mercredi, mai 20, 2026
spot_img
Accueil Blog Page 79

Entrée Ouest de la ville de Douala : le cri de détresse du Gecam

0

Excellence Monsieur le Ministre,

Nous avons le triste honneur de revenir vers vous, à la suite de nos précédentes correspondances, et à la lumière de vos récentes visites de terrain à Douala, notamment sur les axes critiques desservant les entrées Est et Ouest de la ville. Ces déplacements avaient suscité un espoir légitime parmi les usagers et les acteurs économiques, au regard de vos annonces claires, faites à grand renfort de publicité, concernant la réhabilitation des tronçons les plus dégradés de la zone de Bonabéri. Vous aviez notamment prescrit à l’entreprise de travailler de nuit, ainsi que durant la pluie en raison de matériaux adaptés.

Pourtant, à la lumière des événements survenus, le samedi 13 septembre 2025 à Bonabéri, il est de notre devoir de vous faire part, sans détour, de l’indignation profonde de la communauté des affaires et de milliers de citoyens. Ce jour-là, sur le tronçon allant de l’échangeur de Bekoko au pont du Wouri, des milliers d’usagers en provenance du Sud-Ouest, du Nord-Ouest et de l’Ouest, ou en direction inverse ont vécu un véritable calvaire, mettant jusqu’à 10 heures pour parcourir à peine 5 kilomètres pour les plus téméraires.

Les images de ces passagers contraints de descendre des bus bien avant leur terminus, et portant sur leurs têtes les vivres qu’Is ramenaient à leurs familles, ont choqué par leur intensité, rappelant de manière troublante, celles des populations civiles fuyant les massacres durant le génocide au Rwanda dans les années 1994.

La situation vécue le samedi 13 septembre 2025 tend malheureusement à devenir la norme. Elle témoigne clairement d’une désorganisation persistante, et d’une absence flagrante de coordination entre les services concernés par la fluidité de la circulation, notamment le Groupement régional de la voie publique et de la circulation. Il serait tentant de faire porter l’essentiel de la responsabilité de cette situation sur l’incivisme des usages de la route, souvent pointé du doigt. Certes, certains comportements inadéquats peuvent aggraver les choses, mais après trois ou quatre heures passées au volant, à l’arrêt, sous la pluie ou la chaleur, chacun comprendra que la patience s’émousse, et que l’instinct de survie prend parfois le pas sur la discipline.

Comment comprendre que des travaux de l’envergure de ceux engagés sur les ronds-points à Bonabéri, soient menés sans une gestion efficace des flux, sans anticipation des goulots d’étranglement en période de weekend, et surtout sans le moindre encadrement visible des services compétents en matière de sécurité et de régulation de la circulation ?

Excellence Monsieur le Ministre,

L’atteinte à la liberté d’aller et venir constitue, dans tout pays, l’un des facteurs les plus puissants de frustration populaire, lorsqu’elle devient quotidienne, brutale, imprévisible, elle nourrit la colère, la défiance et la tentation du désordre. Et c’est bien là le danger : ce qui se vit à Bonabéi, et plus largement sur les accès à Douala, dépasse le simple cadre des travaux publics. Il s’agit désormais d’une atteinte aux fondements mêmes de la stabilité sociale.

Les conséquences économiques et humaines de cette situation sont alarmantes: un ralentissement, voire un arrêt temporaire des activités économiques dans une zone névralgique ; une explosion des coûts logistiques et de transport, avec des répercussions sur les prix à la consommation ; une détresse croissante des populations contraintes d’abandonner leurs véhicules pour marcher des heures dans des conditions indignes. Et, surtout, un risque réel de désengagement des investisseurs, qui n’ont ni la patience, ni l’obligation de subir de telles conditions.

Le Patronat qui s’exprime par ma modeste voix, ne remet nullement en cause la nécessité des travaux engagés, ni la volonté du Gouvernement de bien faire. Mais, force est de constater que le remède est en train de devenir plus douloureux que le mal qu’il prétend soigner. C’est pourquoi, nous vous appelons respectueusement, mais fermement, à interpeller l’ensemble des parties prenantes : Autorités administratives locales, Forces de maintien de I‘ordre, Entreprises adjudicataires, pour que soit enfin mise en place une véritable gouvernance de crise autour de ces chantiers. Il en va de l’efficacité des chantiers en cours, mais plus encore de la paix sociale et de la stabilité économique dans la région stratégique du Littoral.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre considération distinguée.

Présidentielle 2025 : L’appel de Maurice Kamto aux 11 candidats « de l’opposition »

0

APPEL AUX CANDIDATS EN LICE POUR L’ÉLECTION PRÉVUE LE 12 OCTOBRE 2025

Depuis la barbarie politique et juridique du 26 juillet et du 5 août derniers, j’observe la scène politique de notre pays, je consulte, j’écoute les acteurs. Nous nous exprimerons bientôt au sujet de l’élection prévue le 12 octobre prochain. En attendant, je voudrais lancer l’appel suivant:

Nous sommes à un moment historique où un basculement politique est possible. Si les 11 candidats de l’opposition décidaient de se mettre tous derrière l’un d’entre eux, parmi les plus expérimentés politiquement et dans la gestion de l’Etat, face au candidat du Rdpc, il pourrait s’enclencher une dynamique populaire irrésistible qui rendrait la victoire inéluctable. A défaut d’un alignement derrière un candidat unique, une coalition de plusieurs candidats de poids pourrait susciter un grand espoir et déclencher une dynamique politique comparable.

N’inversons donc pas les rôles: la responsabilité politique première et cruciale est sur les épaules des candidats et non pas sur les épaules d’un quelconque « faiseur de roi », expression qui pourrait flatter l’égo de certains.

Chers candidats de l’opposition à l’élection présidentielle prochaine, aidez les Camerounais à vous aider à réussir le changement dans la paix et par les urnes. En clarifiant la situation et en simplifiant le choix des électeurs par une alliance politique qui évite les affrontements entre vous et la dispersion des voix des électeurs, qui ont tant soif de changement. Dans cette optique j’en appelle à la responsabilité particulière de deux valeureux et dignes fils du Cameroun, candidats originaires de la partie septentrionale du pays; j’en appelle à leur patriotisme, à leur sens du devoir et du sacrifice qui leur imposent le dépassement et la présence au rendez-vous avec l’histoire.

Il ne reste plus beaucoup de temps. Les candidats et leurs équipes respectives peuvent encore tout rattraper en s’activant nuit et jour pour réaliser cet objectif capital pour notre pays. Ils ont là une occasion exceptionnelle de témoigner leur amour pour notre peuple et notre pays.

