mercredi, mai 20, 2026
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Autoroute Yaoundé-Nsimalen : un 1er financement annoncé, mais des travaux toujours incertains

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vue partielle de la maquette de la section urbaine de l'autoroute Yaoundé-Nsimalen

« Je suis heureuse que Monsieur le Premier ministre ait donné des consignes pour que toutes les conditions soient réunies afin que ces travaux démarrent dès avril 2024. » Ces mots sont ceux de Célestine Ketcha Courtes, ministre de l’Habitat et du Développement urbain. Elle s’exprimait ainsi dans les colonnes de Cameroon Tribune, quelques jours après un conseil de cabinet tenu le 29 février 2024.

Cette déclaration empreinte d’enthousiasme était une réponse à notre confrère qui tentait de savoir quand aurait lieu le démarrage effectif des travaux de la section urbaine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen.

Plus d’un an après cette sortie, le Minhdu, qui se félicite d’avoir au moins amorcé, sur fonds propres, des travaux préliminaires comme le recalibrage du lit du Mfoundi derrière le Bois Sainte-Anastasie — où doit passer l’autoroute — ne peut toujours indiquer avec exactitude quand La construction débutera.

Toutefois, depuis le mois de novembre, tant lors de son passage devant le Parlement que dans son programme de performance pour l’exercice 2026, Célestine Ketcha Courtes répète que les travaux du lot I, qui va de l’échangeur Ahala à l’échangeur Trois-Statues en passant par Obam-Ongola, débuteront en 2026. Cette assurance découle d’une avancée majeure enregistrée en novembre.

En effet, le financement qui semblait être le principal verrou a été partiellement levé le 18 novembre 2025, lorsqu’un décret présidentiel a autorisé la signature d’une combinaison de prêts représentant environ 154,4 milliards de FCFA pour le seul premier lot, entre l’échangeur Ahala et le carrefour Trois-Statues. Ce montage inclut un crédit acheteur de 136,3 milliards de FCFA et un crédit commercial de 18,10 milliards de FCFA contractés auprès de MUFG Bank Londres.

Lors d’une séance de travail organisée au Minhdu le 9 décembre 2025, Célestine Ketcha Courtes a même laissé entendre que la signature des conventions de prêt était imminente, même s’il faut encore, pour atteindre cette conclusion heureuse, boucler les derniers réglages. « En guise de recommandations, des plannings doivent être proposés, et les procédures accélérées, afin que la convention de financement soit signée, et que les travaux puissent effectivement démarrer en début d’exercice 2026 », souligne le compte rendu du Minhdu.

Une fois cette étape franchie, le projet devra encore satisfaire un certain nombre de préalables dont le bouclage conditionne le démarrage effectif des grands travaux. Le Minhdu cite notamment l’acquisition du visa de maturité. Ce document est une attestation de préparation avancée, prouvant que le projet est « prêt à être lancé » sur les plans technique et financier, condition indispensable pour débloquer les financements.

Cela signifie, au sens du décret du 17 juin 2025 fixant les règles régissant le processus de maturation des projets et d’investissement public, que l’étude d’impact environnemental, les plans de masse, de construction et d’aménagement, ainsi que les études techniques (faisabilité, plan directeur, etc.) doivent encore être validés par les autorités compétentes afin d’obtenir ce quitus.

Le Minhdu attend également la publication du décret d’indemnisation, huit mois après que le président de la République, par un décret, a classé les terrains nécessaires au projet dans le domaine public artificiel de l’État, une étape juridique essentielle pour l’expropriation et l’indemnisation conformément à la réglementation en vigueur.

Selon toute vraisemblance, et d’après des informations obtenues auprès de sources proches du dossier, la publication dudit décret serait retardée par l’absence de financements pour les indemnisations et par un désaccord sur la partie devant supporter ces coûts. Pourtant, selon la même source, une clause contractuelle précise que cette obligation incombe à l’entreprise chargée des travaux.

