mercredi, mai 20, 2026
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Orange Cameroun lance #ForGoodConnectionsDay pour sensibiliser à l’utilisation responsable du digital

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ForGoodConnectionsDay www.newsducamer.com
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Confirmant son engagement en faveur d’un monde numérique plus sûr, Orange Cameroun de concert avec les autres filiales du groupe, a lancé ce lundi 19 mai 2025 au stade de Bonamoussadi à Douala, le #ForGoodConnections Day, une initiative visant à sensibiliser les jeunes et leurs parents sur l’adoption d’habitudes digitales saines et des comportements responsables.
« En partenariat avec l’ANAFOOT (Académie Nationale de Football), cet évènement propose sur un même site, dans la même journée, des activités sportives, des ateliers éducatifs et discussions animés par des personnalités inspirantes tel que l’international Salomon Olembe, et Annette Ngo Ndom, gardienne des Lionnes Indomptables, et des jeux interactifs conçus pour rassembler enfants âgés de 10 à 15 ans, parents et salariés bénévoles de l’entreprise afin de créer des expériences impactantees, favoriser le dialogue au sein de la cellule familiale et encourager la pratique de bonnes habitudes.


La finalité est de sensibiliser à grande échelle sur l’importance de la protection des enfants en ligne, informer sur les droits de ces derniers et les politiques de protection adoptées, les services et offres pour une enfance numérique protégée et mettre en lumière les initiatives d’Orange Cameroun dans ce sens. Nous espérons que les participants repartiront édifiés et tireront avantage des conseils pratiques essentiels à l’adoption d’un mode de vie numérique sain, reflétant la mission d’Orange » précisera M. Charles MBASSI, Chef de département Relations Institutionnelles & sécurité, représentant du Directeur des Affaires Institutionnelles et RSE.
Le programme #ForGoodConnections ambitionne de sensibiliser sur les enjeux sociétaux liés au numérique en s’attaquant aux défis cruciaux qui touchent les jeunes à savoir :
• Le cyberharcèlement ;
• L’accès à des contenus inappropriés ;
• Et le temps d’écran excessif (addiction aux écrans).
Après le succès de la précédente édition tenue en 2024, le #ForGoodConnections Day de 2025 marque le début d’une campagne de sensibilisation qui ira jusqu’au mois de juillet dans 25 pays d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique, avec pour objectif d’atteindre environ 16 000 enfants et leurs parents.

Africa Ceo Forum : Le Cameroun relance ses liens économiques avec la Côte d’Ivoire

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Organisé par le groupe Jeune Afrique, en collaboration avec les autorités ivoiriennes, ce forum de haut niveau a rassemblé plus de 1 800 participants — chefs d’État, ministres, chefs d’entreprises, investisseurs et experts — autour des grands enjeux de croissance et d’intégration du continent africain. À la tribune comme en coulisses, Joseph Dion Ngute a multiplié les interventions et les rencontres, plaçant le Cameroun au cœur des débats. Placée sous le thème « Un New Deal public-privé peut-il rebattre les cartes en faveur du continent ? », l’édition 2025 de l’Africa CEO Forum entend repenser en profondeur le partenariat entre gouvernements et entreprises africaines.

Trois leviers structurants sont au cœur de cette ambition : l’amélioration de la gouvernance, l’optimisation des politiques publiques, et l’accélération de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). L’objectif : poser les fondations d’un écosystème économique plus intégré, plus performant et résolument tourné vers l’action. Mandaté par le président Paul Biya, le Premier ministre a coanimé un panel stratégique avec ses homologues, notamment le Premier ministre ivoirien Robert Beugré Mambé. Les échanges ont porté sur l’intégration économique régionale, les partenariats public-privé et les opportunités d’investissement.

Présenter les atouts du Cameroun face aux investisseurs

Au cœur des discussions, les nouvelles frontières de l’innovation, de l’intelligence artificielle aux énergies renouvelables. Devant les investisseurs, Joseph Dion Ngute a défendu les atouts d’un Cameroun aux multiples ressources : un secteur agricole en croissance avec le cacao, le café et l’anacarde comme produits phares, un potentiel minier encore sous-exploité, et une dynamique touristique prometteuse. « Nous avons eu plusieurs rencontres avec des investisseurs qui souhaitent venir au Cameroun ; ils considèrent le Cameroun comme une terre d’opportunités. Nous les encourageons à concrétiser ces intentions », a confié le Premier ministre camerounais. Accompagné du Directeur général de l’Agence de promotion des investissements (API) et d’une délégation d’hommes d’affaires, il a mené une offensive diplomatique ciblée, enchaînant les entretiens avec de grands groupes, dont le PDG du groupe Jeune Afrique.

Les échanges ont permis de présenter plusieurs projets structurants. Une délégation d’investisseurs s’est notamment dite intéressée par le développement de la région de Kribi, autour du port en eau profonde. « Nous avons expliqué notre projet, surtout notre volonté de développer avec les autorités camerounaises la zone industrielle autour du port de Kribi, en attirant des industriels qui auront besoin d’électricité », a déclaré un représentant de B.I., important acteur énergétique au Cameroun. Ce dernier a rappelé l’engagement de son groupe dans plusieurs projets d’énergie dans le pays, notamment à Nachtigal. Un autre projet présenté au chef du gouvernement vise à structurer la filière porcine au Cameroun, avec pour ambition d’en faire le premier fournisseur régional de viande porcine en Afrique centrale.