Chers candidats de l’opposition, par le hasard des choses (mais est-ce toujours le hasard ?), vous êtes 11, à l’instar d’une équipe de football. Et il y a le penalty de la victoire à tirer. Choisissez parmi vous, ou à tout le moins parmi les plus expérimentés, le tireur qui a les meilleurs chances de marquer le but libérateur.

Fait à Yaoundé, le 17 septembre 2025

Maurice Kamto

JEAN-PAUL TIZI : « Les kidnappings ont causé l’exode rural et la baisse de production de coton »

0

Alors que la nouvelle campagne cotonnière vient de démarrer, quel bilan tirez-vous de la précédente et quelles ont été les principales difficultés rencontrées ?

La Campagne 2024-2025 au Cameroun a été une campagne impactée par les aléas climatiques. Pour une prévision attendue de 360 000 tonnes, la filière coton camerounaise n’a pu produire que 284 000 tonnes de coton graine. Les raisons sont notamment les inondations, les jassides (un insecte piqueur-suceur qui se nourrit de la sève des plantes, en particulier des cotonniers, provoquant des dégâts aux cultures, Ndlr), la sécheresse, la cherté des intrants, les mises en place tardives des intrants. Les Impayés considérables et les crédits obligeant les producteurs à vendre leurs animaux, leurs vivriers pour rembourser ces crédits contractés à la CNPC-C et à la Sodecoton. L’insécurité ambiante en milieu paysan avec les multiples prises d’otages avec paiement de rançon. Ce qui oblige les producteurs à fuir les villages pour des zones plus sécurisées, par exemple les villes. Cet exode imposé par les malfrats aux producteurs de coton est un facteur favorisant la pauvreté dans nos contrées.

Quels les objectifs atteints, et quelles sont vos ambitions en termes de tonnage pour cette nouvelle saison ?

 Pour la nouvelle campagne, nous espérons qu’elle sera meilleure par rapport à celle écoulée. Globalement tout se passe bien malgré quelques poches d’inondation dans certains secteurs de la zone cotonnière. L’une des fonctions de la CNPC-Cameroun est une fonction économique, qui consiste à faciliter l’accès aux intrants agricoles et aux équipements essentiels pour les producteurs. Elle assure l’approvisionnement en produits tels que les herbicides, fongicides, engrais, urée, insecticides, piles électriques et produits vétérinaires, tout en proposant des crédits adaptés pour leur acquisition. La CNPC offre également des financements pour l’achat de matériels agricoles — tracteurs, charrettes, charrues, semoirs, pulvérisateurs — ainsi que pour le stockage des céréales, contribuant ainsi à renforcer la productivité et la sécurité alimentaire.

Comment la CNPC-Cameroun organise-t-elle le crédit des intrants agricoles et quelles solutions propose-t-elle aux producteurs en difficulté de remboursement après récolte ?

Pour le fonctionnement du système de crédits intrants et la garantie de remboursement, la CNPC-Cameroun lance l’Appel d’offre pour la commande des produits destinés à la campagne agricole quelle met à la disposition des producteurs à crédit, par l’entremise de la Sodecoton chargée de la gestion de ces produits. Les produits sont conduits auprès des producteurs par les camions Sodecoton, déposés dans les magasins Sodecoton et sont distribués dans les différentes coopératives par la Sodecoton.

Quelles mesures la CNPC-Cameroun a-t-elle mises en place pour que les petits producteurs aient un accès équitable au Fonds de roulement engrais ?

C’est à la récolte et pendant la commercialisation que le producteur après tous les calculs faits, rentre en possession de son revenu net après la défalcation des montants relatifs à ses engagements vers la CNPC-Cameroun et la Sodecoton. Solutions proposées pour alléger la dette, je voudrais vous dire que ces mesures dont je viens de parler s’appliquent à tous les producteurs. Seulement, la faitière qui est la CNPC-Cameroun, chaque année, fait des mains et des pieds pour commander les intrants et les mettre à la disposition de ses membres producteurs à crédit. Les impayés à ce niveau imposent aux producteurs de faire des efforts supplémentaires pour rembourser, afin de continuer à pratiquer la culture de coton et à bénéficier d’autres crédits pour la campagne suivante. La prochaine campagne, un nettoyage, dit assainissement est fait au sein des coopératives et seuls les producteurs éligibles au crédit sont acceptés. Ce que nous appelons la liste bleue. Le fonds de roulement intervient lorsque le prix des engrais et du coton sont très mauvais. Baisse de prix du kilogramme de coton et augmentation du prix des engrais. Le gouvernement vise 50 % de transformation locale d’ici 2030.

Quelle sera votre contribution pour atteindre cet objectif, et comment envisagez-vous d’y participer concrètement ?

En ce qui concerne la transformation, elle revient à la Sodecoton. Mais la contribution de la CNPC-Cameroun se limite à une production de coton graine en quantité et en qualité. Et cela est possible lorsque les itinéraires techniques sont respectés par les producteurs de coton. Lorsque les accès aux produits sont facilités et lorsque toutes les conditions climatiques sont favorables à la culture du coton.

Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez dans la gestion du fonds de roulement destiné à l’achat d’intrants pour chaque campagne cotonnière ?

 Les difficultés dans la gestion du fonds de gestion sont justement liées aux conditions de travail : prix régulièrement cher pour les engrais et lorsque le prix du kilogramme de coton baisse. Le fonds s’épuise et les difficultés se commencent. Quel a été le chiffre d’affaires ou la contribution économique de la CNPC-Cameroun sur les deux dernières campagnes, et quel pourcentage de ce chiffre est réinvesti dans les intrants ou les projets collectifs ? Nous investissons beaucoup d’argent dans la culture du coton. Ces investissements se chiffrent à des milliards de nos francs. Nous avons les intrants agricoles, le fonctionnement de la représentation, la prise en charge de nos personnels techniques sur le terrain pour accompagner les producteurs dans leurs activités. Nous avons également le matériel roulant pour les déplacements, la sécurisation alimentaire pour nos producteurs.

Quelles sont aujourd’hui vos principales sources de financement en dehors des revenus des producteurs et avez-vous entrepris des démarches pour obtenir un soutien structurel ou un allègement fiscal en l’absence de subventions étatiques sur les engrais ?

