vendredi, mai 8, 2026
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Les ressorts de la violence urbaine galopante

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Anglophone Crisis: Suggestions on engaging in Inclusive Dialogue

Ce week-end, les habitants de Douala ont vécu l’enfer. L’effroi, la peur, la désolation était au menu. La faute à une horde de jeunes hors la loi, au-dessus la loi diraient certains. Ils ont semé la terreur, avec une fureur difficilement descriptible.

Mais au-delà des interprétations et tentatives de récupérations diverses, cette flambée est loin d’être isolée, et renseigne sur certains éléments sécuritaires préoccupants qui peuvent être généralisés.

La généralisation de la violence populaire au Cameroun

Les populations camerounaises, et surtout les internautes, ont été stupéfiés par les images de jeunes, machettes à la main, faisant face aux forces de défense et de sécurité et déterminés à en découdre avec leurs congénères dans la ville de Douala. Mais cette stupéfaction renseigne sur l’ignorance par ceux-ci des faits semblables précédents et récents. Comme source du conflit, l’on parle selon les cas d’une affaire de règlement de compte ou encore d’une affaire de « taxage », terme désignant l’extorsion de biens par des groupes de jeunes qui sévissent dans les villes et villages du Cameroun.

Par ailleurs, il y a de cela quelques mois, la même ville de Douala était déjà la scène d’une flambée de violence au niveau de Yassa, à la sortie de la ville en partance pour Yaoundé. Celle-ci était le fait des jeunes présentés comme des Centrafricains. Ceux-ci avaient cassé des véhicules, battu et blessé plusieurs personnes, et pillé des petits commerces alentours ; le tout le sous regard quasi-impuissant des forces de maintien de l’ordre. Les habitants de ce quartier feront savoir que ce n’était pas la première fois que ces jeunes Centrafricains se livraient à de tels actes, généralement sous l’emprise de la drogue et de l’alcool. L’incident serait survenu à la suite d’un banal accident de moto ayant entrainé la mort d’un Centrafricain.

La même ville de Douala est également coutumière des affrontements sous fond de règlements de entre les bandes des jeunes, présentés comme étant des délinquants et des drogués. Ainsi, il n’est pas rare de voir les jeunes quartiers Makea, Nkongmondo, Ngonsoa, Camp Yabassi, Bilongue, Bonaloka, Shell New-Bell, Ngangue, etc. s’affronter pendant des heures.

Dans un tout autre cadre, le 29 mars 2019, les Camerounais étaient médusés d’apprendre la mort du jeune Blérot, élève au Lycée bilingue de Deïdo et qui avait été poignardé par son camarade de classe. L’on évoque un autre cas de « taxage » ayant mal tourné entre deux camarades.

A la mi-2018, c’est la ville de Foumban qui était en proie à des violences entre les jeunes de Manka contre ceux de Kounga, qui s’étaient affrontés pendant toute une journée et paralysant toute la ville. Tout serait parti d’une simple affaire de discussion portant sur un match de football de champions league.

Quelques mois plus tard, c’est la ville d’Obala qui offrait un spectacle similaire le 25 avril 2019, avec des jeunes, machettes à la main, faisant face aux forces de défense et de sécurité.

Que dire de la ville des évènements récents de Sangmélima qui ont estomaqué toute tout le monde civilisé ?

Ces quelques cas illustratifs, et qui sont très loin d’être isolés, renseignent sur une forte  tendance à la généralisation de la violence urbaine au Cameroun. Car que ce soit en zone urbaine, en zone rurale ou en milieu scolaire, celle-ci devient omniprésente.

Le deuxième constat est celui d’une banalisation de la violence populaire car tout part toujours d’une banale histoire entre jeunes gens pour aboutir à un embrasement généralisé de la localité.

La troisième remarque est que ces violences, au-delà des apparences, n’épousent pas des contours tribaux. Il s’agit juste d’affrontements entre jeunes de différents quartiers, avec la seule particularité que certains quartiers dans les villes et villages peuvent avoir une forte concentration d’une communauté ethnique particulière.

Des jeunes connus des autorités et drogués

Dans les cas sus-évoqués en guise d’illustration, l’on constate que la violence populaire au Cameroun est essentiellement et majoritairement le fait des jeunes, souvent des adolescents.

Ceux-ci sont souvent clairement identifiés comme des délinquants et généralement connus des forces de maintien de l’ordre et des autorités comme étant des personnes semant souvent la terreur dans la localité.

L’autre caractéristique de ces jeunes est qu’ils sont souvent présentés comme des grands consommateurs de stupéfiants et d’alcool.

Le dépassement des forces de maintien de l’ordre

L’une des images des évènements de Douala et qui est très interpellatrice est celle mettant en scène un véhicule de policiers qui s’enfuit sous les jets de pierres de jeunes adolescents.

Il convient également de rappeler que pour ramener le calme dans la ville de Foumban à la suite des violences sus-évoquées, il avait fallu l’intervention des éléments du Bataillon des troupes Aéroportées (Btap) de Koutaba, alors que la ville dispose d’une compagnie de gendarmerie et d’un commissariat de police. Tout comme à Obala, l’on a dû faire recours aux éléments de la garde présidentielle. Rien de moins !

Ces trois cas illustratifs contredisent fondamentalement la théorie de « l’absence de l’Etat » comme catalyseur des violences urbaines. En effet, pour expliquer le recrutement massif des jeunes du septentrion dans les rangs de Boko Haram, certains chercheurs estimaient que cela était la résultante de l’absence de l’Etat et notamment des forces de défense et de sécurité dans ces localités.

