jeudi, mai 21, 2026
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Electricité : lancement de la construction d’une ligne de transport pour la zone industrialo portuaire de Kribi

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D’une capacité de 225 kV, cette ligne dont la mise en service est prévue fin 2026 va permettre dans un premier temps de satisfaire un besoin de 100 MW, ensuite augmenter en capacités pour de nouvelles industries qui arriveront sur la future zone industrialo-portuaire.

Le Port Autonome de Kribi (PAK) a procédé le 6 août dernier au lancement des   travaux de construction d’une ligne électrique 225 kV reliant la centrale à gaz KPDC au port, et d’un poste de transformation 225/30 kV.  Ces travaux seront réalisés sur la base d’un protocole d’accord signé entre le PAK et Société Nationale de Transport de l’Electricité (Sonatrel) qui va assurer la maîtrise d’ouvrage.

Il est précisément question de construire une ligne Haute Tension double terne de 42 km, capable de répondre immédiatement à un besoin de 100 MW. Ensuite, la capacité devrait grimper pour atteindre entre 330 et 400 MW, permettant ainsi d’accueillir de nouvelles industries sur la future zone industrialo-portuaire. Le futur poste de transformation TBEA, doté de trois transformateurs de 60 MVA, offrira une puissance totale de 180 MVA, et sera directement connecté au Réseau Interconnecté Sud via plusieurs sources : Memve’ele (Ebolowa), Nachtigal, Songloulou, Édea Béon, et la centrale KPDC. Cette configuration, selon les dirigeants du PAK va garantir une alimentation fiable pour les industries même en cas d’incident.

 Le projet vise donc à satisfaire en priorité la demande industrielle de la zone portuaire. « L’objectif du gouvernement est de fournir une énergie électrique de qualité et en quantité suffisante pour satisfaire les besoins de toute la zone industrialo portuaire de Kribi », précise le ministre de l’Eau et de l’Energie, Gaston Eloundou Essomba. L’investissement estimé à 35 milliards de FCFA sera réalisé en 16 mois, avec une mise en service prévue fin 2026. Il vise à consolider l’autonomie énergétique de la zone industrialo-portuaire de Kribi, à valoriser la centrale KPDC de 216 MW.  Le volet distribution sera assurée par Eneo. Mais des discussions sont en cours au sein du conseil d’administration du PAK pour une possible autonomie dans la distribution de l’électricité au sein de la zone industrialo portuaire.

Le Minpmeesa lance la certification des produits de 220 entreprises

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L’État organise, le 8 août 2025 un atelier national pour aider les très petites entreprises, les organisations de l’économie sociale et les artisans. L’objectif est de normaliser et certifier leurs produits transformés. Ce soutien est à la fois technique et institutionnel. Il vise à améliorer la qualité, renforcer la compétitivité et encourager l’industrialisation, conformément à la Stratégie nationale de développement 2020-2030.

Dans un contexte marqué par un déficit commercial hors pétrole de 3 131 milliards de FCFA en 2023 et une inflation de 7,4 %, le pays mise sur une combinaison d’import-substitution et de promotion des exportations. Les premières inspections menées par le département ministériel des PME, porteur de l’initiative, sur 284 entreprises révèlent un état des lieux contrasté avec 38,38 % des produits analysés ont réussi les tests physico-chimiques, 35,21 % les analyses microbiologiques, et seulement 12,67 % répondent aux exigences d’étiquetage. Ces chiffres mettent en lumière des problèmes récurrents qui sont entre autres, le manque d’hygiène sur les sites de production, les locaux inadaptés, la faible productivité, la gestion financière insuffisante et méconnaissance des procédures de certification.

Autant de failles qui freinent la compétitivité et limitent l’accès des produits locaux aux marchés structurés, nationaux comme internationaux. C’est à l’hôtel Franco de Yaoundé que s’est tenue la rencontre nationale consacrée à ce programme. Responsables publics, experts techniques, représentants d’organisations professionnelles et entrepreneurs y ont pris part. Au menu, la synthèse des travaux menés dans les cinq ateliers régionaux dans les villes de Yaoundé, de Douala, de Bafoussam, de Ngaoundéré et de Maroua, présentation des résultats d’analyses effectuées par le Laboratoire national de contrôle de qualité des médicaments et d’expertise (Lanacome), échanges sur les procédures de certification et remise solennelle des certificats d’analyses aux participants.

Une histoire inspirante a particulièrement marqué les esprits : celle de la coopérative « Toutes Épices », qui a su transformer son activité en profondeur grâce à la démarche qualité, ouvrant la voie à de nouveaux marchés. Représentant 99,8 % du tissu économique national, les PME, organisations de l’économie sociale et artisans sont au cœur de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), mais peinent à libérer pleinement leur potentiel. Accès limité à l’information sur les normes et procédures de certification, faible organisation interne, contraintes techniques et logistiques, difficultés d’accès au financement : les obstacles restent nombreux. Sans un accompagnement structuré et durable, la mise à niveau nécessaire pour gagner en compétitivité sur les marchés locaux et internationaux demeure hors de portée pour la majorité de ces petites unités.

