lundi, juin 1, 2026
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Les Lions indomptables : Vers le recrutement d’entraîneurs nationaux ?

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Ot-ils une place sur le banc de touches des Lions indomptablles seniors?

L’équipe nationale fanion de football du Cameroun cherche de nouveau un entraîneur. Après avoir limogé mardi, Clarence Seedorf et Patrick Kluivert suite à l’élimination prématurée des Lions Indomptables aux huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) qui s’achève ce 19 juillet en Egypte, la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) doit à présent trouver des successeurs aux deux anciens internationaux néerlandais. De quoi remettre sur la table l’éternel débat sur la « nationalisation » du poste d’entraîneur-sélectionneur de l’équipe championne d’Afrique 2017. Alors que nombre de commentateurs et de fans soutiennent – comme à chaque fois que le Cameroun se sépare de ses entraîneurs étrangers – qu’il est judicieux de confier la sélection nationale à des techniciens nationaux, en face, il y a ceux qui estiment que les entraîneurs locaux ne sont pas suffisamment « prêts » pour assumer librement cette fonction et garantir des victoires à la nation vert-rouge-jaune. Mais pourquoi ?

Le diplôme c’est bien, l’expérience c’est mieux

C’est un principe. Pour entraîner une équipe nationale senior, il faut le mériter. Au Cameroun, quelques techniciens peuvent se targuer de remplir ce critère important. Sans doute parce que, dit-on, « ils ont les mêmes diplômes que les entraîneurs étrangers ». Cependant, le diplôme seul ne suffit pas. Il faut la compétence et le palmarès. Et sur ces deux points, les techniciens locaux n’ont pas beaucoup d’arguments à faire valoir. Bien sûr, l’histoire des Lions Indomptables s’est écrite avec des entraîneurs comme Jules Nyongha, François Omam Biyik, Jean Manga Onguéné, Alexandre Bélinga, Raymond Fobété et le plus célèbre, Jean Paul Akono, vainqueur des Jeux Olympiques de Sidney 2000. Mais depuis, on n’a pas beaucoup entendu parler d’eux. Que ce soit à la tête de clubs locaux ou de sélections nationales inférieures, rares sont ceux qui, comme Thomas Libiih, vainqueur de la CAN des moins de 17 ans cette année, peuvent brandir leurs CV. Même si cela ne fait pas le poids face à des entraîneurs expatriés qui accumulent des dizaines d’années d’expérience à la tête de grandes nations africaines comme Hervé Renard, Claude Le Roy, Michel Dussuyer, Alain Giresse, Gernot Rohr etc.

Désintérêt ou peur d’échouer ?

Certes, recruter un entraîneur national a ses avantages : il connait l’environnement camerounais et ne coûte pas cher. Mais cela peut également s’avérer être un inconvénient. « Avoir un entraîneur local est une bonne idée, argue sous cap, un entraîneur camerounais. Mais en plus du problème lié au niveau, il y a celui du salaire. Face à des joueurs qui touchent des fortunes en Europe, on s’expose à un problème d’autorité. Pour gérer des multimillionnaires et autres milliardaires, il faut être ne serait-ce que modestement à leur dimension. Sinon, ils vont vous marcher dessus. Il y aura une indiscipline caractérisée parce que le sélectionneur local n’aura ni la poigne, ni la rigueur nécessaire pour contenir les caprices de ces stars ». Mais encore, pour entraîner une sélection nationale senior, il faut de l’expérience. Beaucoup d’expérience. Et autant dire que dans l’environnement camerounais actuel, ce n’est pas ce qu’il manque le moins.

Du coup, il est assez difficile de peindre le portrait-robot de l’entraîneur local idéal. Ce technicien qui doit être seul maître de ses choix de joueurs, capable de s’affirmer face aux manipulateurs, un entraîneur charismatique qui peut dire « non » à la corruption et aux pressions de sa hiérarchie. Un technicien expérimenté qui a une bonne maîtrise du management… Une véritable perle. Seul bémol, les anciens grands joueurs camerounais ne semblent pas tentés par la fonction. Si certains se tournent facilement vers le métier de consultant comme Patrick Mboma, d’autres préfèrent être spectateurs et de temps en temps… donneurs de leçons. « C’est plus facile d’être devant son poste de télévision et de critiquer, explique Michel Tadoun, un ancien footballeur. Entraîner, c’est un métier extrêmement difficile. Il y a une pression énorme : de la part des dirigeants, du public, des supporters, des joueurs, des médias. C’est un super boulot, mais il y a un risque. Et les grands joueurs ne veulent pas toujours abîmer leur image ». Faut-il alors nationaliser le staff technique des Lions Indomptables juste pour le plaisir de nationaliser ? Ou ce serait juste pour imiter le Sénégal d’Aliou Cissé ou l’Algérie de Djamel Belmadi ? Quels entraîneurs locaux faut-il recruter et pour quel projet ? Le débat est ouvert.

