Jusqu’à samedi matin, l’ont craignait encore que le giga meeting organisé à l’Ouest à l’initiative d’Ibrahim Mbombo Njoya, délégué permanent du comité central du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc), pour la région de l’Ouest, n’ait pas lieu. Mais par « la force de l’expérience » la rencontre s’est ténue et a connu un grand succès. « A part la forte pluie accompagnée de l’orage qui s’est abattue aux environs de 10 heures, ce meeting a été une réussite. La quasi-totalité des chefs supérieurs de l’Ouest ont fait le déplacement, et les populations aussi ont répondu massivement à l’appel des élites régionales », témoigne un confrère qui a fait le déplacement pour Bafoussam. Dans la déclaration de Bafoussam signée par toutes les élites du Rassemblement démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc) de la région de l’Ouest, elles ont affirmé que « la Brigade Anti-sardinards(BAS), dans sa composition n’est ni significative, ni représentative des valeurs, traditions et croyances de la région de l’Ouest. » Les alliés de Paul Biya ont estimé que, « la mise en scène faite par la BAS en Suisse est honteuse et anti-républicaine. » Ils ont réaffirmé avec force que leur région est « solidement derrière le président Paul Biya qui représente les institutions et la souveraineté internationale du Cameroun. » Revenant sur les marches initiées par le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) pour dire non au « prétendu hold-up électoral », elles ont confirmé que, Paul Biya a remporté les élections du 7 octobre dernier. Et dans la région de l’Ouest, il a obtenu son 3e plus grand score de tout le pays. Les soutiens du Rdpc à l’Ouest ont appelé les fils et filles de l’Ouest en particulier et les Camerounais en général de s’éloigner de la BAS, qu’ils ont qualifié de « mouvement extrémiste dirigé par Maurice Kamto » Ils ont ensuite condamné tous les « discours haineux, les tendances tribalistes et les appels au génocide qui viennent de la diaspora. » Le Sultan Ibrahim Mbombo Njoya, dans son discours est revenu sur l’importance de la paix dans un pays. Il a invité « la jeunesse à rester vigilante et à s’abstenir de toute initiative de nature à menacer la paix et le vivre-ensemble si chers à notre pays. » Pour le délégué permanent du comité central du Rdpc de la Région de l’Ouest, « le linge sale se lave en famille. Les rues d’Europe, d’Amérique et de Navarre ne sont pas appropriées pour exposer nos querelles intestines. »
Joseph Essama
Bafoussam: L’Ouest dit non à la délinquance politique
Cession de la Bicec : Motaze soucieux des conditions de travail des employés
Ce qui est désormais connu sous le nom de « l’affaire Bicec », préoccupe l’Etat du Cameroun, en sa qualité d’autorité monétaire et actionnaire privilégié de la Banque Internationale du Cameroun pour l’Epargne et le Crédit (Bicec). C’est dans cette perspective qu’il faut situer l’audience accordée le 18 juillet dernier à Yaoundé par le ministre des Finances(Minfi), Louis Paul Motaze, à Boris Joseph, directeur général du groupe Banque Populaire et à la Caisse d’Epargne Française (Bpce), maison mère de la Bicec. Louis Paul Motaze a tenu à s’enquérir du « bon déroulement de ce processus de transition marquée par la cession des parts du groupe Bpce (68 %) au groupe marocain Banque Centrale Populaire (BCP) ». Ainsi, au sortir de l’audience accordée à Boris Joseph, l’on a appris que l’Etat, à travers le Minfi, « tient à s’assurer qu’au terme de cette transition, la Bicec reste et demeure un fleuron de l’industrie bancaire et un maillon essentiel du financement de l’économie camerounaise ». Bien plus, il était question pour le Minfi, de « s’entendre avec les parties prenantes sur les conditions de stabilité du personnel de la banque, mais également sur l’épanouissement dans leur travail de l’ensemble des collaborateurs de cette banque ».
Au terme de cette audience, Boris Joseph a déclaré qu’au niveau« technique et administratif, tout se passe bien, avec l’aide des autorités camerounaises et régionales, nous pensons que les choses vont aboutir dans de bonnes conditions ». Il convient de souligner que les responsables de la Bicec, a-t-on appris de source proche du dossier, ne sont pas à leur première rencontre avec le Minfi. Ils s’étaient déjà rendus le 23 novembre 2018 chez le Minfi, à l’effet de «lui présenter l’évolution du dossier Bicec ». Bien avant, l’équipe conduite par Philippe Wattecamps, directeur général de la Bicec depuis le 3 septembre 2018 et une équipe de la Bpce, avaient séjournées à Libreville au Gabon, siège de la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale, pour présenter l’état d’avancement de ce dossier, ainsi que celui de la BCI.
Selon des sources internes, ces autorités de régulation se seraient montrées satisfaites de la démarche entreprise par la Bpce qui est conforme aux règles et procédures régionales en matière bancaire. D’après d’autres sources crédibles, ce processus de cession des actifs du groupe Bpce est piloté par le Conseil Rotschild, première banque en France en matière de fusion- acquisition.
Dr. Ariel Ngnitedem, économiste : « Ce 5ème décaissement traduit la satisfaction du FMI »
Le fonds monétaire international a autorisé le 17 juillet dernier le 5ème décaissement qui vient ainsi clôturer la 4ème revue du Programme économique et financier signé en juin 2017. quel commentaire vous suscite cette actualité ?
Ce décaissement traduit la satisfaction du Fonds Monétaire International quant à la mise en œuvre du programme, c’est-à-dire l’exécution des recommandations qui avaient été émises par cette institution pour permettre au Cameroun de stabiliser ses indicateurs macro-économiques, et surtout refaire son retard en matière de déficit budgétaire et de couverture des importations. Cela veut dire que le Cameroun a honoré de façon satisfaisante ces recommandations, par rapport aux conditionnalités qui étaient fixées pour le déblocage de cette somme.
le doute a quelques fois plané sur la capacité du Cameroun à conduire ce programme. Y avait- il vraiment lieu de s’inquiéter quand on sait que la mise en œuvre de ce programme se déroule dans un contexte de crise économique ?