Vers un nouvel élan des relations économiques Cameroun–Côte d’Ivoire

En marge du forum, Joseph Dion Ngute le chef du gouvernement camerounais a été reçu en audience par son homologue ivoirien. L’objectif est de relancer les relations économiques entre les deux puissances régionales. En effet, les échanges commerciaux entre le Cameroun et la Côte d’Ivoire sont passés de 69,9 milliards à 53,2 milliards de FCFA entre 2022 et 2023. Les deux Premiers ministres ont convenu d’intensifier les flux logistiques et commerciaux, misant sur les filières agricoles à forte valeur ajoutée. Cette rencontre s’inscrit dans un contexte marqué par le retour du nationalisme économique à l’échelle mondiale. Face à ce repli, les opportunités de commerce et d’investissement Sud-Sud se multiplient, offrant aux entreprises africaines de nouveaux relais de croissance et d’innovation. « Le contexte transactionnel actuel impose à l’Afrique de lever, une bonne fois pour toutes, les obstacles qui freinent encore l’essor de son secteur privé. Il n’y a pas d’alternative », affirme Amir Ben Yahmed, président de l’Africa CEO Forum. « Grâce à son agilité stratégique, sa capacité d’innovation et sa réactivité face aux mutations économiques, le secteur privé constitue aujourd’hui le principal levier de transformation du continent. Donner aux entreprises les moyens de devenir le moteur du développement, c’est précisément l’ambition que porte l’Africa CEO Forum depuis sa création », ajoute-t-il.

Au-delà des bilatérales, le forum a abordé des thèmes majeurs : transformation digitale, industrialisation, croissance inclusive, innovation technologique, mais aussi souveraineté économique dans un contexte mondial dominé par le retour du protectionnisme. Le président ivoirien Alassane Ouattara a appelé à « une nouvelle donne économique africaine » centrée sur la bonne gouvernance, la création de valeur locale et le renforcement du commerce intra-africain. Pour le Cameroun, ce rendez-vous s’est imposé comme une opportunité stratégique.

La présence du Premier ministre à Abidjan traduit la volonté de Yaoundé de repositionner le pays comme un hub d’investissement et un acteur incontournable des dynamiques économiques africaines. « L’objectif de ce forum est de permettre à l’Afrique de faire un saut qualitatif. Nous observons qu’un peu partout dans le monde, le nationalisme économique s’installe, le protectionnisme revient, et l’Afrique doit saisir cette opportunité pour se rassembler et agir de manière collective », a conclu Joseph Dion Ngute. Les retombées attendues de cette participation pourraient se concrétiser dans les semaines à venir par la signature de nouveaux partenariats, en particulier dans les domaines de l’agro-industrie, de l’énergie, de la logistique et des infrastructures. Au cœur de la stratégie camerounaise : une diplomatie économique ambitieuse, articulée autour de la coopération régionale et d’une vision long terme de la transformation structurelle.

PATRICK ALEXANDRE FOMETHE : « L’éducation financière est la clé́ de la réussite pour notre marché »

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Patrick Alexandre Fomethe www.newsducamer.com
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Monsieur le directeur général, quel est l’intérêt pour votre société de prendre part à ces travaux de l’Africa Capital Market Forum 2025 ?

Disons que pour nos sociétés de gestion de portefeuille, c’est toujours important de prendre part à ce type d’initiatives parce que cela nous permet de renforcer la communication sur notre métier. Mais surtout d’échanger avec les autres acteurs du marché pour comprendre un peu quels sont leurs défis et trouver ensemble des pistes de solutions. Alors, c’est une opportunité unique parce qu’on a pu rencontrer divers acteurs, y compris la Commission de Surveillance du Marché Financier (Cosumaf), échanger nos expériences avec les acteurs de marchés différents, ce qui nous permet, nous, en interne, de nous améliorer, mais surtout d’avoir des perspectives positives, car en fait, nous sommes dans un marché́ en construction.

Après avoir suivi tous ces travaux- là, tous ces débats, quels sont selon vous les défis qui interpellent nos marchés aujourd’hui ?

Je pense que le défi le plus important, c’est celui de la démocratisation de la bonne gouvernance. Car avec la bonne gouvernance, on l’a vu, il y a plusieurs leviers qui impactent la performance. Une bonne gouvernance va rassurer un peu plus les investisseurs. Une bonne gouvernance va nous permettre d’avoir un marché plus structuré. Mais une bonne gouvernance va surtout nous donner la crédibilité dont nous avons besoin pour rayonner dans la sous-région et au-delà de nos frontières. Étant donné que nous sommes dans un contexte socio-culturel où la gouvernance est un sujet assez particulier, s’approprier ces concepts étrangers est un challenge qu’il faut essayer de relever ensemble en tenant compte de nos réalités locales.

On a aussi parlé des mutations des parties prenantes, à savoir par exemple qu’on a désormais à faire à une nouvelle génération qui n’a plus les mêmes habitudes de consommation, qui utilise davantage les plateformes digitales. Pensez-vous qu’il est possible aujourd’hui, de mobiliser cette partie de la clientèle potentielle pour élargir la base du marché comme souhaité ?

De toute façon, c’est une ambition, mais c’est une ambition qu’il faudra considérer avec beaucoup de précaution, car qui dit digitalisation, qui dit démocratisation, dit aussi risque. Donc il faudra s’assurer que les acteurs et les outils qui sont mis en avant ici sont sécurisés, car nous gérons des données personnelles, il y a des flux financiers, et il ne faut pas se précipiter dans une course folle à la digitalisation par souci de mobilisation d’épargne, mais s’assurer que nous faisons les choses dans le bon ordre.

Nous sommes conscients qu’il y a un vrai gap en termes de collecte d’épargne, qui est aussi un défi en termes d’éducation financière. Nous devons nous positionner en tant qu’acteurs, et nous avons des associations qui sont là pour cela, afin de trouver avec les pouvoirs publics, les régulateurs et les organismes centraux, les bons outils qui sont adaptés à nos besoins. Que ce soit le salarié, le petit commerçant, l’homme d’affaires ou le militaire, il doit exister des produits adaptés à leurs besoins pour que l’épargne devienne systématique et une véritable habitude de consommation dans notre sous-région.

Dans la sous-région, quelle est l’évolution ? Qu’a-t-on gagné avec l’intégration des deux places financières ?

