vendredi, mai 8, 2026
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Harmony Bobga : l’un des « pionniers »

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Avocat inscrit au barreau du Cameroun, Harmony Bobga est l’un des instigateurs de la grève des avocats anglophones lancée le 12 octobre 2016 à Bamenda, en vue de réclamer l’harmonisation des deux systèmes juridiques en vigueur dans le pays. Très actif dans la contestation, il est considéré comme l’un des pionniers du mouvement indépendantiste anglophone. Aujourd’hui en exil aux Etats-Unis d’Amérique, il est devenu le deuxième président du « gouvernement intérimaire » début janvier 2018, après l’arrestation de Julius Ayuk Tabe. Me Harmony Bobga avait été désigné aux Etats-Unis, à l’issue d’un Conseil des différentes Commissions du gouvernement intérimaire. Avant d’être à nouveau remplacé par Samuel Ikome Sako. Plusieurs autres leaders séparatistes sont embusqués aux USA. Comme Nso Foncha Nkem ou encore Akwanga Ebenezer, président de l’African People’s Liberation Movement (Aplm) et des Southern Cameroon Defense Forces (Socadef) qui, en novembre 2018 était en tournée en Afrique australe notamment en Afrique du Sud et au Lesotho pour promouvoir la cause de l’indépendance de l’Etat imaginaire que les séparatistes rêvent d’instaurer en unifiant les deux régions anglophones du Cameroun. Sputniknews rapporte que ce natif de Tiko (Sud-Ouest) s’est notamment adressé aux militants du South African Communist Party (Sacp), de la Young Communist League of South Africa et du South African Students Congress.

Par Arthur Wandji

Nord-ouest et Sud-ouest : Ces pays qui hébergent des leaders séparatistes

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L'Union européenne abrite une bonne partie des séparatistes

Tapis à l’étranger, les cerveaux des milices séparatistes se promènent librement au Nigeria, en Afrique du Sud, en Amérique et en Europe où ils procèdent à des levées de fonds pour acheter des armes et financer les groupes armés dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest. Revue non exhaustive des Etats qui les accueillent.

 

Etats-Unis d’Amérique : le fief des séparatistes

S’il est un pays qui abrite la plus grande colonie des leaders du mouvement séparatiste anglophone camerounais, c’est bien le Etats-Unis d’Amérique (USA). Ils y vivent par dizaines (voire plus) et seuls les plus « courageux » n’hésitent pas à se montrer à travers les réseaux sociaux, leur principal canal d’expression. Parmi eux, quelques propagandistes du discours de la haine devenus des « célébrités » aux yeux de leurs adeptes. Comme Samuel Ikome Sako. Originaire du département du Fako, dans la région du Sud-Ouest, ce « révérend pasteur » a été le deuxième président par intérim de l’Etat fictif que les séparatistes portent dans leur imagination, un mois après l’arrestation puis l’extradition du premier président par intérim, Julius Ayuk Tabe. Mais son « gouvernement » n’a pas fait long feu. Vertement critiqué par ses camarades qui n’avaient de cesse de l’accuser de détourner les fonds collectés par la diaspora pro-sécessionniste, Ikome et son bureau ont ensuite été suspendus par Ayuk Tabe. Alors que ce dernier avait formé son bunker aux USA avec des conseillers tels Edwin Ngang, Ashu Ndep ou Valentin Eben, installés dans le Maryland ou le New Jersey ; son chef de cabinet, Martin Ayim, assistant professeur à l’université d’Etat de Grambling (Louisiane). Du coup, le mouvement est dirigé, toujours à partir des Etats-Unis d’Amérique, par Dabney Yerima. Cet activiste qui se présente sur les réseaux sociaux comme un « défenseur des droits de l’Homme et de la paix » assure la vice-présidence du « gouvernement intérimaire » séparatiste. Alors que Chris Anu, un autre leader également basé aux USA, mais bien plus « célèbre » a été démis de ses fonctions de « secrétaire à la communication » en juin dernier. En mai, une note du Bureau Fédéral d’Investigations américain (FBI) avait annoncé une enquête contre lui et l’un de ses compagnons, Tapang Ivo Tanku, un extrémiste que d’aucuns présentent comme le « commanditaire des kidnappings » dans les régions anglophones du Cameroun. Il ferait partie de ces leaders dont les ordres sont mis en application par les groupes armés séparatistes sur le terrain de la crise. Sorti de l’anonymat à la faveur de l’arrestation des leaders du Consortium, qui lui auraient transmis la direction intérimaire de ce mouvement, Tapang Ivo Tanku est en fait journaliste de formation, ancien employé de la Cameroon Radio Television (Crtv), l’office national de radio et télévision du Cameroun. Un autre leader sort du lot aux USA : Eric Tataw. Très virulent sur les réseaux sociaux, il fait partie de ceux qui auraient été mandatés pour collecter des fonds en vue d’entretenir la guerre contre les forces nationales de défenses. Toujours aux Etats-Unis d’Amérique, vit un certain Etchu Tabenyang qui se présente comme le « secrétaire d’Etat à l’économie et aux finances au sein du gouvernement intérimaire ». Alors qu’il est en réalité est un comptable de formation qui a fait des études en management aux Etats-Unis où il est réfugié depuis 2001, selon sputniknews.com. Le site internet français parle également de Boh Herbert, ex journaliste qui dirige le Mouvement pour la Restauration de l’Indépendance du Southern Cameroons (Morisc) depuis les Etats-Unis, où il se cache.

