vendredi, mai 8, 2026
spot_img
Accueil Blog Page 572

Eramet obtient le permis d’explorer le bloc rutilifère d’Akonolinga

0

Le 29 novembre dernier, le ministre camerounais des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique Gabriel Dodo Ndoke a signé pour le compte du gouvernement, le cahier de charges relatif aux travaux de recherche que va mener la société Eramet Cameroun sur le bloc rutilifère d’Akonolinga, dans la région du Centre. Dans la perspective de l’exploitation de ce bloc rutilifère, la filiale camerounaise du groupe français Eramet prévoit un investissement global de 2,4 milliards de francs CFA.

Trois ans pour explorer le bloc

C’est en effet à l’issue d’une procédure d’appel d’offres lancée en septembre 2018, que le groupe Eramet obtient du ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique (Minmidt) des permis de recherche sur le bloc rutilifère d’Akonolinga. D’une durée de trois ans, ces permis vont permettre aux équipes du groupe minier de réaliser les travaux de terrain et les études de faisabilité nécessaires à l’obtention d’une convention minière d’exploitation. « Ces permis situés dans la région du Centre du Cameroun ont fait l’objet par le passé de campagnes préliminaires d’exploration minière qui ont identifié un fort potentiel en rutile, minéral titanifère de sables minéralisés utilisé essentiellement dans la production de pigments », explique sous cape, un fonctionnaire du ministre camerounais des Mines.

D’après une source proche d’Eramet, le projet sus évoqué devrait permettre de diversifier son offre en produits sur le marché du rutile particulièrement attractif et viendrait renforcer les activités de sables minéralisés actuellement opérées au Sénégal par le groupe minier. « Ce développement s’inscrit pleinement dans la stratégie d’Eramet de développer un portefeuille diversifié d’actifs par l’exploration minière sur ses métaux stratégiques et dans de nouveaux pays », lit-on dans les colonnes de Capital. « Dans une logique de partenariat de long terme avec le gouvernement camerounais, Eramet souhaite identifier d’autres opportunités dans le pays sur des métaux déjà opérés par le groupe, notamment le nickel et le cobalt », poursuit le site français.

Bon à savoir : le rutile est connu au Cameroun depuis le début du siècle. Mais il n’a été exploité qu’entre 1935 et 1955. Selon le ministère camerounais des Mines, la production totale de rutile recensée depuis le temps est de près de 15 000 tonnes avec une exploitation essentiellement artisanale. Pourtant, le Cameroun estime son potentiel rutilifère à 2,9 millions de tonnes. Un chiffre qui ferait du pays, la deuxième réserve mondiale en rutile, juste derrière la Sierra Leone. Notons que le groupe Eramet est considéré comme le leader mondial des métaux d’alliages (notamment le manganèse et le nickel) et de la métallurgie. En Afrique, il opère au Gabon à travers sa filiale dénommée Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog) et au Sénégal.

Par Arthur Wandji

Législatives et municipales : Dix jours pour examiner les dossiers de candidature

0
Enow Abrams Egbe, le président du Conseil électoral d'Elecam

L’article 10 du Code électoral dispose que le Conseil électoral « veille au respect de la loi électorale par tous les intervenants de manière à assurer la régularité, l’impartialité, l’objectivité, la transparence et la sincérité des scrutins ». Pour cela, il « opère les vérifications et les contrôles qu’il juge opportuns ; examine les dossiers de candidature et publie la liste ou les listes définitives des candidats à l’élection présidentielle, aux élections législatives, sénatoriales, régionales et municipales ; transmet les procès-verbaux des élections au Conseil Constitutionnel ou aux instances prévues par la loi ; veille à ce que la liste des membres des commissions locales de vote soit publiée et notifiée, dans les délais impartis; contrôle la mise en place du matériel électoral et des documents électoraux dans les délais impartis par la loi…Etc ». En conformité avec le respect de ces dispositions, les membres du Conseil électoral sont réunis à Yaoundé depuis le 29 novembre dernier, en vue des élections législatives et municipales du 09 février prochain. Enow Abrams Egbe et ses collaborateurs ont dix jours pour examiner et valider les candidatures. Il sera question selon le président du Conseil électoral, « de travailler d’arrache-pied en procédant à l’examen minutieux, mais surtout rigoureux et objectifs des centaines de dossiers de candidature » déposés auprès d’Elecam par les candidats.

