vendredi, mai 8, 2026
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Tensions: La ville de Sangmélima secouée par des émeutes

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Les populations exigeant la libération du suspect

Des centaines de jeunes amassés devant la Gendarmerie de la ville de Sangmélima, sont aux abois. Des remontrances et récriminations sont faites en direction de ce service de sécurité. Des éléments de la police tiennent les envahisseurs en respect. Le courant semble ne pas passer entre les deux parties. Puis les civiles replient sur la ville, armés de gourdins et de cailloux, ils s’en prennent à des boutiques et commerces. Très vite, des informations font état de ce que les boutiques ciblées appartiennent aux allogènes.

C’est que, tout est partie, selon des sources concordantes, de la découverte du corps d’une jeune, Assam Bélinga Benjamin Junior, conducteur de moto-taxi. De premières informations soupçonnant un assassinat perpétré par un de ses proches, avec le soutien d’un moto-taximan. Un des deux suspects serait allogène. D’où la tournure qu’a failli prendre l’affaire. « Les populations amassées devant la gendarmerie réclamaient le suspect pour en découdre », rapporte une source à Sangmélima.

Le communiqué du préfet du Dja et Lobo

Un communiqué du préfet du département du Dja et Lobo viendra clarifier la situation : « Le préfet en appelle au calme et rassure de ce qu’il ne s’agit nullement d’un problème inter-ethnique , et invite les populations au patriotisme en vaquant à leurs occupations pendant que la justice suivra son cours », écrit Koulbout Aman David. Rien n’y fait. Les jeunes déchaînés, continuent de réclamer la justice populaire. Selon des sources crédibles, les élites de la ville et du département d’origine du chef de l’Etat, notamment Benoît Assam Mvondo, un cousin du président de la République, et le maire André Noël Essian, se sont investis à ramener l’ordre à travers des négociations. Jouant par ailleurs leur partition pour éviter la dérive tribale qui prenait le pas sur la nature réelle de la crise.

 

Akere Muna: « Le vrai débat porte sur le fédéralisme »

