Crise anglophone : Atanga Nji dévoile le double jeu des agences humanitaires

Le 28 décembre dernier, à l’occasion du départ d’un convoi humanitaire de 100 camions à destination des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, et transportant des dons du gouvernement destinés aux déplacés et autres victimes de la crise anglophone, le ministre de l’Administration Territoriale a dénoncé les agissements scandaleux de certaines ONG qui sous couvert d’actions humanitaires apportent un soutien logistique aux milices séparatistes en transportant leurs armes et munitions. Ci-dessous, de larges extraits de la déclaration du ministre Paul Atanga Nji.

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Depuis un certain temps, des hommes politiques véreux, des ONG manipulées par les détracteurs du Gouvernement et certains de nos partenaires animés de mauvaise foi laissent croire auprès des instances internationales que la situation dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest conduirait à une crise humanitaire au Cameroun. Le but de cette manipulation honteuse est clair : prouver que le Gouvernement de la République du Cameroun est incapable de gérer la situation humanitaire et susciter une intervention de la Communauté Internationale pour, soi-disant, sous le couvert du droit d’ingérence humanitaire. Dans ce complot contre le Cameroun qui de toute façon est voué à l’échec, trois (03) gros mensonges sont distillés : Premièrement : d’après ces comploteurs, il y aurait environ 600 000 milles déplacés internes dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Avant de montrer le niveau ridicule de ces mensonges erronés, je tiens à préciser que le Ministre de l’Administration Territoriale est en charge de l’action humanitaire au Cameroun. Depuis 1982 et peut-être avant, le Cameroun est reconnu par les instances internationales pour son professionnalisme et son efficacité en matière de gestion des réfugiés. Le Cameroun a accueilli sur son sol, plus de 1 million de réfugiés en 30 ans et le Gouvernement, sous la conduite éclairée du Président Paul BIYA a déployé des moyens importants pour encadrer ces réfugiés qui viennent des pays voisins et lointains en crise ou en proie à des guerres civiles. Depuis 2012, les activités criminelles de la secte Boko Haram et la crise en République Centrafricaine ont amené le Gouvernement camerounais à accueillir sur son sol plus de 500 000 réfugiés venant de ces deux pays voisins. Après des années passées au Cameroun, certaines de ces personnes ont opté pour un retour volontaire dans leurs pays respectifs.

Le Ministre de l’Administration Territoriale qui a reçu plein pouvoir du Chef de l’Etat, à signer deux accords tripartites : Cameroun – Nigéria – HCR et Cameroun – RCA – HCR qui ont pour but, le départ volontaire des réfugiés des pays voisins installés au Cameroun. Le Ministre de l’Administration Territoriale, les Ministres des pays concernés et les représentants du HCR étaient tous récemment sur le terrain pour assurer le bon déroulement de ces opérations de départs volontaires des réfugiés installés au Cameroun. Cette parenthèse a pour but de démontrer qu’en matière d’encadrement des réfugiés et des déplacés internes, le Cameroun a une expertise de longue date. Les apprentis sorciers n’ont aucune leçon à nous donner car il serait difficile de convaincre même un profane en la matière que le Cameroun, qui a tant montré son hospitalité légendaire et son encadrement professionnel à l’endroit des réfugiés depuis plus de 30 ans, ne serait pas en mesure d’encadrer ses propres déplacés internes.

LE BUSINESS DE L’HUMANITAIRE

Ceci dit, je tiens à préciser que le Cameroun à ce jour n’a que 152 000 déplacés internes dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, et environ 6 à 9 milles déplacés internes dans les autres Régions : Ouest, Littoral, Centre et Adamaoua dans une moindre mesure. Ayant constaté que les déplacés internes avaient besoin d’une aide urgente, le Président de la République a décidé de créer le Plan d’Assistance Humanitaire d’Urgence pour les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Lancé par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, le 21 juin 2018, le Ministre de l’Administration Territoriale a été instruit de tout mettre en oeuvre pour porter secours à ces compatriotes dans une situation de détresse, et qui ont été contraints de quitter leurs villages, arrondissements, départements ou Régions à la suite des atrocités commises par les terroristes séparatistes manipulés et drogués. Après évaluation rigoureuse des besoins, le Gouvernement a attribué une enveloppe de 12,7 milliards de FCFA pour s’occuper de tous les déplacés internes dont le nombre est connu. Pour le recensement des déplacés internes, les autorités administratives qui procèdent à leur identification dans les arrondissements ont tenu compte des chiffres des ONG responsables et de certains détails fournis par les autorités religieuses et les Chefs traditionnels. Deuxièmement : le Gouvernement a évalué l’assistance aux déplacés internes à 12.7 milliards de FCFA pendant deux (02) ans. Par contre, certains de nos partenaires humanitaires disaient qu’il nous fallait 36 milliards de FCFA pour s’occuper des déplacés internes dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, soit trois (03) fois plus que les estimations faites par le Gouvernement. Il est facile de comprendre que la gestion de l’action humanitaire dans les pays en crise est un business de gros mensonge et surtout un fonds de commerce.

