mercredi, mai 20, 2026
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Cameroun : Minkama Capital acquiert Chococam

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Le géant sud-africain de l’agroalimentaire Tiger Brands a conclu un accord pour vendre sa participation majoritaire de 74,69% dans la société camerounaise de confiserie Chococam. L’acquéreur est le groupe d’investissement Minkama Capital qui sera soutenu financièrement par le groupe BGFIBank.

La finalisation de cette transaction est prévue pour le second semestre de l’exercice 2026, selon un communiqué financier de Tiger Brands publié ce mardi.Cette vente concrétise un projet de cession évoqué bien plus tôt cette année. Déjà, dans ses résultats semestriels clos au 31 mars 2025, le groupe coté à Johannesburg avait indiqué qu’il examinait « les meilleures options de valorisation et de sortie » pour Chococam, alors qualifié d’actif non stratégique.

Cette décision s’inscrit dans une vaste stratégie d’« optimisation du portefeuille » visant à recentrer le groupe sur ses activités principales.Cette restructuration a déjà permis à Tiger Brands de générer environ 4,3 milliards de rands (soit près de 141,9 milliards de FCFA) grâce à plusieurs cessions, incluant notamment celles de Langeberg and Ashton Foods et de sa division bien-être bébé.

Alors que la vente était en préparation, les activités de Chococam au Cameroun ont affiché une certaine résilience au premier semestre 2025. Dans son rapport, Tiger Brands a détaillé que si le chiffre d’affaires de la filiale a reculé en raison de l’appréciation du rand sud-africain, sa performance en monnaie locale était positive. »Le recul du chiffre d’affaires de Chococam s’explique uniquement par l’appréciation du rand sud-africain (ZAR), car en monnaie locale, les ventes ont progressé de 1,1 % en volume et de 2,6 % en valeur par rapport à l’année précédente, portées par les segments gommes, confiseries et boissons », a souligné le groupe.

L’entreprise a également fait face à des « difficultés opérationnelles, notamment la hausse du coût du cacao ». Malgré cette pression sur les coûts, les efforts de maîtrise des charges ont permis « une amélioration de 1,1 % du résultat opérationnel local ». Pour le second semestre, Tiger Brands a indiqué que Chococam poursuivrait « les initiatives de gestion des coûts » dans un contexte où le Cameroun devrait faire face aux aléas liés à la présidentielle .

Cette cession s’accompagne de bonnes performances pour les activités que Tiger Brands a choisi de conserver. Le groupe a annoncé prévoir une hausse de son bénéfice par action (HEPS) compris entre 25% et 30% pour ses activités poursuivies. Il attribue ces résultats à « la croissance de son chiffre d’affaires de base » et à des « initiatives d’efficacité », comme une politique tarifaire optimisée, qui ont permis « d’atteindre une marge opérationnelle à deux chiffres ».Une « croissance des volumes est attendue dans la plupart des divisions », a précisé le communiqué.

Sur le marché, cette annonce a été bien accueillie. L’action de Tiger Brands a progressé de 2,98 % à la Bourse de Johannesburg.

Fitch maintient la note « B » du Cameroun et met en garde contre les interventions de la SNH et les risques politiques

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Selon Fitch, la notation du Cameroun repose sur une croissance économique résiliente et un calendrier de dette gérable, ainsi que sur des projections selon lesquelles la dette modérée pourrait être soutenue par la mobilisation des recettes non pétrolières et le contrôle des dépenses. Toutefois, l’agence pointe des faiblesses structurelles, notamment un faible PIB par habitant, des indicateurs de gouvernance limités et une instabilité sécuritaire récurrente dans certaines régions du pays.

Fitch attire particulièrement l’attention sur les interventions directes de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), qui représentent 0,7 % du PIB en 2024 et devraient rester élevées en 2025. L’agence note que « le contrôle des engagements et de la trésorerie s’est légèrement amélioré en 2025, l’utilisation des “chapitres communs” (dépenses non allouées) passant de 18 % des dépenses totales à 10 % dans le budget 2025 et avec une réduction nette des arriérés au premier semestre 2025 ». Les autorités se sont engagées à mettre fin à ces pratiques à partir de 2026, mais Fitch juge que « la mise en œuvre sera difficile ».

