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Les chefs traditionnels doivent-ils faire la politique ?

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Gouvernance: les paroles s’envolent mais la réalité reste !

Le grand meeting du Rdpc du 20 juillet dernier qui avait pour objectif de démontrer le soutien des élites de cette localité aux institutions et à celui qui les incarne, Paul Biya, a été l’occasion d’une forte polémique, remettant sur la table la question de la participation politique des chefs traditionnels, car ce grand raout politique a été organisé par une autorité traditionnelle, Ibrahim Mbombo Njoya, le sultan roi des Bamoun.

De la liberté politique des chefs traditionnels

D’emblée, il faut dire que se poser la question de savoir si les chefs traditionnels doivent-ils faire la politique est une incongruité, dans la mesure où leur position de monarque traditionnel est déjà une fonction politique. La chefferie traditionnelle étant souvent un véritable micro-Etat, et sa gestion relevant de la haute politique. Ce qui poserait problème c’est l’engagement des autorités traditionnelles au sein des partis politiques, dans un contexte de multipartisme. En effet, pour une bonne partie de l’opinion publique, le chef traditionnel, en tant que le « père » de tous ses « sujets », il se doit de rester audessus de la mêlée, en dehors de la compétition entre les formations politiques. Cette posture serait nécessaire pour préserver son impartialité et surtout sa sacralité. Mais à y voir de près, cette « suggestion » ne se justifie nullement. Il faut préciser que les chefs traditionnels, en dépit de leur statut d’auxiliaire de l’administration sont des citoyens comme les autres qui peuvent librement s’engager dans les partis politiques. Le décret du 15 juillet 1977 régissant les chefferies traditionnelles ne leur imposant aucune obligation de réserve à l’instar de ce qui est des autorités de la préfectorale. C’est au nom de cette liberté juridique que l’on a non seulement des chefs traditionnels qui sont membres et responsables dans le parti au pouvoir, mais également d’autres qui sont engagés dans l’opposition. C’est notamment le cas de Paul Marie Biloa Effa qui est chef coutumier Mvog-Betsi à Messa Nkoa-Ba’a (Arrondissement du Mfoundi II), président de l’Association des chefs traditionnels de Yaoundé II, vice-président de l’Association des chefs traditionnels du Mfoundi, et qui est membre du directoire du MRC et conseiller spécial du président national, Maurice Kamto. Il en est aussi du cas de Paul Tchatchouang, ancien vice-président du Sénat, qui est chef supérieur de Mucha dans le Koung-khi, et fervent militant du SDF. En fait, l’engagement des chefs traditionnels dans divers camps politiques est aussi vieux que l’histoire contemporaine du Cameroun. C’est ainsi que le premier président de l’UPC en 1948 est un chef traditionnel en la personne de Mathias Djoumessi, qui était chef de Foréké à Dschang entre 1925 et 1966. Même Sokoudjou Jean Rameau, le roi de Bamendjou qui estime aujourd’hui que « l’engagement des chefs traditionnels dans les partis politiques n’est pas honorable » était un responsable de l’UPC dans les années 1950, ce qui lui vaudra même une peine d’emprisonnement de 18 mois à Bafoussam lors de la période coloniale. D’ailleurs, au début des années 1990 il aura une présence plus que remarquée aux cotés de l’Union pour le Changement qui soutenait Ni John Fru Ndi. Son relatif retrait s’expliquant davantage par une certaine lassitude face aux travers du SDF, comme bien de citoyens, que par une quelconque volonté de neutralité. Postuler la dignité des autorités traditionnelles à leur non-engagement dans les partis politiques est non seulement caricatural, mais surtout empreint d’une bonne dose de mauvaise foi des partisans situés de part et d’autre du pouvoir, et qui veulent les contraindre à suivre leur obédience, par une forme de terrorisme intellectuel. Les choses prenant parfois une tournure largement dramatique comme on l’observe avec les agissements de la fameuse « Brigade Anti-Sardinard (BAS) » qui a humilié bon nombre de chefs traditionnels ces derniers mois. Leur « crime » étant de soutenir le régime en place.

 De la liberté des autres

Leur liberté d’engagement politique étant acquise, ce qui est demandé aux chefs traditionnels, c’est de respecter celle des autres. Aussi, ceux-ci ne doivent pas utiliser leurs attributs pour obliger ou influencer l’adhésion de leurs « sujets » à tel ou tel autre bord politique. Pire encore, les situations comme celles qui ont été vécues dans certaines localités du Septentrion ou du Nord-Ouest où des militants, des responsables et des élus des partis d’opposition sont violentés voir tués sous les ordres des chefs traditionnels, du fait de leur dissidence, sont plus que condamnables. C’est d’ailleurs tout l’enjeu du débat de la présence des bureaux des votes dans les chefferies traditionnelles, car il est établi que cela est souvent un lieu de pression sur l’expression libre des opinions politiques.

