La menace militaire se reprécise. Ph Jeune Afrique
La crise qui secoue les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest ne pouvait échapper au menu des sujets qui devaient meubler le discours de Paul Biya. « C’est sans aucun doute, pour le moment, l’un des problèmes les plus urgents», a admis le président de la République. « L’activité criminelle des groupes armés continue de perturber la vie publique, économique et sociale dans ces régions », regrette Paul Biya. Handicapant la cohésion nationale depuis un peu plus de trois années. Et qui a poussé le régime de Yaoundé à baisser le ton grave de la menace qu’il avait employé au commencement, fin 2016. Accédant à des solutions à des revendications qui s’allongeaient sans cesse. Partant de trois à 21. Mais au fur et à mesure que le gouvernement pliait l’échine, les positions d’en face des radicalisaient. Au point d’atteindre en 2018 un point de « non retour », avec la radicalisation de plusieurs modérés tels John Mbah Akuro, désormais porte-parole de la Plateforme des organisations luttant pour la cause de l’ex Cameroun occidental.
Et aujourd’hui, le terrain est de plus en plus miné par des armes. « Pourtant, ces derniers mois, diverses mesures ont été prises pour ramener à la raison ces jeunes qui, pour la plupart, se sont laissé endoctriner. Des appels à déposer les armes leur ont notamment été lancés et des perspectives de réinsertion sociale ouvertes », rappelle Paul Biya. Soulignant notamment le Grand dialogue national (GDN) qu’il a convoqué entre le 30 septembre et le 03 octobre 2019. « un Grand Dialogue National qui devrait permettre, dans le cadre de notre Constitution, d’examiner les voies et moyens de répondre aux aspirations profondes des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais aussi de toutes les autres composantes de notre Nation », s’est-il cité lui-même.
Maurice Kamto
Un Gdn qui n’a pas vu la participation du chef de l’Etat lui-même, mais qui a été conduit par Joseph Dion Ngute, le Premier ministre, chef du gouvernement. En dehors du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) de l’opposant Maurice Kamto qui n’a pas pris part au dialogue, pour avoir conditionné sa participation à l’inclusion de toutes les parties possibles, y compris les combattants, tous les partis politiques d’envergure et plusieurs acteurs de la scène publique nationale y ont pris part. De quoi faire dire à Paul Biya que « j’ai eu le sentiment que cette initiative avait été largement approuvée par notre opinion publique ainsi que par diverses organisations internationales dont l’ONU et plusieurs pays amis ». Estimant «que les participants ont vécu un grand moment de communion qui leur a permis d’exprimer leur attachement à la paix et à l’unité nationale ». Et l’homme qui tient le gouvernail du Cameroun depuis 1982, cite d’autres initiatives prises pour décrisper, notamment « diverses offres de paix adressées aux insurgés », tel que le programme de désarmement et de réinsertion, ainsi que la libération de plusieurs centaines de détenus.
Rien n’y fait. La « guerre » s’est poursuivie, vidant certaines localités de leurs populations, laissant au passage des tueries parfois massives. Paul Biya n’a plus tendu la main cette fois-ci comme il l’a fait lors de son investiture le 06 novembre 2018, et réitéré le 31 décembre 2018 et le 10 septembre 2019. L’Homme-lion a repris le treillis du chef suprême des armées, pour retrouver son ton martial de départ : « Pour ceux qui s’obstinent à demeurer dans la mauvaise voie et qui continuent à avoir recours à la violence, nous n’aurons pas d’autre choix que de les combattre pour protéger tous nos concitoyens », a-t-il menacé. « Nos forces de défense et de sécurité feront une fois de plus leur devoir avec mesure, mais sans faiblesse. Je veux ici les assurer de mon total soutien et de ma haute considération », a-t-il clarifié. Au moment où des rapports d’Organisations non gouvernementales laissent croire que les Forces de défense et de sécurité commettent des exactions au même titre que les séparatistes. Et redoutent la famine dans les deux régions. Paul Biya qui a offert des tonnes de nourriture à l’occasion des fêtes de fin d’année, dément cette menace de famine et redoute des connivences entre ces Ong et les combattants sécessionnistes.
Toujours est-il que le tenant du pouvoir de Yaoundé n’est plus disposé à plier l’échine. « Auparavant, des décisions avaient été prises pour convaincre nos compatriotes des deux régions concernées de la volonté du Gouvernement d’accorder aux collectivités territoriales les compétences qui leur permettraient d’avoir une plus large part dans la gestion des affaires locales. Il avait été également confirmé que des dispositions étaient prévues pour accélérer la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme. On doit également souligner qu’en manifestant de diverses façons sa solidarité avec les populations victimes des exactions et atrocités des bandes armées, la Nation, dans son ensemble, a montré qu’elle soutenait la politique du Gouvernement », rappelle-t-il. De quoi justifier son option militaire reprise.
Camerounaises, Camerounais,
Mes chers compatriotes,
L’an dernier, dans les mêmes circonstances, j’ai fait le point, devant vous, de la situation dans trois secteurs fondamentaux de la vie de notre pays.
Nous avons constaté, ensemble, que la situation sécuritaire dans nos régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest demeurait préoccupante, malgré les appels à déposer les armes adressés aux insurgés. Il convenait donc d’accorder la priorité à la recherche d’une solution.
Nous avons pu également observer que notre croissance économique était en progrès mais qu’il convenait de la conforter pour rester sur la trajectoire de l’émergence.
Enfin, des preuves ont été apportées pour montrer que le progrès social au Cameroun n’est pas un vain mot. Ce complément essentiel de notre système démocratique est en marche dans ses différentes composantes : éducation, santé, emploi, etc., même si, bien entendu, des avancées sont encore possibles.
Où en sommes-nous un an plus tard ?
S’agissant du PROGRES SOCIAL, notre objectif reste d’améliorer les conditions de vie de nos concitoyens et, à terme, d’éradiquer la pauvreté.
C’est une tâche considérable qui nécessite de gros moyens financiers. Les allocations budgétaires qui lui sont consacrées sont importantes et, évidemment, fonction du niveau des recettes de l’Etat. Celles-ci à leur tour dépendent de la bonne santé de notre économie dont je vais vous parler dans un instant.
Sachez en tout cas que les efforts qui ont été faits au cours des dernières années, dans ce domaine, seront poursuivis et, si possible, amplifiés.
En ce qui concerne la CROISSANCE DE NOTRE ECONOMIE, je crois pouvoir dire qu’elle évolue de façon plutôt satisfaisante, même si elle reste contrariée par, entre autres, un contexte international incertain.
Dans la période récente, un travail considérable a été accompli pour redresser la situation dans le cadre du programme économique et financier conclu avec le FMI. Notre croissance a repris, l’inflation est maîtrisée, les déficits budgétaires et extérieurs sont contenus, notre dette publique reste soutenable.
Le programme économique, financier, social et culturel du Gouvernement pour 2020, présenté récemment devant l’Assemblée Nationale, se situe dans cette continuité. Il repose sur une hypothèse de croissance de 4 %, ce qui devrait nous permettre de rester sur la trajectoire de l’accès à l’émergence en 2035. Cet objectif est d’ailleurs repris par notre projet de Stratégie Nationale de Développement pour la période 2020-2030.
C’est l’occasion pour moi de remercier nos partenaires extérieurs, le FMI déjà cité, mais aussi la Banque Mondiale, la Banque Africaine de Développement et l’Agence Française de Développement, pour leurs appuis budgétaires et leur soutien à nos réformes structurelles.
