaient pas là ont désormais des boutiques pendant que nous n’avons plus rien », s’indigne Rose Momo.

 En plus du déguerpissement forcé, les commerçants du marché de la gare notamment dénoncent l’accaparement de leurs espaces au profit des étrangers.  « Nous n’avons pas été sommés, tout ce qu’on a entendu, était qu’elle va casser, reconstruire, et remettre nos boutiques et exploiter le haut comme elle l’a fait sur un autre site. Mais nous sommes surpris, voilà 800 boutiques construites, nous réclamons 212 boutiques. Nous sommes plus de 400, elle nous a divisé, certains sont allés poser leurs dossiers à la mairie, nous avons choisi la voie de la justice, nous sommes 212. », renseigne Jean Dim, secrétaire général du marché de la gare de New Bell qui fait partie du collectif de commerçants en justice contre madame le maire. Ses allégations corroborent les déclarations d’un groupe de conseillers municipaux de la mairie de Douala 2qui s’insurgent contre la gestion des espaces marchands par le maire Dénise Fampou.

 Dans une correspondance adressée au secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, ces conseillers appellent au rétablissement de la justice. « Nous venons d’être des témoins passifs d’une casse brutale effectuée le 11 juillet 2025 sur le site dit « marché des femmes sous le couvert de la commune d’arrondissement de Douala 2e d’un espace qui selon les informations soumises à notre analyse était jadis une dépendance du domaine privé de l’Etat cédée aux particuliers (…). Ladite casse qui s’apparente à une opération forcée d’un terrain bâti au détriment de ses occupants et ayants droits, constitue un mode opératoire que nous avons mis à nu », peut-on lire de cette lettre datée du 13 août dernier.

Au sujet du marché de la gare déjà reconstruit mais où certains particuliers brandissent des titres privés et des commerçants qui disent assistés à l’attribution de leurs boutiques à d’autres personnes, les conseillers municipaux crient à l’illégalité. « Nous sommes dans un imbroglio flou-clair, entre la commune qui se réclame propriétaire sans aucun titre et certains occupants qui détiennent des titres fonciers délivrés par l’Etat », regrettent les signataires de la lettre.

 La commune d’arrondissement de Douala 2e n’a pas souhaité se prononcer face à ce litige pour lequel l’administration a dépêché une mission sur le terrain il y a quelques jours.

Extrême-Nord: Une zone de non droit pour Paul Biya et le Rdpc?

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Le maire de Maroua 1er a échappé de justesse à un lynchage ce 31 août 2025 dans sa propre ville. Hamadou Hamidou sensibilisait les populations locales à voter pour Paul Biya lors de la présidentielle du 12 octobre prochain. Alors que le magistrat municipal vantait les mérites du président sortant, la foule s’est déchaînée sur lui : « goudjo, goudjo», ce qui signifie en Fulfuldé, la langue locale, « oh voleur ! oh voleur !». Il a fallu l’intervention des forces de maintien de l’ordre pour sortir Hamadou Hamidou des griffes d’une foule surexcitée.

Cela survient quelques jours après un incident presque similaire. Après avoir été accueilli en grande pompe à Maroua lors de son séjour professionnel, Louis Paul Motaze le ministre des Finances, a quitté la région de l’Extrême-Nord en catastrophe le 27 août dernier. En effet, l’homme qui avait fait foule la veille, était attendu à Meskine dans le premier arrondissement de la ville de Maroua, pour rencontrer des populations confrontées à divers problèmes dont l’insécurité, le sous-développement, ont déchanté à la dernière minute. « Le gouverneur a expliqué qu’il y a plusieurs chefferies de 1e degré. Le Minfi ne saurait se rendre à Meskine sans toutefois aller également au Lamidat de Maroua », rapporte une source locale. Or « le Lamido a ordonné qu’aucun commerce ne soit ouvert. Nous étions contraints de respecter ce qu’il a dit. Nous nous sommes donc réunis pour l’accueil du ministre », renseigne, un riverain.

Autant dire que Louis Paul Motaze n’était pas personnellement la personne visée ou honnie à Maroua. Lui qui s’est toujours illustré comme un homme de paix.

Il y a quelques mois déjà,le secrétaire général de la présidence de la République était rabroué à Kousseri par des élus de son propre parti,le Rdpc. Ferdinand Ngoh Ngoh venu prendre le pouls du terrain quelques mois après les inondations de juillet et août 2024, avait subi les foudres des élus locaux, au motif que l’émissaire du président Paul Biya n’entendait pas leur accorder une audience. Le SGPR avait dû passer la nuit, le temps de s’accorder avec les représentants du peuple, avant de regagner Yaoundé.