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Convié aux assises du Grand Dialogue National qui se sont tenues au Palais des Congrès du 30 septembre au 04 octobre dernier, l’avocat international a claqué la porte dès le premier jour. Il revient sur les raisons qui l’ont poussé à desister.
Le grand dialogue national convoqué par le président de la République s’est achevé vendredi dernier, quel commentaire faites-vous de cet évènement ?
A mon avis C’est un rendez-vous raté, parce que selon mes propres sondages plusieurs anglophones du Nord-Ouest et Sud-Ouest après le discours du président avait l’espoir qu’ils allaient enfin être écoutés et les écouter signifie qu’on devait savoir qu’il y’a actuellement deux choses qui les préoccupent : le fédéralisme et la sécession. Donc c’est par là qu’il fallait commencer. Deuxième chose, il fallait tabler sur la libération de tous les prisonniers arrêtés dans le cadre de cette crise. Troisième chose, il fallait passer par un cessez-le-feu dans les zones en conflit, le retour des refugiés et déplacés et la réhabilitation de tout le monde. Mais hélas, rien de tout cela. Je suis arrivé en la session pleniere au Palais des Congrès, on m’avait déjà dit qu’il y’a des gens qui ont été désignés pour parler. Il n’y avait aucun moyen de poser des questions aux intervenants, puis on a sorti une liste des commissions. Pas moyen de savoir comment elles ont été reparties. Sur quelles bases les membres ont été choisis. Dans certaines commissions on retrouvait des gens qui ont eux-mêmes été à l’origine du problème. Bref tout était décidé d’avance, j’ai compris qu’ils voulaient des spectateurs et que je sois là ou pas, il n’y aura pas de différence, c’est pour cela que je suis parti.
Vous avez quitté les travaux avant la fin du dialogue, vous estimez que le dialogue doit être repris sous de nouvelles bases, quelles sont les bases du dialogue que vous prônez ?
Déjà il faut dire que j’ai quitté la salle à la fin de la session pleiniere d’ouverture, je n’ai pas assisté aux travaux en commission. Certains disent que j’ai claqué la porte, d’autres que j’ai abandonné et que je ne finis jamais rien. Que les gens disent ce qu’ils veulent j’ai quitté ces travaux parce que j’estime que le dialogue est faussé d’avance. On parle de dialogue, cela sous-entend discussion. Et qu’on veut réconcilier des gens. On ne peut donc pas être à la fois parti et arbitre, il faut que la réconciliation se passe ailleurs pour que les uns et les autres puissent venir sans crainte. Il faudrait que l’arbitre soit quelqu’un de neutre, il y’a certes des Camerounais qui sont neutres. Mais il était mieux qu’on trouve quelqu’un d’autre qui n’a pas d’intérêts, qui n’a d’intérêts que pour la paix. Ces bases permettront qu’on dise quels sont les critères pour les participants qui doivent y être. Qui parlera à la place de qui ? Imaginez qu’on veuille parler du développement dans le sud et qu’on prenne quelqu’un qui vient de Bengwi pour le faire en ignorant les populations du sud elles-mêmes. Qu’est ce que celui là pourra dire à la place des populations du sud ? Rien ! Il faudra que les sudistes eux-mêmes viennent dire que nous voulons la route à la place du puits. Et c’est en cela que la proposition du cardinal Christian Tumi était sage, qu’on mette d’abord ensemble les anglophones dans la « All Anglophone Conference ». Que les anglophones se mettent ensemble, qu’ils discutent d’abord entre eux et s’en sortent avec un dénominateur commun pour que le président apprécie quelles sont les principales revendications. Qu’on parle et qu’on négocie avant d’aller dialoguer et sortir avec une base commune. Quand On aura arrêté ce qu’on veut, avec les autres citoyens, on pourra dialoguer. Un et indivisible dont on parle, ce n’est pas un problème de géographie, c’est une question d’humanité, de solidarité et de fraternité. Ce sont les citoyens qui construisent cela. Un et indivisible, c’est se sentir ensemble et faire partir d’une entité. Ce n’est pas un décret.
Les travaux se déroulent en l’absence des leaders séparatistes et de certains anglophones de la diaspora, les résolutions de ce dialogue peuvent-elles calmer certaines ardeurs chez les radicaux ?