 

Norvège : l’hospitalité offerte à lucas Cho ayaba

Né le 25 août 1972 à Bamenda (Nord-Ouest) sa ville d’origine, Lucas Cho Ayaba est l’un des plus célèbres et des plus radicaux parmi les leaders séparatistes anglophones basés à l’étranger. Ancien étudiant de l’université de Buéa où il a fait de « l’argument de la force » son leitmotiv, cet activiste tire sa force et son influence du groupe armé qu’il a fondé dont il revendique le commandement, l’Ambazonia Defense Forces (ADF). En exile en Norvège, pays qui lui a attribué la nationalité, Lucas Cho Ayaba revendique « des milliers de combattants », quand les observateurs avisés de la crise n’en décomptent que quelques dizaines. Plusieurs fois cités dans des affaires de détournement des fonds que la diaspora séparatiste collecte pour financer les groupes armés embusqués dans les forêts du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, Lucas Cho Ayaba fait également partie de ceux qui militent pour la fermeture des salles de classes dans leurs propres villes et villages du Cameroun. Alors que ses enfants et lui poursuivent leurs études en silence à l’étranger. La preuve ? Le 10 juillet dernier, Cho Ayaba, a soutenu son doctorat dans une université de Londres en Angleterre, apprend-on.

 

Nigeria : la ruche des manipulateurs

Le Nigeria a été pendant longtemps, l’une des principales bases des opérations des leaders séparatistes. Enfin, jusqu’à l’arrestation de Julius Ayuk Tabe et neuf de ses camarades dans un hôtel d’Abuja. Depuis, les fidèles du mouvement sécessionniste anglophone qui y sont restés s’exposent de moins en moins. Même s’ils gardent la même virulence sur les réseaux sociaux où ils sont devenus, pour la plupart, les champions de la désinformation et de la manipulation. C’est le cas d’Akoson Pauline Diale, l’une des plus recherchés par le gouvernement camerounais. Elle est très active dans les plateformes des séparatistes sur internet et joue un grand rôle dans l’incitation des jeunes à prendre les armes contre l’Etat. En juin 2017, Akoson Pauline Diale avait publié sur Facebook, une déclaration invitant les régions anglophones à modifier le calendrier scolaire pour ne plus être arrimé à celui de la République du Cameroun. Indiquant au passage que « l’indépendance n’est pas dans les mots mais dans les actes. Nous avons besoin de monter d’un cran afin de devenir un Etat indépendant ». Actrice propagandiste à la solde d’un groupuscule de terroristes sécessionnistes, elle excelle avec son époux, Akoson Raymond, dans la publication des images et vidéos tantôt truquées, tantôt événements qui ne se sont jamais déroulés au Cameroun.