Le risque politique demeure également un facteur clé de la notation. L’agence estime que la continuité politique et stratégique à court terme est probable suite à la réélection du président Paul Biya, âgé de 92 ans, avec 53,7 % des voix à l’élection présidentielle d’octobre 2025. Fitch souligne cependant que « la transition ultérieure du pouvoir politique comporte des risques significatifs, étant donné l’absence de plan de succession ainsi que les divisions et rivalités politiques au sein du parti au pouvoir ; une instabilité accrue dans les régions anglophones et de nouvelles incursions d’insurgés islamistes dans l’Extrême-Nord sont possibles ».

La gestion des finances publiques (GFP) reste un point faible. Fitch note que le Cameroun a connu des retards dans le service de sa dette extérieure, y compris envers un créancier commercial en mars 2024, et que « les retards dans les remboursements de la dette non commerciale extérieure ont persisté en 2025, mais les remboursements commerciaux ont été honorés à temps ». L’agence indique également que les arriérés intérieurs, qui avaient fortement augmenté en 2024 pour atteindre 536 milliards de XAF (1,6 % du PIB), ont été réduits à 388 milliards de XAF en juin 2025, et devraient se stabiliser autour de 400 milliards de XAF (1,1 % du PIB) à la fin de l’année.

Fitch prévoit un déficit budgétaire modéré pour le Cameroun, autour de 1,7 % du PIB en 2025, avant de revenir à 1,4 % du PIB jusqu’en 2027, inférieur à la médiane de la catégorie « B » (3,3 % du PIB). Les besoins de financement du pays devraient être couverts par un fort soutien des créanciers officiels, étayé par un potentiel nouveau programme du FMI en 2026, ainsi que par une éventuelle émission d’Euro-obligation** pour compléter le financement.

En résumé, Fitch maintient la note du Cameroun à « B » en raison d’une croissance économique soutenue et d’un service de la dette gérable à court terme, mais alerte sur la gouvernance financière, l’accumulation des interventions directes de la SNH et les risques liés à une transition politique incertaine.

GUCE-CNCC : ensemble, pour une coopération stratégique renforcée

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C’est un protocole d’accord qui vient formaliser une coopération stratégique entre deux facilitateurs majeurs du commerce extérieur au Cameroun. Le Guichet unique des opérations du commerce extérieur (GUCE) et le Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC) ont en effet, procédé, le 6 novembre 2025 à Douala, à la signature officielle d’un protocole de collaboration et d’échange d’informations. Cette cérémonie, présidée conjointement par Isidore Biyiha, le Directeur général du GUCE, et Auguste Mbappé Penda, le Directeur général du CNCC, a mis en lumière la volonté commune de renforcer la coordination entre ces deux acteurs clés du commerce extérieur camerounais. Chacun, dans son domaine, jouant un rôle central dans la facilitation des échanges et la modernisation des procédures commerciales.

Fluidifier la chaîne logistique

Après leurs allocutions respectives, les deux directeurs généraux ont procédé à la signature de l’accord, scellant ainsi une collaboration porteuse d’avenir pour le commerce au Cameroun et au-delà. En unissant leurs efforts, le GUCE et le CNCC réaffirment leur engagement à fluidifier la chaîne logistique, renforcer la transparence et accroître la compétitivité du commerce camerounais dans la sous-région d’Afrique centrale. Ce protocole formalise ainsi une coopération stratégique entre deux facilitateurs majeurs, au service d’un commerce extérieur plus intégré, plus moderne et plus performant.

Si le CNCC continue de moderniser ses services avec la gestion du Bordereau électronique de suivi des cargaisons (BESC) et son nouveau statut d’entreprise publique, qui lui confère une plus grande flexibilité dans la mise en œuvre de solutions adaptées aux besoins des chargeurs. Le GUCE, pour sa part, à travers le déploiement de sa nouvelle plateforme eGUCE 3G, poursuit sa mission de dématérialisation et de simplification des formalités du commerce extérieur, au bénéfice des opérateurs économiques et des administrations partenaires.