Journées du digital d’Ebolowa : le Minpostel fait du téléphone un levier d’autonomie financière pour les jeunes

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Le Ministère des Postes et Télécommunications (Minpostel) a transformé le téléphone portable en un outil de création d’entreprise lors des Journées du digital d’Ebolowa. Au programme, formations intensives aux micro-projets TIC, initiation à l’intelligence artificielle et sensibilisation à la cybersécurité. L’événement, soutenu par MTN Cameroon, s’est clôturé par la remise de matériel informatique aux meilleurs élèves de la région. Sous un ciel clément de fin août à Ebolowa, le téléphone portable est devenu bien plus qu’un simple objet de communication.

 Il s’est transformé, le temps d’un festival, en véritable atout pour l’entrepreneuriat. « Comment gagner honnêtement de l’argent à partir de notre téléphone portable ? » Cette interrogation, posée par le Minpostel dans son document de présentation, a servi de fil conducteur aux Journées du digital d’Ebolowa, tenues du 29 au 30 août 2025.

L’objectif était d’initier concrètement une centaine de jeunes originaires du département de la Mvila aux stratégies d’autonomisation, en partant d’un outil qu’ils maîtrisent déjà, leur téléphone. Les formations, dispensées par des experts, se sont articulées autour de trois axes principaux : les stratégies d’autonomisation par les TIC, une initiation à l’intelligence artificielle au quotidien et la promotion du patriotisme numérique, incluant la lutte contre la désinformation.

L’accent a été mis sur la pratique, incitant les participants à « innover, créer et surtout oser ». Très vite, la théorie a cédé la place à la pratique. Les jeunes ont présenté des projets concrets destinés à répondre à des besoins locaux. Parmi eux, Immoweb, une plateforme renseignant sur les offres de logement disponibles à Ebolowa ; Les mains d’or, un salon de coiffure virtuel permettant de prendre rendezvous en ligne ; ou encore un conseil juridique virtuel qui propose, contre rémunération, des services d’assistance aux usagers. Le projet Minitech a particulièrement retenu l’attention. Portée par une communauté d’étudiants, cette micro-entreprise spécialisée en électronique a dévoilé un « système électronique à code avec clavier matriciel », dispositif de verrouillage adaptable sur un portail. Interrogé sur l’utilité concrète de son projet, son concepteur a expliqué : « Supposons que le propriétaire choisisse le code 1-2-3-4 : il pourra utiliser notre dispositif pour sécuriser son entrée sans avoir besoin de clé physique. »

Un autre projet, tout aussi ancré dans le quotidien, a séduit le public : un service de livraison de repas pour enfants. « Partant du constat que les familles sont de plus en plus occupées », ont expliqué ses promoteurs, l’initiative propose des solutions pratiques en s’appuyant exclusivement sur le digital, via une page Facebook et une page TikTok diffusant menus et tutoriels. Ces deux projets, très applaudis, ont été présentés solennellement devant les autorités lors de la cérémonie de clôture. L’impact des TIC sur ces initiatives a été souligné par les jeunes entrepreneurs. « Les TIC nous aident considérablement dans la médiatisation de nos projets. Depuis nos laboratoires ou même depuis chez nous, nous pouvons concevoir une idée et la présenter à une large audience grâce aux plateformes numériques », a témoigné un membre de Minitech.

WhatsApp et d’autres canaux digitaux servent ainsi de relais pour diffuser des tutoriels et toucher un public élargi, y compris au-delà des frontières. L’événement a aussi été une occasion de reconnaissance. Conformément aux objectifs fixés par le Minpostel, une cérémonie de remise de prix aux meilleurs élèves en TIC de la région du Sud a eu lieu. Grâce au soutien de MTN Cameroon, des ordinateurs portables, tablettes éducatives et équipements divers ont été offerts. Supervisée par le ministère des Enseignements secondaires, cette initiative visait à stimuler l’émulation et à réduire la fracture numérique, une « marque de reconnaissance de leurs performances », selon les organisateurs.

Dans son discours, la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, a rappelé que le département de la Mvila, « à l’image de tous les autres dans le pays, ne pouvait être ni en retrait, ni en retard » face à la révolution numérique.

Le concept « Digimétier » met le numérique au service de l’autonomisation des jeunes

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Dans un pays où près de 70 % de la population est jeune, le Digimétier 2025 se veut une réponse pragmatique au déficit d’emplois. Depuis février 2025, plus de 500 boursiers ont bénéficié d’une formation intensive de six mois en marketing digital, photographie, vidéographie, design graphique, commerce et vente. Ces jeunes, désormais armés de compétences opérationnelles, s’apprêtent à mettre leur savoir-faire au service des petites entreprises locales comme des marchés internationaux, grâce aux outils numériques.