La première chose, c’est que nous avons un marché unifié. Nous regardons désormais dans une même direction en matière de bourse de valeurs mobilières. Cela montre qu’il y a déjà un marché qui peut se structurer. Mais aussi, nous avons eu une amélioration réglementaire qui nous permet aujourd’hui d’avoir des types de supports qui n’existaient pas auparavant, ainsi que des acteurs qui n’étaient pas encore reconnus dans la réglementation, notamment les conseils en investissement financier, les sociétés de gestion des Organismes de Placement Collectifs, les sociétés de gestion pour les actifs immobiliers, le capital-investissement… Tous ces corps de métier vont à terme nous permettre de dynamiser le marché. Nous sommes nous-mêmes en plein défi d’apprentissage de la réglementation et sur- tout de consolidation de notre environnement de marché. Nous pensons que c’est le bon moment pour être présents, car au-delà de la difficulté de mobilisation, nous avons besoin d’un marché solide et bien structuré.

Alors justement, en tant qu’acteur du marché, comment tirez-vous avantage de cette unification ?

Nous sommes une société de gestion de portefeuilles. En termes de processus, nous avons un fonctionnement unique, ce qui signifie que l’onboarding de nos clients, quelle que soit leur nationalité, n’est pas différent. Cela nous permet de nous adresser au client gabonais, camerounais, congolais ou tchadien de la même manière. Aujourd’hui, avec les outils numériques, nous pouvons effectivement attaquer le marché sous-régional dans son ensemble, ce qui nous offre autant de possibilités de croissance et de développement de nos activités. L’unification des marchés fait que nous avons désormais une bourse régionale située au Cameroun et un régulateur basé au Gabon, ce qui favorise l’intégration sous-régionale. Avant, honnêtement, je n’étais pas venu au Gabon depuis une dizaine d’années, mais depuis que nous sommes actifs dans le marché, nous effectuons des visites régulières au Gabon, qui nous permettent de mieux connaître le pays et de tirer profit de cette mixité, qui au final nous permet de renforcer notre activité dans la sous-région.

Comment appréciez-vous l’environnement réglementaire actuel ?
L’environnement réglementaire actuel a réalisé un saut qualitatif ces deux dernières années. Pour nous, acteurs du marché, c’est un grand défi, car auparavant, l’appropriation des textes se faisait à un certain rythme et aujourd’hui, nous percevons une dynamique nouvelle. Certains textes semblent même futuristes, mais nous comprenons l’ambition de la Cosumaf. Il nous revient donc de nous arrimer à cette évolution. D’un point de vue commercial, les exigences en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, ainsi que les normes KYC (Know Your Customer, NDLR), ont complexifié nos opérations. Cela nous contraint à être rigoureux dans l’onboarding des clients, mais nous constatons que cette difficulté est de plus en plus comprise par nos clients, ce qui les rassure. Ils savent qu’en étant client dans l’Asset management ou dans le marché financier, leur épargne est protégée grâce aux exigences imposées par le régulateur.

Concernant votre société, quelles sont vos principales réalisations ce dernier mois ?

Nous sommes une jeune société de gestion d’actifs créée en 2022, agréée en mars 2023 par le régulateur, et nous avons pour ambition d’être présents dans toute la sous-région dans les trois à quatre pro- chaines années. Nous avons un focus particulier sur l’éducation financière, c’est même l’un des piliers de notre stratégie, car nous pensons qu’il faut éduquer, apprendre, donner les outils aux populations avant de gérer leur argent. On se rend compte que ce manque d’éducation financière est un vrai challenge, c’est pourquoi nous avons axé notre stratégie là-dessus. Nous avons mis en place plusieurs programmes « JOKORIE » au- près des étudiants, qui nous permettent de faire le tour de la sous-région en visitant les écoles et universités pour leur parler d’épargne et de construction de patrimoine, puisqu’ils seront les travailleurs de demain.
Dans le même cadre, nous avons récemment organisé une table ronde à l’Assemblée nationale en France pour expliquer à la diaspora française que le marché́ sous-régional est un marché́ sérieux, qu’il y a de vraies opportunités de placement et qu’il existe des acteurs agréés qui peuvent les aider et les accompagner dans la construction d’un patrimoine en Afrique. Nous sommes donc dans cette démarche et continuons notre évolution, avec la gestion d’un portefeuille d’environ 15 milliards de FCFA.

Dans ce contexte où il y a une très faible culture boursière, comment vous organisez-vous pour répondre aux attentes des clients existants ?

Nous multiplions les initiatives d’éducation financière : séminaires, Jokorie, comme je l’expliquais. De plus, notre participation à ce type de plateforme, avec la résonance qu’elle peut avoir sur les réseaux sociaux, nous apporte visibilité et suscite la curiosité de nos clients, ainsi que de ceux qui ne le sont pas encore. Aujourd’hui, avec la puissance des réseaux sociaux, nous pouvons toucher plusieurs personnes à travers le monde. C’est lorsque nous aurons suffisamment de visibilité sur ce marché que les gens comprendront qu’il s’agit d’une activité sérieuse et porteuse. Je pense que la clé réside dans l’utilisation de la digitalisation, des réseaux sociaux et des actions récurrentes d’éducation financière sur le marché. C’est véritablement la clé de la réussite pour notre marché, qui est encore en construction.

Quels seront, selon vous, les leviers principaux à actionner pour dynamiser davantage le marché des capitaux dans notre sous-région ?

Pour moi, la clé réside dans une implication plus forte des pouvoirs publics, afin de renforcer les acteurs agréés et de simplifier le message autour de la gestion et de la culture financière. Nous devons bénéficier d’une meilleure visibilité dans les Assemblées nationales et les médias classiques pour expliquer aux citoyens l’utilité de leur épargne. Il serait pertinent de mettre en place des programmes fiscaux incitatifs et de promouvoir l’épargne publique. Encourager la constitution d’une épargne complémentaire via un pro- gramme d’épargne volontaire défiscalisé serait bénéfique. De plus, les fonds communs de placement sont des outils essentiels de l’Asset Management, qui devraient être distribués par les banques et les assureurs via leurs canaux afin d’en faire un réflexe de consommation. Les institutions financières ont un accès direct aux populations et pourraient ainsi démocratiser cet outil en l’intégrant comme une alter- native de placement pour leurs clients. Enfin, une communication plus structurée entre les pouvoirs publics, les associations et les acteurs du marché financier serait nécessaire. Actuellement, chacun agit de son coté, mais il faudrait que chaque pays instaure des canaux efficaces pour diffuser le message à travers les associations de bourse et de l’Asset Management. Une initiative pertinente serait de dédier une semaine annuelle à l’éducation financière, non seulement pour les acteurs du marché mais aussi pour les populations qui ne sont pas encore sensibilisées.