Accroître la crédibilité du processus électoral

Dans le contexte de contestations politiques actuel, le système électoral camerounais est sous le feu des critiques depuis la dernière élection présidentielle. Le Conseil électoral le sait et souhaite corriger le tir. Ainsi, Enow Abrams Egbe appelle ses collègues, dans le cadre des travaux en cours, « à demeurer le plus légaliste possible, tout en gardant à l’esprit la sauvegarde de l’intérêt général » et de faire prévaloir « la réputation de facilitateurs du processus électoral au service de l’Etat de droit et de la démocratie». Pour lui, ces travaux doivent accorder un intérêt particulier à la prise en compte des composantes sociologiques et de genre, tel que prévu dans le Code électoral. Chose qui au bout du compte participera à « la crédibilité du processus électoral », et reflétera toute l’intégrité morale et les hautes qualités intellectuelles des membres du Conseil électoral.

Après l’examen des dossiers, le Conseil électoral va publier les listes des candidats et transmettre les procès-verbaux au Conseil Constitutionnel ou aux instances prévues par la loi. En cas de contestation, le Conseil électoral peut ordonner « les rectifications rendues nécessaires à la suite de l’examen des réclamations ou contestations reçues, relatives aux élections ». Les décisions du Conseil électoral sont « prises par consensus ou, à défaut, à la majorité simple des membres présents. En cas de partage des voix, celle du Président est prépondérante ».

Par Joseph Essama

Crise anglophone : Paul Biya prié d’accélérer la mise en œuvre des résolutions du GDN

0
Biya en audience avec les émissaires de l'UA, du Commonwealth et de la Francophonie

Moussa Faki Mahamat, Louise Mushikiwabo et Patricia Scotland ont séjourné à Yaoundé du 26 au 28 novembre dernier. En visite officielle sur le sol camerounais, le président de la Commission de l’Union Africaine (UA) et les deux secrétaires généraux de la l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) et du Commonwealth ont tour à tour rencontré le chef de l’Etat Paul Biya et le Premier ministre Joseph Dion Ngute. Au centre des échanges, de nombreux sujets d’actualité parmi lesquels la crise sociopolitique qui secoue depuis trois ans, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Ayant pris le soin de féliciter Yaoundé de manière solennelle, pour avoir organisé un Grand Dialogue National (GDN) du 30 septembre au 4 octobre dernier à l’effet de trouver des solutions définitives à cette crise dite « anglophone », les trois émissaires de l’UA, de la Francophonie et du Commonwealth ont invité leurs hôtes à accélérer la mise en œuvre des résolutions de ces assises qui ont mobilisé plus de 400 participants venus de toutes les villes du pays, et même de la diaspora. « Le but de la mission tripartite était d’encourager les efforts nationaux en cours pour la mise en œuvre des conclusions du Grand Dialogue National et de soutenir la pacification de la situation, la consolidation de la paix, la cohésion et l’unité nationale dans cet important pays, membre des trois organisations », a écrit Daniel Keel, le patron de la Division des communications au Secrétariat du Commonwealth.
Décentralisation, statut particulier…

D’après ce dernier, le président de la Commission de l’UA, les secrétaires généraux de l’OIF et du Commonwealth se sont surtout réjouis de la convocation du Grand Dialogue National parce que, de leur avis, celui-ci « a inauguré une nouvelle dynamique ». Moussa Faki Mahamat, Louise Mushikiwabo et Patricia Scotland ont à cet effet recommandé, entre autres, « l’accélération de la décentralisation, le statut particulier du Nord-Ouest et du Sud- Ouest et la révision des systèmes éducatif et juridique, y compris les mesures prises par le président Biya pour désamorcer les tensions politiques », révèle le responsable des relations avec les médias, au Secrétariat du Commonwealth. « Le Cameroun est un membre précieux de l’Union africaine, du Commonwealth et de la Francophonie, dont la riche diversité doit être célébrée, poursuit le porte-parole de l’institution basée à Londres. Chaque Camerounais mérite la paix et le retour à la normale ». Seulement, à en croire Louise Mushikiwabo « le gros du travail viendra des Camerounais eux-mêmes ». Pour la secrétaire générale de l’OIF, les organisations internationales « ne disposent pas de solutions miracles », mais œuvrent dans l’accompagnement des Etats à travers notamment « des conseils, des interventions dans des actions de médiation ou sur des sujets plus techniques, ou dans la contribution pour nos trois organisations, et particulièrement la Francophonie et le Commonwealth sur tout aspect du bilinguisme ».

