samedi, juin 6, 2026
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BVMAC : des opportunités d’investissements pour les assurances

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 En plus des facilités à lever des fonds pour augmenter leur capital, divers fonds  d’investissements alternatifs sont proposés aux assurances notamment dans l’immobilier où le succès marocain est reconnu.

 Dans un contexte de dynamisation de  la Bourse des Valeurs Mobilières d’Afrique Centrale (BVMAC), les assurances ont aussi un rôle à jouer.Leur potentiel est évalué à plus de 300 milliards de FCFA, montant des actifs mobiliers, (actions, obligations et autres titres de créances négociables)   mobilisés par les compagnies d’assurances de la zone CEMAC au 31 décembre 2022.   Ceci  sur   un montant total de 815 milliards de FCFA d’actifs représentatifs des engagements réglementés.  Dans  le même temps, ces compagnies pourraient tirer profit de diverses opportunités que leur offre cette place boursière.

En effet,  à l’exemple de la Société Commerciale Gabonaise de Réassurance (SCGRé), elles pourraient utiliser la BVMAC pour la valorisation de leur capital, devenue une exigence réglementaire.  La loi fixe désormais à  3 milliards de FCFA,  le capital social d’une société d’assurance vie et à 5 milliards pour une société d’assurance non vie.  « Elles peuvent aujourd’hui, comme la SCG ré le faire par appel public à  l’épargne. Et cela permettra à leurs assurés de devenir actionnaires. Les assureurs aujourd’hui  doivent pouvoir  jouer sur deux aspects : émetteur, c’est à dire rechercher des capitaux  sur le marché financier  afin de valoriser leurs fonds propres mais aussi investisseurs», souligne Andrew Gwodog ex ADG de la SCG Ré.

 Des  investissements alternatifs

En plus des opérations  de levée des fonds, des opportunités d’investissements sont présentées aux assureurs de la Cemac. Le nouveau règlement général du marché financier de la sous-région intègre  notamment  des organismes de placement collectifs (OPC), tels que les organismes de titrisation, des organismes professionnels d’investissement (OPI) et les organismes de placement collectif immobiliers (OPCI). DaprèsWilly Heubo, DG Financia Asset Management, en faisant recours aux OPC, les compagnies d’assurance  peuvent investir dans  divers domaines.  Des projets agricoles, des objets d’art, des forêts, l’infrastructure, les titres de créances ; les actions des sociétés non cotées, dans l’immobilier etc.

Les organismes de placement collectif immobiliers (OPCI) sont notamment présentés comme un financement alternatif sûr pour les compagnies d’assurance.  «  Les OPCI  servent à  financer la production d’actifs immobiliers. ça pourrait être des résidences, des centres commerciaux,  un hôpital, une université. Dans la structure, on aura une société de gestion dédiée, le régulateur  a pris le soin de spécialiser les sociétés de gestion par type d’OPC », explique  Willy Heubo au colloque international des assurances et marchés financiers tenu à Douala il y a quelques jours.

Le Maroc enregistre un succès dans ce type de placement, avec plus de 50 OPCI deux ans seulement après avoir lancé le premier. Ceci pour plus de 7 ,3 milliards d’euros  (plus de 4000 milliards FCFA) d’actifs sous gestion.

Interview

 Youssef SALIHI,  expert-comptable Maroc

 «  Les placements dans l’immobilier comportent plusieurs avantages »

Membre de la délégation marocaine au colloque international des assurances et marchés financiers tenu à Douala il y a quelques jours, il revient sur l’expérience de son pays en matière d’Organisme de Placement Collectif Immobilier (OPCI),  présenté comme une opportunité d’investissement pour les assureurs.

Le Maroc est présenté comme une success story en matière d’Organisme de Placement Collectif Immobilier (OPCI). Comment vous êtes-vous organisés  pour  aller sur le marché  financier ?

Tout  a commencé par un cadre juridique.  La loi 70-14 a été  introduite en 2016.  Donc le point  de départ  c’ était  la loi et un autre point crucial c’était aussi d ‘adopter  une approche collaborative  en  intégrant  l’ensemble  des  acteurs du marché tout ceci sous la tutelle de l’organisme équivalent de la Cosumaf. Certes, on a un peu dupliqué le modèle français  qui existait déjà  mais c’était en application  de la loi, avec quelques avancées par rapport  au modèle français.  Deuxième point crucial, la fiscalité.  Le cadre fiscal est très important. Le chiffre   200 millions  d’euros (130 milliards de FCFA) de recettes fiscales   que nous avons présentés,  a  été mobilisé  grâce à un accélérateur  fiscal  très incitatif  qui a fait qu’aujourd’hui l’évolution  des OPCI est remarquable. Le premier OPCI  remonte à 2020 et après deux ans, on dénombrait 52 OPCI au Maroc pour plus de 7 ,3 milliards d’euros d’actifs sous gestion.

