dimanche, juin 14, 2026
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Fécafoot : pourquoi Martin Etonge a été limogé

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Le piège s'est refermé sur le tendeur

Martin Ntom Etonge n’ira pas au bout de sa mission de secrétariat général par intérim de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot). A trois mois de la fin du mandat du Comité de normalisation, l’homme a été déchargé de ses fonctions. « Cette mesure a été prise à l’entame du processus électoral à la Fécafoot dans le souci de garantir à celui-ci la neutralité et l’impartialité qui sont nécessaires à sa crédibilité et à sa transparence », se justifie Me Dieudonné Happi, le président du Comité de normalisation. Sans détails. « Il n’était pas d’accord sur les décisions prises par le Comité sur certains dossiers, et il était déjà soupçonné de livrer les secrets de la maison au camp d’Abdouraman », renseigne une source interne. Un camp jadis favorable à la normalisation, mais qui s’en éloigne depuis peu.

L’homme continuait simplement d’entretenir une vieille relation. Du moins un camp auquel il a appartenu. Il faut remonter le temps pour comprendre. Le 22 juin 2011, le team manager des Lions indomptables est limogé et reversé à direction technique nationale. Martin Etonge, puisqu’il s’agit de lui, est alors coupable d’espionnage. C’est qu’au lendemain du match Cameroun-Sénégal (0-0) qui scella la non qualification du Cameroun pour la Can 2012, dans une ambiance d’indiscipline dans la tanière, le ministre des Sports et de l’Education Physique (Minsep), Michel Zoah, d’alors, convoqua une réunion de crise pour conjurer le sort. Tombi à Roko, ci-devant secrétaire général de la Fécafoot, représentait la fédération. A l’occasion, il est envisagé de retirer le brassard à Samuel Eto’o, afin de diminuer « l’influence » du joueur. Au sortir de la « réunion-complot », le capitaine appela le ministre qu’il sermonna.

L’espion de Samuel Eto’o

L’enquête diligentée par le Minsep révélera une conversation entre Martin Etonge qui assistait à ladite assise, et Samuel Eto’o, le temps de la réunion. Eto’o qui ne tarissait pas d’éloges à l’endroit du team manager sur les antennes de la chaine Stv, alors qu’il dénigrait les autorités. Limogé du staff, Martin Etonga sera affecté à la Direction technique nationale. Dans un contexte où un certain Abdouraman Hamadou, directeur du cabinet d’Iya Mohammed, et ex chef du département communication de la Fécafoot et secrétaire général (a.i), venait de démissionner. Dénonçant le rétrécissement de ses pouvoirs, depuis le recrutement de Tombi à Roko. Les deux déchus du paradis de Tsinga partageaient alors le même sort. Et la crise électorale déclenchée en 2013 les rapprocha davantage contre leur ancien mentor.

A l’arrivée de la normalisation II, les deux compères ont continué à garder de bons rapports. Martin Etonge est nommé secrétaire général par intérim de la Fécafoot. Un poste qu’il a occupé entre fin juin et mi-juillet 2013, cumulativement avec ses fonctions de directeur du cabinet de John Begheni Ndeh qui avait pris d’assaut la Fécafoot le 28 juin 2013, en tant que premier vice-président de l’exécutif de 2009. La réélection d’Iya Mohammed une semaine plutôt, ayant été annulée par la Chambre de conciliation et d’arbitrage du Comité national olympique et sportif du Cameroun (Cnosc). Avant que la Fifa ne siffle la fin de la récréation. Face à la contestation de ceux qui reprochaient à l’ancien 1er vice-président d’avoir démissionné en abandonnant un navire qui tanguait contre les menaces gouvernementales. L’ex espion avait le profil pour succéder à Blaise Moussa. Au moment où Eto’o était devenu le pilote du navire Fécafoot. Mais le naturel est revenu au galop. Et l’homme a continué d’user des mêmes méthodes de fonctionnement. Malgré que le camp se soit fissuré, avec désormais un éloignement du camp d’Abdouraman du centre des affaires. Martins Etonge n’a pas coupé les ponts et a essayé de jouer dans les deux camps. L’arroseur Eto’o est arrosé. Martin Etonge, lui, se contentera d’être le conseiller de son rédempteur. Sur les traces de son allié Abdouraman Hamadou.