Propos recueillis par François BAMBOU

Petit Pays célèbre 40 ans de scène au Palais des Sports de Yaoundé

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« Le Contineng, ce n’est pas juste un concert. C’est une célébration, un voyage, un témoignage », a déclaré l’artiste devant un parterre de journalistes ce jeudi 15 mai 2025 à Yaoundé. À travers cette initiative, Petit Pays entend marquer les esprits en célébrant 40 années d’une carrière hors normes, tissée de succès, de combats, de scandales et surtout… de musique.

L’événement Contineng – contraction imagée de “continent”, se veut une ode à l’Afrique et au Cameroun. Il réunira une pléiade d’artistes autour d’un hommage vibrant, dans une atmosphère de communion intergénérationnelle. « J’invite chacun à venir vivre ce moment unique où les générations se rencontrent. Que ce soit pour danser, chanter, se souvenir ou découvrir, le Contineng est à vous », a ajouté Rabba Rabbi, la voix empreinte d’émotion.

Une carrière légendaire

Avec plus de 50 albums à son actif, quatre disques d’or et des records de vente qui défient le temps – notamment son album Class F/M, écoulé à plus de 50 000 exemplaires en une journée – Petit Pays est sans conteste l’un des artistes les plus prolifiques du pays. Son style inimitable, entre soukous, makossa et ndombolo, et ses concerts souvent théâtraux – où il n’hésite pas à faire des entrées spectaculaires en cercueil ou à cheval – ont forgé sa légende.

Au-delà des chiffres, l’homme est une icône populaire, un miroir des aspirations d’un peuple. C’est d’ailleurs cette complexité qu’il entend mettre en scène samedi : « Les 40 ans que nous célébrons doivent parler au cœur. C’est le cœur qui doit s’exprimer. Nous allons réguler certaines choses avec les chansons, avec la jeunesse, avec les histoires de vie », a-t-il confié, le regard tourné vers l’avenir.

Un message national et panafricain

Le choix de Yaoundé pour ce coup d’envoi n’est pas anodin. « Nous avons choisi de commencer par Yaoundé, parce que c’est la capitale. Et Yaoundé me rappelle un peu mon histoire », a précisé l’artiste. Le spectacle Contineng entend amorcer une série d’événements à travers les dix Régions du Cameroun, dans une dynamique de partage, de mémoire et de reconnaissance.

En dépit des polémiques qui ont jalonné son parcours, Petit Pays reste fidèle à lui-même : entier, flamboyant, indomptable. Ce 17 mai, le Palais Polyvalent des Sports promet d’être le théâtre d’un moment suspendu, entre nostalgie et célébration, où les cris du public viendront répondre aux silences d’un homme qui, qu’on l’aime ou qu’on le critique, aura marqué son temps.

Yvette Valérie Doume, « Nous travaillons à créer une interprofession de la filière manioc »

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La Fondatrice de l’ONG Femme action et développement au Cameroun et en Centrafrique (FADEC) et promotrice du festival All Kassava livre les contours de l’évènement qui se tiendra du 24 au 27 juillet 2025, tout en soulignant les défis et potentiels de ce tubercule.

La deuxième édition du festival All Kassava est prévue à Douala en juillet prochain après une édition en novembre 2024. Pourquoi ce changement de timing et à quoi doit-on s’attendre ?

Le second semestre de cette année sera un peu mouvementé au Cameroun au regard de la météo politique qui affiche des nuages pleins d’activités politiques, notamment le cœur de notre démocratie qui se manifestera à travers l’élection présidentielle. Des énergies seront donc cristallisées autour de cette actualité en perspective. Nous nous sommes dit, avec nos différents partenaires et acteurs, qu’il était judicieux de le tenir en juillet. La tutelle a approuvé cette proposition. Même s’il y a la pluie, elle n’empêchera rien (sourire). C’est une grande fête, elle aura lieu même sous la pluie.

Tous les producteurs de manioc y sont attendus. Des agriculteurs, ceux qui transforment la matière première sous toutes ses formes, des industriels. Ce que beaucoup ne savent peut-être pas, de nombreuses industries de chez nous utilisent abondement de l’amidon qu’ils importent !  Notre but est de faire savoir à tous que de l’industrie pharmaceutique à l’industrie brassicole en passant par l’agroalimentaire, la transformation du bois en papier, l’industrie financière, des équipementiers, la fabrication de la colle, le manioc a de nombreux dérivés. Des choses connues juste par une toute petite poignée de personnes. Le festival All Kassava est donc ouvert à tous, afin que tous viennent découvrir l’or blanc et ses mille et un avantages. Ce qui pourrait susciter des vocations dans ce segment de notre économie en ces temps où la guerre commerciale est d’actualité et où les importations de blé connaissent une décrue. Le moment est venu de mieux cerner ce que nous produisons comme manioc et comment le mettre en valeur, et même effacer vigoureusement ces aprioris qui présentent le manioc comme une ressource alimentaire qui rendrait crétin. (Sourire). Le festival aura lieu à la maison du parti de Bonanjo, des enregistrements sont ouverts.

 Selon vous, quelle est la plus-value du manioc comparativement aux autres tubercules ou spéculations ?