Une des inquiétudes des assureurs aujourd’hui c’est sur la fiscalité.  Sous quel régime fiscal avez-vous réalisé ces placements?

Pour les OPCI  il y a un véhicule qui est carrément  défiscalisé. Donc on ne paie pas les impôts.  Seulement,  lors de la redistribution des dividendes. Les chiffres sur la fiscalité  générée  sont liés  aux  opérations  de transfert,  par exemple de propriété entre une personne  physique ou morale vers une OPCI. Il faut payer les droits d’enregistrement de 4% et les frais de conservation  foncière pour  1%. Donc vous avez presque  6% pour le transfert de  propriété, ce qui a fait que les recettes fiscales ont été très importantes.  130 milliards de FCFA (ndlr).

 Quels sont les autres avantages  de ce type d’investissements?

Il n y a pas d’impôt dans l’OPCI lorsqu’on perçoit  le loyer.  L’impôt sera appréhendé  lors de la distribution  des dividendes. C’est un point essentiel. Si vous voulez par exemple faire un apport, le bien que vous avez par exemple acheté en 2010 a une valeur de 10 mille, aujourd’hui il vaut plus. Mais quand vous allez l’apporter,  cette plus-value aussi n’est pas fiscalisée.  Donc il y a pas mal d’avantages fiscaux. L’OPCI a plusieurs avantages.  D’abord c’est un investissement  visible. C’est une valeur qui n’est pas mobilière et donc confère plus de sécurité. L’investisseur reçoit des dividendes en lieu et place de loyer. Il permet d’avoir facilement de la liquidité et on peut facilement le revendre.

  Quels sont les risques ? Est-ce que vous envisagez des cas où des locataires par exemple  ne paient pas de loyer ?

C’est un risque inhérent à l’immobilier locatif mais d’après  ce qu’on voit sur le marché, on essaie toujours de sécuriser  le contrat de bail.  Premièrement, avoir des contrats  d’une durée très longue ainsi on  n’essaiera pas de trouver un locataire dans la foulée, deuxièmement, le locataire doit être de qualité.  Par exemple, une entreprise qui a une bonne réputation. Le troisième point c’est  qu’on s’adresse à des professionnels. Ce n’est pas comme dans le résidentiel où récupérer votre loyer est compliqué.  On est essentiellement dans l’immobilier professionnel. C’est très rare de défaillance de locataires et même quand elle existe elle va difficilement  affecter la rentabilité  de l’investissement. Parce que dans un OPCI vous avez une centaine de locataires, si vous avez 2 défaillances sur 100, ça n’affecte pas le rendement. Donc le risque est très dilué.

Affaire Clinique Le jourdain : les trois infirmiers libres

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Les trois médecins employés de la clinique Le jourdain incarcérés depuis trois semaines, respirent l’air de la liberté depuis cet après-midi du 3 novembre 2023. Le Dr Njiwa Annie (réanimateur ) et ses deux collègues Julien Etoundi Mendana (infirmier diplômé d’État) et Dieudonné Mvondo Engamba (infirmier anesthésiste) bénéficient d’une ordonnance du juge d’instruction en charge de leur affaire. Au cours d’une audience chez le juge, ce dernier a donné une suite favorable à la demande de remise en liberté de ces trois promoteurs de la santé.

Un ouf de soulagement tant pour les bénéficiaires de l’ordonnance du journal que pour le corps médical qui, s’il ne s’est pas particulièrement mobilisé dans cette cause, la vivaient mal dans sa chair.

Depuis le 13 octobre dernier, ces trois employés de la clinique Le Jourdain, étaient l’objet d’un mandat de dépôt et détenus à la prison centrale de Yaoundé, pour avoir été impliqués dans les événements ayant marqué la prise en charge finalement fatale d’un bébé dans leur établissement sanitaire. Une « ponction lombaire» effectuée par le corps médical avait mal tourné, et la famille du bébé décédé a non seulement saccagé les installations, mais a attaqué le personnel médical impliqué pour « négligence médicale». La famille qui était déjà opposée à ladite ponction lombaire.

Avec cette remise en liberté, c’est une première victoire pour le corps médical. Ses membres comparaitront libres dans cette affaire dont la prochaine audience est prévue le 17 novembre prochain.