Economie Numérique : Minette Libom Li Likeng relance l’extension de la fibre optique

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Après une longue période  d’arrêt, le Comité  national de  pilotage du projet Central African  Backbone (CAB) s’est  réuni le 30 octobre dernier à  Yaoundé afin de relancer les  travaux dudit projet (qui a  pour but de réduire la facture  numérique dans la sous-région,  en la dotant d’un réseau  de télécommunications faible  à haut débit) en vue de sa  bonne exécution. Présidée par  le ministre des Postes et Télécommunications,  Minette  Libom Li Likeng, par ailleurs  présidente dudit Comité, cette  6e session visait entre autres  à examiner et adopter les mesures  idoines pour l’exécution  rationnelle du projet, d’évaluer  la mise en œuvre des activités  et les recommandations de la  réunion du 5 avril 2017 ainsi  que d’examiner le plan de travail  et le budget annuel 2018.  « Les activités du projet ont  connu un ralentissement avec  la non tenue des sessions de  décembre 2017 et de juin  2018 du comité de pilotage  […] cette session qui nous  permettra de relancer nos travaux  en vue de la bonne exécution  de ce projet phare pour  le développement des infrastructures  de télécommunications  dans notre pays »,  reconnait Minette Libom Li Likeng.

En dépit de la période d’hibernation  du projet CAB au Cameroun,  les statistiques  montrent que ce projet  connait une évolution par  rapport au 31 décembre  2017. De source interne au  Minpostel, au 20 octobre  2018, l’on note 16 activités en  exécution contre une à fin décembre  de l’année précédente.  « Pour la mise en  oeuvre de cette phase du projet,  cinquante activités doivent  être engagées  financièrement avant le 30  juin 2019 exécutés avant le  31 décembre 2018 », apprend-  on auprès du Comité  national de pilotage du projet  CAB.

Constitué d’une composante  régionale et d’une composante  pays, le projet CAB, né  de la volonté des chefs d’Etat  de la sous-région, a pour objectif  de contribuer à la réduction  du coût élevé des  télécommunications /TIC sur  le climat des affaires dans la  sous-région, à la création  d’emplois sous toutes ses  formes et à l’extension de la  production des biens et services  contribuant à la réduction  de la pauvreté. Ce réseau  devrait relier tous les pays de  la communauté à travers une  connexion terrestre ou sous-marine  à fibre optique. « ce  projet de mise en œuvre d’un  réseau de Télécommunications  haut débit à la fibre optique  en Afrique centrale va  relier les pays de la sous-région  notamment le Congo, la  Centrafrique et le Nigeria […]  Nous avons un système d’information  des marchés climatiques  qui va permettre aux  populations des zones rurales  de pouvoir accéder au marché  et de connaitre en  même temps la météorologie  de leur sous-région », précise  le nouveau coordonnateur du  projet CAB, Pierre Paul Bissombi.

En outre, ce projet qui s’inscrit  dans le cadre de la mise  en place des infrastructures  de développement de télécommunications  adéquates  vise également à rattraper le  retard du Cameroun dans le  développement de l’économie  numérique et à l’accélération  de l’industrialisation.  Surtout que, explique le  coordonnateur du projet CAB,  ce projet permettra à terme  la digitalisation des populations  des zones désenclavées.  Ceci à travers la  création des télécentres, la  connexion des centres de  promotion des femmes et de  la famille au numérique pour  ne citer que ceux là.

Dr Albert Léonard Dikoumé : « L’Etat gagnerait à maîtriser la fiscalité minière »

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Pouvez-vous nous dressez un état des lieux de la fiscalité minière au Cameroun ?