Pour accompagner 220 entreprises dans la mise aux normes de leurs produits, le ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa) a déployé un plan d’action en cinq étapes : identification et présélection d’unités issues de filières stratégiques du Plan intégré d’import substitution agropastoral et halieutique (PIISAH) – riz, maïs, blé, mil, soja, huile de palme, lait, produits halieutiques –, organisation d’ateliers régionaux de formation et de sensibilisation, visites de terrain pour diagnostiquer la qualité des sites et prélever des échantillons, analyses physico-chimiques et microbiologiques réalisées par le Lanacome, puis sélection de 100 entreprises à fort potentiel pour un accompagnement ciblé vers la certification, en collaboration avec l’Agence des Normes et de la Qualité (ANOR).

Pour le ministère des PME, l’appui à la certification ne se limite pas à une mise aux normes technique, il incarne un levier stratégique de transformation structurelle de l’économie camerounaise. En facilitant l’accès à la certification, le gouvernement entend améliorer la qualité des produits locaux, stimuler les exportations, réduire la dépendance aux importations, favoriser la création d’emplois décents et consolider la souveraineté économique nationale.

Plus de 200 000 agriculteurs autonomes grâce aux programmes de l’économie sociale

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Depuis plusieurs années, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), a déployé une stratégie multiforme d’accompagnement des organisations de l’économie sociale (OES), à travers des programmes spécifiques, souvent mis en œuvre en partenariat. L’un des dispositifs phares cités par l’expert est le Projet de Développement des Chaînes de Valeurs Agricoles (PD-CVA), qui vise notamment à renforcer la gouvernance des organisations paysannes. Aussi, à soutenir l’émergence de coopératives crédibles orientées vers l’agriculture commerciale.

« Le PD-CVA cible plus de 200 organisations de producteurs, 1500 jeunes diplômés et une cinquantaine de PME agricoles, tout en touchant indirectement jusqu’à 200 000 petits producteurs dans la filière banane plantain », a précisé l’ingénieur agronome Marcel Armand Moukend Mandjoum, dans sa présentation sur les états des lieux de l’offre en renforcement des compétences des acteurs de l’Économie Sociale. Les filières palmier à huile, ananas et bananier plantain bénéficient également d’un accompagnement structuré, incluant les collecteurs et les célèbres Bayam Sellam des marchés urbains.

L’appui du Minader va bien au-delà de la formation technique. Il s’étend à la facilitation de l’accès au financement, notamment par des initiatives de microfinance rurale, des fonds de garantie ou des mises en relation avec des dispositifs coopératifs durables. Grâce à cette approche intégrée, des milliers d’organisations agricoles ont pu être bancarisées et stabilisées économiquement. Les résultats sont tangibles. Selon les données présentées, plus de 15 000 organisations de producteurs ont été formées à la gestion, la gouvernance, l’élaboration de plans d’affaires et la comptabilité simplifiée. Des modules de formation spécifiques aux filières locales ont été conçus, et des centres de services agricoles de proximité ont vu le jour.

En parallèle, le ministère a facilité la formalisation juridique de nombreuses OES, leur permettant d’accéder au crédit, à la commande publique et aux soutiens des partenaires au développement. Des réseaux de producteurs se sont constitués autour des bassins de production et des filières stratégiques, contribuant à la structuration du tissu agropastoral camerounais.

Les impacts sur le terrain sont également mesurables : hausse de la productivité agricole (jusqu’à 50 % dans certaines filières selon les rapports d’ACEFA), amélioration des revenus des ménages, mais surtout montée en compétences et autonomie des acteurs. « Les OES savent désormais planifier, négocier, et défendre leurs intérêts dans les politiques locales », a souligné l’intervenant. Cette dynamique, impulsée par l’État mais portée par les communautés rurales elles-mêmes, offre une illustration concrète du potentiel de l’économie sociale comme moteur de résilience, d’inclusion et de croissance durable dans les territoires.

Luc Magloire Mbarga Atangana : « Le Kg de cacao devrait se vendre entre 3200 et 5400 FCFA en 2025-2026 »

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Monsieur le ministre, quel est le secret de l’embellie que connaît actuellement la filière cacao au Cameroun ?

