lundi, juin 1, 2026
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Mairie de Yaoundé: pourquoi Messi Atangana a été choisi ?

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Luc Messi Atangana est le désormais maire de la ville de Yaoundé. Il a été désigné mardi dernier, par ses pairs à l’issue de la session de plein droit présidée par le préfet du Mfoundi. Si son élection à 193 voix sur 298 votants n’a été qu’une formalité, plusieurs facteurs ont motivé son choix.
                                       Sa discrétion
Administrateur civil hors hiérarchie, Luc Messi Atangana était inconnu du grand public. Sa discrétion, malgré les hautes fonctions qu’il a occupées faisait en sorte qu’il ne soit pas connu même par son voisinage. « C’est un homme très discret, c’est exactement le genre de personne que le président Paul Biya aime », soutient Atangana Gordien, ancien conseiller municipal à la commune de Yaoundé III.
                       Son expertise en décentralisation
Depuis 2015, Luc Messi Atangana est secrétaire permanent du Conseil National de la Décentralisation, une fonction qui lui a permis de piloter le processus de mise en place de la décentralisation. « Après avoir théoriser la décentralisation, le président de la République lui a permis de mettre en pratique ce qui a été pensé par ses soins », commente un militant du Rdpc cadre du premier ministère.
                     Le grand conseiller auprès de la communauté urbaine
Pendant au moins 7 ans, Luc Messi Atangana a travaillé aux cotés de Gilbert Tsimi Evouna comme grand conseiller auprès de la communauté urbaine. A en croire certaines indiscrétions, c’est depuis plusieurs mois que l’ancien délégué du gouvernement aurait commencé à mouler son successeur, « leur proximité ces derniers mois n’était plus un secret », apprend-on de sources officieuses à la communauté urbaine. Et on n’a pas été surpris que Tsimi Evouna soit l’une des premières personnes qu’il a remerciées après son élection.
                         Sa famille d’origine
La famille d’origine de Luc Messi Atangana aurait aussi joué en sa faveur. Issu de la grande famille Mvog Atemengue, il est originaire de l’arrondissement de Yaoundé IIIe, précisément à Efoulan dispensaire. Selon Mebenga Essono sociologue et originaire du Mfoundi, le poste de maire de la ville de Yaoundé ou encore de délégué du gouvernement tourne entre les grandes familles du Mfoundi. « Le premier André Fouda, était Mvog Ada, Emma Basile était Mvog Beti, Amougou Noma était Mvog Manga, Tsimi Evouna était Angouak, les Mvog Atemengue famille d’origine du nouveau maire étaient parmi les grandes familles du Mfoundi qui n’avaient pas encore occupé ce poste. Il était donc temps qu’un Mvog Atemengue vienne aux affaires », soutient-il. En plus le nouveau maire pouvait compter sur sa stature en tant que président des élites de Yaoundé III. Il pouvait en outre compter sur ces « frères » proches des instances décisionnelles du pays et du parti, notamment son cousin Séraphin Magloire Fouda, Secrétaire général des Services du Premier ministre ; son cousin André Mama Fouda, président des élites du Mfoundi ; son frère Elie Essomba Tsoungui, sénateur du Mfoundi et son mentor Gilbert Tsimi Evouna, membre du bureau politique et trésorier national du Rdpc.
Joseph Essama

Elections des maires: le Rdpc étale ses divisions

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La rupture semble actée entre les instances dirigeantes du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc) et ses militants de base. La dernière élection municipale l’a encore illustré. Dans plusieurs communes où le Rdpc a voulu imposer un candidat, il s’est heurté au refus des militants qui revendiquent « que leurs voix soient prises en compte ». Le scenario de l’élection du maire de la ville de Yaoundé en dit plus sur ce malaise. Partis de leur domicile pour participer à l’élection du tout premier maire de la ville de Yaoundé, les 294 conseillers municipaux électeurs, se sont vus imposer Luc Messi Atangana comme candidat. Malgré l’insistance de certains conseillers municipaux, notamment Jean Marie Abouna et Saint Eloi Bidoung à déposer leur candidature, ils ont été contraints, au nom de la discipline du parti, de retirer leur candidature. Dans l’urne, les conseillers municipaux du Mfoundi n’ont pas manqué d’exprimer leur mécontentement. Sur les 294 électeurs, 98 ont voté bulletin nul et 03 se sont abstenus.
L’élection du maire de la ville de Douala n’a pas échappé à cette logique de désignation des candidats par le comité central du Rdpc. Le mandataire du Comité central, Benoit Ndong Soumhet est « venu de Yaoundé avec un nom. Au cours de la réunion préparatoire de la session de plein droit, à la maison du parti à Bonanjo, il nous a dit que le Comité Central de notre parti a porté son choix sur le candidat Mbassa Dine. Nous avons attendu le début de la session de plein droit pour contester solennellement, ce choix du parti qui ne nous arrange pas », a expliqué Jean Jacques Lengue Malapa, le chef des contestataires et maire de Douala 1er . Une contestation qui a obligé le préfet Benjamin Mboutou à reporter l’élection.
Même rituel 0 Maroua. Alors que le mandataire du comité central voulait imposer le candidat investit par le parti, il a été désavoué par le maire de la commune de Maroua 2e qui a déposé sa candidature et a été élu par ses pairs, en dépit du problème du nombre de votants qui a contraint Jean-Marc Ekoa Mbarga, préfet du Diamaré à renvoyer le scrutin au 4 mars dernier.
Ce n’est pas avec l’élection des maires de ville que le problème a commencé. Lors de l’élection des conseillers municipaux, les populations de plusieurs villes se sont opposées au diktat des candidats du parti. C’est le cas par exemple de la ville de Sangmelima. Malgré son échec lors de l’élection, le comité central a voulu imposer Andre Noel Essiane, le maire sortant, au mépris du collège des conseillers électeurs qui avaient voté en faveur de Faustin Bekono .
Dans la ville de Mfou, les militants de base se sont opposés à l’investiture de Francis Ngoumou comme candidat à la tête de cette commune, mais celui-ci a été investi et désigné maire en dépit des mouvements d’humeurs organisés par les populations.
La discipline du parti
Pour légitimer son diktat le comité central du Rdpc met en avant la discipline du parti. C’est cette discipline qui oblige certains militants à accepter à leur corps défendant, certains candidats imposés par le parti. C’est cette même discipline du parti qui conduit à l’élection de certains candidats vomis par la base. Pour le journaliste Souley Onohiolo cette discipline du parti n’est rien de plus qu’une « entourloupe qui s’apparente à une sorte de braquage et du banditisme politique ».

