L’armée adopte une nouvelle stratégie

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La nouvelle donne vise à mettre fin aux attaques répétées des séparatistes contre les positions de l’Etat.


La crise anglophone qui secoue le Cameroun depuis 2016 est en train de prendre une nouvelle tournure. Depuis près d’un mois, les attaques séparatistes ont fait au moins 20 morts du côté de l’armée camerounaise. Un bilan lourd, jamais essuyé par l’armée depuis le début de la crise qui secoue les deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Ce regain de violences est dû en partie par l’appui extérieur dont bénéficient les séparatistes, apprend-on d’un communiqué signé le 22 septembre dernier, par Joseph Beti Assomo, ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense.

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Suite à ces assauts qui mettent en mal la sécurité de l’Etat, l’armée camerounaise a annoncé une nouvelle étape dans la guerre qu’elle mène depuis 2016 contre les séparatistes. Même si les autorités camerounaises n’ont pas donné plus de détails sur la nouvelle stratégie qu’elles vont déployer sur le terrain, elles ont toutefois affirmé qu’elle est « imminente et efficace ». « Je ne saurai ici vous donner les détails des réajustements et actions appropriées qui vont être déployés sans délais », a déclaré, Joseph Beti Assomo, lors de sa visite à Bamenda le 22 septembre. Pour réussir cette opération, le Cameroun peut compter sur le Nigeria voisin qui a longtemps servi de base arrière aux séparatistes qui commettent des exactions au Cameroun. Fin août, les autorités des deux pays ont convenu d’intensifier la sécurité le long de leur frontière, cible des attaques séparatistes et des exactions de Boko Haram. Un accord stratégique selon les autorités camerounaises. Stratégique du fait que le Nigeria a non seulement servi de base arrière aux séparatistes, mais aussi de voie d’entrée des armes qu’ils utilisent. L’année dernière, « le conseil de gouvernement d’Ambazonia a conclu un accord avec le peuple autochtone du Biafra (IPOB) »un groupe armée qui commet des exactions du côté du Nigeria. Dans une vidéo publiée le 9 avril dernier sur la page Facebook Ambazonia Defense Forces, Lucas Cho Ayaba, le leader du Conseil de gouvernement d’Ambazonia, l’un des deux principaux groupes séparatistes anglophones, et le célèbre leader biafrais Nnamdi Kanu, annonçaient une alliance « stratégique et militaire ». Les deux leaders séparatistes expliquaient que « les deux groupes travailleront à la sécurisation de leur frontière commune et assureront un échange ouvert d’armes, de renseignements et de personnel ».

Un changement de paradigme de paradigme

Si la crise anglophone avait donné l’impression d’une légère accalmie il y a quelques mois, c’est que les groupes armées étaient en pleine restructuration affirment plusieurs analystes. Avant cette restructuration, les groupes armés prenaient les centres urbains pour cibles, en frappant des écoles et des civils. Mais depuis quelques mois, les miliciens visent prioritairement l’armée, en utilisant des engins explosifs improvisés et des lance-roquettes pour immobiliser des véhicules blindés, et infliger de lourdes pertes aux militaires.

Ces attaques ont amené le ministère de la Défense à reconnaître un « changement de paradigme » né selon lui de cette « jonction avec d’autres entités terroristes opérant hors des frontières » du Cameroun.

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