Comme vous le savez, nous sommes une organisation à but non lucratif. Nous ne faisons pas le commerce. Nos sources de financement proviennent de la marge sur les herbicides, les pesticides, les fongicides, les insecticides, conditionnés dans de petits sachets que nous mettons à la disposition des producteurs. Cette marge est insignifiante sur le prix d’un sachet de produit vendu aux producteurs. Je voudrais être clair, dans les années assez lointaines, notre Etat nous venait en aide pour soutenir le prix des intrants. Nous avions en ce temps-là, bénéficié de quelques subventions. La campagne passée par exemple, c’est l’une des rares catastrophes que les producteurs de coton ont connues. Nous avons perdu des hectares de coton, ravagés par les insectes appelés jassides qui sont sans pitié pour nos plantes. Les inondations ont secoué les producteurs de l’Extrême-nord en détruisant le coton et les vivriers des populations. Personne ne nous a tendu la main. C’est pourquoi la production a chuté drastiquement. Nous n’avons pas pu atteindre les prévisions. Nous avons écrit à notre gouvernement, nous n’avons pas eu de retour. Des plaidoyers ont été faits, c’est resté sans suite. Nous croyons que dans l’avenir l’Etat pensera à nous. Nous gardons espoir. Les producteurs ne se découragent pas.

Crise : Guerre ouverte entre Nana Aboubakar Djalloh et des jeunes de l’Undp

0

Un brouhaha assourdissant. Des jeunes amassés à l’intérieur d’une clôture, barrant la voie à un homme vêtu d’une gandoura blanche. On entend : « démissionnez !». « Le président national ne peut pas démissionner et vous restez au gouvernement», « c’est un pin du régime», « on en a marre», « Il n’entre plus ici s’il ne démissionne pas». La scène se passe au siège de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) sis au quartier Elig Essono à Yaoundé, ce 15 septembre 2025. L’homme empêché d’entrer n’est autre que Nana Aboubakar Djalloh, ministre délégué auprès d ministre de l’Environnement, de la protection de la nature et du développement durable, cadre de l’Undp. L’homme n’a pas daigné suivre son président national dans la démission du gouvernement. Et dans la tournée nationale engagée par Bello Bouba Maïgari, l’on aperçoit un vehicule immatriculé CA dans la caravene. Cest celle du ministre Nana Aboubakar Djalloh. Ce qui a parfois suscité des débats nourris.

C’est face à cette situation que des jeunes du parti ont décidé de jouer leur partition, pour éloigner le membre du gouvernement de Bello Bouba et du parti. Une situation qui a failli aboutir à une rixe. C’est que, face à l’intransigeance des contestataires ayant refusé d’écouter Nana Aboubakar Djalloh, Pierre Flambeau Ngayap le secrétaire général de l’Undp et directeur de campagne de Bello Bouba Maïgari, a tenté un passage en force. Empoignant un des leaders du groupe, l’homme a menacé de l’enlever par la force. Le concerné est resté de marbre, assurant son « agresseur » que « je ne peux pas vous toucher ; tapez-moi, mais nous ne partirons pas d’ici tant qu’il n’aura pas démissionné». Pas même ces femmes du parti n’ont pu infléchir la position des jeunes du parti qui brandissaient leurs cartes de membres, pour convaincre les cadres du parti, qu’ils ne sont pas des badauds. Une détermination qui a fini par faire partir Nana Aboubakar Djalloh. Les prochains jours s’annoncent houleux pour cet homme aux affaires depuis 2004.

Fiscalité : la BEAC plaide pour un allègement fiscal en faveur des exportateurs de cacao

0

Dans son Bulletin Économique et Statistiques N°025 de juin 2025, publié le 10 septembre 2025, la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) préconise une révision de la fiscalité appliquée à la filière cacao camerounaise. Cet appel intervient dans un contexte où les exportateurs dénoncent des prélèvements excessifs qui rognent leurs marges, déjà sous pression à cause de la hausse des prix d’achat aux planteurs. Parallèlement, le secteur affiche des performances record avec des recettes d’exportation en forte hausse et des revenus inédits pour les producteurs.

UN CADRE FISCAL JUGÉ ÉTOUFFANT

 La BEAC relève une fiscalité et une parafiscalité devenues « beaucoup trop fortes » pour les exportateurs. Le dispositif en vigueur impose, par kilogramme de cacao exporté, un prélèvement de 225 FCFA, auquel s’ajoutent 200 FCFA de droits de sortie et une avance sur l’impôt sur les sociétés (IS) fixée à 2,2% du chiffre d’affaires. La banque centrale estime que le maintien de ce taux d’avance sur l’IS, standard pour les secteurs formels, « apparait très exagéré au vu de la faiblesse des marges des exportateurs ». Elle recommande de « revoir la fiscalisation de la filière, en particulier la fixation de l’avance sur IS, pour prendre en compte le taux de marge des opérateurs et leur permettre d’avoir moins de tensions de trésorerie ».

Outre la révision de l’avance sur l’IS, la BEAC formule plusieurs recommandations précises à l’endroit des pouvoirs publics. Elle préconise d’ « améliorer la qualité des infrastructures routières qui desservent les bassins de production, pour faciliter l’évacuation des produits, en renforçant les moyens d’action de la SODECAO ». La banque centrale appelle également à « mettre en œuvre les actions nécessaires pour une amélioration des rendements, en dotant la SODECAO de moyens pour accompagner le renouvellement des vergers vieillissants et assurer l’encadrement des producteurs ». Concernant le système de traçabilité, la BEAC recommande d’ «améliorer la couverture du réseau téléphonique dans ces bassins de production, pour assurer le bon fonctionnement du système de traçabilité des transactions en cours de test ». Elle insiste sur la nécessité d' »intensifier la lutte contre le détournement frauduleux d’une partie de la production vers le Nigéria, dont le manque à gagner est réel, aussi bien pour l’Etat que pour les exportateurs et broyeurs locaux ». Enfin, la banque centrale souligne la nécessité de « travailler à une réduction des tracasseries administratives subies par les acteurs de la filière ».

DES PERFORMANCES ÉCONOMIQUES RECORD MALGRÉ TOUT

 Cette pression fiscale n’a pas empêché la filière d’afficher des résultats exceptionnels pour la campagne 2024-2025. Le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a annoncé que les producteurs de cacao avaient « engrangé un revenu record de 1 200 milliards de FCFA ». Cette performance a été principalement portée par la flambée des cours mondiaux. Les prix payés aux planteurs se sont situés « dans une fourchette de 3 210 à 5 400 FCFA le kilogramme », ce qui conforte leur position « parmi les mieux rémunérés au niveau mondial ».

Les données du Rapport sur l’économie camerounaise 2024, publié le 18 juillet 2025, confirment cette dynamique. Les exportations non pétrolières ont progressé de 33,1% pour atteindre 1 827,8 milliards de FCFA, « tirées par les produits de la filière cacao ». Le cacao brut en fèves a vu sa valeur à l’exportation passer « de 359 milliards FCFA en 2023 à 683 milliards FCFA en 2024, soit une hausse de 90% », malgré un recul des volumes de 1%. Les produits transformés ont également connu une croissance spectaculaire : les exportations de pâte de cacao ont plus que doublé pour atteindre 210 milliards FCFA, et celles de beurre de cacao ont bondi à 99 milliards.