La conclusion heureuse de ces deux opérations conditionne l’inscription du projet dans le Cadre de dépenses à moyen terme (CDMT), ainsi que l’obtention de l’avis favorable de la Commission de la dette publique, qu’attend avec impatience le Minhdu. Autant d’éléments susceptibles de retarder le début effectif des travaux.

Malgré cette peinture un peu pessimiste, quelques progrès ont tout de même été enregistrés. L’adoption d’un décret présidentiel en avril 2025 a permis de classer en domaine public artificiel les terrains indispensables à la réalisation des travaux.

« Cette mesure a enclenché les procédures d’expropriation pour cause d’utilité publique, un acte essentiel pour sécuriser les emprises touchant une cinquantaine de titres fonciers», souligne le Minhdu, qui ne donne aucune indication sur l’état d’avancement des opérations de mobilisation des financements nécessaires à la réalisation des deux autres lots.

Pour mémoire, la section urbaine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen est longue de 12,3 km. Elle part de l’échangeur Ahala, situé dans l’arrondissement de Yaoundé III, pour rejoindre la sous-préfecture de Tsinga dans la commune de Yaoundé II, en passant par la Poste centrale. Le projet a été subdivisé en trois lots.

La construction du premier tronçon, qui va de l’échangeur Ahala à l’échangeur Trois-Statues en passant par Obam-Ongola sur un linéaire de 6,2 km, a été confiée à l’entreprise Buns. Quant aux lots 2 (Trois-Statues – Poste centrale) et 3 (Boulevard du 20 Mai – Carrefour Tsinga), ils ont été attribués à Razel.

D’après le Document de programme d’investissement prioritaire (PIP) 2024-2026, les travaux, qui en principe doivent débuter cette année, vont s’achever en 2027, pour un coût global de 379 milliards de FCFA.

Emmanuel Noubissie Ngankam : « Barrage Hydroélectrique de Nachtigal : La vraie-fausse controverse »

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L’actualité de ces dernières semaines au Cameroun a été, entre autres, marquée par les mutations survenues dans le secteur de l’électricité. Ces mutations tiennent en haleine l’opinion nationale, notamment les deux points nodaux que sont, d’une part, ce qui est convenu d’appeler la renationalisation d’ENEO et, d’autre part, les contours de l’exploitation du barrage hydroélectrique de Nachtigal assurée par l’entreprise NHPC (Nachtigal Hydro-Power Company).

S’agissant particulièrement de ce second point, il suscite une forte controverse, alimentée à la fois par des leaders d’opinion et les médias de tous bords. L’analyse, pertinente ou non, se dispute avec l’amalgame et parfois la désinformation, voire la manipulation, d’un public pour qui un seul fait compte : la persistance des délestages et des coupures d’électricité, alors même que l’entrée en fonction du barrage de Nachtigal et ses 420 MW était annoncée comme le début de la fin du rationnement de l’électricité.

Faut-il le rappeler, et toutes les études et analyses l’attestent, l’un des principaux facteurs limitants au développement économique et social du Cameroun, ainsi qu’à la compétitivité des entreprises, est le déficit structurel en énergie électrique. Qu’il s’agisse de la Vision 2035, de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND 30), de sa devancière le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE), du Mémorandum de l’Économie Camerounaise de la Banque mondiale, du Cameroon Economic 2025 Update de juillet 2025 de la Banque mondiale, de la Stratégie de Développement Pays 2023-2028 (DSP) de la BAD, tous ces documents de référence font le même diagnostic et prescrivent la même médication en ce qui concerne l’amélioration de l’offre de l’énergie électrique au Cameroun. Le Tableau de Bord de l’économie camerounaise du 2ème trimestre 2025 publié par le GECAM révèle que 83,6% des entreprises indexent les perturbations et les difficultés d’accès à l’énergie électrique comme la principale faiblesse de l’environnement des affaires au Cameroun.