Est-ce à dire que nous pouvons nous reposer sur nos lauriers ? Certainement pas. Notre objectif demeure d’accéder à l’émergence à l’horizon 2035. Mais compte tenu de l’instabilité du contexte international et des tensions commerciales qui hypothèquent les échanges, il nous faudra probablement faire des efforts supplémentaires pour rester sur la trajectoire du redressement économique durable de notre pays. Je crois que nous en sommes capables.
Ce redressement doit être pour nous une ardente obligation qui mobilisera toutes nos énergies. Il nécessite non seulement l’amélioration des conditions de vie des Camerounais, mais aussi l’exercice serein des droits démocratiques par voie de conséquence.
Reste la SITUATION SECURITAIRE DANS NOS REGIONS DU NORD-OUEST ET DU SUD-OUEST.
C’est sans aucun doute, pour le moment, l’un des problèmes les plus urgents. L’activité criminelle des groupes armés continue de perturber la vie publique, économique et sociale dans ces régions. Pourtant, ces derniers mois, diverses mesures ont été prises pour ramener à la raison ces jeunes qui, pour la plupart, se sont laissé endoctriner. Des appels à déposer les armes leur ont notamment été lancés et des perspectives de réinsertion sociale ouvertes.
Pour ceux qui s’obstinent à demeurer dans la mauvaise voie et qui continuent à avoir recours à la violence, nous n’aurons pas d’autre choix que de les combattre pour protéger tous nos concitoyens. Nos forces de défense et de sécurité feront une fois de plus leur devoir avec mesure, mais sans faiblesse. Je veux ici les assurer de mon total soutien et de ma haute considération.
Auparavant, des décisions avaient été prises pour convaincre nos compatriotes des deux régions concernées de la volonté du Gouvernement d’accorder aux collectivités territoriales les compétences qui leur permettraient d’avoir une plus large part dans la gestion des affaires locales. Il avait été également confirmé que des dispositions étaient prévues pour accélérer la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme.
On doit également souligner qu’en manifestant de diverses façons sa solidarité avec les populations victimes des exactions et atrocités des bandes armées, la Nation, dans son ensemble, a montré qu’elle soutenait la politique du Gouvernement.
Cependant, conscient de la longueur des délais pour mettre en œuvre les réformes envisagées et soucieux d’abréger les désagréments et les souffrances de nos compatriotes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, j’ai décidé d’ouvrir, dès la fin septembre – on m’excusera de me citer – « un Grand Dialogue National qui devrait permettre, dans le cadre de notre Constitution, d’examiner les voies et moyens de répondre aux aspirations profondes des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais aussi de toutes les autres composantes de notre Nation ».
Je m’en suis longuement expliqué le 10 septembre dernier, dans un message à tous nos compatriotes. J’ai eu le sentiment que cette initiative avait été largement approuvée par notre opinion publique ainsi que par diverses organisations internationales dont l’ONU et plusieurs pays amis.
Précédé, comme je l’ai rappelé, par diverses offres de paix adressées aux insurgés et accompagné par la libération de plusieurs centaines de détenus, ce « Grand Dialogue National » s’est effectivement tenu du 30 septembre au 04 octobre 2019. Il a réuni un large éventail de représentants de la société camerounaise.
Je voudrais aujourd’hui remercier tous ceux qui ont bien voulu y participer et féliciter ceux qui l’ont organisé, au premier rang desquels le Premier Ministre, Chef du Gouvernement.
Il m’a semblé que les participants ont vécu un grand moment de communion qui leur a permis d’exprimer leur attachement à la paix et à l’unité nationale.
J’ai pu apprécier le fait que les Camerounais, dans leur ensemble, ont salué un bon nombre de propositions issues du Grand Dialogue National.
Ainsi, dès le 10 décembre 2019, un projet de loi concernant la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme a été adopté par l’Assemblée Nationale et le Sénat. Il prévoit que l’usage de l’anglais et du français doit s’appliquer de façon égale à l’ensemble de nos institutions publiques. Le respect de cette loi, j’en suis sûr, renforcera le caractère bilingue de notre pays.
Par ailleurs, le 15 décembre 2019, dans le cadre d’une session extraordinaire de l’Assemblée Nationale et du Sénat, un projet de loi portant code général des collectivités territoriales décentralisées a été soumis à l’examen de nos deux chambres parlementaires. Nos députés et nos sénateurs ont ainsi adopté une loi qui comporte des avancées décisives pour notre processus de décentralisation, notamment en ce qui concerne le statut des élus locaux, le fonctionnement des assemblées locales et l’attribution de ressources financières nouvelles et substantielles aux régions.
S’agissant particulièrement du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le statut spécial dont ces régions bénéficient prend en compte les spécificités du sous-système éducatif anglophone, de la Common Law et de la chefferie traditionnelle.
Mes chers compatriotes,
Comme vous pouvez le constater, c’est un Cameroun nouveau qui prend ainsi forme. Un Cameroun adapté au temps présent. Un Cameroun qui regarde vers l’avenir.
Pour en arriver là, nous avons connu bien des épreuves. Comme par le passé, ensemble, nous les avons toutes surmontées.
En ce septennat des Grandes Opportunités pour le Cameroun, le Grand Dialogue National nous a ouvert la voie pour avancer résolument sur le chemin de la paix, de l’unité nationale et du progrès : valeurs qui ont toujours fait la grandeur de notre pays.
Camerounaises, Camerounais,
Mes chers compatriotes,
Avant de conclure, je voudrais vous dire quelques mots au sujet de notre système démocratique.
Lorsque les conditions ont été réunies et que nous avons, ensemble, jeté les bases de la démocratie dans notre pays, je n’ignorais pas que le chemin serait semé d’obstacles. Ce fut effectivement le cas, mais nous avons réalisé des progrès remarquables.
Malheureusement, une minorité, au Cameroun comme dans la diaspora, paraît avoir oublié les règles qui gouvernent la vie démocratique. Est-il nécessaire de rappeler qu’une démocratie a pour seul arbitre le peuple souverain ? Lorsque celui-ci s’est prononcé à travers des élections libres et transparentes, et que les résultats sont proclamés après l’examen d’éventuels recours, ces résultats doivent être respectés et acceptés par tous.
Ce ne sont ni les réseaux sociaux, ni tel ou tel organe de presse qui peuvent changer les résultats d’une élection, encore moins les manifestations illégales, les violences et les attaques personnelles ou haineuses. Qu’on se rappelle que j’avais dit en son temps : « Débattons, ne nous battons pas. » Ainsi se comportent les citoyens d’un pays démocratique.
Si l’on veut participer à la vie démocratique de son pays, il faut en respecter les règles et militer dans les partis politiques dont l’activité s’exerce dans le cadre du respect de la loi. Il sera loisible de le vérifier lors des prochaines élections municipales et législatives du 09 février 2020.
Des dispositions sécuritaires ont été prises pour que, sur toute l’étendue du territoire, tous nos concitoyens puissent exercer leur droit de vote. Si cela s’avère nécessaire, elles seront davantage renforcées. J’exhorte donc tous les Camerounais inscrits sur les listes électorales à aller voter, en ayant conscience qu’ils éliront des femmes et des hommes qui traduiront dans les faits les réformes voulues par le peuple camerounais, notamment l’accélération de la mise en œuvre de la décentralisation.
S’agissant du comportement excessif de certains de nos compatriotes de la diaspora – qu’ils soient ou qu’ils ne soient plus Camerounais – je pense qu’ils devraient, par patriotisme, s’abstenir de propos négatifs à l’égard de leur pays d’origine. On doit toujours respecter sa patrie, ses institutions et ceux qui les incarnent.
Mes chers compatriotes,
Faisons ensemble du Cameroun une terre de grandes opportunités de développement économique et social, dans la paix et l’unité.
Bonne et heureuse Année 2020 à toutes et à tous.
Vive la République !
