mercredi, mai 20, 2026
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Les chaînes d’approvisionnement agroalimentaires fragilisées par les routes dégradées et les coûts du fret

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Les derniers indicateurs publiés décrivent un environnement des affaires marqué par une montée des contraintes pour les entreprises, en particulier dans les filières agroalimentaires. Le début de la saison des pluies, qui détériore les principaux axes routiers, s’ajoute à la hausse des coûts logistiques et des matières premières, compromettant les rythmes de production dans plusieurs unités de transformation.

Les difficultés logistiques apparaissent nettement dans les réponses des entreprises. L’accessibilité aux matières premières locales se dégrade lorsque les routes secondaires deviennent impraticables. Les industries de transformation des produits agricoles, dépendantes d’un flux constant d’approvisionnement depuis les zones rurales, rapportent des retards fréquents et des ruptures qui affectent directement leurs cadences.

À ces obstacles routiers s’ajoute une hausse généralisée des intrants. Plus de 74 % des entreprises évoquent l’augmentation des prix des matières premières, tandis que 72 % signalent leur rareté. Les intrants désignent ici l’ensemble des produits nécessaires à la production : céréales, huiles, produits d’élevage, composants importés ou matériaux de conditionnement. Leur coût en hausse pèse sur les chaînes de transformation, réduisant les marges et fragilisant la trésorerie.

Les entreprises mentionnent également la progression des frais liés au passage portuaire et au fret. Le fret désigne le transport maritime ou terrestre de marchandises. Son renchérissement, signalé par 71 % des entreprises, renforce le coût final des intrants importés. Parallèlement, 76 % des entreprises relèvent une hausse des frais portuaires. Cette addition de charges logistiques alourdit le coût des matières premières et pénalise les unités qui dépendent des importations.

L’accès aux devises constitue une autre contrainte persistante. Pour 77,6 % des entreprises interrogées, la disponibilité limitée des devises ralentit les achats d’intrants à l’étranger. La “politique de change” désigne l’ensemble des règles encadrant l’accès aux monnaies étrangères. Sa complexité rallonge les délais de paiement, limite les stocks et expose les industries à des interruptions.

Les contraintes énergétiques amplifient ces difficultés. Plus de 83 % des entreprises signalent des problèmes d’accès à l’électricité, soit une progression notable par rapport au trimestre précédent. Pour les unités de transformation, l’énergie représente un poste essentiel : refroidissement, stockage, broyage, cuisson, séchage ou conditionnement dépendent d’un approvisionnement stable. Les coupures ou fluctuations entraînent des pertes de matières et augmentent les coûts de production.

Le financement devient également plus difficile. 77 % des entreprises évoquent un accès restreint au crédit, une hausse de plus de 15 points. L’insuffisance de financement limite la capacité à acheter des stocks de sécurité, à renouveler le matériel ou à absorber la hausse des coûts logistiques. La trésorerie se dégrade d’autant plus que 77 % des entreprises rapportent des retards de paiement, désormais classés parmi les principales préoccupations.

Cette accumulation de contraintes se déroule dans un contexte d’inflation maîtrisée mais toujours sensible dans les secteurs alimentaires. Selon l’Institut national de la statistique, les prix à la consommation ont progressé de 0,3 % en septembre 2025, portés par une hausse de 0,9 % des produits alimentaires, notamment les pains, céréales, fruits et légumes. Sur douze mois, l’inflation moyenne atteint 3,9 %, proche du seuil de convergence de la CEMAC fixé à 3 %.

Cet environnement met en évidence la vulnérabilité des filières agroalimentaires face à des facteurs simultanés : routes dégradées, hausse des intrants, contraintes énergétiques et difficultés d’accès au financement. Des éléments qui, cumulés, perturbent les chaînes d’approvisionnement locales et pèsent sur les capacités de transformation.

La FAO ouvre un concours régional pour projets agricoles urbains et périurbains

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La FAO a annoncé depuis Libreville le lancement d’un appel à candidatures visant les jeunes innovateurs et agri-preneurs engagés dans l’agriculture urbaine et périurbaine au Cameroun, au Gabon, au Congo et en Guinée équatoriale. Cette démarche s’inscrit dans un programme régional de coopération technique axé sur la promotion de pratiques agricoles adaptées aux villes et à leurs périphéries.