Un eGUCE 3G pour plus de sécurité

En rappel, le GUCE de 3ème génération, en vigueur depuis le 1er trimestre 2025, devrait renforcer les mesures de sécurité, avec utilisation de nouveaux protocoles sécurisés et de l’authentification moderne (PKI). Son interface utilisateur devrait être moderne, réactif, adaptable aux dispositifs mobiles et personnalisables. Il devrait avoir une intégration poussée de BI et Big Data pour des analyses avancées et des décisions éclairées, une conception scalable, permettant une gestion efficace des augmentations de charge. Il pourrait tout aussi fonctionner en mode offline, avec possibilité de travailler hors connexion avec synchronisation à la reprise de la connexion. Enfin, ce GUCE de 3ème génération devrait aussi avoir un module de certification des données pour plus de sécurité. L’objectif global étant de faciliter davantage les opérations du commerce extérieur et mieux sécuriser les recettes de l’Etat.

Approvisionnement des marchés : nette amélioration de la disponibilité des produits de grande consommation

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Les marchés camerounais demeurent donc convenablement approvisionnés en produits de grande consommation. Les données recueillies sur le terrain attestent d’une nette amélioration de la disponibilité des produits de grande consommation, signe que les mesures diligentées par le gouvernement portent leurs fruits. Les alertes qui avaient été lancées par certains opérateurs économiques sur la non-disponibilité de quelques denrées spécifiques appartiennent progressivement au passé. Les circuits d’approvisionnement, momentanément perturbés, reprennent leur rythme normal.

Cette évolution positive se traduit même par une baisse significative des prix de certains produits de grande consommation, au rang desquels, le riz, de façon spécifique, tandis que d’autres enregistrent une stabilité appréciable selon les localités. Une tendance qui soulage les ménages camerounais, longtemps préoccupés par les incertitudes du marché.

Retour progressif des approvisionnements de la viande de bœuf

La filière bovine, qui connaissait des difficultés d’approvisionnement dans plusieurs zones du pays en raison du contexte socio-politique, voit enfin la situation s’améliorer. Si la rareté observée, ces dernières semaines, avait entraîné une hausse préoccupante des prix dans certains marchés, un retour progressif des approvisionnements, notamment par voie ferroviaire, est effectif. Les premières livraisons ont déjà atteint plusieurs centres de distribution, et le gouvernement prévoit un retour complet à la normale dans les prochains jours.

Sur le front du gaz domestique, produit important pour les ménages camerounais, la situation est totalement maîtrisée. Contrairement aux rumeurs alarmistes qui avaient circulé, le ministère du Commerce confirme la disponibilité effective du produit dans les points de vente habituels à travers le pays. Les services compétents veillent au grain, en assurant une distribution régulière, et en rappelant fermement aux opérateurs la nécessité de respecter scrupuleusement les prix homologués et les circuits de distribution agréés.

Aucune pénurie n’est à déplorer

L’un des indicateurs les plus révélateurs du retour à la normale reste incontestablement la stabilité des prix observée sur l’ensemble du territoire national. Les relevés effectués par les agents du ministère du Commerce le confirment : les tensions spéculatives s’estompent à mesure que les approvisionnements se normalisent. Cette stabilisation des prix, rendue possible par la reprise effective et continue des livraisons sur les différents marchés, constitue un véritable soulagement pour les populations. Elle démontre également l’efficacité des actions menées par le gouvernement pour sécuriser les circuits d’approvisionnement et réguler le marché.

Le Mincommerce veille

Si la situation s’améliore nettement, le ministère du Commerce, informe-t-on, n’entend pas pour autant relâcher sa vigilance. La surveillance des marchés se poursuit avec la même intensité. L’objectif : consolider les acquis et prévenir tout risque de résurgence des tensions. Les opérateurs économiques sont prévenus : toute majoration illicite des prix ou pratique spéculative sera sanctionnée sans complaisance, conformément à la réglementation en vigueur, prévient-on. Les équipes de contrôle restent déployées sur l’ensemble du territoire pour garantir la fluidité des approvisionnements et la transparence des pratiques commerciales.

Bauxite de Minim Martap : Afriland attend le feu vert des régulateurs pour investir dans le projet

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L’avancée du projet de bauxite de Minim Martap, dans la région de l’Adamaoua, dépend désormais de décisions institutionnelles. La société australienne Canyon Resources, qui pilote le projet, attend les validations finales pour acter l’entrée dans son capital du groupe financier camerounais Afriland, une pièce maîtresse du plan de financement.

