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Lutte contre le Covid-19 : Protais Ayangma appelle les assureurs à soutenir l’Etat

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« En dehors du groupe SUNU qui a fait don appréciable de matériel médical à l’hôpital Laquintinie. C’est pourtant l’intérêt des assureurs de s’investir dans la lutte contre les pandémies pour non seulement montrer et démontrer leur utilité sociale mais aussi limiter leurs conséquences sur leurs exploitations. Ils ont également manqué l’occasion de dorer leur image largement écornée par des comportements jugés très souvent irrespectueux de leurs engagement pour certains d’entre eux », constate pour le déplorer le président d’Assurtech, Protais Ayangma.

L’ancien directeur général de Saham Assurance n’est pas passé par quatre chemins pour remonter les bretelles de ses confrères dans le cadre de la chaine de solidarité lancé par le président de la République pour la riposte contre le Covid-19. « L’assurance c’est d’abord la solidarité et la mutualité. Les assureurs devraient être en première ligne dans ce combat en se montrant et non en se cachant, d’autant plus qu’ils pourraient en tirer de substantiels dividendes en terme d’image et donc de plus grande adhésion à leurs produits. Sans jouer sur la peur et le malheur, ils devraient proposer des produits santé, frais d’obsèques, assistance, épargne et montrer qu’ils sont là « dans les coups durs ». Leurs populations leur en seront gré », poursuit-il. Toutefois, Protais Ayangma propose qu’à défaut d’une intervention directe (dons…) des assureurs dans la lutte contre le Covid- 19, les assureurs pourraient en collaboration avec l’Etat, revoir à la baisse la prime de l’assurance RC automobile pour les transporteurs publics de voyageurs TPV et accepter pour ceux qui le souhaitent, la mensualisation des primes sans aucune pénalité tout en réglant rapidement les sinistres pour soulager la trésorerie de leurs clients pendant cette période de vaches maigres. « Ce serait leur effort de guerre. Les banquiers ont pour leur part déjà annoncé qu’ils étaient prêts à restructurer les engagements de leurs clients », précise l’ex président de la Fédération des Sociétés d’Assurance de droit National Africaine (Fanaf).

L’assureur fait par ailleurs comprendre à ses collègues que plusieurs branches notamment l’assurance transports, de l’assurance voyage, de l’assurance santé, de l’assurance vie, de l’assurance automobile pourraient être impactées plus ou moins significativement. « La fermeture des frontières à travers le monde a eu pour effet direct la limitation des déplacements aussi bien des personnes que des marchandises […] Cependant, la limitation des déplacements notamment interurbains, de même la limitation du nombre de personnes transportées par les taxis et mototaxis, pourraient avoir un effet positif sur la sinistralité de ce secteur dont le taux se situait autour de 47,51% en 2018. On pourrait ainsi connaitre une baisse de la sinistralité. Ce qui laisse une fenêtre pour envisager une petite baisse de tarif qui d’ailleurs risque de s’imposer face à la pression des transporteurs confrontés à une forte baisse des revenus du fait des mesures barrières décidées par le gouvernement », fait savoir Protais Ayangma.

Commutation et remise de peines : Les incompréhensions du décret de Paul Biya

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Le président de la République a signé le 15 avril dernier, un décret portant remise et commutation des peines de certains prisonniers. Dans l’ensemble, le décret touche les prisonniers condamnés à la peine de mort, à la peine à vie, à une peine inférieure ou égale à 10 ans, à une peine supérieure à 5 ans, à une peine inférieure ou égale à 3 ans, et ceux à qui il reste à purger moins de 3 ans d’emprisonnement. Le décret précise que 18 catégories de personnes ne sont pas touchées par cette décision notamment ceux condamnés pour détournement de deniers publics, corruption, atteintes à la sûreté de l’Etat, terrorisme etc…. Si selon l’homme politique Vincent Sosthène Fouda, ce décret touche moins de 15 % de la population carcérale, il ne manque de susciter des critiques, tant de la société civile que des organisations de défense des droits de l’Homme. C’est le cas de Me Agbor Balla qui regrette le fait que ce décret ne concerne pas les personnes arrêtées dans le cadre de la crise anglophone. Pour lui, « le décret n’inclut pas les détenus anglophones et les séparatistes anglophones, présumés placés en détention préventive dans le cadre de la crise actuelle dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest.» Il explique que « la plupart des anglophones en détention ont été inculpés et condamnés pour terrorisme ». C’est une décision qui n’est donc pas à célébrer, tranche le directeur du Centre des droits de l’Homme et de la Démocratie en Afrique.

