hydrocarbures: Le minfi restructure la dette de la sonara

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Le ministre des Finances Louis Paul Motaze a officialisé le plan de remboursement d’une dette de 261,4
milliards due par la Société Nationale de Raffinage à un groupe de neuf banques.

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La Société Nationale de Raffinage trouve un compromis avec ses créanciers. Le 15 octobre dernier à Yaoundé, le ministre des Finances Louis Paul Motaze a scellé cette entente, matérialisée par la signature de la convention de restructuration de la dette de la Sonara. Les neuf banques créancières de l’entreprise regroupées au sein de l’Association des professionnels des Établissements de Crédit du Cameroun (Apeccam) s’engagent à rééchelonner la dette de 261,4 milliards de francs CFA de la Sonara sur 10 ans, à un taux d’intérêt de 5,5% hors taxes. Montant qui représente aussi bien le principal de la dette qui est de 253 milliards de francs CFA que les intérêts qui représentent plus d’un milliard. Les paiements se feront par mensualité auprès des banques concernées, qui sont : UBA Cameroon, BGFI Bank, Afriland First Bank, Ecobank, Société Générale Cameroun, Standard Chartered Bank, CCA-Bank, Bicec et CBC.

Cette restructuration est le fruit de plus de 10 mois de négociations menées par un groupe de travail mis sur pied par le ministre des Finances en juin 2020, soit un an après l’incendie du 31 mai 2019, qui a obligé l’entreprise publique à stopper le raffinage des produits pétroliers. Cette cessation d’activité a provoqué d’énormes manques à gagner pour l’entreprise, qui de ce fait se trouvait en incapacité d’honorer à ses engagements envers les banques, les traders, mais aussi envers l’administration fiscale. Sur une dette bancaire consolidée de 284 milliards de francs CFA au 31 décembre 2019, ce nouvel engagement prend en compte 261 milliards de francs CFA. Ce qui évite aux banques un risque de rupture systémique. Elle permet aussi, comme l’a souligné le ministre des Finances Louis Paul Motaze qui présidait les travaux, d’inscrire la Sonara dans un processus de désendettement par consolidation et rééchelonnement des dettes échues et impayées sur le long terme à des conditions financières plus favorables, grâce au confort apporté par l’Etat. Bien plus, elle réduira la contrainte financière de la Sonara, qui pourra désormais contracter de nouveaux prêts pour financer sa reprise. Ces nouveaux prêts ne bénéficieront cependant pas des conditions accordées par les banques dans le cadre de cette convention.
Pour financer ce plan de reconstruction, l’état compte sur le mécanisme du compte spécial ouvert à la banque centrale (Beac) afin de récolter les 47,88 francs CFA reversé par litre de carburant consommé à la pompe au titre de la ligne soutien à la raffinerie crée par le chef de l’État afin de soutenir la Sonara, l’unique société de raffinage du pays, qui à présent, se retrouve limitée, et attend une reconstruction.

Une autre convention annoncée
Un compromis ayant été trouvé avec le secteur bancaire, la prochaine étape concerne le paiement de la dette de l’État (Sonara) envers les traders, entendus ici comme ceux qui approvisionnent le pays en produits pétroliers. Cette dette est évaluée en avril 2021 à 312 milliards de francs CFA. Selon le président du comité de travail mis sur pied pour négocier l’allègement de la dette de la Sonara, qui est Martial Valery Zang, par ailleurs président de la Commission de réhabilitation des entreprise publiques et parapubliques, un terrain d’entente a déjà été trouvé, une signature de convention se fera dans les prochains jours. Quant au troisième volet de la dette de la Sonara, qui est celle de la dette fiscale, aucune mesure officielle n’a jusqu’ici été annoncée. Cette dette se situe autour de 172,9 milliards de francs CFA à fin juillet 2021.
Canicha Djakba

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