 UN ACCOMPAGNEMENT PLUS LARGE

Au-delà de la question fiscale, la BEAC estime que « la filière cacao devrait bénéficier d’un suivi et d’un accompagnement particuliers de la banque centrale ». Elle propose que le dispositif de régulation des changes, actuellement axé sur le contrôle des sorties de devises et le rapatriement des recettes, intègre une « meilleure prise en compte de la nécessité d’accompagner les secteurs exportateurs ». La banque centrale recommande également « un soutien aux entrées de capitaux » et « l’optimisation des mesures administratives » pour stimuler la performance des filières exportatrices. Ces propositions s’inscrivent dans un contexte de forte croissance du secteur primaire, qui a affiché une progression de 3,6% en 2024 contre 2,3% en 2023, contribuant à 0,6 point à la croissance nationale, selon le rapport 2024 sur les Comptes nationaux publié par l’Institut national de la statistique (INS) le 10 septembre 2025.

Agriculture : 66,9 milliards FCFA pour relancer les filières coton et soja

0

À travers ce financement, l’État entend relancer des filières soja et coton en vue de réduire la dépendance aux marchés internationaux. D’un montant de 66,9 milliards de FCFA, ce financement vise à soutenir la fourniture d’intrants agricoles et la commercialisation des filières coton et soja. Le texte prévoit également que le Minepat, avec faculté de délégation, pourra signer les documents relatifs au renouvellement de cet accord. Cet appui intervient dans un contexte où l’agriculture camerounaise cherche à maintenir son rythme de croissance. Selon le Comité interministériel d’évaluation des performances (CIEP), qui s’est déroulé en juin 2025, la productivité des filières agricoles annuelles a progressé de 16,4 % en 2024 par rapport à 2023, atteignant un indicateur de 8,2 % contre un objectif de 8,4 %.

Si ces résultats traduisent une dynamique positive, ils demeurent freinés par un faible taux de consommation budgétaire (63,64 %), en partie lié à des difficultés de planification et de codification des activités. Pour 2025, le gouvernement vise une cible plus ambitieuse de 9 % de croissance.

RÉDUIRE LA DÉPENDANCE COÛTEUSE DU SOJA

Le soja se positionne au cœur de cette stratégie. En 2024, le Cameroun a dépensé plus de 64 milliards de FCFA en importations de tourteaux, générant un déficit commercial supérieur à 20 milliards chaque année. Pour inverser la tendance, l’agro-industrie Soyabeans Processing Industry of Cameroon (Soproicam SA) a annoncé la relance de ses activités sur le site agricole d’Awa, dans la région de l’Adamaoua.

 Installée sur 1 250 hectares de terrain mis à disposition par l’État, l’entreprise ambitionne de porter sa production de 50 000 tonnes en 2025 à 100 000 tonnes d’ici 2030, en intégrant près de 50 000 agriculteurs dans la chaîne de valeur. Cette stratégie s’inscrit dans l’objectif de substituer les importations et de renforcer la compétitivité locale de la filière.

SÉCURISER LA CAMPAGNE COTONNIÈRE 2025/2026

 La filière cotonnière, pilier historique des exportations agricoles, bénéficie également directement de ce financement. Les producteurs, regroupés au sein de la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC-C), ont déjà lancé une commande de 52 000 tonnes d’intrants agricoles, évaluée à 40 milliards de FCFA, pour sécuriser la campagne 2025/2026.

Selon la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), la production nationale pourrait atteindre 350 100 tonnes en 2025, contre 340 000 tonnes en 2024, confirmant ainsi les perspectives favorables de cette culture stratégique. Malgré ces signaux positifs, les défis demeurent. La mise en œuvre des programmes agricoles continue de subir les contrecoups de la guerre en Ukraine, de la crise sécuritaire dans trois régions du Cameroun et des effets du changement climatique.

 La gestion durable des systèmes de production agricole n’a atteint que 55,95 % de ses objectifs en 2024. Toutefois, le taux d’adoption de mesures d’adaptation climatique par les producteurs a dépassé les attentes, atteignant 10,82 % contre une cible de 7 %.

NDE Victor CHI : « Les populations exigent les indemnisations avant le démarrage de la phase 2 de l’autoroute Yaoundé-Douala ».

0
Le directeur des études techniques routières et d'ouvrages au Mintp

Monsieur le Directeur, Comment comprendre qu’on en est encore à la recherche des financements pour la 2ème phase du projet de construction de l’autoroute Yaoundé-Douala, alors que le démarrage des travaux de cette phase est annoncé depuis longtemps ? Et, à ce rythme, la livraison de ces travaux va-t-elle respecter les délais impartis, à savoir 36 mois ?

Les travaux de la seconde phase du projet de construction de l’autoroute Yaoundé-Douala ont un coût d’objectif d’environ 899 milliards de FCFA HT ; ce montant qui peut être considéré comme étant le budget prévisionnel est difficilement mobilisable dans le budget d’investissement public du pays, d’où la nécessité de faire recours aux partenaires techniques et financiers (PTF) qui sont les banques multilatérales qui nous accompagnent dans la réalisation d’importants projets, comme c’est le cas pour cette autoroute. Même auprès des PTF, il est difficile de trouver une banque capable de mobiliser un tel montant pour un projet unique, et dans un délai aussi court. Bien plus, les exigences varient généralement d’un bailleur à un autre, ce qui ne permet pas toujours de les associer dans le cadre d’un projet unique. D’où, la complexité du montage financier du projet.

Afin d’endiguer les difficultés pouvant être générées par la complexité du financement, monsieur le ministre des Travaux publics, en fonction du montant pouvant être supporté par chaque PTF identifié, a entrepris le découpage de la phase 2 en sections autoroutières fonctionnelles, il s’agit notamment des sections Bibodi (Fin de la phase I)-Bodmon, Bodmon-Edéa Est (Song Dong), Edéa Est (Song Dong)-Edéa Ouest (Logbadjeck), Edéa Ouest (Logbadjeck)-Pitti gare et en fin Pitti gare-Massoumbou.