 

Afrique du sud : le refuge d’anciens journalistes

Ils sont nombreux, ces journalistes anglophones qui ont longtemps exercé au sein de l’Office national de radio et télévision du Cameroun (Crtv) avant de rejoindre le camp des séparatistes. Parmi eux, il y a John Mbah Akuro. Considéré par ses « camarades de lutte » comme « l’un des meilleurs journalistes du sud du Cameroun », cet activiste est très impliqué dans la crise. Depuis sa base en Afrique du Sud où il s’est réfugié, ce membre influent du Consortium de la société civile anglophone lutte actuelle, l’un des mouvements qui a joué les premiers rôles au début de la crise, travaille aujourd’hui à persuader les séparatistes des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest de ne pas se laisser convaincre par l’offre de dialogue du président de la République Paul Biya. Une offre de dialogue que ce partisan de la sécession décrit comme étant « des mesures cosmétiques » utilisés « par le régime de Paul Biya pour manipuler la communauté internationale ». Même discours pour Larry Eyong Echaw, ancien journaliste basé également en Afrique du Sud. Désigné porte-parole du Southern Cameroons Ambazonia Consortium United Front (Scacuf) en remplacement de Boh Herbert en 2017, ce dernier a depuis toujours mal vu la cohabitation entre francophones et anglophones dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. « Ce que les francophones craignent le plus chez nous les anglophones c’est qu’ils pensent que nous aimons le Nigeria dans notre cœur et que, s’ils nous donnent trop de pouvoir, nous vendrons tout le pays », avait-il déclaré il y a plus d’une dizaine d’années.

 

Belgique : la caverne de Mark Bareta

Toujours aux Etats-Unis d’Amérique, vit un certain Mark Bareta. Journaliste de formation, il détient un site internet et une chaîne youtube à travers lesquels il fait chaque jour, l’apologie du mouvement sécessionniste anglophone. S’il se présente comme étant « un activiste politique du sud du Cameroun, un écrivain et analyste des questions politiques », reste que depuis le mois de juillet 2019, il est accusé par certains de ses pairs d’être « incontrôlable ». C’est que, Mark Bareta a souvent traité les membres du « gouvernement intérimaire » de « menteurs » qui « vendent de faux espoirs » à leurs affidés du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Mark Bareta serait aujourd’hui, citoyen belge, comme un certain Shey Kaavi Wo Melim qui, lui, serait la plupart du temps basé en Autriche où il mène une violente propagande anti-Biya sur les réseaux sociaux.

 

Italie : couvert par ses « talents » de chirurgien

Il avait été fait vice-président du « gouvernement intérimaire », lors de l’accession au pouvoir de Samuel Ikome Sako, plus d’un mois après l’extradition fin-janvier 2018 de Julius Ayuk Tabe, le président autoproclamé de « l’Ambazonie », l’Etat imaginaire qui n’existe que dans la tête de ses « citoyens-militants », condamné le 20 août dernier à la prison à vie. Pourtant très effacé, Dr Abongwa Hariscine Keng a été plusieurs fois cité parmi les leaders séparatistes les plus recherchés par la justice camerounaise. Ex-professeur de sciences à Bamenda (Nord-Ouest), ce dernier a été formé à l’Université de Parme entre 2005 et 2011 (selon des informations de linked in, Ndlr.) et exerce en Italie comme chirurgien.

Grande Bretagne : la planque des « indésirables »

Elle ne l’a peut-être pas encore dit ouvertement. Mais ça saute à l’œil que la Grande Bretagne ne cautionne pas le projet de séparation du Cameroun en deux Etats anglophone et francophone. La preuve, le pays de la Reine Elisabeth II a refusé de remettre en cause la réunification du Cameroun. La Haute cour de justice de la Queen’s banch division, avait en effet tranché après une plainte déposée devant elle, au courant de l’année 2017, par Makweley Lysongo, activiste séparatiste. Dans sa plainte, l’activiste anglophone remettait en cause la légalité du référendum de 1961 par lequel le Southern Cameroon se rattachait à la République du Cameroun. Makweley Lysongo appelait ainsi la juridiction anglaise à rétablir l’accord de tutelle qui unissait la Grande Bretagne aux deux régions du Cameroun britannique. Planquée en Angleterre avec un certain Sam Egbe, un autre activiste du mouvement sécessionniste, Makweley Lysongo accusait la Grande Bretagne de n’avoir pas joué pleinement son rôle dans la protection des peuples du Southern Cameroon, tel que prévu dans son mandat de tutelle reçu des Nations unies. Du coup, la réponse de la Haute cour de justice de la Queen’s banch division a été une belle claque pour cette partisane de la séparation du Cameroun d’autant plus que la Reine Elisabeth II d’Angleterre a toujours refusé de rencontrer des représentants du mouvement sécessionniste.