Bien comprendre le sujet: Le décès d’un bébé à la clinique Le Jourdain à Yaoundé fait des vagues

PME : des partenariats en vue avec des investisseurs canadiens

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Une délégation canadienne a pu juger de près les capacités d’innovation des entrepreneurs camerounais au terme de deux jours d’échanges à Douala dans le cadre du forum international sur l’entrepreneuriat.

Le Canada et le Cameroun explorent des pistes de partenariat pour développer l’économie camerounaise. Les centres d’intérêt portent notamment sur les capacités d’innovations des entrepreneurs camerounais. Pour apprécier ce savoir-faire,  la délégation générale du Québec à Dakar a organisé du 1er au 2 novembre dernier à Douala,  la 3e édition du forum international sur l’entrepreneuriat et l’innovation.

L’évènement orienté sur le thème « entrepreneuriat et l’innovation au cœur du développement » a réuni plusieurs représentants du Québec, aux côtés d’environ 200 personnes provenant principalement du secteur privé, d’incubateurs, de centres de formation professionnelle et technique, d’institutions publiques et internationales et de décideurs publics et privés. L’un des objectifs de la rencontre était de renforcer les liens de coopération économique entre les deux pays.  «  Le Canada  recherche des exemples d’entrepreneuriat  et nous sommes ouverts pour des partenariats gagnant-gagnant  avec le secteur  privé  et le gouvernement.  Donc nous allons trouver ensemble  des initiatives  qui pourront nous  aider à développer ensemble  les économies des deux pays », indique Lorraine ANDERSON, le Haut-commissaire du Canada auprès de la République du Cameroun.

Les échanges ont  par ailleurs permis d’aborder des questions telles que l’appui de l’Etat aux PME,  le dispositif financier en faveur des PME, le rôle des incubateurs d’entreprises dans la promotion de l’innovation et du développement entrepreneurial etc. Il a également été organisé un concours entrepreneurial Québec-Cameroun qui a permis aux candidats de présenter leurs projets à un public international issu du secteur de l’innovation. Les lauréats  seront récompensés par des prix visant à les  aider à réaliser le plein potentiel de leur projet d’affaires.

L’année dernière, c’est à Cotonou au Benin que s’est tenu la deuxième édition de ce forum.  Le choix de Douala cette année repose notamment sur le potentiel de sa jeunesse. « Nous avons collaboré depuis deux ans avec activ spaces qui nous a aidé d’ailleurs à Cotonou l’année dernière.  Au-delà de ça, la dynamique entrepreneuriale de Douala  est pour nous très importante donc ce sont ces éléments-là, la capacité  d’innover, le dynamisme des jeunes, la débrouillardise des camerounais etc. C’est tous ces éléments qui ont fait en sorte qu’on soit à Douala», explique Iya TOURÉ, Délégué Général du Québec à Dakar.

Me Akere Muna : « Glencore devrait payer près de 900 milliards de dommages et intérêts à l’Etat »

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La sentence est finalement tombée

Quel commentaire faites-vous de l’actualité récente concernant l’ouverture prochaine d’une enquête judiciaire au TCS contre les auteurs des transactions financières occultes avec Glencore dans le cadre de ses activités au Cameroun ?

Je reçois cette information comme tout le monde. S’il s’avère qu’elle est authentique -et je n’ai pas des raisons de croire qu’elle ne l’est pas-, c’est une très grande avancée. L’Etat lui-même se saisit de ce dossier. Je dois dire qu’il y avait déjà une enquête qui avait commencé au niveau de la police judiciaire, suite à une transmission de ma dénonciation par le Procureur du tribunal de grande instance de Yaoundé. Peut-être que cette nouvelle procédure ira plus rapidement, puisque ça sera une procédure diligentée à la demande de l’Etat, pas à la demande du citoyen que je suis. Ce qui m’intéresse le plus, et c’est ce qui intéresse également les Camerounais, qu’est-ce qu’on y gagne exactement ? C’est cela qui m’inquiète. On devait être plus concerné à savoir et à calculer ce qu’on va exiger de Glencore car, on n’est plus au stade de demander ce qu’il a fait. Il a fait, et il a avoué qu’il a fait. Il a pris un engagement auprès des autorités américaines, dans son accord de plaidoyer coupable, où il a dit en son article 12, qu’il s’engageait à donner toutes sortes d’informations requises aux autorités d’enquête étrangère. Donc, de ce côté, c’est une enquête qui ne devra pas prendre du temps. Je crois que l’essentiel, pour démontrer que nous avons dépassé l’étape de l’impunité dans notre pays, c’est de demander l’identité des gens qui ont perçu de l’argent, parce que Glencore a dit qu’il a donné de l’argent aux hauts commis de l’Etat de la SNH et de la Sonara. Alors, qui sont ces individus ? Je suis quand même surpris que Glencore fasse encore des affaires dans notre pays. Un fraudeur patenté qui a avoué, qu’est-ce qu’il fait encore chez-nous ? On dit souvent que la fraude corrompt tout. Je crois qu’on devait annuler tous ses contrats et le mettre à la porte.