Le véritable problème de la fiscalité est la présence d’une lassitude en bout de chaîne. En effet, on a l’impression que cela vient après et puis on a quelques taux qu’il faut appliquer sur une base où on a tout ce qu’il faut. Mais en réalité, la fiscalité est plus complexe que cela, parce qu’elle commence dès le début c’est-à- dire dès la préparation de la loi. Avant d’appliquer tel taux sur tel montant, il faut bien comprendre toute l’activité, tout le processus. Donc c’est en fonction de la compréhension qu’on peut dire si on a fait une bonne fiscalité ou une mauvaise fiscalité. C’est l’une des raisons pour lesquelles avant d’aborder les instruments fiscaux, je préfère insister sur les principes contenus dans les conventions, qui régissent l’activité minière. Parce que rien qu’avec cela vous voyez l’imbroglio dans lequel on se trouve. On prend une loi, on dit voilà ce qui doit s’appliquer. Sauf qu’entre-temps, elle ne peut pas s’appliquer parce qu’il y a d’autres dispositions qui doivent s’appliquer et qui parfois se contredisent avec notamment le principe de la non-discrimination entre les compagnies, celui de la stabilité du régime juridique et fiscal. Cela fait en sorte que l’on avance théoriquement, mais dans la pratique on stagne. Mais sur le fond, quand on part de 1978 à 2001, c’était déjà un pas dans la structure juridique. Après il y a eu la volonté de ramener l’impôt dans le domaine de la loi parce que la base de l’impôt est qu’il relève de la loi. Donc l’idée de réintégrer la fiscalité minière dans la loi comme cela a été fait avec la loi de finance pour l’exercice 2015 était déjà positif, surtout que cela a été suivi d’un rehaussement des divers impôts et taxes. Mais cette embellie a été rapportée par la Loi de Finances pour l’exercice 2016. Quand on regarde l’exposé des motifs de la loi, la seule explication donnée c’est qu’on veut se réaligner au Processus de Kimberley, sans qu’on ait fait une modélisation fiscale. Vous savez, ce qui est mauvais chez nous, c’est qu’on ne fait pas de modélisation ; les décisions de révision de la fiscalité se prennent au pif. Très souvent ce sont les bailleurs de fonds qui viennent nous dire voilà un modèle que nous vous recommandons, appliquez le. Mais en général quand ils viennent nous dire appliquer ce modèle, ils ont fait une modélisation en fonction de leurs intérêts. Les bailleurs de fonds ne viennent pas nous proposer quelque chose en fonction de notre intérêt, mais c’est dans l’intérêt des compagnies qui travaillent ici parce que ces compagnies viennent du même pays que ces bailleurs-là. Donc tous ce que les bailleurs vont proposer comme modèle de fiscalité, c’est dans l’intérêt des compagnies internationales. Quand ils nous disent faites-le, nous on le prend sans modélisation et après on se rend compte que cela n’était pas bon. Avec cette clause de stabilisation de régime fiscal et de non-discrimination, il est difficile de prendre une mesure et d’y revenir parce qu’elle reste d’application. Une évolution que j’ai trouvé positive entre l’ancien code de 2001 et le nouveau code de 2016, c’est qu’en matière de stabilité qu’elle ne se fasse plus à l’infinie. Quand vous signez une convention pour 25 ans, que ce soit stabilisé maximum sur les 25 ans et qu’au terme de cette convention vous vous aligniez systématiquement dans les nouvelles lois. Comme par exemple une convention de 2003 qui prendra fin en 2028. A partir de là, on pouvait envisager de réfléchir sur une nouvelle loi qui épouseront de nouvelles dispositions.

Vous suggérez la modélisation comme une solution dans le cadre de la fiscalité pour améliorer la transparence dans le secteur minier. En quoi est-elle si importante ?

La modélisation est capitale dans les activités d’exploitation minière, sur le plan de la fiscalité. En effet, quand les compagnies étrangères viennent avec leurs propres modèles dans lesquels nous intégrons nos données fiscales, elles savent que si on bouge telle donnée, cela peut avoir tel impact sur leurs activités. Lorsque vous voyez l’évolution de la Loi de Finances pour l’exercice 2015 et celle de 2016, pour certains titres miniers, les taux de redevance passent de 5 000 000 de francs CFA à 1 000 000 de francs CFA, donc il y’a une baisse de 4 000 000 de francs CFA. Dans d’autres cas, la superficie attribuée pour certains titres passe d’un maximum de 1 000 km2 à 500 km2, ou d’un maximum de 10 000 km2 à 1 000 km2. Vous avez ainsi l’impression qu’il va y avoir une augmentation de recettes. Il y a en plus une institution de blocs en forme polygonale ; les titulaires de titres ne respectant pas ces dispositions sont appelés à les fractionner. Donc en réalité pour l’Etat, ce sera bien parce ça demande plus de titres à délivrer.