 Le programme, riche et inclusif, combine conférences et panels sur les enjeux du digital, de l’intelligence artificielle et de l’entrepreneuriat, ateliers pratiques ouverts au grand public, causeries éducatives et partages de success stories inspirantes. Des expositions-ventes mettront également en avant l’artisanat, l’agroalimentaire et les innovations numériques. Point d’orgue de la semaine : le Challenge Digimétier 2025, une compétition rassemblant une centaine d’étudiants appelés à promouvoir, via les plateformes numériques, les produits locaux de petites entreprises camerounaises. L’événement proposera en outre des animations culturelles et ludiques – projections, matchs, jeux éducatifs, lecture numérique – ainsi que des espaces de réseautage B2B et B2C favorisant les rencontres entre jeunes talents, start-ups et entreprises.

Le samedi 5 septembre constituera le temps fort de la manifestation avec la cérémonie officielle de sortie des 500 boursiers. Devant plus de 1 000 participants, médias, partenaires et institutions – ces jeunes présenteront l’impact de leur formation et recevront la reconnaissance de leurs efforts. Les partenaires, eux, auront l’occasion de valoriser leur engagement à travers stands, interventions et animations. Au-delà de son caractère festif, le Digimétier 2025 se veut un véritable levier de transformation, misant sur le numérique comme outil d’autonomisation économique.

L’événement ambitionne de stimuler l’innovation, de renforcer l’esprit entrepreneurial et de consolider un écosystème numérique encore en pleine structuration. « Digimétier 2025 n’est pas un événement de plus, mais une plateforme d’impact », insistent les organisateurs, qui lancent un appel aux entreprises, ONG, investisseurs et institutions pour accompagner cette dynamique et investir dans un avenir où le numérique devient une réponse durable au chômage et à la pauvreté.

Mettre les procédures d’export import sur les sites Web pour aider nos entreprises

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Par Henri Kouam, Directeur Exécutif CEPI & Elishammah Nyaba, analyste de recherche, CEPI

Introduction

Nous ne pouvons pas stimuler le commerce et redresser notre balance courante, perpétuellement déficitaire, sans faciliter l’exportation. La plupart des entreprises capables d’exporter peinent à le faire faute d’informations. Ce que les économistes bien branche appellent l’asymétrie d’information n’est qu’un manque d’information pour les entreprises et les entrepreneurs qui ne peuvent pas se permettre de recourir à des consultants coûteux.

Il semble absurde de s’exprimer en 1 000 mots pour justifier la nécessité de rendre les procédures d’exportation et d’importation pour tous les types et catégories de produits accessibles sur des sites web tels que ceux du ministère du Commerce, du Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC) et des Chambres de commerce, pour n’en citer que quelques-uns. J’espère qu’aujourd’hui, nous prendrons collectivement les mesures nécessaires pour garantir à chaque Camerounais l’accès aux procédures d’importation et d’exportation.

Au risque de paraître condescendant, nous devons exprimer notre surprise en constatant que, 60 ans après l’indépendance, nos entreprises peinent à trouver toutes les informations d’imports/exports sur une plateforme unique. Si nous voulons vraiment tirer parti de la ZLECA et stimuler les exportations, il est tout à fait logique que les entreprises aient accès à ces informations.

Pourquoi les consommateurs ont-ils besoin d’informations sur l’exportation ?

1.      L’accès à l’information réduit les coûts des exportations : Au Cameroun, 98% des entreprises sont des entrepreneurs individuels ou de très petites PME. On suppose donc généralement que de nombreuses entreprises ont la capacité d’exporter, mais ce n’est pas le cas. Plus de 90% du café camerounais est cultivé et vendu par des agriculteurs du secteur informel. De nombreuses coopératives avec lesquelles CEPI a discuté souhaitent exporter, mais trouvent la procédure lourde et coûteuse. Si les entrepreneurs individuels, les groupes d’entrepreneurs et les grandes entreprises avaient accès aux procédures d’exportation – comme c’est le cas dans les pays africains relativement développés – cela donnerait aux gens le « CHOIX » d’exporter au lieu de payer des consultants ou des agents coûteux qui, parfois, négocient sans assurance.