Par Arthur Wandji

Christian Bekala : le génie du ballon rond

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Sa passion pour le football l’a conduit à un métier : fabriquant de ballon de foot à la main. C’est alors que Florent Christian Bekala a créé sa marque sportive « Bekala Sport ». Son secret : la confiance en soi. « Si je n’avais pas pris confiance, je n’aurais jamais pensé à créer une marque sportive « Bekala Sport ». Parce que ma confiance, c’est la base de mon bonheur actuel. Foi, volonté, courage », écrit-il sur sa page facebook. Sans machine, ce ressortissant de la région de l’Est plus précisément de Batouri confectionne des ballons made in cameroon à la main en quelques heures. « Notre force reste la couture main c’est plus durable que la couture machine ou des ballons hybrides à collage thermique […] C’est un don, une passion », s’en orgueillit-il.

Avec plus d’une dizaine d’années d’expérience, « le génie Bekala » a commencé la fabrication de ballon par de vieilles coques de ballons « Tango » mais après s’être rendu compte que « c’était de la tricherie » et qu’il pouvait innover, il fabrique son premier ballon à base de peau de mouton, de sacs en cuir et de sky en 2008. Malgré le bon poids et la bonne circonférence de ses ballons, ils n’ont pas le rebondissement normal du ballon. « Aujourd’hui, je travaille avec des partenaires de l’extérieur à qui je donnes des réalités, des caractéristiques des différentes surfaces et stades où l’on joue puis ils me fournissent la matière première haut de gamme qui sera adoptée à nos problèmes de sol. Donc tout est testé à la base et équilibré », racontet- il. Grâce à un financement du ministère de la Jeunesse et de l’Education civique à travers le projet Programme d’Insertion de la Fabrication du Matériel Sportif ( Pifmas) en 2015, le jeune entrepreneur a approfondi ses recherches et étendu son empire. Il pouvait ainsi fabriquer deux ballons par jour. La même année, il est recruté comme formateur des jeunes dans le Grand Nord et le Nord-Ouest. En 2015, Christian Bekala est retenu pour le renforcement des capacités dans reconnaissance de la matière première haut de gamme concernant le ballon. Il y en sortira expert formateur en fabrication des ballons cousus main. Aujourd’hui, le « génie Bekala » se réjouit de la forte demande de ses ballons et surtout de l’adhésion du public au made in cameroon. Il confesse même être « saturé » et pense ne pas être capable à un moment donné de satisfaire toutes les commandes. Pour partager son expérience et sa passion, le jeune entrepreneur rêve d’ouvrir une structure de formation des jeunes dans ce métier.

 

Jean Colince Mbe : « Je chausse de grandes personnalités de la République »

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Jean Colince Mbe, Promoteur de MJC Shoes

Qu’est ce qui vous a motivé à devenir bottier et surtout à lancer votre propre marque ?

Je suis Jean Colince Mbe, propriétaire de la marque MJC Shoes qui est l’abréviation de mon nom. Je me suis lancé dans ce métier en 2006 parce que j’admirais beaucoup un grand frère qui était bottier. À l’époque j’étais encore au village et quand il venait nous rendre visite, il faisait toujours l’effort que sa chaussure marie avec son habit. Cela me fascinait beaucoup. Lorsque j’ai perdu mon papa en 2006, en tant qu’ainé, j’ai jugé bon qu’il faille que j’apprenne un métier pour subvenir aux besoins de ma famille. C’est alors que j’intègre la maison de TPI Eric, mon premier centre de formation puisque j’en ai fait trois. J’ai fait onze ans de formation et cela fait juste deux ans que j’ai mis mon entreprise sur pied. J’ai toujours voulu être autonome parce que je n’aime pas travailler pour les gens. Même quand j’étais en formation, je me débrouillais au marché Essos le weekend pour pouvoir payer ma formation qui s’élevait à 300 000 francs CFA. J’ai eu mon diplôme de bottier en 2010 mais j’ai commencé à travailler pour d’autres personnes afin d’épargner et ouvrir plutard ma propre structure. Aujourd’hui, je suis spécialisé dans la fabrication de chaussures, de ceintures et de bracelet en cuir pour homme uniquement. J’emploie actuellement six personnes. Je fais également des formations de trois ans et pour le moment j’ai deux apprentis.