Il y avait lieu de s’inquiéter. Et ce d’autant plus que le Cameroun traverse une période assez difficile au plan économique en général et au plan des finances publiques en particulier. Avec la crise sécuritaire, la crise des cours des matières premières, et surtout l’aptitude de l’économie camerounaise qui, visiblement, n’est pas aussi résiliente comme on le pensait, parce que cette économie ploie sous le coup de ces deux chocs. On voit bien que le Cameroun à une économie qui est extravertie, c’est-à-dire qu’on importe davantage et on n’arrive pas à retourner la tendance en exportant plus. On a d’ailleurs vu ce que cela produit ces derniers temps, avec la crise des devises. Il y a lieu de s’inquiéter parce que certains fleurons de l’économie camerounaise ont été frappés de plein fouet par la crise sécuritaire dans le Sud-Ouest, à travers la Cameroon Développent Corporation (CDC) qui n’ont seulement est le deuxième employeur du pays, mais est également l’un des plus gros pourvoyeurs de devises parce qu’elle exporte sa production. Il y aussi les Plantations du Haut Penja (PHP), spécialisée dans la production de la banane. C’est aussi l’une des entreprises pourvoyeuses de devises. Même si elle n’est pas autant touchée que la CDC, elle connaît tout de même quelques soucis parce qu’elle détient des plantations dans la région du Sud- Ouest.
Le glissement de date qu’on a observé dans le cadre de ce cinquième décaissement était-il finalement si alarmant ?
Je pense que non. Simplement parce que finalement on y est arrivé, même si on va dire que c’est un peu un accouchement dans la douleur. Il y a eu ce déblocage, c’est déjà une bouffée d’oxygène en matière de devises. Car il faut le rappeler, les déblocages du FMI arrivent sous forme de devises, de ce point de vue, on peut dire sans ambages qu’il y a eu beaucoup plus de bien que de mal.
Quelle sera l’incidence du déblocage du fmi auprès des autres Partenaires techniques et financiers qui accompagnent le Cameroun dans ce programme ?
Le FMI est le wagon de tête qui conditionne l’accès aux autres sources de financement. Les autres partenaires attendent généralement que le FMI donne son accord pour qu’ils puissent contribuer au financement de l’économie camerounaise. Et c’est tout à fait une bonne chose. Mais il ne faudrait pas non plus s’endormir sur ses lauriers en se disant que c’est un acquis. C’est juste une étape, et il y a encore beaucoup à faire. Il faut aller en profondeur, en restructurant l’économie camerounaise. Les appuis du FMI et des autres partenaires ne sont que des actions conjoncturelles qui ne peuvent pas maintenir la stabilité macro- économique et assainir durablement les finances publiques.
Certains spécialistes estiment que ce décaissement témoigne la confiance et la crédibilité dont jouit le Cameroun auprès de ces partenaires techniques et financiers. êtes-vous du même avis ?
Cela peut être perçu de cette façon, mais comme je l’ai indiqué plus haut, ce n’est qu’une étape qui rend compte de ce que le Cameroun a mené de façon satisfaisante les réformes qui étaient liées à cette étape. Ce n’est pas encore tout le programme. Il y avait un certain nombre de conditionnalités qui étaient liées à cette phase. Et ce, dans un processus qui se veut un peu plus long.
Au terme de ce programme, les ressources mises à la disposition du Cameroun pourront-elles permettre de sortir complètement de cette situation ?
Ces ressources ne peuvent pas être suffisantes pour sauver l’économie camerounaise des affres causées par la crise anglophone. Et si on arrive pas à résoudre cette crise économique du fait de la persistance des crises sécuritaires, le FMI sera bien obligé de soumettre le Cameroun à un programme d’ajustement structurel. En nous imposant des conditionnalités bien plus contraignantes que celles des années 1990. Période au cours de laquelle on s’était vu obliger de compresser les effectifs de la fonction publique, privatiser à tour de bras, etc. On ne souhaiterait pas y revenir.
Le programme arrive bientôt à son terme, qu’est-ce qui devrait être fait pour maintenir les effets positifs de ce programme ?
Le programme a été signé en juin 2017 pour trois ans, cela suppose qu’il arrive à son terme en mai 2020. Dans ce cas, ce que le programme aura apporté au Cameroun, c’est une certaine discipline dans le pilotage de la politique économique, dans la gestion des finances publiques. Il faudra donc maintenir cette discipline, en allant au- delà pour apporter une véritable réforme à l’économie camerounaise, pour la rendre plus résiliente. Il faut d’ailleurs souligner que cette résilience est relative. En fait, elle n’est perçue que par rapport aux autres pays de la sous-région, qui sont majoritairement tournés vers l’économie pétrolière. Si on compare le Cameroun aux pays de l’Afrique de l’Ouest, cette résilience devient suffisamment relative. C’est dire qu’il va falloir s’engager dans une réforme profonde de la structure de notre économie, il ne faudrait pas qu’on soit tout le temps en train d’exporter les matières premières, il faut aller vers la transformation, la promotion des chaîne de valeurs et surtout la promotion du made in Cameroun. Cela suppose produire plus, afin de créer plus d’emplois et générer plus de ressources.
Quelles autres solutions pourraient être envisagées ?
Il faut également poursuivre avec l’assainissement des finances publiques camerounaises, cela passe par un certain nombre de mesures. Les textes qui ont été pris ces deux dernières années sur la gouvernance de nos entreprises d’Etat doivent être appliqués à la lettre. Il faut que l’entreprise publique camerounaise soit gérée de manière efficience, qu’elle cesse de s’alimenter sur le budget, bref, qu’elle cesse d’être cette vache à lait qui pompe le budget de l’Etat, d’année en année. La dernière chose sur laquelle je souhaite insister, c’est la crise anglophone qui est devenue une crise camerounaise. Etant donné que l’économie camerounaises en pâtit. Si l’on reste dans cette crise à l’état actuel, pendant deux années de plus, l’économie camerounaise va entrer dans une crise sans précédent. Il faut très rapidement résoudre cette crise avant qu’elle ne continue à déstructurer l’économie. En d’autres termes, pour des raisons économiques, il devient urgent de résoudre ce problème anglophone. C’est ainsi que nous pourrons repartir vers une croissance à deux chiffres, car, on ne le dira jamais assez, pour être émergent en 2035, il faut une croissance à deux chiffres.