//Au-delà de l’accroissement de la capacité installée, Nachtigal est le relais permettant de procéder à la maintenance des barrages d’Edéa et Songloulou tous les deux à bout de souffle faute d’entretien //

Comme pour y donner un écho, le barrage hydroélectrique de Nachtigal, dont les premières études datent des années 70, s’est avéré être la clé de voûte de la solution à un problème structurel, du fait, entre autres, de sa capacité qui en fait la plus grande infrastructure du secteur au Cameroun. Bien plus, et au-delà de l’accroissement de la capacité installée qui, jusqu’à l’entrée en fonction de Nachtigal, stagnait autour de 1600 MW sur un potentiel de 12000 MW, ce barrage était et reste la solution idoine devant permettre de prendre le relais et d’assurer la maintenance des barrages d’Edéa construit dans les années 50 et Songloulou qui date de 1976 (environ 50 ans), tous les deux à bout de souffle faute d’entretien, ce qui représente un risque majeur d’un blackout total pour le Cameroun.

Au-delà de cette fonction stratégique qui a suscité beaucoup d’appétit, notamment celui du major des mines Rio Tinto qui a quitté le Cameroun sur la pointe des pieds en 2015 du fait, entre autres, des atermoiements autour de la réalisation de Nachtigal, une question de fond taraude les esprits et amplifie la controverse. Il s’agit du montage financier et du contrat de construction et d’exploitation du barrage avec, en ligne de mire, la clause du « Take or Pay » qui engage le distributeur ENEO (offtaker) à payer mensuellement environ 10 milliards de F CFA au consortium NHPC, que la production soit entièrement absorbée ou pas.

//La clause du « Take or Pay » présente de nombreux avantages pour toutes les parties prenantes//

La controverse autour de la clause du « Take or Pay », pour compréhensible qu’elle puisse être, relève tout simplement d’un déficit de connaissance des pratiques courantes dans le secteur de l’énergie pris au sens le plus large (pétrole, gaz et électricité). Cette clause, qui est l’élément clé de l’accord d’achat de l’électricité (Power Purchase Agreement – PPA), a priori contraignante, présente de nombreux avantages pour toutes les parties prenantes.

  • Pour l’État, cette clause permet une meilleure allocation des ressources publiques (la maximisation du financement de développement) dans ce sens qu’elle (la clause) facilite le Partenariat Public Privé (PPP), ce qui fait porter le poids du financement du projet par le secteur privé et oriente les ressources limitées de l’État vers les secteurs, notamment sociaux, peu attractifs pour les opérateurs privés. 
  • Pour les prêteurs et financiers, et dans le cas d’espèce EDF (Électricité de France) chef de file, IFC (Société Financière Internationale – Groupe de la Banque mondiale), l’Agence Multilatérale de Garantie des Investissements (MIGA – Groupe de la Banque mondiale), Africa 50 (Groupe de la BAD), la clause Take or Pay constitue une forme de garantie en ce qui concerne la viabilité et le remboursement des investissements.
  • Pour la société de projet, en l’occurrence NHPC, la clause est également une garantie de revenu, de stabilité financière et de l’exploitation optimale de l’infrastructure. Elle réduit considérablement le risque de défaut de paiement de la part de son client ENEO. 
  • Pour ENEO, et à travers lui l’État qui s’est porté garant, le Take or Pay permet de négocier de meilleurs coûts du kWh et, au-delà, un meilleur prix de l’électricité facturé aux consommateurs (ménages et entreprises). Cette clause est particulièrement avantageuse dans un contexte de volatilité, d’imprévisibilité et de vulnérabilité à des externalités.

Plus globalement et au-delà des avantages évoqués plus haut, la bonne exécution du contrat de production et d’achat de l’électricité entre NHPC et ENEO/État renforce l’attractivité du Cameroun dans un contexte où notre pays voudrait faire de son Compact Énergétique National un exemple, voire un modèle, dans le cadre de la Mission 300, initiative de la Banque mondiale et de la Banque Africaine de Développement (BAD) lancée en janvier 2025 et dont l’objectif est d’accélérer l’accès à l’énergie électrique à 300 millions d’Africains d’ici 2030. Le Compact énergétique du Cameroun, présenté en avril 2025 à Washington lors des Assemblées de printemps de la Banque mondiale et du FMI, se veut être une boussole qui vise particulièrement à augmenter la qualité et la quantité d’énergie fournie aux consommateurs, améliorer la stabilité annuelle de l’accès à l’électricité et ce, en mobilisant environ 12,5 milliards de dollars US, (environ 7 751 milliards de CFA) dont 6,5 milliards de dollars (un peu plus de 50%) attendus du secteur privé.