Selon un communiqué de l’entreprise daté du 7 novembre 2025, cette opération est soumise à plusieurs avals. « La tranche Afriland nécessite l’approbation de la Banque des États de l’Afrique Centrale (Beac), la banque centrale de la CEMAC, de la Commission de Surveillance du marché financier de l’Afrique Centrale (Cosumaf), le régulateur du marché pour la CEMAC, et du gouvernement camerounais », a précisé Canyon. Ces approbations sont décrites comme étant « toujours en cours». Cet investissement s’inscrit dans une levée de fonds plus importante, annoncée fin septembre 2025, et destinée à accélérer le développement du gisement. Le montant total s’élève à 215 millions de dollars australiens (environ 85,3 milliards de FCFA). Il combine un placement en deux tranches et l’exercice d’options par le principal actionnaire, Eagle Eye Assets (EEA), qui détient 56,5% du capital.

 La première tranche, d’un montant de 36 millions de dollars australiens, est déjà finalisée. C’est la seconde tranche, d’un montant de 170 millions de dollars australiens, qui est en attente de validation. Elle est subdivisée en deux opérations distinctes. 100 millions apportés par EEA et jusqu’à 70 millions par Afriland Bourse & Investissement, une filiale du groupe Afriland First Bank. Si l’opération est menée à son terme, Afriland deviendrait un actionnaire de référence avec 10,1% du capital de Canyon. « La deuxième tranche de la levée de capitaux, comprenant un placement de 100 millions de dollars australiens auprès d’EEA et un placement de 70 millions de dollars australiens auprès d’investisseurs de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) entrepris par Afriland Bourse & Investissement, reste soumise à l’approbation des actionnaires.

En outre, la tranche Afriland nécessite l’approbation de la Banque des États de l’Afrique Centrale, la banque centrale de la CEMAC, de la Commission de Surveillance du marché financier de l’Afrique Centrale, le régulateur du marché pour la CEMAC, et du gouvernement camerounais, qui est toujours en cours », peut-on lire dans le communiqué publié par Canyon Resources. L’assemblée générale des actionnaires de Canyon, prévue le 25 novembre 2025, doit elle aussi se prononcer sur cette transaction. Le principal partenaire financier, Eagle Eye Assets, a réaffirmé son soutien. « Nous nous réjouissons de maintenir notre solide partenariat avec Canyon alors qu’il continue d’avancer sur les jalons clés du projet à court terme et de finaliser la prochaine phase de financement par capitaux propres de 100 millions de dollars australiens dans le cadre de la Tranche 2», a déclaré EEA.

Malgré des retards mineurs signalés sur certains travaux de construction, Canyon Resources se veut rassurante sur le calendrier global. Le PDG, Peter Secker, a affirmé que la société était sur la bonne voie pour respecter ses échéances. « Canyon est bien financée suite aux récentes levées de capitaux, qui nous ont permis de sécuriser l’engagement d’articles clés à long délai d’obtention tels que les locomotives et les wagons, qui seront livrés à temps au premier trimestre 2026 », a-t-il assuré. Les locomotives, commandées au chinois CRRC Ziyang, sont effectivement en cours de fabrication et leur livraison est prévue pour le premier trimestre 2026, tout comme celle des wagons de marchandises. Ces livraisons sont cruciales pour respecter l’objectif de première expédition de minerai au deuxième trimestre 2026.

Le projet Minim Martap bénéficie également d’un financement par la dette, avec une facilité d’environ 140 millions de dollars obtenue auprès de la Banque AFG Cameroun. Canyon Resources affirme que le projet est « entièrement financé jusqu’à la production de Phase 1». La poursuite des travaux sur le terrain intervient dans un contexte national marqué par des tensions politiques suite à la réélection contestée du président Paul Biya. Cependant, la société minière indique que ses activités n’ont pas été significativement perturbées. EEA a corroboré ce point en déclarant : « Suite à la récente élection présidentielle au Cameroun, les travaux sur le projet Minim Martap de la société se sont poursuivis sans perturbations significatives ».