Le chroniqueur judiciaire Christophe Bobiokono va plus loin et pense que le décret du président de la République privilégie en partie les «assassins aux personnes âgées». Dénonçant le fait que cette décision n’a pas pris en compte les recommandations du Haut-Commissariat des Nations Unis pour les Droits de l’Homme, qui avait appelé les Etats à libérer les prisons afin d’y éviter la flambée du Covid 19, il estime que le président « aurait dû décréter une libération pure et simple des personnes malades, des personnes âgées de plus de 60 ans, des petits délinquants et des personnes détenues sans fondement juridique suffisant ». Le directeur de publication de Kalara s’étonne par ailleurs du fait que ce décret ne touche pas les personnes arrêtées dans le cadre de l’opération épervier, qui sont pour la plupart des malades. Selon lui, ces détourneurs de fonds publics « ne représentent un danger pour la société que lorsqu’ils sont aux affaires, or tous ont été débarqués et ne représentent donc plus aucun danger ».

Il faut noter que cette décision du président de la République est intervenue quelques temps après l’interpellation de la société civile, les leaders de partis politiques et des Nations unies. Pour éviter la propagation du coronavirus en milieu carcéral, le Haut-Commissaire des Nations unies pour les droits de l’Homme avait par exemple exhorté « les gouvernements et les autorités compétentes à travailler rapide ment pour réduire le nombre de personnes en détention », en libérant « les détenus les plus âgés et ceux malades, ainsi que les délinquants présentant un risque faible ». Michel Bachelet avait ensuite indiqué que « une fois libérées, ces personnes devraient être soumises à un examen médical, et des mesures devraient être prises pour veiller à ce qu’elles reçoivent les soins et le suivi nécessaires, y compris le suivi médical ».

Par Joseph Essama

Coronavirus : Kamto et Manaouda Malachie se relaient chez Samuel Kleda

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Monseigneur Samuel Kleda est désormais un des pôles d’attraction de la lutte contre le Covid-19 au Cameroun depuis quelques jours. Ce depuis que l’archevêque de Douala a annoncé avoir trouvé une solution qui soigne (voire guérit) des malades du Covid-19. Indiquant que le médicament est gratuit et disponible au service sanitaire diocésain. Même si l’homme se refuse à dévoiler la composition de la décoction qu’il utilise pour vaincre le virus qui terrorise le monde entier, le témoignage que l’homme rend lui-même semble intéresser. « Quand le problème de coronavirus s’est posé, j’ai essayé de revisiter toutes les recettes que je connais, j’ai appliqué certaine ces recettes sur des personnes qui en souffrent », déclare-t-il. En fait, « quand une personne présente les symptômes attribuées au coronavirus, nous lui proposons des médicaments à base de plantes. Et comme le coronavirus s’attaque à la respiration, nous donnons une décoction qui purifie, qui libère les poumons et des personnes se sentent guéries », témoigne-t-il. Avant de relativiser : « Est-ce que nous guérissons ? », se demande le prêtre. Toujours est-il que « nous travaillons un peu à la manière des vrais guérisseurs. A la science de vérifier. Mais ce qui compte pour nous c’est que les douleurs du malade cessent », s’en contente celui qui s’est lancé à la naturopathie par nécessité, face à la crise sanitaire dans le diocèse de Guider il y a une trentaine d’années.

En attendant les scientifiques, ce sont les politiques qui accourent vers le prélat. Dans un communiqué rendu publique hier 27 avril, Olivier Bibou Nissack, a adressé les « félicitations du Pr Maurice Kamto à Mgr Samuel Kleda pour ses efforts et son produit contre le Covid-19 qui devrait être un motif de fierté nationale, comme on l’a vu dans d’autres pays africains». Le porte-parole de Maurice Kamto, écrit que « le président [du Mrc] tient à marquer son soutien indéfectibles à toutes les solutions médicales et technologiques (pan)africaines pour donner une réponse appropriée au Covid-19 et particulièrement celle mise au point par Mgr Samuel Kleda» Saluant cette initiative qui à son goût, épouse l’idée de Maurie Kamto et le Mrc de promouvoir la fabrication locale nécessaires pour la lutte contre cette maladie, notamment les gels et solutions hydroalcooliques. Avant d’annoncer que Maurice Kamto « exhorte le leadership de SCSI (Survie-Cameroon) à se rapprocher de Mgr Kleda, pour en savoir davantage et envisager quelle aide pourrait lui être apportée en vue de mettre ce remède à la disposition du plus grand nombre de malades du Covid-19 ».