Les négociations avec la Standard Chartered Bank-Hong Kong Branch (SCB) pour la première section sont bien avancées avec les deux facilités SINOSSURE et ICIEC. Le partenaire Exim-Bank de Chine qui nous a accompagnés pendant la phase 1, reste disposé à nous accompagner pour le financement de la phase 2, moyennant la mise en service de la première phase des travaux. La géographie du financement prévoit un préfinancement du partenaire privé qui est CFHEC et ledit préfinancement est disponible. Seulement, l’entreprise ne peut pas se mobiliser sur le terrain du fait de l’obstruction des populations qui exigent la totalité des indemnisations avant qu’elle ne puisse poser le premier coup de pelle.

 Les délais de 36 mois pour les travaux ne prennent pas en compte les délais de recherche des financements et n’intègrent pas non plus les délais liés à la passation des marchés. Il s’agit de la durée des travaux de terrain. Afin d’éviter d’être hors délais, le Ministre a instruit à l’entreprise CFHEC retenue pour ces travaux de multiplier ses équipes et de travailler sur au moins 5 fronts. Ainsi, il est prévu d’avoir des fronts de travaux à Bibodi, Bodmon, Logbadjeck, Dibamba et à Massoumbou. Avec une bonne organisation de l’entreprise et une libération des emprises par une saine collaboration des populations riveraines au projet, il est même possible de comprimer les délais.

Il y a une polémique qui est entretenue sur le coût des travaux de cette seconde phase de l’autoroute Yaoundé-Douala, certains jugeant le montant prévisionnel de 899 milliards de FCFA trop élevé, comparativement à ce qui se fait dans les autres pays africains comparables au Cameroun. Quel est votre avis par rapport à cette polémique, et pouvez-vous nous expliquer comment est arrêté le coût d’un kilomètre de route dans le cas d’espèce ?

Le coût annoncé est un budget prévisionnel. Le montant réel d’un projet est connu à la fin du projet, lorsqu’on effectue la réception des travaux. Avant cette étape, les montants annoncés sont estimatifs et prévisionnels. Je ne pense pas que les montants des projets sont plus élevés au Cameroun que dans les autres pays. Il faut tenir compte du contexte socio-politique et de l’environnement économique du projet ; sachez qu’au Cameroun, lorsqu’on parle du coût d’un projet en général, c’est le montant toutes taxes comprises, les charges fiscales adossées au montant du projet peuvent représenter plus de 40% du montant total, faites le calcul et vous me direz ce qui reste pour les travaux routiers proprement dits. Au Cameroun, le coût d’un projet prend en compte les projets connexes (voiries, salles de classe, forages, etc.), les équipements (c’est-à-dire, la signalisation, les glissières, les pesages, les péages, etc.), les ponts, etc. Dans certains pays, lorsqu’on parle du coût de la route, il n’inclut pas toutes ces considérations.

Bien plus, la notion de coût kilométrique est très simplificatrice, et il s’agit d’une moyenne sur la longueur qui cache la prise en compte des autres caractéristiques tels que le profil en travers, le relief des localités traversées, le trafic, l’hydrographie de la zone du projet et les ouvrages projetés. L’entrée Est de la ville de Douala par exemple à un profil en travers, c’est-à-dire, une largeur de près de 32 mètres ; son coût kilométrique ne peut pas être comparé avec celui de la route Batchenga-Ntui qui a un profil de 10 mètres. En considérant le paramètre lié au relief, il n’est pas prudent de comparer le coût kilométrique de la route Dschang-Fongo Tongo-Menji-Bakebe à celui de la route Ngatt-Febadi-likok, nous ne sommes pas dans le même environnement.

Je ne vais pas multiplier les exemples, mais il est nécessaire de comprendre que le coût d’un projet est la résultante des études techniques et non de simple spéculation. Le projet s’exécute dans un environnement, par exemple, si le prix du litre de carburant a doublé, l’impact sur le coût du kilomètre de route se fera immédiatement ressentir, puisque le carburant est un intrant dans la structuration des prix des entreprises.

L’une des contraintes majeures ayant rallongé la durée des travaux de la première phase de l’autoroute Yaoundé-Douala, c’est la libération des emprises, qu’est-ce qui est fait pour que l’on ne connaisse plus de telles difficultés lors de cette seconde phase ?

La construction d’une autoroute est un projet neuf, son tracé est nouveau et ne s’appuie pas sur un tracé existant. Ce qui signifie que la totalité de l’emprise est occupée, soit par des cultures, soit par des habitations ; ce qui vient renchérir le montant alloué aux indemnisations. La 2ème phase de l’autoroute se trouve dans les régions du Centre et du Littoral. Dans la région du Centre, les évaluations des biens impactés sont achevées par la commission de constat et d’évaluation (CCE), le décret est attendu pour commencer les paiements. Dans la région du Littoral, les CCE dans les départements de la Sanaga-maritime et du Nkam sont mobilisées actuellement sur le terrain. Le maître d’ouvrage a mobilisé le financement nécessaire pour les travaux des CCE, et il est disposé à payer les indemnisations pour la libération des emprises dès que les décrets y relatifs seront signés ou dès que l’accord hiérarchique attendu pour le paiement anticipé sera obtenu.

Il faut dire que dans certains projets comme celui d’Olounou-Oveng, les élites ont pu convaincre les riverains à libérer les emprises utiles, celles nécessaires pour les travaux, en attendant l’aboutissement des procédures d’indemnisation. Dans le cas de cette autoroute, malgré les démarches faites par le maître d’ouvrage, les populations sont catégoriques, elles veulent recevoir la totalité des paiements avant de permettre à l’entreprise de travailler.

L’une des principales conditions d’Eximbank Chine pour financer la seconde phase de cette autoroute, c’est la mise en exploitation de la première phase déjà achevée. Alors, peut-on comprendre pourquoi celle-ci n’est pas encore mise en exploitation, et pouvez-vous nous certifier si le coût du péage routier sur l’autoroute est définitivement arrêté ?

Avant de répondre à votre question, je dois signaler que les travaux de construction de la phase 1 de l’autoroute Yaoundé-Douala sont achevés et définitivement réceptionnés depuis décembre 2022. Les travaux des voies de raccordement, ainsi que l’aménagement du réseau routier adjacent, d’un linéaire total de 24,6 km, sont réceptionnés depuis avril 2024. L’achèvement des investissements d’exploitation et de maintenance réalisés par CFHEC a été constaté, il s’agit des péages, des pesages, des bâtiments d’exploitation, etc. L’exploitation de cette section autoroutière est encadrée par l’accord relatif au Mécanisme de Remboursement (RMA) du financement dont les stipulations permettent d’entrevoir une exploitation en régie, et/ou une exploitation par une entreprise privée. En 2021, l’Etat a fait le choix de l’exploitation de la phase 1 de l’autoroute Yaoundé-Douala par une entreprise privée qui est la China First Highway Engineering Company (CFHEC), et pour encadrer l’offre de financement complémentaire proposée par ce dernier, l’Etat avait choisi d’engager les négociations directes en vue de conclure un contrat de partenariat public-privé (PPP).

