Ecobusiness : du charbon à base de déchets ménagers

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L’initiative portée par un jeune de la ville de douala vise à préserver l’environnement et entend mettre les ménages à l’abri des risques du gaz domestique.


Les peaux de banane, rafles de maïs, déchets de rotin, spathes de maïs, coques de coco, pelures d’orange ont une nouvelle vie grâce à un concept écologique mis sur pied par des jeunes camerounais. Dans les marchés de New Bell à Douala, ils sillonnent les lieux afin de récupérer ces types de déchets qu’ils acheminent au lieu-dit Bois des Singes, dans la même ville. Une fois sur place, ces déchets sont étalés et exposés au soleil pendant plusieurs jours dans le but de leur faire perdre complètement leur eau. Ils sont ensuite versés dans des fours à carbonisation, puis la poudre noire obtenue est déversée dans un compacteur qui forme des morceaux. Ceux-ci sont exposés au soleil pour la solidification.

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Les morceaux de ce charbon sont vendus à 250 francs le Kg et 6000 francs le sac de 50 Kg. La petite usine de transformation qui existe depuis 2014, fonctionne avec une dizaine de personnes pour une production de plus de 20 000 kg par mois. A côté des ménages, ce produit est aussi mis à la disposition de certains clients particuliers comme les industries et les organisations non gouvernementales. En plus du volet socio-économique, ce projet se veut innovant de par son aspect écologique, élément clé de sa mise sur pied il y a neuf ans par un groupe d’étudiants du Club Ecologie de l’Université de Douala. « Nous avions remarqué en 2012 que les populations de la mangrove coupaient les bois pour le fumage du poisson, la braise des viandes et la construction des habitations, et en tant que écologiste nous avons pris sur nous de trouver une solution alternative à la coupe du bois de mangrove », nous explique Muller Nandou Tenkeu, le promoteur de Kemit Ecology. Grâce à la pertinence de ce projet, ces jeunes étudiants, parmi lesquels Muller avaient ensuite pu obtenir un financement d’une ONG, la Fondation Camerounaise pour la Terre Vivante, qui les a également accompagnés en termes de formation. Après plus de cinq années d’exploitation, cette structure a développé d’autres produits dans cette dynamique d’économie circulaire. Il s’agit notamment du charbon actif qui sert à filtrer de l’eau et à blanchir les dents, de même qu’un savon noir toujours à base de charbon pour les besoins cosmétiques. « Depuis 2014, date à laquelle le projet a débuté dit-il nous sommes passés de 200 kg de charbon écologique par mois en 2014 à 3 000 kg en 2015, puis 6 000 kg en 2017, et aujourd’hui, nous produisons 22 000 kg chaque mois. Aussi, nous comptons atteindre 50 000 kg à l’horizon décembre 2022 ». Mais le charbon écologique reste tout de même le produit phare et innovant de cette jeune structure. L’initiative a d’ailleurs eu de la reconnaissance au niveau national. Son promoteur a pu prendre part à la Cop 21 à Paris en 2015. Son projet a également été récompensé par le prix international initiatives climat Afrique francophone 2016, en décrochant le titre de l’international Best New Technology Cameroon.

Par Tatiana Meliedje

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