Est-ce une bonne chose ou pas ?

Tout cela trompe l’œil, lorsque nous consultons la taxe Ad Valorem, l’Etat perd plus de la moitié de ses revenus. Avant 2016, si vous prenez le cas des pierres précieuses on était par exemple à 20 %, déductibles à hauteur de 5 % du chiffre d’affaires. Donc si vous avez payez 20 %, vous les récupérez à hauteur de 5 % de votre chiffre d’affaires, sachant que le chiffre d’affaires est généralement supérieur à la base d’imposition, puisque la taxe Ad Valorem est calculée sur la valeur sur le carreau. Or, cette valeur sur le carreau est généralement inférieure à la vraie valeur de vente. Il peut même arriver que vous récupériez la totalité de votre taxe Ad Valorem. Dans le nouveau système, la taxe est ramenée à 8 % mais ce n’est plus déductible. Les compagnies introduisent tous ces changements dans leurs modèles et savent d’avance ce qu’elles perdent et ce qu’elles gagnent. Dès qu’on introduit ces paramètres sur le modèle on a tout de suite l’impact sur le revenu total. L’impact minimum est qu’il soit stabilisé. Donc si les compagnies ont accepté ce système, c’est parce qu’elles s’en tirent. Lorsque je fais mes estimations, je me rends compte qu’en réalité nous avons perdu près de 10 % de nos revenus avec ce nouveau code minier. Cependant, le nouveau Code a tenu compte des exigences de la société civile en disant ce qu’il faut partager, les déclarations à faire,…On a avancé sur le plan de l’encadrement juridique mais sur le plan du revenu de l’Etat, on a reculé. La compagnie qui vient s’installer a la maîtrise de ce secteur et en réalité elle n’a pas besoin de fiscaliste, puisque quand elle vient elle applique seulement les dispositions modélisées. C’est au niveau de l’autre partie qu’on a besoin de fiscaliste pour contrôler et ce n’est pas parce qu’on a fait fiscalité que forcément on va comprendre la fiscalité minière. Comme je le disais, il faut d’abord comprendre l’activité, parce que c’est une fiscalité spécifique. Il n’y a pas beaucoup d’universités qui enseignent la fiscalité minière. Dans le cycle de fiscalité, l’on ne peut pas l’ajouter dans la fiscalité de droit commun. Parce que la fiscalité de droit commun est vaste. L’inconvénient est que les compagnies ne veulent pas des diplômés nantis de ces connaissances. Les compagnies préfèrent des personnes qui ne maitrisent pas ce domaine pour qu’elles leur imposent ce qu’elles veulent; c’est au niveau des contrôles que l’on a besoin d’un fiscaliste pour dire ce qui a été bien appliqué et ce qui ne l’a pas été.

Pr Claude Abe: « Maurice Kamto et Cabral Libii ont une attitude suicidaire »

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Pr Claude Abe, sociologue

Quelles leçons pouvons-nous tirer de l’élection présidentielle du 7 octobre dernier ?

 Il y a de nombreuses leçons à tirer de cette élection présidentielle. Nous avons les partis politiques qui ont véritablement amélioré leurs offres politiques. Vous convenez avec moi que tous les partis n’avaient pas des projets de société, mais ils ont fait un effort d’avoir un projet de gouvernement qui avait des propositions bien précises sur le plan institutionnel, socioéconomique et politique. Du point de vue institutionnel, on a aussi constaté que, pour une fois, Elecam a essayé de respecter ses missions en termes de publication des listes et de leurs affichages dans les bureaux de vote. Il y a également eu une dépacification des rapports sociaux dans les Technologies de l’Information et de la Communication. On y a noté beaucoup de violence et d’agressivité notamment de certains sympathisants ou militants du MRC. Et, la volte-face de leur candidat face à des résultats proclamés par des institutions auxquelles il avait déjà fait confiance et qui lui avait donné quitus pour compétir. Il a joué avec les vides et les insuffisances juridiques pour justement essayer d’apporter cette tache noire, qui malheureusement, ne les grandit pas. L’autre chose est l’insuffisance des instruments juridiques qui encadrent le processus électoral. C’est un élément qu’on ne peut ne pas mettre en lumière et il me semble qu’il serait de bon ton de toiletter ces instruments.