Comment comprendre la posture de la SNH, du moins celle de son administrateur directeur général, qui manœuvre pour une procédure judiciaire en tant que partie civile, alors qu’il pourrait être lui-même éclaboussé ?

Je suis un peu surpris par la posture de SNH. La meilleure démarche pour elle aurait été de convoquer Glencore, et de leur dire, vous avez déclaré avoir corrompu des personnes dans notre société et à la Sonara. Ce que je vous demande de faire, c’est de me dire qui sont ces personnes, et si vous ne le faites pas, j’annule vos contrats, et on verra pour la suite. La SNH qui est en relation directe avec Glencore devait simplement menacer de rompre le contrat, et exiger les noms, et demander un arrangement ou exiger des dommages et intérêts. Je suis sûr qu’on a affaire à des dommages qui vont dépasser les 600 milliards voire les 800 ou 900 milliards de FCFA. Si on tient compte de la période (2007-2018) durant laquelle il a mené ces transactions occultes. Je suis très surpris qu’avec les problèmes financiers que nous sommes supposés avoir, on en soit à trainer le pas. J’avais également vu dans les documents de l’ITIE (Initiative pour la transparence des industries extractives) qu’à un moment donné, Glencore avait acheté le pétrole camerounais 30% en dessous du prix mondial. Comment il a pu faire ça ? Je le dis parce que lorsqu’on a demandé à Glencore pourquoi il a payé des pots-de-vin, il a dit que c’était pour obtenir des conditions commerciales avantageuses. Donc, la démarche de la SNH me surprend, quand elle a toutes les possibilités d’exiger de Glencore beaucoup d’argent.

Vous avez initié plusieurs actions auprès de quelques organismes nationaux de lutte contre la corruption et de l’enrichissement illicite pour dénoncer ces pratiques maffieuses. Quels résultats avez-vous obtenu de ces organismes ?

Sur le plan international, mon travail est dans la commission qui est présidée par l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki (Groupe de haut niveau Union africaine (UA)/Commission économique pour l’Afrique (CEA) sur les flux financiers illicites, NDLR). Je suis membre de cette commission, et nous y travaillons pour trouver les voies et de moyens de lutte contre ce fléau. J’avais, depuis 20 ans, dit que je ne comprenais pas pourquoi les occidentaux traitaient les habitants du Sud de kleptocrates quand en fait, tout l’argent qui est détourné en Afrique est stocké dans les banques occidentales. Ces banques sont des receleuses. J’avais proposé qu’on mette sur pied un système de compte séquestre pour que, chaque fois que des sommes d’argent sont identifiées comme résultant de détournement de deniers, il faudrait que pendant que la procédure suit son cours, que cet argent soit logé dans un compte séquestre. Beaucoup d’occidentaux commencent à être très malins. Ils créent des comptes de consignation pour déclarer que l’argent est en lieu sûr, mais il s’agit des manœuvres pour garder l’argent de leur côté. De notre côté, on avait proposé pour l’Afrique, que la Banque africaine de développement (BAD) ait le compte de la personne qui gère ce compte séquestre, pour permettre de garder l’argent en Afrique. On s’est également intéressés aux problèmes fiscaux, avec des gens qui utilisent des paradis fiscaux pour garder de l’argent, ou qui créé des sociétés écrans pour faciliter leurs entreprises de corruption.

La CONAC a rendu public il y a quelques jours son rapport sur l’état de la lutte contre la corruption dans notre pays. Celui-ci révèle que la corruption a fait perdre à l’Etat 4,6 milliards de FCFA en 2022, soit environ 40 milliards de moins que le préjudice financier subi par le trésor public en 2021. Qu’est-ce que cela traduit selon-vous ?