L’agriculture urbaine et périurbaine désigne l’ensemble des activités de production, de transformation et de commercialisation agricoles réalisées au cœur des villes ou dans les zones proches. Elle inclut les cultures maraîchères, l’élevage de petite taille, la pisciculture, ainsi que les services liés à la gestion ou la mise en marché des produits. Cette approche, encore peu structurée dans plusieurs pays d’Afrique centrale, gagne en importance face à l’urbanisation rapide et à la pression croissante sur l’emploi des jeunes.

Le programme piloté par la FAO entend identifier huit initiatives portées par des jeunes âgés de 18 à 35 ans. Les projets doivent relever des filières agro-sylvo-pastorales et halieutiques. Ces filières recouvrent la production agricole (agro), la gestion forestière et ses produits dérivés (sylvo), l’élevage (pastoral) et la pêche ou pisciculture (halieutique). Les porteurs de projets doivent également intégrer l’usage des technologies de l’information et de la communication, qu’il s’agisse d’outils numériques de gestion, de plateformes de vente ou de solutions d’optimisation de la production.

Selon le Coordonnateur sous-régional de la FAO, Athman Mravili, l’agriculture urbaine ne se limite pas à une réponse aux besoins alimentaires. Elle constitue un levier structurant pour des villes plus autonomes et mieux préparées face aux pressions économiques et sociales. En pratique, ce type de production permet de rapprocher l’offre alimentaire des centres de consommation, de réduire les coûts logistiques, de diversifier les revenus des ménages et d’encourager l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes.

Les candidats retenus bénéficieront d’un accompagnement technique comprenant du coaching individuel, des formations pratiques et un appui financier pour accélérer la mise en œuvre ou l’extension de leurs activités. Les projets seront d’abord présentés lors des cafés innovation organisés dans chaque pays participant, avant une sélection finale par un jury d’experts du secteur agricole.

Les candidatures sont ouvertes du 4 au 15 décembre 2025. Les jeunes entrepreneurs résidant dans l’un des quatre pays concernés doivent soumettre leurs dossiers via la plateforme projet-aup.org. Les porteurs de projets encore au stade de démarrage sont éligibles, à condition de proposer une démarche innovante dans la production, la transformation, la distribution ou les services associés à l’agriculture urbaine et périurbaine.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique régionale visant à moderniser les systèmes alimentaires et à encourager une agriculture plus durable, plus résiliente et mieux intégrée aux territoires urbains. Elle complète les actions de la FAO, organisation spécialisée des Nations unies qui accompagne 194 États membres dans l’amélioration durable de l’agriculture, de la sylviculture, de la pêche et de la nutrition.

L’API signe des conventions avec la Chambre de commerce d’Éthiopie, la Magzi et le PAD

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C’était la 2e édition du « dîner des investisseurs ». Le rendez-vous gastronomique du 5 décembre 2025 était placé sous le thème « Augmenter la contribution du secteur privé au PIB du Cameroun ». Comme la première édition, cette autre édition du « dîner des investisseurs » avait donc pour vocation d’adresser les problématiques inhérentes au secteur de l’investissement. Tout en invitant les acteurs à venir s’implanter en terre camerounaise, riche en ressources halieutiques, agropastorales et même touristiques.

Une soirée qui a également vu la signature d’un mémorandum d’entente entre les directeur généraux de l’Agence de Promotion des Investissements (Api), Boma Donatus et celui du Port Autonome de Douala (PAD), Cyrus Ngo’o, en vue de faciliter les opérations d’importation. Un autre mémorandum sera signé avec le représentant de la Chambre de commerce Cameroun-Ethiopie pour ouvrir une porte aux investisseurs de ce pays-là. L’on n’oublie pas aussi la signature du plan triennal de collaboration entre l’API et la Mission d’aménagement des zones industrielles pour faciliter l’installation des entreprises. Pour Boma Donatus, plus que jamais, l’API veut soutenir les investisseurs en s’appuyant sur le triptyque confiance, fluidité et réduction de risque. Un trio qui s’articule autour des innovations telles que sont le guichet unique, un comité d’audit et l’orientation donnée aux projets.