Depuis un certain temps, des hommes politiques véreux, des ONG manipulées par les détracteurs du Gouvernement et certains de nos partenaires animés de mauvaise foi laissent croire auprès des instances internationales que la situation dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest conduirait à une crise humanitaire au Cameroun. Le but de cette manipulation honteuse est clair : prouver que le Gouvernement de la République du Cameroun est incapable de gérer la situation humanitaire et susciter une intervention de la Communauté Internationale pour, soi-disant, sous le couvert du droit d’ingérence humanitaire. Dans ce complot contre le Cameroun qui de toute façon est voué à l’échec, trois (03) gros mensonges sont distillés : Premièrement : d’après ces comploteurs, il y aurait environ 600 000 milles déplacés internes dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Avant de montrer le niveau ridicule de ces mensonges erronés, je tiens à préciser que le Ministre de l’Administration Territoriale est en charge de l’action humanitaire au Cameroun. Depuis 1982 et peut-être avant, le Cameroun est reconnu par les instances internationales pour son professionnalisme et son efficacité en matière de gestion des réfugiés. Le Cameroun a accueilli sur son sol, plus de 1 million de réfugiés en 30 ans et le Gouvernement, sous la conduite éclairée du Président Paul BIYA a déployé des moyens importants pour encadrer ces réfugiés qui viennent des pays voisins et lointains en crise ou en proie à des guerres civiles. Depuis 2012, les activités criminelles de la secte Boko Haram et la crise en République Centrafricaine ont amené le Gouvernement camerounais à accueillir sur son sol plus de 500 000 réfugiés venant de ces deux pays voisins. Après des années passées au Cameroun, certaines de ces personnes ont opté pour un retour volontaire dans leurs pays respectifs.
Le Ministre de l’Administration Territoriale qui a reçu plein pouvoir du Chef de l’Etat, à signer deux accords tripartites : Cameroun – Nigéria – HCR et Cameroun – RCA – HCR qui ont pour but, le départ volontaire des réfugiés des pays voisins installés au Cameroun. Le Ministre de l’Administration Territoriale, les Ministres des pays concernés et les représentants du HCR étaient tous récemment sur le terrain pour assurer le bon déroulement de ces opérations de départs volontaires des réfugiés installés au Cameroun. Cette parenthèse a pour but de démontrer qu’en matière d’encadrement des réfugiés et des déplacés internes, le Cameroun a une expertise de longue date. Les apprentis sorciers n’ont aucune leçon à nous donner car il serait difficile de convaincre même un profane en la matière que le Cameroun, qui a tant montré son hospitalité légendaire et son encadrement professionnel à l’endroit des réfugiés depuis plus de 30 ans, ne serait pas en mesure d’encadrer ses propres déplacés internes.
LE BUSINESS DE L’HUMANITAIRE
Ceci dit, je tiens à préciser que le Cameroun à ce jour n’a que 152 000 déplacés internes dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, et environ 6 à 9 milles déplacés internes dans les autres Régions : Ouest, Littoral, Centre et Adamaoua dans une moindre mesure. Ayant constaté que les déplacés internes avaient besoin d’une aide urgente, le Président de la République a décidé de créer le Plan d’Assistance Humanitaire d’Urgence pour les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Lancé par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, le 21 juin 2018, le Ministre de l’Administration Territoriale a été instruit de tout mettre en oeuvre pour porter secours à ces compatriotes dans une situation de détresse, et qui ont été contraints de quitter leurs villages, arrondissements, départements ou Régions à la suite des atrocités commises par les terroristes séparatistes manipulés et drogués. Après évaluation rigoureuse des besoins, le Gouvernement a attribué une enveloppe de 12,7 milliards de FCFA pour s’occuper de tous les déplacés internes dont le nombre est connu. Pour le recensement des déplacés internes, les autorités administratives qui procèdent à leur identification dans les arrondissements ont tenu compte des chiffres des ONG responsables et de certains détails fournis par les autorités religieuses et les Chefs traditionnels. Deuxièmement : le Gouvernement a évalué l’assistance aux déplacés internes à 12.7 milliards de FCFA pendant deux (02) ans. Par contre, certains de nos partenaires humanitaires disaient qu’il nous fallait 36 milliards de FCFA pour s’occuper des déplacés internes dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, soit trois (03) fois plus que les estimations faites par le Gouvernement. Il est facile de comprendre que la gestion de l’action humanitaire dans les pays en crise est un business de gros mensonge et surtout un fonds de commerce.
ONG MANIPULES, PARTENAIRE DE MAUVAISE FOI
Face à cette mauvaise évaluation, le MINAT a convoqué deux réunions avec tous les partenaires du système des Nations Unies : le HCR, le PAM, l’OMS, l’OCHA, l’UNICEF et les ambassadeurs de l’Union Européenne pour leur communiquer la bonne information sur la situation des déplacés internes dans les Régions du Nord-Ouest et du SudOuest. Nous envoyons régulièrement à nos partenaires, des informations sur les actions menées sur le terrain pour l’encadrement des déplacés internes dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest et ceux installés dans les autres Régions. La Coordinatrice des agences de l’ONU au Cameroun, Mme Allegra Baiocchi a eu plusieurs séances de travail avec le MINAT sur la situation exacte des déplacés internes au Cameroun. Je souhaite ardemment qu’elle fasse bon usage des informations fondées et fiables que nous mettons régulièrement à sa disposition auprès des instances internationales.
SUR LA CRéATION DU CENTRE DE COORDINATION DE L’ACTION HUMANITAIRE DANS LE NORD-OUEST ET LE SUD-OUEST
Les humanitaires se sont plaints de ce que leurs agents n’ont pas la possibilité de se déployer dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pour porter secours aux déplacés internes. Il s’agit de quoi ? Les Régions sont placées sous l’autorité des Gouverneurs qui encadrent toutes les activités dans leurs unités de commandement respectives. Ceci dit, pour entreprendre une activité humanitaire quelconque dans une Région, un département ou un arrondissement, surtout dans les Régions du Nord-Ouest et du SudOuest, l’autorité administrative doit en être informée. Troisièmement : Il est regrettable de constater que certaines agences humanitaires arrivaient parfois dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et exerçaient leurs activités à l’insu des autorités administratives. A titre d’illustration, deux petits Toyota Pick-up du PAM et une ambulance de Médecins Sans Frontières ont été attaqués par les terroristes dans le NordOuest et le Sud- Ouest alors que leurs présences n’étaient pas signalées auprès des autorités administratives. Pour éviter ces méprises, le Chef de l’Etat a instruit la création des Centres de Coordination de l’Action Humanitaire dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Lesdits centres sont opérationnels et sont bien équipés. Le MINAT et Madame la Coordinatrice des Agences de l’ONU au Cameroun et d’autres Chefs de Mission ont visité les centres de Bamenda et de Buea. Malgré la volonté du Gouvernement de tout mettre en œuvre pour faciliter les activités de nos partenaires sur le terrain, il nous revient toujours que certaines agences de l’ONU ont des difficultés à se déployer dans les Régions du Nord-Ouest et du SudOuest. Il s’agit de quoi ? Les agences de l’ONU (PAM, OCHA, HCR) et d’autres veulent observer la stricte neutralité dans leurs opérations sur le terrain. Le Gouvernement reconnaît le caractère de neutralité de nos partenaires mais, celui- ci n’exclut pas la transparence. Le Gouvernement exige donc la transparence dans les activités de nos partenaires sur le terrain. Par exemple, le PAM avait dit en juin 2019 que ses agents avaient distribué de l’aide à 50 000 déplacés internes dans la Région du Sud-Ouest. Nous avons demandé au Préfet de la Mémé de nous faire le point sur cette activité. Le Préfet nous a dit que le PAM n’a effectué aucune distribution dans son département pendant la période indiquée. Il a d’ailleurs précisé que son département a environ 20 000 déplacés internes. Le lendemain, j’ai convoqué le responsable du PAM pour les informations précises sur ce dossier, il nous a dit que ses collaborateurs n’ont pas fait le bon compte rendu.