Ainsi, l’horizon de Canyon Resources pour son projet camerounais semble désormais tributaire des décisions des institutions financières et gouvernementales. L’obtention des accords de la Beac, de la Cosumaf et de l’État camerounais est le dernier verrou à faire sauter pour finaliser l’arrivée d’Afriland au capital et débloquer l’intégralité des fonds nécessaires à la concrétisation de ce projet minier d’envergure.

Les produits agricoles transformés gonflent les importations au 2e trimestre 2025

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Xuất khẩu gạo của Việt Nam đạt kỷ lục về sản lượng và giá trị xuất khẩu

Comparée au deuxième trimestre de 2024, la progression du PIB est essentiellement portée par la consommation finale, en hausse de 4,9 %, soutenue à la fois par les ménages et les administrations publiques. La demande globale en biens d’investissement progresse de 11,6 %, reflet d’un regain d’activité du secteur privé dont les investissements augmentent de 16,8 %, alors que les investissements publics reculent de 9,7 %. Mais cette croissance interne se heurte à une dégradation marquée du commerce extérieur.

Le solde commercial, qui mesure la différence entre les exportations et les importations, s’est nettement détérioré. Les exportations totales de biens et services chutent de 23,3 % par rapport à l’an dernier, tandis que les importations augmentent de 12,1 %, accentuant le déficit de la balance commerciale. Sur une base trimestrielle, la tendance est encore plus prononcée. Les importations globales enregistrent une hausse de 16,7 % par rapport au premier trimestre 2025, portée par une explosion des biens importés (+24,2 %) alors que les services diminuent de 19,9 %.

Cette hausse spectaculaire des importations de biens traduit la vigueur de la demande nationale, aussi bien de consommation que de production. Selon l’INS, elle touche presque toutes les catégories de produits importés. Les plus fortes progressions concernent les produits issus de la transformation agricole (+70,2 %), suivis des boissons (+63,6 %), du textile (+27,6 %), des industries chimiques (+27,4 %) et de la fabrication de meubles (+24,8 %).

Autrement dit, les entreprises locales et les consommateurs sollicitent davantage de produits finis ou semi-finis importés, notamment dans les segments agroalimentaire et manufacturier. Cette évolution peut refléter à la fois la hausse de la demande interne, la dépendance structurelle du pays vis-à-vis des importations et les limites de la production nationale à satisfaire les besoins du marché.

En comparaison avec le même trimestre de 2024, les importations globales progressent de 12,1 %, tirées par les biens (+14,8 %) alors que les services reculent de 7,3 %. Seuls les produits de base issus des « travaux de grains », notamment les céréales, enregistrent une baisse de 9,9 %. Tous les autres groupes de produits importés sont en hausse.

 À l’inverse, les exportations globales reculent fortement. Par rapport au trimestre précédent, elles diminuent de 22,1 %, sous l’effet d’une baisse de 22,6 % des exportations de biens et de 17,6 % des services.

Cette contreperformance est liée à la chute des ventes extérieures de pétrole brut, de bois en grumes et de plusieurs produits agricoles d’exportation tels que le cacao en fèves, le coton et le caoutchouc.

 Quelques produits parviennent toutefois à limiter la baisse générale : les exportations de bois scié et certains produits transformés issus de l’agriculture progressent, traduisant un léger redéploiement vers la transformation locale.

Mais la tendance globale demeure négative, avec une baisse annuelle de 24,2 % pour les biens et de 19,0 % pour les services. Cette combinaison — forte hausse des importations et chute des exportations — aggrave le déficit du commerce extérieur, qui atteint 6,8 % du PIB au deuxième trimestre. En d’autres termes, le Cameroun importe beaucoup plus qu’il n’exporte, et cette différence pèse sur ses équilibres macroéconomiques.

Pour l’INS, la dynamique observée illustre à la fois la vitalité de la demande intérieure et les déséquilibres structurels du commerce extérieur camerounais. Elle souligne la nécessité d’un renforcement de la production locale, notamment dans les filières agricoles et industrielles, afin de réduire la dépendance aux importations et de restaurer la compétitivité des exportations nationales.