Mais au-delà de ces avantages et de la pertinence du barrage de Nachtigal, des zones d’ombre demeurent et interpellent tous les maillons de la chaîne du secteur de l’électricité, car, faut-il le rappeler, NHPC en tant que producteur indépendant n’est que l’un des maillons auquel sont rattachés d’autres producteurs (barrages d’Edéa, de Songloulou et de Lagdo opérés par ENEO, le barrage de Memvele opéré par EDC, les centrales thermiques de Kribi et de Douala opérés par Globelec). En aval de la production et avant le distributeur, le maillon clé est le gestionnaire du réseau de transport, la SONATREL (Société Nationale de Transport d’Électricité) qui, depuis sa création en 2018, est responsable de l’exploitation, de la maintenance et du développement du réseau national de transport, de ses interconnexions avec d’autres réseaux et de la gestion des flux d’énergie.

//En aval de la production, les réseaux de transport et de distribution sont les maillons faibles de l’ensemble du système//

Cette dernière fonction, mal connue du grand public, fait de SONATREL LE Dispatcheur national de l’énergie électrique. C’est à elle qu’incombe au quotidien la responsabilité de réguler le niveau de production de chacun des producteurs. Il se trouve des moments de la journée où Nachtigal est contraint par le dispatcheur de réduire sa production jusqu’à 200 MW, le différentiel par rapport à la capacité optimale de 420-430 MW étant « déversé » dans la nature, même si contractuellement ENEO doit payer 412 MW.

Les autres maillons, notamment l’ARSEL (l’Agence de Régulation du Secteur de l’Électricité), l’AER (l’Agence de l’Électrification Rurale) ont des missions définies dans la loi n°211/022 du 14 décembre 2011 régissant le secteur de l’électricité au Cameroun et les textes réglementaires spécifiques à ces entités.

Au regard de la situation actuelle du secteur, marquée entre autres sur le plan technique par un déficit de planification, la vétusté du réseau de transport et de distribution, la mauvaise conception du mix énergétique (le thermique étant conçu pour servir en base plutôt qu’en pointe), la vétusté des deux principales usines hydro-électriques Edéa et Songloulou, le système serait dans l’incapacité de supporter une production maximale du barrage de Nachtigal 24h/24. Et pour cause aux périodes creuses, le réseau de transport, qui est le maillon le plus faible du système, ne peut absorber la totalité de l’énergie produite.

Comme le prévoit le Compact Énergétique National, il devient impérieux de : (i) réviser la loi de 2011 susmentionnée en vue, entre autres, d’ouvrir le champ du transport à d’autres compétences, (ii) investir massivement dans la réhabilitation et l’extension des réseaux de transport et de distribution, (iii) engager un programme de maintenance des barrages d’Edéa, Songloulou et Lagdo grâce à l’optimisation de Nachtigal, (iv) redéfinir le rôle dévolu aux centrales thermiques qui ne devraient servir qu’en pointe et dont le coût du kWh est de près de 300 F CFA comparé à 65 F en moyenne pour l’hydro.

Toutes ces considérations techniques et bien d’autres, notamment la saine évaluation de l’opportunité de l’arrivée de nouveaux producteurs, iraient de pair avec la recherche de l’équilibre financier du secteur, véritable talon d’Achille.