TRAFICS DANGEREUX
Dans la Région du Sud-Ouest, nos forces de défense et de sécurité ont interpellé une ambulance d’une agence humanitaire qui était censée transporter des blessés. Dans cette ambulance, il y avait certes trois blessés, mais qui en réalité, étaient de dangereux terroristes activement recherchés par les forces de défense et de sécurité. Plus grave dans cette ambulance, il y avait trois Kalachnikov et deux caisses de munitions. Vous conviendrez avec moi qu’une ambulance d’une agence humanitaire peut transporter des blessés et non des armes de guerre. Les forces de défense et de sécurité ont effectué un contrôle inopiné dans un convoi humanitaire d’un partenaire humanitaire, il y avait du riz, savons et boîtes de conserves, etc. Paradoxalement dans un camion, il y avait trois caisses de munitions, des paires de jumelles, des téléphones portables androïdes, etc. Confronté à ce trafic dangereux de certains partenaires ou de ceux qui travaillent pour le compte des groupes séparatistes, le Gouvernement exige désormais plus de transparence et plus de responsabilité dans les opérations de leur part dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. En ce qui concerne le Gouvernement, nos actions sur le terrain sont transparentes. Lorsque nous distribuons l’aide humanitaire aux déplacés internes à Bonabéri, à Bafoussam, à Bamenda, à Kumba, à Dschang, à Buea, à Widikum, à Mamfé ou à Tombel, les denrées alimentaires, kits sanitaires, matériaux de construction, matériel de couchage sont placés devant chaque bénéficiaires et chaque famille. BILAN Dans le cadre du Plan d’Assistance Humanitaire d’Urgence, le Gouvernement a déjà accordé assistance à plus de 160 000 déplacés internes dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, et à plus de 10 000 déplacés internes dans les autres Régions (Ouest, Centre et Littoral). Le MINAT et ses collaborateurs ont déjà effectué plus de 103 descentes sur le terrain. Depuis six (06) mois, le MINAT a déjà organisé un convoi de plus de 5 000 familles qui ont volontairement accepté de rentrer dans le Nord-Ouest et le Sud- Ouest car elles estiment que le calme revient progressivement dans leurs villages ou arrondissements. Tenant compte de ce bilan élogieux des actions menées par le Gouvernement pour assister les déplacés internes dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, force est de constater qu’il n’y a aucune crise humanitaire au Cameroun. La situation est parfaitement sous contrôle et les déplacés internes continuent de bénéficier de l’attention toute particulière du Président de la République.
Et pour preuve, le Chef de l’Etat S.E. Paul BIYA a dépêché ce jour, samedi 28 décembre 2019, un convoi humanitaire spécial de 100 camions transportant des denrées alimentaires, des kits sanitaires et du matériel de couchage en faveur des déplacés internes des Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pour les fêtes de fin d’année. Au mois de juin de cette année, le Chef de l’Etat avait déjà envoyé un convoi spécial d’aide humanitaire de 60 camions lourdement chargés en faveur des déplacés internes dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. C’est la preuve que S.E. Paul BIYA, Président de la République a opté pour l’action en faveur des déplacés internes. Et l’action est plus éloquente que des critiques acerbes, la manipulation, la désinformation et des affabulations savamment orchestré par les détracteurs du régime. Il faudrait bien le rappeler, selon les normes internationales décrites par l’ONU, l’action humanitaire dans un pays est d’abord de la responsabilité primordiale du Gouvernement concerné.
MENSONGES ET DESINFORMATIONS
Les agences humanitaires peuvent seulement venir en appui des actions décidées par le Gouvernement. En clair, le Gouvernement est « on the drivers seat » car, je ne peux pas avoir le deuil chez moi et un étranger vient pleurer mon deuil plus que moi-même. Si vous avez un deuil chez vous et un étranger vient pleurer votre deuil plus que vous-même, sachez que l’étranger à un agenda caché et vous devez vous en méfier. Les détracteurs ont pensé qu’ils vont déstabiliser les institutions avec Boko Haram. Le Gouvernement, sous la conduite éclairée de S.E. Paul BIYA a tenu bon. Les détracteurs ont par la suite pensé que les perturbations politiques et les actes terroristes dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pourraient faire fléchir le régime. Sous la conduite éclairée du Chef de l’Etat, la situation dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest est sous contrôle et revient progressivement à la normale nonobstant certaines poches de résistance que les populations excédées, se chargent de faire disparaître. Les détracteurs ont encore visé la situation humanitaire dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pensant que le Cameroun ne serait pas à mesure de gérer les déplacés internes dans les deux Régions. Ce qui leur aurait donné la possibilité de proposer le droit d’ingérence humanitaire. A travers le Plan d’Assistance Humanitaire d’Urgence et sa parfaite exécution sur le terrain, le Chef de l’Etat a une fois de plus démontré à la communauté internationale que le Cameroun est debout et capable de porter assistance à tous les déplacées internes dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Les mensonges, la désinformation, la manipulation des chiffres, les informations erronées sur la situation humanitaire au Cameroun ne vont pas prospérer car si la vérité voyage sans visa, le mensonge et la désinformation ont une courte durée de vie; je dirai davantage que le mensonge a une durée de vie éphémère. Les détracteurs ont même prétendu que le Régime allait s’écrouler après l’élection présidentielle de 2018.
Non seulement S.E. Paul BIYA a été plébiscité par l’immense majorité des camerounais, mais le pays est plus que jamais solide et debout. Ce qui restera aux détracteurs du Gouvernement de faire maintenant pendant cette période de Noël, c’est de dire que Jésus-Christ n’était pas né à Bethlehem ; ce serait le comble du ridicule. Non il n’y a pas de crise humanitaire au Cameroun, la situation est sous contrôle et elle est bien gérée. Le Chef de l’Etat est déjà sur le deuxième volet de ce programme à savoir le développement. C’est-à-dire permettre aux déplacés internes de pouvoir mieux se prendre en charge dans un avenir proche. Je vous invite à m’accompagner à l’esplanade de l’hôtel de ville de Yaoundé pour le lancement du convoi des denrées alimentaires (kits sanitaires et matériel de couchage), don du Couple Présidentiel aux déplacés internes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest».
Par Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration territoriale
Ce 23 décembre 2019, le Direction des Affaires Judiciaires du Port Autonome de Douala a requis des huissiers de justice pour servir aux personnels de Douala International Terminal, des réquisitions demandant à chaque employé d’être à son poste de travail dès le 2 janviers 2020. Jour de reprise des activités que les quais du Wouri. Si le Port Autonome de Douala mettait là en branle ses pouvoirs et prérogatives de puissance publique que lui confère le décret N°2019/034 du 24 janvier 2019 qui précise que « dans le cadre de l’exercice de ses missions de service public… Le Port Autonome de Douala dispose des pouvoirs de police et des prérogatives de puissance publique. A ce titre, il est investi de tous les droits et avantages reconnus à l’État par les lois et règlements en vigueur ». Car, face aux tentatives et autres manœuvres de démobilisation et de découragement des travailleurs encore sous contrat avec Douala International Terminal jusqu’au 31 décembre 2019, le Port Autonome de Douala se devait de prendre des dispositions adéquates.
