Au Cameroun, la formation aux métiers du numérique progresse dans les universités et grandes écoles. Huawei revendique déjà 18 000 étudiants formés depuis 2016. Mais l’enjeu se déplace désormais vers l’après-formation. Certifications, stages et immersions doivent permettre aux jeunes de trouver un emploi ou de créer leur propre activité.
« Vous allez bientôt prendre la direction de la Chine et vivre une expérience exceptionnelle au cœur de l’écosystème technologique de Huawei. Vous aurez l’occasion de découvrir de nouvelles technologies, de rencontrer d’autres jeunes talents venus de différents horizons, d’échanger avec des experts et de découvrir une autre manière de penser l’innovation. Je vous invite à profiter pleinement de chaque instant de cette expérience. Apprenez, observez, échangez et créez des connexions, laissez-vous inspirer », a déclaré Olylia Wang, présidente-directrice générale de Huawei en Afrique centrale, aux 15 étudiants camerounais retenus pour l’édition 2026 de « Seeds for the Future ».
Leur départ pour la Chine intervient dans un contexte où la formation numérique cherche encore son prolongement naturel sur le marché du travail. Ces étudiants passeront huit jours en Chine. Ils doivent approfondir leurs connaissances dans les nouvelles technologies et découvrir des innovations de pointe. Pour Emmanuel, étudiant à l’Institut universitaire de la Côte, cette immersion représente surtout une occasion d’acquérir des compétences directement utiles dans le monde professionnel.
18 000 ÉTUDIANTS FORMÉS DEPUIS 2016
Depuis 2016, Huawei affirme avoir formé 18 000 étudiants dans dix universités et grandes écoles au Cameroun. Parmi eux, 420 ont obtenu une certification dont les frais ont été pris en charge par l’entreprise. Plus de 300 enseignants ont également été formés. La Huawei ICT Competition constitue l’un des principaux dispositifs mobilisés par le groupe.
Depuis son lancement, la compétition comptabilise 20 630 participations au Cameroun. Pour l’édition 2025-2026, 635 étudiants se sont inscrits à travers les académies partenaires. Neuf ont atteint l’étape régionale et trois se sont qualifiés pour la finale mondiale en Chine. L’équipe camerounaise y a remporté le premier prix mondial dans la catégorie Computing Track, face à des participants de 48 autres pays.
Formation numérique au Cameroun
Cette performance constitue une vitrine pour les compétences locales. Elle ne règle cependant pas la question de leur valorisation économique. Un étudiant peut décrocher un prix, une certification ou une formation supplémentaire sans pour autant accéder rapidement à un emploi.
LE PASSAGE VERS L’ENTREPRISE
Huawei veut justement rapprocher les étudiants du monde professionnel. Le groupe met en avant les stages proposés aux jeunes ayant franchi les différentes étapes de la compétition. Son dispositif repose sur trois programmes : Huawei ICT Academy apporte des compétences en Cloud, intelligence artificielle, 5G et Computing ; la Huawei ICT Competition confronte les étudiants à des problèmes techniques concrets ; Seeds for the Future offre une immersion technologique et culturelle en Chine.
Pour l’entreprise, la formation ne doit donc pas rester confinée aux amphithéâtres. « Il n’y a pas de transformation numérique sans talents capables de concevoir, de déployer et de maîtriser ces technologies », souligne Olylia Wang. Huawei veut ainsi renforcer le lien entre universités, industrie et emploi.
Huawei et l’éducation
Le ministère de l’Enseignement supérieur partage cette lecture. Le secrétaire général Wilfred Nyongbet Gabsa estime que les meilleurs étudiants du numérique doivent représenter le Cameroun sur la scène internationale. Pour lui, leurs distinctions constituent une reconnaissance des compétences de l’université camerounaise.
L’EMPLOI OU L’ENTREPRENEURIAT COMME PROCHAINE ÉTAPE
Le nombre de bénéficiaires montre l’ampleur des efforts engagés. Seeds for the Future a déjà permis à 205 étudiants camerounais de séjourner en Chine. Soixante-quinze ont bénéficié d’une bourse de voyage. Les 15 nouveaux bénéficiaires de 2026 portent cette dynamique à une nouvelle étape.
Reste maintenant la question du débouché. Emmanuel nourrit déjà une ambition entrepreneuriale. Il souhaite poursuivre ses études à l’étranger, acquérir davantage d’expérience et revenir au Cameroun pour développer les compétences locales. Son objectif est aussi de créer des entreprises capables de rivaliser avec de grands groupes technologiques.
Compétences numériques et emploi
« Nous ne devons pas être totalement dépendants des autres. Nous devons construire un pays souverain dans le domaine de la technologie », affirme-t-il. Cette ambition résume l’enjeu économique de la formation numérique.
Le Cameroun dispose désormais d’un nombre croissant de jeunes exposés à l’intelligence artificielle, au Cloud, à la 5G ou encore au Computing. Le défi consiste à transformer ces compétences en activité économique. Cela passe par l’emploi, mais aussi par la création d’entreprises et le développement de solutions locales.
Pour Huawei, les universités transmettent le savoir, les entreprises apportent l’expérience et les pouvoirs publics créent un environnement favorable. Aux jeunes revient ensuite la responsabilité de transformer ces acquis en compétences opérationnelles. Le véritable bilan des programmes se mesurera donc moins au nombre de formations dispensées qu’aux emplois créés, aux carrières construites et aux entreprises qui émergeront de ce vivier de talents.
Par Fabrice BELOKO
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