Je pense que c’est un rapport de pure forme qui ne rime à rien. J’ai écrit à la Conac plusieurs dans le cadre du scandale de Glencore, ils n’ont même pas osé m’entendre. Donc, je ne sais pas sur quoi ils enquêtent. Leur rapport, je ne connais pas les bases, et je ne pense pas que les montants qu’ils avancent riment à quelque chose de réaliste. Les chiffres que j’ai par ailleurs, révèlent qu’en 20 ou 24 ans de détournement, le préjudice financier soit allé au-delà de 8000 milliards de FCFA, soit un peu plus de 360 milliards par an. Non seulement, notre dette publique se chiffre à plus de 12 000 milliards, et les détournements constituent près de 2/3 de ce montant-là. Quand on regarde les problèmes dénoncés (Covid-19, chantiers routiers, stades…), on s’interroge sur les méthodes de la Conac.

Pourrait-on mettre cette performance au crédit des organismes gouvernementaux de lutte contre corruption (ANIF, CONAC, CDBF, TCS…), ou cela dénote simplement d’une prise de conscience citoyenne des gérants de la chose publique ?

A partir du moment où je pense que les résultats que la Conac nous donne sont peu fiables par rapport à la montée de la corruption, je ne peux pas vraiment justifier ces variations selon la Conac. Tout ce que je sais, c’est que le Cameroun a été mis sur la liste grise du GAFI (Groupe d’action financière) parce qu’on n’a pas un cadre précis pour lutter contre le blanchissement d’argent, et la problématique du financement du terrorisme. D’où le décret signé récemment par le chef de l’Etat.

Quel commentaire faites-vous justement de ce décret justement, relatif à la création, à l’organisation et au fonctionnement du comité de coordination des politiques nationales de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive ?

 C’est un instrument qui vise à nous donner les bases pour nettoyer notre image vis-à-vis de GAFI, et de voir dans quelle mesure on peut sortir de cette liste. C’est dans la nature de notre gouvernement de bosser à réaction. Le fait qu’on soit sur la liste grise du GAFI va freiner certains investisseurs qui ne voudraient pas aller dans une économie où le blanchiment d’argent est monnaie courante. Quand Glencore prend des centaines de millions dans des valises qu’il fait entrer dans le pays par des jets privés, c’est des cas classiques de blanchiment d’argent. Depuis que ces faits ont été dénoncés devant les instances judiciaires de Londres et de New York, qui a réagi à propos ? J’ai modestement saisi la Direction générale des impôts qui a commencé les enquêtes, l’ANIF (Agence nationale d’investigation financière), et la Douane. Donc, on verra ce que ça va donner, avec ce cadre juridique qui a été mis sur pied. Vraiment, nos textes sont superbes, mais je ne sais pas s’ils sont utilisés. Il y a qu’à voir avec l’article 66 de notre Constitution concernant la déclaration des biens, on est à plus de deux décennies, et rien ne se passe ; la loi de 2018 sur la transparence évoque encore la déclaration des biens, mais jusque-là, rien ne se passe ; les conventions des Nations-Unies et de l’Union africaine contre la corruption, qui lutte contre l’enrichissement illicite, mais dans notre pays, on n’a pas encore de cadre pour cela. Donc, je pense que les actions et les discours, c’est bien, mais les actions concrètes, c’est nettement mieux.

La banquière Josiane Tchoungui décroche deux lauriers

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L’ancienne d’Orabank Benin actuellement directrice générale d’Atlantic Cocoa a reçu deux distinctions  pour son rôle joué dans le financement des économies africaines.

Deux mois après son départ d’Orabank Benin, la camerounaise Josiane Tchoungui reçoit deux distinctions en reconnaissance du travail abattu au sein de cette institution financière en tant que Directrice Générale. L’une est décernée par le Fonds Africain de Garantie  et de Coopération Economique ( FAGACE) et l’autre dans le cadre d’Angaza Awards. Cette dernière salue sa « réalisation exceptionnelle dans le secteur des services bancaires et financiers  pour l’année 2023 ». Celle du FAGACE est un certificat de satisfécit qui lui est attribué en « reconnaissance de ses mérites distinguées de dirigeant de banque dans le financement du développement des économies africaines. »

La banquière camerounaisea partagé cette nouvelle avec sa communauté sur les réseaux sociaux.  En remerciant les deux institutions qui lui ont attribué ces distinctions, tout en saluant la confiance et  le travail de son équipe d’Orabank.