Vers une implosion au sein du Rdpc ?
S’il y a un constat qui s’est dégagé au sortir de l’élection du maire de la ville de Yaoundé, mardi dernier, c’est la frustration qui se lisait sur les visages de plusieurs conseillers municipaux. Une frustration qui s’est d’ailleurs exprimé par le fort taux de vote par bulletin nul. « Cela démontre un réel malaise au sein du Rdpc. Une totale déconnexion entre le sommet et la base du parti », commente Guy Beaudry Jengu, chercheurs à l’université de Yaoundé II. Le chercheur estime que si ce malaise n’est pas réglé, il conduira inéluctablement à l’implosion de ce parti politique. Pour le journaliste Souley Onohiolo, « les menaces d’implosion, les mécontentements généralisés, au sein du Rdpc (Ndlr) sont à prendre au sérieux. Sauf à penser que le parti de Paul Biya veut continuer de creuser sa tombe ».
Joseph Essama

Chan 2020 : L’événementiel, l’autre match du cocan

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Rod On Junior, un Camerounais basé aux Etats-Unis, s’appuie sur ses deux entreprises, Arusa Music Entertainment Sarl et On-Spot Enterprises LLC, pour porter depuis des mois le fardeau de la production des soirées que le Comité local d’organisation (Cocan 20-21) présidé par le ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep), Narcisse Mouelle Kombi, organise dans le sillage des préparatifs de la 5ème édition du Championnat d’Afrique des nations de football (Chan) que le Cameroun accueille du 4 au 25 avril 2020.
Ce fut le cas le 17 février avec la cérémonie officielle du tirage au sort de ce Chan Total Cameroun 2020, dans un Palais polyvalent des sports de Yaoundé (Paposy) bouillonnant et plein à craquer, et en présence du Premier ministre Joseph Dion Ngute et des hauts dignitaires de la Confédération africaine de football (CAF) conduits par le président Ahmad Ahmad de l’instance. La construction du décor de la salle dont un imposant podium et l’orchestration de toutes les articulations de la soirée ont nécessité des semaines de préparation et des nuits sans sommeil à Rod On Junior et à son équipe. «Nous avons mobilisé 22 tonnes de matériel, 151 techniciens camerounais et 11 collaborateurs étrangers, tous issus de plus de 20 corps de métiers différents», expliquait, le lendemain du tirage au sort, le patron d’Arusa Music et de On-Spot, épuisé mais visiblement soulagé d’avoir relevé le challenge que lui avaient confié les autorités camerounaises. La symphonie de cette régie événementielle a en effet nécessité l’implication des menuisiers, des charpentiers, des ferrailleurs, des tapissiers, des électriciens, des ingénieurs de sons et lumière, des graphistes et designers, des architectes et décorateurs, des musiciens et costumiers, etc.

Avant la cérémonie du tirage au sort, Rod et ses hommes s’étaient déjà tapé le montage de la soirée de présentation des œuvres des finalistes des concours de la mascotte et de l’hymne du Chan 2020. C’était le 14 décembre 2019 au Paposy. Ils étaient encore à la manœuvre le 15 janvier dernier pour la soirée de dévoilement de «Tara» la mascotte du tournoi, organisée en l’honneur d’une mission de haut niveau de la Caf en séjour au Cameroun, à l’hôtel Hilton de Yaoundé, par le Cocan 20-21.

Ce genre de grosse production habituellement confiée aux firmes étrangères peut donc être mené à bien par une expertise tenue avec professionnalisme par des nationaux. Certes, comme l’a reconnu le porte-parole du Cocan 20-21, Abel Mbengue, la perfection n’est pas de ce monde, mais la première partie du Chan Total Cameroun 2020 semble voir été remportée sur le terrain de l’événementiel. Reste à boucler la boucle avec l’achèvement de nombreux chantiers infrastructurels et, en avril, avec une prestation sportive à la hauteur des Lions indomptables A’.

Gouache : indigné, Samuel Eto’o tance le maire de Bafoussam 3

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Le richissime footballeur qui a financé la construction de cases pour les sinistrés de Gouache est très en colère contre le maire et les élites qui bloquent le projet.

Lettre ouverte à Monsieur le Maire d’arrondissement de Bafoussam 3e…

Monsieur le Maire,

Cette présente est portée à votre connaissance à la suite d’un faisceau d’initiatives de conciliation qui ma foi, avaient avoir pour seul objectif: le recasement des sinistrés de la tragédie survenue il y a quelques mois au quartier Ngouaché à Bafoussam.

Il est inadmissible, incongru et très malsain que tant d’énergie soit déployée pour torpiller une initiative purement humanitaire visant à offrir un toit et de la dignité aux concitoyens ayant tout perdu, par la triste volonté de la nature. Ce projet porté par ‘Alain Foka,a flatté et mobilisé toute ma personne, mon humanité et mon âme à travers sa pertinence et la joie de vivre qu’il devait procurer aux frères et sœurs de la ville de Bafoussam très meurtris par cette catastrophe de Ngouache. C’est de la hauteur de cet espoir qu’est née la profondeur de ma présente et très profonde désolation.

Pour ma part, j’ai toujours pensé que la décentralisation telle que voulue par le législateur, le peuple qui l’a réclamée et le président de la République qui l’a promulguée, visait à rapprocher davantage les populations aux personnes qu’elles ont élu. Quelle désillusion !

