Conjoncture : Le déficit de la balance commerciale se creuse de 7,5 %

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Ce déficit s’aggrave de 52 milliards au cours des six premiers mois de 2021 pour se situer à 744 milliards de francs CFA, révèle un récent rapport publié par l’Institut national de la Statistique


Sur les six premiers mois de 2021, le Cameroun a davantage importé qu’exporté. Résultat, sa balance commerciale déjà déficitaire s’est davantage creusée. Selon les données contenues dans la note de l’Institut National de la Statistique (INS) sur le commerce extérieur au premier semestre, le Cameroun affiche un déficit de sa balance commerciale d’un montant de 744 milliards de francs CFA, soit une hausse de 7,5 % comparativement à la même période en 2020. Une situation qui s’explique. « Cette accentuation du déficit commercial résulte de la hausse des dépenses d’importations de 15,4% par rapport au premier semestre 2020 ; la hausse des recettes d’exportations de 21,5 % enregistrée sur la même période n’ayant pas été suffisante pour couvrir les dépenses d’importations », renseigne l’institution.

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En effet, les dépenses d’importation du Cameroun au cours de la période sous revue, se chiffrent à 1 824 milliards de francs CFA pour 5,07 millions de tonnes de marchandises, enregistrant ainsi des hausses de 15,4 % en valeur et 17,8% en quantité par rapport au premier semestre 2020. Les produits importés sont principalement les carburants et lubrifiants (16%); les produits de l’industrie chimique (13 %) dont les produits pharmaceutiques (5 %), les machines et appareils mécaniques ou électriques (12 %), du riz (5 %), du froment (blé) et du méteil (5 %). Bien qu’en hausse, les exportations du Cameroun n’ont pas suffi pour compenser avec les importations. Dans le détail, le pays a comptabilisé 1 080 milliards de francs CFA de recettes d’exportation pour des marchandises évaluées à 3,8 millions de tonnes. Les principaux produits exportés (80%) sont notamment les huiles brutes de pétrole (39 %) ; du cacao brut en fèves (13 %) ; du gaz naturel liquéfié (9%) ; des bois sciés (7 %) ; du coton brut (7 %) et des bois en grume (4 %). Ces recettes d’exportation sont en hausse de 191 milliards de francs CFA (21,5 %) par rapport au premier semestre 2020, période marquée notamment par la pandémie du Covid-19 et ses effets sur le commerce international. « La hausse des recettes d’exportation est attribuable à l’amélioration des ventes de certains principaux produits d’exportation. Il s’agit essentiellement des huiles brutes de pétrole qui augmentent de 30,7% ; du cacao brut en fèves (34,2%) ; du coton brut (59,3%) ; du bois scié (6,6%) et du bois en grume (13,8%) », précise l’INS. La différence entre les exportations et les importations fait ressortir un gap de 744 milliards de francs CFA, soit 52 milliards de francs de plus sur les six premiers mois 2021.

LES IMPORTATIONS DE POISSON EN BAISSE, CELLES DU RIZ EN HAUSSE

Les principaux produits alimentaires importés au Cameroun sont le poisson et le riz. Cependant, ces deux produits se sont différemment comportés sur le marché camerounais. Le volume de poisson importé a baissé par rapport au premier semestre de 2020. Fait curieux, dans un contexte où la demande était croissante ces dernières années. Selon l’INS, les importations de poissons et autres crustacés effectuées par le Cameroun au cours de la période sous revue, ont chuté de 18 505 tonnes (-16%) en glissement annuel. Elles ont culminé à 97 203 tonnes pour des dépenses globales d’un peu plus de 64 milliards de francs CFA à fin juin 2021, contre 115 708 tonnes pour 77,8 milliards de francs CFA de dépenses au 30 juin 2020. En l’absence d’explications de la part de l’INS sur la situation, l’on se souvient tout de même qu’en mai 2021, l’Union des patronats d’Afrique centrale (Unipace), dirigée par le Camerounais Célestin Tawamba, redoutait une penurie de certains produits, si la règlementation de change n’était pas assouplie, car celle-ci limitait le volume des tranferts des fonds vers l’étranger (hors zone Cemac).

« Ces problèmes et dysfonctionnement créent d’importants blocages des transferts et un ralentissement de l’activité, avec l’apparition déjà visible de la pénurie, entre autres, des produits et denrées alimentaires dans certains marchés, avec le risque de rupture de stocks de matières premières et intrants, des fournitures et pièces de rechange des industries », soulignait l’Unipace à l’issue d’une rencontre en mai dernier. A cette première explication peut également s’ajouter celle des multiples efforts du gouvernement en matière de promotion de la production locale.

A contrario, l’importation du riz ne cesse de grimper. Il progresse de 23% ces six premiers mois. Le Cameroun a importé sur son territoire une cargaison totale de 319 330 tonnes de riz. Ces importations sont en hausse de 59 038 tonnes (+23%), en comparaison avec les 260 292 tonnes importées au cours de la même période en 2020. Les importations de riz à fin juin 2021 ont coûté au Cameroun 86 milliards de francs CFA, contre 70,9 milliards au premier semestre 2020. Ce qui correspond à une augmentation des dépenses de plus de 15 milliards (+21%) en glissement annuel. Selon l’INS, une bonne partie des importations de riz effectuées par le Cameroun est frauduleusement réexportée vers d’autres pays frontaliers (Nigeria, notamment). « La production nationale est estimée à 217 280 tonnes et la demande nationale (consommation finale des ménages et variations des stocks) à 757 000 tonnes. Sous l’hypothèse que les comportements de consommation des ménages camerounais n’ont pas significativement changé entre 2018 et 2019, il [ressort] que la forte hausse des importations de riz (en 2019) engendre un gap entre l’offre et la demande d’environ 332 300 tonnes. Cet écart s’expliquerait par les réexportations informelles vers les pays voisins, et elles se chiffreraient à environ 87 milliards de francs CFA en 2019 », souligne l’institution.

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