Convaincus que le dialogue reste la voie privilégiée à encourager dans le contexte camerounais actuel, les trois émissaires qui ont également rencontré les principaux acteurs politiques, chefs religieux, représentants de la jeunesse et autres organisations de la société civile camerounaise ont encouragé toutes les parties prenantes à poursuivre la voie de la sagesse et de la responsabilité, en particulier celle du gouvernement dans la mise en œuvre des conclusions du Grand Dialogue National. Les trois dirigeants ont également demandé instamment que tout soit mis en œuvre pour rétablir la sécurité, la justice et les conditions permettant la reprise d’une vie normale dans les régions touchées par la crise. Et de réaffirmer leur détermination à aider les acteurs nationaux à rechercher les moyens de parvenir au consensus politique national nécessaire et à créer des conditions propices à la tenue des prochaines élections législatives et municipales, notamment dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du pays, en paix, dans l’unité nationale et conformément aux valeurs démocratiques.

Par Arthur Wandji

Affaire Piccini : Vers un feuilleton judiciaire

0
Piccini et le Minsep se parlent sans se comprendre

« A défaut d’une annulation de cette décision dans les 72h, Gruppo Piccini fera valoir ses droits et entamera les procédures pour protéger ses intérêts sur le plan national et international ». La menace du Dr Makonnen Asmaron est claire. Le président du groupe Piccini refuse de concéder en victime résignée, la perte du marché de construction du Complexe sportif d’Olembe que lui a retiré le ministre des Sports et de l’Education Physique (Minsep), maître d’ouvrage dudit marché. Alors même que le marché a déjà été attribué à une autre entreprise : le Canadien Magil. Et a cru bien faire en glissant l’annonce de la signature d’un contrat avec le repreneur dudit marché.

Une situation qui se complique pour le maître d’ouvrage qui n’a visiblement pas donné une marge de temps mort à son partenaire, avant de céder le marché à un concurrent. Et l’adjudicataire traditionnel est d’autant plus remonté qu’il a vu son adversaire venir : « Nous constatons qu’en préparation de l’opinion, des commentaires ainsi que toutes sortes d’insinuations relatives à l’éventuelle résiliation ont été véhiculées dans les médias ; avec comme conséquence la déstabilisation des travailleurs, des fournisseurs et autres partenaires», fait remarquer le patron de Piccini. Une situation que l’entreprise italienne a vécue en silence, encaissant des coups jusqu’au fatal. « Il est de notre juste et légitime devoir, de de communiquer que cette décision du ministre des sports et de l’éducation physique est un acte administratif susceptible de tout recours approprié », rappelle Makonnen Asmaron.

Le temps presse

Les jours qui suivent pourraient être encore plus agités sur ce chantier dont le premier chef de projet avait déjà démissionné il y a un peu plus d’un an, en dénonçant des pressions qu’il recevait de personnalités réclamant des pots-de-vin. Ce qui avait contribué à retarder les travaux de ce complexe devant livrer à terme un stade de football annoncé comme devant être baptisé stade Paul Biya. Le complexe qui comprendra également un hôtel 4 étoiles, une piscine olympique et plusieurs stades d’entraînement, était prévu dans le projet de défense du Cameroun en 2014 pour accueillir une poule de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2019. Mais les retards accusés dans la construction des infrastructures programmées pour cette compétition, ont conduit au « glissement » de la CAN de 2019 à 2021. Décision prise il y a un an exactement, soit le 30 novembre 2018. Du coup, les travaux se sont arrêtés pendant près de huit mois. Faute d’argent. Dès leur reprise, le gouvernement à travers ses ministères maîtres d’ouvrages, a réorganisé les marchés. Prime Potomac à Garoua en a pâti. Aujourd’hui Piccini subit à son tour. Mais l’entreprise qui ne comprend pas une décision qui arrive au moment où l’engagement de l’Etat de faciliter la mise à disposition des finances tarde à être implémenté, tient à ne pas laisser la balle traîner dans son camp.