C’est avec une grande amerture et tristesse que j’observe toutes ces maisons qui étaient déjà en construction , être abandonnées et s’effondrer à la merci des intempéries tandis que les personnes à qui elles étaient destinées croupissent sous le froid, dans la pluie et sous le soleil par la seule volonté d’une clique d’individus sensées pourtant chérir leur quotidien au regard de la confiance aveugle qu’elles leur ont donnée.

Que dire de ces Hommes d’affaires ou politiques et fils de la mifi, à qui la nature a pourtant offert tant de grâce, mais qui brillent par le malsain désir de saboter pour ensuite spolier un projet devant apporter un minimum d’humanité aux nombreuses personnes ayant perdu la joie de vivre ? Leur paix devrait être la vôtre et leur joie devrait en être votre fierté non seulement en tant que leader communautaire, mais surtout en temps qu’être humain ayant agi pour le bonheur de ses semblables.
Il aurait été judicieux que la place publique qui est celle-ci ne soit pas le lieu d’expression de ma profonde indignation sur ce second drame qu’on inflige et qu’on oblige aux populations sinistrées de Gouaché. Pour une pareille initiative humanitaire, l’on peut encore comprendre que nous ayons des approches ou des solutions techniques divergentes, mais il est humainement incompréhensible de sacrifier la dignité de ses semblables sur l’autel d’une fierté personnelle ou pour des visées prévaricatrices de ceux sensées les consoler.

Bafoussam de son histoire depuis ses pères fondateurs, à une grande âme qui demeure heureusement celle de la plupart de ses fils et filles. Malheureusement une certaine élite dont vous faites partie œuvre pour la déshumanisation de ce peuple auquel je m’identifie en tant qu’être humain et en tant que Camerounais. C’est d’ailleurs cet idéal qui a motivé mon engagement à soutenir ces populations de Gouaché meurtries dans leur chair et dans leur âme.

L’orgueil précédant malheureusement la malveillance de certains esprits, nul doute votre insensibilité pour la cause restera de marbre. Mais l’avenir à aussi heureusement un orgueil bien plus grand qui sait toujours juger la cupidité du passé des Hommes.
La saison des pluies passant toujours le relais à une saison sèche, il reste tout de même un espoir que l’inhumanité actuellement manifestée par certaines élites de la ville de Bafoussam devienne une lumière d’humanité au profit du grand nombre. Ce vœu est le plus cher que je puisse vous souhaiter… Que je puisse souhaiter à tous ceux qui torpillent actuellement le recasement des frères et sœurs et compatriotes sinistrés de Gouaché.

Bien de choses à vous monsieur le Maire !

Samuel ETO’O fils

Ngouache: la colère d’Alain Foka contre le maire Defonkou de Bafoussam 3

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ABK Radio publie les propos indignés du célèbre journaliste

Pourquoi je suis en colère ? Les gens mélangent le politique, le social et l’humanitaire. Que l’on me retrouve en train de discuter avec le Maire de Bafoussam 3 que je ne connais pas, du plan des maisons, reconnaissez qu’il y a quand même quelque chose de pas normal. J’ai pris avec moi des amis qui sont de différentes origines pour venir aider des gens qui sont en souffrance, logés, parqués comme des animaux dans des endroits insalubres, des gens qu’on a oublié. J’ai été sensible au fait que l’Etat puisse déclarer d’utilité publique un endroit et que l’on puisse utiliser cet espace pour les reloger.

Samuel Eto’o m’a dit tout de suite, on y va ! sans demander où est-ce que ça se passe ? Sans demander qui sont ces gens ou quelle est leur tribu ?

  • Vue de lune des maisons dont la construction a été suspendue par M. le Maire

Samuel Eto’o m’a dit tout de suite on y va, sans demander où est ce que ça se passe ? Sans demander qui sont ces gens ou quelle est leur tribu ?Quelques autres personnes aussi. On y est allé, et on a décidé de leur donner des cases de nos propres moyens, avec nos amis. Et tu rencontres un Maire qui sort de nulle part quelques semaines après, parce qu’il est vexé qu’on ne l’ait pas contacté, pour dire : « J’ai fait des plans. » Mais tu fais des plans à des gens qui n’ont pas de moyens de construire une maison de 90 m2 chacun minimum, en leur faisant des plans comme s’ils devaient faire des villas. S’ils pouvaient faire des villas, ils n’auraient pas habité Ngouache. Qu’il tienne compte de la réalité ! Nous en avons largement discuté et je lui ai dit que je vais leur faire des cases de 60 m2 qui sont des espaces suffisants pour eux. Et quand on s’est séparé, il m’a dit « Okay je donne mon accord ».

J’ai dit, vous pouvez démarrer les travaux, et j’ai parlé devant témoins, parce-que ça s’est passé en réunion.

Samuel Eto’o n’a rien à foutre de Bafoussam, ce n’est pas son village ; c’est la douleur des gens qui l’a interpellé.

Alors, que le Monsieur le Maire dise qu’on ne l’a pas contacté, il y a un souci. Je n’ai pas envie de verser dans la polémique, parce que je ne parle pas souvent des affaires du Cameroun, ça me rebute. J’ai juste envie de dire une chose : ces gens dont on parle, ils sont en souffrance et qu’on leur donne des maisons gratuitement. Ce qui énerve ces gens-là !

Quand je suis arrivé dans cette histoire, il y a eu une tentative de détournement de parcelle. Ils le savent très bien et je peux le prouver. Les parcelles qui ont été données, ils voulaient en garder quelques-unes entre le gouverneur, le préfet, le Maire lui-même et autres.

Quand je suis arrivé dans cette histoire, il y a eu une tentative de détournement de parcelles. Ils le savent très bien et je peux le prouver. Les parcelles qui ont été données, ils voulaient en garder quelques-unes entre le gouverneur, le préfet, le Maire lui-même et autres.