Quelle est votre capacité de production et combien de temps dure la fabrication d’une chaussure ?

Nous fabriquons six à sept paires de chaussures par semaine. Nous avons deux showroons, et nous confectionnons les chaussures soit par commande soit pour les expositions vente. Nous fabriquons des chaussures en série et cela peut nous prendre des semaines mais la confection d’une paire de chaussure peut prendre deux jours. deux ans après l’ouverture de votre structure, êtes-vous satisfait des résultats ? Oui, je peux le dire. Puisque les Camerounais adhèrent au made in cameroon. Lorsqu’on parle de la fabrication des chaussures, la plupart des gens voient ce qu’on vend à la Poste centrale ou alors ce qu’on trouve de partout. Je suis entré dans ce métier avec un nouveau système c’est-à-dire de s’adonner premièrement au travail et innover. A telle enseigne que si vous avez une chaussure MJC, vous voyez la qualité même dans les finissions. Aujourd’hui, je chausse de grandes personnalités de la République à l’instar des directeurs généraux, les ministres et même le président de l’Assemblée nationale. Vous comprenez que nous ne faisons pas de l’amateurisme. On ne produit pas de la quantité mais de la qualité.

Les chaussures importées sont les plus prisées par les Camerounais, mais les chaussures MJC sont parvenues à s’imposer sur le marché national. Qu’est ce qui fait votre particularité?

 Ce qui fait la particularité de MJC Shoes, c’est que nous faisons des chaussures personnalisées. De plus, nos chaussures sont faites en cuir c’est-à-dire de la semelle jusqu’à la doublure parce qu’il y a certaines chaussures que vous trouverez en boutique mais la doublure n’est pas en cuir et vous constaterez à un moment donné que l’intérieur se décape parce que c’est fait de Skaï. Nos chaussures sont faits en cuir de la semelle jusqu’au lacet.

Quelles sont vos principales difficultés ?

Notre principale difficulté est la rareté de la matière première. Il y en a une infime partie qu’on retrouve ici mais nous commandons le plus gros de notre matière première à l’étranger. Et parfois nous n’avons pas assez d’argent pour commander une grande quantité.

Quelles sont vos projets ?

Compte tenu de la forte demande que nous avons dans les villes telles que Douala et Bafoussam, nous ambitionnons d’ouvrir deux autres structures dans ces villes et cela permettra également d’employés d’autres Camerounais. In

RDPC/Polémique : Les non-dits du meeting de Bafoussam

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Le Sultan Mbombo Njoya en compagnie de Jean Nkuete, SG du RDPC et quelques autres dignitaires du parti présidentiel

Démonstration de « force » ou démonstration de la « farce » ? L’histoire du 20 juillet dernier s’écrira en fonction de ce que chacun voudra y mettre. En effet, le « giga meeting » du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc) organisé à Bafoussam samedi, n’arrête pas d’alimenter les débats. Si les organisateurs de la cérémonie et leurs alliés se disent satisfaits « du succès qu’a connu l’évènement », leurs adversaires et autres observateurs politiques estiment que le meeting de Bafoussam a été une « humiliation de plus pour le chef de l’Etat et ses affidés ». Contrairement aux affirmations qui laissent croire que tous les chefs supérieurs de l’Ouest ont fait le déplacement de Bafoussam, plusieurs sources indiquent qu’une dizaine d’entre eux ont boycotté la cérémonie. L’on évoque surtout l’absence très remarquée de Sa Majesté Jean Rameau Sokoudjou, chef Bamendjou. Dans les milieux politiques de la région, l’on apprendra que plusieurs chefs n’ont pas fait le déplacement de Bafoussam, parce qu’ils estiment « que ce soutien à Paul Biya n’est pas sincère ». Selon des sources informées, ces derniers ne conçoivent par ailleurs pas que tous les Bamilékés soient stigmatisés à cause d’un mouvement dont les membres sont issus de toutes les tribus du Cameroun. D’ailleurs, disent-ils sous cap, « les élans tribalistes attribués à certains ressortissants de la région de l’Ouest ne sont qu’une réponse au tribalisme à outrance entretenue au sein de l’appareil administratif ».
En dehors des chefs traditionnels, Sylvestre Ngouchinghe et Fotso Victor, deux poids lourds du parti au pouvoir dans la région de l’Ouest ont aussi manqué à l’appel. Pour le sénateur de la région de l’Ouest, ses proches ont indiqué qu’il était hors du pays, mais aucune information n’a filtré sur les raisons qui ont motivé l’absence du patriarche bandjounais.
Coté mobilisation, l’on apprend encore que le meeting de Bafoussam n’a pas été une réussite totale, comme ses organisateurs l’auraient voulu. Sur près de 6500 personnes attendues, environ 4000 ont fait le déplacement. Des sources à la délégation
permanente du Rdpc dans la région de l’Ouest informent que, pour cette cérémonie, le sultan Mbombo Njoya avait tablé sur 6000 militants répartis comme suit : 1000 militants pour le Ndé, 1000 pour les Bamboutos, 1500 pour la Mifi et 500 par département pour les Hauts-Plateaux, le Koung-Khi, la Menoua, le Noun et le Haut- Nkam. « Chaque chef de délégation départementale devait s’occuper du casse-croute et du perdiem de ses militants », a-t-on appris.

