Minette Libon Li Likeng , « Protéger la population contre les cybercriminels »

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En visite à Bertoua le week-end dernier dans le cadre de la campagne nationale pour la promotion de la culture de la cybersécurité, la ministre des Postes et Télécommunications est revenue sur la politique nationale en matière de sécurité des réseaux et des systèmes d’information. Verbatim.


Sur les objectifs de la campagne

Le ministère des Postes et Télécommunications a engagé l’année dernière, sur très hautes prescriptions du chef de l’Etat, une campagne nationale visant à promouvoir la culture de la cybersécurité et à sensibiliser à l’utilisation responsable des réseaux sociaux.

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Organisée sous le thème : « Tous mobilisés pour la cybersécurité au Cameroun », cette campagne a été prescrite pour mobiliser toutes les couches sociétales dans la lutte contre la cybercriminalité. De manière spécifique, il s’agit : d’éveiller l’attention des citoyens camerounais sur les menaces en provenance du cyberespace mondial et susciter leur adhésion dans la mise en place de mesures de cybersécurité ; d’attirer l’attention des décideurs et responsables des structures de l’Etat ainsi que des entreprises, en vue d’une prise de conscience et de l’implémentation des protocoles de sécurité des réseaux ; de sensibiliser toutes les couches sociétales sur l’usage responsable des réseaux sociaux qui sont utilisés de plus en plus à des fins malveillantes ; de mettre en place une coalition nationale pour la promotion de l’utilisation citoyenne des réseaux sociaux.

Il s’agit d’une démarche associant tous les acteurs de la société camerounaise : Administrations, experts et opérateurs, entreprises, société civile, jeunes, afin de bâtir une véritable coalition nationale pour la promotion de la culture de la cybersécurité et sensibilisation à l’utilisation responsable des réseaux sociaux. Elle s’adresse donc à tous les usagers, internautes ou non, personnes physiques comme personnes morales ; aux médias, aux milieux économiques, aux pouvoirs publics.

Les principales activités programmées dans ce cadre sont : des séminaires et ateliers de renforcement des capacités pour les administrations, les entreprises et la société civile, des rencontres (colloques, forums …) avec les experts, des ateliers de sensibilisation des autorités locales, des sessions d’information et de formation des hommes de media, une Campagne de sensibilisation dans les médias, des formations pour grand public, ainsi que pour formateurs, la désignation des ambassadeurs de bonne volonté pour la cybersécurité, des causeries éducatives avec les jeunes, étudiants et élèves sur l’utilisation responsable des réseaux sociaux et sur le cadre légal et réglementaire relative à la cybersécurité, la sensibilisation par SMS, une campagne d’affichage sur l’étendue de territoire national »

Réseaux sociaux et cybercriminalité

« L’usage des TIC, internet en particulier, est aujourd’hui devenu une question d’importance stratégique pour les pays. Un internet ouvert et sécurisé représente un moteur de croissance économique et du développement social qui facilite la communication, l’innovation, la recherche scientifique et la transformation des administrations et des entreprises. L’utilisation croissante de l’internet a toutefois conduit à de nouveaux défis pour les communautés nationale et internationale. L’évolution rapide de l’internet a ainsi créé de nouvelles opportunités pour commettre des activités de cybercriminalité à grande échelle. En effet, plus nous sommes connectés, plus nous nous exposons aux menaces cybernétiques. C’est ainsi qu’aujourd’hui, les cybermenaces touchent toutes les catégories de la population et tous les types de plateformes et équipements numériques. Il s’agit des sites web, des applications réseaux, des serveurs, des smartphones et bien d’autres, en gros des systèmes d’informations. Nous n’oublions pas la vague déferlante des réseaux sociaux qui, utilisés à des fins malveillantes, constituent un réel danger tant pour les individus que pour les pays. Ce phénomène de grande ampleur évolue de manière croissante au fil des années dans tous les pays du monde. C’est pour cela que tous les Etats ont adopté depuis quelques années des politiques permettant de lutter contre toute forme de criminalité dans le cyber espace. Et le Cameroun n’est pas en reste.

Mais qu’est-ce donc la cybercriminalité ? La cybercriminalité est le terme employé pour désigner l’ensemble des infractions pénales qui sont commises via les réseaux informatiques, notamment sur le réseau internet. Elle désigne à la fois : les atteintes sur les biens (escroquerie en ligne, des cartes bancaires, piratage d’ordinateurs et même d’œuvres artistiques) ; les atteintes sur les personnes (atteintes à la vie privée, diffusion d’images pédophiles, diffusion sans autorisation d’images pornographiques, atteinte à la vie privée…).

Qu’il s’agisse d’atteinte aux biens ou aux personnes, la cybercriminalité constitue une véritable menace pour les individus, les entreprises et les Etats. Elle met en effet en péril la sécurité nationale, l’économie, la cohésion sociale, la démocratie, la santé, la culture et nos différents modes de vie.

C’est pour cela que, protéger la population contre les dangers potentiels dans le cyberespace, sensibiliser à l’utilisation efficace des espaces numériques, sont devenus un défi majeur pour les entreprises, la société civile, et la plupart des gouvernements y compris le gouvernement camerounais ».

Sur la riposte gouvernementale

« Pour lutter contre les dérives criminelles dans le cyberespace, le Cameroun dispose d’une Politique Nationale de Sécurité des Réseaux et des Systèmes d’information. Cette politique, véritable boussole de l’action du Gouvernement dans ce domaine fixe les orientations stratégiques et les initiatives prioritaires à mettre en œuvre pour opposer une réponse appropriée à l’utilisation malveillante du cyberespace camerounais. Et dans cette optique nous ne citerons que trois axes stratégiques majeurs qui sont :

le renforcement du dispositif légal et réglementaire destiné à réprimer les déviances qui pourraient survenir d’une utilisation malsaine des technologies de l’information et de la communication. La loi N°2010/012 du 21 décembre 2010 relative à la cybersécurité et à la cybercriminalité au Cameroun régit le cadre de la sécurité des réseaux de communications électroniques et des systèmes d’information, définit et réprime les infractions liées à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication au Cameroun.

Le Code pénal du Cameroun peut aussi être appliqué pour régler certaines infractions commises lors de l’utilisation des réseaux sociaux (copie de documents administratifs, violation de correspondance, secret professionnel notamment). Dans le cadre de la mise en application de cette loi, et afin de garantir un environnement numérique sain, plusieurs structures de l’Etat sont à l’œuvre : le Minpostel, l’Antic, le SED, la Dgsn et la Dgre.

Deuxième orientation majeure de cette politique, le développement des infrastructures de cybersécurité en vue de la prévention, la détection et la neutralisation des menaces qui pèsent sur les réseaux et les systèmes d’information. Il s’agit notamment d’un Centre d’Alerte et de Réponse aux Incidents Cybernétiques (CIRT), une infrastructure à clé publique (PKI), des laboratoires d’investigation numérique à la Direction de la Police Judiciaire et à l’Ecole Nationale Polytechnique de Yaoundé. Et enfin le dernier volet important, la sensibilisation, le renforcement des capacités et la gestion du changement, qui visent à accroître les aptitudes des usagers à une meilleure utilisation du cyberespace ».

Rassemblé par A.W.

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