La deuxième chose que personne ne dit, c’est qu’il y a un délai accordé à ces villageois pour construire ces maisons. Ça veut dire que si dans 5 ou 6 mois (je ne sais plus quel délai…) ils n’ont pas construit, on leur retire les parcelles. Et qui va bénéficier de ces parcelles qui sont censées déjà avoir été attribuées ? Si ces villageois au bout ne peuvent pas construire, mais ces terrains vont revenir au Maire, aux autorités qui pourront en faire ce qu’ils veulent. A l’insu de tout le monde. Donc, si on essaye de vite construire, c’est pour installer ces gens-là sur leurs parcelles. Et on ne peut même pas installer tout le monde puisqu’ils n’ont pas de moyens. Modestement avec Samuel Eto’o, avec tous des amis, avec tous ces proches, on a décidé de prendre en charge la construction d’un certain nombre de cases.

Ce qui m’exaspère c’est qu’ils font comme si c’était une question de plan. Ce Monsieur n’a vu le plan que lorsqu’on le lui a présenté. Il n’avait jamais été là-bas au préalable. Il a découvert çà le lundi en arrivant sur place avec des gens pour détruire. Qu’il ait le toupet de dire que c’est à cause des plans, je trouve cela fort.

Mais ce que je ne dis pas aussi c’est que ce Monsieur s’est énervé contre moi en disant, pourquoi est-ce que j’ai remercié le Chef Bamoungoum d’avoir donné des terres ? Il m’a rappelé que c’est lui qui donnait des terres, pas le chef Bamoungoum et qu’il n’avait rien à y voir. On est des africains, on est des bantous, la terre c’est le chef qui la donne. Surtout à l’Ouest du Cameroun. Je n’ai pas compris que le chef Bamoungoum était en concurrence avec son Maire. Je ne suis pas dans leur subtilité pour chercher à comprendre qui a fait quoi. Pour moi, il y a un chef Bamoungoum, les terres qui ont été données sont dans la chefferie Bamoungoum, donc il était logique pour Samuel Eto’o et moi d’inviter le chef traditionnel pour qu’il vienne à la cérémonie. Mais je paye cela aujourd’hui et personne ne veut le dire à haute voix.

Il s’agit d’une guerre entre eux ! Mais là où ça me fait encore plus mal, c’est que pendant ce séjour, j’ai vu le Monsieur de Congelcam en me disant, voilà quelqu’un de bonne volonté. Je lui ai demandé : qu’est-ce que tu fais pour les villageois ? Il me dit gentiment : « Ecoute Alain, j’ai déjà beaucoup fait. J’ai donné de l’argent ils ont bouffé, j’ai donné de l’argent au Gouverneur… » il a même donné le montant. Si je m’étalais, il serait mal à l’aise. Il m’a dit : « Alain, pour le travail que tu fais, je vais te donner cinq cases soit 10 Millions de Fcfa que je vais te donner ». Je lui ai dit « Non, je ne prends pas d’argent, moi je ne gère pas d’argent. Il a dit : « Je vais construire les cinq cases, et je vais construire des cases plus grandes. » Voilà pourquoi on lui a attribué les cases de ceux qui avaient des familles nombreuses. Il ne l’a jamais fait. Il ne répond plus à aucun appel. Et on le sait très bien, c’est eux-mêmes qui le disent, c’est les proches du Maire qui m’ont appelé pour me dire que celui qui est derrière c’est Congelcam. Je suis tombé d’un arbre quand j’ai appris çà. Je savais déjà que ce n’était pas très franc du collier, mais quand même !

« …les proches du Maire qui m’ont appelé pour me dire que celui qui est derrière c’est CONGELCAM. Je suis tombé d’un arbre quand j’ai appris ça… »

Des gens sont en train de crever, de dormir dans des conditions insupportables. Ceux-là même qui vont voter pour eux, ils ont un tel mépris que l’on se demande comment c’est possible ?

Si c’était un Maire qui n’était pas Bamiléké, qui disait «…je veux détruire ces cases », tout le monde aurait crié au tribalisme. Sauf que cette fois ce sont des enfants du village, qui refusent de loger les leurs. Nous qui construisons les cases, nous ne sommes pas du coin, parce que tout le monde dit oui c’est ton village… Ce n’est pas dans mon village que cela se passe ! Mais si je me mets à table, je pense qu’ils ne vont pas être très à l’aise. Je n’ai rien à foutre à Bafoussam, je n’ai pas de biens à Bafoussam, je vais à Bafoussam deux ou trois fois par an. C’est la douleur des gens qui m’a appelé ici.

Un espace où vit une des familles sinistrées

Samuel Eto’o n’a rien à foudre de Bafoussam, ce n’est pas son village ; c’est la douleur des gens qui l’a interpellé. Quand je lui ai parlé, il a dit « j’y vais », y compris tous ces artistes qui sont venus. Comment peut-on dire un matin que NON, on n’a pas respecté ceci cela, et que pour des guéguerres intérieures, ils soient en train d’empêcher qu’on mette les gens dans leurs cases ?. Si ce n’est pas de la haine, je ne sais pas comment on appelle ça. Alors je suis un peu dégoûte, surpris, désabusé, encore une maladie camerounaise. J’ai saisi ceux qu’il y a à saisir. On va attendre qu’ils réagissent. Que ce Monsieur arrête de dire sur les médias qu’il s’agit de plan. Il n’avait même pas vu les maisons avant. Quelqu’un m’a dit que Sylvestre de Congelcam ne veut pas que  ces logements soient à deux pas de chef lui, puisque c’est à 500 mètres, à … Lire la suite sur ABK Radio

 

Football professionnel : Le championnat camerounais se joue en Suisse

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Semengue veut faire perdre le sommeil à Séidou Mbombo Njoya.