Pas du tout ! Ils ont déjà rejeté cela en bloc, je l’ai dit à plusieurs personnes citant un proverbe africain « on ne peut pas coiffer quelqu’un à son absence », cela est impossible. Ce qu’on tente de faire à Yaoundé est impossible. C’est pourquoi je reviens dessus, la « All Anglophone Conference », avait sa place, elle pouvait permettre de discuter des dénominateurs communs aux anglophones. Malheureusement l’Etat a déjà brulé tout le capital de confiance qu’on pouvait encore lui accorder. C’est en 1996 qu’on a parlé de décentralisation, plus de 23 ans après rien a été fait . L’article 66 de la Constitution sur la déclaration des biens, qu’est ce qu’on en a fait ? Rien ! La Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples a rendu une décision en 2009. Elle a reconnu le tort causé aux anglophones et a rejetté la sécession. Elle a donné à l’Etat 180 jours pour résoudre le problème et s’est dit prête à venir aider l’Etat du Cameroun pour la médiation, jusqu’à présent, il n’en est rien. En 2016 quand la crise éclate, on prend trois ans, après plus de 2000 morts, des centaines de villages brulés, près de 650 mille déplacés, près d’1 million d’enfants non scolarisés, plusieurs millions de citoyens en situation de crise humanitaire, une économie complètement délabrée etc.. Tout cela parce qu’on est toujours dans le déni. Grace à tous ces atermoiements, j’ai vu des gens qui étaient des modérés se radicaliser devant moi. Plusieurs de ma génération qui sont restés modérés, ont encore le bénéfice du contexte, parce que nous avons vécu sous les deux systèmes. Ceux qui sont derrière nous ne connaissent rien de cela, ils savent qu’ils sont dans un endroit, maltraités et fantasmes sur ce qu’ils n’ont pas connu. Parfois ils ont même des versions tronquées de l’histoire, ce qui nourrit davantage leur haine.
Si rien n’est fait pour aborder le dans le fond le sujet sur la forme de l’Etat que peut devenir la situation sécuritaire dans les zones anglophones ?
Je pense que c’est à tort qu’on n’évoque pas ce sujet. Et des expérimentés dans la guerre l’on déjà dit, le problème ne peut pas se résoudre par une solution militaire. Il y’en a qui continuent à dire que s’ils n’acceptent pas les résolutions du grand dialogue, on va les écraser. Ça ne pourra jamais arriver. Et la situation est entrain de prendre d’autres dimensions. Pour la première fois dans le parlement français, on a évoqué le problème anglophone. Nous n’avons pourtant pas besoin de cela. Nous aimons notre pays et on a besoin d’être écouté. Je passe désormais tous les jours de ma vie à penser à ce problème. Moi je porte ce problème en moi. J’avais 9 ans quand mon père faisait campagne pour la réunification, j’ai été empoisonné, j’allais mourir et quand je suis allé au lycée, mes camarades disaient que mon père a vendu les anglophones aux francophones. Aujourd’hui les francophones m’appellent sécessionnistes. Je ne peux pas me rendre au village avec cette situation. La dernière fois que je m’y suis rendu pour enterrer mon frère, on nous a tiré dessus. Où voulez-vous donc que j’aille ? j’ai perdu plusieurs proches dans ce conflit et certains à yaoundé continuent de penser que c’est un sport, pourtant c’est mon âme qui souffre. Il faut que les gens comprennent qu’il y va de l’avenir de notre pays, de l’avenir de l’union.
Regrettez-vous le fait que le président de la République n’a pas lui-même participer aux travaux de ce dialogue ?
Non, je crois que le Président a fait un discours d’ouverture. Si j’étais son conseiller j’allais lui demander de faire un tour au Palais des Congrès. Mais je suppose qu’il suit les travaux de prêt. Ce que je regrette c’est que les travaux n’ont pas été diffusés en direct. J’ai toujours dénoncé cette fâcheuse habitude qui fait qu’on veuille tout cacher au Cameroun. Pourquoi empêcher aux Camerounais de voir ce qui se dit à leur sujet. Mettez les écrans dans les carrefours comme lors des matchs de football. Chacun pourra se faire sa petite idée. J’ai vu des journalistes avec des badges fixes. Pourquoi vouloir tout contrôler en 2019 ?