Ces réquisitions aux personnels sont une assurance de ne pas perdre son emploi en attendant la signature des nouveaux contrats de travail, à ceux devant apporter leur expertise à la Régie du Terminal à Conteneurs. Ils donc servis pour, non seulement, éviter une superposition des contrats de travail, mais constituent également, un acte de protection des employés du Terminal à Conteneurs, qui peuvent être sûrs de faire partie des effectifs de la RTC. C’est donc plutôt avec anxiété que ceux qui n’ont pas encore reçu cette assurance attendent les huissiers qui ont poursuivi jusqu’à hier dimanche la distribution du fameux document leur permettant d’être en poste le 2 janvier 2020.
C’est une transition historique que vit le Port Autonome de Douala en cette fin année 2019. C’est ce 31 décembre en effet que s’achève la ces session du terminal à conteneur en faveur de Douala International Terminal dont les groupes Bolloré et APMT étaient des actionnaires majoritaires. La procédure des mise en concession n’ayant pas encore abouti, le PAD va donc devoir exploiter son terminal à conteneur en régie. « Le 31 décembre 2019 à 14 heures, le Port de Douala fermera comme à l’accoutumée les quais jusqu’au 2 janvier 2020. Un communiqué du Directeur Général, précise qu’à minuit, les sirènes retentiront trois fois et les navires à quais seront pavoisés pour accueillir la nouvelle année 2020. Au-delà de la nouvelle année, ces sirènes et le grand pavois auront une signification particulière au Port de Douala-Bonabéri. Elles marqueront également l’accueil de la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC) créée par résolution N° 0685/19/CA/PAD du 06 décembre 2019 et la fin des pour l’ère de Douala International Terminal (DIT) après quinze années sur les quais du Port de Douala-Bonabéri », explique un responsable du PAD.
En effet, après la suspension de la procédure de signature du nouveau contrat de concession entre le Port Autonome de Douala et l’adjudicataire provisoire TIL, décidée par le Président de la République, Paul Biya, à l’effet de vider au préalable les procédures pendantes engagées par le Consortium Bolloré SA et APMT BV devant les tribunaux, le Conseil d’Administration du Port Autonome de Douala a créé la Régie du Terminal à Conteneurs le 6 décembre 2019 pour la poursuite du service publique. Les membres de cette instance dirigeante mettaient ainsi tout simplement en application l’article 3 alinéa 1 du décret N°2019/034 du 24 janvier 2019 qui stipule que : « le Port Autonome de Douala peut créer des filiales à qui il confie des missions en lien avec son objet social ». Et l’alinéa 3 et 4 ajoutent que les missions du PAD peuvent également être exécutées sous forme de régie déléguée et celles-ci sont créées par une Résolution du Conseil d’Administration.
MUTATION HISTORIQUE
Selon un responsable du PAD, ces dispositions réglementaires épousent les contours de celles du contrat de concession du Terminal à Conteneurs qui lient le PAD et DIT jusqu’au 31 décembre. Il s’agit précisément des article 42 et 28 qui donnent le droit de subrogation et de préemption au concédant qu’est le PAD en cas d’absence d’un nouveau concessionnaire après une rupture de contrat ou à la fin de celui-ci. « Après la décision du Tribunal Administratif du Littoral à Douala d’annuler l’Appel à Manifestation d’Intérêt pour l’attribution de la Concession du Terminal à Conteneurs du Port de Douala-Bonabéri, le 26 décembre 2019, l’Autorité Portuaire de Douala, investi de la puissance publique était ainsi conforté dans son choix de gérer son Terminal à Conteneurs dès le 1er janvier 2020 », confie-t-il. Faustin Dingana, le Directeur nommé à la tête de cette nouvelle structure et ses équipes mettent donc la dernière main aux préparatifs de reprise. Et on se veut plus que rassurant « l’exploitation du terminal va se dérouler sans heurt. Nous nous sommes préparés en conséquence. Et contrairement aux informations alarmistes faisant état de l’incapacité de la Régie du Terminal à Conteneurs à gérer ce pan important de l’activité portuaire nous sommes confiants et nous allons relever ce défi. Les personnels qui travaillaient à DIT le 31 décembre 2019, sont les mêmes qui seront présents, sur les mêmes équipements, dès de 2 janvier 2020, date de reprise des activités sur les quais du Port de Douala-Bonabéri », rassure notre interlocuteur.
Allocution de Valentin Zinga à l'ouverture des Journées Citoyennes de la Presse
Je voudrais avant toute chose, vous souhaiter à toutes et à tous une chaleureuse bienvenue dans cette salle de conférence du Ministère des Postes et télécommunications, gracieusement mise à notre disposition par le Chef de ce Département ministériel, pour abriter nos travaux.
L’Association Médias, Médiations et Citoyenneté, la Fondation Paul Ango Ela, et The Muntu Institute, s’honorent de votre précieuse présence à la cérémonie d’ouverture de la toute première édition des Journée Citoyennes de la Presse.
Je voudrais en premier lieu, exprimer notre gratitude toute spéciale à Madame le Ministre des Postes et télécommunications, pour sa généreuse hospitalité ; signe d’une manière d’élégance républicaine. Dès le départ, elle a perçu les enjeux citoyens de ce projet dont elle n’a pas hésité à saluer la pertinence. Attitude qui du reste, n’étonnerait que les plus distraits, -et je doute qu’il y en ait parmi nous.
Il y a en effet un an, au lendemain de l’élection présidentielle qui révéla un usage pernicieux des réseaux sociaux rendu à son paroxysme, son Département ministériel accédait à la sollicitation de la section camerounaise de l’Union de la Presse Francophone, pour l’organisation d’un séminaire de formation à l’intention de ses membres, sur le thème : « Le journalisme face aux réseaux sociaux. Enjeux, défais et contraintes d’une profession à l’ère de la démocratie numérique ».
Photo de famille Journée Citoyennes des la presse 2019Jean Claude Ottou, Jean Materne Ndi, Guibaï Gatama, des sommités de la presse ont honoré le rendez-vous
Qu’il me soit également permis de dire notre reconnaissance à Monsieur le Ministre des Sports et de l’éducation physique, le Professeur Narcisse MOU ELLE KOMBI, dont chacun sait que l’agenda est particulièrement chargé, au regard d’importantes échéances que doit abriter notre le pays dans quelques mois seulement.
Je voudrais aussi adresser nos vifs remerciements à Monsieur Ministre d’Etat, Ministre de l’Enseignement supérieur, qui, dès le début, a spontanément marqué son soutien à cette initiative, et accepté de délivrer la conférence inaugurale des assises ; avant d’être rattrapé, à la dernière minute par un calendrier des plus contraignants, et de désigner Monsieur le Professeur Laurent Charles BOYOMO ASSALA, pour le représenter. C’est, à nos yeux, un réel privilège.
Laissez-moi aussi dire merci à Monsieur le Professeur Alexie TCHEUYAP de l’Université de TORONTO, qui, en dépit d’intenses activités inhérentes à ses fonctions, a accepté d’effectuer le déplacement de Yaoundé dans le cadre de nos assises.
Mes remerciements s’étendent naturellement à tous ceux qui ont cru en ce projet : partenaires avenants, bien sûr. Mais aussi des figures emblématiques de cette profession, qui nous ont encouragés, ne ménageant ni leur temps, ni leurs énergies, se montrant peu économes de leurs conseils avisés. Je pense notamment à Jean Claude OTTOU, Antoine Marie NGONO, Zacharie NGNIMAN, et bien d’autres encore.
Jean Vincent Tchienehom, Yerima Kini Nsom, et Marie Noelle Guichi
Madame le Ministre des Postes et télécommunications,
Monsieur le Ministre des Sports et de l’éducation physique,
Distinguées Personnalités,
Mesdames et Messieurs,
Dans sa note introductive du livre « Les nouveaux chiens de garde », que publiait Serge HALIMI en 1997, Pierre BOURDIEU, s’interrogeait en ces termes, et je le cite « Pourquoi en effet, les journalistes n’auraient-ils pas à répondre de leurs paroles, alors qu’ils exercent un tel pouvoir sur le monde social et sur le monde même du pouvoir ? Pourquoi n’auraient-ils pas à rendre compte de leurs prises de position et même de leur manière d’exercer leur métier et de conduire leur vie alors qu’ils s’instaurent si volontiers en juges des autres hommes de pouvoir, et en particulier des hommes politiques ? ». Fin de citation.