Il faut dire queJosiane Salomé Tchoungui a quitté la tête de la filiale béninoise du groupe bancaire panafricain Orabank en Août dernier.  Elle a ensuite été annoncée comme nouvelle directrice générale d’Atlantic Cocoa, l’unité de transformation de fèves de cacao située dans la zone industrialo-portuaire de Kribi, au Sud du Cameroun. Une nouvelle orientation professionnelle pour cette dame dont le parcours est  exceptionnel dans le domaine de la finance. Elle a occupé d’importants postes de responsabilité au sein des filiales camerounaises d’Ecobank,  Standard Chartered Bank avant d’être directrice générale adjointe à BGFI Bank Cameroun. Née à Clermont-Ferrand, en France, la jeune dame de 50 ans  a   démarré son parcours professionnel au Cameroun où elle a fait l’essentiel de son cursus scolaire.   Elle est diplômée de l’université catholique d’Afrique centrale à Yaoundé avec une maîtrise en économie de gestion.  Elle a par la suite poursuivi sa formation en France, notamment à l’Université catholique de Lille où elle obtient en 1996 un diplôme de troisième cycle en Management des banques et institutions financières de l’Institut d’économie scientifique et de gestion (IESEG). Elle a aussi de  nombreuses certifications parmi lesquelles  un Executive Certificate en gestion par HEC Paris en 2015 ; un Executive Certificate en finance de la London Business School en 2021 et en septembre 2022, un Certificate in Company Direction de l’Institute of Directors de Londres.

Affaire Glencore : La Snh, accusée et partie civile aux trousses des justiciables

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La Société nationale des hydrocarbures (Snh) et la Société nationale de raffinage (Sonara), sont les deux entreprises camerounaises citées dans le scandale de Glencore. Des agents travaillant ou ayant travaillé dans ces sociétés sont impliqués dans des transactions occultes effectuées par le trader anglo-suisse dans le cadre de ses opérations dans le pays entre 2007 et 2018, contre le versement des pots-de-vin d’environ 7 milliards de Fcfa. Paradoxalement, la Snh, l’une des accusées en tant qu’institution, s’est mise dans la posture du justicier, après que son administrateur directeur général, Adolphe Moudiki, a demandé et obtenu du président de la république, l’ouverture d’une enquête judiciaire au Tribunal criminel spécial (Tcs) pour traquer les coupables.

L’ADG de la Snh serait-il épargné par ce scandale ? L’on est tenté de répondre par l’affirmative, tant il est vrai que c’est lui qui manœuvre pour actionner le levier de la justice. On voit donc mal le patron de la Snh se faire harakiri s’il n’a pas d’ores et déjà la certitude d’être épargné, et surtout une idée de l’identité des justiciables, dont plusieurs de ses collaborateurs. Si au terme de son enquête, le Tcs arrive à la même conclusion que la justice américaine, il va sans dire que cette affaire devra éclabousser à coup sûr de nombreuses personnalités y compris dans le sérail, où l’on soupçonne des hauts cadres de la présidence de la République. Il n’est pas non plus exclu que la justice camerounaise dans sa contre-enquête ne trouve pas de grain à moudre. Mais cette éventualité semble très peu probable.

Affaire Glencore : Le TCS entre en jeu pour traquer les présumés coupables

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Il y a du grain à moudre pour la justice camerounaise dans le « scandale Glencore », le trader anglo-suisse des matières premières, épinglé en 2022 par la justice américaine, pour des faits de corruption dans le cadre de ses activités en Afrique. Selon nos confrères d’EcoMatin, l’affaire enregistre des évolutions notoires au Cameroun, alors qu’elle semblait statique après son éclatement il y a un an. Le Tribunal criminel spécial (TCS), compétent pour traquer les délinquants cités dans des affaires de corruption et de détournements de deniers publics, devrait être saisi dans les prochains jours par l’Administrateur directeur général de la Société nationale des hydrocarbures (Snh), Adolphe Moudiki, d’une plainte contre les personnalités camerounaises impliquées dans ce scandale. Le journal d’Emile Fidieck rapporte que cette démarche résulte d’un accord du président de la République Paul Biya au gérant de la Snh pour porter cette affaire qui éclabousse l’image du Cameroun devant cette juridiction.

« Je demande au président de la République de m’autoriser à déposer une plainte auprès du Tribunal criminel spécial pour qu’une enquête judiciaire soit ouverte afin que les personnes impliquées dans ce dossier soient entendues », écrit l’ADG de la Snh dans sa correspondance au chef de l’Etat, et citée par EcoMatin, qui ajoute par ailleurs que le président de la République a répondu par l’affirmative en marge de sa demande : « Oui » ! Pour l’heure, l’identité des hauts responsables camerounais évoqués dans cette affaire ne sont pas encore connus. La justice américaine a néanmoins indiqué qu’il s’agissait de personnes en service à la Snh, et la Société nationale de raffinage (Sonara) entre 2007 et 2018, impliquées dans des transactions occultes avec la multinationale du négoce, du courtage et d’extraction de matières premières au Cameroun durant la période susmentionnée, contre le versement de pots-de-vin évalués à environ 7 milliards de Fcfa.