Préfectorale: Paul Biya redistribue les cartes

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Dans une série de décrets rendus public ce soir, Paul Biya a nommé des préfets, des sous-préfets, des secrétaires généraux de régions et des inspecteurs généraux au ministère de l’Administration territoriale. En gros, un seul préfet reste en poste dans le Nord-ouest, celui du Donga Mantung. Aboubakar Iyawa, l’ex sous-préfet de Yaoundé 2, jadis célèbre pour ses interdictions de meetings et autres manifestations publiques de l’opposition et de la Société civile, autrefois promu préfet du Nyong et Kelle et puis muté dans le Haut-Nyong, retourne au ministère de l’Administration territoriale (Minat) comme inspecteur général. Pendant ce temps, son successeur à Yaoundé 2, Yampen Ousmane, remplace le préfet des Hauts plateaux décédé en 2018. Gilles Christian Sadi, le fils de René Sadi, lui, quitte Kribi 2ème pour devenir secrétaire général de la région de l’Ouest.

Ci-dessous, les différents textes publiés ce jour.

decret_n_2019_536_du_7.10.2019_nomination_Prefets decret_n_2019_537_du_7.10.2019_nomination_Sous-Prefets decret_n_2019_535_du_7.10.2019_nomination_IG_Serv_Region decret_n_2019_534_du_7.10.2019_nomination_SG_Serv_Gouverneurs

Forte mobilisation des militants de Maurice Kamto

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Rien ne pouvait arrêter les militants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun samedi dernier. Venus en masse pour soutenir leur champion, ils se sont retrouvés à l’entrée du Tribunal militaire de Yaoundé autour de 9 heures du matin. Pendant 4 heures de temps, c’est-à-dire de leur arrivée jusqu’au moment où le verdict a été rendu, ils n’ont pas lâché de délires pendant une seule minute. Au moment où le Tribunal s’est prononcé, ils ont coupé la route principale avec des pancartes, sur lesquelles on pouvait lire « Libre enfin ! » ou encore « Maurice Kamto le sauveur ». Une fois la décision connue, ils se sont dirigés en masse vers la prison principale de Kondengui. Devant cette maison d’arrêt, un dispositif sécuritaire impressionnant a été déployé pour empêcher les partisans de Maurice Kamto d’accéder à la prison. Mais celui-ci n’a pas dissuadé les militants. Par plusieurs centaines ils se sont regroupés sur une ruelle qui mène tout droit à la prison annexe de Kondengui. Pancartes et tiges de l’arbre de la paix en main, ils ont entonné des chants de ralliement. Visiblement, ils étaient décidés à rentrer avec leur président. Et Malgré le soleil accablant, ils n’ont eu de cesse de chanter et de crier. 15h40minutes, le portail de la prison principale de Kondengui s’ouvre. Les premiers prisonniers sortent à bord d’un véhicule Toyota Highlander immatriculé Lt 412 IP. Les journalistes venus très nombreux accourent pour prendre les premières images. Impossible de filmer, la lignée de voitures sort avec une vitesse incalculable. En équipe sur les motos affrétées pour la circonstance par les militants de Maurice Kamto se dirigent vers son domicile au quartier Santa Barbara à Yaoundé. Tout le long du chemin, les partisans du MRC manifestent chacun à sa manière sa joie. A la résidence du leader du MRC, après plus de deux heures d’ambiance, Maurice Kamto qui selon certaines indiscrétions ne voulait pas faire une sortie, consent enfin de parler. « Je teins à dire merci à tous ceux qui m’ont soutenu et continuent de me soutenir, je vous ai dit une chose, je ne vous trahirai jamais, la lutte que nous menons est une lutte politique. Elle se fait dans la paix et continuera dans la paix. Au départ de notre parti, je vous avais dit que nous allons libérer le Cameroun dans la paix », a déclaré Maurice Kamto du haut de l’estrade qui a été placé sur sa cours. Après lui, la majorité des anciens prisonniers sont montés à l’estrade et chacun a à sa manière remercié les militants pour leur soutien, sans manquer d’appuyer que le combat va continuer.