De ce qui se passe ailleurs

D’aucuns estiment que pour éviter les différentes dérives découlant de l’engagement partisan des chefs traditionnels, il vaudrait mieux les y soustraire en prenant pour modèle ce qui se passe en occident ou encore dans certains pays africains tel que le Maroc où le roi est au-dessus des partis politiques et n’appartient à aucun. Plus que jamais, l’on n’est fondé dans ce cas de dire : « comparaison n’est pas raison », car les situations sont totalement différentes. En effet, que l’on soit au Royaume-Uni ou au Royaume Chérifien, l’on a affaire à des monarchies constitutionnelles où le monarque à des attributions politiques très importantes sur le plan national et supplante l’entièreté du système politique. Allant jusqu’à avoir une implication quotidienne dans la vie des institutions. Alors, quel serait l’intérêt d’un souverain qui règne sur l’ensemble du système de politique, et ce ad vitam aeternam, de venir encore s’engager dans un élément du sous-système politique, que sont les partis politiques ? Etant entendu que l’on s’engage dans les formations politiques pour conquérir ou conserver le pouvoir, tout engagement partisan dans ces contextes est tout simplement dénué de tout sens. De l’assemblée des chefs traditionnels

Face à la myriade des chefferies traditionnelles au Cameroun, contrairement aux situations sus-évoquées, certains proposent que soit mise sur pied une « assemblée des chefs traditionnels ». Inspirée de la « house of chiefs » en vigueur sous la colonisation anglaise, celle-ci qui aura une voix consultative permettrait de donner aux chefs traditionnels une position honorable dans le champ institutionnel tout en les soustrayant aux aléas de l’engagement partisan. Une telle posture traduit une forte paresse intellectuelle car elle postule une fixité de la société camerounaise, condamnée à envisager éternellement son organisation sur la base de la tribalité. Elle s’avère même dangereuse à plus d’un égard dans la mesure où une pareille instance serait à coup sûr le lieu de l’exacerbation des replis identitaire. Ce qui serait un écueil radical à la construction d’une véritable nation camerounaise, dans un contexte marqué par un retour en force des discours tribalistes. Cette proposition s’avère davantage inopportune dans une conjoncture économique où l’idéal serait la dissolution ou tout au moins la diminution des institutions à l’utilité peu probante, car mettre sur pied une telle assemblée « consultative » c’est créer un autre gadget budgétivore. Alors que les populations ont d’autres urgences notamment en ce qui concerne la fourniture en eau, en électricité, en infrastructures, en logement, en santé ou encore en éducation.

De la civilisation des mœurs politiques

En définitive, ce qui pose problème ce n’est pas tant le principe de l’engagement des chefs traditionnels dans les partis politiques, mais plutôt l’absence dans bien de cas d’une certaine civilisation des mœurs politiques, une forme de galanterie politique, de gentlemen agreement. Celle-ci préconise l’observance d’une tolérance scrupuleuse des opinions des uns et des autres. Et des cas sont légions. C’est ainsi que lors de la dernière élection sénatoriale, l’on a vu le secrétaire du SDF, Jean Tsomelou, affronter son chef de Bamissingué, Joseph Teingnidetio, qui était candidat sur la liste Rdpc. Cette confrontation qui est allée jusqu’au constitutionnel n’a porté aucun coup aux rapports entre les deux personnalités, le chauffeur du secrétaire général du SDF étant grand notable au palais Bamissingué. Cette « sportivité » des mœurs politiques a été également observée par le sultan des Bamoun, Ibrahim Mbombo Njoya, lorsqu’il reconnut sa défaite à l’élection municipale de 1996, face à son « notable » Adamou Ndam Njoya. Et ce en dépit de suggestions de passage en force de bon nombre des élites du Noun. Ceci a été rendu possible par le fait que les deux parties ont compris que bien qu’étant adversaire politique, ils ne sont pas des ennemis. Ce passage du paradigme « ami/ennemi » à celui de « adversaire/partisan », et qui voudrait que l’adversité ne soit pas de l’inimitié, demande que l’on évite de faire usage de certains moyens, que l’on ait affaire à un chef traditionnel ou pas. Aussi, les injures visant à atteindre l’honorabilité de l’autre, les attaques personnelles, les violences physiques et matérielles, la prise à partie des membres des familles des candidats, les abus de position dominante, bref les coups en deçà de la ceinture, sont à prohiber. Cette civilisation des mœurs politiques demandent aussi une bonne dose de loyauté. Par conséquent, la politique, bien que perçue comme un jeu de ruse, doit être dépouillée d’une certaine forme abjecte de duplicité, où l’on voudrait atteindre ses objectifs à coup de trahison et de mensonges entre « copains », comme cela a été le cas entre l’ancien maire de Bafoussam, Joseph Confiance Fongang, et le regretté chef supérieur de Bamougoum, Jacques Fotso Kankeu.