Nous trouvons, en toute honnêteté, que le manioc a beaucoup de débouchés, une panoplie de dérivés. Il s’agit d’un tubercule riche. Sans doute d’autres tubercules le sont aussi. Mais moi je suis fille du manioc, je suis de Bonomo Ba Mbenguè (banlieue de Douala, Ndlr). C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai choisi le manioc car il est en train de perdre de sa valeur, le Mintoumba (forme de gâteau de manioc à l’huile de palme, ndlr), pareil. Le Bobolô (bâton de manioc issu de la Région forestière du Cameroun, ndlr), tous perdent de leur valeur.  Notre but est donc de rehausser cette grandeur et renforcer le côté industriel. Un détail.  Partout où les camerounais se trouvent dans le monde, ils sont prêts à consommer ces dérivés du manioc que je viens de lister, nous les appelons MMB (manioc, mintoumba, bobolô). Encore une fois donc, nous voulons que ce tubercule reprenne de la valeur. Ce qui permettra de promouvoir le développement durable. Les camerounais sont attachés à la culture du manioc par amour mais n’arrivent pas à s’en sortir parce qu’ils ne savent pas à qui le vendre. Il y en a qui veulent acheter, ils ne savent pas chez qui acheter, conséquence chacun est dans son coin. Notre but est donc de briser ces barrières. Nous avons une communauté au sein de laquelle les gens vendent.

En RCA, des investisseurs étrangers souhaitent créer 25 000 emplois directs à travers 10.000 hectares de champs de manioc. Qu’est-ce que le Festival All Kasava peut tirer de ce projet ?

Le projet de construction d’une industrie, je dirai de pointe au tour et sur le manioc en RCA est une opportunité réelle pour All Kasava. En 2024 lors de la première édition, la RCA était présente. Voir un tel projet se nouer après All Kasava est une fierté. Plus de 130 milliards de FCFA que ces investisseurs que vous évoquiez vont injecter dans la filière manioc en RCA est un gros challenge pour nous, une opportunité. Nous verrons en interne comment prendre langue avec les acteurs du projet pour que All Kassava joue un rôle dans cet univers.

Quelles sont les innovations prévues cette année ?

La première édition nous a permis de nous rendre compte qu’il y avait un besoin dans le sens de la promotion du manioc, de la visibilité de ce tubercule.  Il y a donc eu un engouement autour de cette première édition. Cette année, il est question de ratisser large pour intéresser le producteur, où qu’il soit. Par ailleurs, à la première édition, nous avons pris l’engagement, avec l’accord du ministère de l’Agriculture, de mettre sur pied une interprofession pour porter la filière manioc ; réunir tous les acteurs du manioc afin de mieux analyser le manioc et ses dérivés. C’est un travail qui est en cours avec l’onction du Minader. Autre chose à souligner, la diaspora camerounaise basée en Europe voudrait participer activement au festival All Kasava. La dernière fois, il y avait déjà quelques membres de ladite diaspora, et cette fois-ci, ils veulent être plus actifs dans l’organisation et soutenir certains petits producteurs.

En termes de participation, quel bilan faites-vous de la dernière du festival All Kassava ?

Ça a été un sacré coup réussi, nous avons touché beaucoup de personnes au-delà de la Région du Littoral. C’est un festival national, mais aussi international. Nous avons eu des exposants provenant de six régions du pays. Il n’y a que l’Extrême Nord, le Nord, le Nord-ouest, l’Ouest qui n’ont pas pu être là, je crois, faute de moyens car cette organisation était notre première édition, nous n’avons pu les contacter à temps.  Au niveau de la sous-région CEMAC, nous avons sensibilisé des pays. Nous avons eu des représentants de la RCA et du Gabon. D’autres pays seront là cette année. Il y en a qui voulaient venir de la RDC, mais ils n’ont pas eu de financements, d’autres des Caraïbes avaient aussi manifesté leur désir d’ être là. Mais nous avons eu des partenaires venant d’Espagne qui avaient présenté de nouvelles technologies en matière agricole comme des drones. Donc, le bilan a été positif pour une première édition. Les autorités nous ont beaucoup accompagnés : des autorités politiques, traditionnelles etc.  Nous sommes parrainés par le MINADER (ministère de l’Agriculture et du développement rural), qui a veillé à la perfection de tout, de la sécurité des exposants, la facilitation du transport des marchandises entre autres. Nous avons touché une masse importante de personnes, en un mot, il y a eu de l’écho, un écho favorable car il faut le souligner, nous avons constitué une bonne communauté de près de 300 personnes. C’était cela le but car il était également question de mettre en réseau tous les acteurs de la chaîne de valeur.

Ahmadou BIVOUNG,« La centrale est stable. Mais nous restons vigilants »

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 Le directeur central de la production chez Eneo revient sur les défis auxquels fait face la centrale hydro électrique de Songloulou et sa capacité à répondre aux besoins énergétiques du Cameroun.

 Monsieur le Directeur, comment se porte la centrale  de Songloulou aujourd’hui ?

La centrale de Songloulou est stable, nonobstant le  problème de RAG (Réaction Alcali-Granulat ndlr) qui a été vécu depuis la construction de l’ouvrage. Et à l’international, un benchmarking  a été effectué pour suivre sur la durée ce phénomène. L’impact effectivement de Songloulou sur le dispositif  RIS  (Réseau inter connecté sud ndlr) n’est plus à démontrer. Elle a été constante et cette contribution restera. Songloulou est restée au top et a permis à un moment donné même d’arriver à un dépassement de capacité pour permettre tout à fait la stabilité du système. Nous avons vécu  des problématiques liées à l’hydrologie. C’est la nature, mais effectivement tous les acteurs du système, travaillent en ce sens pour mitiger l’impact de ces problèmes hydrologiques sur l’alimentation des clients.  Nous avons travaillé nécessairement sur le mix énergétique.  Donc, nous faisons face aux changements climatiques qui ont un caractère pervers, soit par les déficits ou même des excès. Nous restons tout à fait vigilants et on reste allié avec les acteurs gouvernementaux sur le tracking de tout ce qui est mouvements et observations au niveau des changements climatiques.