Les lignes semblent bouger dans cette affaire, après que le Conseil d’administration de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), a demandé aux gouvernements des pays africains cités dans ce scandale, « d’intervenir rapidement pour prendre les mesures adéquates », afin d’identifier les agents camerounais, ce d’autant plus que sur ces entrefaites, la présidente du Conseil d’administration de l’ITIE a rappelé que « les accusations ayant trait à des dessous-de-table effectuées par le biais d’intermédiaires dans le but d’obtenir des contrats avec des entreprises d’État » étaient « incompatibles » avec les engagements pris « en matière de transparence et de redevabilité ».

Filière coton : La Sodecoton mise sur l’agro-écologie pour booster sa production

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La stratégie du gouvernement pour redresser la filière coton

La Société de développement de coton (Sodecoton), fleuron de la filière cotonnière camerounaise, a participé en octobre dernier à la 5e journée de la recherche scientifique et de l’innovation au Cameroun (Jersic) à Yaoundé. Au cours de ce rendez-vous important de l’entreprenariat et du « made in Cameroon », cette société parapublique a plongé les visiteurs de son stand au cœur de ses activités, de la planification à la commercialisation du coton, en passant par la production de coton graine, de fibre de coton, et des activités de ses huileries.

Elle a surtout dévoilé son arrimage à l’agro-écologie et ses techniques visant à régénérer ses surfaces culturales afin d’augmenter leur fertilité. L’une de ces techniques étant le Semis sur couverture végétale (SCV). Celle-ci consiste à cultiver sans labourer le sol, encore moins de procéder à un sarclage mécanique ni au buttage, sur un sol recouvert de paille. L’une des particularités de cette technique est qu’elle contribue à l’amélioration biologique du sol, à la lutte biologique contre les mauvaises herbes, et au contrôle de l’érosion.

« Il y a des techniques qui permettent de réhabiliter ces sols grâce à l’utilisation des certaines plantes légumineuses ou céréalières (…) on ne laboure plus les champs. On défriche, puis on sème directement sous la paille, laquelle va se décomposer et enrichir le sol en matières organiques. La paille produit de l’humus, qu’on peut substituer aux engrais minéraux. La Sodecoton implémente désormais de l’agriculture biologique, sans engrais minéraux et sans produits chimiques », explique Théodore Lawe, chef de la division recherche et développement de la Sodecoton.

Ces nouvelles pratiques agricoles implémentées par la Société de développement de coton visent à réduire au mieux le recours aux engrais minéraux, dont les coûts sont passés du simple au double en l’espace de trois ans, en raison des perturbations dans la chaine d’approvisionnement à l’international, d’abord en raison de la pandémie de Coronavirus, ensuite à cause du conflit russo-ukrainien. Mais l’usage des intrants demeurent incontournable dans le développement des plantations de la Sodecoton, qui dépense annuellement en moyenne 65 milliards de Fcfa pour l’achat des engrais, soit environ 30% de son budget. 

Y.K.

Au-delà du show, des chèques mirobolants

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L’indécrottable Tyson Fury et l’opiniâtre Francis Ngannou se sont affrontés dans la soirée du samedi 23 octobre 2023 à Riyad en Arabie Saoudite, dans un combat de boxe anglaise mémorable baptisé « The Battle of the Baddest ». L’issue de la confrontation a vu le Britannique l’emporter sur le « Predator » par décision arbitrale, au terme des 10 rounds durant lesquels le Camerounais a posé pas mal de soucis à la légende Fury, l’envoyant même au tapis au round 3. L’ex champion des poids lourds de l’Ultimate Fighting championship (UFC) a certes perdu son premier combat de boxe anglaise et a signé son entrée dans cette nouvelle discipline de la plus belle des manières, mais il a réalisé son « rêve » comme il l’a lui-même claironné depuis l’annonce de ce combat et en est sorti victorieux depuis lors.

Pactole de 3 milliards pour Ngannou

D’abord, le gain que lui a procuré ce combat avant même de monter sur le ring, est un pactole important jamais touché par l’athlète dans sa carrière. Selon les informations du media Sports Payouts, grâce à ce combat, le natif de Batié empochera un salaire de 5 millions de dollars, soit 3,1 milliards de Fcfa. Un jackpot, bien loin des 600 000 dollars (372 millions de Fcfa) en fixe qu’il a gagné lors de son dernier combat à l’UFC contre le Français Cyril Gane chez les poids lourds pour la défense de sa ceinture. Quand à Fury, champion du monde des poids lourds en boxe anglaise, il s’en est tiré avec 15 millions de dollars, soit 9,3 milliards de Fcfa.