Le secret, c’est le travail. Je ne vais pas remonter tout le cours de l’histoire, mais il faut rappeler qu’autrefois, le cacao du Cameroun était reconnu pour – excusez le terme – sa qualité médiocre. Sur le marché international, on l’appelait « Smoky cocoa », à cause de son odeur de fumée, et il subissait systématiquement une décote, souvent comprise entre 400 FCFA et plus par kilogramme. L’origine Cameroun ne servait qu’à la couverture, elle n’était pas la base des approvisionnements des chocolatiers et industriels. Il a fallu renverser cette tendance. À la fin de la campagne 2016-2017, le président de la République a donné des instructions fermes et précises pour améliorer la qualité du cacao camerounais, notamment à travers l’instauration d’une prime de qualité et la mise en place de centres d’excellence. À partir de là, tout a basculé. D’origine bannie, le Cameroun est devenu une origine recherchée sur le marché. Je n’ai pas besoin de faire un dessin : tout le monde voit le défilé des chocolatiers et industriels de tous pays qui viennent constater ce qui se passe ici. Lors d’une audience accordée à Son Excellence Madame le Haut-Commissaire de l’Australie, elle m’a confié qu’on parlait beaucoup en bien du cacao camerounais, en Australie comme ailleurs. Résidant à Abuja, elle a dit : « Il faut que je vienne voir », et elle est venue. Voilà donc un cacao qui attire les foules et suscite l’intérêt des experts du monde entier. Évidemment, il faut aussi le dire, la conjoncture est favorable. Mais il faut savoir forcer le destin. La conjoncture seule ne suffit pas. Si l’image de notre cacao n’avait pas changé, nous serions toujours pénalisés par la décote. Il faut se rappeler que nous avons connu des invendus, et que parfois notre cacao a été refoulé du marché. Mais tout cela appartient désormais au passé. Aujourd’hui, comme l’a dit mon collègue le ministre de l’Agriculture, et comme je l’ai rappelé, nous sommes sur la bonne voie. Le gouvernement a mené un travail de fond sur cette filière – et sur d’autres – et il faut avoir l’honnêteté de le reconnaître. Le cacao du Cameroun frôle les cimes de l’excellence. Rien n’est parfait, mais nous y sommes presque.

Sur quel cap fixez-vous la nouvelle campagne qui commence ?

Il s’agit de consolider les acquis, et peut-être d’aller au-delà. Les fondamentaux du marché permettent d’anticiper que la campagne 2025-2026, qui débute, se situera sur des bases quasi équivalentes à la campagne écoulée. Je rappelle, pour éviter toute confusion, que pour la campagne 2024- 2025, les prix ont oscillé entre 3 200 et 5 400 FCFA le kilogramme bord champ. Si l’on se fie aux analyses actuelles, la campagne 2025-2026 devrait se situer sur les mêmes bases. Pour bien mesurer l’évolution, il faut comparer. Pendant longtemps, toucher 1 000 francs paraissait être le graal. C’est un passé lointain. Aujourd’hui, nous ne parlons plus de 1 000 francs, ni même de 2 000 ; la discussion commence à partir de 3 000 francs. C’est une bonne nouvelle pour le producteur, mais il ne faut pas s’arrêter au prix nominal – c’est-à-dire le prix payé au producteur. Il faut qu’il reste quelque chose à la base, car l’essentiel, dans toute activité économique, c’est qu’elle entraîne un changement en profondeur des conditions de vie des populations. Aujourd’hui, quand on se rend dans les zones cacaoyères, on constate que l’habitat a changé et que les choses évoluent. Mais il faut aller plus loin. C’est pour cela que nous parlons de « pacte républicain », c’est-à-dire un engagement mutuel entre le marché – représenté par les exportateurs et les transformateurs – et les producteurs. Nous demandons que cet engagement se traduise par des investissements sociaux au bénéfice des communautés : écoles, centres de santé, adductions d’eau, etc.

Interview menée par Blaise NNANG

Filière cacao : Le Mincommerce prescrit transparence et qualité pour la campagne cacaoyère 2025-2026

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La campagne cacaoyère 2025-2026 est donc lancée. Et, elle devrait connaitre la même embellie que celle qui vient de s’achever. « Il s’agit donc de consolider les acquis, et peut-être aller au-delà ». Car, selon le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, les déterminants permettent d’être optimistes quant aux résultats escomptés. « Tout indique que les clignotants sont au vert. Les prix seront aussi bons. Au fur et à mesure, l’on retrouve un certain équilibre au bénéfice de tous les maillons de la chaîne des valeurs », a déclaré le ministre du Commerce, soulignant néanmoins l’importance de la collaboration entre producteurs, industrie et consommateurs.

 Toutefois, Le membre du gouvernement a toutefois relevé la nécessité d’améliorer la transparence du marché, pour une profitabilité partagée, face aux préoccupations divergentes des différents acteurs. « D’un côté, l’industrie se plaint de ce que le marché est très haut, de l’autre côté, les producteurs disent que le marché n’est pas encore au niveau qui serait souhaitable. Donc, il y a un problème de transparence de ce marché », a-t-il expliqué. Afin de garantir la durabilité environnementale et sociale de la filière, le gouvernement entend mener « le combat de la transparence du marché », afin de garantir une meilleure distribution de la valeur au sein de la filière.

C’est dans cette optique que Luc Magloire Mbarga Atangana, tout en appelant à un nouveau contrat social, où l’industrie pourrait aller au-delà du prix nominal et octroyer une prime au producteur ou faire des réalisations au profit des communautés, a annoncé le début du payement par le gouvernement de la prime qualité cacao, dès le 20 août 2025 à Bot-Makak. Mais, au-delà de la recherche d’un meilleur équilibre dans la répartition des bénéfices, le gouvernement entend également maintenir des standards de qualité élevés. L’objectif étant de préserver la réputation du « cacao d’origine Cameroun », très prisé sur les marchés internationaux. Cette quête de l’excellence doit néanmoins s’inscrire dans une démarche de durabilité environnementale et sociale.