Vingt -deux ans plus loin, force est de constater que ces interrogations du Sociologue français n’ont perdu ni de leur acuité ni de leur perspicacité. Elles semblent investies d’un sens, d’une puissance et d’une consistance particulièrement suggestives dans le contexte camerounais. Elles opèrent comme l’un des fondements de ces Journées Citoyennes de la Presse. Car il s’agit de questionner les pratiques professionnelles qui relèvent du journalisme dans une conjoncture où une certaine pollution informationnelle tend à disqualifier le journalisme de référence, au profit du journalisme de révérence- ou de connivence si l’on veut.
En effet, à quoi assistons-nous depuis de longues années ?
Une diversification incontestable de notre paysage médiatique, rendue possible grâce à une armature législative qui consacre la liberté de la presse. Les chiffres les plus récents et les plus fiables font état de l’existence de : 600 organes de presse écrite ; plus de 200 radios ; une trentaine de télévisions ; des dizaines d’organes de presse en ligne. On peut y voir l’illustration d’une certaine vitalité du secteur.
Mais, prenons garde à ce que la réalité statistique ne masque une illusion d’optique, s’agissant en particulier des questions éthiques.
A vrai dire, la forteresse du journalisme de référence est littéralement prise d’assaut par toutes sortes d’opérateurs et d’acteurs, auteurs assumés d’objets médiatiques non identifiés, ou difficilement identifiables ; menaçant d’emporter l’édifice de repli de ce journalisme de référence, dont la fondation est le respect scrupuleux, voire le culte de la déontologie, c’est-à-dire, « un rituel socialement partagé dès lors qu’elle n’est pas seulement un texte interne, mais un ensemble de prescriptions qui définissent la place des uns et des autres qui ont affaire avec le journalisme », pour reprendre le mot de Denis RUELLAN .
Sous cet angle, mon propos s’éclaire mieux, par ceux que j’emprunte à Pierre GANZ lorsqu’il écrit, je cite : « Le manquement à l’éthique est autre chose : la rupture de règles générales qui font une information de qualité au service du public dans une démocratie -exactitude, vérification, protection des sources, refus de plagiat, de l’incitation à la haine ou à la discrimination, respect de la vie privée et du droit à l’image, absence de conflits d’intérêt, non confusion entre information et communication ». Fin de citation.
Narcisse Mouelle Kombi, le ministre des Sports, au premières loges et très attentif
Le Pr. Boyomo Assala Laurent Charles. Il a formé de nombreuses générations de journalistes
Distinguées Personnalités,
Mesdames et Messieurs,
Il faut bien en convenir : le spectacle auquel nous avons droit depuis tant d’années est affligeant de ses dérives et préoccupant de ses délinquances. Inutile de me livrer ici à quelque énumération, ou quelque caractérisation ; tant les déviances s’affichent et crèvent l’écran. Sans être dans le secret des communications qui vont être délivrées durant ces travaux, je subodore que leurs auteurs s’y pencheront. Ce qui est certain, c’est qu’au final, ce sont les citoyens qui apparaissent comme les principales victimes de ces manquements, et de ces manques. Car au fond, qu’est-
ce être citoyen ? Jean Vincent HOLEINDRE et Benoît RICHARD postulent que :
« Etre citoyen, c’est appartenir à la communauté politique ; s’acquitter des devoirs et jouir des droits civils, politiques, sociaux qui s’y attachent et participer aux affaires de la Cité ».
Or, pour participer de manière pertinente aux affaires de la Cité, il faut être bien informé. C’est un des droits du citoyen, consacré par divers instruments juridiques dont la « Déclaration Universelle des Droits de l’Homme » de 1948, constitue une référence significative. C’est aussi l’une des conditions de la vie démocratique portée à son optimum. Jacques CROS, explique, à propos du rôle crucial que jouent les médias dans une démocratie, ceci :
« Ils doivent donner aux gens tous les éléments d’information pour que ceux-ci exercent en toute connaissance de cause leurs choix de citoyens. La mission des moyens d’information en démocratie peut se résumer ainsi : faciliter l’exercice par les citoyens de choix raisonnés et critiques grâce à une information loyale, objective et complète et permettre la confrontation des opinions. L’information est donc indissociable du débat démocratique. C’est grâce à l’information que l’homme vit comme un homme livre ». Fin de citation.
A l’aune de ce qui précède, il est à craindre que, dans notre contexte, l’on peine à trouver cette information de qualité à laquelle ont droit les citoyens camerounais.
Face à une telle situation, il existe deux attitudes : la démission ou la mission ; céder à la tentation paresseuse de se contenter d’une place d’observateur résigné, ou alors engager une action en vue de faire bouger les lignes. L’Association Médias, Médiations et Citoyenneté a choisi de se doter d’une mission. D’où l’idée, le projet et l’organisation ces Journées Citoyennes de la Presse. Pendant deux jours, nous espérons :
-favoriser une introspection collective de ceux qui font œuvre de journalistes ;
-organiser des plates-formes d’échanges entre journalistes et citoyens ( à titre individuel ou institutionnel) ;
-mettre en valeur des figures respectées du journalisme ( qui raconteront leurs itinéraires, leurs doutes et leurs espoirs selon le procédé du storytelling) ;
Nous espérons par ailleurs encourager ceux qui aspirent à exercer ce qui est considéré comme le plus beau métier monde (notamment par l’organisation d’un concours du meilleur article de presse, dans les catégories « reportage » et « enquête »). Sur cette dernier point, il importe de notre que le processus est conduit de mains de maître par le Docteur Parfait AKANA, CEO de The Muntu Institute, pour honorer la mémoire, d’une Femme, d’une pionnière SITA BELLA, pour ne pas la nommer. Le jury de ce concours revêt une dimension internationale et les candidatures sont ouvertes à l’échelle continentale. Ce sont des indicateurs importants.
Distinguées Personnalités,
Mesdames, Messieurs
Tout au long du processus de préparation des ces Journées Citoyennes de la
Presse,
Nous avons croisé les visages d’un scepticisme désabusé ;
Nous avons noté les ravages d’un pessimisme paralysant ;
Nous avons aussi, -heureusement- perçu les gages d’un optimisme agissant.
C’est cet air d’optimisme qui est l’oxygène de notre engagement. C’est le viatique de l’Association Médias, Médiations et Citoyenneté. C’est l’encre dont nous souhaitons nous servir pour écrire une nouvelle page des rapports entre les journalistes et les citoyens dans notre pays.
Je vous vous remercie de votre bienveillante attention.
Valentin ZInga à l'ouverture des Journées Citoyennes de la Presse
« Pourquoi en effet, les journalistes n’auraient – ils pas à répondre de leurs paroles, alors qu’ils exercent un tel pouvoir sur le monde social et sur le monde même du pouvoir ? Pourquoi n’auraient-ils pas à rendre compte de leurs prises de position et même de leur manière d’exercer leur métier et de conduire leur vie alors qu’ils s’instaurent si volontiers en juges des autres hommes de pouvoir, et en particulier des hommes politiques ? ». Ce questionnement de Pierre Bourdieu épousseté par Valentin Zinga le fondateur de l’Association Médias, Médiations et Citoyenneté a servi de fil conducteurs aux premières journées citoyenne de la presse les ?? à Yaoundé. Vingt-deux ans plus loin, souligne Valentin Zinga, force est de constater que ces interrogations du Sociologue français n’ont perdu ni de leur acuité ni de leur perspicacité mais surtout, elles semblent investies d’un sens, d’une puissance et d’une consistance particulièrement suggestives dans le contexte camerounais.