Dossier réalisé par Arthur Wandji

Antonio Conceiçao : un illustre inconnu pour remplacer seedorf

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Le successeur de Seedorf

Prénom : Antonio. Nom : Conceiçao da Silva Oliveira. Age : 57 ans. Nationalité : portugais. Statut : entraîneur de football au parcours modeste. Connaissance de l’Afrique : aucune. Voilà pour la présentation expresse de celui qui a été baptisé «Toni Conceiçao ». Et c’est lui, « la perle rare » que cherchait le ministère camerounais des Sports depuis le limogeage du duo Clarence Seedorf – Patrick Kluivert le 16 juillet dernier, après l’élimination précoce des Lions Indomptables, aux huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en Egypte.

UN RECRUTEMENT PLEIN DE MYSTÈRES

Nommé vendredi dernier à la tête de l’encadrement technique de l’équipe fanion de football du Cameroun – sans que la durée du contrat ait été communiquée – Toni Conceiçao a été recruté dans le secret total et à la surprise générale. Notamment après que Patrick M’Boma, ancien joueur providentiel des Lions Indomptables a officiellement annoncé sa candidature en mondovision. Si un épais nuage de fumée entoure le processus de désignation du nouveau sélectionneur, des sources croient savoir que c’est cet « illustre inconnu » qui devrait conduire les « Rois de la forêt » jusqu’à la victoire finale, lors de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) qui aura lieu au Cameroun en 2021.

C’est que, en tant que joueur, Toni Conceiçao n’a écrit les seules meilleures pages de son histoire lors de son passage au FC Porto, quand il remporte le championnat (1990) et la Coupe du Portugal (1991). Après quoi, cet ancien milieu de terrain qui ne compte qu’une sélection avec la Seleção du Portugal en 1988, a disparu des radars. Enfin, jusqu’à ce qu’il devient entraîneur. Et sur ce plan encore, l’histoire du natif de Maximinos ne fait état que de quelques (petits) titres glanés à la tête du CFR Cluj, club avec lequel il totalise deux trophées de vainqueur de la Coupe de Roumanie en 2009 et 2016, et un autre de vainqueur de la Supercoupe en 2009. Heureusement, l’homme sera assisté par deux anciens internationaux camerounais pleins d’expérience qui ont déjà officié dans ce staff technique : l’ex-buteur François Omam-Biyik, qui est nommé au poste d’entraîneur adjoint principal, et l’ex-gardien de but Jacques Songo’o qui, lui, sera en charge des gardiens.

Par Arthur Wandji

Terminal à conteneurs de Douala : Bolloré conteste et campe sur la voie judiciaire

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Frederik Klinke, le patron de Dit

Dans un communiqué rendu public le 17 septembre, Frederik Klinke, le directeur général de Douala international terminal (DIT) dit « prendre acte du communiqué de monsieur le directeur général du Port autonome de Douala (PAD) relatif à l’adjudication provisoire de la concession du terminal à conteneurs à TIL ». Au lendemain du communiqué de Cyrus Ngo’o, le directeur du Port autonome de Douala (Pad), faisant ladite annonce. Mais la filiale du groupe Bolloré ne concède pas la perte du marché du port de Douala qu’il gère depuis 2005. Au contraire, « Apm Terminals et Bolloré, dont le consortium a été exclu irrégulièrement du processus de présélection, ont déposé des recours devant le tribunal administratif de Douala. Cette institution judiciaire a ordonné le 16 août 2019 le sursis à exécution de la décision du directeur général du Port autonome de Douala excluant les actionnaires de référence de DIT, suspendant ainsi le processus d’appel d’offres en cours. En dépit de cette ordonnance, qui lui a été dûment notifiée, le directeur général du Port autonome de Douala a décidé de poursuivre le processus d’adjudication », dénonce Frédéric Klinke.

C’est une nouvelle bataille dans la guerre qui oppose l’autorité portuaire au groupe Bolloré, au sujet de ce marché. Depuis que le Dg du Pad a décidé d’éliminer le concessionnaire français de la course pour sa succession en janvier dernier. Apmt-Bolloré avait depuis lors engagé la voie judiciaire pour rentrer dans les rangs des concurrents. En vain. Mais le tribunal administratif de Douala avait décidé d’un sursis à exécution en sa faveur. Mais le Pad a poursuivi le processus d’attribution du marché avec les cinq concurrents retenus. Pour attribuer le marché ce 16 septembre 2019, au Suisse Til. Réveillant une nouvelle fois la guerre. Chez Bolloré, on campe sur cette voie. « Il y a des procédures en cours. Aussi, nous avons requis les procès-verbaux de la commission, pour savoir pourquoi on nous a éliminés de la course », rappelle un haut cadre du groupe Bolloré. « Au lieu de satisfaire notre demande, ou d’attendre la fin des procédures, le marché a été attribué», regrette-t-il.