Êtes-vous de ceux qui pensent que le conseil constitutionnel aurait été partisan durant le contentieux post-électoral ?

Non ! Le Conseil constitutionnel a joué son rôle. Vous savez, les textes qui créent le Conseil constitutionnel et qui encadrent le processus électoral sont suffisamment clairs. Je n’ai pas eu l’impression qu’on était dans une situation partisane parce que si vous regardez le candidat qui a tenu en spectacle ce Conseil constitutionnel, vous vous rendrez compte qu’il était là pour tout sauf le droit. Leurs plaidoiries étaient des plaidoiries de dilatoires où au fond les gens savaient qu’ils n’ont pas d’éléments substantiels de preuve mais ils étaient là pour faire de la politique plutôt que de faire du droit.

comment analysez-vous l’attitude d’opposants tels que Maurice Kamto et Cabral Libii qui continuent de se faire passer pour les « vrais » vainqueurs de cette élection, devant Paul biya ?

C’est une attitude suicidaire parce que même les instruments du droit international dont évoque très souvent Maurice Kamto, sont des instruments que le Cameroun a ratifié qui malgré leur importance, du fait qu’ils soient des textes supranationaux, les décisions rendues, soit par la Cour Africaine des Droits de l’homme et de la Démocratie ou les Nations unies, n’ont pas une valeur obligatoire. C’est des organes qui reconnaissent que le contentieux postélectoral est géré par les institutions des Etats membres. De mon point de vue, nous sommes dans une situation où les gens disent être en face d’un hold-up électoral et pourtant on a l’impression que c’est bien eux qui veulent faire un hold-up électoral.

D’après vous, que recherchent véritablement ces candidats ?

Cabral Libii cherche peut-être à négocier pour avoir une certaine position. Vous convenez avec moi qu’en politique, si on ne peut pas gagner, on cherche tout au moins à grappiller des positions de pouvoir. Pour monsieur Kamto, il ne s’agit pas d’une position de négociation parce qu’il est visiblement dans une attitude de défiance des institutions et je ne pense pas que cette attitude pourra durer. Il y a fort à parier qu’au bout d’un certain moment, les autorités pourraient tomber dans la lassitude de ces gesticulations et appliquer le droit.

Certains candidats opposés à la réélection de Paul biya ont saisi la communauté internationale pour protester. Pensez-vous que cette démarche a des chances de prospérer ?

Non ! Si ce n’est que sur le plan du droit, il y a plus une voie de recours puisque les décisions de toutes ces structures internationales n’ont aucune valeur obligatoire au niveau de l’Etat camerounais. Et à partir de ce moment, le droit ne peut qu’être exécutoire que s’il y a un élément d’obligation qui s’impose aux uns et aux autres. N’ayant pas de valeur obligatoire, il me semble que cette démarche est de la gesticulation inutile. On pourrait le dire aujourd’hui avec certitude que la messe est dite.

Les répressions exercées par l’Etat sur ceux de l’opposition qui appellent à manifester contre la victoire de Biya sont-elles légitimes ?

Si ces manifestations n’ont pas été déclarées l’Etat pourrait avoir raison puisque le Cameroun évolue sur le régime de déclaration préalable. Par contre, si ce sont des manifestations déclarées que l’Etat interdit, il faut reconnaitre qu’il y a des abus.

Pensez-vous que les différentes actions du MRC peuvent conduire le pays à une crise post électorale? J’en doute fort parce que Maurice Kamto s’est autoproclamé vainqueur, on n’a pas vu une foule le suivre, il a été contredit par le Conseil constitutionnel, on n’a pas également vu une foule le suivre. Cela signifie qu’en dehors des groupuscules qu’on retrouve dans les carrefours entrain de faire de la gesticulation, le MRC n’a véritablement pas un capital politique humain suffisant de manière à engager une insurrection. En même temps, les Camerounais ne sont pas dupes. Ils vont se rendre compte qu’il est dans une opération de supercherie et qu’il est veut les entrainer dans une affaire qui n’a pas d’égalité et ni de légitimité.

Le sDf peut-il survivre après la défaite historique de son candidat, Joshua Osih, à cette élection ?