2.      Faible incidence de la corruption : Si les citoyens connaissent les étapes et les procédures d’exportation et d’importation, la corruption sera moins fréquente. Lorsque les agents commerciaux sont informés des étapes et des procédures d’exportation, ils sont moins susceptibles de facturer des prix exorbitants pour accéder à un service. Si les entreprises ne connaissent pas les techniques d’exportation et d’importation, elles risquent de payer des frais injustifiés pour que leurs produits arrivent à destination dans les délais. L’accès à l’information renforce la confiance et réduit la possibilité pour une partie d’exploiter une autre.

3.      Une plus grande inclusion pour tous les types de commerçants : 98% des entreprises sont des micro-PME qui ne disposent pas de la marge de manœuvre financière et des compétences nécessaires pour s’engager dans des processus commerciaux formels. Cela explique pourquoi certaines entreprises à fort potentiel ne se lancent pas dans l’exportation, jugeant le processus trop complexe. Si nous voulons que les petits fabricants de détergents, les agro-entrepreneurs et les entrepreneurs technologiques puissent exporter leurs produits, nous devons leur faciliter l’accès à des informations précieuses sur l’exportation en un clic. Il est important de préciser que des extraits de ces informations sont déjà disponibles sur certains sites web, comme celui de la CNCC, mais les procédures concernant les produits à base de cacao et autres devraient être pleinement accessibles aux consommateurs. En créant un système plus équitable où chacun a accès aux informations essentielles sur l’exportation, nous réduirons les inégalités à long terme qui existent souvent entre les entreprises prospères qui peuvent se permettre de recourir à des consultants coûteux et les petits producteurs qui manquent des compétences financières et techniques nécessaires pour exporter correctement.

4.      Plus d’exportations = plus de revenus pour le gouvernement : les décideurs politiques ont clairement intérêt à ce que toutes les informations sur les exportations et les importations soient accessibles aux entreprises sur l’ensemble du territoire national sur des sites web sélectionnés. Lorsque davantage d’entreprises exportent, l’État génère davantage de recettes grâce aux exigences de licences et aux taxes à l’exportation. En 2024, le gouvernement a collecté 7 212 milliards de francs CFA grâce aux taxes et prévoit de porter ce montant à 7 250 milliards de francs CFA. Les entreprises sont plus susceptibles de régulariser leur situation au fil du temps et d’exporter de manière formelle, plutôt que de dépendre de commerçants ou de voies illégales pour exporter leurs produits à travers le continent. Par conséquent, le retour sur investissement (ROI) de la publication des procédures d’exportation à grande échelle ne peut être sous-estimé.

5.      Les entreprises seront incitées à formaliser leurs activités : Pour des secteurs comme le cacao, la plupart des producteurs vendent à des acheteurs locaux comme Telcar Cocoa, qui exportent ensuite leur production. Cependant, une part croissante d’entreprises produisant des fruits secs de safou, du thé et du café, pour n’en citer que quelques-unes, sont susceptibles d’exporter si elles disposent de toutes les informations et d’un guide étape par étape. Il convient de noter ici que Gig Afatex a été la première entreprise à exporter dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA).

En cette année électorale cruciale, il est important de ne pas ralentir le rythme des réformes politiques, d’autant plus que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) bat son plein. Si nous voulons que davantage d’entreprises exportent et échangent des marchandises en devises africaines (grâce au Système panafricain de paiement), nous devons soutenir le secteur privé en lui fournissant des informations utiles sur les exportations et les importations.

“En moyenne, les réformes du MINFI coûtent au gouvernement 400 milliards de FCFA par an, alors que cette réforme ne coûte pas plus de 3 heures pour mettre à jour les sites Web des organismes concernés comme le ministère du Commerce, le Conseil national des Chargeurs du Cameroun (CNCC), les différentes chambres de commerce et le ministère des Petites et Moyennes Entreprises”.

Conclusion

Nous n’avons pas besoin de plus de volonté politique, mais simplement d’une mise en œuvre plus rapide de mesures à coût nul qui augmenteront les recettes publiques, donneront plus de pouvoir aux entrepreneurs et accéléreront la mise en œuvre de la ZLECA. Le Cameroun a réalisé d’énormes progrès dans la mise en œuvre de la ZLECA, mais développer des infrastructures sans sensibiliser les entreprises et les PME aux procédures d’exportation ralentira le rythme de mise en œuvre de la ZLECA. Les procédures d’exportation, tant pour les produits cacaotés que non cacaotés, devraient être facilement accessibles à toutes les entreprises qui en ont besoin. Si nous voulons vraiment faire du libre-échange en Afrique une réalité, nous devons prioriser et accélérer l’accès aux procédures d’exportation.

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