Alors que le processus de contractualisation en PPP était rendu à l’étape de l’adjudication, la haute hiérarchie a prescrit de surseoir la contractualisation en mode PPP et d’assurer la gestion en pleine propriété par l’État des postes de péages routiers et autoroutiers. Ce changement d’option par l’Etat restant cohérent avec le RMA suscité, en privilégiant l’exploitation en régie. L’exploitation des péages relève de la compétence du ministère des Finances à travers le Programme de sécurisation des recettes routières (PSRR). Avec la mise en place du Fonds routier de nouvelle génération, le PSRR a été dissout, mais de manière transitoire, il continue à travailler sur les péages, en attendant l’opérationnalisation du nouveau Fonds routier.

Les tarifs des péages applicables sur l’autoroute sont connus, notamment aux postes de péages autoroutiers de Nkolkoumou et de Bibodi, en s’appuyant sur l’expérience tirée de l’autoroute Kribi-Lolabe, et pour lesquels, le ministre des Finances à qui revient l’exploitation a soumis une proposition de grille tarifaire à la hiérarchie. Le haut accord préalable est attendu pour rendre lesdits tarifs applicables, afin de permettre un déploiement serein des équipes du PSRR.

La traversée de la ville de Yaoundé est devenue un véritable cauchemar pour les usagers de la route en général, et en particulier, les transporteurs à destination des pays frontaliers. A quand le démarrage des travaux de contournement de la capitale camerounaise, des travaux sensés décongestionner cette ville ?

Le projet de voie de contournement de la ville capitale de Yaoundé se découpe selon les quatre sections suivantes : la section T1 Mbankomo (RN3)-Nkol-Meyang (RN10) ; la section T2 Nkol-Meyang (RN 10)-Nkozoa (RN1) ; la section T3 Nkozoa (RN1)-Minkoameyos (Autoroute Yaoundé-Douala) et la section T4 Minkoameyos (Autoroute Yaoundé-Douala) – Mbankomo (RN3). L’ensemble des travaux de construction de la rocade y compris les expropriations est estimé à environ 800 milliards FCFA, sans prendre en compte les travaux des pôles de développement urbains évalués à environ 470 milliards FCFA.

Au regard du coût important de l’investissement, la section T3 a été sélectionnée comme prioritaire et plusieurs partenaires techniques et financiers accompagnent le gouvernement dans la mise en œuvre de ce projet. A date, la Banque Européenne d’Investissement (BEI) finance la réalisation des études détaillées du T3 qui sont réalisées par le BET EGIS/SUEZ, l’actualisation du Plan d’action de réinstallation (PAR) et de EIES est en cours sous financement de la CITY Climate Gap Fund. Par son budget d’investissement public, le MINDHU finance les travaux de matérialisation physique des emprises du T3. Le groupement d’entreprises étant connu, nous pouvons dire que les travaux ont commencé.

Maintenant que les entreprises adjudicataires sont connues pour les travaux de reconstruction de la route Ngaoundéré-Garoua, à quand le démarrage effectif de ces travaux sur le terrain, et peut-on dire que de ce côté-là, le calvaire vécu par les usagers de cette route, sera bientôt derrière nous ?

Pas bientôt, le calvaire vécu par les usagers de cette route est derrière nous. Le ministre des Travaux publics, maître d’ouvrage, a annoncé pendant la revue des projets, le lancement officiel des travaux dans les 15 prochains jours. L’entretien confortatif réalisé sera capitalisé dans le cadre des travaux de reconstruction. Il faut dire que pour aller vite avec la réalisation des travaux, le MINTP a découpé le projet en 05 lots à savoir : lot 1 : Ngaoundéré-bas falaise de Mbé, 50 Km ; lot 2 : bas de la falaise Mbé-Pont Keroua, 39 km ; lot 3 : Pont Keroua-Pont Salah, 77km ; lot 4 : pont Salah-Entrée village Ouro André, 56km ; lot 5 : Entrée village Ouro André-Pont sur la Benoué, 56km. Les entreprises pour ces 05 lots sont connues et les attributions des contrats sont signées. Il faut dire que les travaux de reconstruction de la route Ngaoundéré-Garoua sont financés par le Programme d’Appui au Secteur des Transports phase IV (PAST 4) de la Banque Africaine de Développement (BAD).

Pourquoi la route Ebolowa-Akom II-Kribi, pourtant annoncée depuis des années comme un axe stratégique pour désengorger le port de Kribi, peine-t-elle toujours à voir le jour ? Si les conditionnalités environnementales et sociales posées par le partenaire financier sont désormais levées, à quand le début effectif des travaux sur le terrain ?

La matérialisation lente du projet de construction de la route Ebolowa-Akom II-Kribi, notamment le démarrage effectif des travaux de construction a été fortement assujettie, à la prise en compte des observations sur les mesures environnementales formulées par l’assureur du Prêt UKEF (United Kingdom Export Finance). Maintenant que les contraintes environnementales sont levées, le lancement des travaux sur site avant est prévu avoir lieu avant la fin du mois de septembre 2025 ; il s’agit d’une instruction ferme donnée par le MINTP au cours de la revue des projets.

Pourquoi les projets routiers au Cameroun prennent-ils des années à aboutir, là où d’autres pays aux ressources comparables livrent les mêmes infrastructures en quelques mois. S’agit-il d’un problème de gouvernance, de priorités, ou tout simplement d’une normalisation de l’inefficacité ?

Lors du point de presse que le MINTP a accordé aux médias à la clôture des activités de la revue des projets, 121 projets routiers ont été passés au peigne fin. Il ne s’agit pas de la totalité des projets actifs du Ministère, s’il faut prendre en compte les autres projets, y compris ceux à gestion décentralisée, le nombre peut doubler, voire tripler. Le Ministre a attiré l’attention des médias sur l’analyse comparative du linéaire de routes bitumées du Cameroun et ceux de certains grands pays africains ; il était évident que notre réseau routier bitumé est au moins trois fois supérieur à celui des autres pays.

Ce que j’essaye de vous dire est que nos projets prennent du temps à aboutir car ils sont nombreux ; le Cameroun est en chantier ; du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, il y a des entreprises mobilisées partout sur le triangle national, tous sont urgents. Ce qui crée des tensions de trésorerie qui ont pour conséquence directe le ralentissement du rythme de livraison des chantiers. Malgré cela, le paysage routier s’embellie chaque année avec des nouvelles routes achevées. Dans les autres pays, ils font un projet pendant 5 ans, nous faisons 10 projets sur la même durée. Il ne faut pas nous comparer avec ces pays.