Tribunal militaire: le film de la libération de Kamto et cie

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L’audience qui n’a duré que 14 minutes, a abouti à la libération de 104 personnes, dont certaines emprisonnées dans les prisons périphériques n’ont pas pris part au procès. Le Tribunal militaire de Yaoundé n’était pas paré comme d’habitude. Visiblement les autorités de cette cour ont décidé de décrisper l’atmosphère qui y est toujours tendue lors des grandes audiences. A l’intérieur comme à l’extérieur, l’on pouvait voir les partisans de Maurice Kamto s’exprimer librement. Tous les militants venus faire foule au Tribunal militaire samedi dernier, avaient suivi l’annonce faite la veille par le président de la République, ordonnant l’arrêt des poursuites pendantes devant le Tribunal militaire contre les leaders du MRC et leurs militants. Dès leur arrivée, les partisans de Maurice Kamto se montraient déjà enthousiastes, mais jusqu’à 11h du matin, ni les avocats, ni les militants ne savaient pas exactement quels détenus étaient concernés par l’arrêt des poursuites judiciaires. C’est autour de 11h10 minutes qu’une liste de 104 personnes est affichée sur le rôle. Sur celle-ci, le nom de Maurice Kamto et des principaux leaders sont en tête de peloton. Après avoir pris connaissance de la liste des militants concernés par cette audience, les militants du MRC ont commencé à manifester leur joie. Les chants s’élevaient de partout. Aussi bien dans la salle d’audience qu’à l’extérieur du Tribunal militaire de Yaoundé, les militants ne cachaient plus leur envie de voir Maurice Kamto et les siens. 12h un camion et deux cars Hiace de la prison centrale de Nkondengui ayant à leur bord près de 90 militants font leur entrée à l’intérieur du Tribunal militaire. La foule est en liesse, mais les principaux leaders ne se retrouve dans aucun de ces véhicules. Seul Mamadou Mota est embarqué dans le camion. Sous les yeux de l’assistance rivés vers le camion, il sort souriant le point levé. 12h20 minutes, un autre car fait son entrée et se gare à l’entrée principale de la salle d’audience. Sous les cris et les youyous, Paul Eric Kingue vêtu de d’un ensemble lin blanc est le premier à descendre de la voiture, il est suivi par Alain Fogue et des autres leaders du MRC.

                   Un verdict connu, mais plein de suspense
14H 45minutes. La sirène annonce l’entrée du Tribunal et l’audience commence. Après l’exécution de l’hymne national, la présidente du Tribunal militaire de Yaoundé, le Colonel Abega Mbezoa plante le décor et annonce une audience spéciale. Elle passe la parole au commissaire du gouvernement qui se charge de lire les lois portant Code de Procédure Pénale de 2007 et celle portant Code de Justice militaire de 2017, relative à l’arrêt des poursuites devant le Tribunal militaire. Après quelques minutes, il redonne la parole à la présidente du Tribunal militaire qui doit prononcer le verdict final. La salle se lève, toutes les oreilles sont suspendues sur les lèvres du colonel Abega Mbezoa. L’on avait bien suivi les réquisitions du ministère public qui demandait l’arrêt des poursuites contre les 104 personnes, l’on imaginait ce que la présidente du Tribunal allait dire, mais le suspense ne s’estompait pas. Sous un silence de cimetière, elle décide de relaxer purement et simplement Maurice Kamto et 103 personnes. 12h59 minutes, l’audience prend fin sous les chants et les cris de victoire.

Apaisement : Paul Biya libère Maurice Kamto

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Maurice Kamto et ses 102 de ses partisans sont désormais libres depuis cette mi-journée du 05 octobre 2019. Au terme d’une audience spéciale du Tribunal militaire de Yaoundé, le président national du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) et ses partisans, incarcérés dans plusieurs centres de détention de la ville de Yaoundé, ont été remis en liberté. Il a été déclaré à leur bénéfice un arrête de poursuites judiciaires.
Il s’agit de la mise en application d’une décision prise hier par le président de la République. Paul Biya qui en a décidé ainsi, dans la foulée du Grand dialogue national qu’il a initié, afin de mettre un terme à la crise qui secoue les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest depuis trois ans. Crise qui a contribué à déchirer davantage le tissu économique et social du pays. Paul Biya a donc voulu faire d’une pierre deux coups.

Maurice Kamto, candidat malheureux à la présidentielle du 7 octobre 2018, et ses militants et alliés, ont perdu leur liberté au lendemain de la proclamation officielle des résultats de cette élection qui a vu la victoire de Paul Biya. Victoire que le Mrc et ses alliés contestaient, en proclamant leur champion vainqueur. Et les marches blanches organisées à cet effet ont abouti à des arrestations massives sur le territoire national, entre le 26 janvier et le 8 juin 2019. Maurice Kamto et ses principaux collaborateurs que sont Albert Dzongang, Paul Eric Kinguè, ont été arrêtés au domicile du président de la Dynamique. Michèle Ndoki était le dernier gros poisson à les rejoindre, arrêtée dans le Sud-ouest.

