Fer à béton : la facture prête à exploser ?

0
227

Résultat de l’invasion de l’Ukraine et des lourdes sanctions imposées à la Russie, ce métal à l’usage répandu au Cameroun pourrait connaître une flambée, comme c’est déjà le cas de nombreuses matières premières.

- Publicité -

L’invasion en Ukraine se poursuit. Et les sanctions contre la Russie continuent de pleuvoir. Etats-Unis, Union européenne, Royaume-Uni, entreprises occidentales, fédérations sportives… tous pilonnent l’économie russe avec pour espoir de faire céder le régime de Vladimir Poutine. Mais la situation n’est pas sans conséquence pour de nombreux pays, au rang desquels le Cameroun. Lentement mais sûrement, les inquiétudes montent dans plusieurs filières, notamment la sidérurgie-métallurgie.

En effet, informe Investir au Cameroun, depuis la décision prise par la Chine de réduire certaines de ses exportations pour garantir l’approvisionnement de son mar-ché intérieur après la pandémie du Covid-19, les métallurgistes camerounais dépendent à environ 70 % des importations de billettes d’acier (lingots d’acier laminés et servant à la production de métaux comme le fer à béton, Ndlr) en provenance de la Russie et de l’Ukraine. « En l’absence d’un gisement de fer exploité dans le pays, qui permettrait de pallier l’insuffisance de la ferraille locale, les producteurs de fer à béton importent environ 50 % de billettes transformées localement de la Russie et de l’Ukraine, pour satisfaire une demande de plus en plus croissante. Depuis le déclenchement des bombardements russes en Ukraine, le cours de cette matière première a augmenté d’environ 10% sur le marché. Ce qui va induire une augmentation des coûts de production des industriels de la transformation. Le pire est à craindre si le fer en provenance de la Russie et d’Ukraine augmente également comme cela se profile à l’horizon, en cas d’’intensification du conflit », confie un fin connaisseur de la filière locale au média camerounais.

La menace d’une flambée des prix au Cameroun est d’autant plus réelle que l’entreprise Arcelor Mittal, qui emploie 26.000 salariés au total en Ukraine, indique avoir déjà fortement réduit sa production d’acier dans le pays, à un tiers de son niveau normal de production depuis le début de l’invasion du pays par les forces armées russes. Le deuxième sidérurgiste mondial et premier producteur d’acier d’Europe avait fermé la production de ses mines souterraines de fer en Ukraine enfin de semaine dernière. Pendant qu’en Russie, cinquième plus gros producteur d’acier au monde, derrière la Chine, l’Inde, le Japon et les Etats-Unis, plusieurs mastodontes sont également concernés par les sanctions. A commencer par NLMK, 22e mondial et deuxième plus gros producteur d’acier en Europe.

Pour mémoire, selon l’Indice des prix à la production industrielle publié en novembre 2021 par l’Institut National de la Statistique (INS), le secteur de la métallurgie est celui qui a le plus contribué à la hausse des prix à la production industrielle au Cameroun au cours du 2e trimestre 2021 (+3,8% en glissement annuel, soit le niveau le plus élevé depuis2019, Ndlr). Les acteurs de la filière craignent que le même scénario se reproduise avant la fin du premier trimestre2022 en raison du durcissement de la crise russo-ukrainienne.

Défis Actuels

Facebook Comments Box
- Publicité -

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here