« Qui s’excuse s’accuse »

Ce qu’on n’a pas tellement évoqué au sujet de ce meeting, mais qui fait pourtant l’objet de plusieurs critiques au sein de la communauté de l’Ouest, c’est que plusieurs fils de ce terroir se sont offusqués du fait de la tenue de ce meeting. Pour eux, les élites de l’Ouest sont dans une logique d’autoflagellation, « car les principaux prétextes ayant provoqué ce meeting sont : la revendication postélectorale, la manifestation de Genève et le repli identitaire exacerbé ». Une question est née : « en quoi est ce que l’Ouest doit se sentir plus concernée que d’autres régions par les dérives de Genève, la montée en puissance du tribalisme et les revendications postélectorales ? », se demandent certains ressortissant de cette région du pays. Rejoignant ce raisonnement, dans son éditorial publié dans le quotidien Mutations de lundi dernier, Georges Alain Boyomo, suppose que l’élite de l’Ouest redouterait quelque chose ou aurait quelque chose à se reprocher. Pour lui, « il ne viendrait à l’idée de personne de faire porter le chapeau des déviances d’une personne ou d’un groupe de personnes, même lorsqu’il serait établi que les membres de celui-ci sont originaires d’une seule et même aire ethno-culturelle, à toute une région. Sauf à penser que le pouvoir de Yaoundé s’est désormais inscrit dans une paranoïa, personne, mais alors aucune tierce personne douée de bon sens, ne peut tomber dans une telle généralisation ».

Un « compLot » contrE Jean De Dieu Momo Présent aux premières loges de la tribune d’honneur de la place des fêtes de Bafoussam, Jean De Dieu Momo, président du parti des Patriotes Démocrates pour le Développement du Cameroun (Paddec), est parti de Bafoussam chagriné. Pendant toute la cérémonie, l’actuel ministre délégué à la Justice a totalement été ignoré. Il accuse les organisateurs du meeting de l’avoir privé de parole. « Ils ont eu peur que je déballe mon projet sur la All Bamileke Conference, à l’effet de nous regarder droit dans les yeux, pour nous reconstruire dans la considération des autres et neutraliser notre prétendue suprématie, pour construire le vivre-ensemble en tenant compte du dynamisme de toutes les communautés et non plus seulement le dynamisme Bamiléké », a-t-il écrit sur sa page Facebook. Le ministre délégué à la Justice se dit surpris qu’il soit parmi les invités plutôt que parmi les organisateurs, alors même que c’est lui dit-il, qui mène le combat contre la Brigade Anti-Sardinards (BAS). Jean De Dieu Momo ne passe pas par quatre chemins pour soupçonner des jalousies à son endroit, de la part des élites du Rdpc de l’Ouest. « C’est certainement le vibrant accueil qui m’a a été réservé qui a fait des jaloux », dit-il. « Heureusement, le type de l’UPC m’a vengé par son discours » se console-t-il. L’un de ses alliés n’a pas lui aussi digéré le sort qui a été réservé à Jean De Dieu Momo. Sur sa page Facebook, Patrick Duprix Mani a dénoncé les organisateurs du meeting de Bafoussam : « Il y’a comme une volonté de masquer le Paddec à Bafoussam alors que son leader est le plus menacé par les éléments de la BAS, qui ont annoncé qu’ils le tueraient s’il venait à Bafoussam ».