Un bilan flatteur

Dressant à l’occasion le bilan de l’API, Boma Donatus, le DG de l’API expliqué que la mise sur pied de l’Agence et même la signature de la nouvelle ordonnance sur les incitations à l’investissement témoignent à suffisance d’une volonté du pays de faire prospérer les investisseurs pour leur permettre de participer à l’industrialisation du pays. Et comme preuves tangibles de l’efficacité de l’Agence, le DG a indiqué l’API a déjà signé jusqu’à ce jour 500 conventions d’investissements pour un total 7000 milliards de FCFA injectés, avec à la clé, 17000 emplois générés au terme du processus d’investissement.

Un riche potentiel peu exploité

Au cours de cette soirée, une visite en images, des différentes aires géographiques et des zones agro écologiques du pays, a permis aux invités d’avoir un aperçu de ces richesses et de se faire une idée des secteurs porteurs. Mais, si le Cameroun est si riche en ressources naturelles, pourquoi est-il si dépendant des importations ? A cette question, les membres du gouvernement présents, notamment le ministre charge de l’Agriculture et ministre par intérim du Tourisme et le ministre en charge de l’Elevage, ont expliqué que le pays est encore limité dans son élan industriel par le manque d’unités de transformation et de ressources humaines qualifiées. Pour sa part, le président du Mouvement des entreprises du Cameroun, Daniel Claude Abate, a relevé notamment les difficultés d’accès au foncier et d’existence de juridictions en charge des conflits d’affaires pour justifier la fragilité du climat des affaires.

Access Bank accélère son implantation au Cameroun avec le rachat de Standard Chartered

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« Cette transition représente un moment déterminant pour Standard Chartered, alors que nous recentrons nos efforts sur nos domaines d’excellence. Notre priorité tout au long du processus a été d’assurer une transition fluide pour nos employés et nos clients », a déclaré Anna Asonganyi, Directrice générale de Standard Chartered Cameroun dans un communiqué rendu public le 5 décembre 2025. Elle a ajouté que les clients et collaborateurs « continueront de bénéficier du niveau de service et d’accompagnement auquel ils sont habitués » sous l’égide d’Access Bank.

Les équipes des deux banques ont travaillé ces dernières années à l’intégration des agences, du personnel et de la clientèle dans le réseau d’Access Bank. Cette fusion opérationnelle doit permettre de développer de nouvelles offres et d’élargir la base de clients.

Access Bank Cameroon affichait déjà en 2024 une progression notable : les dépôts ont augmenté de 84,81 %, passant de 79 milliards FCFA en décembre 2023 à 146 milliards FCFA en décembre 2024. Les crédits à la clientèle atteignaient 17 milliards FCFA. La banque annonçait également un bénéfice annuel de 3,5 milliards FCFA et une hausse de 4 % du retour sur fonds propres, indicateur qui mesure la rentabilité des capitaux investis.

Renforcement du portefeuille entreprises

Avec cette acquisition, Access Bank Cameroon élargit son portefeuille, notamment dans le financement des entreprises et les services aux grandes sociétés, segments historiquement privilégiés par Standard Chartered au Cameroun. La banque affirme servir plus de 22 000 clients – entreprises, particuliers et commerçants – à travers cinq agences situées à Douala et Yaoundé.

L’opération s’inscrit dans un mouvement plus large de retrait orchestré par la maison-mère.  En 2022, Standard Chartered avait annoncé son intention de céder ses activités dans sept pays d’Afrique et du Moyen-Orient. Selon Kariuki Ngari, Managing Director & CEO Standard Chartered Kenya & Africa, cette stratégie vise à « gagner en efficacité, réduire la complexité, renforcer l’échelle et servir nos clients là où notre impact est maximal ». Il a salué la collaboration avec Access Bank dans la mise en œuvre de la cession et remercié les régulateurs camerounais pour leur accompagnement. Il a rappelé que, malgré son retrait local, le groupe « continuera de faciliter les flux internationaux de capitaux à destination du pays ».

Réduction de 25 à 35% de la redevance forestière annuelle en 2026

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A partir du 1er janvier 2026, la redevance forestière annuelle devrait connaitre une baisse substantielle. Lee gouvernement annonce un abattement de l’ordre de 25 à 35% sur le montant de la redevance forestière annuelle au profit des entreprises du secteur. Dans le cadre de sa stratégie pour alléger la fiscalité dans ce secteur, le gouvernement veut à travers cette mesure, soutenir les entreprises du secteur face à des pertes financières. Cet abattement fiscal, précise-t-on, fait partie d’une réforme plus large de la fiscalité forestière, visant à renforcer la compétitivité des entreprises du secteur forestier.