Par Moussa Njoya in Défis Actuels N° 406 du 29 juillet 2019

Droits De l’homme : Des volontaires à l’école de la justice pénale

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Photo de famille des participants à atelier NDH sur la justice pénale.

La situation des droits de l’Homme au Cameroun est préoccupante. « Et le phénomène prend de l’ampleur du fait de l’absence des politiques de promotion et de vulgarisation des droits de l’Homme au Cameroun. » C’est pourquoi L’ONG Nouveaux Droits de l’Homme a mis sur pied, son programme d’amélioration de l’accès à la justice pénale au Cameroun. L’objectif du projet : renforcer les capacités en matière de promotion et de protection des droits de l’Homme chez le plus grand nombre de Camerounais. A cet effet, l’ONG a lancé, du 26 au 27 dernier, un atelier national de formation des volontaires sur les droits de l’Homme. Ces travaux envisagent outiller les citoyens camerounais sur la question des droits de l’Homme, dans le but d’élargir autant que possible le nombre de personnes qui s’intéressent à la problématique des droits de l’Homme. Selon Rolande Cyrille Bechon, directrice exécutive de Nouveaux Droits de l’Homme, le programme entend « contribuer au renforcement de l’Etat de Droit au Cameroun. Il est construit autour d’un assemblage cohérent de solutions et des problèmes clairement identifiés ayant des effets négatifs réels sur la jouissance des droits fondamentaux ». Une vision que vient compléter Hilaire Kamga, directeur du Cabinet Futur Afrique, chargé de l’organisation scientifique de l’atelier. Pour lui « Il s’agit de renforcer les capacités des participants, de manière spécifique, afin qu’ils soient opérationnels sur le terrain.

Après cette formation, les acteurs pourront s’installer à titre personnel ou travailleront avec d’autres ONG pour accompagner les institutions, ou les citoyens dans la promotion et de protection des droits de l’Homme », Hilaire Kamga affirme qu’un constat a été fait : « même les avocats, ont des difficultés à pouvoir approcher le droit pénal sous l’angle des droits de l’Homme, c’est pourquoi il était utile de mettre sur pied ce genre de formation. »
Les enseignements donnés lors de cette formation portent essentiellement sur la procédure pénale, les acteurs de la procédure pénale, les interactions etc… et surtout sur les droits de l’Homme dans la procédure pénale, aussi bien au niveau du droit national, que du droit international. En plus, les participants ont étudié le système international de protection des droits de l’Homme, notamment les mécanismes des droits de l’Homme au niveau onusien et africain. Un module spécial leur a été enseigné sur la problématique de la torture, au niveau du champs juridique camerounais.
Les volontaires ayant bénéficié de cette formation sont des avocats, des religieux, des enseignants et des étudiants. Ils ont été choisis sur la base de l’intérêt qu’ils ont montré sur la question des droits de l’Homme. En 17 ans, d’existence, l’ONG Nouveaux Droits de l’Homme a déjà formé près de 10 000 citoyens dans la protection et la promotion des droits de l’Homme.

Prison de Kondengui : le spectre d’une nouvelle mutinerie plane

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Une vue du délabrement de la prison centrale de Yaoundé

La prison centrale de Kondengui est un volcan endormi. C’est du moins une opinion que partagent les experts. Après les émeutes qui ont secoué ce centre de détention il y’a quelques jours, des sources proches de l’administration pénitentiaire ont annoncé que les autorités chargées de ce centre pénitencier sont entrain de prendre des mesures pour éviter qu’un nouveau soulèvement éclate au sein de cette maison d’arrêt. Ces sources ne donnent pas plus d’informations sur les mesures que seraient entrain de prendre les responsables de la prison, mais une lettre signée de Laurent Esso, ministre de la Justice garde des Sceaux, et adressée au ministre de la Défense, indique que parmi les mesures à prendre, il y a « le transfèrement de tous les détenus relevant du tribunal militaire de Yaoundé), vers d’autres prisons de la ville de Yaoundé et ses environs. » Si pour Laurent Esso, la décision de transférer certains prisonniers vers d’autres centre de détention viendra juguler les risques de mutineries, pour plusieurs experts, cette seule mesure ne «pourra en aucun cas éviter que les prisonniers recourent à une nouvelle insurrection. » Le défenseurs des droits de l’Homme Bala Onambele confie qu’en transférant les prisonniers vers d’autres prisons « l’administration pénitentiaire va créer d’autres problèmes là où il n’y en a pas, car les prisons des petites villes n’ont pas une forte capacité d’accueil et sont déjà pleines pour la plupart » Le socio-politologue et défenseurs des droits de l’Homme Hugues Pojume, lui affirme que plusieurs raisons peuvent amener les prisonniers à se soulever : l’illégalité des arrestations et les détentions préventives qui vont au-delà des délais prévus par la loi. « Pour se faire entendre par l’administration pénitentiaire et les autorités judiciaires, certains prisonniers peuvent choisir d’exprimer leurs frustrations en organisant des émeutes », explique-t-il. Cet expert des questions de droits de l’Homme propose que pour éviter des probables soulèvement, « il faut dépolitiser les contentieux et respecter la loi, en ce qui concerne les délais de la détention provisoire et surtout des mobiles des arrestations. »

