La
régie déléguée qui gère le terminal à conteneurs du port de douala-Bonabéri
depuis le 1er janvier 2020 vient de boucler son 1er semestre d’activités sur
une note de satisfaction.
23,982 milliards de francs.
C’est le chiffre d’affaires réalisé par la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC)
du port de Douala -Bonabéri de janvier à fin juin 2020. Selon des données
obtenues par votre journal auprès de Faustin Dingana le Directeur Délégué de la
RTC, cette entité créée par une résolution du conseil d’administration du Port
Autonome de Douala (PAD) en décembre 2019, a manutentionné un volume de 173.593
conteneurs (équivalent vingt pieds, Evp) durant la même période. L’année
dernière, pour la même période, le chiffre d’affaires était d’environ 20,6
milliards de francs, et le volume de conteneurs manutentionnés de 153.898 Evp
(équivalent vingt pieds). « On aurait pu faire mieux et nous ne pouvons pas
comparer objectivement les résultats de la RTC avec ce qui s’est fait durant
les six premiers mois de 2019, vu que nous sommes dans un contexte de
systématisation de la baisse de 10 % sur les tarifs de prestation terre,
instruite par l’autorité portuaire », explique un responsable de la régie
approché par notre rédaction. La même source relève aussi que la pandémie du
coronavirus, « a impacté les commandes ».
Cela dit, soutien un haut
cadre du Port Autonome de Douala, l’entreprise se réjouit d’avoir pu «
poursuivre normalement le service public au Terminal à Conteneurs, contribuant
ainsi à soutenir efficacement l’économie camerounaise tout en dissipant les
doutes au sein des lignes maritimes et des chargeurs (…) sur la capacité de la
RTC à se prendre en main et exploiter le terminal ». Ces doutes, il faut le
relever ont été « rapidement évacués par les performances de la jeune entité,
et surtout avec l’appropriation rapide et intelligente du nouveau système
d’information Navis N4, acquis en procédure d’urgence par le PAD », estime
notre interlocuteur. C’est vrai que sur les quais et dans les allées du
terminal à conteneurs, la présence de grands armateurs (Maersk Line, Cma Cgm,
Msc, Pil, Grimaldi…) reste visible. Une confiance maintenue, selon le PAD, en
raison d’une « amélioration de l’offre érigée en priorité ». Concrètement, au
cours des six premiers mois de l’année en cours, la régie a engagé un certain
nombre d’actions visant justement cette amélioration de la qualité du service.
Entre autres : la mise en place de cadres de concertation permanents et
réguliers avec ses différents partenaires commerciaux ; ainsi que la limitation
des fréquentations physiques dans les services de facturation par la
vulgarisation du télétravail à travers une offre de services en ligne, etc.
Modernisation
Plusieurs activités entrent
en droite ligne des travaux déjà engagés. il s’agit des chantiers de
rénovation, de modernisation et de développement qui vont de la construction
des voiries, l’enlèvement des épaves qui jonchaient les quais et les plan
d’eau, la reconstruction d’un duc d’Albe pétrolier, l’aménagement et la
construction de nouveaux quais, la sécurisation du périmètre externe et interne
du port, l’autonomisation du Dragage avec l’acquisition de deux nouvelles
dragues pour les pieds de quai et le chenal, la création d’une base logistique
de transit vers les pays sans littoral que sont le Tchad et la Centrafrique,
etc… Pour mémoire, la Régie du Terminal à Conteneurs du Port de Douala-Bonabéri
est né à la suite d’un différend qui opposait l’Autorité Portuaire de Douala,
le PAD, au groupement Bolloré SA-APM Terminals, actionnaire de DIT, l’ancien
concessionnaire du Terminal à Conteneurs querellé. Arrivé 7ème à l’Appel Public
International à Manifestation d’Intérêt pour la concession des activités de
rénovation, de modernisation, d’exploitation et de maintenance du Terminal à
Conteneurs du Port de Douala-Bonabéri, selon le PAD, le Groupement Bolloré
SA-APM Terminals, a esté en justice le Port Autonome de Douala, pour contester
son élimination et solliciter la suspension du processus afin d’être remis en
course. Face à cette procédure qui s’annonçait longue, et au danger qu’elle
faisait courir à l’économie camerounaise suite à un arrêt de l’exploitation du
Terminal à Conteneurs, le chef de l’État Paul Biya, dans sa grande sagesse, a
instruit le 23 octobre 2019, la suspension d’attribution du Terminal à un
nouveau concessionnaire, afin de vider les contentieux pendants devant les
tribunaux du Cameroun et d’ailleurs, au sujet de ce pan important de l’activité
portuaire de Douala.
Expertise
nationale
En application des termes du Contrat de concession de 2004 entre le PAD et DIT, notamment les articles 42 et 48, le Port Autonome de Douala appelé dans ce cas Concédant ou simplement bailleur, pouvait reprendre le contrôle et l’exploitation de son terminal. C’est donc fort des missions et prérogatives que lui confère le décret du 24 janvier 2019, le réorganisant, que la Direction Générale du Port Autonome de Douala a proposé à son Conseil d’Administration, la création d’une Régie déléguée en charge de la gestion du Terminal à Conteneurs. Pour mémoire, l’article 42 sus-évoqué stipulait qu’ : « à l’expiration de la concession et quelles qu’en soient les causes, le nouveau Concessionnaire, le concédant, est subrogé au présent Concessionnaire dans tous ses droits et perçoit notamment tous les revenus et produits constatés à partir de la date d’expiration ». Quant à l’article 48, il précise pour sa part qu’: « en cas de faillite du Concessionnaire ou de cessation d’activité pour toute autre cause, le Concédant a un droit de préemption sur tout le matériel et équipement du Concessionnaire. En outre, le Concessionnaire est tenu de mettre à la disposition du concédant l’organisation et l’ensemble du personnel affectés à l’exploitation du service sur une période n’excédant pas dix (06) mois ».
C’est donc dans ce contexte et au moyen de ces dispositions juridiques que la Régie du Terminal à Conteneur sera donc créée le 6 décembre 2019 par une résolution comme le prévoit les textes. Mais comment allait-elle reprendre l’exploitation après le 31 décembre 2019, date de départ de DIT, sans personnel et sans matériels ? En réponse, le PAD va tout simplement activer son droit de subrogation ou remplacement et de préemption que lui confèrent les articles 42 et 48 de l’instrument juridique qui liait les deux parties ainsi et que ses prérogatives de puissance publique. Le contrat de concession en l’occurrence, ainsi que les textes juridiques régissant l’activité portuaire lui donnaient justement les moyens techniques et humains, afin de poursuivre l’exploitation du Terminal à conteneurs. Les équipements et les personnels réquisitionnés vont donc continuer à travailler, mais sous la direction de la RTC, dès la reprise des activités du Port de Douala-Bonabéri, le 2 janvier 2020. Six mois après, l’expertise camerounaise est donc à la manœuvre, avec un succès éclatant.