Si Dit déclare n’être pas « jusqu’auboutiste », il tient tout de même à ce que la justice tranche avant de lâcher prise éventuellement. Le Suisse Til, lui, est annoncé au Cameroun très bientôt pour engager les procédures pour la reprise du Terminal dès le 1er janvier 2020. Le contrat d’Apmt-Bolloré expirant le 31 décembre 2019.

Dialogue national : l’offre de Biya peine à convaincre les séparatistes

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Le grand dialogue national annoncé par le président Paul Biya ne semble pas avoir apaisé le mouvement indépendantiste qui agite les régions anglophones du Cameroun depuis près de 3 ans. Dans les régions concernées par la crise, le mot d’ordre de « lockdown » (confinement) de trois semaines imposé par les sécessionnistes depuis le 26 août dernier n’a officiellement pas été levé. Il y a quelques jours seulement, « les rues et artères de la plupart des villes de ces régions étaient de nouveau désertes, comme depuis l’instauration de cette nouvelle série de journées « villes mortes », la plus longue de cette crise qui a débuté en novembre 2016 », rapporte Jeune Afrique.Selon des témoignages recueillis par le site internet du journal panafricain, des messages anonymes évoquant une prolongation de dix jours du « lockdown » en cours ont circulé dans la soirée de mardi [10 septembre dernier, Ndr.], sans qu’on ne puisse les attribuer aux séparatistes armés. De quoi provoquer une nouvelle vague de psychose auprès de certains habitants. « Nous ne savons pas ce qui peut arriver. Ce qui est sûr, c’est que le discours du président n’a pas calmé les ardeurs des combattants », a commenté sous anonymat, un habitant de Bamenda, joint par Jeune Afrique.

« Un non-évènement »

De nombreux leaders sécessionnistes anglophones ont en effet rejeté l’offre de dialogue de Paul Biya. « A l’avenir, chaque Ambazonien devra posséder une arme, voire une mitrailleuse car [Paul] Biya ne comprend toujours pas le problème actuel », a affirmé sur les réseaux sociaux Chris Anu, secrétaire général et porte-parole du mouvement indépendantiste anglophone, estimant que le chef de l’Etat n’a pas pris en compte les aspirations des populations vivant dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Depuis sa cellule à la prison de Kondengui à Yaoundé, le leader séparatiste condamné à la perpétuité, a qualifié de « non-événement », le récent discours du président camerounais. Dans une note transmise à l’AFP par l’un de ses avocats, ce dernier regrette que le chef d’Etat camerounais appelle à un dialogue avec la diaspora sans définir les « modalités juridiques » qui permettraient le retour au Cameroun des réfugiés ou demandeurs d’asile qui ont fui le pays en raison des « persécutions » du régime de Yaoundé. Pour le leader séparatiste, la sortie de M. Biya est une « tentative maladroite » d’éviter des sanctions de l’ONU.

Janvier Duclair Mvondo

Dialogue National : les leaders d’opinion anglophones ignorés

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Après le discours de Paul Biya et l’annonce d’un « grand dialogue national » sur la crise anglophone, Joseph Dion Ngute est à la manœuvre pour trouver les sujets qui méritent d’être débattus à cette occasion et l’identité des personnalités à inviter autour de la table des discussions prévues à la fin de ce mois de septembre 2019. Ainsi donc, tel qu’il lui a été instruit par le chef de l’Etat, le Premier ministre mène depuis une semaine, de larges consultations « afin de recueillir les avis les plus divers, qui serviront de sources d’inspiration pour la conduite des débats », tandis que « des délégations seront également envoyées dans les prochains jours à la rencontre de la diaspora, afin de lui permettre d’apporter sa contribution à ces réflexions sur la résolution de la crise ». Mais rien n’est fait au hasard à l’immeuble Etoile. Un planning prévisionnel desdites consultations a en effet été élaboré « par les services du Premier ministre », apprend-on. Le programme des rencontres (date et heure), organisations, associations et personnalités à consulter sont consignés dans ce planning qui s’étend jusqu’au 27 septembre prochain. Seul problème ? Une frange importante de l’élite des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest semble avoir été ignorée notamment, la (quasi) totalité des leaders d’opinion anglophones.