BILAN SATISFAISANT DE LA CAMPAGNE 2024-2025

 Avec une fourchette des prix bord-champ se situant entre 3 210 et 5 400 FCFA, le kilogramme, au cours de la campagne cacaoyère 2024/2025, les producteurs camerounais de cacao sont désormais les mieux rémunérés au monde. Cette dynamique favorable a donné lieu à une rémunération globale au bénéfice des producteurs de 1200 milliards de FCFA au cours d’une seule campagne. Autre indicateur favorable, la production commercialisée est repartie à la hausse. Elle a même franchi, pour la première fois, la barre de 300 000 tonnes, passant de 266,710 à 309,518 tonnes entre les campagnes 2023/2024 et 2024/2025, soit une augmentation de 42 808 tonnes en valeur absolue et 13% en valeur relative.

 Egalement, la transformation locale, elle aussi, a atteint le chiffre record de 109 431 tonnes contre 85 672 tonnes au cours de la campagne 2023/2024, soit une augmentation de 23 759 tonnes en valeur absolue et 27,7% en valeur relative.

Blaise NNANG

Carnet noir: L’humoriste Kouokam Narcisse est mort

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Narcisse Kouokam a tiré sa révérence

Kouokam Narcisse n’est plus. L’artiste humoriste a définitivement fermé le rideau ce 10 août 2025, des suites de maladie. « Il était 2h du matin quand il a rendu l’âme au CHU», son fils Franklin Kouokam, rapporte Equinoxe TV. Indiquant que « papa a été opéré. Les complications qui ont suivi cette opération l’ont plongé dans le coma pendant 18 jours. Il en est mort». 

Ainsi s’achève à 63 ans la vie de celui qui a fait les beaux jours de l’humour camerounais depuis les années 90, notamment avec « Le match d’or de l’année », une composition dans laquelle l’artiste dans un one man show, a mis en scène les acteurs de la politique camerounaise de ces années de retour de la pluralité démocratique. Tout au long d’une carrière débutée en 1974, Nar6 Kouokam a fait rire à pleurer les Camerounais et même simplement le monde, dans ses créations qui tournaient en dérision les scènes politiques camerounaises et internationales, mêlant satire et critique, avec un zeste de « provocation ». Outre « Le match d’or de l’année », Kouokam Nar6 a séduit avec des titres tels « Appelez-moi honorable», « téléphone circulaire».

Après avoir célébré ses 35 ans de carrière en 2019, l’homme se faisait de plus en plus rare sur les scènes. Il n’y sera plus jamais aperçu. « Tu nous fait tellement pleurer pour ne plus jamais nous faire rire», commente Bergeline Domou, activiste de la société civile, sur ses plateformes numériques.

Présidentielle 2025 : l’évangile saint Kleda pour un Cameroun meilleur

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« En cette veille de l’élection présidentielle, d’octobre 2025, dans notre pays, je vous invite tous à vous joindre à moi votre frère pour qu’ensemble, nous élevions nos voix vers le Dieu Tout-Puissant pour implorer la paix pour notre pays, l’esprit d’amour et de service dans les familles et pour chacun d’entre nous». L’appel est de Mgr Samuel Kleda, l’archevêque métropolitain de Douala. Le berger a cru devoir s’inviter sur le champ politique, pour jouer sa partition. Pour le prélat, « au Cameroun notre cher et beau pays, nous avons un grand besoin de paix, de justice et de réconciliation, en ce moment délicat de son histoire ». C’est que, « alors que nous nous préparons à aller choisir le prochain président de la République, notre société est secouée par de multiples maux qui affligent toutes les couches sociales», a-t-il constaté. « La paix est un bien précieux, objet de notre espérance. L’espérance est la vertu qui nous met en chemin, qui nous motive pour aller de l’avant, même quand les obstacles semblent nombreux et insurmontables. Notre communauté porte dans sa mémoire et dans sa chair les signes de souffrances atroces qui frappent particulièrement les plus pauvres et les plus faibles, pris en otage par des chaînes de la corruption et de l’injustice. Aujourd’hui encore, tant de citoyens sont soumis au supplice de l’humiliation, de l’exclusion sociale, de l’injustice, ainsi que des traumatismes de l’acharnement systématique contre eux-mêmes et leurs proches», décrit-il.