Le match Fécafoot-Lfpc vient d’engager ses prolongations sur le terrain du Tribunal Arbitral du Sport (TAS) de Lausanne. Le tribunal mondial du sport a reçu en fin de semaine dernière la plainte de la Ligue de Football Professionnel de Football du Cameroun (Lfpc) au sujet de sa suspension par la Fédération camerounaise de football (Fécafoot). La Ligue a déjà déposé son mémoire de défense en six exemplaires comme le prévoit l’article R31 du Code de procédure en arbitrage du TAS. Le général Pierre Semengue, président de la Lfpc, a par ailleurs désigné Bernard Foucher, conseiller d’Etat à Paris, en qualité d’arbitre, et payé son droit de greffe. La procédure n’étant pas gratuite. En même temps, indique la note du TAS aux parties, « l’appelante requiert que le litige soit soumis à un arbitre unique dans le cas où la Fécafoot refuserait de payer sa part de l’avance de frais ». Le dernier mot reviendra à la présidence du TAS d’en décider, au regard de l’attitude de l’intimée qu’est la Fécafoot.

C’est donc un nouveau round du combat entre le Comité Technique Transitoire (CTT) créé par le Comité exécutif de la Fécafoot pour gérer le football professionnel le temps de la suspension de la Lfpc, et la Lfpc. Pierre Semengue ayant contesté la suspension de l’instance qu’il dirige depuis 2011, décidée le 3 septembre 2019 par le Comité exécutif de la Fécafoot, mais non confirmée par la prochaine Assemblée générale de la Fécafoot (tenue le 17 octobre 2019), tel que prévu par les Statuts de la Fécafoot. Ce qui annule de fait cet acte de suspension. Alors que la saison se poursuit sous les auspices du CTT, la Lfpc continue de contester sa mise à l’écart. La Chambre de conciliation et d’arbitrage (CCA) du Comité national olympique et sportif du Cameroun (Cnosc) s’étant déclarée incompétente pour connaitre de ce litige, la Lfpc a jugée nécessaire de saisir l’instance supérieure qui est le TAS.

Pierre Semengue avait promis de « défendre [son] mandat jusqu’au TAS si la Fécafoot s’entête ». En soulignant que « mon mandat court jusqu’au 27 juillet 2020». L’homme ayant été réélu le 27 juillet 2016 en battant Franck Happi, le président de l’Union sportive de Douala. Aboubakar Alim Konaté, le premier vice-président de la Fécafoot et président du CTT, n’a pas encore réagi à ce rebondissement.

Yaoundé : Voici le successeur de Gilbert Tsimi Evouna

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Luc Messi Atangana, le successeur de Tsimi Evouna

Luc Messi Atangana est le premier super maire de la ville de Yaoundé. L’homme a été élu ce 3 mars 2020 par les conseillers municipaux des sept arrondissements de la ville capitale. Au terme d’une opération à rebondissements. Le choix du Comité central étant contesté par une partie des électeurs. Face à une pléthore de candidatures. Outre l’élu qui est secrétaire permanent du Conseil national de la décentralisation et conseiller à Yaoundé 3, étaient en course de jeunes promus comme Jean Marie Abouna fraîchement élu maire de Yaoundé 1er, mais aussi Augustin Tamba le plus ancien des trois rescapés de la cité capitale ; par ailleurs d’anciens maires tout juste déchus de leurs postes comme Emile Andze Andze récemment déchu de la mairie de Yaoundé 1er après 24 ans ininterrompus, mais aussi dans les coulisses Yvette Claudine Ngono Ayissi (ex maire de Yaoundé 5, pendant 24 ans), et Mme Amougou Noma (tombée à Yaoundé 4) ; ainsi que Léonard Ambassa, tout jeune président du Conseil des ordres nationaux des experts–comptables de la Cemac et originaire d’Etoa, village de Yaoundé 3, que le journal Mutations présente comme un candidat surprise annoncé en dernière heure. Même si finalement, seulement deux challengers se sont finalement présentés : Jean Marie Abouna et Saint Eloi Bidoung. Avant de se retirer après une pause qui a permis des conciliabules. Mais les conseillers ont manifesté leur mécontentement en votant 196 voix contre 98 bulletins nuls.

Le mandataire du Comité central du Rdpc, a fait valoir la discipline du parti, alors que les uns et les autres avaient battu campagne auprès des électeurs. Certains ayant plus ou moins la garantie d’avoir séduit les électeurs. « Imposant » un homme dont le profil semble être rompu à la tâche qui attend le super maire. Un poste nouveau dans le processus de décentralisation au Cameroun, mais en réalité une autre appellation du délégué du gouvernement, autrefois nommé par le président de la République. Ainsi, le successeur de Gilbert Tsimi Evouna est un nom peu connu des milieux politiques à Yaoundé, mais un technocrate préparé. Luc Messi Atangana est depuis 2015, secrétaire permanent du conseil national de la décentralisation. Lui qui, en service dans les services du Premier ministre, était chargé de mission à la division des affaires publiques et institutionnelles.

Les chantiers en attente

C’est à cet homme qui flirtait déjà avec les affaires de la décentralisation, au lieu même où se pilote ce processus, que Jean Nkuété et Paul Biya ont confié la gestion de la ville de Yaoundé. A priori non (trop) inféodé au Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), le parti au pouvoir, le successeur de Tsimi Evouna est attendu sur le terrain technique de l’implémentation du plan directeur de la ville de Yaoundé. Plan longtemps ignoré et que le délégué du gouvernement sortant a tenté de sauver avec difficultés. La voie urbaine aussi est un aspect important pour l’homme qui arrive à un moment où plusieurs chantiers ont été engagés, mais sans visibilité réelle. Des cas résistants comme Mimboman, Nkolmesseng, Biyem-Assi, voilant parfois les efforts faits. L’hygiène et la salubrité sont également des champs dont la friche est endurcie par des difficultés financières. Du coup, Hysacam, l’entreprise chargée de la collecte et du traitement des ordures ménagères, ne parvenant pas toujours à assouvir les peines des Yaoundéens. Sans oublier le Mfoundi qui se rebelle à chaque forte pluviométrie, et dont le curage du lit demeure insatisfaisant pour les dieux de ce fleuve qui traverse la cité capitale sur son long. Le maçon est au pied du mur. A ses côtés, le nouveau premier magistrat de la ville de Yaoundé aura respectivement comme adjoints : Simon Mvogo Mboa, Flavienne Enoa, Palalou Mindjinyaoua et Justin Mbianda Kouayep.