 Oui ! C’était une élection présidentielle et vous savez que l’élection présidentielle a un élément important c’est qu’elle n’est pas localisée. La crise anglophone a beaucoup fragilisé le SDF puisque le fief de ce parti est la zone anglophone. Mais une chose est certaine la crise ne va pas perdurer. Le SDF est dans un cycle de crise c’est-à-dire de naitre, de grandir, de se durcir et à un moment donné de s’estomper. C’est la nature des crises. Au niveau de sa base électorale, le SDF devra maintenant discuter une partie de l’Ouest Cameroun avec le MRC puisque le MRC a grappillé des électeurs à la faveur d’un vote communautariste. On l’a vu à Douala et à Yaoundé où le MRC a gagné dans les bastions du SDF. Mais attendons les prochaines élections pour être certains de la redistribution des cartes. Pour l’instant, j’estime qu’il ne faut pas vite aller en besogne en disant que le SDF n’est pas à mesure de survivre à cette élection présidentielle.

Pensez-vous que la coalition de l’opposition sera possible pendant les législatives et les municipales, comme le souhaitent plusieurs acteurs politiques ?

Je ne crois pas du tout aux coalitions à la camerounaise. Quand on parle de coalition, c’est que vous vous mettez ensemble sur une plateforme de travail sur une offre politique. Et sur la base de cette offre politique, vous vous mettez également d’accord sur la stratégie à adopter. Mais lorsqu’on voit les égos qui habitent les acteurs de la classe politique camerounaise et les replis identitaires, il y a eu une aggravation des replis identitaires en faveur d’un communautarisme qui est de retour comme dans les années 90, on se rend compte que les acteurs politiques de l’opposition ne peuvent pas mutualiser leurs forces et leurs ressources. Autre chose, le parti au pouvoir ne dort pas. Il met aussi tout en œuvre pour ne pas voir cette plateforme se mettre en place dans la mesure où ce sera un élément qui pourrait lui causer un certain nombre de difficultés.

 

Nécrologie : L’Assemblée nationale en deuil

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Vie morose au Palais des verres de Ngoa Ekelle

L’ange de la mort hante l’Assemblée nationale. Les honorables Ali Dougouf Djonkio et Barnabé Eloundou ne prendront pas part à la dernière session parlementaire de l’année 2018. L’élu du Mayo Tsanaga, Extrême nord, est passé de vie à trépas ce 31 octobre 2018. Le septuagénaire, ancien cadre du ministère des Postes et télécommunications (Minpostel), s’est engagé à conquérir l’électorat après avoir pris sa retraite au début des années 2000. L’administrateur civil obtient son premier mandat en 2003. L’ancien maire de Hina, son village natal, aurait eu un malaise, apprend-on.

Ali Dougouf
Barnabé Eloundou

Il quitte la scène quatre jours seulement après un autre député du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc). Barnabé Eloundou a ainsi devancé son collègue dans l’au-delà ce 28 octobre 2018, emporté par un malaise cardiaque. Il a avait été interné au Centre hospitalier universitaire de Yaoundé à cause d’une embolie pulmonaire. Laquelle l’a plongé dans un coma dont il ne s’est plus relevé.

Fécafoot : Et enfin s’annoncent les élections

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Les normalisateurs pressés d'en finir

Après une longue attente, les élections sont annoncées à la Fédération camerounaise de football (Fécafoot). Les statuts et le Code électoral ayant été adoptés le 10 octobre dernier, la suite de la normalisation ne consiste plus qu’à engager le processus électoral qui devra aboutir à l’élection d’un président qui occupera le fauteuil de Me Dieudonné Happi.
Le projet de calendrier annoncé en février dernier prévoit des élections au niveau des ligues départementales et régionales au cours du mois de novembre. L’élection du président de la Fécafoot le 10 décembre 2018. Ce dernier sera installé le 16 décembre, date de la fin du mandat du Comité de normalisation.

En attendant d’engager la phase électorale proprement dite, le Comité de normalisation s’attèle actuellement à rendre publiques les différents documents devant servir l’organisation matérielle. Entre autres, la liste des clubs retenus pour prendre part auxdites élections, le spécimen de la lettre de parrainage, les spécimens de déclaration de candidature aux différents postes,… déjà connus également, les différents rapporteurs des comités électoraux de chaque région.