Par Moussa Njoya, Politologue: les anglophones ne sont pas les « ambazoniens » !
Des femmes obligées de s’agenouiller avant d’être sauvagement molestées. Des enfants en bas âge violentés et en pleurs. Leur faute, avoir osé braver le « ghost town ». La vidéo a été diffusée la semaine dernière. Les images sont tout simplement intenables. Mais pour quiconque connait la situation sur le terrain, c’est la banalité. La quotidienneté des populations des régions anglophones depuis près de trois ans. Faite de cruautés, de misère et de désarroi. Pendant ce temps, certains entrepreneurs de la terreur, armés d’un cynisme que leur envierait Vlad Tepes, plus connu sous le nom de Dracula, encensent cette violence. Tandis que d’autres jouent aux pêcheurs en eaux troubles, entretenant savamment la confusion. D’où la stigmatisation qui tend à s’installer.
Les anglophones n’ont Rien contre les francophones
« Les anglophones se plaignent des francophones et veulent se séparer d’eux ». Telle est la lecture simpliste et caricaturale qu’offrent certains « observateurs » dont la légèreté des « analyses » n’a d’égal que leur ignorance des réalités historiques, sociologiques et sécuritaires. N’étant pas du tout aidés par les biais diffusés par une propagande savamment entretenue dans les médias et les réseaux sociaux par certains « leaders » anglophones et leurs affidés. Bien entendu, les choses sont beaucoup plus compliquées que cela. Tout en étant très simples aussi. Ce qui est complexe, c’est l’enchevêtrement des demandes sociales. Les revendications des populations anglophones depuis des lustres. Elles concernent et embrassent presque tous les domaines, notamment la politique, l’économie et la culture. Ce qui est simple est que les populations originaires du Nord-Ouest et du Sud-Ouest demandent une juste reconnaissance et une meilleure prise en compte de leur spécificité anglo-saxonne dans la construction institutionnelle et la vie nationale au Cameroun. Il ne s’agit alors nullement d’une haine des francophones par les anglophones. La vie au quotidien le démontre. Les francophones et les anglophones continuent de vivre ensemble, dans la paix et la gaieté comme cela a toujours été le cas. Et ce, en dépit de la crise qui a cours. Mieux encore, l’on observe dans le mouvement dramatique imposé aux populations, le déplacement massif des camerounais des régions anglophones vers la partie francophone. Ce qui démontre qu’ils ne les considèrent pas comme des ennemis. Bien au contraire. Qui irait s’abriter chez l’ennemi en temps de guerre ? Les écarts de langage tels que « anglofous », « bamenda », « francofous » ou encore « frogs » participent davantage de l’indexation identitaire propre au Cameroun, comme dans tous les Etats africains, et qui veut que les populations s’attribuent réciproquement des « sobriquets », des « défauts » comme marqueurs des « autres ». Très souvent sans grande méchanceté. Toutefois, il est clair que dans un contexte social délétère, l’usage de tels « surnoms » peut s’avérer explosif. D’où la nécessité de leur limitation ou de leur évitement purement et simplement. De même les incursions de certains groupes armés « ambazoniens » en zone francophone, tel que l’on a eu à l’observer dans le Moungo, dans la Menoua ou encore dans le Noun, ne démontrent nullement une quelconque volonté des anglophones d’en découdre avec les francophones. Cela est dans la logique de toute « guerre insurrectionnelle », car les assaillants ne mènent souvent ces attaques que dans le but de se ravitailler, soit en bien de consommation, soit en matériels, soit en armes ou encore en otages qu’ils échangeront contre rançon. En fait, il s’agit plus de pillages que d’autre chose.
Les anglophones ne soutiennent pas les ambazoniens
L’autre illusion savamment entretenue est celle selon laquelle les anglophones soutiendraient dans leur immense majorité les « ambaboys », dont ils se rendraient même complices des actions, en les finançant et en les protégeant. Cette perception facile, promue par certains « leaders » anglophones et même francophones, est très dangereuse car ayant parfois conduit à des drames effroyables. D’où la nécessité d’une certaine clarification. En effet, au début de la crise, en novembre 2016, les populations des régions du Nord- Ouest et du Sud-Ouest, ont massivement apporté leur soutien au « consortium de la société civile », du fait de la justesse et de la pertinence des revendications dont les leaders, notamment avocats et enseignants, étaient les porteurs. Ces populations étaient davantage séduites par la démarche pacifiste et structuré de ceux-ci. Ce qui a généré leur solidarité, surtout lorsqu’ils ont été arrêtés et emprisonnés, débouchant sur une forme de radicalisation. Aussi, convient-il de préciser que la militarisation de la crise anglophone provient d’un ensemble de facteurs postérieurs. Premièrement, le gouvernement du Cameroun, en décidant, contre toute logique, de dissoudre le « consortium » avec qui il était pourtant en discussion, et d’embastiller leurs leaders, tout en se montrant intransigeant quant au débat sur la forme de l’Etat, a sacrifié les modérés de la société anglophone et a favorisé l’émergence des extrémistes. Deuxièmement, il est important de savoir que la région anglophone est largement constituée de « zones grises », qui échappent largement à l’emprise de l’Etat et des autorités publiques, comme cela est notamment le cas de la majorité de ce que le discours bureaucratique appelle « l’arrière-pays ». Cela favorise bien évidemment les trafics en tous genres, notamment les drogues et les armes. C’est ainsi un secret de polichinelle que la frontière avec le Nigeria a toujours été propice à ce genre d’activités, qui se sont exacerbées, une fois la crise radicalisée. Les petits criminels voyant les zones de non-droit se multiplier, et ayant davantage de facilité à s’armer, vont saisir cette nouvelle opportunité. Enfin, sur le plan psychosocial il faut absolument tenir compte d’une part du syndrome du « fantasme du pistolet » qui veut que les jeunes d’un certain âge soient enclins à vouloir « jouer à la guerre », d’où leur appétence pour les métiers de défense et de sécurité. Et d’autre part, des réflexes de « solidarité primaire » qui limitent la collaboration des populations avec les forces de défense et de sécurité, car très souvent en dénonçant le criminel, c’est un neveu, un frère, un oncle, bref un familier qu’on « trahit ». Ce qui n’est pas le plus facile, surtout que cela peut installer des haines familiales sur des générations. Dans ce domaine, l’histoire de la lutte contre les nationalistes upécistes et celle contre les terroristes de Boko Haram peut s’avérer très instructive.