Alors que le temps presse. La Confédération africaine de football (CAF) a donné six mois au Cameroun pour livrer les chantiers. Délai qui expire fin avril. Le couloir judiciaire pourrait avoir raison de la détermination du gouvernement à tenir le rendez-vous. Voire un autre retrait de la CAN.

Complexe sportif d’Olembe : Le chantier coincé entre accusations, démentis et contre-vérités

0

Par une décision prise ce 29 novembre 2019, le Pr Narcisse Mouele Kombi a rompu le contrat qui liait l’Etat du Cameroun à l’entreprise italienne Piccini, dans le cadre du marché de construction du Complexe sportif d’Olembe. Le ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep), reproche à l’entreprise adjudicataire de ce marché cinq fautes : l’arrêt des travaux non autorisé par le maître d’ouvrage, l’abandon du chantier, la défaillance de l’entreprise caractérisé par le non-respect des engagements contractuels et des ordres de service s’y rapportant, et la sous-traitance avérée des prestations contractuelles sans autorisation du maître d’ouvrage et violation de la législation sociale caractérisée par l’accumulation des arriérés de salaire des travailleurs. Dans sa décision, le Minsep, par ailleurs président du Comité local d’organisation du Championnat d’Afrique des nations (Chan) 2020 et de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2021, déclare avoir fait un constat d’huissier, avant de prendre la décision finale. Pour attester par voie légale et judiciaire de l’arrêt des travaux.

Piccini a aussitôt réagi face à cette sortie à gage. Dans un communiqué signé de Dr Makonnen Asmaron, son président : « Cette décision intervient alors même que les travaux se poursuivent sur le site, pour respecter les engagements mutuels pris en octobre, à l’issue des réunions des 18 et 19 octobre 2019 dans le cabinet du ministre», se montre surpris le patron de Gruppo Piccini. « Pendant ces réunions, le gouvernement camerounais par la voix du ministre maître d’ouvrage, nous a clairement et sans équivoque, instruit de prendre toutes les dispositions pour une livraison des travaux stade CAF à la fin du mois d’avril 2020 », poursuit-il. Non sans souligner que « le ministre s’engageait en contrepartie, pour un accompagnement financier avec paiement des décomptes en urgence». De quoi résoudre la question du financement qui fait défaut dans la plupart des chantiers liés à l’organisation du Chan et de la CAN que le Cameroun abrite en 2020 et 2021.

Tacle irrégulier

A en croire Makonnen Asmaron, le patron des sports avait « confirmé cette volonté d’accompagnement du projet par une garantie bancaire en vue de permettre à l’entreprise de refinancer l’accélération du projet ». Cependant, « cet engagement …n’a jamais été honoré, malgré la démonstration de la bonne foi de l’entreprise qui s’est imposé un nouveau chronogramme pour l’exécution des travaux », trahit-il. Jurant d’avoir ainsi tout fait pour « une livraison effective du terrain de jeu en décembre 2019 et non en janvier 2020 comme il était convenu». Le gouvernement ayant introduit une « requête de prorogation des financements italiens à la date du 31 mars 2021», mentionne-t-il. Piccini se dit victime d’un tacle irrégulier d’autant plus que les deux engagements pris par la partie camerounaise en vue de relancer et d’accélérer les travaux étaient « un gage de confiance et d’honnêteté des parties à respecter leurs engagements respectifs». Déjà que, « l’entreprise appelée à remplacer Piccini a été désignée bien avant la décision contestable de résiliation » du marché, fait observer le signataire du communiqué. Le Canadien Magil étant annoncé dans la décision de Narcisse Mouelle Kombi, comme ayant déjà paraphé son contrat pour reprendre le marché querellé.