Le Pr. Laurent Charles Boyomo Assala (à Dr), le Directeur de l’Ecole Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (ESSTIC).
Certes, depuis de longues années on assise à une diversification incontestable de du paysage médiatique Camerounais, rendue possible grâce à une armature législative qui consacre la liberté de la presse. Les chiffres les plus récents et les plus fiables font état de l’existence de : 600 organes de presse écrite ; plus de 200 radios ; une trentaine de télévisions ; des dizaines d’organes de presse en ligne. « Mais, s’inquiète l’organisateur des journées citoyennes de la presse, prenons garde à ce que la réalité statistique ne masque une illusion d’optique, s’agissant en particulier des questions éthiques. A vrai dire, la forteresse du journalisme de référence est littéralement prise d’assaut par toutes sortes d’opérateurs et d’acteurs, auteurs assumés d’objets médiatiques non identifiés, ou difficilement identifiables ; menaçant d’emporter l’édifice de repli de ce journalisme de référence, dont la fondation est le respect scrupuleux, voire le culte la déontologie ».Pourtant, le spectacle auquel nous avons droit depuis tant d’années est affligeant de ses dérives et préoccupant de ses délinquances déplore M. Zinga.
Or justement, en démocratie, les médias ont un rôle crucial à, jouer. Car comme le souligne Jacques CROS, les médias « doivent donner aux gens tous les éléments d’information pour que ceux – ci exercent en toute connaissance de cause leurs choix de citoyens. La mission des moyens d’information en démocratie peut se résumer ainsi : faciliter l’exercice par les citoyens de choix raisonnés et critiques grâce à une information loyale, objective et complète et permettre la confrontation des opinions. L’information est donc indissociable du débat démocratique. C’est grâce à l’information que l’homme vit comme un homme libre ». Or à l’aune de ce qui précède, il est à craindre que, dans le contexte Camerounais, l’on peine à trouver cette information de qualité à laquelle ont droit les citoyens camerounais.
Mme la Ministre des Postes Minette Libom Li Likeng, avec à sa gauche le ministre des Sports, le Pr. Narcisse Mouelle Kombi
C’est pour corriger ces dérives que ces Journées Citoyennes de la Presse ont été organisées. Pendant deux jours, la crème de la presse Camerounaise réunie par l’Association Média, Médiations et Citoyenneté, avec la collaboration de la fondation Paul Ango Ela et du The Muntu Institute s’est à telle à favoriser une introspection collective de ceux qui font œuvre de journalistes ; organiser des plates – formes d’échanges entre journalistes et citoyens (à titre individuel ou institutionnel) ; mettre en valeur des figures respectées du journalisme (qui ont raconté leurs itinéraires, leurs doutes et leurs espoirs selon le procédé du storytelling). Il s’agit de questionner les pratiques professionnelles qui relèvent du journalisme dans une conjoncture où une certaine pollution informationnelle tend à disqualifier le journalisme de référence, au profit du journalisme de révérence – ou de connivence Valentin Zinga espère ainsi pouvoir remettre la presse Camerounaise sur les rails de l’éthique et de la déontologie, car soutien-il, face à la déchéance, il ne faut pas désespérer, mais agir pour stopper les dérives et repartir vers le haut : « Nous avons croisé les visages d’un scepticisme désabusé ; Nous avons noté les ravages d’un pessimisme paralysant ; Nous avons aussi, – heureusement – perçu les gages d’un optimisme agissant. C’est cet air d’optimisme qui est l’oxygène de notre engagement. C’est le viatique de l’Association Médias, Médiations et Citoyenneté. C’est l’encre dont nous souhaitons nous servir pour écrire une nouvelle page des rapports entre les journalistes et les citoyens dans notre pays
A compter du 1er janvier 2020, la gestion du terminal à conteneurs du Port Autonome de Douala (PAD) sera confiée une nouvelle structure dénommée « Régie du Terminal à Conteneurs (RTC) ». C’est ce qui ressort de la note signée par le président du Conseil d’administration du PAD, Shey Jones Yembe. Note portant création, organisation et fonctionnement de la RTC du port de Douala-Bonabéri. La mise sur pied de cette structure dont le mandat s’étend sur un an renouvelable, survient dans un contexte marqué par des tumultes issus du choix du concessionnaire du terminal à conteneurs. La note portant création de la RTC souligne en son article 2 qu’elle est un « service délégué du Port Autonome de Douala, placé sous l’autorité du directeur général ». L’alinéa 2 dudit article indique également qu’elle « jouit d’une autonomie administrative et financière et reçoit délégation sur toutes les matières relatives aux opérations de gestion, d’exploitation et de maintenance du terminal à conteneurs ». L’article 4 de la note signée par Shey Jones Yembe informe que la RTC assure pour le compte du PAD, « l’exercice de l’activité de gestion, d’exploitation et de maintenance des installations, des équipements, des appareils et des dépendances du domaine public portuaires dans les limites du terminal à conteneurs de Douala-Bonabéri ». Ainsi, dans l’optique de permettre la continuité du service et la poursuite sereine des activités au PAD, le conseil d’administration a décidé de créer la RTC en lui assignant des missions précises.
Les Missions de la RTC
La RTC est chargée des services de « manutention, de chargement et de déchargement des navires porte-conteneurs opérés sur les quais du terminal, de manutention et de transfert de conteneurs et les terre pleins, de la manutention des conteneurs sur le parc du terminal, du chargement et du déchargement des conteneurs et de leurs marchandises sur les moyens de transport terrestre, de l’entreposage, du gardiennage et de gestion des conteneurs et de leurs marchandises dans le périmètre du terminal ». Aussi, peut-on lire dans ce document, la RTC est chargée des services « d’entreposage, d’empotage des conteneurs, sans oublier la sûreté et la sécurité des biens et des personnes relevant des responsabilités du gestionnaire du terminal, conformément aux lois et règlements ». Bien plus, la RTC va offrir des services « d’entretien et de maintenance des ouvrages et des équipements du terminal, notamment les terre-pleins, la totalité de la zone de bord à quai, les voies de circulation, les installations, les bâtiments, les réseaux divers, les rails de roulement des portiques, les équipements et les outillages, à l’exclusion de l’entretien du mur de quai et du dragage ». Sont exclus des missions de la RTC, « la manutention des véhicules automobiles et autres marchandises transportés par les navires ». A cet effet, les armateurs des navires assistés disposent du libre-choix de leur manutentionnaire dans le respect du règlement d’exploitation du terminal, poursuit l’article 5.
Gestion de la RTC
La gestion de la RTC est confiée à un directeur délégué, sous le contrôle d’un Conseil de supervision chapeauté par le directeur général du PAD. Celui-ci est chargé de la préparation du budget dont il est l’ordonnateur. Il prépare les états financiers et les rapports d’activités annuels, assure la gestion technique et administrative du terminal à conteneurs. Le directeur délégué est également chargé de l’élaboration des études, des plans et programmes d’aménagement, d’équipement et de renouvellement des outils du terminal. Il prend en cas d’urgence, toutes les mesures nécessaires à la bonne marche du terminal à conteneurs et rend compte au conseil de supervision.