Les anglophones sont les principales victimes
Mais très tôt, face à la nouvelle réalité du terrain, les populations anglophones seront les premières à déchanter. En effet, pour financer leur « combat » les ambazoniens leur imposent diverses « taxes de guerre ». De très nombreuses personnes originaires de ces régions ont vu leurs parents enlevés contre paiements de rançons, tandis que la majorité des élites reçoivent des messages marqués « ground-zero » et dans lesquels ils sont menacés d’enlèvement, de meurtre ou de voir leurs biens incendiés, s’ils n’envoient pas dans les plus brefs délais des sommes faramineuses, atteignant souvent des dizaines de millions. Il en est également de la « diaspora » qui se voit infliger des « amendes » pour pouvoir venir en vacances ou pour pouvoir inhumer un proche au village. Résultat des courses, de nombreux anglophones sont interdits de séjour dans leurs localités d’origine et sont obligés de procéder à des évènements majeurs tels que les deuils et les mariages dans la zone francophone ou à l’étranger. C’est également le cas de ces dizaines de milliers d’élèves et d’étudiants qui ont vidés les établissements du nord-ouest et du sud-ouest, pour venir poursuivre leurs études ailleurs. La nouvelle densité des lycées bilingues et autres écoles anglophones situées dans la partie francophone renseigne à suffisance sur la ferme volonté de ces apprenants à continuer leur apprentissage. C’est cette réalité qui a surement conduit au changement de position des leaders tels que Mancho Bibixy et Agbor Balla qui appellent désormais à la reprise des cours. Tout porte à croire qu’il s’agit pour eux d’emprunter progressivement la voie de la normalisation de la situation. Car la vue de ces dizaines de milliers de déplacés, qui vivent misérablement soit dans les forêts du Cameroun et du Nigeria, ou encore dans les villes et villages du pays, et dont le quotidien est fait de pauvreté avec toutes les dérives qui vont avec, est tout simplement insoutenable. Cette insoutenabilité est davantage renforcée face à ces milliers de morts et de blessés, ces villages entiers incendiés, ces têtes coupées, ces filles et femmes violées, ces tombes profanées, ces grands-parents ridiculisés, ces ministres de culte désacralisés, ces hôpitaux et écoles brulés. La misère est désormais la chose la mieux partagée en zone anglophone, le tissu économique étant en lambeaux. Les entreprises ayant été en majorité fermées, les petits commerces pillés, les activités diverses arrêtées. La soi-disant collaboration des populations aux mots d’ordre des ambazoniens n’étant en réalité rien d’autre qu’une technique de survie, une obéissance mue par la terreur. Car désobéir c’est se condamner sinon à une mort certaine, tout au moins à des conséquences très déplorables, comme le démontrent les images de ces femmes battues. Pris entre deux feux, celui des « ambaboys » et celui de l’armée, qui ne fait pas souvent de quartiers dans ses représailles, les anglophones ne savent plus à quel saint se vouer.
Halte au cynisme et à la stigmatisation !
Face à cette réalité morbide, ce qu’il y a de plus déconcertant c’est la morgue qu’affichent certains. Il en est ainsi tout d’abord de ces pseudo-leaders « ambazoniens », qui confortablement installés dans la diaspora, passent le clair de leur temps à envenimer la situation, en envoyant des fonds et surtout par leurs déclarations incendiaires au quotidien. Les guerres d’ego qui sont légion entre eux, et qui ont souvent des répercussions sur le terrain, trahissent la vanité de leurs « combats », car il ne s’agit ni plus ni moins que de positionnement individuel. Ensuite, l’on a cette horde de « sympathisants francophones » de la crise anglophone, qui au prétexte de leur opposition au régime en place, et étant prêts à faire feu de tout bois pour accéder au pouvoir, soutiennent les exactions « ambaboys », tout en les niant ou en les relativisant. La technique majeure étant d’accuser le gouvernement. Enfin, il existe parmi les gouvernants camerounais certains qui ne font rien pour que les choses s’arrangent soit parce que la guerre actuelle leur permet de s’en mettre plein les poches, soit du fait que celle-ci est une ressource politique nécessaire à leur émergence personnelle, ou bien au contraire que la résolution de cette crise leur fera perdre leur position actuelle. Dans tous les cas, ce qui est souhaitable est non seulement que cette crise cesse au plus tôt, mais que surtout s’estompe cette stigmatisation, car les anglophones ne sont pas les ambazoniens !