A ces arrestations et détentions illégales, viennent s’ajouter le problème des mauvaises conditions carcérales. Dans son rapport publié le 26 juillet dernier, l’ONG Amnesty International affirme que « les conditions carcérales sont extrêmement mauvaises à Kondengui. » L’ONG évoque par exemple la surpopulation dans cette prison, à laquelle l’on peut ajouter toutes les conditions de vie dégradantes des prisonniers. Ce qui peut « les pousser à se rebeller. » Selon l’Association Camerounaise des Droits de l’Homme, de l’Enfant et de la Famille, la prison centrale de Kondengui regorge à ce jour, près de 6000 prisonniers pour une capacité d’accueil de 1000 prisonniers seulement. Ce qui fait que certains quartiers comme le quartier 8 et 9 contiennent à eux seuls près de 3000 personnes. Amnesty International pense que « les autorités doivent œuvrer à l’amélioration des terribles conditions dans lesquelles sont entassés les prisonniers, libérer toutes les personnes incarcérées uniquement pour avoir exercé leur droit de manifester pacifiquement et veiller à ce que toutes les personnes détenues au-delà de la durée légale de détention provisoire soient immédiatement déférées devant un juge ou libérées. »

Péril sur le Poisson: Les TIC pour sauver la pêche africaine

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D’un côté, des pirates qui modernisent sans cesse les techniques pour que la pêche illégale échappe à tout contrôle. De l’autre, des acteurs nationaux qui s’adonnent à une exploitation effrénée des ressources marines, pour le commerce ou la consommation. Au centre, des États soucieux de promouvoir une pêche durable (exploiter les ressources d’aujourd’hui sans compromettre l’avenir), mais qui ne parviennent ni à contrecarrer les corsaires ni à atteindre les exploitants, faute d’outils appropriés. Pour apporter une contribution à la résolution de cette quadrature du cercle, la Conférence ministérielle sur la Coopération halieutique entre les États africains riverains de l’Atlantique (Comhafat), a donc initié une concertation de responsables sur le thème : « Technologies d’Information et de Communication : quel rôle dans la réalisation d’une pêche durable en zone Comhafat ? »
Il s’agit de renverser la tendance, pour que l’usage des TIC stoppe la dégradation continue des stocks de poissons exploités à un niveau biologiquement durable en Afrique, qui est passée de 90 % en 1974 à 65% en 2015, selon des études de la FAO (tandis que celle des stocks exploités à un niveau biologiquement périlleux est passée de 10% à 35% dans la même période). Une évolution qui ne semble pas près de s’estomper, avec les progrès technologiques et l’accroissement des populations côtières. Ce sont justement ces technologies qui peuvent la contrecarrer.
Eliana Haberkon, de la FAO, a démontré qu’avec des investissements basiques, dans une approche participative (décideurs, pêcheurs, vendeurs, consommateurs, médias, etc.), on peutse servir de téléphones mobiles, de tablettes, de WhatsApp, pour communiquer sur les bonnes pratiques ou sonner l’alerte sur les cas d’irrégularité. Dans le même sens, Abdennaji Laamrich, de la Comhafat, a déroulé une palette d’activités que les TIC peuvent influencer pour une pêche durable : modernisation des techniques de pêche, maitrise des circuits de commercialisation, campagnes pour les changements des lois et des habitudes, réseautage des acteurs, collecte et traitement des données, contrôle des engins de pêche. Dans ce combat le Maroc a pris une longueur d’avance, et se dit disposé à faire profiter d’autres pays africains de son système d’information « Samac » (« poisson » en arabe) pour le contrôle et la certification des captures, ou encore des facilités de l’Institut National de Recherche Halieutique.
De la volonté et des moyens
En dépit de disparités fortes, les témoignages des participants et les études d’experts dégagent une constante dans les pays africains en matière de développement des TIC : volonté politique peu forte, insuffisance de moyens (financiers, humains et
techniques), lourdeurs administratives et institutionnelles, faible implication du secteur privé et de la société civile.
« Pendant ce temps, les pirates investissent lourdement dans les technologies modernes de communication pour accentuer la pêche illégale », a martelé un des animateurs du séminaire. D’où la nécessité d’agir vite, mais bien : «Les TIC dans la gestion de la pêche, si elles ne sont pas pensées dans le cadre d’une stratégie claire et volontariste des pouvoirs publics, elle-même intégrée dans une politique nationale de l’information et de la communication, peuvent ne pas aboutir à l’effet escompté», souligne Abedelouahed Benabbou, Secrétaire exécutif de la Comhafat.
Assumant des responsabilités importantes dans le secteur de la pêche de leurs pays, à un niveau supérieur ou intermédiaire, les séminaristes se sont dit mieux outillés pour faire bouger les lignes, suggérer des politiques plus incisives, avec des moyens conséquents. Bien plus, ils mettent sur pied une plate-forme pour échanger les expériences, et renforcer la coopération régionale pour une utilisation optimale des TIC en vue de la pérennité des ressources halieutiques du continent.