Les objectifs de cette réforme

L’objectif principal de cette réforme, précise-t-on, est de relancer et de professionnaliser la filière bois au Cameroun en la rendant plus attractive et compétitive. Mais également, accroître la compétitivité, en réduisant la pression fiscale, le gouvernement espère encourager les exploitants forestiers à opérer dans le cadre légal, à investir dans la transformation locale et à être plus compétitifs sur le marché international. Cette réforme promeut aussi  l’exploitation durable. Ce, en favorisant une meilleure gestion et conservation des ressources forestières. Des taxes inéquitables peuvent parfois inciter à une exploitation plus intensive à court terme, tandis qu’une fiscalité allégée et mieux structurée pourrait encourager des pratiques durables et certifiées.

Aussi, il est question de formaliser le secteur et élargir l’assiette fiscale. En allégeant les taxes, l’État cherche à réduire la fraude et l’informalité, permettant ainsi à plus d’exploitants de se conformer à la réglementation et, in fine, d’élargir l’assiette des contribuables. En filigrane, le gouvernement prépare déjà l’interdiction d’exportation de grumes, pensent certains. Cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large visant à préparer l’entrée en vigueur de l’interdiction d’exportation de bois en grumes (non transformé) dans la zone CEMAC, en incitant les entreprises à investir dans des outils de transformation locaux.

50 milliards de FCFA de pertes dans les caisses de l’Etat

La réforme de la fiscalité forestière au Cameroun en 2026 aura un impact potentiellement négatif à court terme sur les recettes directes de l’État. Mais elle vise un objectif stratégique de compétitivité, de durabilité et, à terme, d’augmentation globale des revenus du secteur, précise-t-on. La réforme fait suite à un constat de pertes de recettes de l’ordre de 20 milliards de FCFA dues à la non-application effective de certaines mesures fiscales existantes. L’allégement fiscal entraînera une diminution directe des montants perçus par l’État via la RFA. L’État camerounais mise donc sur une diversification de ses bases imposables et le développement d’autres sources de revenus, notamment la finance climatique, pour compenser ce manque à gagner. Bien que l’objectif ultime soit d’accroître les recettes, l’expérience passée montre que les effets des réformes fiscales forestières sur les comportements des exploitants peuvent être complexes et parfois imprévisibles.

EDF s’invite dans un grand projet solaire à Garoua

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Le projet solaire de Garoua, annoncé depuis plusieurs exercices budgétaires mais jusque-là porté par le seul développeur EB Solaire S.A., connaît une mutation. Présenté dans le programme de performance 2026 du ministère de l’Eau et de l’Énergie, défendu fin novembre devant le Parlement, le projet a enregistré au cours de l’année qui s’achève, l’arrivée d’EDF Cameroun, filiale du groupe français Électricité de France. « Ce projet qui était porté uniquement par la société EB SOLAIRE SA, connaît désormais la participation de la société EDF Cameroun qui est chargée d’accélérer son développement », a révélé le ministère de l’Eau et de l’énergie.

Selon ce document budgétaire, le projet repose sur la construction d’une centrale solaire photovoltaïque d’une puissance initiale de 50 MWc, dimensionnée pour être portée jusqu’à 60 MWc. Le dispositif comporte également un système de stockage par batteries, indispensable pour lisser la production et garantir une fourniture plus stable, notamment le soir lorsque les panneaux cessent de produire. L’ensemble est prévu à proximité immédiate de l’aéroport international de Garoua, sur un périmètre arrêté depuis les premières études.

«Le Ministre de l’Eau et de l’Energie a signé un Accord-Cadre de développement avec la société EDF Cameroun en sa qualité de mandataire de EB SOLAIRE. L’actualisation des études est en cours». Dans le langage administratif, être mandataire signifie agir au nom du développeur initial pour conduire, coordonner et structurer la poursuite du projet.

