Le monde du cinéma africain est en deuil. Bassek ba Kobhio est mort ce 12 mai 2026 à Yaoundé, des suites de maladie. L’annonce de cette nouvelle porte l’estampille des Ecrans noirs dont il était le délégué général. Le cinéaste et réalisateur était âgé de 69 ans.
Né en 1957 à Nindjé, Bassek ba Kobhio a fait son temps. Mais en quittant la scène définitivement à 69 ans, l’homme laisse derrière lui une œuvre immense, mais inachevée. Sociologue, philosophe et écrivain à la base, l’homme prolonge ses pensées par l’image réelle. Sango Malo est le plus connu de ses productions. Un classique qui a été regardé par des centaines de millions de spectateurs de par le monde. L’homme signe également Le Silence de la forêt, Le Grand Blanc de Lambaréné, Gouverneurs de la Rosée, qui connaissent également un retentissement international. Dans ses productions portées par les éditions Terre africaine, Basseck ba Kobhio valorise l’Afrique, la raconte avec dignité, en essayant d’en donner une image respectable dans sa spécificité.

Et c’est ce combat qu’il mène à travers les Ecrans noirs, un festival qu’il fonda en 1997. Un festival dédié exclusivement au cinéma africain, un lieu de rencontres, de débat entre amoureux, et de diffusion du 7ème art africain. Ce projet que l’homme a longtemps porté dans le dénuement, dans un environnement où la voix de l’Afrique peinait à se faire entendre. Et du coup, les financements extérieurs étaient sous-tendus par un esprit d’influence. L’homme a résisté. Jusqu’à ce que l’Etat camerounais fasse des Ecrans noirs une œuvre d’utilité publique. Mais l’évolution n’a pas toujours eu le rythme que le fondateur de ce festival agonisant ces dernières années. Si la génération des acteurs de ces années 80 tend à disparaître, le père des Ecrans noirs aura su penser l’avenir. A cette jeune garde formée de reprendre le flambeau pour poursuivre l’œuvre, afin que les Ecrans nours ne séteignent pas définitivement.