Face à la généralisation de la violence populaire au Cameroun, l’on est amené à constater plutôt le « dépassement » des forces de maintien de l’ordre, notamment la gendarmerie et police. Celui-ci s’explique par ces éléments :

  • L’insuffisance des effectifs dans les unités de gendarmerie et de police, ce qui les rend totalement incapables de faire face à des marrés humaines qui sont souvent en furie lors de ces violences populaires ;
  • La corruption des hommes des policiers et des gendarmes qui sont souvent complices et amis des jeunes délinquants, ce qui leur ôte toute autorité morale, chose pourtant nécessaire pour calmer les situations de crise ;
  • La corruption des autorités judiciaires qui consacre l’impunité des délinquants et refreine les populations dans leur volonté de collaboration avec les forces de défense et de sécurité ;
  • La protection des jeunes délinquants par les élites locales qui sont souvent leurs parents, ce qui les encourage à poser des actes délictueux et leur permet de se constituer des groupes d’affidés à qui ils assurent leur « protection » judiciaire.

 

L’usage des armes blanches

Que ce soit à Douala, Foumban ou Obala, les choses se passent presque toujours de la même manière. Un jeune ou un groupe de jeunes d’un quartier va dans un autre, soit pour courtiser une jeune fille, soit pour faire la fête, soit pour commettre un larcin ou tout simplement pour une rencontre sportive. Ils sont pris à partie par les jeunes du quartier où ils se trouvent, pour diverses raisons. Il s’en suit une bagarre dans laquelle ils sont molestés.

Ils rentrent dans leur quartier chercher du renfort pour revenir procéder à des représailles, mettant à sac et battant sans distinction les habitants du quartier de leurs « agresseurs ». Ceux-ci, touchés dans leur honneur, vont aussi s’organiser pour aller infliger des représailles en « retour » dans le quartier des « envahisseurs ». Il s’en suit un engrenage, d’attaque-défense-représailles, et qui peut parfois durer des jours.

Dans ce cycle de violence, les jeunes, comme on l’a vu à Douala, s’arment de couteaux, lances, gourdins et surtout de machettes. Même dans le cas du Lycée de Deïdo, l’agresseur était armé d’un poignard.

Cette propension à l’usage des armes blanches peut sembler rassurante dans un premier temps, car on estime toujours que les armes à feu produisent plus de dégâts. Mais, mais cet usage des armes blanches devrait plutôt hautement inquiéter, car leur disponibilité et leur accessibilité facilitent la généralisation des violences populaires. Ce qui peut conduire à des situations totalement incontrôlables et très dramatiques comme on a eu à le vivre au Rwanda, au Burundi, ou encore en RCA.

Cameroun-Cap vert : La première épreuve de Conceiçao

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Le successeur de Seedorf

Antonio Conceiçao a servi presque du réchauffé au public camerounais. Le nouveau sélectionneur des Lions indomptables a rendu publique une liste de joueurs déjà presque tous connaisseurs de la tanière des Lions indomptables. A peine trois new comers : Olivier Ntcham qui évolue au Celtic glassgow en Ecosse, Didier Lamkel Ze d’Antwerp en Belgique et Haschou Kerrido. Le premier est le seul bleu qui st sur la liste d’attente. En même temps que quatre autres anciens : Harold Moukoudi, Jeando Fuchs, Clinton Njie et Stephane Bahoken.

Ce dernier est le 3ème gardien, remplaçant dans la même posture Simon Omossola qui a quitté la liste. L’ex gardien des Astres de Douala, évolue désormais en Guinée sous les couleurs de Cik Kamsar. Si l’homme a déjà flirté avec quelques sélections inférieures, il n’a jamais été chez les A. L’homme qui évolue comme titulaire en Guinée, a une chance de bousculer une certaine hiérarchie tournante entre Fabrice Ondoa et André Onana.

De même, dans les autres compartiments, on prend les mêmes et on recommence. Notamment en défense et au milieu de terrain. Avec le retour de Fabrice Olinga parmi les hommes de l’entrejeu. C’est en attaque que l’ordre est instable. Vincent Aboubakar qui a connu un passage à vide depuis, revient, pour être un complément nécessaire pour le capitaine Choupo-Moting. Aux côté des Nsame, Moumi, Ignatus Ganago,… Ils devront encadrer Didier Lamkel.

Cette cuvée de joueurs en sera la première sous les commandes effectives de Toni Conceiçao. La première liste avait été signée de François Omam-Biyik qui en était le vrai auteur. Le successeur de Clarence Seedorf, lui était arrivé à peine quelques jours après la liste. L’homme qui avait tout de même été aux commandes de l’équipe en amical, sera dans la plénitude de sa fonction le 13 novembre lors du match contre le Cap vert, en éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2021 qu’organisera le Cameroun. Quatre jours plus tard, les Lions indomptables se mesureront encore aux Rwandais.

Chan 2020 : La Caf met le Cameroun sous pression

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Fin de tergiversations. Le Championnat d’Afrique des nations (Chan) 2020 se jouera au Cameroun. Pour montrer sa bonne foi, la Confédération africaine de football (Caf) régulièrement soupçonnée de vouloir une nouvelle fois déposséder le pays de Roger Milla de son Chan, a annoncé la période de tenue de la compétition pour avril 2020. Avec comme sites, Yaoundé-Mfandena, Douala-Japoma, Douala-Bepanda et Limbé-Buéa. Et le tirage au sort prévu pour janvier. Selon des informations données ce jour par Narciesse Mouelle Kombi, le ministre des Sports et de l’éducation civique, en installant des membres du comité d’organisation du tournoi, à Yaoundé.

La Caf a tranché en rassurant les autorités camerounaises sur un sujet qui alimentent doutes et polémiques dans les esprits au pays des Lions indomptables. Les chantiers des infrastructures évoluant au rythme des grèves et luttes de pouvoirs. Malgré la course engagée par le pays organisateur sur le terrain du déploiement du personnel devant assurer l’organisation matérielle de cette compétition initialement attribuée au Kenya, avant d’être cédée au Cameroun qui lui-même perdait la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2019, au profit de l’Egypte.