Malaise généralisé

Le dirigeant catholique à la langue fourchue, a mené son enquête sur ces problèmes : « Le malaise qui ronge notre pays à l’heure actuelle et qui provoque un mécontentement généralisé dans les cœurs des citoyens en cette période préélectorale, prend sa source dans des actes anti évangéliques qui sont institués dans la gestion de notre pays », souligne-t-il. Et de citer « la mauvaise gouvernance et la corruption, la démocratie dévoyée, la pauvreté généralisée et le chômage, l’immigration clandestine, le délabrement du réseau routier, l’accès difficile à l’eau et à l’électricité, la gestion nébuleuse du pétrole, les injustices dans l’exploitation minière, les crises anglophone et sécuritaire à l’Extrême Nord ». L’observateur sociétal analyse que « ces maux, si souvent décriés, pervertissent les relations entre les citoyens et les gouvernants, engendrent l’abus de pouvoir et l’injustice. Or, à l’heure actuelle et en tout temps, notre pays a soif d’une justice sociale qui s’exprime par le respect des droits de la personne humaine et le développement de tout ce qui lui permet de s’épanouir et de réaliser sa vocation ».

L’homme qui « [s’est fait] le devoir de les rappeler à la conscience de tous», entend saisir l’opportunité de la campagne électorale à venir pour jouer sa partition, pour l’avènement d’un Cameroun nouveau. « Choisir un président de la République est un devoir citoyen qui incombe à chacun d’entre nous, et qui engage l’avenir de notre pays. C’est pourquoi notre acte citoyen doit permettre de poser les jalons d’une société nouvelle et prospère, fondée sur la paix et la justice, et tournée vers le bien-être de nous tous », sensibilise-t-il. L’e chef de l’église catholique romaine à Douala ne croit pas à une élection crédible, autant qu’il fustige le coût d’une telle épreuve électorale : « nous apprenons que le scrutin présidentiel de 2018 a mobilisé 50 milliards de Fcfa, et que celui de 2025 nécessite entre 65 et 70 milliards de Fcfa. Pourquoi donc tout ce gaspillage lorsqu’on connait déjà le vainqueur ? Autant ne pas organiser les élections pour ne pas appauvrir davantage les Camerounais. Pourtant, ces budgets, qui finissent souvent dans les poches des agents de l’Etat, peuvent être investis dans la construction des infrastructures routières, hospitalières et éducatives », regrette-t-il. Mais pas question de désespérer : « Elevons donc en ce temps, nos voix vers notre Dieu Tout-Puissant, afin que toutes nos aspirations au bonheur se réalisent dans la paix», exhorte-t-il les Camerounais.

Invitation

« J’invite toutes les personnes de bonne volonté à un changement de mentalité et d’attitude, à une transformation intérieure profonde, à un nouveau cheminement et à un renouvellement de notre vie pour être des ‘’artisans de paix’’ (Mt 5, 9), selon la volonté de notre Seigneur », prêche-t-il. Samuel Kleda s’approprie « l’appel de notre Seigneur dès le début de son ministère : ‘’les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile’’, selon Mc1, 15 ».

Cela survient dans la foulée d’autres sorties aussi fracassantes que virulentes de membres du clergé catholique du Cameroun. Dès les fêtes de fin d’année 2024, et en début de l’année en cours, entre autres Mgr Barthélémy Yaouda, évêque de Yagoua, Mgr Emmanuel Abbo, évêque de Ngaoundéré,…se sont déchaînés sur le pouvoir de Yaoundé. Le chef de l’église catholique romaine à Yagoua a même estimé que « même le diable, on l’accepte d’abord, et on verra après». Excédé qu’il était, de vivre l’indifférence des autorités de l’Etat face à la misère des citoyens. Mgr Lontsi-Keune du diocèse de Bafoussam s’est lui aussi illustré en exhortant les Camerounais à s’inscrire massivement pour sanctionner les dirigeants qui ont failli.

BRT de Douala : le Cameroun négocie une extension de la livraison au-delà de 2028

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Le gouvernement camerounais et la Banque mondiale discutent de la possibilité de repousser la date d’achèvement du BRT de Douala au-delà de 2028. « Lors de la dernière mission de supervision de la Banque mondiale qui s’est tenue en juin 2025, il a bien été noté justement ce risque de ne pas finaliser les travaux en 2028 », explique Tene Mbimi Prisca, conseillère technique n° 3 auprès du maire de Douala et coordonnatrice du projet. Pour la responsable, ce constat a ouvert la voie à des discussions sur un possible report. « Nous avons eu un accord de principe de la Banque mondiale qu’il pourrait y avoir une extension de la date de fin du projet, mais sous réserve de ce que nous commençons déjà tous les travaux », a-t-elle souligné. Cette dernière précision revêt un enjeu capital. En effet, si les travaux ne sont pas lancés rapidement, non seulement le calendrier initial ne pourra pas être respecté, mais une partie des fonds pourrait rester inutilisée. Ce scénario n’est pas anodin dans le contexte camerounais, où plusieurs projets financés par la Banque mondiale connaissent déjà des retards critiques.