La peur plane

Toutes les menaces proférées par les éléments de la Brigade Anti-sardinards dans les réseaux sociaux n’ont été en fin de compte qu’une tempête dans un verre d’eau. Mais qu’à cela ne tienne, le spectre de cette menace a plané dans toute la ville de Bafoussam samedi dernier. Le dispositif sécuritaire qui a été déployé pour la circonstance en témoignait à suffisance du degré de peur qui se nichait dans les esprits des autorités administratives et des organisateurs de l’évènement. C’est donc plusieurs centaines d’hommes en tenue (militaires, gendarmes et policiers), qui ont été mobilisés pour l’évènement, indiquent des sources sécuritaires. Au niveau du carrefour BIAO, l’un des endroits les plus sécurisés de la ville, un impressionnant dispositif sécuritaire y était posté avec, des hommes cagoulés, arborant des casques, des gilets pare-balles et armés de matraques, de fusils… Derrière eux, la présence des camions anti- émeute témoignait de la gravité de la situation. Comme à cet endroit, les anti-émeutiers étaient parés dans plusieurs coins chauds de la ville. Ce n’est qu’en fin de soirée, alors que le meeting s’était déjà refermé, que ces éléments des forces de sécurité ont vidé les lieux.

Flaviennne Ngo Binya : la pionnière des saucissons de poisson

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En matière de charcuterie,  les innovateurs ne tarissent  pas d’ingéniosités pour  revisiter les saveurs. Mais des  saucissons de poisson made in Cameroon, il fallait bien Flavienne  Charlotte Ngo Binya pour y penser.  A travers sa Petite et Moyenne  Entreprise (PME), Country Food, lancée  seulement en janvier dernier, cet  ingénieur de travaux en  transformation et contrôle qualité  des produits halieutiques fait déjà  parler d’elle pour la première  gamme de saucisson de poisson  camerounais sur le marché. Et en  utilisant du poisson au lieu de la  viande telle que le porc, la volaille,  le bœuf pour la transformation des  matières grasses en molécules  aromatiques, cela, d’après les  experts, intensifie le goût. Cette  saveur originale qui fait de plus en  plus saliver les papilles des  Camerounais permet à cet  entrepreneur de 25 ans de produire  actuellement en moyenne 50 barres  de saucissons par semaine. Mais son  rêve est de tripler sa production d’ici  janvier prochain. « Les saucissons  de poissons sont très demandés  mais nous avons des moyens limités  de production. Pour remédier à ce  problème et satisfaire au moins une  bonne partie de la demande,  Country Food compte agrandir ses  locaux au plus tard en décembre  2019. Donc à partir de janvier 2020,  nous triplerons notre capacité de  production », confie-telle à nos  confrère d’Ecomatin.

Et ce n’est pas tout, cette native de  Makak, département du  Nyong dans le département du  Nyong-Et-Kelle, région du  Centre, fabrique également  des confitures bio à base  notamment d’ananas et des  fruits du terroir, sans  conservateur chimique ni  arôme artificiel. « Voici des  confitures bio 100 % fruits  made in cameroon  confectionnées par mes  petites mains », écrit-elle sur  son compte facebook.  Flaviennne Charlotte Ngo  Binya produit d’ores et déjà 100 pots  par semaine. Elle ne compte  néanmoins pas s’arrêter en si bon  chemin. Pour plus d’inspiration  culinaire et surtout acquérir plus de  compétences afin de s’imposer dans  l’agroindustrie, cette diplômée de  l’Institut des Sciences Halieutiques  de l’Université de Douala à Yabassi  poursuit actuellement ses études  professionnelles en cycle d’ingénieur  de conception.

Défis Actuels

Fida-Cameroun: plus de 100 milliards investis dans les projets agricoles

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Plus de 100 milliards investis dans les projets agricoles

Le ministre de l’Agriculture et du Développement Rural (Minader), Gabriel Mbairobe,   a récemment pris part à Douala, au conseil d’administration du Fond International du Développement Agricole (Fida). L’objet de ces assises portait sur l’évaluation des   programmes de cet organisme au   Cameroun. Lesquels ont pour but «   d’aider le Cameroun à construire une   agriculture durable à travers le   développement des filières telles que   le riz, l’oignon, augmenter les revenus   des producteurs, créer des emplois,   autonomiser les jeunes et les femmes   par les activités génératrices de   revenus ».   Au cours de ces travaux, le Minader a souligné que dans le cadre de la coopération avec le Cameroun, les   interventions du Fida sont estimées à   plus de 100 milliards de francs CFA.   Celles-ci ont notamment permis de :   « lutter contre la pauvreté dans   plusieurs régions du Cameroun et   surtout d’éradiquer la faim en milieu   rural ».   Aussi, dans l’optique de rendre plus   efficace les actions du Fida au   Cameroun, le chef de la délégation   Hisham Mohamed Badr a indiqué que   des discussions vont se poursuivre   avec les acteurs du secteur agricole, à   l’effet de mieux orienter les projets et   interventions du Fida au Cameroun.   Il convient de souligner qu’au cours   des cinq dernières années, cette   institution a injecté plus de 60   milliards de francs CFA dans une   dizaine de projets et programmes au   Cameroun.   Par ailleurs, au cours de la période   allant de 2007 à 2017, le Fida a   apporté un financement à six projets   de développement rural menant des   activités dans sept régions –   Extrême-Nord, Nord, Nord-Ouest,   Ouest, Centre, Sud et Littoral. La   contribution du FIDA, s’élevant à 84,2   millions de dollars soit environ 50   milliards.   Notons que c’est en novembre   dernier que le Fida planchait sur la   stratégie 2019-2024 dans la ville   d’Ebolowa, chef-lieu de la région du   Sud. Celle-ci consistait à mettre sur   pied un nouveau programme de   coopération avec le Cameroun, au   profit des entrepreneurs agricoles. Le   ministre délégué auprès du Minader,   Clémentine Ananga Messina, déclarait   à cette occasion qu’il est question de   baliser « une nouvelle prospective à   savoir l’élaboration d’une nouvelle   plateforme qui va déterminer les   nouveaux défis, ce qui va nous   permettre d’avoir une sorte de cadre   logique ».   Les projets de développement   appuyés par le Fida au Cameroun   visent à accroître les opportunités   pour les ruraux pauvres,   d’entreprendre des activités durables   et rémunératrices à la fois sur les   exploitations et en dehors des   exploitations agricoles.