Législatives Et municipales : Ces partis d’opposition qui menacent de boycotter les élections

0

Le vent du boycott souffle au sein de l’opposition camerounaise. Après le Mouvement Pour la Renaissance du Cameroun (MRC) qui a déjà confirmé qu’il n’ira pas aux élections, deux autres partis politiques de l’opposition viennent d’exprimer leurs intentions de boycott. Le 28 novembre dernier, le Social Democratic Front (SDF) et le Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (Pcrn) ont annoncé qu’ils pourraient eux aussi boycotter les élections si certaines conditions qu’ils ont posées ne sont pas réunies. Le Social Democratic Front (SDF) exige, comme condition de sa participation aux élections, le retour à la paix dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. « Ce que nous demandons au gouvernement et rappelons au peuple camerounais, c’est que la seule personne qui a la responsabilité d’arrêter la guerre dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, c’est le président Biya lui-même. Et ce que nous espérons du fond de notre cœur, c’est qu’il le fera avant ce 9 février. Et s’il ne le fait pas, nous serons dans l’impossibilité de participer à cette élection, parce que nous ne voulons pas que cet exercice se transforme dans un bain de sang », a avisé Joshua Osih, avant de plaider pour un report des élections. « Nous lui [Paul Biya, ndrl] conseillons sincèrement d’envisager un report de ces élections pour permettre de revenir dans le processus de paix qui a été suspendu par la convocation du corps électoral ; processus qui, je peux le dire, a commencé, et dont le premier pas a été le grand dialogue national ». Au cours d’une conférence de presse qu’il a donnée le 28 novembre dernier à Yaoundé, Cabral Libii du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (Pcrn) a aussi envisagé un possible boycott des élections. « Si le Conseil électoral ne donne pas 15 jours de plus pour le dépôt des dossiers, le Pcrn pourrait ne plus participer aux prochaines élections municipales et législatives », a averti Cabral Libii au cours de son adresse. Selon lui, cette rallonge permettra aux partis de l’opposition d’acheminer auprès du Conseil électoral, les dossiers de candidature ayant rencontrés des difficultés lors de leur constitution. Sur le plan du droit, Cabral Libii soutient sa demande par le fait qu’« aucune disposition n’interdit la prorogation des délais par le Conseil électoral, car en droit ce qui n’est pas interdit ne peut être empêché » . Avant le SDF et le Pcrn, c’est le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun qui a annoncé qu’il ne participera pas aux élections. La formation politique de Maurice Kamto pointe du doigt « un mauvais code électoral » et la crise anglophone qui secoue le pays depuis 2016.

Craintes et espoirs

Plusieurs acteurs de la société civile craignent que ce vent de boycott se propage auprès de toute la classe politique de l’opposition. « Ce qui va décrédibiliser les élections et renforcer les critiques de la communauté internationale sur le régime de Yaoundé », analyse un politologue. Mais à l’étude des enjeux, il est presqu’impossible que tous les partis de l’opposition se joigne à ce front de boycott. La société civile espère néanmoins que le pouvoir va faire preuve de concession en acceptant tout au moins de « reporter les élections pour réviser le Code électoral ». Un espoir difficile, mais pas impossible.

Complexe sportif d’Olembe : Mouelle Kombi retire le marché à Piccini

0
L'ouvrage semblait pourtant avoir assez avancé

L’Italien Gruppo Piccini vient de perdre le marché de construction du Complexe sportif de Yaoundé-Olembe. Ainsi en a décidé le Pr Narcisse Mouelle Kombi. Le ministre des sports et de l’éducation physique (Minsep), président du Comité local d’organisation du Championnat d’Afrique des nations (Chan) 2020 et de la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2021 justifie cette décision par cinq motifs : l’arrêt des travaux non autorisé par le maître d’ouvrage, abandon du chantier, défaillance de l’entreprise caractérisé par le non-respect des engagements contractuels et des ordres de service s’y rapportant, sous-traitance avérée des prestations contractuelles sans autorisation du maître d’ouvrage et violation de la législation sociale caractérisée par l’accumulation des arriérés de salaire des travailleurs.