Quelques outils et applications TIC utiles à la pêche

– Téléphone portable et tablettenumérique (messages, alertes, géolocalisation).
– Facebook, WhatsApp (échanges interactifs : captures, commercialisation, sensibilisation, dénonciations).
– VMS : Vessel Monitoring System. Système de surveillance de bateaux par satellite.
– AIS : Automatic Identification System. Système autonome d’identification et surveillance des navires (permet d’éviter les collisions et de contrôler les circuits des navires).
– VDS : Vessel Detection System. Système d’acquisition des données par radars et drones (avec visibilité sur les zones très éloignées des côtes ; moyen le plus flexible et le moins coûteux).
– ERS : Electronic Recording and Reporting System. Permet de suivre le type, l’origine, les quantités, les circuits des captures.
– Ghostfishing (pêche fantôme). Permet de repérer les filets perdus ou jetés en mer, pour les enlever ou les détruire.
– Bycatch & Discards (prises accidentelles et rejets). Permet de récupérer les produits incrustés au passage des engins de pêche, notamment les cétacés.
– Système d’information géographique (SIG, pour la cartographie des captures et des zones de pêche)

In Défis Actuels N°406 du 29 Juillet 2019

Can 2021 : Ahmad a-t-il relancé le complot contre le Cameroun ?

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Ahmad encore aux trousses du Cameroun

« Il a été demandé à l’Algérie de se préparer en cas de retrait de la Can 2021 au Cameroun. Nous espérons qu’elle se fasse là-bas ». L’annonce est faite par Raouf Bernaoui, ministre algérien des Sports. Sur le site internet dzfoot.com, la tutelle sportive de l’Algérie précise que « les autorités publiques ont donné un accord à la Fédération algérienne de football pour se présenter au cas où le Cameroun n’y arriverait pas ». L’homme va plus loin : « Nous avons les moyens pour l’organisation de la Coupe d’Afrique, il y a des stades prêts. Nous avons vu en Egypte ; ils ont remis à niveau leurs stades en seulement six mois ».

Raouf Bernaoui: »les autorités publiques ont donné un accord… »

Ce qui suppose que du chemin a déjà été parcouru par l’Algérie. Sur le dos du Cameroun qui pourtant, a reçu le drapeau de la Confédération africaine de football (Caf) au terme de la cérémonie de clôture de la Coupe d’Afrique des nations (Can) Egypte 2019. Ce qui signifiait que le Cameroun était le prochain organisateur de la Can. En retirant l’organisation de la dernière édition de la Can au Cameroun le 30 novembre 2018, Ahmad, le président de la Caf, avait estimé que le pays de Roger Milla était en retard dans la construction des infrastructures sportives. Le patron de l’instance faîtière du football africain qui avait auparavant rencontré le président Paul Biya du Cameroun, en compagnie de Samuel Eto’o, au cours d’une audience, avait déclaré qu’« à la demande de la Caf, le Cameroun a officiellement accepté d’abriter l’édition de 2021 ». En même temps, l’homme confiait que la Côte d’ivoire et la Guinée qui initialement devaient organiser les Can 2021 et 20323, avaient accepté le « glissement de dates » sollicité par la Caf.

A peine la Can 2019 terminée, le même Ahmad reprend la même formule « gagnante » qui lui avait permis de retirer l’organisation de la Can 2019 au Cameroun. On se souvient que quelques mois seulement après son arrivée à la tête de la Caf (mars 2017), le successeur d’Issa Hayatou avait déclaré (juillet 2017) que le Cameroun ne sera pas prêt, et ne peut même pas en l’état organiser une Can à quatre. La sortie de celui qui était entré en guerre contre son prédécesseur, avait nourri une vive polémique entretenue par les médias. Progressivement, l’homme a conquis des mécontents, y compris des politiques, pour à la fin imposer sa volonté. A la faveur des retards accusés par le pays de son ami Samuel Eto’o, dans les travaux engagés pour le compte de la Can.