Par Moussa Njoya, politologue (Défis Actuels No 404 )
Cameroun-FMI : Ce que prévoyait le Programme Economique et Financier
La crise économique qui s’est intensifiée dans l’ensemble des pays de la Communauté
Economique des Etats de l’Afrique Centrale (Cemac) fin 2014, n’a pas épargné le Cameroun. La chute drastique des cours des matières premières, notamment le pétrole, principale source de revenu des pays de la Cemac a asséché les caisses des Etats. Ainsi, à la suite du sommet extraordinaire des chefs d’Etats de la zone tenu à Yaoundé en décembre 2016, 21 résolutions seront prises à l’effet de sortir les pays de la sous-région de cette situation. C’est dans cette perspective que pour faire face à cette contrainte, le Cameroun, à travers le Premier ministre d’alors, Philemon Yang, a saisi la directrice générale du Fonds Monétaire International (FMI) le 16 juin 2017. L’objet de cette lettre d’intention parvenue à Christine Lagarde portait sur « l’accompagnement du FMI à travers un accord triennal soutenu par la Facilité Elargie de Crédit (FEC) couvrant la période 2017–20 d’environ 415 milliards de francs CFA, à décaisser en sept tranches, ainsi que l’établissement de critères de réalisation quantitatifs et de mesures structurelles jusqu’en décembre 2017 ». Et ce, dans le but de permettre au Cameroun, avait précisé Yang Philemon, « de faire face à un besoin de financement au niveau de notre balance des paiements d’environ 4,7 % du Produit Intérieur Brut en 2017, et de soutenir notre effort de redressement des finances publiques », avait-il mentionné.
Engagements
Pour bénéficier des ressources du FMI et des autres partenaires, le Cameroun s’était engagé à mettre en œuvre un ensemble de mesures, notamment : « rétablir la soutenabilité des finances publiques et des comptes extérieurs à moyen terme, maintenir la dette publique sur une trajectoire soutenable ». Mais de procéder à « un redressement budgétaire de près de 5 % du PIB sur trois ans, dont 3 % du PIB en 2017». Concrètement, arguait l’ancien PM, ce redressement devait être porté par des mesures visant à « accroître les recettes et à rationaliser les dépenses publiques tout en améliorant leur qualité, notamment de celles liées aux investissements prioritaires, et en préservant certaines dépenses sociales et les aides humanitaires d’urgence dans les régions septentrionales et de l’est du pays ». Aussi ajoutait-il, qu’un « accent particulier sera mis sur le renforcement de la crédibilité et la transparence du budget dans le cadre de notre plan de réforme des finances publiques. La politique d’endettement visera à ralentir le rythme des nouveaux engagements au titre de la dette extérieure en privilégiant les prêts concessionnels et les financements en mode de partenariat public-privé ».
Retombées
La mise en œuvre des mesures sus- indiquées a permis au Cameroun de bénéficier des ressources du FMI et des autres partenaires. Alors que le montant total des décaissements du FMI en direction du Cameroun est estimé à 296 milliards de francs CFA, depuis juin 2017, ceux de la Banque Africaine de Développement devraient se situer à 887 milliards, 377 milliards de francs CFA pour la Banque Mondiale, 200 milliards pour l’Agence Française de Développement et 66 milliards pour l’UE. Ainsi, malgré le contexte difficile caractérisé par la crise sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud- Ouest, le Cameroun, de l’avis de nombreux spécialistes, a tenu le bon bout. Mitsuhiro Furusawa, directeur général adjoint et président par intérim du FMI a d’ailleurs souligné le 17 juillet dernier que « les résultats obtenus par le Cameroun dans le cadre du programme appuyé par la FEC se sont améliorés depuis un an. La plupart des objectifs à la fin décembre 2018, y compris celui relatif au déficit budgétaire, ont été atteints, et les réformes structurelles suivent leur cours».
In Défis Actuels N° 404 du 22 juillet 2019
Cameroun-FMI: Pourquoi le FMI décaisse 45 milliards
C’est désormais acté. Le 17 juillet dernier, le Conseil d’administration du Fonds Monétaire International (FMI) a achevé la quatrième revue, au titre du Programme Economique et Financier, appuyé par la Facilité Elargie de Crédit (FEC) signé en juin 2017. Ce qui permet au Cameroun de bénéficier d’un appui budgétaire de 45 milliards de francs CFA. Avec ceci de singulier qu’il déclenche de fait, une série d’autres décaissements qui vont permettre au Cameroun d’obtenir 329 milliards au cours de cette année 2019, selon des données consignées dans la loi de finances de l’exercice en cours. Ainsi, au terme de ce programme qui s’achève en décembre 2019, le Cameroun aura bénéficié d’une enveloppe totale de plus de 1300 milliards de la part de ses Partenaires Techniques et Financiers. A la tête desquels se trouvent le FMI, la Banque Mondiale, le Banque Africaine de Développement (BAD), l’Agence Française de Développement, l’Union Européenne, etc.
Réformes
Pour autant, le déblocage de ces appuis budgétaires ne fut pas sans une contrepartie. Ils ont été obtenus à la suite d’une série de réformes de consolidation
budgétaires mises en œuvre par le Cameroun depuis l’année 2017. Il était question de : « consolider la stabilité du cadre macroéconomique, renforcer la compétitivité de l’économie, améliorer les services sociaux et élargir la protection sociale afin de réduire la vulnérabilité des populations fragiles ». Ainsi, pour respecter ses engagements vis-à-vis du FMI et garantir un succès éclatant à ce programme, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze a, de tout temps, prêché la discipline budgétaire, en invitant les uns et les autres à se limiter strictement aux dépenses nécessaires, d’après certains experts. Dans cette perspective, l’opération de Comptage Physique des Personnels de l’État (Coppe) 2018 a été mise sur pied. Les retombées de cette initiative ont permis à l’Etat d’économiser environ 30 milliards de francs CFA. Dans le registre de la mobilisation des recettes, le Minfi a veillé sur la publication de la circulaire conditionnant le dédouanement des marchandises à l’existence des contribuables professionnels dans le fichier actif de la Direction Générale des Impôts (DGI). En matière de gestion des finances publiques, l’Etat a veillé à la transposition des directives de la Communauté Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique Centrale (Cemac) dans la législation nationale ainsi qu’à la préparation d’un plan de décaissement des Soldes Engagés Non Décaissés (Sends). En ce qui concerne le secteur financier, le gouvernement s’est attelé à la formation des juges à la résolution des conflits bancaires, entre autres. De l’avis de nombreux experts, toutes ces réformes ont permis d’accroître la crédibilité du Cameroun auprès du FMI et des autres Partenaires Techniques et Financiers.