Avant de sévir, Narcisse Mouelle Kombi indique avoir fait constater l’arrêt des travaux par voie d’huissier, a consulté le journal du chantier et les procès-verbaux des réunions mensuelles de septembre à novembre, sur l’avancement des travaux. Pour aboutir à l’incapacité de la société Gruppo Piccini, l’entreprise italienne adjudicataire du marché de construction du Complexe sportif d’Olembe. Marché attribué le 30 décembre 2015 et qui était sensé servir pour le Chan et la CAN 2019.

Après un constat général d’échec dans les travaux d’infrastructures, la Confédération africaine de football (Caf) avait décidé de retirer l’organisation de la Can 2019 au Cameroun, pour compenser par l’édition suivante, en y ajoutant le Chan 2020 retirée au Kenya. Sauf que dès le retrait de cette Can le 30 novembre 2018, le Cameroun a cessé de se presser. Seul le stade de Japoma construit par Yénigün a pu poursuivre ses travaux, avec l’engagement financier de la Turquie. Pendant ce temps, les autres chantiers sont restés à l’arrêt pendant plus de huit mois. Grèves, arrêts des travaux, réclamation de décomptes par les entreprises,… ont meublé le temps. Et en ce cqui concerne e stade d’Olembe qui n’a finalement pas été retenu par la Caf pour le Chan, et dont les travaux se sont désormais concentrés sur le stade principal et les deux stades d’entraînement, l’Etat du Cameroun et l’Italien Piccini se sont très souvent brouillés sur le terrain du financement. L’adjudicataire du marché accusant le maître d’ouvrage de ne pas fournir les moyens nécessaires pour faire avancer les travaux. Ce dernier a fini par rompre unilatéralement le contrat.

Dans l’entête de la décision du Minsep, on peut constater que le marché a été attribué à l’entreprise Magil, en procédure d’urgence. La Caf a donné un délai de six mois au Cameroun pour boucler les travaux restant. L’échéance est fixée au mois d’avril prochain.

Législatives et municipales 2020 : Cabral Libii menace de suivre Maurice Kamto

0
L'étudiant sur les pas du professeur

«Quelle élection crédible et transparente peut-on attendre avec une élimination programmée de l’opposition? », s’est demandé Cabral Libii ce jour face à la presse. Pour le président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn), « c’est une crise pré-électorale qui s’annonce et je ne saurais garantir la patience de mes militants face à autant d’injustices ». Une menace à peine voilée adressée au régime de Yaoundé qu’il accuse d’avoir verrouillé les conditions de constitution des dossiers de candidatures. « Après la convocation du corps électoral, des maires majoritairement élus du RDPC, des sous-préfets, des chefs de centre des impôts, des responsables du trésor, tous signataires des pièces des dossiers des candidats, ont mis en marche ce qui pourrait à juste titre être qualifié de processus de fraude pré-électorale, visant tout simplement à faire éliminer des candidats de l’opposition», rapporte-t-il. Avant de relever les deux principales de fraude enregistrées par les siens sur le terrain : « Le refus de signer les pièces du dossier de candidatures par les élus municipaux (Extraits de naissance, certificat de domicile, cautions), et l’absence prolongée des maires pour cause d’investiture au sein du RDPC pendant toute une semaine».

Pour le premier type, Cabral Libii cite notamment le sous-préfet de Yaoundé 4, les sous-préfets, responsables du trésor et maires des régions du Centre, du Sud et du Septentrion. En ce qui concerne le second type de fraude, l’absence prolongée des autorités « a réduit de 4 jours le délai de 15 Jours prévu pour la préparation et le dépôt des dossiers des candidats aux élections. Non seulement ils ont pour la plus part refusé de signer les pièces des dossiers,mais en plus, ils ont consacré une semaine aux activités de leurs partis notamment les investitures auxquelles les sous-préfets assistaient», dénonce-t-il. Pendant le même temps, « les militants du RDPC allait signer les pièces de leurs dossiers dans les domiciles des sous-préfets et des maires tandis que les candidats de l’opposition n’étaient pas servis ». Précisant que « le même scénario était observé dans certains parquets pour les pièces délivrées par la justice».

