Environnement : Quand les mines abandonnées deviennent des tombes.

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L’absence de réhabilitation des sites d’exploitation abandonnés a un impact environnemental déplorable, affectant la vie des populations locales.

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Le constat est amer. Selon un récent rapport de mission d’inspection environnementale du ministère de l’Environnement, « aucune règle environnementale n’est respectée dans la plupart des sites miniers à Bétaré-Oya, Ngoura, Colomine dans le département du Lom-et-Djerem ou à Batouri, Kambélé, Kétté et Ouli dans la Kadey », principales zones d’exploitation minière du Cameroun. L’un des visages les plus hideux de ce phénomène, c’est l’abandon d’anciennes mines d’or qui en plus d’entrainer de véritables catastrophes écologiques, sont devenues des « tombeaux ou verts ».

Selon des études de nombreuses Organisations Non Gouverne mentales (ONG), plusieurs villages, situés près des sites abandonnés, sont parsemés d’une sorte de lacs remplis d’eau. « Des enfants s’en approchent régulièrement, ignorant les risques encourus, raconte notre source. Certains y vont pour se baigner, d’autres pour se rassurer que les entreprises qui y ont travaillé n’auraient pas oublié un peu d’or par là. Il arrive cependant que ces grands trous d’eau font plus de 30 mètres de pro fondeur. Dans certains cas, on se retrouve avec des enfants qui meurent noyés ». En 2017 par exemple, une cinquantaine de personnes sont mortes dans cette région sur des sites miniers laissés à l’abandon, selon l’ONG Forêts et Développement rural (Foder).

Pourtant, l’article 122 du Code minier camerounais dispose que « l’opérateur est tenu de réparer les dommages que les travaux d’exploitation pourraient occasionner à la propriété ». Notamment « le dommage causé à la surface naturelle de la terre », poursuit l’article 123 dans son alinéa 1. Or, outre les risques mortels, l’exploitation des mines d’or particulièrement a modifié la faune locale. Selon des ONG, le sol est dégradé par endroit, la zone est victime de déforestation, le réseau hydro graphique est déstructuré.

Les grandes plantations de tubercules de manioc et de banane plantain qui existaient autrefois dans la ville ont disparu. De même que l’activité de la pêche, autrefois possible dans les zones d’exploitation minière. « A Batouri par exemple, les populations éprouvent des difficultés à trouver de l’eau potable et ne peuvent plus pêcher dans le fleuve Kadey en raison du degré élevé de pollution des eaux, devenues boueuses et infestées de produits chimiques déversés par les entreprises minières. Non seulement ces substances toxiques tuent les poissons, mais elles rendent également l’eau dangereuse pour la consommation », rapporte un ressortissant de la région de l’Est du Cameroun. La cote d’alerte est au rouge.

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