Le Togo et la Can 2010

Si le Cameroun peut dormir tranquille avec la certitude que l’organisation lui revient de façon officielle, la Caf ayant pour une fois fait une déclaration claire, il reste qu’en dehors de En dehors de Yaoundé-Mfandena et de Limbe-Buea, les autres sites retenus sont encore en chantiers. Notamment Japoma où le Turc Yenigum a bouclé les travaux du stade proprement dit, mais les voies d’accès demeurent une équation difficile à résoudre depuis plusieurs mois. Et pour ne rien arranger, la pénétrante Est de la capitale économique, n’arrange pas la situation. Le chantier de bitumage de cette route est à l’arrêt depuis des mois, en raison d’une crise des défaillances de l’adjudicataire retenu par le ministère des Marchés publics. Après avoir rompu le contrat avec les Chinois, le ministère des Travaux publics est encore dans l’expectative. Par ailleurs, la crise qui secoue les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest ne semble pas toujours donner des gages de sécurité. Si le Sud-ouest semble plus calme que le Nord-ouest, il n’en demeure pas moins vrai que la guerrilla est difficilement contrôlable par les forces de défense et de sécurité. Patrick Ekema, le maire de Buéa qui parvenait à juguler la peur qu’imposent les séparatistes, vient de quitter la scène, abandonnant les partisans de la paix quelque peu orphelins.

Tous ces problèmes doivent être résolus dans les six mois à venir. La route peut l’être, par la force de l’engagement patriotique des gouvernants. Mais le volet sécuritaire est un défi difficile à relever. L’argument sécuritaire a déjà été évoqué dans les couloirs de la Caf en ce qui concerne la Can 2019, le Cameroun n’est pas encore assuré que cet argument ne pourra pas être à nouveau évoqué. La Caf connaît un antécédent en matière sécuritaire: lors de la Can 2010, l’équipe nationale du Togo avait essuyé des tirs de feux nourris de séparatistes cabindais, et des joueurs avaient été blessés. Cet incident avait déteint sur l’image de la Caf, alors que la sélection togolaise avait quitté l’Angola, frustrée de voir la Caf engager la compétition sans tenir compte de cette crise de confiance.

Crise: qui pour reconcilier le MRC et sa coalition?

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Le MRC et sa coalition jouent les prolongations. Après 9 mois de bataille judiciaire, au cours desquels Maurice Kamto a finalement été sorti de prison, le principal rival de Paul Biya à la dernière élection présidentielle et ses alliés livrent désormais un combat ouvert entre médias interposés. Visiblement les murs de la prison centrale de Kondengui ont joué un sale tour dans les relations entre candidat du MRC et sa coalition, au point où cette adversité menace de faire imploser le parti. Car ce n’est pas seulement l’alliance du MRC et des autres partis qui est encline à un éclatement. Même au sein du MRC, les rapports entre les militants ne sont pas de nature à préserver l’entente.

Feu sur les « talibans ».
Vêtu de son lin blanc habituel et affichant un sourire qu’on lui sait, Paul Eric Kingue ne manque plus une occasion pour lancer des philippiques contre Maurice Kamto et ses militants. « Les militants du MRC sont des talibans, ils n’acceptent pas la contradiction », avait-il déclaré sur les ondes de la Radio ABK à Douala, avant d’accuser Maurice Kamto d’être à l’origine du discours tribal qui précédait les élections présidentielles. « Dès que vous parlez de Kamto, vous recevez les flèches, j’en ai moi-même été victime… l’attitude des talibans du MRC prouve que s’ils prennent le pouvoir, ils vont charcuter et massacrer tous les Camerounais ».

  Le mea culpa de Valsero et Ndocki
Depuis leur sortie de prison, les deux compagnons d’infortune de Maurice Kamto ne se sont pas faits voir. L’artiste Valsero est devenu un bon moine qui se contente de prêcher l’amour sur sa page Facebook. « Amour, Pardon, Tolérance, compassion, empathie, ces valeurs qui ne coûtent rien mais qui nous font cruellement défaut. Frère camerounais comment peux-tu parler de paix si ton cœur est vide d’amour. Frère camerounais qu’as-tu fais de ton humanité ? À quelle moment la haine t’as envahi. La solution est là frère. Elle est dans le pardon, mais pour pardonner faut avoir de l’amour. Cherchez l’amour dans vos cœurs la famille », écrit-il. Maitre Michelle Ndocki de son côté est portée disparue et se retrouverait en France selon certaines confidences. Même si cette information n’est pas confirmée, il est évident que depuis sa sortie de prison, l’avocate a fait très peu d’apparition publique.  C’est d’ailleurs la seule qui ne s’était pas rendue dans le domicile dans le Maurice Kamto après leur libération. Des sources internes au MRC indiquent que l’avocate reprocherait à Maurice Kamto depuis la prison centrale de Kondengui d’avoir une ligne dure et de ne pas prendre en compte les points de vue de ses collaborateurs.

   Le hold-up électoral ménacé
A peine sorti de prison, Maurice Kamto a annoncé que le « Non au hold-up électoral n’est pas terminé ». Il a ensuite promis de rendre public, dans les prochains jours le calendrier du mouvement de résistance qui doit se poursuivre. Si le leader du MRC s’obstine à poursuivre son mouvement de résistance, plusieurs de ses partisans pensent que l’élection présidentielle est derrière et qu’il est temps de se concentrer vers les élections à venir. Au mois de février dernier, l’avocat Akere Muna, principal soutien de Maurice Kamto l’avait définitivement lâché. « Je suis un républicain je pense que le contentieux électoral est passé. Le bâtonnier Akere Muna que j’ai accompagné le pense aussi. Notre position était qu’une fois l’organe en charge de proclamer les résultats le ferait, quelques soit les cas, même si nous ne sommes pas d’accord. Nous prenons acte de cela et nous continuons », avait déclaré Paul Mahel, son porte-parole lors d’une émission Canal Presse.
A en croire certaines confidences au sein du MRC, l’avocate Michelle Ndocki aurait emboité le pas à son ainé Akere Muna. Derrière les barreaux, la juriste de la quarantaine aurait fait savoir à son mentor que le combat contre le hold-up électoral menait le MRC dans un cul de sac . Pour elle, il faut passer à autre chose. C’est pourquoi à la suite du communiqué du MRC, indiquant au gouvernement qu’il ne participera pas aux assises du Grand Dialogue National, la dame de 46ans s’est empressée de publier à son tour une déclaration sur le Grand Dialogue National, qui présentait celui-ci comme une opportunité pour la paix.
De même l’activiste Modestine Carole Tchatchouang Younzou, connu pour son soutien à Maurice Kamto avait estimé en aout dernier que la stratégie utilisée par le MRC, était un échec et qu’il fallait la revoir. « Il est temps d’acter notre échec et revoir notre stratégie pour faire libérer le Pr Kamto et les membres de la coalition de prison. Il n’y a aucune honte à admettre qu’on a échoué, tout au contraire, ça demande beaucoup de force et de courage », écrivait-elle, avant de se couverte d’injures par plusieurs des partisans de Maurice Kamto .