Can : L’Afrique a déjà les yeux rivés sur le Cameroun

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Groupe A
Mali
Guinée
Namibie
Liberia ou Tchad

Groupe B
Burkina Faso
Ouganda
Malawi
Soudan du Sud –
Seychelles

Groupe C
Ghana
Afrique du Sud
Soudan
Ile Maurice – SãoTomé

Groupe D
RDC
Gabon
Angola
Djibouti – Gambie

Groupe E
Maroc
Mauritanie
République
Centrafricaine
Burundi

Groupe F
Cameroun
Cap Vert
Mozambique
Rwanda

Groupe G
Egypte
Kenya
Togo
Comores

Groupe H
Algérie
Zambia
Zimbabwe
Botswana

Groupe I
Sénégal
Congo
Guinée-Bissau
Swatini

Groupe J
Tunisie
Libye
Tanzanie
Guinée Equatoriale

Groupe K
Côte d’Ivoire
Niger
Madagascar
Ethiopie

Groupe L
Nigeria
Bénin
Sierra Leone
Lesotho

Accès à la Justice pénale: Nouveaux Droits de l’Homme forme les volontaires.

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La situation des droits de l’Homme au Cameroun est préoccupante. C’est pourquoi L’ONG Nouveaux Droits de l’Homme entend renforcer les capacités en matière de promotion et de protection des droits de l’Homme chez le plus grand nombre de Camerounais. A cet effet, cette organisation a lancé, du 26 au 27 juillet, un atelier national de formation des volontaires sur les droits de l’Homme. L’objectif des travaux, est d’outiller les citoyens Camerounais en matière des droits de l’Homme, dans le but d’élargir autant que possible le nombre de personnes qui s’intéressent à la question des droits de l’Homme. « Il s’agit de renforcer les capacités des participants, de manière spécifique, afin qu’ils soient opérationnels sur le terrain. Après cette formation, les acteurs pourront s’installer à titre personnel ou travailleront avec d’autres ONG pour accompagner les institutions, ou les citoyens dans la promotion et de protection des droits de l’Homme », a déclaré Hilaire Kamga, directeur du Cabinet Futur Afrique, chargé de l’organisation scientifique de l’atelier. Pour lui un constat a été fait : « même les avocats, ont des difficultés à pouvoir approcher le droit pénal sous l’angle des droits de l’Homme, c’est pourquoi il était utile de mettre sur pied ce genre de formation. »
Les enseignements donnés lors de cette formation portent essentiellement sur la procédure pénale, les acteurs de la procédure pénale, les interactions etc… et surtout sur les droits de l’Homme dans la procédure pénale, aussi bien au niveau du droit national, que du droit international. En plus les participants ont étudié le système international de protection des droits de l’Homme, notamment les mécanismes des droits de l’Homme au niveau onusien et africain. Un module spécial leur a été enseigné sur la problématique de la torture, au niveau du champs juridique camerounais.
Les volontaires ayant bénéficié de cette formation sont des avocats, des religieux, des enseignants et des étudiants. Ils ont été choisis sur la base de l’intérêt qu’ils ont montré sur la question des droits de l’Homme. En 17 ans, d’existence, l’ONG Nouveaux Droits de l’Homme a déjà formé près de 10 000 citoyens dans la protection et la promotion des droits de l’Homme.
Joseph Essama

Les Lions indomptables : Nationalisation du banc de touche, un débat inutile et inopportun

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Seuls la compétence et un traitement respectables feront l'affaire

Joseph Antoine Bell disait souvent que le talent ou la compétence n’a pas de nationalité, ni de race. Refusant de ramener la question de l’entraîneur national de football du Cameroun à un sectarisme en rapport avec la couleur de la peau. Cet éternel contestataire de l’ordre établi et régnant dans la maison du football du Cameroun a des raisons de défendre cette posture. En effet, le talent n’a pas de nation, et ne connaît pas de frontière. Sur les 36 staffs qui se sont succédé à la tête des Lions indomptables, 11 ont été camerounais. En dehors de la commission technique qui a officié entre 1960 et 1965, ce sont exactement huit Camerounais qui ont déjà été portés à la tête de la sélection fanion, fut-il le temps d’un intérim. Et une évaluation laisse voir que, les années fastes du Cameroun ne sont l’exclusivité d’aucune race. Ainsi, Raymond Fobete remportera les premiers jeux d’Afrique centrale en 1970, là où le Français Colona n’a pas laissé de traces indélébiles. Autant Jean Vincent inaugura positivement la Coupe du monde pour le Cameroun (Espagne 1982), et que les Russes Radivoje et Nepomniachi donnèrent sa première Can (1984) et une Coupe du monde mémorable (1990) au Cameroun, autant la seule médaille d’or arrachée à l’échelle mondiale par le Cameroun est obtenue sous Jean Paul Akono. Autant tous les trophées de la Can sont l’ouvre d’expatriés, autant les exploits des sélections inférieures sont signés de locaux (Can U17 masculines 2003 et 2019, jeux africains 2011 dames, …).