Les maires des 14 villes*
Yaoundé : Luc Messi Atangana
Douala : xxxx
Nkongsamba : Frédéric Nzoki Epoh
Kumba : Victor Ngoh Nkelle
Bamenda : Paul Achobong
Bafoussam : Roger Tafam
Edéa :
Limbé :
Kribi : Guy Emmanuel Sabikanda
Maroua :
Garoua : Dr Ousmaila Mohamadou
Ngaoundéré : Bobo Saliou
Ebolowa : Daniel Edjo (orthographe à vérifier)
Bertoua : Jean Marie Sodea Dimbele

*Liste en cours d’actualisation

Audit de la CAF : L’arroseur arrosé

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Ahmad-Ahmad embarrasé

Le ciel n’est pas bleu à la tête de la Confédération africaine de football (CAF). Après la « tutelle » installée par la Fédération internationale de football association (Fifa), l’instance faîtière du football africain vit une agitation au sujet de la gestion des fonds alloués par la Fifa. Et c’est un audit réalisé par le cabinet PricewaterhouseCoopers, portant « revue organisationnelle de la CAF », qui relève des écarts dans gestion financière de la CAF entre 2015 et 2019. Ce qui inclut ainsi la fin de l’ère Issa Hayatou dans ce qui s’apparente à un feuilleton qui pourrait avoir des rebondissements. D’autant plus qu’au niveau de la CAF, on essaie déjà de rejeter les soupçons de malversations qu’induisent les enquêteurs de PricewaterhouseCoopers.

Le fait important ici est que PricewaterhouseCoopers est le cabinet même qui avait été sollicité par Ahmad pour conduire les inspections de la CAF au Cameroun, en prélude à la tenue de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2019 initialement prévue pour être organisée au Cameroun. Après avoir décidé de modifier le cahier de charges de la CAN en juillet 2016 (augmentant le nombre de participants de 16 à 24 et déprogrammant la phase finale de janvier-février à juin-juillet, Ndlr), le nouveau patron du football africain avait alors imposé son implémentation dès la prochaine édition de la CAN qui devait se tenir moins de deux ans. Et pour les visites d’inspections, la CAF n’en avait encore effectuée aucune avant la modification du cahier de charge, et avait ainsi décidé de céder les pleins pouvoirs à un cabinet d’audit qui devait mener les opérations. Question de « garantir la protection de l’intégrité du processus d’organisation et la transparence de la stratégie de la Caf». Ahmad qui déjà en juillet 2017, avait jugé au préalable le Cameroun incapable d’organiser même une CAN à quatre, avait par la suite contesté la régularité de l’attribution de l’organisation des CAN 2019, 2021 et 2023 respectivement au Cameroun, à la Côte d’ivoire et à la Guinée. L’ancien membre du Comité exécutif qui ne croyait plus à cet organe dirigeant.

Le siège de PricewaterhouseCoopers, qu’Ahmad voulait utiliser pour assomer le Cameroun

La CAF conteste le rapport d’audit

Ahmad avait alors jeté son dévolu sur le cabinet PricewaterhouseCoopers dans des conditions restées floues. Mais le cabinet londonien qui avait une représentation locale au Cameroun, avait surpris l’opinion en jetant l’éponge le 18 août 2017, à deux jours de la première visite d’inspection. Alors que les premiers membres de la mission étaient déjà arrivés en terre camerounaise. Sans justification officielle. Dans un communiqué de presse, la CAF avait écrit que : « il nous a été de constater ce jour même qu’une forte rumeur faisant état de ce que la sécurité des membres du Cabinet d’audit PricewaterhouseCoopers retenu pour la première mission d’inspection relative à l’organisation de la CAN Cameroun 2019 prévu du 20 au 29 août 2017, ne serait pas assurée.» Plus tard, des informations relayées par la presse laisseront croire que l’auditeur désigné par Ahmad avait reçu des consignes de biaiser le rapport ramené du terrain. Une suggestion qui aurait poussé le cabinet à se désister. Même si la représentation ivoirienne de PricewaterhouseCoopers contestera cette «rumeur », le fait pour Ahmad de rejeter le rapport commis par le second cabinet, Roland Berger retenu cette fois-ci sur appel d’offres, peut trahir un projet qu’aurait le président de la CAF pour le Cameroun. Toujours est-il que le désistement du premier auditeur avait pour le moins gêné le doute sur les intentions du Malgache.

C’est ce même PricewaterhouseCoopers qui vient de signer un audit accablant pour les nouveaux dirigeants de la CAF. Le fantassin d’Ahmad d’hier se trouve être aujourd’hui son bourreau, mis en mission par les supérieurs du patron du football africain. Réuni à Doha au Qatar en marge de la supercoupe d’Afrique interclubs, les dirigeants de l’instance rejettent ledit rapport : « Le Comité Exécutif conteste les allégations non fondées contenues dans ce rapport», peut-on lire dans le communiqué final.

CAF : Après 10 mois de fonction, le secrétaire général démissionne

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Mouad Hajji n'aura tenu que dix mois à la tête de la Caf

Le secrétariat général de la Confédération africaine de football (CAF) n’a plus de patron. Mouad Hajji a déposé sa lettre de démission ce 2 mars 2020, selon un communiqué de presse rendu public par l’instance faîtière du football africain. Dix mois seulement après avoir été nommé à ce poste. C’était le 11 avril 2019. C’est ainsi le 3ème secrétaire général de l’ère Ahmad, et la salve n’est pas terminée. L’homme qui quitte le bateau Caf ce jour avait remplacé l’Egyptien Amr Fahmy, lui-même nommé en novembre 2017, quelques mois après l’arrivée du Malgache à la tête de la Caf, à la place d’un autre Marocain, Hicham El Amrani qu’Issa Hayatou avait laissé.