  Le dilemme des élections municipales et législatives.
Il y’a une semaine, Maurice Kamto n’avait pas encore dit ouvertement si son parti va participer aux élections ou pas. Mais depuis mercredi 30 aout dernier, le leader du MRC a annoncé devant les militantes de son parti, dans le siège de cette formation politique a Odza que son parti ira aux élections. Seulement, une bonne franche de ses partisans est opposée à la participation du MRC à ce scrutin. L’aile dure du MRC, partisane du Mouvement de Résistance Nationale, pense qu’il serait incohérent pour eux de participer à une élection convoquée par un « président illégitime qui a volé leur victoire ». Pour eux, « pas question d’élection pour le MRC tant que Biya est au pouvoir ».
A côté d’eux, d’autres partisans opposés eux aussi à la participation du MRC aux législatives et municipales menacent de claquer la porte, si celui-ci prend part aux élections alors que certains de ses militants sont encore derrière les barreaux. « Participer aux élections se révèle être pire que de la filouterie politique, et arrache le cœur à chacun ! Mamadou Mota est encore en prison, et il y est allé parce que justement il demandait à tout un chacun les 1ers et 8 juin de marcher pour libérer Maurice Kamto qui, libre, ne lui rendrait pas la balance », analyse Patrice Nganang. Paule Sylvie Yonke, une activiste de la BAS aux Etats-Unis  ne transige pas. Maurice Kamto est un menteur, un poltron et un démagogue. Pour elle, « les jeunes doivent laisser ces vieilles arnaques électorales à Kamto et faire la révolution pour libérer le Cameroun ». Dans tous les cas,  l’image du leader du MRC a déjà pris un coup. Désormais il est donc pris entre deux feux, et doit faire le choix, entre continuer son combat contre le hold-up électoral, aller aux élections et renégocier avec ses alliés de la présidentielle. Mais quel que soit son choix, Maurice Kamto doit s’attendre à perdre une bonne partie de ses militants.
Joseph Essama

Situation du Cameroun: Christian Penda Ekoka annonce une conférence presse à Yaoundé.

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Christian Penda Ekoka est sorti de son silence. Après plusieurs mois sans communiquer, le président du mouvement Agir entend regrouper la presse mardi prochain à Yaoundé pour parler des problèmes du Cameroun. Selon les bandes d’annonces produites à cet effet, il s’agira pour l’allié de Maurice Kamto de parler de la politique économique du Cameroun, de la situation sociale, et des challenges géostratégiques. Sur sa page Facebook, Christian Penda Ekoka a déjà annoncé les couleurs avec l’actualité qui secoue le port autonome de Douala. Il estime que le Cameroun n’est pas un Etat de droit. « Depuis quelques jours, à la faveur du soudain volte-face concernant l’affaire Port Autonome de Douala, PAD/Bolloré, certains jusqu’au-boutistes défendent M. Biya en disant qu’il est légaliste. Les mêmes célébraient sa lucidité lorsqu’en juillet dernier, le Secrétaire général à la présidence de la République instruisit l’accélération du processus d’attribution de la concession de son TAC, qui conduisit à la désignation de la société suisse comme adjudicataire provisoire. Je n’ai vu aucun intervenant à la télé argumenter sur la base de la convention de concession » écrit-il. Et pourtant, explique-t-il, « il y en a bien une, signée en 2004, entre le PAD, autorité concédante (et non l’Etat du Cameroun) et le concessionnaire, Douala international terminal (DIT) pour la gestion de ce terminal. Celle-ci prescrit entre autres ses conditions de résiliation, de renouvellement ou non à l’échéance de sa durée de 15 ans, y compris la résolution des différends. Le bilan de performance devait en être fait à la lumière du cahier des charges. Il ne s’agit ni d’un mariage forcé ni à perpétuité. Elle fut négociée et signée à l’époque sans oukazes de la Présidence ».
Joseph Essama