UN PROJET TOUJOURS EN PRÉPARATION

À ce jour, aucune infrastructure du BRT n’est visible sur le terrain. L’ensemble des activités se concentre encore sur la phase préparatoire. La mairie de Douala s’attèle à la finalisation des documents de passation de marchés, aux consultations avec les entreprises et à l’élaboration des cahiers des charges techniques. A en croire la municipalité, ces documents sont indispensables pour lancer les appels d’offres internationaux, recruter les entreprises qui exécuteront les travaux et sélectionner les bureaux d’ingénierie chargés du contrôle et du suivi. Le 24 juillet dernier, le maire de Douala a présidé une consultation préliminaire avec des entreprises intéressées par le projet. Selon Tene Mbimi Prisca, cette rencontre visait à « présenter les documents qui ont été élaborés dans le but de recruter des entreprises », « inciter les entreprises à venir écouter, donner leur avis » et « affiner les documents pour faciliter la transparence dans le processus de passation de marché ».

Cette phase de dialogue avec les opérateurs économiques est considérée comme une étape clé par la Communauté urbaine. Elle doit permettre de réduire les risques de contestations ultérieures et d’aboutir à des dossiers mieux adaptés aux contraintes locales et aux exigences de l’institution de financement. La coordonnatrice du projet précise que l’« objectif pour nous, c’est, comme on l’a annoncé en consultation préliminaire, de publier les appels d’offres au plus tard, en septembre 2025 ». Cela signifie qu’à l’issue de cette publication, un délai supplémentaire sera nécessaire pour analyser les offres, attribuer les marchés et installer les entreprises sur le terrain. Dans le meilleur des cas, le démarrage physique des travaux pourrait intervenir courant 2026, ce qui laisserait environ deux ans pour leur exécution avant l’échéance actuelle.

UNE ÉCHÉANCE FIXÉE AU 16 JUIN 2028

Le financement de 261 milliards FCFA pour le BRT de Douala a été approuvé en juin 2022 par le Conseil d’administration de la Banque mondiale. Il a été formalisé deux ans plus tard, en juillet 2024, par la signature de deux accords. L’un entre l’État du Cameroun, représenté par le ministre de l’Économie, et la Banque mondiale ; l’autre entre la Communauté urbaine de Douala et l’institution internationale. La date de clôture financière a été fixée au 16 juin 2028. Concrètement, cela signifie que toutes les dépenses éligibles devront avoir été effectuées, facturées et validées avant cette date. Passé ce délai, les fonds non utilisés seront annulés et retourneront dans les comptes de l’institution de Bretton Woods. Ce type de clause est standard dans les accords de prêt, mais dans le cas présent, il pèse lourdement sur la planification du projet. Chaque mois de retard dans la passation des marchés réduit d’autant la fenêtre disponible pour l’exécution des travaux.

DES DÉCAISSEMENTS QUI PEINENT À DÉCOLLER

La situation du BRT de Douala s’inscrit dans un contexte plus large de difficultés à absorber les financements Banque mondiale au Cameroun. En avril 2025, lors de la revue du portefeuille, le ministère de l’Économie a reconnu que « neuf projets sur les 17 financés par l’institution sont actuellement “à risque” », soit plus de 53 %. Les motifs avancés incluent « des retards d’exécution et de faibles taux de décaissement ». Les chiffres illustrent cette lenteur. Au 30 avril 2025, « le taux de décaissement cumulé global se situe autour de 32,76 %.

Avec un âge moyen de 3,8 ans, on s’attendrait à un taux global de 38 % au minimum », indique le ministère. Pour l’exercice fiscal en cours, « le taux de décaissement cumulé est de 16,36 % (…) on espère obtenir les 20 % qui ont été indiqués d’ici au 30 juin ». Le directeur de la division de la Banque mondiale pour le Cameroun, Cheick Fantamady Kanté, renchérit. « À date, le volume total des fonds non décaissés représente 69 % du montant des engagements. (…) En mars 2025, le taux de décaissement annualisé est de 15 %, contre une cible annuelle de 20 %. », a-t-il révélé Ce niveau est en deçà des attentes et reflète une tendance déjà observée depuis 2018, année où le taux de décaissement avait atteint seulement 17,9 %.

 DIX ANS DE REPORTS

 L’idée d’implanter un système de bus à haut niveau de service au Cameroun n’est pas récente. En 2015, le ministère des Finances annonçait la mise en place de deux lignes pilotes. L’une à Yaoundé (21 km, d’Olembé à Ahala) et l’autre à Douala (17 km, du Carrefour des Douanes au PK 17). Ces projets ont fait l’objet de la signature de principe avec l’entreprise brésilienne Marco Polo, spécialisée dans la fabrication d’autobus, et devaient entrer en service en 2018. Les tracés ont été définis, des études topographiques et de trafic ont été menées, et le mémorandum d’entente signé avec le Secrétaire général de la Primature pour le compte du Cameroun. Pourtant, aucune suite concrète n’a été donnée à cette première phase. En 2019, l’initiative est relancée par le ministre du Développement urbain et de l’Habitat, Jean Claude Mbwentchou, dans le cadre du programme Mobilise Your City, une initiative internationale lancée lors de la COP 21 à Paris en 2015. Ce programme vise à aider les villes en développement à concevoir des plans de mobilité urbaine durables. À Douala, il se traduit par l’élaboration d’un Plan de Mobilité Urbaine Soutenable (PMUS). Malgré cette relance, aucun chantier n’a été engagé, et le projet est resté à l’état de planification jusqu’à l’intervention de la Banque mondiale.