Pouvez-vous nous confirmer si les fonds de Mag SARL ont effectivement été gelés par Magil, comme certains de nos confrères l’ont rapporté ? Si tel est le cas, ce gel de fonds serait-il à l’origine des blocages persistants observés sur le chantier de la pénétrante Est de la ville de Douala, depuis maintenant trois ans ?

La date prévisionnelle d’achèvement de ces travaux est fixée pour le 11 février 2026 et les dispositions sont prises pour le respect de l’échéancier. Il est avéré qu’il y a eu un ralentissement des travaux sur le terrain du fait des problèmes administratifs ayant une incidence sur le paiement des décomptes de l’entreprise MAG ; les échanges sont en cours avec la Banque et UKEF, sous la houlette du MINEPAT, pour sortir définitivement de ce problème.

Propos recueillis par Blaise Nnang

Port de Douala : 628 milliards pour un réseau électrique autonome

0

 L’entreprise vient de signer une convention de partenariat en vue de démarrer le processus visant la construction d’une centrale électrique de 102 MW dans la première phase du projet, puis en second lieu, l’extension de la capacité de cette centrale électrique de 102 MW à 300 MW.

Le Port Autonome de Douala (PAD) vient d’engager le processus en vue d’être indépendant dans la fourniture d’énergie électrique.  Le Directeur Général du PAD, et le Directeur Général de Douala port power corporation sa (dppc sa), société de projet, ont signé une convention le 12 septembre dernier à Douala.  Ladite convention porte sur la construction d’un système indépendant de production et de distribution d’électricité au Port de Douala-Bonabéri afin de répondre plus efficacement à la demande énergétique croissante de cette zone portuaire.

 « Les opérateurs portuaires subissent d’importantes perturbations en approvisionnement d’énergie électrique, causées par des coupures intempestives et des variations constantes de tension du fait de l’insuffisance de l’offre énergétique. Cette situation qui s’est aggravée par la vétusté du réseau de distribution existant au Port, est de nature à compromettre de manière significative, non seulement la productivité des opérateurs portuaires, mais aussi, à décourager les potentiels investissements envisagés dans l’enceinte portuaire », explique Cyrius Ngo’o le DG du PAD.

Il est question de réaliser ce projet en deux phases.  Dans la première, il s’agira de construire une centrale électrique de 102 MW pour un coût de 257 milliards de FCFA, couplée à la construction d’un gazoduc partant de Kribi pour Douala, dont le coût est 140 milliards de FCFA. La seconde phase consistera à l’extension de la capacité de cette centrale électrique (de 102 MW à 300 MW à terme), pour un coût de 230 milliards de FCFA sur 10 ans. Soit environ 628 milliards de coût total du projet.  L’infrastructure sera construite par une entreprise chinoise, sous le modèle de Partenariat public-privé de type Build-Transfer-Operate (BOT).

 Le projet est entièrement financé par le partenaire, sans caution ni garantie du PAD ou de l’Etat du Cameroun.  Il pourrait selon les estimations, générer 100 emplois directs et plus de 1000 emplois indirects.

Réactions

 Cyrius NGO’O, DG du PAD

 « Ce projet se fonde sur les évolutions des standards internationaux en matière d’efficacité énergétique des ports et des navires »

« La construction d’un système indépendant de production et de distribution d’électricité au Port de Douala-Bonabéri compte parmi les projets prioritaires identifiés dans le Schéma Directeur de Développement pour la première phase du programme d’investissement, dont la réalisation constitue une étape décisive dans le processus de renforcement des performances opérationnelles du port. Ce projet vise à garantir à la place portuaire de Douala-Bonabéri, une autonomie totale en énergie électrique à mettre à la disposition des acteurs portuaires, sans discontinuité (…) avec la possibilité de fournir à la ville de Douala, l’excédent d’énergie non consommée, tout en permettant la réduction de l’empreinte carbone par l’utilisation de technologies modernes. Ce projet se fonde tant sur la dynamique croissante de développement des activités industrielles et logistiques dans la plateforme portuaire de Douala dont les performances dépendent largement de la disponibilité de l’énergie, que sur les évolutions des standards internationaux en matière d’efficacité énergétique des ports et des navires qu’ils accueillent ».

 Darius Mesmin EKOUDA, DG  Douala Port Power Corporation SA

 « Nous allons rétrocéder l’infrastructure au PAD après construction »

« Vous savez, en ce moment, avec le délestage que nous connaissons, et sachant que le port autonome, c’est le poumon économique du pays, il était important pour nous, pour l’auditoire général, qui nous a sollicité de mettre une centrale qui va produire l’énergie 24 heures sur 24 de bonne qualité, avec des machines de dernière génération. Je pense que ce problème sera résolu une fois pour toutes. C’est un contrat de partenariat public-privé. Nous apportons la technologie, nous apportons des moyens, nous construisons, et bien évidemment, nous exploitons. A terme, nous allons rétrocéder l’infrastructure au PAD, qui va devenir propriétaire de cette infrastructure. Ici, nous avons prévu le transfert de technologie, c’est-à-dire que nos partenaires chinois vont former les Camerounais, qui vont s’approprier de leur savoir-faire, de leurs ingénieurs. Les chinois viennent avec tout.  La technologie et les fonds. »

Joseph NGUENE NTEPPE, Directeur de la coopération PAD

 « Le projet répond au problème d’insuffisance de l’offre énergétique au port de Douala »

« La convention qui vient d’être signée est une convention de PPP, partenariat public-privé, qui procède donc de ce que le partenaire privé du port autonome de Douala assurera l’intégralité du financement, la construction de l’infrastructure et l’exploitera pendant 25 ans pour le rétrocéder au port autonome de Douala. Le coût du projet à l’issue de toutes les phases du projet qui permettront d’avoir une capacité de 300 mégawatts et de 628 milliards environ, intégrant, outre les installations de production de l’électricité, un immense projet de construction d’un pipeline qui permettra d’assurer la sécurité de l’approvisionnement en gaz de la centrale électrique. Au plan social, c’est un projet qui apportera aussi des solutions aux problèmes d’emploi à travers la création d’environ 200 emplois directs et 1000 emplois indirects. Le projet, comme vous pouvez l’imaginer, vient donner une réponse au problème d’insuffisance de l’offre énergétique au port de Douala. Le port aujourd’hui est dans un processus de développement industriel et logistique. Et les industries qui s’installent au port ont de forts besoins en énergie électrique. Donc, il s’agit de donner ici une solution, une offre énergétique supplémentaire afin de répondre efficacement aux besoins des opérateurs portuaires. »

Echanges commerciaux : les exportations de produits agricoles ont atteint 1101,2 milliards FCFA en 2024

0

L’économie camerounaise a enregistré une nette embellie en 2024, portée par la vitalité de l’agriculture et la reprise progressive des activités dans plusieurs filières stratégiques. C’est ce que révèle le rapport 2024 sur les Comptes nationaux, publié le 10 septembre 2025 par l’Institut national de la statistique (INS). Entre 2023 et 2024, les exportations de produits agricoles sont passées de 734,9 milliards à 1 101,2 milliards de FCFA, soit une hausse de 366,3 milliards de FCFA. Le secteur primaire a ainsi affiché une croissance de 3,6% en 2024, contre 2,3% en 2023, contribuant à 0,6 point à la croissance nationale.