Manifestation: la police saute sur Maurice Kamto

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Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun a voulu braver l’interdiction de manifester, mais la police l’en a empêché. Samedi dernier, Maurice Kamto a appelé ses militants à le rejoindre devant l’esplanade du stade omnisport de Yaoundé où son meeting devait se tenir. Malgré leur forte mobilisation, les camarade d’Alain Fogue ont été repoussés par la cohorte de policiers qui avait quadrillé les alentours du lieu de rencontre. Depuis vendredi soir, « l’on remarquait déjà une présence inhabituelle des policiers dans les environs du stade », raconte un habitant du quartier omnisport, mais c’est samedi autour de 8 heures que les policiers ont vraiment monté la garde. Au niveau des carrefours Mobile Omnisport, marché Elig Edzoa et Fouda, des dizaines de policiers avaient été placés matraques et gilet pare-balles au point. Pendant plusieurs heures, les forces de sécurité ont attendu en vain sans qu’aucun militant du MRC ne pointe son nez. « Le meeting était prévu à 11heures, et autour de 10 heures, l’on nous a fait savoir que la police avait pris d’assaut le domicile de Maurice Kamto pour l’empêcher de sortir. Jusqu’à 13 heures, nous avons cru qu’il ne viendra plus au stade, c’est pourquoi plusieurs militants sont restés dans nos quartiers », explique un militant du MRC. Il a fallu attendre que le dispositif sécuritaire qui avait encerclé le domicile du leader du MRC, au quartier Santa Barbara se relâche pour que celui-ci prenne la route pour le stade omnisport. Maurice Kamto est parti de son domicile de Santa Barbara vers 13 heures passées à bord d’un véhicule banalisé, il s’est dirigé vers la montée Elig Edzoa. Dans les embouteillages, il a baissé sa vitre et c’est là que ses militants l’ont vu. Les premiers qui l’ont aperçu ont couru vers lui et ont formés une haie autour de son véhicule, pour l’escorter vers le stade omnisport. Dans la multitude de personnes qui accouraient vers le véhicule de Maurice Kamto, il n’y avait pas seulement ses partisans. Plusieurs curieux le suivaient aussi pour voir si c’était effectivement lui. « Je doute fort que ce soit Kamto, je coure moi-même pour aller voir », lançait en pleine course un sauveteur du marché Elig Edzoa. A quelques mètres du stade, une patrouille de police qui était postée un peu avant le carrefour Texaco Omnisport a bloqué le véhicule de Maurice Kamto et le commissaire divisionnaire qui coordonnait les opérations lui fait savoir qu’il ne peut pas tenir son meeting et va l’obliger à rebrousser chemin. Les militants du MRC qui avait déjà rejoint le cortège ont encerclé la voiture de Maurice Kamto et ont entonné des chants de ralliement. Au fur et à mesure qu’ils chantaient, les gens ne faisaient que s’ajouter. Dans le cafouillis des militants du MRC qui cherchaient escorter leur leader et la police qui lui imposait de battre en retraite, une rixe a éclaté. Les policiers ont été obligés de se servir d’un camion anti-émeute pour disperser les manifestants. Une dizaine de militants ont été arrêtés, conduits dans les unités de police, puis libérés. Coté bilan humain, l’on dénombre quelques blessés légers dont une certaine Véronique Mano qui accusent quatre gendarmes de l’avoir copieusement battue.
Joseph Essama

Drame de Bafoussam : La solidarité nationale en marche

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Le sultan des Bamoun accueilli par chef des Bamougoum

Paul Biya n’est pas allé personnellement soutenir ses compatriotes sinistrés par l’éboulement de terrain survenu à Gouache dans le 3ème arrondissement de la ville de Bafoussam. Comme une sorte de tradition. Le premier Camerounais n’étant pas habitué à assister physiquement ses compatriotes frappés par des malheurs. Les sinistrés de Bafoussam se contenteront de l’enveloppe de 200 millions mis à leur disposition par le gouvernement. De quoi organiser le deuil pour certains et se recaser pour les autres.
Mais sur le terrain, la solidarité nationale est en marche. C’est à un balai de personnalités que l’on assiste sur le site « tristement touristique ».

Bal ouvert par Sa majesté François Miterrand Fotso. Le chef supérieur des Bamougoum, dans la pure tradition des peuples des Grassfield, est allé faire le deuil sur le site du sinistre, au moment où la probabilité de retrouver des survivants sont désormais presque définitivement nulles. Avant de recevoir dans sa cour royale, le sultan roi des Bamoun, très présent sur le terrain humanitaire. Ibrahim Mbombo Njoya est ensuite allé compatir aux souffrances du peuple voisin, en se recueillant sur le site du drame. Avant de quitter les terres de Bamougoum, le sultan roi des Bamoun a offert une somme d’un million de francs Cfa pour la prise en charge des blessés internés à l’hôpital régional de Bafoussam. Un geste déjà initié par l’honorable Sylvestre Ngouchinghe, député de la Mifi. L’élite du village sinistré a mis une enveloppe de 30 millions de francs Cfa à la disposition des victimes.

Paul Eric Kingue s’entretient avec un responsable local du Minsanté

Dans la foulée, Paul Eric Kingue ne s’est pas privé du « devoir » moral. L’ancien prisonnier et promoteur du mouvement politique AGIR, était sur le terrain également ce jour. Serge Espoir Matomba, premier secrétaire du Peuple Uni pour la Rénovation Sociale (Purs), avait déjà fait le déplacement du lieu de pèlerinage de triste mémoire. « Fidèle à sa politique de proximité qui place l’homme au cœur de la politique sociale, Serge Espoir Matomba est arrivé dans la capitale régionale de l’ouest en fin de soirée, le jour même de l’annonce de la catastrophe. Le lendemain Mercredi 30 octobre, le leader du PURS et ses militants sont descendus sur le terrain afin de toucher du doigt la réalité du drame», peut-on lire dans le communiqué sanctionnant la mission. Si « Serge Espoir Matomba salue les premières mesures prises ainsi que le fonds de solidarité débloqué, [l’homme] regrette que nous soyons dans des situations de constantes urgences ». Pour le candidat à la dernière élection présidentielle, « ce drame arrive parce que les questions de protection civile sont mises en retrait au profit de la mauvaise gouvernance ». Convaincu que « si gouverner c’est prévoir, alors ne rien prévoir c’est vivre dans le chaos constant».

GUIBAI GATAMA: « Etoudi n’est la chasse gardée de personne »