Un oubli ?

Selon le planning, le Premier ministre va rencontrer deux délégations des régions directement concernées par la crise, sans doute conduites par leurs deux gouverneurs respectifs. Et aussi une Task Force de femmes issues de cette zone, après avoir consulté des personnalités telles que Me. AkereMuna, Joshua Osih et NdiforAfanwi Franklin, tous candidats déclarés à la dernière élection présidentielle. Mais omettre – volontairement ou non – d’inviter et de mentionner les noms des leaders d’opinion anglophones à ces consultations fait peser le doute sur le bon déroulement futur du grand dialogue annoncé en grande pompe par le président de la République. C’est le cas de Ni John FruNdi. Certes son parti et son vice-président ont été les premiers à être reçus par Joseph Dion Ngute, mais l’absence d’une figure emblématique et influente des régions anglophones, telles que celle du Chairman du Social Democratic Front (SDF), kidnappé à deux reprises par les séparatistes, laisse songeur. Lui qui prône notamment un débat sur la forme de l’Etat et l’exclusion de la communauté internationale, du cadre des discussions.

Autre personnalité oubliée (ou exclue ?) par les services du Premier ministre : Me Felix Agbor Balla. Autrefois leader du Consortium de la société civile du Cameroun anglophone, à l’origine des premières manifestations qui ont ensuite débouché sur la crise, l’avocat en droits humains fait en effet partie des grandes figures anglophones ignorées. Tout comme Paul Ayah Abine. Magistrat et non moins défenseur de la cause anglophone, il est connu pour ses prises de positions tranchées vis-à-vis du gouvernement, dans la gestion de la crise. «Le simple fait de déclarer formellement la guerre contre les « terroristes/sécessionnistes » est une reconnaissance implicite que vous avez devant vous une force avec laquelle il faut compter », a-t-il souvent lancé au régime de Yaoundé. Des sorties qui avec le temps, ont permis à l’ancien avocat général à la Cour Suprême du Cameroun de devenir l’une des figures les plus courageuses de l’élite anglophone. Parmi elles figure également Elie Smith. Le coordinateur de l’Anglophone General Conference, initiative pensée il y a plusieurs mois par des leaders religieux pour l’ouverture d’un dialogue sur la crise au Cameroun, est l’un des rares qui défend la cause des habitants de ces régions sur la scène internationale. Tenez, le 17 mai dernier, ce journaliste a rencontré à Washington aux Etats-Unis d’Amérique, le républicain Jim Risch, président de la Commission des affaires étrangères du Sénat. La discussion ayant principalement porté sur l’avenir de cette Conférence générale anglophone. Et pourtant, son nom ne figure pas sur la liste des personnalités attendues aux consultations de la Primature. Comme bon nombre d’acteurs importants de la scène sociopolitique anglophone encore, à l’instar de Me Nico Halle. Ou les syndicats d’avocats et d’enseignants anglophones ayant joué les premiers rôles, dès le début de la crise. Encore moins les représentants des enseignants et étudiants des Universités de Buea et de Bamenda, cibles des attaques des séparatistes. Ni d’ailleurs, les représentants de l’Association des directeurs de publication des journaux de langue anglaise, pourtant basée à Yaoundé et dont les membres sont très souvent invités à l’étranger pour parler de cette crise.