Sur les pas de Kamto

Alors, « j’ai invité le conseil électoral à prendre des mesures urgentes. Je lui ai notamment demandé de convoquer une session d’urgence afin de rouvrir les dépôts des pièces des dossiers pour traiter cette injustice », annonce-t-il. Il semble que l’organe en charge des élections s’est montré sourd à cette doléance, depuis la clôture des dépôts de dossiers. « Je réitère au conseil électoral d’accorder un délai supplémentaire de 15 jours aux candidats pour compléter leurs dossiers, et de veiller personnellement à un meilleur déroulé », insiste l’homme arrivé 3ème à la dernière élection présidentielle. « En l’absence d’une telle mesure visant à rééquilibrer le jeu politique, le Parti camerounais pour la réconciliation pourrait se résoudre à ne plus participer aux élections du 09 Février 2020», menace-t-il.

Rejoignant ainsi Maurice Kamto dans la dénonciation des crocs-en-jambe organisés par les agents de l’Etat pour empêcher l’opposition de pouvoir constituer des dossiers dans toutes les circonscriptions. Ce qui a amené le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) à désengager son parti de la course pour les législatives et municipales du 9 février prochain, en s’appuyant également sur la persistance de la crise dans le Nord-ouest et le Sud-ouest. De quoi susciter un débat qui n’en finit pas de ravir la vedette à tous les autres sujets d’actualité nationale. Mais surtout, persécutés tant par le régime en place que par certains opposants qui voyaient en de Maurice Kamto un nain politique. Trois jours après, le patron du Mrc est en passe d’être vu comme le plus clairvoyant des opposants. Le Sdf s’annonçant sur la même voie, selon des sources crédibles.

Crise dite anglophone : Croisade internationale à Yaoundé

0
La patronne de la Francophonie serait l'initiatrice de la rencontre de Yaoundé

Moussa Faki Mahamma, Patricia Scotland et Louise Mushikiwabo, respectivement président de la Commission de l’Union africaine, secrétaires générales du Commonwealth et de la Francophonie, sont à Yaoundé depuis cette matinée. Officiellement, les trois hauts dirigeants de ces trois grandes institutions internationales viennent dans le cadre de la recherche d’une solution à la crise séparatiste qui secoue les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. Au menu, une audience avec le président Paul Biya au Palais de l’Unité. Rien de plus précis. Toujours est-il que la visite s’arrêtera à la capitale, loin du théâtre des opérations. Du coup, il ne s’agira que de parlote. Les trois institutionnelles n’ont d’ailleurs jamais cessé de se montrer concernées par cette crise qui paralyse la vie publique au Cameroun depuis trois ans que les revendications socioprofessionnelles des avocats et des enseignants du sous-système anglophone, ont dégénéré en une crise politique, muée désormais en revendications sécessionnistes.

Le communiqué conjoint des trois institutions

D’autant plus que rien ne présageait cette croisade en terre camerounaise. Et Yaoundé n’a pas eu le temps d’organisation le folklore qui entoure souvent de pareilles visites sur le sol camerounais. Quoi qu’il en soit, la visite a donc toute l’air d’une improvisation, pourrait revêtir le caractère urgent, quelques jours après le sommet de Paris sur la paix, au cours duquel le numéro un camerounais est revenu sur la crise séparatistes dans l’ancien Cameroun occidental. Confirmant le projet de doter les deux régions d’un statut spécial, tel que prévu par une résolution du Grand dialogue national. Lequel a été critiqué dans la forme de son organisation, mais qui s’est avéré être un motif d’espoir d’un retour de la paix. Mais près de deux mois après, Paul Biya ne se presse pas encore d’implémenter ces résolutions.