Par Junior Matock ( Défis Actuels No 405)

Programme économique et financier: les recommandations du FMI au terme de la 4è revue

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Mitsuhiro Furusawa, président ad Interim FMI

La validation de la quatrième  revue du Programme  Economique et Financier  signé entre le Cameroun et le Fonds  Monétaire International (FMI), n’a  pas pour autant empêché cette  institution de formuler des directives  à l’adresse du gouvernement. Dans  sa déclaration du 17 juillet dernier,  Mitsuhiro Furusawa, directeur  général adjoint et président par  intérim du FMI a indiqué des points  sur lesquels des efforts devraient  être consentis. Il s’agit des domaines  tels que l’endettement, l’inclusion  financière et le climat des affaires.

Endettement : éviter les  emprunts non  concessionnels 

En matière d’endettement, Mitsuhiro  Furusawa suggère au gouvernement  camerounais d’éviter les emprunts  non concessionnels : « il est  fondamental de ne pas recourir à de  nouveaux emprunts non  concessionnels et de respecter  strictement le plan de décaissement  des prêts contractés mais non  décaissés pour préserver la viabilité  de la dette ». Bien plus, a-t-il ajouté,  « une meilleure hiérarchisation des  projets et une efficience accrue des  investissements contribueront à  répondre aux besoins de  développement tout en favorisant  une gestion prudente de la dette ».  Par ailleurs, note le président par  intérim du FMI, « l’amélioration de la  viabilité financière des grandes  entreprises publiques à l’aide de  contrats de performance et de  réformes ciblées des prix administrés  réduira le recours aux subventions et  atténuera les risques liés aux passifs  conditionnels ». Dans ce sens, il y a  lieu de souligner que cette consigne  arrive au moment où le président de  la République, Paul Biya, vient de  prendre une série de mesures visant  à rendre les entreprises publiques  plus compétitives, afin de les rendre  moins dépendantes des subventions  de l’Etat. Dans ce registre, les  responsables de ces structures sont  désormais fixés sur les grilles  salariales et les objectifs à atteindre  pour pouvoir en bénéficier.

Inclusion financière et  amélioration du climat  des affaires 

Dans le volet de l’inclusion  financière, le président par intérim  du FMI note qu’il doit être amélioré,  tout comme le climat des affaires et  la gouvernance, pour, souligne-t-il,  « encourager le développement du  secteur privé et stimuler la  compétitivité ». Dans la même  perspective, il indique qu’il est  essentiel de « renforcer le respect  des normes de l’Initiative pour la  Transparence de l’Industrie  Extractive, pour favoriser la  croissance tirée par le secteur privé  et attirer les investissements  étrangers ».  En ce qui concerne le volet  discipline budgétaire, Mitsuhiro  Furusawa indique que pour  atteindre les objectifs à la fin 2019,  tel que fixé dans le programme et  atténuer les risques liés aux chocs  extérieurs et aux problèmes de  sécurité, il est « essentiel de  renforcer la discipline budgétaire ».  Et ce, « en réduisant le recours aux  procédures de dépenses  exceptionnelles et en achevant les  réformes du compte unique du  Trésor ». En le faisant, conclu le  président par intérim du FMI, « les  autorités favoriseront la mise en  œuvre résolue du budget 2019 tout  en améliorant la gestion de  trésorerie et la transparence dans  l’exécution du budget ».