UN ENJEU STRATÉGIQUE POUR DOUALA

 Pour la capitale économique du Cameroun, la mise en place du BRT dépasse la simple question des déplacements urbains. La ville concentre une grande partie des échanges commerciaux du pays, avec un port qui draine l’essentiel des importations et exportations nationales. La circulation des marchandises est donc un enjeu économique majeur. « Dans une ville portuaire comme Douala, la logistique urbaine est très souvent mise de côté. Et pourtant, elle contribue à l’économie de la ville et du pays », souligne Tene Mbimi Prisca épouse Olinga. La congestion actuelle entraîne des retards dans la distribution des biens, un allongement des temps de trajet pour les travailleurs et un coût supplémentaire pour les opérateurs économiques. Le BRT est conçu comme un système de transport urbain de masse, avec des corridors réservés aux bus sur voies propres. Cette configuration doit permettre de réduire les temps de parcours, d’augmenter la régularité des services et de désengorger les principaux axes routiers.

Entrepreneuriat : vers la mise en place d’un observatoire national de l’économie sociale

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L’édition 2025 des Journées nationales de l’économie sociale (JNES) se veut résolument tournée vers l’action. Ouverte le mardi 5 juillet 2025 à Yaoundé, cette 7ème édition ambitionne notamment de doter les acteurs de connaissances utiles à leur professionnalisation, tout en stimulant leur capacité à innover. « Il s’agit de transformer les idées en actions concrètes, avec tous les acteurs réunis autour d’une même table », a déclaré François Martial Tsanga, directeur de l’Économie sociale au ministère des Petites et Moyennes entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa), dans un entretien accordé à la CRTV, le média public.

Placée sous le thème : « promotion de l’innovation sociale et développement des réseaux dans les territoires », cette 7ème édition met l’accent sur la professionnalisation des acteurs, la consolidation des dynamiques locales et la mise en œuvre des engagements continentaux. Et vise en outre à mettre en œuvre les résolutions du Forum africain de l’économie sociale et solidaire (Fora’ess), organisé à Yaoundé du 28 au 30 mai 2024. Parmi les engagements phares, la création d’un observatoire africain et d’un incubateur panafricain, pour lesquels le Cameroun s’est engagé à initier les premiers dispositifs nationaux.

« Cette année, les Jnes s’inscrivent dans la continuité des recommandations issues du Forum africain de l’économie sociale, tenu à Yaoundé en mai 2024. L’une des principales résolutions était la mise en place d’un observatoire africain et d’un incubateur panafricain. Le comité de suivi, présidé par le ministre des PME, Achille Bassilekin III, a opté pour une approche ascendante, en partant d’initiatives nationales. C’est pourquoi nous travaillons d’abord à structurer ces outils au niveau camerounais », a déclaré le directeur de l’Économie sociale au ministère des PME. « Les observatoires de l’ESS sont des outils stratégiques pour documenter, suivre et valoriser les initiatives sociales et solidaires. Ils peuvent aussi jouer un rôle clé dans la gouvernance de la propriété intellectuelle dans les territoires », a expliqué Jean-Pierre Nyemeg, Conseil en Propriété Industrielle OAPI.  

Organisées tous les deux ans depuis 2013 par le Minpmeesa, les Jnes sont devenues un cadre de référence pour valoriser le savoir-faire des Unités de l’Économie Sociale (UES), partager les bonnes pratiques et renforcer la visibilité d’un secteur souvent discret, mais porteur. Pendant trois jours, près de 300 participants, élus locaux, parlementaires, maires, conseillers régionaux, représentants de la société civile, partenaires techniques et financiers, réseaux d’économie sociale, et cadres ministériels prennent part à une série de panels scientifiques, ateliers pratiques et à une foire-exposition des savoir-faire locaux. Au menu de la première journée des JNES 2025, trois temps forts ont marqué les échanges : un panel sur les compétences sociales et la création d’un socle commun pour les acteurs du secteur, un second consacré aux conditions de mise en place d’incubateurs spécialisés en économie sociale, et un troisième axé sur la structuration d’un observatoire national, appelé à jouer un rôle central dans la veille stratégique et le suivi des politiques publiques en la matière.

Innovation sociale et financement alternatif

L’une des préoccupations majeures reste le financement des initiatives sociales innovantes. À ce titre, un atelier spécifique est consacré à l’étude des mécanismes de financement innovants, adaptés au contexte camerounais. L’objectif est de dépasser les approches classiques pour proposer des modèles durables, accessibles et inclusifs. François Tchanga précise que le ministère entend aller au-delà des intentions. « Le principal indicateur d’impact sera la contribution des acteurs à la création de richesses, d’emplois et au produit intérieur brut », souligne-t-il. Il annonce par ailleurs la création prochaine d’un Conseil national de l’économie sociale, piloté par le Premier ministre, pour assurer le suivi des politiques et relancer les parties prenantes en cas de faibles résultats.