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GUIBAI GATAMA: "ETOUDI N’EST LA CHASSE GARDEE DE PERSONNE".
Guibaï Gatama, directeur de publication, homme politique, quelle est la casquette qui vous incarne le mieux aujourd’hui ?
Je suis journaliste. C’est ma profession, c’est mon travail. J’analyse les faits socio-politiques, j’explique et je peux commenter dans le strict respect des canons de mon métier. Je m’en tiens à cette dimension professionnelle. Voilà ce que je suis, mais, cependant, je ne peux empêcher les uns et les autres de me percevoir comme un acteur politique.
Certaines voix au sein de l’opinion publique ont estimé que vous et l’œil du Sahel êtes allés loin dans le soutien à Marafa Hamidou Yaya, c’est une perception que vous partagez ?
J’ignore ce que vous mettez dans l’expression « aller loin ». Ce que je sais, c’est que nous avons défendu comme de nombreux autres journaux, le droit du public à l’information. Rétrospectivement, je peux comprendre que cette affaire ait déchainé les passions en raison principalement de la personnalité du prévenu, un homme qui a occupé de hautes responsabilités et qui plus est, est originaire du Septentrion ; un homme qui a clairement manifesté son désir de succéder à Paul Biya…
Dans un environnement où les passions nourrissent les amalgames et entretiennent la confusion, que notre indépendance et notre professionnalisme aient pu échapper à certains, j’en serais le dernier surpris.
Des militants du MRC estiment que l’oeil du sahel est assez tiède sinon muet sur le cas Mamadou Mota. Qu’en est-il et, partant, avez-vous un souci personnel avec le MRC ?
Muet sur Mamadou Mota ? Non. Son étiquette politique ne guide aucunement notre traitement du sujet. Je trouve le reproche un brin exagéré. La vérité est que nous couvrons ses ennuis judiciaires et cela est vérifiable par une consultation de nos archives ; et plus généralement, qu’il a toujours eu les faveurs de nos colonnes.
Je peux vous rassurer que ni moi, ni le journal que je dirige, n’avons le plus petit différend avec une formation politique, encore moins avec le MRC qui, dans le grand Nord, reste encore une formation politique de seconde zone. Vue d’ailleurs et considérée de loin, cette réalité peut être mal perçue et donner naturellement droit à toutes les supputations, mais telles sont les circonstances du moment.
Vous avez été en pointe dans le Mémorandum du grand Nord, ces dernières années dans les inscriptions sur les listes électorales dans le Septentrion et surtout le combat, médiatique, contre Boko Haram. On est tenté de vous demander ce que vous recherchez et ce qui vous fait courir ?
Je ne suis pas de ces spectateurs qui regardent un film chinois et qui à la fin ne sont ni pour l’acteur ni pour le chef bandit. Je déteste l’indécision. Comme citoyen, chaque fois que j’estime nécessaire de m’engager pour ma région et pour mon pays, je n’hésite pas. C’est le sens de ma vie.
Oui en 2002, il y a 17 ans, j’ai participé, j’en étais le porte-parole, à l’épopée du Mémorandum sur les problèmes du grand Nord aux cotés de Dakolé Daïssala, Issa Tchiroma, Hamadou Moustapha, feu Antar Gassagay et dans une moindre mesure Garga Haman Adji qui avait quitté le groupe à peine l’aventure commencée. Je ne le regrette pas, parce que cette initiative a permis d’attirer l’attention sur la situation douloureuse des régions septentrionales. Au moment où nous tambourinions, on ne comptait pas un seul gynécologue dans toute la région de l’Extrême-Nord ; alors que le grand Nord représentait déjà environ 47% de la population du pays, nos effectifs au sein de la fonction publique n’atteignaient guère 3% ; aucun fils du grand Nord ne siégeait à la Cour suprême ; aucun n’était président de Cour d’appel ; les projets de développement étaient aussi rares que les gouttes d’eau dans le désert… Est-ce les choses ont changé depuis ? Ça c’est un autre débat.
Je ne veux non plus m’attarder sur les trajectoires de mes principaux compagnons construites sur cette noble initiative. Moi, j’y agissais comme un citoyen engagé, eux pour ce qu’ils n’ont jamais cessé d’être, des hommes politiques.
En revanche, sur le Mémorandum et contrairement à une réputation bien établie, je peux vous dire que cette initiative était loin d’être une manifestation d’un quelconque repli identitaire mais un appel au dialogue, à la solidarité, à la recherche de solutions, à l’amour du Cameroun, toutes choses sans lesquelles il ne saurait y avoir une société viable.
J’ai connu d’autres combats, celui de l’Ecole Normale de Maroua ; et je suis aujourd’hui sur le chantier des inscriptions sur les listes électorales que je considère d’une grande importance pour la place du grand Nord sur l’échiquier national après m’être investi contre le terrorisme de Boko Haram. Je fais tout ceci dans la posture du citoyen parce que je ne suis pas indifférent à la marche de ma région et de mon pays. Telle est ma seule ambition. Pour le moment.
Quels sont vos rapports avec la classe politique du grand Nord ?
Ni connivence ni concubinage : tel est le principe qui gouverne les rapports que vous évoquez. Ceci dit, j’ai avec eux, et plus globalement avec les personnalités politiques du grand Nord, des rapports cordiaux. Il arrive assez souvent que nous échangions quand la nécessité ou les circonstances l’imposent.
Comment analysez-vous les résultats des trois premiers candidats à la présidentielle dans le grand Nord ?
A tout le moins, je les trouve conformes au poids politique des uns et des autres sur le terrain. Ceux qui ont suivi de près la campagne ont remarqué que dans cette partie du pays, il y avait le candidat Paul Biya et il y avait les autres. Je ne me permets pas de juger les adversaires du candidat Paul Biya, mais il me semble qu’ils sont partis un peu tardivement à la conquête du grand Nord, avec en plus des schémas contestables. D’aucuns ont pensé qu’il suffisait tout bonnement d’y effectuer quelques descentes et parler de la pauvreté des populations ou se convertir à la « politique de la gandoura » pour se courber et ramasser des voix.
Le grand Nord cumule certes tous les indicateurs de pauvreté, mais son champ politique n’est pas en ruines ; et pour ceux qui s’obstinent à croire qu’il est un cheval en attente simplement d’un jockey, ils se trompent lourdement. Son électorat est complexe et il faut du temps pour l’apprivoiser. Je vais vous dire, depuis que je couvre les élections présidentielles, je ne connais pas un seul candidat qui a autant parcouru les régions septentrionales que Ni John Fru Ndi, pour, à chaque fois, des résultats mitigés. Lui aussi n’avait pas compris qu’il existe une identité politique particulière à l’électorat du grand Nord.
Donc, il y a un électorat à comprendre, je dirai même à séduire et qu’il faut se garder de réduire les ambitions au seul registre de la lutte contre la pauvreté. Cet électorat a besoin d’artisans de confiance qui prennent en compte ses spécificités et son histoire, qui lui parlent, pas comme des premiers de la classe venus donner des leçons, pas comme des messies, mais comme des compatriotes porteurs d’un projet national dans lequel le grand Nord a une bonne place.
Cette approche, je ne l’ai pas perçue dans les discours des candidats ; c’est pourtant, il me semble, un préalable en dehors duquel toutes les ambitions de pouvoir s’effondreront.
Guibaï Gatama; « Etoudi n’est la chasse gardée de personne ».
Fort de son poids électoral, quel rôle jouera le grand Nord dans le choix du prochain Président ?
De par son confort électoral, le tiers des inscrits sur les listes électorales si mes calculs sont exacts, il est prédestiné à un rôle de premier plan ; celui, minimalement, de faiseur de roi. Mais ne vous y trompez pas, détrompez-vous ; il ne s’agit pas de dire : « le nordiste d’abord », mais « le Cameroun d’abord… » alors qu’au nom de la démocratie et de la dictature du nombre, nous aurions pu être arrogants et nous considérer comme les seuls détenteurs des clés d’une élection présidentielle.
Tout ceci m’invite à dire que le volume, le bruit qu’on entend ici et là aussi bien dans les réseaux sociaux que dans les médias sont une chose ; la discrétion, le silence et la puissance, une autre.
Un courant d’opinion est pour la rupture du fameux axe nord-sud s’agissant de la dévolution du pouvoir. Est-ce que vous êtes d’avis, comme Amadou Ali, que le chef de l’État doit se souvenir de ceux qui lui ont donné le pouvoir si l’envie lui vient de se retirer ?
Je vais être honnête avec vous : si un nordiste venait à succéder, démocratiquement, à Paul Biya, cela ne me gênerait pas. Je serai heureux que le chef de l’Etat soit originaire des régions septentrionales. Le palais présidentiel n’est l’héritage de personne, ni d’une région, ni d’une religion, encore moins d’une ethnie. Je vais encore être plus honnête avec vous : Si le successeur de Paul Biya devait être un Camerounais originaire de la région du Sud, cela ne me dérangerait pas non plus parce qu’il s’agirait d’un camerounais qui aura triomphé, démocratiquement, par les urnes. Je ne jetterai pas non plus à la poubelle ma plus belle gandoura si par des mécanismes démocratiques et transparents, des alliances permettaient la conservation ou le partage du pouvoir entre des acteurs politiques. On ne peut célébrer la démocratie et en même temps promouvoir le rejet, l’exclusion, sur la base de ce qu’un tel, parce que de tel endroit, ne peut être président de la République. Il faut laisser les camerounais choisir, librement.
Donc, je ne suis ni obsédé ni particulièrement préoccupé par la question de dévolution du pouvoir tant qu’elle respecte les règles démocratiques. Par contre, ce sur quoi je reste attentif et sur lequel les populations du grand Nord pourraient être vigilantes, c’est la politique du nouvel élu à l’égard des régions septentrionales de la pauvreté. Je dis parfois aux hommes politiques, sans aucune prétention bien sûr, que l’extrême pauvreté dans le grand Nord doit être une cause nationale car aussi longtemps qu’une région ou une partie du pays sera la dernière en termes d’emploi et de développement, cela constituera un obstacle pour tout le reste du pays.