Dans un tweet lundi soir, le Dr Manaouda Malachie annonce avoir « saisi le Monseigneur cet après-midi pour qu’une équipe conduite par le directeur de la pharmacie se déplace sur Douala pour évaluer son process et l’accompagner sur tous les plans ». Le ministre de la Santé publique (Minsanté) ne veut pas se laisser supplanter par les réseaux sociaux qui étaient les premiers à en parler, encore moins par l’opposition qui est en guerre contre le gouvernement dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. En tout cas, pour le guerrier en chef du gouvernement dans la guerre contre engagée contre la tueuse mondiale, la solution Kléda pourrait être porteuse dans son dispositif camerounais. De même que le Minsanté annonce vouloir prendre attache avec Madagascar pour le Covid organics promue par cette île.

Covid-19 : Libom Li Likeng prépare une riposte digitale

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Tous les moyens sont bons pour contrer la propagation du nouveau coronavirus au Cameroun. Après les mesures de prévention édictées par le gouvernement, le testing massif et la prise en charge des malades dans les Centres spécialisées aménagés à cet effet, les pouvoirs publics préparent à présent un plan de riposte… digitale. Ce, à travers une initiative dénommée « Barcamp Cameroon 2020 ». Placée sous le parrainage du ministre des Postes et Télécommunications (Minpostel), cette rencontre non conventionnelle rassemble depuis le 23 avril dernier, des jeunes inventeurs camerounais connectés, susceptibles de proposer des idées novatrices pouvant permettre au gouvernement de renforcer ses « armes » dans la lutte contre la pandémie de coronavirus. « De manière précise, le Barcamp Cameroon 2020 qui se tient dans un contexte d’expansion de la pandémie de Covid-19 au Cameroun s’est donné pour objectif de mettre en lumière des solutions numériques à même de contribuer efficacement aux stratégies gouvernementales mises en œuvre pour éradiquer cette pandémie dans notre pays », a expliqué le ministre des Postes et Télécommunications Minette Libom Li Likeng.

Une activité phare a été placée au cœur de cette initiative : un Hackathon. Présenté comme une compétition en ligne qui rassemble des personnes engagées de manière bénévole et gratuite, partageant l’envie de résoudre des problématiques importantes, cet Hackathon a pour thème : « Hack the Covid-19 crisis for Cameroon ». Les solutions attendues touchent à des domaines précis notamment : la santé (prise en charge et dispositif, pharmacies, innovations et forum scientifiques) ; l’éducation (Elearning et formules alternatives d’éducation/organisation des examens) ; l’approvisionnement en produits de première nécessité (production, consommation, signalement des abus) ; l’administration publique (E-administration, open government et gestion des usagers) ; les finances (sécurisation des échanges, méthodes de financement, gestion des recettes) ; les entreprises privées ; la vie associative (structures religieuses, société civile, tontines, partis politiques) et la problématique emploi/télétravail/freelance. « Participer de manière gratuite à cet Hackathon est un engagement patriotique qui confirme une volonté de notre jeunesse de s’associer non seulement au chef de l’Etat dans la recherche de solutions permettant de stopper la propagation du Covid-19, mais au-delà, de tirer parti des bienfaits du numérique », analyse le ministre.

Pendant 3 jours (24, 25 et 26 avril 2020), les participants ont eu l’occasion de présenter leurs réalisations et innovations à toute la communauté d’- experts qui pilotent ladite initiative afin que ceux-ci puissent effectuer une sélection des meilleurs projets qui seront ensuite présentés au ministre des Postes et Télécommunications ce lundi 27 avril. « Les innovations qui seront sélectionnées devront être les meilleures, a prévenu Minette Libom Li Likeng. J’ai fort espoir que les résultats obtenus dans plusieurs domaines permettront de consolider la couche applicative en termes d’applications dont a besoin le Cameroun dans la lutte contre la pandémie ». Parce que l’innovation apporte des réponses nouvelles aux défis de notre société dit-elle encore, « des mécanismes d’aide doivent être mis en place pour susciter la créativité et soutenir les initiatives innovantes. Le véritable enjeu étant de créer un environnement propice à la création et au développement d’entreprises viables dans le secteur du numérique ».