La seule différence restée constante est le peu de moyens financiers accordés aux techniciens locaux lorsqu’ils sont aux affaires. Leur statut de fonctionnaires très souvent brandis pour leur refuser des salaires à la taille de ceux de leurs concurrents européens pourraient peut-être justifier la différence. Toujours est-il qu’il est souvent fait le reproche aux entraîneurs locaux de ne pas se « vendre chers ». Le premier technicien Vert-rouge-jaune à avoir signé un contrat sous les couleurs nationales est François Omam-Biyik. Peut-être parce que l’ancien Lion indomptable n’est pas fonctionnaire ?

Quoi qu’il en soit, « les grandes nations ciblent de bons techniciens et vont à leur encontre leur proposer l’offre », aime à rappeler Fabien Bobo, analyste de football. En clair, le Cameroun, fort de son pedigree sur la scène internationale, devra s’arrimer à la donne internationale. Faute d’avoir pu donner à sa direction technique nationale le pouvoir ou du moins un droit de regard sur l’équipe nationale A, le Cameroun devra se mettre à la hauteur qui lui sied. Et surtout, donner un sens au concept de professionnalisme. Une exigence qui ressort des différentes complaintes des joueurs, souvent amenés à faire grève pour se faire comprendre. A cet effet, l’entraîneur libre dans l’exercice de ses fonctions, devra demeurer le seul maître de la tanière, entouré d’assistants qu’il s’est choisis, et « qui sont des collaborateurs plutôt que des adjoints », souligne Anicet Koung, entraîneur de football.

Les Lions indomptables : Vers le recrutement d’entraîneurs nationaux ?

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Ot-ils une place sur le banc de touches des Lions indomptablles seniors?

L’équipe nationale fanion de football du Cameroun cherche de nouveau un entraîneur. Après avoir limogé mardi, Clarence Seedorf et Patrick Kluivert suite à l’élimination prématurée des Lions Indomptables aux huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) qui s’achève ce 19 juillet en Egypte, la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) doit à présent trouver des successeurs aux deux anciens internationaux néerlandais. De quoi remettre sur la table l’éternel débat sur la « nationalisation » du poste d’entraîneur-sélectionneur de l’équipe championne d’Afrique 2017. Alors que nombre de commentateurs et de fans soutiennent – comme à chaque fois que le Cameroun se sépare de ses entraîneurs étrangers – qu’il est judicieux de confier la sélection nationale à des techniciens nationaux, en face, il y a ceux qui estiment que les entraîneurs locaux ne sont pas suffisamment « prêts » pour assumer librement cette fonction et garantir des victoires à la nation vert-rouge-jaune. Mais pourquoi ?

Le diplôme c’est bien, l’expérience c’est mieux

C’est un principe. Pour entraîner une équipe nationale senior, il faut le mériter. Au Cameroun, quelques techniciens peuvent se targuer de remplir ce critère important. Sans doute parce que, dit-on, « ils ont les mêmes diplômes que les entraîneurs étrangers ». Cependant, le diplôme seul ne suffit pas. Il faut la compétence et le palmarès. Et sur ces deux points, les techniciens locaux n’ont pas beaucoup d’arguments à faire valoir. Bien sûr, l’histoire des Lions Indomptables s’est écrite avec des entraîneurs comme Jules Nyongha, François Omam Biyik, Jean Manga Onguéné, Alexandre Bélinga, Raymond Fobété et le plus célèbre, Jean Paul Akono, vainqueur des Jeux Olympiques de Sidney 2000. Mais depuis, on n’a pas beaucoup entendu parler d’eux. Que ce soit à la tête de clubs locaux ou de sélections nationales inférieures, rares sont ceux qui, comme Thomas Libiih, vainqueur de la CAN des moins de 17 ans cette année, peuvent brandir leurs CV. Même si cela ne fait pas le poids face à des entraîneurs expatriés qui accumulent des dizaines d’années d’expérience à la tête de grandes nations africaines comme Hervé Renard, Claude Le Roy, Michel Dussuyer, Alain Giresse, Gernot Rohr etc.

Désintérêt ou peur d’échouer ?