Janvier Duclair Mvondo

Greve des avocats : l’échec du dialogue

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Les avocats au barreau du Cameroun ont joint leur parole à l’acte. Depuis lundi dernier, ils sont absents des salles d’audience. Dans les couloirs du Tribunal de grande instance du Mfoundi, pas l’ombre d’un avocat ce mardi 17 septembre. « Je n’ai vu aucun avocat ici depuis le matin », confie un usager. La grande salle allouée aux avocats de ce tribunal est aussi vide. Mais malgré l’absence des hommes en robe noire, la juridiction n’a pas modifié son organigramme. Au service des enquêtes criminelles, le greffier a soigneusement porté 4 affaires sur le rôle, et les a affichées au babillard. La première audience avait lieu à 9 heures, le juge, un des substituts du procureur, la greffière et les deux parties étaient présents dans la salle. Mais les avocats des deux parties n’y étaient pas et le juge a été obligé de renvoyer l’affaire et a suspendu toutes les audiences de la journée.
Selon les témoignages recueillis, le mot d’ordre de grève du Conseil des Avocats du Cameroun a été respecté dans toutes l’étendue du territoire national. Ce qui a « paralysé le déroulement des audiences », indique un greffier. L’Ordre des Avocats du Cameroun qui a lancé cette grève a déployé les moyens pour que la mesure soit respectée par tous les avocats. « Mes collègues sont en train de respecter ce mouvement d’humeur avec sérénité. L’ordre des avocats a déployé dans des tribunaux des équipes qui veillent à ce que la grève soit respectée comme il se doit », explique Ebi Standley, membre du bureau de l’Ordre dans la région du Sud-Ouest.
                      L’échec du dialogue avec le gouvernement
Au lendemain de l’annonce de cette grève, le gouvernement a initié le 3 septembre dernier un dialogue avec l’Ordre des avocats, pour tenter de désamorcer ce mouvement d’humeur. Le ministre délégué à la Justice, Jean de Dieu Momo, qui avait rencontré les avocats, avait émis le vœu de voir le conseil de l’Ordre des Avocats « reconsidérer son mot d’ordre de suspension du 16 au 20 septembre 2019… ». Malheureusement la requête de l’ancien avocat international est restée lettre morte. Ce mouvement de grève a été initié lundi dernier et devrait se poursuivre jusqu’à vendredi prochain. « Les avocats pourraient, par ailleurs, prendre d’autres mesures au terme de cette grève », a prévenu l’Ordre. Plusieurs observateurs craignent que cette grève dégénère comme celle des avocats Du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en 2016 qui a donné lieu à la crise anglophone.
                           Les entraves à l’exercice d’avocat
C’est le 31 août dernier que l’Ordre des avocats au Barreau du Cameroun avait débattu des « questions relatives à l’entrave à l’exercice professionnel et aux atteintes physiques contre les avocats ». D’après la résolution rendue publique à cet effet, l’Ordre avait constaté « que très souvent, le libre accès des avocats à leurs clients dans les lieux de détention leur est refusé ». L’Ordre avait alors pointé du doigt le Secrétariat d’Etat à la Défense (SED), les commissariats de police, les brigades de gendarmerie et les prisons.
Les avocats avaient ensuite dénoncé le fait que « les droits de la défense, consacrés par les lois et les traités internationaux ratifiés par le Cameroun sont, de manière récurrente, violés tant à la phase d’enquête préliminaire qu’à celle d’instruction du jugement ».

Littérature camerounaise d’expression française : la grande glorieuse des écrivains

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Un chef d’œuvre vient de paraitre sous la plume de deux maitres : Richard Laurent Omgba, Professeur de littérature de générale et Désiré Atangana Kouna, Maitre de Conférence. Sous le titre « Littérature camerounaise d’expression française, des années de braise aux années d’Esperance », l’ouvrage publié aux éditions l’Harmattan, fait l’autopsie de la littérature camerounaise des trente dernières années. Dès le prologue de cette œuvre de 426 pages, les deux spécialistes de la littérature expriment leur satisfecit sur le « nouvel âge d’or de la littérature camerounaise… qui survient près de trente ans après la belle époque de Mongo Beti, Ferdinand Oyono, Guillaume Oyono Mbia et d’autres ». Une grande glorieuse « qui mérite l’attention de la critique pour que celle-ci puisse dévoiler son contexte d’émergence, ses propriétés thématiques et ses codes esthétiques ». En 2014,2015 et 2016 les écrivains camerounais d’expression française ont frappé fort, constatent les auteurs. Ils ont remporté successivement le Grand prix littéraire de l’Afrique Noire décerné par l’Association des Ecrivains de Langue Française (ADELF). Un record jamais atteint dans l’histoire de la littérature camerounaise, notent-ils, malgré que « certains de nos classiques ont gagné de manière sporadique quelques prix. » A ces récompenses de haut niveau, viennent s’ajouter, le Prix Ahmadou Kourouma, obtenu en 2017 par le jeune écrivain Lobé (Confidences), le Prix théâtre-Rfi remporté par Edouard Elvis Bvouma(La poupée barbue, 2017) et le Prix Alain Decaux ravi par Jeanne Liliane Mani Mendouga (Lettres en janvier 2018). Richard Laurent Omgba et Desiré Atangana Kouana indiquent que, de 1961 à 2016, sur 15 grands Prix littéraires d’Afrique noire gagnés par les Camerounais, 9 ont été remportés entre 1989 et 2016, ce qui laisse entendre que cette période est celle de « la revitalisation du rayonnement international de la Littérature Camerounaise ». Ce d’autant plus que cette même époque est marquée par des récompenses plus prestigieuses, notamment le Grand prix du roman de l’Académie française, remporté par Calixte Beyala, pour son titre « Les Honneurs perdus », le Prix Goncourt des Lycées raflé par Leonora Miano pour son roman « Contour du jour qui vient ». A la différence des auteurs classiques, la nouvelle littérature écrite par les auteurs qui n’ont pas connu la colonisation s’inspire sur le plan thématique « du contexte social bouillonnant marqué du sceau de la mondialisation, du multipartisme, de l’ouverture démocratique et porté par une bande d’insoumis qui bien souvent, écrivent hors de leur pays, et jouissent de ce fait, d’une liberté de ton et d’action que ne peuvent se permettre ceux qui écrivent à partir du terroir. » Et sur le plan esthétique, « il s’agit d’une littérature de la rupture et réarmement moral… qui consiste à dénoncer les atavismes des sociétés coloniales et néocoloniales pour revendiquer une identité nouvelle. » Les auteurs contemporains ont donné une nouvelle saveur à la littérature camerounaise d’expression francophone qui a posé ses marques au-delà des frontières.