Après de longs mois passés derrière les barreaux, Maurice Kamto et ses partisans recouvrent la liberté, au terme de négociations entre le l’ex ministre délégué auprès du ministre de la justice, et le sommet de l’Etat. Au bénéfice de 103 personnes exactement. Dans un souci d’apaisement de la vie politique nationale.

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Décrispation : Paul Biya libère 333 détenus de la crise anglophone

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Mancho Bibixy sera-t-il libéré? Ph www.lebledparle.com

Fin de calvaire pour 333 détenus de la crise dite anglophone. Le président de la République a décidé de l’arrêt des poursuites judiciaires contre ces personnes poursuivis devant les tribunaux militaires dans le cadre de la crise qui secoue les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest depuis trois ans. Dans le communiqué y relatif et rendu public au cours du journal parlé de 17h du poste national de la Cameroon radio television (Crtv), Ferdinand Ngoh Ngoh, le secrétaire général de la Présidence de la République explique que «cette décision procède de la volonté constante de permettre à ceux de nos jeunes compatriotes de ces deux régions, désireux de renoncer à la violence et de revenir dans le droit chemin, de pouvoir de nouveau participer à la grande œuvre de construction nationale ». Par ailleurs, Paul Biya « affirme sa détermination à poursuivre sans relâche les efforts dans la recherche des voies et moyens d’une résolution pacifique de la crise qui affecte ces régions de notre pays, en vue de la normalisation souhaitée par l’immense majorité du peuple camerounais », souligne le-t-il.

La décision arrive en plein Grand dialogue national décidé par le Chef de l’Etat, et marqué par le retour de plusieurs jeunes combattants « ambazoniens » à la vie normale, et présentés lors des travaux. Si Paul Biya revendique une initiative personnelle, il reste que plusieurs leaders sécessionnistes ont conditionné leur participation aux travaux du Dialogue à la libération des prisonniers de cette crise, et des prisonniers politiques. Paul Biya qui n’a pas accédé à ces conditions, a choisi son moment pour effectuer ce geste de décrispation.
« Cette décision sera mise en œuvre sans délai, à la diligence du ministre délégué à la présidence, chargé de la défense », indique le secrétaire général de la présidence de la République.

Rien n’est précis sur l’identité des bénéficiaires de cette mesure. Lors de la première décision similaire décidé en décembre 2018 et concernant 289 personnes, les leaders du mouvement avaient été ignorés. Entre autres Sisiku Ayuk Tabe, Mancho Bibixy, Cho Ayaba,… Mais la libération de Sisiku Ayuk Tabe était une des principales exigences des leaders sécessionnistes. « On ne peut pas aller s’asseoir à la table des négociations alors que celui-même qui s’est sacrifié pour nous est incarcéré« , justifiait un leader de la diaspora. Si ce dernier, et un certain nombre d’acteurs de premier plan détenus dans les géoles de Yaoundé, sont déjà condamnés pour le mouvement d’humeur qui a secoué la prison centrale de Yaoundé le 22 juillet dernier, ils sont encore sous le coup de poursuites dans le cadre de l’affaire qui les y a a conduits.

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Arrêt de poursuites contre 289 détenus de la crise dite anglophone

Jean Simon Ongola : « Tant qu’il n’y aura pas la confiance, on ne pourra pas aller au bout»

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Plusieurs voix ont appelé au dialogue, finalement le président Biya a accepté. Peut-on croire que l’on est proche de la solution à la crise dite anglophone ?

Pour tous ceux qui ont assisté à la cérémonie d’ouverture, il y a eu une charge émotionnelle. Une très grande émotion car tous les participants se sont sentis concernés. Tout ce qu’a dit le Premier ministre allait dans le sens de l’apaisement. Le problème du Sud-ouest et du Nord-ouest est né d’un certain nombre de frustrations qui ont abouti à des ressentiments. Ce sont des problèmes qui sont vieux. Le président Biya a compris dès le début de cette crise qu’il y avait des problèmes qu’on ne peut pas nier. Il y a un. Sentiment de frustration qui a grandi qui a abouti à la situation malheureuse que nous connaissons. Il ne faudrait pas oublier de soigner les maux. Il faut aller vers un traitement curatif, en prenant en compte les avis des Camerounais.