Certes, recruter un entraîneur national a ses avantages : il connait l’environnement camerounais et ne coûte pas cher. Mais cela peut également s’avérer être un inconvénient. « Avoir un entraîneur local est une bonne idée, argue sous cap, un entraîneur camerounais. Mais en plus du problème lié au niveau, il y a celui du salaire. Face à des joueurs qui touchent des fortunes en Europe, on s’expose à un problème d’autorité. Pour gérer des multimillionnaires et autres milliardaires, il faut être ne serait-ce que modestement à leur dimension. Sinon, ils vont vous marcher dessus. Il y aura une indiscipline caractérisée parce que le sélectionneur local n’aura ni la poigne, ni la rigueur nécessaire pour contenir les caprices de ces stars ». Mais encore, pour entraîner une sélection nationale senior, il faut de l’expérience. Beaucoup d’expérience. Et autant dire que dans l’environnement camerounais actuel, ce n’est pas ce qu’il manque le moins.

Du coup, il est assez difficile de peindre le portrait-robot de l’entraîneur local idéal. Ce technicien qui doit être seul maître de ses choix de joueurs, capable de s’affirmer face aux manipulateurs, un entraîneur charismatique qui peut dire « non » à la corruption et aux pressions de sa hiérarchie. Un technicien expérimenté qui a une bonne maîtrise du management… Une véritable perle. Seul bémol, les anciens grands joueurs camerounais ne semblent pas tentés par la fonction. Si certains se tournent facilement vers le métier de consultant comme Patrick Mboma, d’autres préfèrent être spectateurs et de temps en temps… donneurs de leçons. « C’est plus facile d’être devant son poste de télévision et de critiquer, explique Michel Tadoun, un ancien footballeur. Entraîner, c’est un métier extrêmement difficile. Il y a une pression énorme : de la part des dirigeants, du public, des supporters, des joueurs, des médias. C’est un super boulot, mais il y a un risque. Et les grands joueurs ne veulent pas toujours abîmer leur image ». Faut-il alors nationaliser le staff technique des Lions Indomptables juste pour le plaisir de nationaliser ? Ou ce serait juste pour imiter le Sénégal d’Aliou Cissé ou l’Algérie de Djamel Belmadi ? Quels entraîneurs locaux faut-il recruter et pour quel projet ? Le débat est ouvert.

Par Arthur Wandji

Christian Bekala : le génie du ballon rond

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Sa passion pour le football l’a conduit à un métier : fabriquant de ballon de foot à la main. C’est alors que Florent Christian Bekala a créé sa marque sportive « Bekala Sport ». Son secret : la confiance en soi. « Si je n’avais pas pris confiance, je n’aurais jamais pensé à créer une marque sportive « Bekala Sport ». Parce que ma confiance, c’est la base de mon bonheur actuel. Foi, volonté, courage », écrit-il sur sa page facebook. Sans machine, ce ressortissant de la région de l’Est plus précisément de Batouri confectionne des ballons made in cameroon à la main en quelques heures. « Notre force reste la couture main c’est plus durable que la couture machine ou des ballons hybrides à collage thermique […] C’est un don, une passion », s’en orgueillit-il.

Avec plus d’une dizaine d’années d’expérience, « le génie Bekala » a commencé la fabrication de ballon par de vieilles coques de ballons « Tango » mais après s’être rendu compte que « c’était de la tricherie » et qu’il pouvait innover, il fabrique son premier ballon à base de peau de mouton, de sacs en cuir et de sky en 2008. Malgré le bon poids et la bonne circonférence de ses ballons, ils n’ont pas le rebondissement normal du ballon. « Aujourd’hui, je travaille avec des partenaires de l’extérieur à qui je donnes des réalités, des caractéristiques des différentes surfaces et stades où l’on joue puis ils me fournissent la matière première haut de gamme qui sera adoptée à nos problèmes de sol. Donc tout est testé à la base et équilibré », racontet- il. Grâce à un financement du ministère de la Jeunesse et de l’Education civique à travers le projet Programme d’Insertion de la Fabrication du Matériel Sportif ( Pifmas) en 2015, le jeune entrepreneur a approfondi ses recherches et étendu son empire. Il pouvait ainsi fabriquer deux ballons par jour. La même année, il est recruté comme formateur des jeunes dans le Grand Nord et le Nord-Ouest. En 2015, Christian Bekala est retenu pour le renforcement des capacités dans reconnaissance de la matière première haut de gamme concernant le ballon. Il y en sortira expert formateur en fabrication des ballons cousus main. Aujourd’hui, le « génie Bekala » se réjouit de la forte demande de ses ballons et surtout de l’adhésion du public au made in cameroon. Il confesse même être « saturé » et pense ne pas être capable à un moment donné de satisfaire toutes les commandes. Pour partager son expérience et sa passion, le jeune entrepreneur rêve d’ouvrir une structure de formation des jeunes dans ce métier.

 

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