Monsieur le directeur, est-ce que vous pourriez nous donner les éléments qui démontrent  la position dominante de Songloulou dans le système de production de l’énergie électrique au Cameroun?

De manière pragmatique, les injections qui se traduisent par les énergies, on a la proportion de Songloulou par rapport à l’ensemble qui est injecté. Nous avons vu que Songloulou tourne autour de 35-36%. Donc 35% d’une entité est suffisamment parlante. Et ces dépassements où Songloulou va au-delà même de sa limite de production à des temps courts, tout à fait acceptés par les techniques. Ce sont des éléments qui illustrent cette pertinence et surtout la régularité sur le plan des disponibilités. Tout ce que nous menons comme activités, que ce soit des investissements ou la maintenance dans le but de garantir la fiabilité, permettre à ce que Songloulou en tout temps,  de répondre aux besoins de la demande.

Entre 2015 et 2018, vous avez effectué des travaux sur la vanne d’évacuation. Aujourd’hui, il y a une note qui a été adressée au ministre de l’eau qui indique que la vanne est toujours défaillante et qu’elle laisse passer de l’eau.  Qu’en est-il exactement?

 Dans le barrage hydroélectrique avec des vannes d’étanchéité, il peut arriver effectivement des fuites d’ordre ponctuel, mais sans nécessairement avoir de lien avec les questions hydrologiques. Donc du coup, dans le cas des travaux de maintenance, on doit faire des travaux d’étanchéité, tant du point de vue du génie civil, on peut avoir des légères fissures qui sont étanchées. Nous continuons à travailler sur les évacuateurs et même dans la nouvelle perspective, dans ce programme Dam Safety,  nous sommes en train de travailler pour anticiper le phénomène du déplacement du béton. On a dit que la RAG est irréversible et on veut mettre en place maintenant des systèmes qui intègrent même ce déplacement et faire en sorte que même s’il y a déplacement, il n’y ait pas de contraintes mécaniques, que les contraintes mécaniques soient tout à fait absorbées.

 Comment comprendre qu’en ville, par exemple, même quand on a suffisamment de pluie, Eneo justifie les coupures d’énergie par le manque d’eau ?

 C’est une conjugaison de deux aspects. C’est que quand on fait un remplissage au cours d’une année N-1, c’est pour sécuriser l’étiage de l’année N.  Et l’année passée, en 2024, nous avons fini l’année avec un déficit de 2 milliards par rapport au remplissage de 2023.  Maintenant, prenant le cas du RIS, il y a également les débits interannuels, donc indépendamment des réservoirs qui ont été très bas. Du coup, la somme des débits éclusés plus de débits interannuels, ça va être très insuffisant pour saturer l’ensemble des barrages qui sont installés sur le fleuve Sanaga. Maintenant, les pluies en ville, il faut que les pluies se situent encore dans le bassin versant et s’il pleut du côté où c’est le  Djerem qui passe en cru pour remplir Mbakaou, ça aura un impact positif, mais il peut pleuvoir même six mois à Douala,  de toute façon, les populations vont bénéficier de la fraîcheur, mais ça ne va jamais avoir une incidence sur l’augmentation des débits. Donc, il faut qu’il pleuve au bon endroit, soit dans le bassin versant intermédiaire, ça veut dire que ça rejoint directement le fleuve Sanaga, soit au niveau des réservoirs.

Centrale de Songloulou: près de 40% de la production du grand réseau entre 2024 et 2025

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 Malgré ses près de 50 ans d’âge et une maladie liée au sol, cet ouvrage apporte la plus grande contribution au réseau interconnecté sud du pays ces dernières années,  devant  Edea et Nachtigal récemment mis en service.

Ouvrage historique, la centrale  de Songloulou selon les dirigeants d’Eneo,  continue de jouer un rôle majeur dans le segment production de l’énergie au Cameroun. D’unecapacité installée de 384 MW, cette centrale va parfois au-delà cette puissance atteignant jusqu’à 400 MW.  Les chiffres tout au long de l’année 2024 en l’occurrence montrent une variation   des pics dont le plus bas niveau était de 396 MW en décembre et un pic de 410 MW consécutivement au mois de mai et de juin.  Soit 38% de la production du Réseau Interconnecté Sud (RIS) du pays qui repose sur trois centrales hydroélectriques de grande importance : Edea, Songloulou et Nachtigal.

La même tendance est observée depuis le début de cette année avec  un pic de  production de 400 MW en janvier, puis  à plus de 384 MW de février jusqu’à date. Globalement, le pointage fait état d’un niveau de performance qui fait de  Songloulou  le leader en termes de production.  De janvier à avril 2025, la centrale de Songloulou a enregistré 35%  de la production dans le réseau interconnecté sud. Elle est talonnée par Nachtigal  qui affiche un taux de 31% malgré sa mise en service récente, puis la centrale d’Edéa  avec 21%. « Songloulou est un pilier historique. Songloulou assure une base stable, mais Nachtigal redessine la carte énergétique, réduisant la dépendance historique à Songloulou », commente Eneo qui assure la gestion de cette centrale.

Songloulou face au défi technique

Avec ses 8 groupes de 48 MW chacun, le taux d’utilisation des machines se situe autour de 90%.  Mais l’ouvrage se bat pour survivre avec un gros défi. En effet,  cette infrastructure souffre d’une maladie détectée depuis les années 1980. Appelée Réaction Alcali-Granulat (RAG),  cette pathologie se manifeste par des fissures et des gonflements des bétons, laissant craindre le risque d’effondrement du barrage.  Mais, les responsables de l’ouvrage rassurent qu’il n’y a pas d’inquiétude.  « Nous connaissons bien cette pathologie. Il n’y a pas que Songloulou qui en souffre. Même les plus grands barrages dans le monde connaissent ce problème.  Une étude a permis de conclure en 2020 que le barrage de Songloulou est stable», affirme Ahmadou Bivoung, le directeur central de la production à Eneo lors d’une visite de presse effectuée sur le site le 8 mai dernier.