Rien n’est précis sur ce qui semble être une éjection, à défaut d’être l’expression d’une décision personnelle. Mais la célérité avec laquelle les événements se sont déroulés sans bruits annonciateurs, peut être révélatrice d’un malaise au sein de la maison entre Mouad Hajji et sa hiérarchie. A un moment où la Caf traverse une zone de turbulence symbolisée par la mise sous tutelle de la Fifa, avec au passage des soupçons de malversations financières. Tutelle à peine bouclée que la Caf et la Fifa se brouillent sur les réformes que Giani Infantino, le nouveau président de la Fifa, veut voir être implémentées à la Caf à l’avenir. Notamment le passage de la périodicité de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) deux à quatre ans. Après le déplacement de l’événement du début de l’année à juin-juillet.

Dans le communiqué de la Caf, on apprend que « sa volonté par des motifs d’ordre personnels», et indiquant devoir regagner au plus vite le Maroc, M. Mouad Hajji a demandé à ce que son préavis de départ soit écourté, requête à laquelle le Président a accédé». Or « suivant le règlement de l’Institution, la démission, de même que la nomination, doit être soumise aux membres du Comité Exécutif ». Préalable qui ne sera pas respecté. « Le Président de la Confédération Africaine de Football a annoncé qu’un comité d’urgence va être convoqué au plus vite afin de désigner un Secrétaire Général par intérim», renseigne-t-on à la Caf.

Ahmad Ahmad salue « le travail a été précieux dans la conduite des réformes de l’institution comme du football africain depuis sa nomination. Il tient à saluer un collaborateur engagé, loyal et surtout passionné de football, et lui souhaite toute la réussite qu’il mérite dans la suite de sa carrière », selon le communiqué de la Caf. En remerciant son désormais ex patron, Mouad Hajji estime que « les nombreuses réformes entamées sur les plans sportifs et administratifs depuis 2017 poursuivent un projet auquel je crois, et que je soutiens toujours. Je ne doute pas que le Président continuera d’œuvrer au bon développement du plus beau sport qui soit ».

Cela survient une semaine exactement après le décès de son prédécesseur Amr Fahmy. L’homme qui, après avoir été éjecté de la Caf, avait accusé son ancien patron de corruption, de détournement de deniers publics et de harcèlement sexuel sur des employées de son secrétariat. Pour plus tard annoncer sa candidature à la tête de la Caf. « Parce que l’Afrique mérite mieux », était le slogan de campagne de celui qui avait la réputation d’être le fils de Moustapha et petit-fils de Mourad, qui l’ont précédé à la tête du secrétariat général de l’institution.

Affront de Macron : les raisons structurelles et personnelles de la pusillanimité des autorités camerounaises

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Par Moussa Njoya, politologue