Le Cameroun aligne ses lois Cemac sur les Partenariats Public-Privés (PPP) afin de booster les investissements publics

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L’atelier de mutualisation consacré à la transposition de la directive CEMAC sur les Partenariats Public-Privés (PPP) s’est tenu le 9 décembre 2025 à Yaoundé. En ouvrant les travaux, Paul Tasong, ministre délégué à l’Économie chargé de la planification, a replacé l’exercice dans le cadre communautaire : « Cet atelier avait pour objectif de s’assurer que les différents acteurs impliqués ont une base de compréhension partagée. Le Cameroun fait partie de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale constituée de six États et nous avons un certain nombre d’acquis à protéger. Parmi ces acquis, il y a la monnaie : le franc CFA de l’Afrique centrale. »

La directive adoptée le 25 février 2025 vise à doter les six États membres d’un cadre juridique commun pour les PPP, afin d’harmoniser les pratiques de commande publique et de rendre les projets d’infrastructures plus attractifs pour les investisseurs. Le texte intervient dans un contexte marqué par un déficit massif en infrastructures de transport, d’énergie, de télécommunications et de services sociaux de base.

Pierre-Guillaume Boum Bissai, représentant résident de la CEMAC au Cameroun, a rappelé les contraintes qui ont conduit à l’élaboration du dispositif : « Le contexte qui a donné lieu à l’élaboration de cette directive est celui d’une Afrique centrale marquée par des défis financiers et structurels critiques. On parle d’un besoin massif d’infrastructures dans les domaines vitaux […]. Ce déficit infrastructurel s’accompagne d’un accès restreint aux financements lié à une capacité budgétaire limitée des États et à un manque de profondeur du marché financier sous-régional. » La Banque mondiale estime ce déficit à environ 2 500 milliards de FCFA par an.

Face à la faiblesse des ressources publiques et au coût de la dette, la CEMAC a retenu les PPP comme mécanisme pour attirer des capitaux privés dans le financement d’infrastructures. L’objectif est de définir des règles communes, de renforcer la transparence, de sécuriser les engagements contractuels et de rendre les projets structurants plus compétitifs.

Paul Tasong a insisté sur la dimension budgétaire du dispositif : « L’un des instruments à prendre en compte ici, c’est la politique budgétaire. Il est aujourd’hui connu que les pays en développement ont des difficultés pour accéder aux financements. Les pays de la CEMAC se sont mis d’accord sur le fait que pour résoudre cette contrainte, il faut trouver des sources alternatives comme les partenariats publics-privés. D’où la mise en œuvre de cette directive adoptée par le Conseil des ministres. Les États sont donc appelés à la transposer dans les différentes législations locales. »

La transposition nationale doit également moderniser les structures d’accompagnement, notamment le Comité d’Appui à la Réalisation des Partenariats Public-Privés (CARPA), afin d’assurer un pilotage institutionnel plus rigoureux et de limiter les risques financiers pour l’État.

Cameroun : MTN domine le marché du mobile money en 2024 avec 70,2 milliards FCFA de chiffre d’affaires

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photo générée par Mobile Money

D’après des données de l’Observatoire annuel du marché des communications électroniques publié le 9 décembre 2025 par l’Agence de régulation des télécommunications (ART), MTN Mobile Money a pris une avance nette sur Orange Money, son concurrent direct. Avec 70,2 milliards de FCFA de chiffre d’affaires en 2024, l’opérateur  trône en tête du marché camerounais des services financiers sur mobile en 2024.

Les parts de marché ont souvent fluctué entre MTN et Orange au cours des quatre dernières années. Orange Money menait en 2021 avec 45,5 milliards FCFA de chiffre d’affaires, contre 39,6 milliards FCFA pour MTN. En 2022, l’écart s’est inversé. MTN est passé en tête avec 46,2 milliards FCFA de chiffre d’affaires, devant Orange (44,5 milliards FCFA). En 2023, seules les données de MTN étaient disponibles, l’opérateur ayant déclaré 55,1 milliards FCFA de chiffre d’affaires. En 2024, MTN a davantage creusé l’écart avec 70,2 milliards FCFA, dépassant les résultats d’Orange Money 65,5 milliards FCFA.