Selon les responsables de l’ouvrage,  plusieurs investissements ont été réalisés pour garantir la stabilité de  l’ouvrage.  C’est notamment le cas du programme Dam Safety  dont les actions permettent de sécuriser le barrage dans ses fondements, installer une technologie de pointe pour sa surveillance et réhabiliter certains équipements de modulation.  11 milliards de FCFA ontdéjà été mobilisés dans la phase 1 de ce programme qui couvrait la période 2015 – 2024. 

 Pour la phase 2 en cours, plus de 60 milliards sont nécessaires. Les premières études soulignent la nécessité durant cette phase de mener des actions de renouvellement et de renforcement du barrage afin d’allonger la durée de vie  de Songloulou d’au moins 30 ans. 

Réélu à la tête de l’EELC, le Rév. Baiguélé promet discipline, unité et renouveau

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Révérend Jean Baiguélé

Yaoundé, ville symbole de dialogue et d’unité, a ainsi accueilli ce moment charnière dans la vie de l’EELC, marquant l’aboutissement d’un premier mandat que le Rév. Baiguélé a lui-même qualifié de « fondations solides ». Son discours de candidature a d’ailleurs sonné comme un acte de lucidité et de réengagement : lucide sur les attentes inassouvies, humble dans la reconnaissance de ses limites, mais déterminé à inscrire son second mandat sous le sceau de la consolidation.

Un pasteur expérimenté au service de l’institution

Le parcours du Révérend Jean Baiguélé témoigne d’un engagement constant au service de l’Église évangélique luthérienne du Cameroun (EELC). De ses débuts comme aumônier universitaire à Ngaoundéré à ses fonctions de directeur de district à Douala, président régional du Centre, pasteur à Yaoundé, puis enseignant à l’Institut Luthérien de Théologie de Meiganga (ILTM) dans la région de l’Adamaoua, le département du Mbéré, chaque étape de sa trajectoire a renforcé un leadership mêlant pragmatisme pastoral et profondeur théologique. Ce cheminement, jalonné de responsabilités stratégiques, lui a permis d’acquérir une solide expérience, aujourd’hui mise au service de l’Église en tant qu’évêque national. Le Rév. Baiguélé incarne un ministère où se conjuguent foi, rigueur académique et action.

Formé à l’ILTM, dont il est diplômé du baccalauréat (1992-1997) et de la licence (2001-2003), il a également poursuivi deux Masters en management et en théologie, avant d’entamer un doctorat en théologie sur fonds propres. Cette double expertise, spirituelle et intellectuelle, renforce la crédibilité d’un homme appelé à conduire l’Église vers plus de stabilité, de visibilité et d’impact. Son second mandat s’inscrit dans la continuité d’un engagement profond, marqué par une volonté affirmée de faire rayonner l’EELC dans la fidélité, la discipline et l’ouverture.

Cap sur la réforme interne et l’ouverture extérieure

Au cœur de son programme : la restauration interne, la discipline ecclésiastique et un rayonnement renouvelé sur la scène nationale et africaine. Il s’agit, selon lui, de poursuivre les caravanes de prière, de mobiliser les évangélistes formés, mais aussi d’adapter la formation théologique aux réalités africaines, en insistant sur la cohérence entre foi, théorie et pratique. Sur le plan de la gouvernance, il s’est engagé à promouvoir la transparence, la bonne gestion, et l’inclusion des jeunes et des femmes dans les organes décisionnels. La consolidation des partenariats internationaux et le respect des engagements financiers sont également inscrits au cœur de ses priorités. Dans un passage particulièrement marquant de son allocution, le Rév. Baiguélé a demandé pardon aux fidèles pour les attentes non comblées. « Peut-être que certains, à distance, ne perçoivent pas les efforts fournis. Mais nous avons rétabli la confiance, amorcé la réconciliation et lancé des chantiers cruciaux », a-t-il affirmé.

Une Église en marche vers l’avenir

Le ton est donné pour ce second mandat : lisibilité des actions, consolidation des acquis, développement spirituel et institutionnel. Pour de nombreux observateurs, cette réélection ouvre une nouvelle page d’espérance, dans une Église qui cherche à se réconcilier avec elle-même, à renforcer son impact dans la société et à affirmer son rôle au sein du christianisme africain. Chargé de conduire le troupeau dans un contexte d’incertitudes, mais aussi d’opportunités, le Rév. Jean Baiguélé bénéficie désormais d’une légitimité renouvelée et d’une Église mobilisée à ses côtés. Le défi est grand, mais les bases semblent posées pour une EELC tournée vers l’essentiel : la foi, le service et la communion.

Exploitation Minière : La perte de 2 025 hectares de terres agricoles aggrave la crise alimentaire à l’Est

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Au cœur de la région de l’Est-Cameroun, un drame silencieux se joue : la terre, jadis nourricière, cède peu à peu la place aux pelles et aux dragues. Dans un rapport récent, l’organisation Forêts et Développement Rural (FODER) a présenté les résultats de deux études inédites sur les conséquences socio-environnementales de l’exploitation minière artisanale et semi-mécanisée dans les arrondissements de Batouri, Kétté et Kentzou. Il en ressort que l’essor incontrôlé de cette activité provoque une véritable saignée dans les terres agricoles, menaçant gravement la sécurité alimentaire de milliers de Camerounais.

 Entre 2010 et 2024, la superficie exploitée pour les activités minières dans cette région est passée de 82 hectares à plus de 4 600 hectares, soit une hausse fulgurante de 5 490 %. À elle seule, la commune de Batouri concentre 70 % de cette activité, avec 3 247 hectares aujourd’hui dévolus aux mines, contre seulement 79 hectares il y a 14 ans. Kétté suit de près, avec une progression tout aussi alarmante. Mais derrière ces chiffres impressionnants se cache une réalité plus sombre : celle de la disparition progressive des terres cultivables. Toujours selon FODER, 2 025 hectares de terres agricoles ont été transformés en sites miniers, soit 44 % de la surface minière totale.