Mais rien n’est encore certain que la dernière phase du processus sera engagée sans que l’éternel serpent de mer ne réapparaisse. En effet, Abdouraman Hamadou et ses partisans de l’Association des clubs de football amateur du Cameroun (Acfac) n’ont pas attendu l’expiration du délai de deux semaines qu’ils ont donnés au Comité de normalisation pour convoquer une assemblée générale ordinaire. Les contestataires ont déjà déposé un recours auprès de la Chambre de conciliation et d’arbitrage du Comité national olympique et sportif du Cameroun (Cnosc), pour demander l’annulation des textes adoptés le 10 octobre dernier.

Fécafoot : Martin Etonge limogé

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Il dirigera le secrétariat général de la Fécafoot pour les trois derniers mois de la normalisation

Martin Ntom Etonge ne terminera pas son bail intérimaire de secrétaire général de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot). A trois mois de la fin du séjour du Comité de normalisation, le patron de l’administration de la Fécafoot a été mis à l’écart par ses supérieurs. Dans un communiqué rendu public cette nuit du 29 octobre 2018, la Fédération informe l’opinion de ce qu’une résolution du Comité de normalisation prise le 24 octobre dernier signée des cinq membres de l’instance, a « déchargé » l’homme de ses fonctions, le temps des élections. « Cette mesure a été prise à l’entame du processus électoral à la Fécafoot dans le souci de garantir à celui-ci la neutralité et l’impartialité qui sont nécessaires à sa crédibilité et à sa transparence ». Sans détails. Il apparaît donc qu’en maintenant Martin Etonge en poste, la Fécafoot n’aurait pas la garantie d’un processus électoral acceptable.

En lieu et place de l’ancien team manager des Lions indomptables, les normalisateurs ont nommé Benjamin Didier Banlock pour le reste des trois mois qu’ils passeront à la maison du football de Tsinga. Agé de 39 ans, ce dernier est directeur régional de Insat sport Afrique, une structure basée en Russie et qui est spécialisée en analyse statistique et vidéo. L’homme avait déjà été aperçu au Cameroun il y a quelques mois, lorsque le titulaire d’une licence en Science de gestion est venu animer une formation en analyse vidéo, pour le compte de Wyscout dont il est le responsable Afrique. Une structure reconnue pour son expertise dans ce domaine. Le séminaire était organisé par l’Académie nationale de football (Anafoot).

Performances: BGFIBank réalise un total bilan de 3175 milliards

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BGFIBank réalise un total bilan de 3175 milliards.

Au terme du premier semestre 2018, le Groupe BGFIBank présente un total bilan de 3175 milliards de francs CFA, soit une progression de 6 % par rapport au 30 juin 2017 où il se situait à moins de 3000 milliards. C’est ce qui ressort du Conseil d’administration du groupe tenue le 28 septembre dernier à Sao Tomé et Principe sous la présidence de Henri Claude Oyima. Toujours en termes de performance, la banque annonce avoir réalisé un Produit Net Bancaire de 102 milliards de francs CFA en hausse de 4 % par rapport à la même période de l’année précédente, avec un résultat net de 15 milliards (progression de 6 %) en valeur absolue. Et ce n’est pas tout. L’établissement de crédit enregistre également 2261 milliards (+10 %) de dépôts clientèle, une situation nette de 358 (+2 %) et un résultat d’exploitation brut de 39 milliards (+4 %). D’après la BGFIBank, cette embellie enregistrée au cours des six premiers mois de l’année intervient dans un contexte « d’innovation et de transformation de son offre de services », confirmant ainsi « sa solidité financière et la pertinence de sa stratégie de développement ». Puisque l’entreprise qui revendique la première place des banques commerciales de la sous-région de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (Cemac). « Le Groupe BGFIBank démontre une nouvelle fois sa capacité à maintenir un niveau de performance qui va lui permettre de poursuivre sa trajectoire de croissance, continuer d’innover afin de développer l’offre produits au bénéfice de ses clients, accélérer sa transformation pour atteindre les objectifs de son projet d’entreprise ‘Excellence 2020’», fait savoir le président du conseil d’administration de la BGFIBank, Henri Claude Oyima. En rappel, la BGFIbank a placé l’année 2018 sous l’égide du renforcement et de l’accélération des transformations entreprises au cours de l’année 2017. Il s’agit précisément du renforcement de la gouvernance, la mise en conformité de l’ensemble des filiales aux normes réglementaires et prudentielles les plus exigeantes, notamment Bâle II et Bâle III, l’amélioration de la maitrise et de la gestion des risques encourus par le groupe, la consolidation de la sécurité des systèmes d’information et l’action commerciale.