Polémique
Le « glissement » de la date de la tenue du Conseil d’administration au sujet du décaissement des 45 milliards en juin dernier, a fait naître chez certains observateurs, l’inquiétude quant à la réussite de cette quatrième revue. Mais du côté du Minfi, des responsables avaient tôt fait de stopper cette rumeur, en arguant qu’il ne s’agissait ni plus ni moins que d’un léger retard. Et que ce problème serait réglé lors du prochain conseil, à savoir celui du 17 juillet dernier. Ce qui est désormais fait.
Can 2019 : L’Algérie logiquement championne d’Afrique
L’Algérie a terminé la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2019 sur la plus haute marche du podium. Après avoir étouffé le Sénégal surpris dès la deuxième minute de jeu. Un tir de Baghdad Bounedjah contré par Salif Sané, remplaçant de Kalidou Koulibaly, victime de deux cartons jaunes, lobe Amigo Gomis, le gardien des buts du Sénégal. Le score en restera là jusqu’au coup de sifflet final. Et pourtant les statistiques ne reflètent pas le destin du match. Les Lions de la Terranga dominent avec une domination de 61%. C’est que, pour le restant des 95 minutes de jeu, les Fennecs travailleront à conserver cette avance prise à l’entame de la partie. Acculés, les poulains de Belmadi résisteront, en commettant beaucoup de fautes (14 en première période et 18 en seconde), mais qui n’aboutiront à rien. Rais Mbollhi, le portier algérien, est toujours bien placé.
Le Sénégal aurait pu rétablir l’équilibre si ses joueurs s’étaient montrés adroit. Après une première partie ponctuée de nervosité et de manque de concentration, les poulains d’Alliou Cissé se réveilleront à la seconde période, pour se montrer un peu plus posés, calmes et réalistes. Les entrées de Krépin Diatta (Papa Ndiaye, 59’), Mbaye Diagne (Henri Saivet, 75’) et Keïta Baldé (Mbaye Niang, 85’) animeront davantage l’attaque des Lions, mais en vain. A chaque fois devant les buts adverses, les Sénégalais manqueront de lucidité. Comme sur cette occasion de Mbaye Niang, lancé par Lamine Gassama et qui efface le portier mal sorti, mais s’excentre pour ajuster un tir non cadré au coin supérieur du premier poteau (66’). Trois minutes plus tard, Youssouf Sabaly armera un tir qui obligera Mbolhi à se détendre pour une claquette qui déviera la balle filant sous la transversale.
Le destin du match aurait pu changer à l’heure de jeu, si Alioum Sidi, l’arbitre central, n’avait pas décidé de changer d’avis sur ce penalty qu’il avait déjà accordé sur une faute de main de Adlane Guedioura, dans la surface de réparation. Le central camerounais qui appliquait ainsi la réforme dans les règles de jeu, notamment la faute de main qui donne droit à une sanction, sans débat sur l’intentionnalité, est allé consulter la vidéo assistance, pour se dédire. Le Sénégal se surpassera, mais n’y parviendra jamais.
Un parcours sans défaite
Le Sénégal continuera de courir après son premier sacre en CAN. La dernière fois que les Lions de la Terranga étaient aussi proches, remonte à 2002. Mais Alliou Cisse, alors capitaine, et ses équipiers tombèrent devant le Cameroun de Rigobert Song. Le Sénégal se refera le moral durant deux ans, avant de se relancer. Deux années pendant lesquelles le trophée séjournera en territoire Fennec.
L’Algérie termine le tournoi sans défaite. Au premier tour, Kenya (2-0) Sénégal (0-1), et Tanzanie (0-3) sont passés à la trappe. Puis en 8èmes, la Guinée a subi le même sort que la Tanzanie, ensuite la Côte d’ivoire a résisté difficilement en quarts (1-1, puis 3-4), avant que le Nigeria ne s’’essaie (2-1) en demi. Et enfin cette finale, match le plus difficile et le moins offensif. Mais le plus important a été fait. Pour une deuxième fois. Vingt-neuf ans après le dernier exploit.
La CAN 2019 En bref :
Vainqueur : Algérie
Médaille d’argent : Sénégal
Médaille de bronze : Nigeria
Meilleur joueur : Ismaïl Bennacer (Algérie)
Meilleur buteur : Odion Ighalo (Nigéria/5buts)
Nombre de buts : 102 en 52 matchs
Meilleure attaque : Algérie (13 buts)
Ibrahim Mbombo Njoya : « Faire de l’Ouest un modèle de l’action politique paisible »
Mesdames et Messieurs.
C’est pour moi un agréable devoir de prendre la parole, ce jour, en ma qualité de Chef de la Délégation Permanente Régionale du Comité Central du RDPC pour l’Ouest, à l’occasion de cette importante rencontre qui nous réunit en ces lieux, à Bafoussam, chef-lieu de notre Région.
Avant de poursuivre mon propos, je tiens d’emblée à remercier du fond du cœur les autorités administratives de la Région de l’Ouest, notamment, Monsieur le Gouverneur et sa suite, pour l’encadrement constant des activités de notre Parti dans votre ressort de commandement.
Je salue et félicite la présence de chacun de vous, populations et forces vives de la Région de l’Ouest, venus répondre favorablement et si massivement à notre appel, qui intervient à l’un des moments les plus délicats de la vie de notre pays.
Mesdames et Messieurs,
Alors que notre pays se remet peu à peu, grâce aux efforts héroïques de nos Forces de Défense et de Sécurité, des affres cyniques et barbares de la secte terroriste Boko Haram et des groupes armés qui opéraient dans la Région de l’Est ;
Pendant que d’importantes mesures prescrites par le Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Paul Biya, visant à restaurer la paix dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, en proie à des violences perpétrées par des milices sécessionnistes, connaissent progressivement leur mise en place,
Des individus sans foi ni loi, se sont lancés dans des manifestations lâches et violentes, à travers des propos haineux, des contestations pernicieuses et injustifiées, le vandalisme de nos patrimoines, des actes de violences, d’agression et de tentative de profanation des symboles de notre pays, les dernières en date étant la perturbation du séjour privé du couple présidentiel à Genève en Suisse.