Pour les communautés locales, cela signifie moins de champs de maïs, de manioc, de bananiers, et davantage de pénurie sur les marchés. « On ne peut plus nourrir nos familles comme avant », se lamente Marie, agricultrice à Kétté. « Chaque saison, un nouveau site minier prend notre champ. On nous dit que c’est pour l’or, mais nous, on ne mange pas l’or. » L’impact est direct sur les prix des denrées alimentaires. Moins de production locale signifie une dépendance accrue aux produits importés ou transportés depuis d’autres régions, avec des coûts élevés.

Cette pression aggrave une crise alimentaire déjà préoccupante : selon la Banque mondiale, près de 250 000 Camerounais font face à une insécurité alimentaire grave ou élevée, en grande partie à cause de la rareté et de l’inaccessibilité des produits de première nécessité. Le couvert végétal n’est pas épargné non plus. Près de 2 614 hectares de forêts ont été détruits, compromettant la biodiversité et la qualité des sols. L’usage incontrôlé du mercure et d’huiles de moteur pollue les rivières, réduisant encore les possibilités de pêche, autrefois ressource essentielle pour les habitants.

À ce rythme, les projections sont inquiétantes. Si rien n’est fait, la superficie exploitée pourrait dépasser les 7 500 hectares à Batouri d’ici 2040, selon les modèles prédictifs cités dans le rapport. Face à l’urgence, FODER recommande la création de comités locaux de surveillance, une réglementation plus stricte sur les produits chimiques, et surtout la réhabilitation des sites dégradés. Mais pour les populations, le mal est déjà profond. « Ce que nous demandons, c’est simple : qu’on nous rende nos terres ou qu’on nous donne les moyens de survivre autrement », conclut Paul, chef traditionnel de Kentzou

Barrage de Kikot-Mbebe: Suspense chez les candidats constructeurs

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Barrage de Kikot-Mbebe www.newsducamer.com
Barrage de Kikot-Mbebe www.newsducamer.com

Ce processus est une étape clé dans les opérations préparatoires à la construction des ouvrages du Projet. Les participants présents (représentants du gouvernement, responsables de KHPC) ainsi que les constructeurs candidats connectés à distance ont pu constater contradictoirement, sous l’œil avisé d’un huissier de justice dûment mandaté à cet effet, l’ouverture des lettres de candidatures et la liste des noms des constructeurs ayant déposé un dossier de candidature. Les opérations d’analyse de ces dossiers vont pouvoir débuter pour aboutir au terme du processus à la validation de la liste définitive des constructeurs qui auront l’opportunité de participer aux appels d’offres à venir pour chacun des lots concernés.

En effet, en application des standards définis par la Banque Mondiale, KHPC avait procédé, le 27 Janvier 2025, au lancement du processus de sélection initiale des entreprises pour la construction des ouvrages du projet de barrage hydroélectrique de Kikot-Mbebe. Les trois lots proposés aux candidats étaient les suivants :

Lot 1 : Génie Civil, comprenant principalement les travaux de Génie Civil et les équipements hydromécaniques du barrage usine ainsi que les structures métalliques ;
Lot 2 : Electromécanique, comprenant principalement les travaux et les équipements électromécaniques pour l’usine hydroélectrique ainsi que les travaux de Génie Civil de second œuvre de l’usine ;
Lot 3 : Ligne et Poste comprenant l’installation de la ligne d’évacuation de l’énergie, du poste d’évacuation de l’énergie ainsi que des liaisons usines/postes.

Dans l’annonce faite par la Direction Générale de KHPC à cette occasion, il était précisé que « seuls les candidats retenus à l’issue de cette sélection initiale seront ensuite invités à participer à la phase d’appel d’offres dont le lancement est prévu à ce stade en août ou septembre 2025. »

En rappel, les candidats intéressés par la construction des ouvrages du barrage de Kikot-Mbebe avaient été invités à contacter KHPC pour faire part de cet intérêt en envoyant un email à l’entreprise. Par la suite, il leur avait été envoyé un accord de confidentialité qu’ils ont retourné, accepté en l’état, dûment daté et signé par une personne habilitée à représenter le candidat, avec le pouvoir de délégation du signataire. A la réception de ces documents par KHPC, les candidats ont obtenu un accès sécurisé à la plateforme (data room) virtuelle baptisée « iDeals » sur laquelle ils ont téléchargé le dossier de sélection initiale.

Pour mémoire, dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), l’Etat du Cameroun a défini comme méthode d’accroissement de l’offre de production d’électricité, le développement de nouveaux projets de production hydroélectrique en mode partenariat public-privé (PPP).

C’est dans ce contexte que l’Etat du Cameroun et la Société Electricité de France (EDF) ont décidé de codévelopper un aménagement hydroélectrique de grande importance sur le fleuve Sanaga. La puissance installée de la Centrale hydroélectrique de Kikot-Mbebe est de 500 MW. Cet aménagement sera équipé d’un barrage d’environ 1200 mètres de long et d’une usine disposant de 6 turbines Kaplan d’une puissance de 83,3 MW chacune, avec une hauteur de chute de l’ordre de 35 mètres.

Pour mettre en œuvre ce projet, une Société de droit camerounais dénommée Kikot-Mbebe Hydro Power Company SA (KHPC) a été créée le 25 septembre 2023. L’Etat du Cameroun et EDF détiennent chacun 50% des participations au sein de l’actionnariat de KHPC.

Concrètement, il s’agit d’un projet de type PPP (partenariat public-privé), pour la conception, la construction, l’exploitation et la maintenance dudit barrage, à travers un contrat de concession dont les modalités seront fixées ultérieurement.

Le closing financier est prévu en avril 2026, avec un coût de construction estimé à environ FCFA 1 050 milliards. L’État devra y contribuer à hauteur de FCFA 150 milliards, au titre de sa quotité du capital à verser pour les travaux du barrage. Le reliquat du financement sera mobilisé auprès des préteurs et de EDF. Par ailleurs, la construction est prévue sur la période allant de 2026 à 2031, et la mise en service en 2031.

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