Réseaux sociaux : l’Etat vole au secours de l’ambassadeur de France

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René Sadi, le ministre de la Communication

Le gouvernement veut mettre fin aux attaques dirigés contre Christophe Guilhou, l’ambassadeur de France au Cameroun, par certains internautes. Dans un communiqué publié il y’a quelques jours, René Emmanuel Sadi, porte-parole du gouvernement écrit : « le gouvernement entend prendre toutes les mesures qui s’imposent, pour préserver la sécurité des membres du corps diplomatique accrédités au Cameroun, et ce, dans le strict respect des conventions internationales auxquelles le Cameroun est partie ». Le ministre de la Communication met en suite, « en garde ces groupuscules contre tout acte susceptible de porter atteinte sous quelques formes que ce soit, à ce plénipotentiaire digne de respect ou d’entraver l’accomplissement heureux de sa haute mission au Cameroun ».

En effet, « le gouvernement a pris connaissance d’un texte circulant dans les réseaux sociaux, indexant de façon outrancière, l’ambassadeur de France au Cameroun, son excellence Christophe Guilhou , à la suite d’une audience que lui a accordé le président de la République en date du 16 avril au palais de l’Unité », explique René Sadi dans son communiqué. Selon le ministre de la Communication, « ce texte est adressé au président de la République française par quelques groupuscules de la diaspora camerounaise, lesquels lui demandent de relever de ses fonctions, l’ambassadeur de France sous le prétexte fallacieux d’une ingérence dans les affaires internes du Cameroun ». Pour René Sadi, les auteurs de ce texte accusent l’ambassadeur de France se s’être prêté « à un montage audiovisuel visant à démontrer à l’opinion publique nationale et internationale que le Cameroun est plutôt bien gouverné avec des institutions républicaines qui fonctionnent normalement et sous le remarquable leadership du président de la République son excellence Paul Biya ».

Dénonçant « le comportement irresponsable, irrévérencieux de certains citoyens incorrigibles qui se permettent de prendre à partie un ambassadeur d’un pays ami en plein exercice de ses fonctions, et qui de ce fait doit bénéficier de tous les égards dus à sa qualité de représentant légal et légitime », le gouvernement ne manque pas de réitérer, s’agissant de l’audience querellé qu’elle a bel et bien eu lieu. « Faut-il encore dire à ces citoyens que leurs agissements irréfléchis ne les honorent nullement, et que s’agissant de l’audience mise en cause, l’ambassadeur de France a bel et bien été reçu en audience par le président de la République le 16 avril au palais de l’Unité, tant et si bien que l’idée d’une soi-disant mise en scène ne peut relever que de l’affabulation et du fantasme », commente le ministre de la Communication. Il ajoute qu’« à la sortie de cette audience, l’ambassadeur de France a souligné l’excellence des relations entre la France et le Cameroun et réitéré l’engagement de la France à soutenir notre pays dans e cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale de prévention et de riposte contre la pandémie du Covid 19 ».

92 % des entreprises impactées par le Covid-19

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92 % des entreprises impactées par le Covid-19

Ces données étaient attendues dans l’optique de mesurer l’impact du Covid-19 sur les entreprises. Le Groupement Inter patronal du Cameroun (Gicam) vient à cet effet de rendre public un rapport d’enquête intitulé « Covid-19, impact sur les entreprises au Cameroun ». Les objectifs de cette opération étaient, selon le Gicam : d’évaluer et suivre l’impact de la crise du Covid-19 sur les entreprises ; présenter la situation des entreprises à leurs partenaires afin que chacun ait la bonne information et agisse en connaissance de cause ; renforcer et densifier le plaidoyer que le Gicam a déjà engagé en faveur des entreprises. A la lecture de ce document, il ressort globalement que 92 % des entreprises ont déclaré que la pandémie du Covid-19 a un impact très négatif (52 %) ou négatif (40 %) sur leurs activités. Et que les Petites et Moyennes Entreprises (PME) et les entreprises de services sont les plus affectées. En outre, précise le rapport, la proportion des PME ayant déclaré être impactées très négativement est plus élevée (61 %) que celle des grandes entreprises (27 %). De même, 58 % des entreprises de services ont déclaré subir très négativement les effets de la pandémie du Covid-19 contre 38 % chez les entreprises industrielles. Dans le détail, le rapport du Gicam ressort les effets de cette pandémie sur les différentes fonctions de l’entreprise, sur le chiffre d’affaires ainsi que les conséquences financières.