Dans un contexte préoccupant où ces faits troubles sont susceptibles de mettre en péril nos précieux acquis et valeurs si chèrement bâtis, au rang desquels la Paix, héritage capital que nous devons laisser à la postérité, l’Ouest, pour des raisons historiques, politiques et citoyennes, ne pouvait faillir à son devoir : Celui de se retrouver pour exprimer solennellement sa position devant l’histoire.
C’est donc à juste titre que nous avons tenu à organiser, ici même à la place des fêtes de Bafoussam, cette importante rencontre sous le signe fort évocateur du RASSEMBLEMENT DES POPULATIONS ET FORCES VIVES DE L’OUEST POUR LE RESPECT DES INSTITUTIONS DE LA REPUBLIQUE, L’APPEL A LA PAIX, AU VIVRE ENSEMBLE ET A LA COHESION NATIONALE.
A cet égard, dois-je vous le rappeler, Mesdames et Messieurs, au regard de l’expérience des périodes douloureuses, très difficiles et tourmentées de l’histoire de notre pays, avant et après les indépendances, que j’ai vécu personnellement, et que la jeunesse camerounaise qui est née et vit dans la paix aujourd’hui, ne connaît pas le prix payé pour instaurer ce précieux trésor dont elle jouit aujourd’hui aisément des bienfaits.
C’est pourquoi, nous de la Région de l’Ouest, devons condamner, avec la plus grande fermeté, tous ces actes et agissements qui portent atteinte aux valeurs républicaines, menacent la cohésion nationale, la paix et la stabilité.
A cet effet, j’invite tout particulièrement la jeunesse de la Région de l’Ouest, à ne pas se laisser manipuler, à rester vigilante et à s’abstenir de toute initiative de nature à menacer la paix et le vivre ensemble, si chers à notre pays.
L’unique champ de combat politique c’est ici chez nous au Cameroun. Le linge sale se lave en famille. Les rues d’Europe, d’Amérique, de France et de Navarre ne sont pas appropriées comme lieu d’exposition de nos querelles intestines. La porte de la case paternelle, la case Cameroun, est et demeurera toujours ouverte pour vous recevoir toutes et tous, nos enfants qui êtes dans la diaspora ou dans les sissonghos.
Il n’y a rien qui dure éternellement, même les disputes politiques pour le partage du gâteau national. La politique, toute politique est circonstancielle. Elle s’adapte à son temps et à son environnement. Elle est fonction des règles qui régissent à chaque époque une société donnée. Le respect des règles de jeu politique est primordial pour l’expression et l’exercice de l’action politique. Le respect du cadre du jeu politique et la nonviolence dans l’expression et l’exercice d’une politique sont des gages de paix sociale et de régulation normale de la société politique.
Hors de ce cadre et en l’absence de cette déontologie, tout exercice politique participe de l’insurrection révolutionnaire. Il existe des sociétés issues des révolutions. La révolution est l’adhésion totale ou quasi unanime de tout un peuple. Ici nous n’y sommes pas, et si cela arrivait les règles du jeu politique changeraient, nous serons tous révolutionnaires, et la paix sociale sera à ce prix.
Faut-il le repréciser, nous n’y sommes pas. Et la paix sociale que réclame la majorité des camerounais se trouve dans la gestion raisonnée de nos passions politiques. J’invite en conséquence l’Ouest à apaiser la passion politique.
- L’intérêt de notre chère, belle et dynamique Région, génie dans les affaires, génie dans les domaines de la culture, génie dans l’art de l’épargne, l’Ouest aux multiples visages qui offre au Cameroun ses valeurs positives, oui, l’intérêt de l’Ouest c’est la paix ;
- L’intérêt de l’Ouest c’est le Cameroun un et indivisible,
- L’intérêt de l’Ouest c’est l’Unité et la paix dans l’espace national dans sa totalité ;
- L’intérêt de l’Ouest c’est l’image que les autres se font de nous ;
– L’intérêt de l’Ouest c’est l’image d’Épinal que nous devons continuer d’offrir au monde sur nous.
Ne l’oublions pas, nous sommes camerounais à part entière. L’œil du monde nous regarde. Changeons de paradigme politique et l’avenir que nous rêvons, l’avenir que vous nos enfants vous rêvez viendra assurément.
Je vous invite à abandonner la violence, à retrouver les voies classiques paisibles de l’expression des libertés politiques. Il y va de l’intérêt de l’Ouest, de tout l’Ouest.
Oui, dans le champ politique, tout homme, toute femme, tout entrepreneur, tout chef, etc……… est un homo politicus. Tout le monde doit faire la politique ou alors la politique vous fera. Cessons le débat désuet et irréaliste des chefs neutres ou des faux problèmes des traditions apolitiques, dans un monde de confrontations politiques, un monde de décisions politiques qui régulent nos sociétés, y compris nos us et coutumes, oui nos traditions. Cela est un autre débat qui se fera en son temps.
Aujourd’hui nous parlons de violence, de paix sociale, du vivre ensemble. Nous parlons de faire de l’Ouest un modèle de l’action politique paisible.
A cet effet, j’invite tous les enfants de notre Région dans toutes les diasporas à adhérer à l’esprit de paix. Ils seront toujours les bienvenus et les bienaimés par nous leurs parents. Le Cameroun est à nous tous, l’Ouest a sa place entière et l’Ouest doit montrer bon exemple comme nous le montrons déjà dans tous les domaines. Nous demeurons toujours la levure de la paix au Cameroun, comme la levure du progrès. Sans la paix il n’y aura point de progrès pour tous.
D’une manière plus générale, j’appelle chacun de nous, hommes, femmes et jeunes, à ne pas céder aux sirènes du repli identitaire, et à rejeter la violence sous toutes ses formes.
Dans le même ordre d’idée, nous devons tous barrer la voie aux fauteurs de troubles, œuvrer sans relâche, chacun à son niveau, et où qu’il se trouve, pour faire de la Région de l’Ouest un havre de paix, un socle du vivre ensemble, et partant, le Cameroun tout entier.