Vous semblez sceptiques?

Nous n’avons aucune raison d’être sceptiques ; mais nous sommes conscients sur la responsabilité des uns et des autres. Il faut simplement que nous nous gardions d’être condescendants, arrogants, mais également que nous n’ayons pas d’a priori, ni de préjugés. Il faut que nous tombions d’accord qu’il faut des consensus. Il y a eu rupture du contrat social depuis le début. Il faut remettre en place des choses pour rétablir ce contrat social.

Les sécessionnistes n’ont pas répondu à l’invitation du président ; y a-t-il lieu de s’en inquiéter ?

Je ne connais pas la liste complète des participants, mais ce qui est certain est que beaucoup de sécessionnistes ou de leurs sympathisants ont eu peur des représailles. Je pense qu’il y a autre chose à gagner dans ce dialogue, c’est de ramener la confiance. Tant qu’il n’y aura pas la confiance, on ne pourra pas aller au bout. Je déplore seulement que les choses soient allées au pas de course. Le temps qui a été donné pour la préparation n’a pas été suffisant. Nous risquons d’aller vers des résultats qui ne sont pas ceux qu’on attend.

Réalisée par Ludovic Ngouéka

Volte-face : Jean Jacques Ekindi de retour au palais des Congrès

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retour de Jean Jacques Ekindi

Les travaux du Grand dialogue national se sont poursuivis au 3ème jour avec la présence de Jean Jacques Ekindi. Le président national du Mouvement patriotique (Mp) est revenu sur sa décision de boycotter les travaux, sans bruits. « J’étais déjà à Douala, je suis revenu ce matin, j’ai rencontré le Premier ministre ce matin, je lui ai fait part de mes inquiétudes. Il en a convenu. Nous avons constaté qu’on ne pouvait plus défaire ce qui était déjà fait. Alors il faut peut-être améliorer. Ce que je lui ai suggéré, c’est qu’après la réunion finale, qu’il annonce la création pour la paix et la mise en place des résolutions du dialogue ; et que les missions confiées à cette commission soient également des missions de paix. Qu’il ne soit plus question qu’on est venu parler du bilinguisme. A ce moment-là, j’étais rassuré », justifie-t-il son retour. Et George Ewane, le porte-parole du Grand dialogue national, ne s’est pas privé d’une occasion de se moquer de la presse. « Jean Jacques Ekindi est revenu en salle. Il a intégré la commission N°5. Vous qui avez publié qu’il a claqué la porte-là. C’est une bonne réplique pour vous. Allez maintenant écrire qu’il est revenu », a-t-il informé, alliant blague et moquerie. « Est-ce que vous nous aviez d’abord informé qu’il était parti », a repris un journaliste, sous un ton amical et blagueur. Et un autre d’ajouter : « Il a eu ce qu’il voulait, et est revenu ».