Une foule campe devant les services du ministre de l’Enseignement supérieur depuis ce samedi 14 décembre 2019 à Yaoundé. Ces près de 150 personnes y ont passé la nuit. C’est une partie du collectif des docteurs et détenteurs de PhD non recrutés par l’Etat du Cameroun. Ils sont venus dénoncer leur non recrutement dans le cadre du projet présidentiel de recrutement de 2000 enseignants détenteurs de doctorats et de Phd dans les universités d’Etats. La première phase du processus ayant abouti au recrutement de 1080 jeunes camerounais dans les différentes universités d’Etat du Cameroun. En foi, la liste rendue publique vendredi dernier nuitamment.
« Cette liste trahit la tricherie qui a entouré les sélections», dénonce un candidat recalé. Regroupés autour de Dr Moustpaha Moncher Nsangou, le président de leur collectif, les contestataires crachent leur venin : « Moi, j’ai encadré beaucoup de jeunes doctorants qui pour certains n’ont soutenu que récemment et je suis surpris qu’ils soient recrutés alors que je ne le suis pas», trouve curieux Patrick Djampa. Ils sont nombreux dans cette situation. « C’est plus compliqué chez moi car je suis à la limite d’âge et je n’ai pas été retenue. Ce qui fait que je n’ai plus d’autre chance après ça», se plaint Brigite Lekane. Celle-ci est la bête noire du président du collectif. «Il ne faut pas qu’elle manipule les autres. Les critères ont été définis clairement. Maintenant, elle veut entraîner tout le monde dans sa situation », lui reproche Dr Nsangou. « De quoi parle-t-il ? J’ai contribué au choix de certains candidats, et me voici oubliée. Quoi qu’il en soit, le président de la République a demandé de recruter tous les PhD sans emploi», lui rappelle celle-ci. Déterminée à faire entendre sa voix, cette dernière compte aller jusqu’au bout de son action pour se faire recruter. Une porte reste ouverte. Au départ, il était prévu le recrutement de 1000 candidats pour le première phase, ensuite 500 pour la deuxième et autant pour la 3ème phase. Le tout sur trois ans. Puis, à la première étape, l’on est allé à 1082 candidats. Sauf que « la liste compte de nombreux doublons, et nous demandons que non seulement la prescription présidentielle soit respectée, mais aussi, que les personnes atteintes par la limite d’âge soient recrutées en remplacement des candidats retenus doublement», insiste un radical.
Marche de remerciement
Une partie du problème revêt une connotation tribale. « Pourquoi n’a-t-on rejeté e priorité que les Bamiléké ?» se demande un des recalés, voyant un règlement de comptes à coloration politique. « Ce n’est pas un hasard. Nous payons un prix que nous ignorons, mais il y a une réalité qui saute à l’œil : les recalés sont prioritairement d’une même région», souligne un mécontent. Le président du Collectif en a une réponse : « 65% des candidats étaient originaires de l’Ouest. Ce qui suppose que même si on prenait tous les candidats de l’Ouest, tous ne seraient pas pris », explique Moustapha Moncher Nsangou. Et d’ajouter que « l’Ouest et le Centre ont une majorité obèse dans les chiffres retenus jusqu’à présent». Pas de quoi convaincre les radicaux : « A l’Iric, certains ont été retenus sans avoir répondu à tous les critères, ni avoir passé toutes les étapes du processus, pendant que d’autres candidats recalés avaient pourtant rempli toutes les conditions », remonte à la charge, un autre. Le leader a du répondant : « les gens oublient que les critères n’étaient pas les mêmes dans toutes les universités. »
Une marche programmée par les services du Minesup pour « remercier » le chef de l’Etat pour sa « magnanimité » en faveur des jeunes titulaires du Doctorat et du PhD divise le collectif. « Pourquoi allons-nous marcher ?» demande un mécontent. « Les gens ne sont pas obligés de marcher », répond Dr Moustapha Moncher Nsangou, président de leur collectif des candidats au recrutement. « Pourquoi vous n’étiez pas avec nous la nuit ? Nous n’avons pas le même sort », lui rétorque une autre voix. « Je suis dans une situation embarrassante. Je ne peux pas vous lâcher parce que je suis le leader choisi au départ et j’ai le devoir de me battre pour tous ; mais je ne peux non plus me mettre à combattre le gouvernement. Mon rôle est de porter le message de tous. Il ne faut pas oublier ; certains croient que le groupe est divisé. Faux : le groupe est toujours uni. Il y a une situation qui ne pouvait pas ne pas arriver : c’est que tout le monde n’a pas été retenu. Même au terme du processus, il y aura toujours des frustrations, puisque les candidats sont plus nombreux que le nombre de places », essaie de recadrer Dr Nsangu Moncher.
Peine perdue. L’homme est étiqueté désormais comme un « pion » du gouvernement auprès de ses camarades pour les distraire. « Il y a des choses que je ne peux pas dire de ma position. Mais je voudrais remettre les choses au clair. Il était prévu une marche de remerciement au chef de l’Etat pour le recrutement ; et c’est normal, on ne manque jamais de dire merci, mais en Afrique, quand on dit merci, c’est qu’on redemande. Donc il est question pour nous de dire merci demain au chef de l’Etat, mais en lui disant que nous ne sommes pas satisfaits», essaie d’expliquer le leader du collectif désormais en lambeaux. « Là nous sommes d’accord. Faites votre marche et laissez-nous faire notre sit-in en paix car il n’est pas question pour nous de dire merci alors que nous avons été frustrés», s’oppose un des caciques. Mais dans l’ensemble, l’interface entre le collectif et les pouvoirs publics parvient à convaincre : « Après la marche, nous rencontrerons le ministre ; et nous devons y aller ensemble pour porter le message ensemble», assure Dr Nsangou. Obligé de lire en public la lettre initiée à l’intention des autorités gouvernementales, pour résoudre le problème qui se pose.
Les réformes mises en œuvre au Cameroun dans les domaines du secteur rural et des finances publiques ne laissent pas indifférent l’Union Européenne (UE). Et pour marquer son soutien face aux résultats obtenus sur le terrain, elle vient à nouveau de débloquer un appui budgétaire de 33 milliards de francs CFA. La signature de l’avenant de la convention de financement au Contrat de Réformes Sectorielles du secteur rural a eu lieu le 16 décembre dernier, à Yaoundé. Cette convention signée entre le ministre de l’Economie, Alamine Ousmane Mey et l’ambassadeur, chef de la délégation de l’Union Européenne, Hans-Peter Schadek, rentre ainsi dans le cadre du Programme Indicatif National du 11ème Fonds Européen de Développement. Elle va couvrir la période 2020-2021, en s’inscrivant dans la continuité de l’engagement de l’Union Européenne à la modernisation de l’action publique camerounaise. Ce financement supplémentaire de 33 milliards de francs CFA va s’effectuer en trois phases, soit deux décaissements de 24 millions d’euros chacun en 2020 et 2021, environ 16 milliards de francs CFA et une allocation de deux millions d’euros, soit un peu plus d’un milliard pour les réformes supplémentaires. Globalement, il est question « d’améliorer la qualité de la dépense publique et les conditions de base du développement des filières agro-sylvo-pastorales ». Les réformes envisagées, a-t-on appris, seront examinées à l’aune de l’exécution de la politique nationale de semences végétales, de la politique de santé animale et de santé publique vétérinaire ; de la mobilisation et de la transparence dans les taxes affectées aux secteurs cacao et bois.
La signature de cet avenant vient ainsi porter à 150 millions d’euros (plus de 93 milliards de francs CFA), sous forme de dons, l’engagement de l’appui budgétaire de l’UE sur la période 2017-2021.
Pour rappel, le Programme Indicatif National du 11ieme Fonds Européen de Développement (FED) a vu le jour après le sommet des chefs d’Etats de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (Cemac) tenu à Yaoundé en décembre 2016. L’UE s’était engagée à soutenir le Cameroun dans la conduite des réformes structurelles à même de soutenir une croissance forte, inclusive et durable.