Port autonome de Douala : Bolloré définitivement out

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Désormais le terminal à conteneurs géré par des Suisses

La page Bolloré est définitivement tournée au Port autonome de Douala (Pad). Dans un communiqué de presse publié ce 16 septembre 2019, Cyrus Ngo’o, le directeur général du PAD annonce que « la procédure de recrutement d’un opérateur qualifié pour la rénovation, la modernisation, l’exploitation et la maintenance du Terminal à conteneurs du port de Douala-Bonabéri, a abouti à la sélection de la société Terminal investment limited (Til), comme adjudicataire provisoire de la concession dudit terminal». Après six mois de supputations sur ce marché qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Le concessionnaire « traditionnel », Bolloré-Apm Terminals, ayant encore soumissionné.

Mais le chemin aura été long. D’autant plus qu’en janvier dernier, Bolloré-Apm Terminals a été écarté de la course pour sa propre succession. Un tacle que le gestionnaire du plus grand terminal à conteneurs d’Afrique central n’a pas digéré. Et a attaqué la décision devant le tribunal administratif de Douala, qui lui a donné raison, en suspendant le processus de sélection des offres, le 16 août dernier. Le Pad à son tour a attaqué cette suspension du tribunal administratif, et a obtenu gain de cause. La porte était ainsi ouverte pour amorcer la dernière phase de la succession de Bolloré.

Le groupe suisse Til vient ainsi mettre un terme à quinze années de gestion du français Bolloré et s’engage effectivement le 1er janvier 2020. Déjà présent sur le pourtour de la Méditerranée, Terminal Investment Limited n’a pas assez infiltrer l’Afrique subsaharienne. Avant Douala, l’opérateur suisse gérait déjà le terminal du port de San Pedro en Côte d’ivoire et celui de Lomé au Togo.

En quittant Douala, Bolloré peut tout de même se consoler avec le juteux marché du Terminal à conteneurs du Port de Kribi dont il a gagné le marché récemment.

Elecam : Paul Biya renouvelle sa confiance à quatre membres

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Malgré son âge, Delphine Tsanga passera encore quatre ans à Elecam

Njipendji Salifou est le nouveau membre d’Elections Cameroon (Elecam). Un décret du président de la République nomme ce dernier au sein du Conseil électoral de l’organe chargé d’organiser les élections au Cameroun. Le natif du Noun accompagne trois anciens membres de la structure dont le bail a été renouvelé en même temps. Il s’agit de Titi Nwel, Tiku Tambe et Delphine Tsanga. Cette dernière que l’on voyait en route pour le village. Elle qui, grabataire, se bat désormais pour tenir debout lors des travaux d’Elecam. La première femme ministre de la République du Cameroun servira jusqu’à sa dernière énergie. Pour le Cameroun.

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