Production

En matière de production par exemple, 40 % des entreprises ont déclaré que leur production est directement affectée par les effets de la pandémie du Covid-19. Cette proportion, relève le document, masque de fortes hétérogénéités observées au niveau sectorielle et suivant la taille de l’entreprise. Dans la même veine, 69 % des entreprises industrielles affirment que leur production est directement affectée contre 26 % seulement des entreprises de services. Et les grandes entreprises déclarent à 50 % que leur production est directement affectée contre 36 % chez les PME, selon le Gicam.

Ventes

En matière de ventes, les chiffres qui figurent dans le rapport du Gicam révèlent que 85 % des entreprises estiment que leur chiffre d’affaires est directement affecté. Dans cette rubrique, le dénominateur commun réside sur le fait que cette tendance semble être la même indépendamment des deux grands secteurs considérés. On note néanmoins une démarcation des grandes entreprises dont les chiffres indiquent que 92 % des grandes entreprises estiment que leur chiffre d’affaires est directement affecté.

Achats / approvisionnement

Du point de vue des achats et approvisionnements, les effets du Covid-19 ne sont pas moins visibles. En effet, le rapport d’enquête du Gicam explique que 44 % des entreprises ont déclaré que leurs achats / approvisionnements sont directement affectés par la pandémie du Covid-19. Les entreprises industrielles et les grandes entreprises semblent être plus concernées que les entreprises de services et les PME. En effet, 62 % des grandes entreprises affirment que leurs achats / approvisionnement sont affectées contre 38 % chez les PME. De même 56 % des entreprises industrielles indiquent que leurs achats / approvisionnements sont affectés contre 38% chez les entreprises de services, selon le rapport de ce groupement patronal. Il est de même du côté des commandes.

Les commandes des clients

Les commandes des clients subissent aussi de plein fouet les dégâts du Covid-19. Concrètement, 65 % des entreprises ont déclaré que les commandes des clients sont directement affectées. Toutefois, cette proportion est presque égale selon les deux grands secteurs considérés et selon la taille de l’entreprise.

Les ressources humaines

En tant que première richesse de l’entreprise, le Covid-19 cause un sérieux problème au niveau des ressources humaines. D’après le rapport du Gicam, 48 % des entreprises indiquent que la fonction ressources humaines est directement affectée. Cette proportion masque des hétérogénéités importantes selon la taille de l’entreprise. En effet, 65 % des grandes entreprises observent des difficultés à ce niveau contre 42 % de PME. Par ailleurs, l’écart entre les entreprises de services et les entreprises industrielles est également important. 51% des entreprises de services estiment que les ressources humaines sont affectées directement contre 44 % chez les entreprises industrielles, peut-on lire dans ce document.

Par Junior Matock, Défis Actuels No 476

Conjoncture : comment les finances publiques résistent au Covid-19

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Crédits tvA : l’etat paie 10 milliards aux entreprises
Les mesures fiscales vont coûter 114 milliards à l’Etat

On avait cru ne plus voir de longues files d’attente devant les banques en cette période de paiement des salaires des agents de la fonction publique, du fait de la pandémie du Covid-19. Que non ! Le phénomène persiste, même si les mesures de distanciation et de port de maque sont observées. Gilbert T, cadre au ministère de l’Eau et de l’Energie, s’est retrouvé le 25 avril dernier devant le guichet de la banque où il a ses habitudes, situé aux encablures du carrefour Ekounou. La raison de son assiduité à ce poste de paiement est toute trouvée : « c’est ici que je viens toucher mon salaire, cet endroit est moins couru, comparé aux autres guichets que l’on retrouve en ville », explique-t-il, souriant. A l’exemple de Gilbert T, nombreux sont les agents de la fonction publique qui, à travers le triangle national, touchent, sans discontinuité leurs revenus mensuels, malgré les multiples contraintes financières auxquelles l’Etat du Cameroun fait face depuis quatre ans. « Il faut avoir l’honnêteté de le reconnaître, nos finances publiques font preuve d’une résilience à nulle autre pareille », s’exclame Phillipe P, économiste. Avant d’ajouter que « parfois, on se demande comment l’Etat, et surtout le ministre des Finances fait-il pour tenir ? Surtout quand on tient compte de ce que d’année en année, la masse salariale augmente », conclut-il.