Drame de Gouache : La liste des 42 premiers décès

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L’hôpital régional de Bafoussam vient de rendre publique la liste des décès enregistrés jusqu’ici sur le site de l’éboulement de terrain de Gouache dans le 3ème arrondissement de Bafoussam. Il s’agit de 42 corps dont dix non identifiés. Ils appartiennent à des tranches d’âge divers, des deux sexes et se recrutent pour l’essentiel dans le secteur informel : ménagères, commerçants,…

Sur le terrain, les fouilles se poursuivent, alors que de nouvelles pluies ont davantage compliqué la tâche aux secours. Ce qui annule presque, les chances de retrouver des survivants.

NB: ATtention! Qualité approximative du document

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Port de Douala : un expert révèle les dessous de la bataille

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Il y a quelques semaines, le Président Paul a décidé de suspendre le processus d’attribution de la concession du Terminal à Conteneurs du Port de Douala-Bonabéri, en attendant que la Cour Suprême vide le contentieux qui oppose la Société APM TERMINALS BV-BOLLORE au Port Autonome de Douala. Selon le Dr. Adama Abdoulaye, Spécialiste en gestion moderne des ports/CNUCED et Consultant en Droit et Marketing Portuaire, conscient des erreurs commises en 2005 dans la mise en Concession du Terminal à Conteneurs du Port de Douala-Bonabéri au profit du groupement APMT-Bolloré, le Président Paul Biya va, en 2014, prescrire à son gouvernement d’engager une opération de normalisation de l’exploitation du Terminal à Conteneurs, afin qu’elle puisse enfin être davantage bénéfique au Port Autonome de Douala et à l’économie camerounaise.

Souvent critiqué à travers le continent pour des méthodes et se sentant en terrain conquis, le groupe Bolloré et son partenaire n’ont perçu que bien tard, la volonté et le patriotisme de certains camerounais décidés à placer les intérêts du pays au-dessus de toute autre considération. « En effet, souligne M. Abdoulaye, la perte du son vaisseau amiral en Afrique Centrale (c’est le Terminal à Conteneurs du Port de Douala-Bonabéri qui soutient toutes les activités de son groupe au Cameroun et au-delà) est tout simplement la conséquence d’un excès de confiance qui a toujours caractérisé les responsables du groupe Bolloré vis-à-vis des africains, aidé en cela par les africains eux-mêmes. Les illustrations sont légion ».

Selon l’analyste, jamais, le capitaine d’industrie n’aurait envisagé, ni même imaginé pouvoir être éliminé d’un Appel Public International à Manifestation d’Intérêt au Cameroun. Pourtant, le groupement qu’il a constitué avec APM Terminals été éliminé du processus, classé 7ème sur les dix candidats qui ont soumissionné, par la Commission Ad hoc chargée d’examiner les offres des candidats.

