Développement durable : les forêts d’Afrique centrale réclament 983 milliards de Fcfa aux pays du nord.

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Cette dotation promise depuis la cop 26 reste toujours attendue, tandis que les pays de la sous-région revendiquent une reconnaissance du rôle Bassin du Congo dans la régularisation du climat mondial.

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La Commission des forêts d’Afrique centrale (Comifac) est montée au créneau lors de la Cop 27 qui vient de se refermer en Egypte. Elle demande l’affectation d’une quote-part proportionnelle à l’importance de la contribution du Bassin du Congo au maintien des équilibres de la planète et en contrepartie des efforts de préservation et de gestion durables consentis. En effet, la zone composée de 11 pays d’Afrique centrale, compte 24 millions d’hectares de forêts aménagées dont 5,3 millions d’hectares certifiés suivant les standards de gestion responsable. Son taux de déforestation est évalué à moins de 1%, et en fait l’un des plus grands des trois Bassins de forêts tropicales avec une moyenne d’émissions de gaz à effet de serre de 530 millions de tonnes tandis que la moyenne de l’absorption atteint 1,1 milliard de tonnes de carbone. Elles absorbent donc 31 milliards de tonnes de carbone. Ce qui fait de ces forêts un maillon central dans l’équilibre climatique mondial.

Seulement, regrette le président en exercice de la Comifac, le rôle de cette zone est peu reconnu. Le ministre camerounais Jules Doret Ndongo affirme que le financement promis depuis la dernière conférence sur le climat n’est toujours pas disponible. « Il y a un an à Glasgow, les pays du Nord ont promis 1,5 milliards de dollars pour soutenir le financement du climat dans les pays du bassin du Congo. Depuis lors, nous n’obtenons que de paroles et aucun financement concret. Il est temps de payer, car l’Afrique souffre énormément de l’impact du changement climatique », a-t-il déclaré. Le montant de 1,5 milliards de dollars, soit plus de 980 milliards de Fcfa était destiné au développement des peuples autochtones et communautés locales dans leurs efforts de protection des forêts tropicales.

Aujourd’hui, la Comifac revendique ces fonds, et surtout une meilleure prise en compte de l’importance du bassin du Congo, et même de nouveaux mécanismes de gestion. « Nous lançons un appel pour la mise en place d’un marché carbone souverain, le marché volontaire n’ayant pas apporté les fruits dans les pays des forêts tropicales. Nous dénonçons enfin la politique du deux poids, deux mesures, les pays de la Comifac faisant l’objet des critiques systématiques de la part des Ong des pays occidentaux chaque fois qu’ils ont recours à la forêt comme moyen de développement ; et dans le même temps un silence complice voire approbateur des mêmes pays et des mêmes Ong lorsque les autres pays ont recours gaz de schistes et au charbon qui sont pourtant deux pollueurs de l’environnement », a déclaré Jules Doret Ndongo.

Le bassin du Congo compte 10000 espèces de plantes ; plus de 400 es pèces d’essences ligneuses et plus de 1400 espèces d’animaux. On y dénombre aussi 206 aires protégées toutes catégories confondues. La zone n’est pas la seule à faire des revendications. Globalement, la voix de l’Afrique à cette conférence sur le climat a laissé entendre qu’elle n’avait pas accès aux financements dont elle a besoin pour s’adapter au changement climatique, et respecter les contributions déterminées au niveau national. Pourtant, le continent émet seulement 4% des gaz à effet de serre mais est soumise à plus de chocs liés au changement que les autres continents.

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