Masse salariale en hausse permanente

 En effet, des chiffres officiels indiquent que la masse salariale dans le secteur public était de 1 058 milliards de francs CFA en 2019, contre 1 024 milliards en 2018. A en croire des sources au ministère des Finances, le montant de la masse salariale en 2019 était en hausse de 34 milliards de francs CFA par rapport à l’exercice budgétaire précédent. Comme explication, les officiels avançaient alors que cela est tributaire à « l’augmentation des salaires et les recrutements d’agents de la fonction publique ». Des spécialistes expliquaient que cette légère hausse n’est toutefois qu’un début de la montée prévue de la masse salariale dans les années à venir. D’après le tableau prévisionnel des opérations financières de l’Etat, « la masse salariale dans la fonction publique devrait augmenter de 128 milliards de francs CFA sur la période allant de 2019 à 2021 ». Malgré cette situation, soutiennent d’autres experts, l’Etat parvient tout de même à payer les salaires et pensions des fonctionnaires et autres agents publics. Sans oublier, soulignent-ils, les nombreux investissements lancés à travers le pays, réhabilitation des routes, poursuite des travaux de la première phase de l’autoroute Douala-Yaoundé, etc. Mais comment l’Etat fait-il pour tenir malgré toutes ces contraintes ? Des spécialistes rétorquent globalement que c’est le fait des réformes mises en œuvre par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze.

Réformes

Les spécialistes semblent s’accorder sur le principe selon lequel parvenir à honorer certains engagements régaliens de l’Etat, c’est prendre la décision de réduire les poches de dépenses qui grèvent inutilement le budget de l’Etat. « C’est ce que le ministre des Finances appelle l’optimisation des dépenses publiques, c’est-à-dire, ne dépenser qu’à concurrence de ce que l’on dispose ». Dans cette mesure, précisent les mêmes sources, Louis Paul Motaze a mené une kyrielle de réformes au nombre desquelles il convient d’en citer au moins deux. L’opération de comptage physique initiée en 2018 puis le virement individualisé des salaires des agents de l’Etat. En ce qui concerne par exemple le Coppe 2018, elle avait été mise sur pied dans le but d’expurger du fichier solde l’Etat, ceux des fonctionnaires fictifs qui émargeaient frauduleusement au budget de l’Etat. Résultat ? « Plusieurs centaines de milliards ont ainsi économisés et réaffectés aux autres besoins de l’Etat », affirme, presque péremptoirement Justin B, cadre au ministère des Finances. Autre fait marquant, la mise sur pied d’un nouveau système de virement individualisé des salaires, encore appelé Système de Télé Compensation en Afrique Centrale (Systac). Entré en vigueur depuis la fin du mois d’août 2018, il permet, d’après les spécialistes, « une meilleure interaction entre le système bancaire et le Trésor public, sous la direction de la direction nationale de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale ». Mais surtout de « régler les salaires en temps réel, de corriger les erreurs sur le traitement de la solde dans un délai maximum de 72 heures, d’assurer un retour quasi instantané des rejets salaires et de mieux appréhender les problématiques liées aux contentieux des rejets salaires ». Le directeur général du Trésor au Minfi, Sylvestre Moh Tangongho, expliquait que Systac a également permis de « traquer des fonctionnaires fictifs, de faire des économies qui sont désormais destinées à d’autres besoins de l’Etat ». Ce qui expliquerait donc le fait que, malgré les temps difficiles que le Cameroun traverse, le pays reste debout, arguent des experts.