Le choix d’EDF Cameroun n’est pas anodin. L’entreprise dispose déjà d’une expérience opérationnelle sur le terrain au Cameroun. Elle a notamment réalisé en 2022 l’installation de centrales solaires sur mesure pour la Société Générale Cameroun, destinées à assurer l’alimentation de plusieurs agences à Yaoundé et Douala.  Sa maison mère est également impliquée dans des projets majeurs tels que le barrage de Nachtigal, ou encore celui de Kikot Mebe

Bien que les contours financiers du partenariat entre EDF et EB Solaire S.A., entité créée au Cameroun par l’italien Enerray, n’aient pas encore été dévoilés, l’arrivée d’EDF constitue un renfort de poids. Surtout si l’on se rappelle que le projet est dans les starting blocks depuis 2021. En effet, c’est le le 13 juillet de la même année, que EB Solaire a signé une convention d’investissement avec l’ancienne directrice générale de l’Agence de promotion des investissements (API), Marthe Angeline Minja. 

Ce type de convention, prévu par la loi du 18 avril 2013 sur les incitations à l’investissement privé, ouvre l’accès à plusieurs facilités : allègements fiscaux, exemptions douanières et garanties administratives visant à favoriser la mise en œuvre de projets structurants. Ces avantages avaient permis à EB Solaire de sécuriser un site de 70 hectares à Garoua et de lancer les études préliminaires d’une centrale destinée à renforcer un réseau public souvent mis sous tension dans le Nord.

Corruption routière : La gifle de trop qui asphyxie le corridor Douala-N’Djamena

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L’interruption totale du trafic sur l’axe Ngaoundéré–Meiganga, déclenchée le 4 décembre 2025 à la suite d’une altercation entre un élément de la gendarmerie et un chauffeur de camion, a provoqué une paralysie brutale d’un corridor vital pour l’économie camerounaise. L’incident initial – une gifle et un coup de poing infligés lors d’un contrôle routier à l’entrée de Meiganga – a immédiatement suscité la colère des transporteurs. Ce point de contrôle, déjà connu pour des pratiques de prélèvements illégaux, a servi d’amorce à une mobilisation d’une ampleur rarement observée.

La réaction a été immédiate. Les camionneurs ont aligné leurs véhicules sur plusieurs kilomètres et bloqué la Nationale 1, un axe qui constitue la principale voie d’acheminement des marchandises vers l’Adamaoua, le Nord et l’Extrême-Nord. Selon plusieurs médias, plus de 11 000 véhicules et bus seraient immobilisés entre Meiganga et Garoua-Boulaï, un chiffre non officiel mais confirmé par divers témoignages. La congestion a touché l’ensemble de la chaîne logistique, créant un effet domino sur le transport des denrées périssables, les circuits pharmaceutiques et les flux de transit vers le Tchad et la Centrafrique.

Le blocage a rapidement pris une tournure collective. Des bus de transport en commun et des riverains excédés par les abus routiers se sont joints au mouvement. À Lokoti, des jeunes ont érigé un blocus total, immobilisant camions frigorifiques, véhicules de tourisme et convois transportant des médicaments destinés aux hôpitaux de Ngaoundéré. Les transporteurs, invoquant une accumulation d’extorsions, de violences et d’abus, ont refusé toute reprise d’activité sans une intervention directe du ministre des Transports. Les autorités locales ont tenté une médiation.

Le Lamido de Meiganga, également sénateur, a appelé à la retenue, sans parvenir à obtenir la levée du blocus. Le préfet du Mbéré puis le gouverneur de l’Adamaoua, Kildadi Taguiéké Boukar, se sont relayés pour stabiliser la situation. Les responsables syndicaux régionaux du Syndicat national des chauffeurs routiers du Cameroun (SNCRC) ont exprimé leur soutien aux revendications tout en appelant à éviter les débordements. En parallèle, un autre courant syndical s’est désolidarisé du mouvement, dénonçant ce qu’il qualifie de méthode de blocage incompatible avec la « stabilité » et le « respect des institutions ».

La paralysie logistique s’est doublée d’un volet humanitaire. À Meiganga, le maire Aboubakar Kombo a mobilisé les services municipaux pour distribuer plus de mille kits alimentaires à des voyageurs immobilisés depuis trois jours. La Croix-Rouge locale a été déployée afin d’identifier les besoins sanitaires urgents et assurer les premiers secours. Des habitants du quartier Nandéké ont également apporté vivres et couvertures aux voyageurs coincés sur la chaussée.