Le Cameroun et la FAO digitalisent la protection de la faune sauvage

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29 June 2021, Doume Village, close to Lastoursville, Gabon - Two fishermen empty their nets of fish after laying them out the night before. Fishing is a vital alternative to bushmeat and it is important that overfishing does not occur. Gabon has a small population and a large land mass so it is well positioned for sustainable consumption. On this occasion, a water snake was also caught in the net and will be consumed. This village survives on fishing and bushmeat. Gabon has a sustainable bushmeat culture, largely because of its small population and large protected habitats.

Fruit d’une collaboration entre le ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) et la FAO, le Legal Hub a été développé dans le cadre du Programme de gestion durable de la faune sauvage (SWM Programme). Cette initiative vise à centraliser les textes juridiques relatifs à la protection de la biodiversité et à fournir un outil de travail aux institutions publiques, aux chercheurs et aux acteurs impliqués dans la gouvernance environnementale.

 Selon les explications fournies lors de l’atelier de lancement, la plateforme s’inscrit dans le contexte d’une exploitation accrue des ressources fauniques et forestières, souvent marquée par le braconnage et d’autres formes de criminalité environnementale. Elle doit contribuer à améliorer la cohérence du cadre juridique national, en facilitant l’accès à la documentation légale et en soutenant les réformes engagées depuis la promulgation de la loi N°2024/008 du 24 juillet 2024 sur les forêts et la faune.

Cette loi, adoptée pour actualiser la réglementation en vigueur depuis plusieurs décennies, met l’accent sur la préservation des écosystèmes, la lutte contre l’exploitation illégale et la prise en compte des droits coutumiers des communautés locales. Le Legal Hub complète ce dispositif en offrant une base de données interactive et en permettant la mise à jour continue des analyses juridiques menées dans le cadre du SWM Programme. Pour Dr Antonio Luís Querido, représentant de la FAO au Cameroun, « il s’agit d’un outil stratégique pour la justice environnementale, une réponse aux défis de durabilité et de résilience, et une approche collaborative et inclusive ».

Concrètement, la plateforme permettra aux utilisateurs — administrations, chercheurs, étudiants, organisations de la société civile et secteur privé — d’accéder à des informations sur les textes en vigueur, les projets de réforme et les cadres régionaux applicables à la gestion de la faune. Elle facilitera également la formation des acteurs et la diffusion des bonnes pratiques juridiques. Le Secrétaire général du MINFOF, Joseph Nyongwen, a souligné que « le Legal Hub symbolise une volonté politique affirmée de renforcer l’État de droit dans le secteur de la faune et des forêts, de lutter contre l’exploitation illégale des ressources naturelles, et de promouvoir la justice environnementale et sociale ».

La gestion durable de la faune sauvage constitue un enjeu majeur pour les communautés rurales, dont la sécurité alimentaire et les revenus dépendent en partie des ressources naturelles. Le braconnage, la déforestation et les migrations liées à la pression foncière fragilisent ces équilibres, exposant les populations à une raréfaction des ressources et à une perte d’identité culturelle. L’atelier de Yaoundé a permis de présenter les résultats des analyses juridiques menées depuis 2024, d’établir un état des lieux des normes en vigueur, et de définir une feuille de route pour accompagner les futures réformes. Des modules de formation adaptés à différents publics seront également développés pour renforcer les capacités nationales.

Le Legal Hub s’inscrit dans le prolongement du Programme SWM, initiative internationale visant à améliorer la conservation et l’utilisation durable de la faune sauvage dans les forêts, savanes et zones humides. Financé par l’Union européenne, et cofinancé par le Fonds français pour l’environnement mondial et l’Agence française de développement, ce programme est mis en œuvre dans 16 pays par un consortium réunissant la FAO, le CIFOR-ICRAF, le CIRAD et la Wildlife Conservation Society (WCS).

Au Cameroun, les activités sont coordonnées par le CIFOR-ICRAF. L’approche retenue vise à faire de la législation un instrument de conciliation entre préservation de la biodiversité, résilience communautaire et santé publique, en réponse aux défis posés par la consommation de la faune sauvage et les risques sanitaires qui en découlent. Par cette initiative, le Cameroun renforce son dispositif juridique en matière de conservation et de gouvernance environnementale, tout en plaçant le droit au cœur de la lutte contre la criminalité liée à la faune et aux forêts.