Cela survient en plein processus électoral pour le double scrutin législatif et municipal prévu pour le 9 février prochain. Un processus qui s’annonce incertain, tant la décision surprise de Maurice Kamto de désengager son parti de la course pour le renouvellement des députés et conseillers municipaux, vient de semer le trouble dans les esprits. Le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) ayant soutenu sa décision par la non révision du Code électoral, et surtout la crise qui continue de paralyse les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. Une décision qui continue d’agiter l’espace public depuis deux jours. D’aucuns redoutant un croc-en-jambe que le candidat malheureux de la dernière présidentielle pourrait préparer contre le pouvoir. Lui qui s’était autoproclamé vainqueur de cette élection, pour se retrouver derrière les barreaux pendant neuf mois, suite à des marches de protestations contre la victoire proclamée de Paul Biya par le Conseil constitutionnel.

Selon nos confrères de lebledparle, la visite des trois personnalités est une initiative de la patronne de la Francophonie, qui avait déjà été du même panel que Paul Biya lors du sommet de Paris sur la paix. La Rwandaise répondrait-elle à l’appel de Paul Biya? Rien n’est moins sûr. Toujours est-il que dans le cadre de la crise séparatiste, Yaoundé n’accorde pas toujours ses violons avec les Etats-Unis et l’Union européenne.

Rétropédalage : La Fifa et la CaF regrettent issa Hayatou (?)

0
issa était moins mauvais. Ph Afropeople magazine

La Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2021 se jouera en janvier-février. Comme l’a toujours programmée la Confédération Africaine de Football (CAF), jusqu’à l’arrivée d’Ahmad Ahmad. Au cours de la dernière session de son comité exécutif tenue le 21 novembre 2019, l’instance faîtière du football africain a cru devoir revenir à la formule défendue des années durant par Issa Hayatou, contre l’Uefa, et dans une certaine mesure la Fifa. «En raison des conditions météorologiques, les dates de la CAN 2021 seront décidées conjointement par la CAF et le pays hôte », s’est justifié le Comité exécutif dans une de ses résolutions. Se réappropriant un argument jadis défendu par le prédécesseur d’Ahmad Ahmad.

Face aux pressions de la Fédération Internationale de Football Association (Fifa) et de la CAF, soutenus par de joueurs vedettes africains tels Patrick Mboma, Issa Hayatou avait expliqué qu’en ramenant la CAN à cette période, la CAF tenait compte du climat qui semble être plus vivable sur l’ensemble du continent. « Nous voulons créer un environnement où les Africains ne doivent pas voyager à l’étranger pour réaliser leurs rêves», a ajouté celui qui a donné à l’Afrique du football une place respectable. Ahmad et ses alliés avaient vendu le vent dans un contexte de campagne électorale. Issa Hayatou est tombé en mars 2017. La CAF a engagé des réformes quatre mois après, pour tourner la page des 29 ans de pouvoir du Camerounais. Avec notamment la révision du calendrier des compétitions.

Le réformateur renvoyé à l’école

Mais à peine une édition de CAN jouée, et les réformateurs ont engagé la voie retour. Les dirigeants de la CAF découvrent un climat trop rude en Egypte (et au Maghreb) et aperçoivent déjà des précipitations à l’excès au Cameroun dans deux ans à la même période. Sur un tout autre plan, la Fifa vient de programmer la Coupe du monde des clubs à la même période. Un embouteillage qui déteint sur le marché de la CAN, en imposant les diffuseurs à opérer des choix, mais aussi, embarrasser les clubs qui pourraient être tentés de préférer la compétition de la Fifa. Laquelle Fifa serait plus encline à protéger sa compétition qu’à défendre la cause d’une confédération devenue concurrente. Pis, la CAF est désormais sous-tutelle de la Fifa qui y a délégué sa secrétaire générale pour assurer une sorte de « normalisation », le temps d’initier de nouvelles réformes. Là où Ahmad en a fait et vanté il y a à peine deux ans. Avant d’entamer sa descente aux enfers, avec au passage la démission de son ancien secrétaire général, sous fond de dénonciations des pratiques managériales peu professionnelles et des questions de mœurs sur des employées de la CAF. Une finale de Champion’s league achevée en queue de poisson en raison d’une panne de la VAR, et qui s’est poursuivie devant des tribunaux, sans issue claire. Au passage, l’unité du clan d’hier a volé en éclats et Amajou Pinik et Moussa Bility du Nigeria et du Libéria ont quitté le navire. A peine à la mi-mandat.

- Publicité -
Google search engine