Junior Matock, par Défis Actuels No 476

Réseaux sociaux : Christophe Guilhou victime d’une cabale

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Christophe Guilhou est la cible de plusieurs attaques dans les réseaux sociaux. L’ambassadeur de France au Cameroun est accusé d’avoir pactisé avec les autorités de Yaoundé pour empêcher le peuple de constater la vacance du chef de l’Etat. « Nous refusons cette mascarade organisée par l’ambassadeur de France au Cameroun, monsieur  Christophe Guilhou pour empêcher le peuple meurtri d’exprimer sa souveraineté en constatant la vacance du pouvoir de monsieur Paul Biya », peut-on lire dans une pétition lancée sur internet à l’initiative des Amazones de France, la branche féminine de la Brigade Anti-Sardinards.  Les Amazones expliquent qu’« à l’heure où le monde entier est en guerre contre le Covid 19, tous les gouvernements ont pris des dispositions et leurs responsabilités  afin de protéger et rassurer leur peuple, monsieur Biya est aux abonnés absents, n’ayant donné aucun signe de vie depuis le début de cette pandémie ».  Face à cette situation, et selon l’argumentaire des Amazones,  le peuple camerounais « s’est légitimement questionné sur la possibilité de son décès (de Paul Biya) et ou son incapacité à assumer ses fonctions présidentielles », et au moment où le peuple  a déclenché un processus de constatation de la vacance du pouvoir, « l’ambassadeur de France en complicité avec les autorités de Yaoundé a organisé un simulacre d’entretien non-officiel le 16 avril dernier afin d’empêcher le peuple de constater cette vacance », explique Lydienne Ngatseu jointe au téléphone.

Pour les Amazones, la vidéo qui a été diffusée par la chaine nationale est un « montage grossier qui démontre une fois de plus que monsieur Biya est dans une incapacité certaine de gouverner ».

Ainsi, les Amazones dénoncent « cette mascarade aux relents de la Francafrique », preuve, selon elles qu’« une succession de gré à gré se prépare au Cameroun avec le soutien de la France » et  exigent « la démission de l’ambassadeur de France au Cameroun ».

Une vidéo montée ?

Dans les réseaux sociaux, les commentaires fusent de partout, accusant Yaoundé et Paris d’avoir « servi au peuple une vidéo montée pour faire croire à l’opinion que Paul Biya est en vie ». Selon un internaute présenté comme un spécialiste des vidéo-montages, « la vidéo a bel et bien été montée ». Le présumé spécialiste affirme que ce montage a été fait à l’aide d’un logiciel d’édition des vidéos. Analysant les séquences de ce court métrage, il indique qu’il y’a plusieurs erreurs de montage, notamment des « interferences sur la vidéo ». Il démontre comment durant la bande vidéo, « les parties du corps de Paul Biya se fondent dans le décor, disparaissent ou changent de couleur à répétition ».  Selon le spécialiste, « il s’agit d’images extraites des anciennes apparitions de Paul Biya qui ont été exploitées pour simuler cette rencontre officielle à la fin de laquelle Paul Biya n’a pas dit un seul mot malgré la gravité de la situation ». Le spécialiste note néanmoins, en analysant la vidéo que « Christophe Guilhou était seul au palais de l’unité », « c’est pourquoi, il était le seul à donner une interview à la sortie de cette rencontre fictive », conclut Olivier Bakinien un internaute qui soutient lui aussi la thèse d’une vidéo montée.

Aucun commentaire à faire

Face à Ibrahim Sherif au cours de l’émission Actualité Hebdo, diffusée sur les antennes de la Crtv, l’ambassadeur de France au Cameroun est resté de marbre face à toutes les critiques dont il est la cible dans les réseaux sociaux. « Sur la dernière audience avec le chef de l’Etat et ce qui se dit, je n’ai rien à dire. Je n’ai aucun commentaire à faire », a-t-il indiqué, après avoir mentionné que « je suis allé voir le chef de l’Etat comme j’ai l’habitude d’échanger avec lui. Sur le reste c’est l’outrance. J’ai des échanges réguliers avec le chef de l’Etat, avec le premier ministre. Vu la densité des relations qui existent entre nos deux pays. »

Joseph Essama

Massacre de Ngarbuh : Les responsables au tribunal militaire

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Des militaires bientôt au tribunal

En reconnaissant la responsabilité des militaires dans le drame de Ngarbuh, Paul Biya an aussitôt ordonné des mesures disciplinaires contre ces pompiers devenus pyromanes. Si le Chef de bataillon Nyiangono Ze Charles Eric, Commandant du 52ème Bataillon d’infanterie motorisée (BIM) qui avait prescrit la mission de Ngarbuh est encore libre, le sergent Baba Guida, le gendarme Cyrille Sanding Sanding et le soldat de première classe Gilbert Haranga, sont aux arrêts, sur instruction du Chef suprême des armées.