La semaine qui vient de s’écouler a été marquée par la valse des marches et des communiqués suite à l’affront faite par Emmanuel Macron au chef de l’Etat camerounais, Paul Biya, lors du dernier salon de l’agriculture de Paris.
Mais, malgré la multiplicité des propos officiels ainsi des manifestations plus ou moins improvisées çà et là, il n’aura pas échappé à n’importe quel observateur la pusillanimité des autorités camerounaises. En d’autres termes, le caractère timoré, faible, frileux voire craintif de leurs réactions face aux propos du président français. Alors que le commun des mortels et des citoyens se serait attendu à des actions plus fortes et plus énergiques. Si ce n’est la rupture des relations diplomatiques, quelque peu excessive pour si peu, tout au moins la convocation et la consultation des ambassadeurs de France et du Cameroun par les autorités compétente.
Le moins que l’on puisse dire est que la fierté et la dignité des Camerounais en sont sorties plus que heurtées. Cependant, cet état des choses a bien des explications structurelles et personnelles.
I- Les raisons structurelles de la faible réaction des officiels camerounais
En diplomatie plus que dans bien de domaines, l’on se situe très souvent dans le long cours, le très long terme. Et malgré la survenance des certains évènements contingents, les relations entre les acteurs, et notamment les nations, sont souvent structurées par des principes fondamentaux qui varient assez peu. Il en est ainsi des rapports entre Cameroun et de la France plus spécifiquement, mais plus généralement de la doctrine des relations extérieures du pays de Paul Biya.
Le Cameroun, une chasse gardée de la France
Du 04 au 08 septembre 1986, Paul Biya effectue une visite officielle en République Fédérale d’Allemagne. Au cours de celle-ci, il annonce l’ouverture d’un consulat du Cameroun à Hambourg, l’exemption de visas pour les Allemands voulant venir au Cameroun, et surtout, il invite les hommes d’affaires de ce pays à venir massivement investir au Cameroun. Et pour bien se faire comprendre et rassurer ses interlocuteurs qui y verraient une incursion dans l’un des fleurons du pré carré français, il déclare, « le Cameroun n’est la chasse gardée de personne, ni d’aucune grande puissance. ».
Mais, au-delà du caractère quasi-révolutionnaire de cette assertion, la réalité est toute autre car le Cameroun est et demeure bel et bien la chasse gardée de la France. Comme je le disais déjà en juillet 2015 dans les colonnes du journal ‘’Le Jour’’ lors de la visite de François Hollande au Cameroun, « en dépit des circonvolutions, des déclarations et de la présence des nouveaux partenaires à l’instar de la Chine, le Cameroun reste la chasse bien gardée de la France. ».
En effet, sur le plan économique, si l’on a vu la France perdre quelques part du marché et notamment des projets au profit de la Chine, il n’en demeure pas moins que les secteurs les plus stratégiques sont encore en grande partie entre les mains des entreprises françaises.
Selon l’ambassade de France au Cameroun, les filiales des entreprises françaises sont présentes dans un large panel d’activités, comme le pétrole (Total, Perenco), l’agriculture et l’agroalimentaire (Compagnie fruitière, Vilgrain, Castel), les équipements électriques et informatiques (Schneider, Va Tech, Cegelec), la distribution (CFAO), le ciment (Lafarge), la logistique et les transports (Bolloré, Air France), la téléphonie mobile (Orange), les banques et les assurances (Société Générale, Crédit Lyonnais, Axa), et le BTP (Vinci, Bouygues).
L’importante présence française au Cameroun marque une position de quasi-monopole dans les grands secteurs-clés de l’économie camerounaise. C’est par exemple le cas du groupe Bolloré Africa Logistics dans le domaine portuaire et ferroviaire. Et le groupe Hachette détient presque toute l’édition et la distribution littéraire camerounaise.
Ainsi, c’est bien grâce à la France que l’Union Européenne demeure le premier partenaire économique du Cameroun avec 39,7% de la valeur globale des échanges de ce pays.
En outre, dans le cadre de l’aide publique au développement, le rôle de la France est tout aussi déterminant. En effet, en plus des aides bilatérales comme dans le cadre du contrat désendettement développement (c2d) où la France a accordé au Cameroun plus de 800 millions d’euros de réduction des dettes entre 2006 et 2016, le pays d’Emmanuel Macron est le principal garant du Cameroun pour ses emprunts et son éligibilité aux programmes d’aides des institutions multilatérales tels que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Un statut d’avaliste indispensable qui est largement dû aux conventions monétaires entre les deux pays notamment celles qui régissent la zone franc Cfa. Conventions monétaires qui rendent d’ailleurs impossible toute activité économique du Cameroun en dehors de ses frontières sans l’intervention et la médiation de la France
Dans le domaine militaire, en dépit des programmes de coopération élaborés avec des pays comme la Chine ou la Russie, et la place stratégique des Israéliens dans la sécurité présidentielle, la majorité des militaires camerounais sont formés par des instructeurs français. Les équipements sont aussi largement d’origine française.
Pour ce qui est de la politique internationale, la France reste le « porte-voix » du Cameroun dans les instances internationales, telle que les Nations Unies.
C’est surtout dans le domaine culturel que les liens sont plus forts entre le Cameroun et la France qui demeure la principale destination d’immigration des camerounais, ainsi que le principal modèle tant sur le plan éducatif, politique que sociétal.
La diplomatie de « profil bas » du Cameroun
William Eteki Mboumoua de regretté mémoire avait coutume de dire que la diplomatie camerounaise n’est ni tapageuse, ni orageuse, mais discrète et efficace. Mais en réalité, il s’agit de ce je pourrais appeler une « diplomatie de profil bas » qui est en vigueur depuis les premières années d’indépendance.
Aussi, les autorités camerounaises se sont-elles toujours données comme strictes directives le règlement pacifique des conflits et surtout la non-ingérence dans les affaires internes des autres Etats. Cette dernière se confinant même à de l’indifférence. Tandis que le pacifisme du Cameroun s’assimile quasiment à de la faiblesse.
C’est ainsi que le premier président camerounais s’est toujours gardé de contrarier frontalement la France. Et lorsque des sujets délicats comme la guerre du Biafra ou encore le fonctionnement de l’Organisation commune Africaine et Malgache (Ocam), Ahmadou Ahidjo se « réfugiait » souvent derrière Léopold Sedar Senghor, le président sénégalais d’alors, fort de son prestige d’académicien.
Dans la sous-région, Ahidjo n’était non plus une foudre de guerre. Avalant volontiers des couleuvres. C’est notamment le cas avec le grand voisin, le Nigeria, comme le démontrent les épisodes des années 1970 où face à l’agressivité des nigérians contre les navires et les ressortissants camerounais, Ahmadou Ahidjo avait toujours fait montre de conciliation allant jusqu’à, et ce contre toute logique, indemniser le nigérians qui étaient pourtant fautifs.
Comme le dit Philippe Gaillard dans son célèbre ouvrage biographique consacré au premier président camerounais, « Situé entre l’ex-AEF et le Zaïre francophones à l’est et au sud, et le Nigeria à l’ouest, carrefour des peuples et des religions, le Cameroun a un rôle éminent à jouer. Il ne le jouera jamais, car c’est difficile et car Ahidjo se comporte ici, non seulement avec prudence habituelle, mais avec circonspection ».
Le moins que l’on puisse dire est que Paul Biya, qui, contrairement à ce que certains observateurs très peu avertis pensent, copie infiniment son « illustre prédécesseur », est resté sur la même dynamique.
II- Les considérations personnelles liées à certaines autorités camerounaises
Cependant, cette logique institutionnelle et structurelle ne saurait totalement expliquer la mollesse et surtout les atermoiements dans la réaction du gouvernement camerounais. Les équations personnelles étant à prendre en compte.
Les batailles de succession
En effet, c’est un secret de polichinelle que la très grande majorité des collaborateurs pensent au quotidien à la fin du régime de Paul Biya et surtout à son remplacement. Par conséquent, ils :
– Amassent d’importantes fortunes, soit pour préparer une vie paisible après, soit pour se constituer un « trésor de guerre » en vue de l’éventuelle lutte de succession.
– Promeuvent plus leurs images personnelles que celle du Chef de l’Etat, encore moins celle des institutions dont ils ont la charge. C’est ainsi, qu’ils investissent d’importantes sommes d’argent, et mettent le personnel mis à leur disposition, exclusivement au service de la promotion de leur image de marque. Délaissant, celle des institutions.
– Sabotent le travail de leurs collègues afin, soit d’entrainer leurs sorties du gouvernement, soit ternir leur image auprès de l’opinion publique.
Dans cette logique de l’après-Biya les uns et les autres craignent des sanctions internationales qui compromettraient toutes leurs chances de succéder au Prince. Et plus que tout de se mettre à dos la France dont le rôle serait capital dans la dévolution du pouvoir.
De la famille et des biens en France
Plus prosaïquement, de nombreux membres du gouvernement du Cameroun ont des membres de leurs familles et des biens en France. Autant d’intérêts qu’ils n voudraient pas remettre en question.
Surtout que la ferme conviction quant aux idéaux du Renouveau n’est pas toujours de mise.

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