Dans la même veine, je vous exhorte à traduire par vos faits et gestes, les actes qui attestent notre respect et notre attachement aux hautes valeurs morales et institutionnelles, confirment et confortent la position de l’Ouest acquise dernièrement comme troisième vivier national du RDPC, et la rassurante déclaration du Chef de l’Etat selon laquelle, je cite : « le Cameroun se fera avec l’ouest ou ne se fera pas ».
Jamais, Jamais, le Cameroun, notre chère patrie, ne devrait admettre des actes et comportements insurrectionnels, haineux, tribalistes et stigmatisants qui pourraient fatalement conduire à la destruction de sa cohésion, de son unité, et du vivre ensemble.
Enfin, par ma voix, la Région de l’Ouest tient à réaffirmer son soutien indéfectible à Son Excellence Paul Biya, Président de la République, Chef de l’Etat, et le rassure de sa disponibilité permanente à l’accompagner dans la conduite paisible de notre cher et beau pays, le Cameroun, vers son émergence.
Vive la Région de l’Ouest ;
Vive le RDPC et son illustre Président National, S.E Paul BIYA ;
Vive le Cameroun ;
Je vous remercie !
Fécafoot : La contre-attaque pédagogique de Tombi à Roko
Par la voix de Me Sylvain Rodriguez Ambomo son avocat-conseil, Tombi à Roko répond à la Commission d’éthique de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) qui l’a condamné le 11 juillet dernier à une suspension à vie de toute activité relative au football. Et à une condamnation à payer une amende de dix millions de francs, et les dépens liés à la tenue du « procès ». En six points, l’ancien président de la Fécafoot tente de démonter le dossier monté par Jean Pierre Soh. D’abord, « les faits sur lesquels la Commission d’éthique a statués se sont déroulés en 2017, et sont donc antérieurs à la date d’entrée en vigueur de la commission et du Code éthique ». Le conseil de Tombi à Roko constate donc que «la commission a violé le principe de la non retro-activité des lois ». En plus, « la chambre d’instruction ayant connu le dossier dont s’agit, est constitué de membres nommés par l’ancien président du Comité de normalisation, lesquels, conformément aux statuts, devraient être élus; or les membres de la Commission sont nommés ». Le conseil de Tombi à Roko dénonce également la violation du droit de son client de demander une prorogation des délais fixés par la Commission, ainsi que le prévoit l’article 57 du Code d’éthique. « La demande introduite par son client est restée lettre morte », mentionne l’avocat. Dans le même sens, Me Sylvain Ambomo dénonce la violation du secret des enquêtes, des délibérations et des décisions prises, par « une large diffusion radio presse », alors que autant le Code d’éthique que les textes de la Caf et de la Fifa demandent de ne les divulguer qu’à la notification des « décisions définitives déjà notifiées à leurs destinataires ». Rappelant que la violation de l’article 40 du Code d’éthique dans ce cas expose le membre de la Commission à une suspension par les 2/3 des membres de la Commission jusqu’à la prochaine assemblée générale de la Fécafoot. Une prérogative de divulgation des décisions dévolue au seul secrétaire général de la Fécafoot après approbation du président. Ce qui est valable pour toutes les décisions prises par l’Assemblée générale et les organes juridictionnels. Alors « le président de la Commission d’éthique a outrepassé ses prérogatives», fait observer l’avocat.
La justice pour « laver son honneur et sa dignité bafoués »
L’homme ne manque pas de s’attaquer au fond, notamment la décision principale qui écarte son client des affaires du football à vie. Pour Me Sylvain Rodriguez Ambomo, cette sanction « est illégale en ce que la Commission a prescrit une sanction inexistante de l’article 28 du Code d’éthique de la Fécafoot et contraire aux principes et valeurs prônées par l’olympisme ». N’hésitant pas à voir en la « concomitance de la décision de la Commission d’éthique et les performances mitigées des sélections nationales engagées aux compétitions internationales » que sont la Can 2019 et la Coupe du monde féminine (élimination en 8ème de finale pour les deux tournois), un raccourci pour trouver en Tombi à Roko « un bouc émissaire de la mauvaise gestion desdites sélections et résultats sportifs récents». Lui qui a conduit Les Lions indomptables à la Can Gabon 2017, pour ramener le trophée final. Redonnant la joie aux Camerounais quinze ans après le dernier sacre.
On apprend dans la réponse servie par l’avocat de l’ancien président de la Fécafoot, que le silence de l’homme déchu par l’instauration d’un second comité de normalisation à la tête de la Fécafoot depuis deux ans, se justifie par le fait qu’il est « soucieux de la préservation de la paix, de la concorde et de l’unité nationale promus par les plus hautes autorités de l’Etat». Mais en constatant « les violations et abus dont il fait l’objet de la part des organes et dirigeants de la Fécafoot », tient à « laver son honneur et sa dignité que l’on tente injustement de bafouer ». Et annonce la voie judiciaire pour y parvenir.
Source: La Nouvelle Expression
Ibrahim Mbombo Njoya: « je serai bel et bien au meeting de Bafoussam » (communiqué officiel)
Suite à certaines informations erronées, propagées à des fins inavouées, notamment via les réseaux sociaux, Sa Majesté Ibrahim MBOMBO NJOYA, Chef de la délégation permanente du Comité Central pour la région de l’Ouest, tient à confirmer sa présence effective lors du grand meeting du 20 juillet 2019 à Bafoussam.
Par conséquent, il appelle les Responsables Militantes et Militants du RDPC, les forces vives de la Région de l’Ouest ainsi que tous les citoyens de bonne volonté, à se mobiliser massivement pour la pleine réussite de cet évènement qui sera rehaussé par la présence effective du Secrétaire Général du Comité Central, Son Excellence Jean NKUETE, et du Président du Sénat, Son Excellence Marcel NIAT NJIFENJI.
Foumban le 19 juillet 2019
Sa Majesté Ibrahim Mbombo Njoya
Sénateur; Membre du bureau politique
Chef de la Délégation Permanente du Comité Central pour l’Ouest