Les effets économiques se sont imposés dès les premières heures. La rupture d’approvisionnement de l’Adamaoua et la stagnation des flux vers les régions septentrionales ont révélé la dépendance structurelle du Cameroun à ce corridor unique. La vulnérabilité de cette route – accentuée par les pratiques de tracasseries routières – renforce le risque systémique pour l’économie nationale. Sur le corridor Douala-N’Djamena, un rapport du ministère de la Défense publié en 2022 recensait 66 postes de contrôle, dont 39 jugés irréguliers. Les organisations professionnelles estiment qu’un camion perd en moyenne 140 000 FCFA par voyage du fait de ces pratiques, soit plus de 2 milliards de FCFA par mois versés en dehors des circuits officiels.

En parallèle, des centaines de passagers, dont une délégation de l’Université de Maroua en route pour Yaoundé, ont été immobilisés dès la matinée du 4 décembre à la sortie de Meiganga. Selon les autorités locales, aucun incident n’a été signalé au sein du groupe, mais les déplacements restent impossibles tant que la route demeure bloquée. Après quatre jours de paralysie, la contestation s’est élargie. Certains manifestants exigent désormais la libération de personnes arrêtées dans le cadre de cette crise qui paralyse la circulation. Les tentatives répétées des forces de maintien de l’ordre n’ont permis aucune reprise du trafic. L’absence de « feu vert » souligne la profondeur du blocage et l’accumulation d’enjeux qui dépassent largement l’incident initial.

Cette crise met en lumière les fragilités d’un modèle d’approvisionnement reposant sur un corridor saturé, vulnérable aux abus et dépourvu d’alternatives opérationnelles. L’axe Ngaoundéré–Meiganga, devenu le théâtre d’une immobilisation sans précédent, rappelle que la corruption routière n’est pas uniquement un problème de gouvernance : elle constitue un coût macroéconomique majeur pour le pays.

Ndollè City : Impex Trading et Génie Building signent une convention de 300 milliards FCFA pour intégrer les entreprises locales dans le projet

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Le programme Ndollè City poursuit sa mise en place avec la signature, à Douala, d’une convention de partenariat entre Impex Trading et Génie Building. L’accord, évalué à 300 milliards de F CFA, consacre l’intégration d’entreprises camerounaises dans ce chantier inscrit dans le World Dream Investment (WDI). Ce dispositif de développement transversal vise à stimuler la transformation multisectorielle du Cameroun et, plus largement, du continent africain, à travers un portefeuille de projets structurants. Le WDI s’articule autour de deux volets : Ndollè City et les Projets intégrés, dont l’objectif commun est de remodeler l’environnement économique et urbain du pays par des innovations de grande portée.

L’accord signé le 4 décembre dernier doit permettre de montrer qu’un tissu d’ingénierie et de construction compétent existe déjà sur le territoire. Sur le plan économique, les 300 milliards engagés représentent un levier rare pour une PME camerounaise. Impex Trading y voit un impact direct sur l’emploi, la formation technique et l’évolution du secteur des travaux publics. « Pour une PME camerounaise, c’est énorme. En termes d’emplois, de transfert d’expertise, d’ingénierie, c’est un bouleversement positif. L’import-substitution n’est pas seulement industrielle, elle est aussi intellectuelle : l’ingénierie, les travaux publics, l’accompagnement technique, tout cela repose d’abord sur l’expertise locale », a déclaré Junior Abraham Ngosso, directeur général d’Impex Trading, par ailleurs vice-président du Comité interministériel de facilitation du programme Ndollè City.

Relativement au financement du projet, « les fonds sont mobilisés depuis dix ans. Il fallait simplement respecter les réglementations CEMAC et camerounaises. La BEAC nous a donné tous les feux verts. Convention d’investissement signée, accord tripartite avec l’État finalisé, validation du Comité interministériel : tout est conforme. Aujourd’hui, les banques se montrent désormais demandeuses d’implication dans le projet », a révélé le patron d’Impex Trading. La pose de la première pierre est annoncée pour février 2026.

Du côté de Génie Building, la convention engage l’entreprise dans une phase d’exécution particulièrement sensible. Son directeur général, Guy Bertrand Deffo, souligne que l’entrée dans le projet à un tel niveau financier implique une responsabilité technique majeure. Le rôle de l’entreprise consiste à matérialiser les premières infrastructures de Ndollè City conformément aux prescriptions du cahier des charges. « Pour la première pierre prévue en février, c’est un moment fort. Quand on s’engage dans un projet d’un montant de 300 milliards, ce n’est pas pour de simples aménagements. Nous avons un rôle essentiel dans l’ancrage réel de Ndollè City, tel que prescrit dans le cahier des charges. Les impressions sont excellentes, même si je dois calmer ma joie pour rester concentré », a confié Guy Bertrand Deffo.