Un engagement au service du développement inclusif

A travers les JNES 2025 le gouvernement entend faire de l’économie sociale un instrument de transformation locale, capable de lutter contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion, tout en favorisant une croissance endogène, équitable et respectueuse de l’environnement. Des jalons ont déjà été posés : structuration accélérée des UES dans les territoires, organisation de marchés coopératifs, renforcement des capacités des exécutifs communaux.

Présidentielle 2025 : Bello Bouba veut ramener la dépouille d’Ahidjo

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« Si je suis élu président de la République, je mettrai en œuvre dans les six premiers mois un programme de réconciliation nationale et de réformes ». La promesse est de Bello Bouba Maïgari ce 8 août 2025. Et dans ce programme de réconciliation nationale, figure un point essentiel : « j’organiserai, en accord avec la famille, le retour des restes du premier président de la République, accompagné des obsèques officielles avec les honneurs dus à son rôle dans l’histoire du Cameroun», annonce-t-il. Une promesse sur laquelle nombre d’observateurs avertis pariaient, en attendant la première sortie médiatique du président de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp), depuis qu’il a annoncé sa candidature pour l’élection présidentielle du 12 août 2025. D’autant plus que, leader institutionnel de l’opposition, l’homme qui a démissionné du gouvernement, en rompant l’alliance qui liait son parti à la majorité présidentielle, Bello Bouba est perçu comme un fils politique d’Ahmadou Ahidjo, natif de Garoua comme l’ancien président de la République.

La promesse devrait donc faire plaisir non pas seulement à Garoua ou dans le Nord-Cameroun, mais nombre de Camerounais de tous les coins du pays. Décédé à Dakar le 30 novembre 1989, Ahmadou Ahijdo gît avait été inhumé au cimetière de Yoff, sans aucun accompagnement, ni représentation officielle du Cameroun qu’il a dirigé pendant 23 ans. Le sujet intéresse et tient à cœur nombre de Camerounais, dans le cadre d’une réconciliation nationale tant appelée, mais qui ne semble pas trouver un écho favorable auprès du principal dirigeant du pays qui avait déclaré en octobre 2007 que « le rapatriement est selon moi un problème d’ordre familial. Si la famille de mon prédécesseur décide de faire transférer les restes du président Ahidjo, c’est une décision qui ne dépend que d’elle ». Une sortie sur France 24 qui avait irrité nombre de Camerounais. 

Réconciliation

Bien que musulman, Ahmadou Ahidjo avait souhaité que son inhumation déroge à la tradition musulmane : « Constatant le décès, l’ex-première dame, Germaine Habiba Ahidjo, requit et obtint de Thierno Mountaga Tall, khalife de la famille omarienne et maître d’œuvre des obsèques, le droit de déroger à la tradition musulmane et d’enterrer son époux dans un cercueil. La requête visait à mieux conserver la dépouille du défunt, pour respecter les dernières volontés que ce dernier avait formulées dans une lettre adressée à Abdou Diouf, le président sénégalais. Son vœu : être enseveli dans sa terre natale de Garoua», écrivait le 20 mai 2010, Jeune Afrique.

Dans le cadre de cette réconciliation, Bello Bouba propose un « dialogue national inclusif pour résoudre durablement la crise anglophone », ainsi qu’une loi d’amnistie en faveur de tous les prisonniers d’opinion ; mais aussi et surtout, « des mesures en vue d’une véritable réhabilitation de la mémoire des héros de la lutte pour l’indépendance et la réunification de notre pays».

Maurice Kamto

En prenant la parole devant la presse nationale, Bello Bouba savait qu’il était attendu, et a servi a priori ce que l’opinion attend ou du moins ce que l’opinion attend. Lui qui depuis des semaines, est attendu pour un tel exercice. Annoncé démissionnaire du gouvernement, l’on n’aura pas eu de nouvelles de l’homme qui est resté aux affaires plus d’un mois encore, avant de plier bagages définitivement. Mais « avant même le congrès du 28 juin, le président Bello Bouba avait déjà remis sa démission et ses affaires personnelles ramenées à la maison », assure Afessi Mbafor, président national des Jeunes de l’Undpc. On sait cependant que Bello Bouba avait longtemps quitté sa résidence de fonction.

A ce jour, Bello Bouba est le principal adversaire que Paul Biya, président sortant, a en face. Avec le rejet de la candidature de Maurice Kamto, le candidat de l’Undp demeure la principale alternative face à un pouvoir solidement enraciné depuis 1982 et qu’il a contribué à bâtir. L’opposition travaille plus que jamais à coaliser les forces pour renverser Paul Biya, 92 ans dont 43 passés à la tête de l’Etat. Des voix s’élèvent de plus en plus pour appeler à un ralliement de Maurice Kamto à Bello Bouba, pour être plus efficace.

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