 L’agriculture s’est particulièrement distinguée avec une progression de 5,2%, après seulement 1,4% en 2023. Cette performance résulte de plusieurs facteurs : la bonne tenue des cours des cultures d’exportation, la disponibilité accrue d’engrais et de semences, ainsi que des conditions climatiques plus favorables. L’agriculture industrielle et d’exportation, portée par la flambée des prix du cacao et la relance des filières banane et caoutchouc, a connu une croissance spectaculaire de 9,5%. L’agriculture vivrière, pour sa part, a renforcé son dynamisme avec une hausse de 3,2%, contre 1,3% en 2023.

Selon le rapport sur l’économie camerounaise en 2024, cette embellie s’explique par la flambée des cours mondiaux du cacao et du caoutchouc, la mise en œuvre de programmes publics de soutien comme le Programme d’appui au renforcement de la production agricole du Cameroun (PARPAC), qui facilite l’accès aux intrants et promeut des pratiques durables, la reprise progressive des activités de la Cameroon Development Corporation (CDC) dans les zones en crise, le plan de redressement de la Sodecoton pour la filière cotonnière, ainsi que le dynamisme de la transformation locale, encouragée par des incitations gouvernementales.

EXPORTATIONS : LE CACAO EN VEDETTE

Selon le rapport sur l’Economie du pays en 2024, publié en juillet 2025, intitulé « Le Cameroun à l’épreuve des changements climatiques », les exportations agricoles en 2024 ont affiché des performances remarquables, dominées par le cacao. Dans les détails, les exportations de fèves ont atteint 683 milliards de FCFA (+90%), malgré un léger recul des volumes, compensé par la progression des produits transformés : pâte de cacao (210 milliards, +115,5%) et beurre de cacao (99 milliards, +78,6%). À la veille du lancement de la campagne cacaoyère 2025-2026, le ministère du Commerce a publié le 6 août 2025 le bilan de la campagne 2024-2025. Les chiffres confirment la dynamique.

La production commercialisée cacao a franchi la barre des 300 000 tonnes, atteignant 309 518 tonnes contre 266 710 tonnes l’année précédente, soit une hausse de 13%. La banane a également repris des couleurs avec 37 milliards de FCFA (+16,8%) et des volumes en hausse de 16,3% grâce à la reprise de la CDC. Le café a généré 27 milliards de FCFA (+38,7%), malgré une baisse des quantités exportées. Le caoutchouc brut a progressé à 46 milliards de FCFA (+50,8%), porté par une hausse de 34,2% des volumes, tandis que le coton brut a atteint 177 milliards de FCFA (+19,8%), confirmant le redressement de la SODECOTON avec une progression des exportations de 19,1%.

UNE AGRICULTURE EN MUTATION

Ces performances traduisent la transformation progressive du secteur agricole camerounais, désormais mieux soutenu par les politiques publiques et davantage tourné vers la transformation locale. Elles révèlent toutefois la forte dépendance de l’économie nationale aux cours mondiaux des matières premières. L’agriculture, qui demeure la colonne vertébrale de l’économie, a confirmé en 2024 son rôle de moteur de la croissance, avec le cacao comme produit phare et symbole d’un secteur en mutation, entre tradition d’exportation et ambitions de transformation locale.

Campagne cotonnière 2025/2026 : les producteurs de coton cherchent 52 000 tonnes d’intrants pour 40 milliards FCFA

0

La Confédération nationale des producteurs du coton du Cameroun (CNPC-C) vient de relancer sa campagne d’approvisionnement en intrants agricoles avec un appel d’offres portant sur 52 000 tonnes, évaluées à près de 40 milliards de FCFA. L’enjeu est de garantir la réussite de la campagne 2025/2026 et relancer la dynamique de croissance de la filière coton qui a connu une 2e baisse consécutive de sa production au cours de l’année 2024.

« La Campagne 2024-2025 au Cameroun a été une campagne impactée par les aléas climatiques. Pour une prévision attendue de 360 000 tonnes, la filière coton camerounaise n’a pu produire que 284 000 tonnes de coton graine », a indiqué Jean-Paul TIZI, PCA de la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC-Cameroun). Et la production en 2023 est descendue à 314 455 tonnes, après avoir atteint 330000 tonnes en 2022. Selon les projections de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), la production nationale de coton pourrait atteindre 350 100 tonnes en 2025.

UNE SYNERGIE CNPC-C – SODECOTON

La filière cotonnière repose sur une organisation conjointe entre deux acteurs de poids : la Société de développement du coton du Cameroun (Sodecoton) et la CNPC-C. Cette collaboration s’exprime dans la gestion intégrée du cycle de production, depuis l’acquisition des intrants jusqu’à la commercialisation. « L’achat du coton graine nécessite tout d’abord la préparation des hommes. La Sodecoton et la CNPC-C font corps pour former ceux qui vont intervenir dans l’opération d’achat après un test de sélection. Une deuxième sélection crée les équipes définitives qui vont officier sur chaque point d’achat des villages, comme c’est le cas ici à Dobinga », explique un baron du coton rencontré à Béré, dans le Logone et Chari à l’Extrême-nord du pays.

LE COTON, MOTEUR DES ÉCONOMIES RURALES

 L’achat du coton graine, moment clé du calendrier agricole, mobilise près de 200 000 familles, soit plus de 2 millions de personnes. Les producteurs livrent leur récolte à la Sodecoton et reçoivent en contrepartie le paiement correspondant, ce qui en fait un vecteur direct de revenus en milieu rural. Dans certaines zones du Nord et de l’Extrême-Nord, la culture du coton représente à elle seule 60 % des revenus nets agricoles et contribue de manière décisive à la monétarisation des économies locales.

- Publicité -
Google search engine