Elevage: 2000 génisses à acquérir en 2 ans pour booster la production de lait

Ce projet porté par le ministère de l’Elevage, des pêches et de l’Industrie animale (Minepia) va démarrer en 2025.

Le gouvernement camerounais veut acquérir 2000 génisses gestantes à haute performance laitière entre 2025 et 2026. C’est l’une des astuces trouvées par le gouvernement pour renforcer la production locale de lait. Dans le détail, le ministère de l’Elevage, des Pêches et de l’Industrie animale (Minepia) qui porte cette initiative, indique que cette dernière a été retenue dans le cadre du projet de renforcement et de la mise  en place  des fermes laitières à vocation commerciale qui sera mis en œuvre au cours de la période sous-revue. Pour cette opération, le gouvernement planche pour un budget prévisionnel de de 2,4 milliards de FCFA, soit 1,2 milliard en 2025 et la même somme d’argent en 2026. Ces prévisions pourraient toutefois être revues à la hausse si le Cameroun décide d’importer ces vaches laitières de la France comme il l’a fait entre 2020 et 2023. En effet, selon nos confrères de Web-Agri, le prix d’une génisse laitière sur le marché hexagonal varie entre 1500 et 2000 euros, soit plus d’un million de FCFA. Un prix unitaire, qui, associées aux charges liées au transport, pourrait venir gonfler l’enveloppe prévue par l’Etat camerounais. Toutefois, le gouvernement peut tout aussi bien renouveler le contrat signé en  2020 entre le ministère de l’Élevage la société Coopex Montbéliarde (France) qui lui a permis d’acquérir entre 2020 et 2023, 495 vaches laitières au prix de 824 881 euros, soit 541,08 millions de FCFA.

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Perspectives de production

Au-delà des considérations financières susmentionnées, l’importation de vaches françaises et leur distribution progressive aux éleveurs a été bénéfique au secteur de la production laitière. En effet, selon des chiffres dévoilés en novembre 2023 par le ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia), devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale, la production de lait au Cameroun a augmenté de 5% au 31 août 2023 par rapport à la même période en 2022. Concrètement, elle est ainsi passée de 105 190 tonnes à 110 374 tonnes entre 2022 et 2023. Cependant,  cette embellie n’a pas eu un impact significatif sur l’offre nationale en lait qui est toujours très en deçà de la demande. D’après les données du Schéma National d’Aménagement et de Développement Durable du Territoire (Snaddt) la demande nationale de lait qui a culminé à 492 000 tonnes en 2020, devrait également croître pour se situer à 630 000 tonnes en 2025, puis 787 000 tonnes en 2030 et 963 000 tonnes en 2025. En ce qui concerne la production locale, les simulations faites dans le cadre du Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique pour la période 2024-2026 (Piisah) sont plutôt pessimistes. Avec une variation annuelle de la production à hauteur de 4,7%, cette dernière devrait passer de 228 000 tonnes en 2020, à 368 000 tonnes en 2025 et 596 000 tonnes en 2030. Des chiffres qui sont loin de pouvoir combler la demande.

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Initiatives pour booster la production

Pour parvenir à une autosuffisance en cette denrée au niveau local, le Piisah préconise une augmentation annuelle de la production laitière à hauteur de 10%. Au moins jusqu’en 2030, le Cameroun devra en même temps, importer chaque année 239 000 tonnes de lait. Toutefois, au-delà de cette date, le Piisah souligne que les initiatives mises en place par le gouvernement vont permettre de satisfaire totalement la demande nationale estimée à 963 000 tonnes en 2035, sans recourir à la moindre importation.

Pour parvenir à ce résultat, le Cameroun envisage, en dehors de l’acquisition des génisses mentionnées au début de notre article, débourser 3,5 milliards de FCFA pour identifier, conserver 4 races bovines à haut rendement et produire des solutions endogènes aux différentes maladies auxquelles elles pourraient être confrontées. 6 milliards de FCFA seront également mobilisés pour fournir du matériel et des équipements de production aux éleveurs. En dehors de ces initiatives, le Cameroun compte également intensifier la production des fourrages, procéder à la formation et au renforcement des capacités pour la maîtrise des processus de collecte, de conservation, de transport et de transformation de lait. Le désenclavement des bassins de production, l’acquisition des infrastructures de conservation et de stockage ainsi que la structuration de la filière en inter-profession indépendante, sont des préalables consignés par le gouvernement.

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