Banques, assurances et microfinance: pourquoi l’inclusion financière est restée faible en 2017

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D’après l’étude de Finscope, sur l’offre et la demande des services financiers au Cameroun, réalisée en 2017, par commande du ministère des Finances, sur une population âgée de 15 ans et plus, 10 % sont bancarisés, 10 % ont souscrit à une assurance et 7 % utilisent les produits des Etablissements de Microfinances (EMF). « L’inclusion financière formelle est faible au Cameroun », conclut cette enquête menée sur un échantillon de 6826 individus, à travers les 10 régions du pays. Et ce d’autant plus que, 48 % de cette tranche de la population utilisent des produits et services formels non bancaires; 36 % utilisent des mécanismes informels et 36 % sont financièrement exclus. « Le crédit formel (3 %) n’est pas couramment utilisé au Cameroun, mais il semble y avoir une préférence pour le crédit informel (11 %). De plus, environ 8 % ont accès au crédit à travers leur famille et leurs amis », rapporte l’étude. S’agissant des EMF, l’enquête révèle que sur les 7 % des utilisateurs des produits des établissements de microfinances, que 58 % sont des hommes et 28 % vivent dans les zones rurales. En ce qui concerne l’assurance, Finscope rapporte que les principaux obstacles à la souscription d’assurance sont liés au manque d’informations (pour les personnes sans assurance). Car 93% n’ont pas entendu parler de l’assurance contre les risques agricoles; 92% ne connaissent pas l’assurance de dommages matériels et 65% ne connaissent pas l’assurance-vie. « L’éducation des consommateurs et l’éducation financière sont de réels enjeux au Cameroun principalement dans le domaine de l’assurance, où la plupart des adultes ne sont pas bien formés », peut-on lire dans le rapport de l’étude.

Investissements: la Magzi crée une zone industrielle à Bamenda

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La Magzi crée une zone industrielle à Bamenda

Ça y est. La ville de Bamenda, chef-lieu de la région du Nord Ouest, a désormais sa zone industrielle. La Mission d’Aménagement et de Gestion des Zones Industrielles (Magzi) vient de boucler les travaux d’aménagement de cette nouvelle zone industrielle, d’une superficie de 44 hectares, à Nkwen. « La zone industrielle de Bamenda Nkwen sera bientôt opérationnelle », rassure le directeur général de la Magzi, Christol Georges Manon tout en invitant les opérateurs économiques, la diaspora et les élites de cette région à s’installer sur ces terres à eux aménagées afin de promouvoir le développement de cette localité. Nonobstant l’insécurité qui règne dans cette région depuis près de deux ans (à cause de la crise anglophone), Christol Georges Manon se réjouit que 5 hectares aient d’ores et déjà été réservés par des opérateurs économiques. Créée sur instruction du président de la République, Paul Biya, la zone industrielle de Bamenda Nkwen représente, selon l’entreprise, une opportunité de développement de la région du Nord Ouest en dépit des menaces des sécessionnistes. Et pour concrétiser ce projet et assurer la sécurité des investisseurs, la Magzi s’est engagée à accompagner les mesures prises par le chef de l’Etat, afin de garantir la paix, la stabilité et l’unité dans cette zone. Notons que la Magzi projette également de créer à court terme de nouvelles zones industrielles dans les régions du Littoral, du Centre et du Sud notamment 400 hectares à YassaDouala, 300 hectares à Dibombari dans le Moungo, 201 hectares à Nomayos, 100 hectares à Meyomessala et 3 000 hectares dans la zone industrialo-portuaire de Kribi. Créée en 1971, la Magzi est chargée de l’aménagement et de la gestion des zones industrielles sur toute l’étendue du territoire en appuyant l’Etat dans la mise en œuvre de sa politique de promotion industrielle. La société d’Etat facilite également l’implantation des industriels dans le pays et contribue au développement du tissu industriel, à la résorption la résorption du chômage, à la gestion de l’espace urbain, péri-urbain et l’environnement au Cameroun.

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