Il révèle par ailleurs que, d’après des informations obtenues à bonne source, le représentant du Ministère des Finances et d’autres membres à cette Commission, avaient exigés que l’offre d’APMT-Bolloré soit rejetée au dépouillement. Car, le groupe Bolloré n’a pas cru devoir produire comme l’exigeait la procédure, les comptes certifiés par un spécialiste agrée du domaine, arguant qu’il était côté en bourse et que les membres de la Commission pouvaient y obtenir ce qu’ils voulaient. C’est après moult tractations que le représentant du Ministère des Finances, outré par autant de négligence, va consentir à accepter, à la demande insistante des autres membres, que le dossier soit examiné, parce que le Danois APM Terminals avait pour sa part produit les états financiers exigés.  Et ceci pourrait aisément expliquer la suite.

Selon M. Abdoulaye, « La décision présidentielle de surseoir aux travaux de finalisation du projet de contrat de concession du Terminal à Conteneurs du Port de Douala-Bonabéri ne remet nullement en selle le groupement APMT-Bolloré. Contrairement à ce que peut penser l’opinion publique.  Même si celle-ci est perçue comme telle. A mon humble avis, elle retarde juste l’échéance. Il est vrai que l’enjeu est désormais politique au-delà de la rationalité technique et juridique. Nous sommes désormais dans la Realpolitik, les appareils d’État étant désormais entrés en scène ».

Plusieurs cas de figure sont néanmoins à envisager souligne le Dr. Adama Abdoulaye. Si au 31 décembre 2019, la Cour Suprême ne statue pas sur le différend susmentionné, le Port Autonome de Douala mettrait alors en application, les dispositions qui stipulent que : « à l’expiration de la concession et quelles qu’en soient les causes, le nouveau Concessionnaire, le concédant, est subrogé au présent Concessionnaire dans tous ses droits et perçoit notamment tous les revenus et produits constatés à partir de la date d’expiration » ; ou encore qu’: « En cas de faillite du Concessionnaire ou de cessation d’activité pour toute autre cause, le Concédant a un droit de préemption sur tout le matériel et équipement du Concessionnaire. En outre, le Concessionnaire est tenu de mettre à la disposition du concédant l’organisation et l’ensemble du personnel affectés à l’exploitation du service sur une période ».

Autre scénario esquissé par le spécialiste, en l’absence d’une décision de justice avant le 31 décembre 2019, l’État propriétaire et actionnaire unique, pourrait également procéder à une prorogation telle qu’espérée par le groupe APMT-Bolloré, du contrat de concession en cours. Une demande exprimée par Cyrille Bolloré dans une correspondance adressée, le 12 septembre 2019 au Président Paul Biya et tombée dans l’espace public: « …nous avons l’honneur de solliciter votre Haut arbitrage afin que l’accord signé le 4 octobre 2017 entre le Port de Douala et DIT soit mis en œuvre ; cette mise en œuvre permettrait de faciliter le lancement du port de Kribi en mettant en place une synergie entre les deux ports, de solder tous les différends opposant le PAD et DIT et enfin de relancer sereinement un appel d’offres  sur une base équitable ».

Une perspective qui n’est pour le moment pas certaine. Car, après les négociations entre le PAD et DIT, sanctionnées par un rapport du Comité Ad-hoc Bipartite que le gouvernement devait entériner avant la signature d’un avenant au contrat de Concession de 2004, le Directeur Général du PAD a plutôt reçu en réponse, une instruction du Secrétaire Général de la Présidence de la République, le 22 novembre 2017, lui intimant l’ordre entre autres « de s’abstenir de toutes initiatives visant la prolongation de la concession, et d’attendre, sur ce point, les très hautes instructions du Président Paul Biya ».  Mieux révèle l’expert, le SGPR demandait au DG/PAD de lancer rapidement l’appel d’offres pour la sélection d’un nouvel opérateur du terminal à conteneurs du Port de Douala Bonabéri.

Pour ce qui est de Terminal Investment Limited (TIL), adjudicataire provisoire, il va devoir patienter jusqu’à la fin du feuilleton judiciaire pour être déterminé. Selon Dr. Abdoulaye, « il est l’adjudicataire provisoire. Il le reste. Du moins encore pour le moment. Il est l’opérateur qui a proposé une offre ambitieuse épousant tous les contours de l’Appel International à Manifestation d’Intérêt. En quinze ans de concession, c’est 357 milliards de FCFA de redevances qu’on nous annonce que le Port Autonome de Douala gagnera ainsi que de nombreux investissements en infrastructures et super structures. Même si ces chiffres sont contestés par son prédécesseur APMT-Bolloré. L’Italo-Suisse, 7ème opérateur au ranking mondial de gestionnaire des terminaux dans le monde, peut se targuer d’avoir damé le pion à APMT 4ème, sur ce qu’il considérait déjà comme ses propres installations ».

Et l’expert de conclure que, « quel que soit le cas de figure, rien ne sera plus comme avant au Terminal à Conteneurs du Port de Douala-Bonabéri. La valeur du combinat portuaire de Douala Bonabéri a été revue à la hausse. Elle vient d’être révélée aux yeux de tous. Malgré la mauvaise publicité, l’opinion publique camerounaise s’est imprégnée des réalités chiffrées de l’un de ses ports, et se rend enfin compte de la vérité. D’ailleurs, après quinze années d’exploitation, et après avoir été éliminé de la sélection au profit d’un nouvel opérateur du Terminal à Conteneurs du Port de Douala-Bonabéri, le groupe APMT-Bolloré se propose maintenant sur le tard, à investir à la juste valeur de ce port aux nombreux atouts. Il accepte payer ses dettes vis-à-vis de l’Autorité Portuaire de Douala, des pénalités aux manquements observés tout au long du bail, de revoir à la hausse l’actionnariat des nationaux, de revisiter les contrats de travail des employés et même à payer rétrospectivement la valeur réelle du ticket d’entrée ».

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