ONG MANIPULES, PARTENAIRE DE MAUVAISE FOI

Face à cette mauvaise évaluation, le MINAT a convoqué deux réunions avec tous les partenaires du système des Nations Unies : le HCR, le PAM, l’OMS, l’OCHA, l’UNICEF et les ambassadeurs de l’Union Européenne pour leur communiquer la bonne information sur la situation des déplacés internes dans les Régions du Nord-Ouest et du SudOuest. Nous envoyons régulièrement à nos partenaires, des informations sur les actions menées sur le terrain pour l’encadrement des déplacés internes dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest et ceux installés dans les autres Régions. La Coordinatrice des agences de l’ONU au Cameroun, Mme Allegra Baiocchi a eu plusieurs séances de travail avec le MINAT sur la situation exacte des déplacés internes au Cameroun. Je souhaite ardemment qu’elle fasse bon usage des informations fondées et fiables que nous mettons régulièrement à sa disposition auprès des instances internationales.

SUR LA CRéATION DU CENTRE DE COORDINATION DE L’ACTION HUMANITAIRE DANS LE NORD-OUEST ET LE SUD-OUEST

Les humanitaires se sont plaints de ce que leurs agents n’ont pas la possibilité de se déployer dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pour porter secours aux déplacés internes. Il s’agit de quoi ? Les Régions sont placées sous l’autorité des Gouverneurs qui encadrent toutes les activités dans leurs unités de commandement respectives. Ceci dit, pour entreprendre une activité humanitaire quelconque dans une Région, un département ou un arrondissement, surtout dans les Régions du Nord-Ouest et du SudOuest, l’autorité administrative doit en être informée. Troisièmement : Il est regrettable de constater que certaines agences humanitaires arrivaient parfois dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et exerçaient leurs activités à l’insu des autorités administratives. A titre d’illustration, deux petits Toyota Pick-up du PAM et une ambulance de Médecins Sans Frontières ont été attaqués par les terroristes dans le NordOuest et le Sud- Ouest alors que leurs présences n’étaient pas signalées auprès des autorités administratives. Pour éviter ces méprises, le Chef de l’Etat a instruit la création des Centres de Coordination de l’Action Humanitaire dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Lesdits centres sont opérationnels et sont bien équipés. Le MINAT et Madame la Coordinatrice des Agences de l’ONU au Cameroun et d’autres Chefs de Mission ont visité les centres de Bamenda et de Buea. Malgré la volonté du Gouvernement de tout mettre en œuvre pour faciliter les activités de nos partenaires sur le terrain, il nous revient toujours que certaines agences de l’ONU ont des difficultés à se déployer dans les Régions du Nord-Ouest et du SudOuest. Il s’agit de quoi ? Les agences de l’ONU (PAM, OCHA, HCR) et d’autres veulent observer la stricte neutralité dans leurs opérations sur le terrain. Le Gouvernement reconnaît le caractère de neutralité de nos partenaires mais, celui- ci n’exclut pas la transparence. Le Gouvernement exige donc la transparence dans les activités de nos partenaires sur le terrain. Par exemple, le PAM avait dit en juin 2019 que ses agents avaient distribué de l’aide à 50 000 déplacés internes dans la Région du Sud-Ouest. Nous avons demandé au Préfet de la Mémé de nous faire le point sur cette activité. Le Préfet nous a dit que le PAM n’a effectué aucune distribution dans son département pendant la période indiquée. Il a d’ailleurs précisé que son département a environ 20 000 déplacés internes. Le lendemain, j’ai convoqué le responsable du PAM pour les informations précises sur ce dossier, il nous a dit que ses collaborateurs n’ont pas fait le bon compte rendu.