Un plan triennal 2024-2026 pour relancer la filière huile de palme

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La filière huile de palme au Cameroun connait de nombreuses difficultés, notamment, notamment pour ce qui est de la production nationale. Laquelle connait un déficit structurel, avec pour corollaire, la demande dépassant largement la production locale, entraînant des importations massives qui ont été multipliées par près de 10 entre 2017 et 2023.

L’on note également, un vieillissement des palmeraies, avec de nombreuses d’entre elles qui sont âgées et produisent moins, tandis que la croissance des nouvelles plantations peine à satisfaire la demande croissante.

A cela vient s’ajouter l’insécurité, avec la crise sociopolitique dans les régions anglophones qui a entraîné l’abandon de plantations, augmentant les coûts de production et perturbant la filière, comme en témoignent les difficultés des entreprises publiques comme la CDC.

5000 HECTARES DE PLANTATIONS À RÉGÉNÉRER PAR AN

 Face à cette situation, le gouvernement camerounais a mis sur pied un plan triennal de relance, pour la période 2024-2026. Ce plan triennal a pour objectif de renforcer la souveraineté dans la filière en augmentant la production locale, et en soutenant la production de semences.

Ce plan intègre aussi la sécurisation de la filière, la création déjà effective d’une interprofession de palmier à huile (Interpalm-Cam), pour mieux structurer le secteur et améliorer le contrôle de la production et de la qualité. Egalement, ce plan triennal s’accompagne des mesures de soutien à la production, notamment la régénération par an de 5000 hectares de plantations et le renforcement des unités de raffinage. Doté d’une allocation financière de 21,7 milliards de FCFA, ce plan triennal de relance de la filière huile de palme, piloté par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, soutient les principales agro-industries du secteur, CDC, Socapalm et Pamol, dans la modernisation des unités de transformation et l’amélioration des rendements agricoles. Avec une quinzaine d’unités de raffinage en activité ou en construction, le Cameroun ambitionne désormais de renforcer sa souveraineté dans la filière.

Toutefois, sans une stratégie d’approvisionnement agricole intégrée et durable, le pays restera exposé à la volatilité du marché international et aux fluctuations des importations.

SEULEMENT 68 719 TONNES IMPORTÉES EN 2024

C’est sans nul doute l’effet conjugué de la création de l’interprofession Interpalm-Cam et la volonté du gouvernement de réduire la dépendance extérieure : les importations d’huile de palme au Cameroun ont chuté de 56 %, à 68 719 tonnes en 2024, leur plus bas niveau depuis 2021.

 L’interprofession Interpalm-Cam, faut-il le rappeler, vise à mutualiser les efforts des acteurs du secteur pour accroître la production nationale, améliorer la qualité et satisfaire la demande locale.

 Quant aux perspectives de la filière huile de palme, elles sont positives, indique-ton, avec l’engagement du secteur privé, notamment avec la création de l’organisation Interpalm-Cam en décembre 2023, et une hausse des prix du marché qui devraient contribuer à améliorer la situation à moyen et longs termes.

PAR Blaise NNANG

L’État garantit des prêts de 27 milliards FCFA de la BDEAC à trois entreprises privées

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Le Cameroun a mis en jeu sa signature pour soutenir le secteur privé. Selon la note de conjoncture sur la dette publique à fin septembre 2025 publiée par la Caisse autonome d’amortissement (CAA), l’État a accordé sa garantie souveraine à hauteur de 50 % sur trois prêts consentis le 19 août 2025 par la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC), pour un montant total de 26,9 milliards FCFA.

Les entreprises concernées sont LP Industrie SA, bénéficiaire de 8,9 milliards FCFA, Groupe Sohaing SAS (15 milliards) et CAMAS SA (3 milliards). Ces prêts, souligne la CAA, « viendront en augmentation de l’encours de la dette avalisée par l’Administration centrale », au fur et à mesure de la mise en œuvre des projets.