Par Junior Matock ( Défis Actuels No 405)

Climat des affaires: les entreprises suisses ont investi 160 milliards au Cameroun

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Les entreprises suisses ont investi 160 milliards au Cameroun

En cinq ans, c’est-à-dire de 2012 à 2017, les entreprises suisses présentes au Cameroun ont investi plus de 160 milliards de francs CFA dans l’économie. Cette information a été révélée le 22 juillet dernier par le ministre des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze, à l’occasion de l’ouverture du deuxième round des négociations sur la double imposition fiscale. Celui-ci a ajouté que les activités de ces sociétés couvrent des domaines aussi variés tels que l’agroalimentaire, la santé, l’industrie pétrolière, maritime et les services. On dénombre ainsi une dizaine d’entreprises de la République helvétique qui font des affaires au Cameroun. Notamment Panalpina, SGS, Swiss Clinique, Swiss Financial Communication, Numelec, ABB, Novartis, Syngeta, Chococam, Nestlé, SIC Cacao, Moulins d’Afrique et bien d’autres. Dans le domaine de l’agroalimentaire, les entreprises de la République helvétiques, se distinguent particulièrement. En ce qui concerne Nestlé Cameroun par exemple, elle avait annoncé en 2016 un plan d’investissement de 10 milliards de francs CFA en Afrique centrale. Elle a d’ailleurs entamé cette démarche en inaugurant le 12 avril 2018, une nouvelle usine de fabrication des produits laitiers dans la zone industrielle de Bonabéri, d’une capacité annuelle de 5 500 tonnes, pour un coût estimé à 2,7 milliards de francs CFA. D’après des sources internes à l’entreprise, le cube Maggi, l’un des produits phares de l’entreprise Suisse, représente à lui tout seul 90 % de la production de l’usine de Douala, grâce à laquelle Nestlé Cameroun réalise un chiffre d’affaires mensuel de 5 milliards de francs CFA dans la zone Cemac. Il y a lieu d’indiquer que la filiale camerounaise de cette entreprise a à sa tête un nouvel administrateur général depuis le 1er mars dernier, avec compétence en Afrique centrale, en la personne de Robert Helou. Ce dernier remplaçait à ce poste Thomas Caso appelé à occuper les mêmes fonctions en Côte d’ivoire.

Sic cacao : mastodonte des fèves de cacao

L’autre mastodonte de l’industrie Suisse au Cameroun, est la Société Industrielle Camerounaise des Cacaos (SIC Cacaos). Elle a broyé à elle seule 53 000 tonnes de fèves lors de la campagne 2017-2018. Et représente actuellement l’essentiel des capacités de première transformation du pays, estimées par Fitch Solutions à 56 000 tonnes. Ce qui rentre en droite ligne avec la déclaration faite par le patron de cette entreprise, Barry Callebaut, lors d’une visite au Cameroun en mai dernier. Ce dernier avait fait part de ses intentions accroître ses capacités au Cameroun. L’ambition étant, avait-il souligné, de demeurer le leader du marché camerounais dans le domaine.

Par Junior Matock ( Défis Actuels No 405)

Cameroun-suisse : bientôt un accord sur la double imposition fiscale

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Cameroun-suisse : bientôt un accord sur la double imposition fiscale