Les bourses des deux protagonistes devraient en outre être renflouées grâce aux ventes du pay-per-view, une sorte de paiement à la séance d’un programme TV. Les ventes en paiement de ce canal de diffusion à la séance et les recettes de l’événement devraient générés des revenus supplémentaires aux deux boxeurs, avec la probabilité pour Fury de toucher un cumul de gain de 50 millions de dollars, contre 12 millions pour Ngannou.

Il importe de préciser que la diffusion de ce prestigieux main event dans une soirée de boxe où d’autres combats de boxe se sont déroulés en levée de rideau, était un privilège dont peu de chaines de télévision pouvaient s’offrir le luxe d’acquérir les droits de diffusion. C’est la plateforme de streaming sportif par abonnement DAZN qui en  a eu l’exclusivité, et s’est par ailleurs arrogé la grande majorité des droits de retransmission à travers le monde à l’exception du Royaume-Uni, la République d’Irlande, les USA et le Canada. Par conséquent, l’accès à la plateforme est payant, et les chaines de télévision à l’instar de Crtv Sports, ont dû casser leur tirelire pour avoir accès à ce combat organisé par la General Entertainment Authority, un organe émanant du gouvernement saoudien chargé des activités, partenariats et projets ayant trait au secteur du divertissement dans le Royaume.

Selon la presse spécialisée, pour accroitre l’attrait autour de l’événement et convaincre le public des chances de Francis Ngannou de remporter le combat, le président de cet organe, Turki al-Sheikh, a recruté la légende vivante de la boxe Mike Tyson comme coach, avec en contrepartie un salaire très alléchant dont le montant n’est pas connu, et surtout l’ouverture à Riyad très prochainement du Riyad Mike Tyson Boxing Gym qui sera inauguré lors de la Riyadh season. Cet événement lancé en 2019, est un festival qui accueille des visiteurs du monde entier pour assister à des milliers de concerts, d’événements sportifs, d’expériences culinaires et d’autres événements culturels uniques. L’édition 2023 a donc été lancée samedi dernier avec une cérémonie d’ouverture spectaculaire et ce combat de boxe historique entre Tyson Fury et Francis Ngannou.

Agriculture et élevage : Le Cameroun et l’UE veulent renforcer les capacités des acteurs dans trois secteurs

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Les acteurs intéressés peuvent postuler en soumettant leurs notes conceptuelles en ligne au plus tard le 10 novembre 2023.

C’est dans le cadre du projet Facilité d’appui aux entreprises pour des chaînes de valeur agricoles résilientes.

Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat), coordonnateur du partenariat avec l’Union européenne (UE), vient de publier un appel à propositions dont l’objectif est de développer et d’améliorer les capacités des acteurs des chaînes de valeur agricoles du cacao, maïs et bétail (bovin, ovins et caprins) dans le cadre du projet « Facilité d’appui aux entreprises pour des chaînes de valeur agricoles résilientes ».

Le membre du gouvernement invite les acteurs intéressés à postuler en soumettant leurs notes conceptuelles en ligne au plus tard le 10 novembre 2023. En effet, le projet « Facilité d’appui aux entreprises pour des chaînes de valeur agricoles résilientes » a été mis en œuvre par la coopération allemande GIZ. Ledit projet est conjointement financé par l’UE dans le cadre de l’Accord post-Cotonou, avec le secrétariat de l’Organisation des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (Oeacp) et le ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement (BMZ).

Ledit projet a déjà mis sur pied, le Fonds compétitif de contrepartie dont l’objectif est de renforcer les capacités et les compétences des acteurs des chaînes de valeur des producteurs, transformateurs, acheteurs, micro, petites et moyennes entreprises.

Le communiqué du Minepat précise que l’objectif est d’attirer des financements et des investissements, particulièrement axés sur la résilience des chaînes de valeur des produits concernés : cacao, maïs et bétail (bovin, ovins et caprins), dans l’ensemble des 79 pays membres de l’Oeacp.

Dans ses missions régaliennes, l’Oeacp encourage l’esprit d’entreprise, l’innovation culturelle et la participation de la jeunesse. Son objectif est également de créer des emplois décents et accroître les revenus des artistes et des professionnels de la culture et promouvoir la qualité des productions et leur distribution sur les marchés nationaux et internationaux.

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