Bien que la note ne fasse pas explicitement le lien, cette opération pourrait être rattachée au fonds de garantie souveraine de 200 milliards FCFA, mis sur pied par le gouvernement pour améliorer l’accès des entreprises au crédit bancaire. Ce dispositif, reconduit en 2024, repose sur un partage du risque entre l’État et les institutions financières partenaires.

Selon le rapport sur l’économie camerounaise publié par la Direction de l’Économie du ministère de l’Économie, 85 % des ressources du fonds (soit 170 milliards FCFA) sont destinées au secteur bancaire, à travers 14 partenaires, et 15 % (30 milliards FCFA) aux établissements de microfinance. En 2024, la BDEAC avait d’ailleurs été la seule institution financière à octroyer des crédits sous cette couverture publique.

Les projets soutenus couvrent la construction du complexe Akwa City Plaza à Douala par la Société Immobilière du Groupe Sohaing (SIGS SAS) (15 milliards FCFA), la création d’une usine de fer à béton par LP Industrie SA (8,95 milliards) et l’extension des bases logistiques de CAMAS SA à Douala, Kribi et Ngaoundéré (3 milliards). 

En publiant cette note, la CAA met en évidence la montée progressive des engagements conditionnels de l’État, c’est-à-dire des dettes garanties mais non encore comptabilisées. Ces opérations, bien qu’indirectes, constituent un risque potentiel pour la soutenabilité budgétaire en cas de défaillance des bénéficiaires.

Huile de palme : une production déficitaire, malgré les plans de relance

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La filière huile de palme au Cameroun reste donc toujours en crise. Ce, malgré une embellie notée dans la production nationale en 2025. En effet, selon la note de conjoncture économique du ministère des Finances, la production nationale d’huile de palme brute au Cameroun a connu une forte hausse au premier trimestre 2025, atteignant 77 630 tonnes.

Cette progression, précise-t-ion, portée par la grande campagne de récolte, représente près du triple du volume enregistré au trimestre précédent. Mais en glissement annuel, la production recule toutefois de 10,6 %, et les projections tablent sur une baisse de 2 % à la fin de l’année. Globalement donc, la production nationale d’huile de palme brute reste marquée par un structurel de 160 000 tonnes.

Alors que la demande des agro-industries de transformation de ce secteur culmine à plus million de tonnes par an, le pays reste dépendant des importations, estimées à 500 000 tonnes par an pour satisfaire la demande locale. En 2024 par exemple, le Cameroun a produit 446 984 tonnes d’huile de palme brute, selon les chiffres donnés devant la Représentation nationale par le Premier ministre, Joseph Dion Ngute.

Mais, cette production nationale était largement inférieure aux besoins du marché, confronté à un déficit structurel de plus de 500 000 tonnes par an, d’après l’Association des raffineurs des oléagineux du Cameroun (Asroc). Ce déséquilibre structurel pousse le pays à recourir massivement aux importations. Entre 2017 et 2023, le Cameroun a importé 409 000 tonnes, pour une valeur totale de 280,4 milliards de FCFA, selon l’Institut national de la statistique (INS).

IMPACT DE LA CRISE SÉCURITAIRE DANS LES RÉGIONS ANGLOPHONES

 Selon une analyse du secteur faite en 2022 par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), en plus des palmeraies des exploitants du palmier à huile qui sont déjà d’un certain âge, et qui par conséquent, produisent des rendements faibles, la crise sociopolitique qui secoue les régions anglophones du Cameroun depuis fin 2016 a contribué à renchérir les coûts de production dans cette partie du pays.

En effet, la région du Sud-Ouest, l’une des deux en crise en ce moment, abrite les installations de la CDC et de Pamol Plantations. Présentées comme les deux principales victimes de la crise dite anglophone au Cameroun, ces deux entreprises publiques ont dû abandonner leurs plantations ces dernières années, à cause de l’insécurité installée par les militants séparatistes.

Malgré la réhabilitation en cours de ces plantations de palmiers à huile, les activités de production dans ces deux unités agro-industrielles tournent toujours eu ralenti, en raison d’énormes difficultés financières auxquelles elles font face. Néanmoins, soulignait le document de la banque centrale, la baisse de production annoncée au Cameroun à fin mars 2022 devait être atténuée par l’entrée en production de jeunes plantations chez d’autres opérateurs de la filière palmiers à huile.

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