Eviter aux entreprises Suisses qui veulent investir au Cameroun, de subir la double imposition en payant des impôts à la fois dans leur pays d’origine et au Cameroun. Tel est le sujet qui meuble le deuxième round des négociations ouvert lundi 22 juillet dernier à Yaoundé entre des négociateurs des deux pays. Sous la présidence du ministre des Finances, Louis Paul Motaze et l’ambassadeur de Suisse au Cameroun, Pietro Lazzeri. En effet, les discussions ouvertes le 22 juillet à Yaoundé, n’étaient que la continuité de ce qui avait été lancé à Berne, en Suisse en juin 2018. Elles découlent de ce que les investisseurs suisses exerçant au Cameroun, ne trouvaient pas justes de s’acquitter de leurs obligations fiscales dans leur pays d’origine et au Cameroun. D’où l’importance de s’entendre avec les autorités camerounaises. A l’effet de trouver une solution à ce phénomène. Et ce d’autant plus que, d’après le Minfi, une telle situation pouvait pousser les entreprises à pratiquer l’optimisation fiscale, c’està-dire « des techniques comptables qui permettent à ces sociétés de moins déclarées leurs revenus, et donc de minorer les revenus à déclarer, ce qui a pour conséquence de minimiser les impôts à payer ». Or, poursuit-il, « pour un pays comme le Cameroun, nous savons quel est le rôle des impôts, notamment en cette période où nous devons faire un effort pour accroître les recettes non pétrolières pour être moins dépendant des revenus pétroliers et donc pour être beaucoup plus résilient ». C’est pour cette raison, ajoute Louis Paul Motaze, « que nous menons la bataille contre la fraude et ces optimisations fiscales qui réduisent les revenus à payer ». Notre souhait, a-t-il indiqué, « est que le round qui s’ouvre ce jour, aboutisse à une convention qui permet d’éviter la double imposition et la fraude entre les deux pays ». Ceci a pour avantage, a-t-il conclu, « d’attirer plus d’investisseurs de différents pays ». Pour l’ambassadeur Pietro Lazzeri, la tenue de ce deuxième round n’est que salutaire, en ce sens qu’il va « permettre d’arriver à une fiscalité compétitive, à travers une convention contre la double imposition afin d’avoir plus d’investissements et une présence des entreprises de qualité qui participent au développement de l’économie camerounaise ». Il convient de souligner qu’en matière fiscale, le Cameroun et la Suisse entretiennent des relations sur le double volet bilatéral et multilatéral. Au plan multilatéral, la coopération fiscale entre le Cameroun et la Suisse repose sur leur participation commune à des instances fiscales multilatérales, notamment le Forum Mondial sur la Transparence et l’Echange de Renseignements à des fins fiscales et le cadre inclusif de L’Organisation de Coopération et de Développement Economique (Ocde). Au plan bilatéral, les deux pays disposent d’un accord fiscal en vigueur, relatif au transport aérien, conclu en janvier 2009 et entré en vigueur le 23 novembre 2010.

Par Junior Matock (Défis Actuels No 405)

Carte Nationale d’Identité : Le chemin de croix des usagers

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les consignes de célérité données par le DGSN sont ignorées

Au Cameroun, avoir la carte nationale d’identité est devenue plus difficile qu’avoir un emploi. » C’est par ces mots que Viviane, vendeuse de chaussures au marché de Nsam exprime sa lassitude. Dans son hangar, en plein cœur de ce petit centre commercial situé dans le 3e arrondissement de Yaoundé, elle aménage un espace pour faire une place assise à ses visiteurs. C’est certes une petite visite, mais une visite pas comme les autres. Elle a en effet appelé son beau-frère pour lui parler de son problème de carte nationale d’identité « qui tarde à sortir et qui lui empêche de retirer de l’argent en banque. » « Je n’ai pas d’argent pour vous accueillir », dit-elle. Mais qu’à cela ne tienne, elle fait venir sa voisine, vendeuse de bière pour offrir une boisson à ses convives. Devant eux, elle raconte ses infortunes :« ça fait plus d’une année que j’ai déposé une demande de carte nationale d’identité au commissariat de Nkoldongo, on m’a fait savoir que la pièce allait être disponible après 3 mois. A cette date je suis allée, on m’a dit qu’elle n’était pas encore disponible, on a encore prorogé de 2 mois. Je suis encore repartie, la carte n’était toujours pas arrivée. J’y suis déjà allée plus de 6 fois, la carte n’est toujours pas disponible. A force de proroger, mon récépissé n’avait plus de place pour écrire. Et on m’a dit de m’en servir comme ça. Depuis trois mois, je me promène avec un récépissé invalide et je ne peux faire aucune transaction à la banque pour retirer de l’argent et ravitailler mon comptoir », pleurniche- telle l’air abattu. « Une amie m’a conseillé d’aller à l’école de police où on pouvait résoudre mon problème en quelques jours. Y étant, j’ai rencontré un officier de police qui m’a demandé de argent.  Il m’a dit que ma carte va sortir après 2 semaines. Nous voici à quatre mois de plus, je n’ai jamais eu ma carte. »
Comme Vivianne, plusieurs milliers de Camerounais sont soumis aux mêmes tracasseries pour avoir leur carte nationale d’identité. Marina Ngueyep, une commerciale dans une société d’agroalimentaire, indique qu’elle a attendu un an pour voir sa carte d’identité. Si elle n’a pas monnayé pour avoir sa pièce d’identité, elle a « risqué sa vie » et payé le transport plusieurs fois pour aller à Ebolowa où elle a établi sa carte avant son affectation à Douala.
Pourtant, lors de la signature du contrat de production des cartes nationales d’identité, paraphé en 2016 avec l’entreprise Gemalto, les responsables conjoints de la police camerounaise et de l’entreprise du groupe Thales, avaient juré qu’« un citoyen qui sollicite une carte nationale d’identité depuis Kousseri, Idenau, Kampo, ou Moloundou pourra l’obtenir après un delai maximal de deux semaines ».

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