Les responsables du programme WDI rappellent de leur côté l’ambition économique associée à Ndollè City. Foka Gilles Herman, vice-président exécutif coordinateur, évoque des projections de deux millions d’emplois et l’attraction potentielle de cinq millions de touristes. Plus de 5 300 entreprises étrangères sont déjà recensées comme partenaires du projet, ce qui devrait offrir aux entreprises camerounaises une exposition importante aux technologies et aux méthodes de construction internationales. Ce mécanisme est présenté comme un vecteur d’apprentissage et d’amélioration technique généralisée. Les effets fiscaux sont également anticipés : la diversification des activités et la substitution aux importations pourraient élargir l’assiette fiscale de l’État.

La signature entre Impex Trading et Génie Building marque ainsi un déplacement progressif du projet vers sa phase opérationnelle. Avec une chaîne de financement validée par la BEAC, un encadrement interministériel actif et une volonté affirmée d’intégrer les opérateurs locaux, Ndollè City se positionne comme un test national en matière de souveraineté industrielle.

Crise post-électorale: Aba’a Oyono libéré, Djeukam Tchameni à Kondengui

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Le Pr Calvin Aba’a Oyono est libre depuis ce vendredi 5 décembre 2025. Le conseiller spécial de Maurice Kamto, a été élargi de la cellule du Secrétariat d’Etat à la défense (SED) où il était incarcéré depuis plus d’un mois en détention provisoire. Dans le cadre de la crise post-électorale qui secoue le Cameroun.


L’homme qui avait rejoint Issa Tchiroma Bakary peu avant le début de la campagne électorale en vue de l’élection présidentielle du 12 octobre dernier, et l’avait accompagné durant son périple à travers la République, avait été interpellé à Yaoundé, alors que des mouvements de contestation avaient été déclenchés dès le soir même du scrutin. L’homme en provenance de Yaoundé, avait d’abord été refoulé de l’aéroport de Garoua, avant d’être arrêté plus tard à Yaoundé, comme feu Anicet Ekane et Djeukam Tchameni, ainsi que d’autres cadres du Mouvement africain pour la Nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem) et proches d’Issa Tchiroma.

Les trois accompagnateurs de Tchiroma

Les trois principales figures des geôles ont connu des sorts différents : Anicet Ekane mort le 1er décembre dernier, Aba’a Oyono a été élargi pendant que Djeukam Tchameni fait l’objet d’un mandat de dépôt à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui. Rien n’est encore clair sur le statut de l’enseignant d’université.

Mort d’Anicet Ekane : Le gouvernement répond à l’Union européenne

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« …Une mission diplomatique, fût-elle celle de l’Union européenne, ne saurait adresser des injonctions, ou prescrire des orientations à un État souverain ; toute chose qui pourrait s’apparenter à une volonté d’ingérence inadmissible« . La dénonciation est de René Emmanuel Sadi, ministre de la Communication. Dans un communiqué signe ce 5 décembre 2025, le porte-parole du gouvernement réagit à la sortie de la délégation de l’Union européenne en lien avec la crise post-électorale qui a vu des dizaines de morts et des centaines d’arrestations sur l’ensemble du territoire national. Mais plus précisément sur la mort d’Anicet Ekane survenue au petit matin du 1er décembre 2025. L’UE appelait le gouvernement camerounais « à garantir la sécurité et l’intégrité physique de tous les acteurs politiques, ainsi que sur le recours excessif à la violence, aux violations des droits humains« , rappelle le communiqué.

De quoi irriter un partenaire qui est tout de même dos au mur depuis la tenue de l’élection présidentielle le 12 octobre dernier. « Le gouvernement désapprouve sans réserve une telle initiative contraire en tous points de vue, aux usages et aux règles qui réagissent les relations diplomatiques entre les États, fondées sur le respect mutuel de leurs souverainetés ». René Emmanuel Sadi nke même l’authenticité des faits d’énoncés par l’Union européenne : « Le gouvernement s’inscrit d’autant plus en faux contre cette déclaration qu’elle est dénuée de tout fondement  ».

Les relations entre l’UE et le Cameroun ont toujours eu une forte coloration politique et sociale, avec une forte inclination aux droits de l’homme.

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