« Connaissant pourtant la sensibilité de la zone de Ngarbuh, où existent de vives tensions intercommunautaires, n’a pas personnellement supervisé l’opération menée par ses hommes », reproche-t-on au commandant du 52ème BIM basé à Nkambé. Le sergent Baba Guida qui a conduit les opérations de terrain, est coupable d’avoir outrepassé les consignes, allant au-delà de la simple « reconnaissance » à lui confiée. Pire, le sergent Baba Guida « a associé des civils armés à une opération militaire », et en outre, « n’a pas maîtrisé ses hommes au cours de ladite opération, a ordonné l’incendie de maisons et volontairement travesti le compte rendu de l’opération et son bilan », selon le communiqué du secrétaire général de la Présidence de la République.

Les deux autres acteurs du drame ont davantage été des exécutants. Le gendarme Cyrille Sanding Sanding, « a participé à une opération ayant causé la mort de plusieurs personnes et des incendies de maisons », relève le communiqué. Tout comme le soldat de 1ère classe Gilbert Haranga qui « a participé à une opération ayant causé la mort de plusieurs personnes et des incendies de maisons ». Les dix autres complices font partie des 17 civils ayant pris part à la mission. En son temps, le journaliste et activiste Michel Biem Tong avait déjà indiqué que les militaires avaient bénéficié du soutien de civils recrutés au sein de la communauté Mbororo, présentés dans le rapport d’enquête comme des membres d’un groupe d’autodéfense local. Ces derniers sont en fuite pour le moment et sont recherchés pour comparaître devant le tribunal militaire de Yaoundé où un dossier a déjà été ouvert à l’encontre des présumés coupables de ce drame.

Si ces derniers qui selon le journaliste et activiste Michel Biem Tong appartiennent à l’ethnie Mbororo, non connus jusqu’ici et qui ont fondu dans la nature, les hommes en ténue formellement identifiés, sont sous le coup d’une procédure disciplinaire. Le commandant Charles Eric Nyiangono Ze est libre, alors que ses hommes de main sont aux arrêts et méditent leur sort dans des cellules de la prison militaire à Yaoundé. Le président de la République a prescrit l’exhumation des corps des victimes pour une inhumation digne; et l’identification des ayant-droit en vue de dédommagements.

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Le communiqué du Sgpr conclut à un rapport biaisé des responsables de cette mission, lequel a servi de base aux autorités gouvernementales pour construire leurs premières sorties publiques sur cette affaire. En dénonçant Human rights watch dont le rapport sur ce drame avait permis à l’opinion nationale et internationale de se pencher sur ce drame. Le gouvernement s’en était d’ailleurs pris à certains organes de presse privés qui avaient relayé le rapport de l’Ong. Le ministre Paul Atanga Nji avait d’ailleurs menacé de fermer certains de ces titres. Deux mois après, l’enquête désavoue le Minat.

Après des échanges de tirs au cours desquels 5 séparatistes, les militaires ont découvert le décès des femmes et enfants du fait de leur intervention. Et ont entreprise de dresser un rapport « biaisé ». Paul Biya a prescrit l’ouverture d’une procédure disciplinaire contre le commandant Nyiangono Ze Charles, commandant du 52ème Bataillon d’infanterie motorisée (Bim) qui avait initié la mission, sans la superviser. Paul Biya a également prescrit l’arrestation des hommes qui ont mené les opérations de terrain qui devront passer devant le tribunal militaire. Le chef de l’Etat a ordonné l’exhumation des corps des victimes, pour une sépulture plus digne et des dédommagements des familles.

Une partie des victimes du drame

Deux mois après le massacre de Ngarbuh, l’enquête prescrite par le président de la République a rendu sa copie. Dans un communiqué de presse signé de Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la Présidence de la République, le sommet de l’Etat rend coupable les commandants de la troupe qui a mené une expédition punitive à Ngarbuh le 14 février 2020. Il s’agit Nyangono Ze Charles Eric, commandant du 52ème Bataillon d’infanterie motorisé qui n’a pas supervisé les opérations des hommes placés sous son contrôle, du sergent Baba Guida, du sergent Sanding Sanding Cyrille (auteur du rapport dit biaisé), et Haranga Gilbert et dix membres du Comité de vigilance qui ont aidé les gendarmes et militaires à mener cette opération dramatique.

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