TRAFICS DANGEREUX

Dans la Région du Sud-Ouest, nos forces de défense et de sécurité ont interpellé une ambulance d’une agence humanitaire qui était censée transporter des blessés. Dans cette ambulance, il y avait certes trois blessés, mais qui en réalité, étaient de dangereux terroristes activement recherchés par les forces de défense et de sécurité. Plus grave dans cette ambulance, il y avait trois Kalachnikov et deux caisses de munitions. Vous conviendrez avec moi qu’une ambulance d’une agence humanitaire peut transporter des blessés et non des armes de guerre. Les forces de défense et de sécurité ont effectué un contrôle inopiné dans un convoi humanitaire d’un partenaire humanitaire, il y avait du riz, savons et boîtes de conserves, etc. Paradoxalement dans un camion, il y avait trois caisses de munitions, des paires de jumelles, des téléphones portables androïdes, etc. Confronté à ce trafic dangereux de certains partenaires ou de ceux qui travaillent pour le compte des groupes séparatistes, le Gouvernement exige désormais plus de transparence et plus de responsabilité dans les opérations de leur part dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. En ce qui concerne le Gouvernement, nos actions sur le terrain sont transparentes. Lorsque nous distribuons l’aide humanitaire aux déplacés internes à Bonabéri, à Bafoussam, à Bamenda, à Kumba, à Dschang, à Buea, à Widikum, à Mamfé ou à Tombel, les denrées alimentaires, kits sanitaires, matériaux de construction, matériel de couchage sont placés devant chaque bénéficiaires et chaque famille. BILAN Dans le cadre du Plan d’Assistance Humanitaire d’Urgence, le Gouvernement a déjà accordé assistance à plus de 160 000 déplacés internes dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, et à plus de 10 000 déplacés internes dans les autres Régions (Ouest, Centre et Littoral). Le MINAT et ses collaborateurs ont déjà effectué plus de 103 descentes sur le terrain. Depuis six (06) mois, le MINAT a déjà organisé un convoi de plus de 5 000 familles qui ont volontairement accepté de rentrer dans le Nord-Ouest et le Sud- Ouest car elles estiment que le calme revient progressivement dans leurs villages ou arrondissements. Tenant compte de ce bilan élogieux des actions menées par le Gouvernement pour assister les déplacés internes dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, force est de constater qu’il n’y a aucune crise humanitaire au Cameroun. La situation est parfaitement sous contrôle et les déplacés internes continuent de bénéficier de l’attention toute particulière du Président de la République.

Et pour preuve, le Chef de l’Etat S.E. Paul BIYA a dépêché ce jour, samedi 28 décembre 2019, un convoi humanitaire spécial de 100 camions transportant des denrées alimentaires, des kits sanitaires et du matériel de couchage en faveur des déplacés internes des Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pour les fêtes de fin d’année. Au mois de juin de cette année, le Chef de l’Etat avait déjà envoyé un convoi spécial d’aide humanitaire de 60 camions lourdement chargés en faveur des déplacés internes dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. C’est la preuve que S.E. Paul BIYA, Président de la République a opté pour l’action en faveur des déplacés internes. Et l’action est plus éloquente que des critiques acerbes, la manipulation, la désinformation et des affabulations savamment orchestré par les détracteurs du régime. Il faudrait bien le rappeler, selon les normes internationales décrites par l’ONU, l’action humanitaire dans un pays est d’abord de la responsabilité primordiale du Gouvernement concerné.

MENSONGES ET DESINFORMATIONS

Les agences humanitaires peuvent seulement venir en appui des actions décidées par le Gouvernement. En clair, le Gouvernement est « on the drivers seat » car, je ne peux pas avoir le deuil chez moi et un étranger vient pleurer mon deuil plus que moi-même. Si vous avez un deuil chez vous et un étranger vient pleurer votre deuil plus que vous-même, sachez que l’étranger à un agenda caché et vous devez vous en méfier. Les détracteurs ont pensé qu’ils vont déstabiliser les institutions avec Boko Haram. Le Gouvernement, sous la conduite éclairée de S.E. Paul BIYA a tenu bon. Les détracteurs ont par la suite pensé que les perturbations politiques et les actes terroristes dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pourraient faire fléchir le régime. Sous la conduite éclairée du Chef de l’Etat, la situation dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest est sous contrôle et revient progressivement à la normale nonobstant certaines poches de résistance que les populations excédées, se chargent de faire disparaître. Les détracteurs ont encore visé la situation humanitaire dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pensant que le Cameroun ne serait pas à mesure de gérer les déplacés internes dans les deux Régions. Ce qui leur aurait donné la possibilité de proposer le droit d’ingérence humanitaire. A travers le Plan d’Assistance Humanitaire d’Urgence et sa parfaite exécution sur le terrain, le Chef de l’Etat a une fois de plus démontré à la communauté internationale que le Cameroun est debout et capable de porter assistance à tous les déplacées internes dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Les mensonges, la désinformation, la manipulation des chiffres, les informations erronées sur la situation humanitaire au Cameroun ne vont pas prospérer car si la vérité voyage sans visa, le mensonge et la désinformation ont une courte durée de vie; je dirai davantage que le mensonge a une durée de vie éphémère. Les détracteurs ont même prétendu que le Régime allait s’écrouler après l’élection présidentielle de 2018.

Non seulement S.E. Paul BIYA a été plébiscité par l’immense majorité des camerounais, mais le pays est plus que jamais solide et debout. Ce qui restera aux détracteurs du Gouvernement de faire maintenant pendant cette période de Noël, c’est de dire que Jésus-Christ n’était pas né à Bethlehem ; ce serait le comble du ridicule. Non il n’y a pas de crise humanitaire au Cameroun, la situation est sous contrôle et elle est bien gérée. Le Chef de l’Etat est déjà sur le deuxième volet de ce programme à savoir le développement. C’est-à-dire permettre aux déplacés internes de pouvoir mieux se prendre en charge dans un avenir proche. Je vous invite à m’accompagner à l’esplanade de l’hôtel de ville de Yaoundé pour le lancement du convoi des denrées alimentaires (kits sanitaires et matériel de couchage), don du Couple Présidentiel aux déplacés internes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest».

Par Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration territoriale

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