La presse attendait impatiemment la justification de sa décision prise hier, de se soustraire des travaux. En effet, le Chasseur de Lion avait promis de donner les raisons de son choix ce jour. « Je suis venu à Yaoundé pour la paix, mais j’ai eu l’impression qu’on ne parlait pas de la paix car la paix consiste en. Nous voyions la reconstruction, le bilinguisme, le vivre-ensemble, or la paix consiste en la l‘arrêt du conflit, l’arrêt des hostilités. Ne voyant rien transparaître de cela, cette inquiétude se renforçait surtout que dans les commissions, on contraignait les participants à s’en tenir aux termes de références retenus. Et dans ce dossier qu’on nous a remis, il n’y avait pas la paix. Je ne voyais donc pas ce que je suis venu faire dans ce dialogue. Je suis un adepte de la paix, je suis venu à Yaoundé parler de la paix et si je ne peux pas parler de la paix, je n’ai plus ma place ici. Je suis donc parti », explique-t-il. « Mais je n’ai pas claqué la porte comme certains journalistes ont dit. Je n’ai appelé aucun journaliste pour signaler mon départ. Je suis parti discrètement parce que je n’avais plus rien à faire », assure le nouveau artisan du Dialogue version Biya. « Le premier ministre qui est l’organisateur de ce dialogue, étant informé de cela m’a téléphoné, j’étais déjà à Douala, et il a demandé que je le rencontre », indique-t-il. L’homme a changé d’avis. « Le dialogue ne s’arrête pas, il se poursuivra par cette commission. Et si la paix revient un jour, ce que nous souhaitons, on pourra maintenant appeler un grand dialogue qui pourra apaiser tout le monde, puisqu’il viendra proclamer la paix. Mais entre ces deux moments, il faudra qu’on continue de travailler sur la paix. Ma crainte était qu’on vienne parler de problèmes qui peuvent se régler de manière institutionnelle », insiste-t-il.

C’est le seul et le dernier des quatre opposants qui ont jeté l’éponge depuis le premier jour. Avant le Chasseur de Lion, Akere Muna, Alice Sadio et Célestin Bédzigui avait déjà pris la clé des champs. Tous contestent un match joué d’avance. Les sujets et les commissions ayant été arrêtés par Paul Biya l’initiateur des travaux, et le Premier ministre, président du Dialogue. Et surtout, le point de discorde est le refus d’élargir le champ de réflexion aux thèmes non inscrits à l’ordre du jour, notamment la forme de l’Etat.

Grand dialogue national : Qui dirige les travaux ?

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Le président de la commission du bilinguisme

Après l’ouverture des travaux, le Premier ministre a mis sur pied le bureau qui devra conduire les travaux. Placé sous sa propre présidence ainsi que l’avait déjà décidé le président de la République, cette équipe comprend trois vice-présidents, un rapporteur général et trois rapporteurs adjoints.

Président : Joseph Dion Ngute
1er vice-président : Abraham Kome
2ème vice-président : Garga Haman
3ème vice-président : Emilia Nkeze
4ème vice-président : Fadimatou Iyawa

Rapporteur général : Félix Mbayu
Rapporteur N°1 : Pierre Essomba
Rapporteur N° : Churchill Ewumbue
Rapporteur N° : Pr Cheka Cosmas

Quant aux huit commissions mises sur pied, elles comprennent entre 12 et 18 personnes, selon l’importance que l’organisateur en chef accorde à la commission. Avec au moins trois vice-présidents et au moins quatre rapporteurs. En dehors de la commission qui traite du désarmement des ex combattants qui n’a qu’une seul personne ressource en la personne de Joseph Beti Assomo, ministre délégué à la présidence, en charge de la Défense, toutes les autres disposent d’au moins deux personnes ressources. En tout, ce sont 114 personnes qui constituent les bureaux des commissions.

En gros, six commissions sont présidées par des Camerounais originaires des deux régions en crise. Ce sont Joshua Osih, Benjamin Itoe, Dorothy Njeuma, le cardinal Christian Tumi, Philip Ngole Ngwesse, et Simon Munzu qui remplace Christopher Fomunyoh, initialement annoncé à la tête de la commission de Reconstruction et reconstruction des régions touchées par le conflit, mais qui n’a pas fait le déplacement de Yaoundé. Les deux autres sont la 7ème traitant du « Rôle de la diaspora dans la crise et contribution au développement du pays » présidée par le Pr Jean Louis Atangana Amougou, et la commission N°6, « Désarmement, démobilisation et réinsertion des ex combattants », que préside le Pr Saïbou Issa. Avec comme personnes ressources d’une part le ministre des Relations extérieures Lejeune Mbella Mbella et Mohamadou Moustapha, et d’autre part Joseph Beti Assomo.

Ci-dessous, les membres des huit commissions

Les commissions

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