La domination de MTN survient dans un marché en pleine expansion. Le nombre de comptes actifs continue de croître, passant de 10,7 millions en 2023 à 11,4 millions en 2024. Depuis 2021, la progression est régulière. 8,26 millions d’utilisateurs en 2021, 9,36 millions en 2022, puis 10,65 millions en 2023. Quand au chiffre d’affaires global du secteur, il est passé de 85,2 milliards FCFA en 2021 à 90,7 milliards FCFA en 2022, avant de retomber à 55,1 milliards FCFA en 2023. En 2024, il s’est établi à 135,8 milliards de FCFA.

Poisson, viande, légumes… l’inflation dévore le budget des ménages

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La légère progression de 0,3 % des prix à la consommation en octobre 2025 masque des tensions beaucoup plus fortes sur les denrées alimentaires. Les prix de ce groupe ont augmenté de 0,6 % en un mois, prolongeant la tendance observée depuis février. Cette poussée résulte d’un renchérissement simultané de plusieurs produits de base : légumes, huiles, viandes, poissons et fruits de mer.

Sur douze mois, l’inflation moyenne atteint 3,7 %. Le niveau se rapproche du critère communautaire fixé à 3 % dans la zone CEMAC, mais les produits alimentaires restent le principal moteur de la hausse, avec un accroissement de 7 %. Les services de transport, eux, progressent de 4,2 %, renforçant les pressions sur les prix finaux.

Le phénomène ne se limite pas à une seule région. L’inflation varie de 2,5 % à Bertoua à 4,8 % à Bamenda. Les zones les plus touchées cumulent coûts de transport élevés, approvisionnement fragile et fluctuations de l’offre locale. À Ngaoundéré, Bafoussam ou Buea, la progression des prix dépasse 4 %. Ces écarts reflètent l’impact direct des routes dégradées, des perturbations logistiques et du coût du carburant sur les chaînes d’approvisionnement.

Dans ce contexte, les protéines animales — notamment le poisson et la volaille — deviennent plus coûteuses pour les ménages. Les produits halieutiques enregistrent une hausse marquée, qu’il s’agisse de poissons séchés ou fumés (bar, silure, carpe) ou de poissons frais comme le « kanga », la dorade ou le capitaine. Cette tendance s’explique par la hausse des charges des pêcheurs : carburant pour les embarcations, glacières, filets et frais de conservation. Ces intrants pèsent sur le coût final du poisson, d’autant que les transporteurs appliquent des tarifs plus élevés en raison du prix du diesel et des difficultés sur certaines routes.

La chaîne de valeur du « kanga » illustre cette contrainte. Les pêcheurs du fleuve ou des zones côtières doivent financer le carburant, l’entretien du matériel et les conditions de conservation du poisson jusqu’au quai. Les mareyeuses, qui assurent l’acheminement jusqu’aux marchés urbains, paient davantage pour le transport, les taxes locales et la manutention. Les détaillants répercutent ensuite ces hausses sur les consommateurs, parfois en ajoutant des marges nécessaires pour compenser les pertes dues à la périssabilité du produit. À chaque étape, les coûts additionnels se cumulent.

La viande n’est pas épargnée. Les hausses concernent particulièrement le poulet de chair et le poulet local sur pieds. Les éleveurs supportent l’augmentation du prix de l’aliment pour volaille — mélange de maïs, tourteaux et compléments minéraux — fortement dépendant des coûts agricoles et des importations. L’aliment constitue la dépense principale dans la filière avicole. La hausse des intrants, combinée aux frais vétérinaires et au transport, tire les prix vers le haut. Là encore, les intermédiaires appliquent des marges pour couvrir leurs propres coûts, renforçant la pression sur les consommateurs.

L’inflation dite « sous-jacente », qui exclut les produits à prix volatils comme les fruits frais ou l’énergie, s’établit à 2,3 %. Ce niveau montre que la hausse des prix ne provient pas uniquement des fluctuations saisonnières mais aussi de mécanismes plus structurels liés aux chaînes de production et d’approvisionnement. Les produits frais progressent toutefois de 11,4 %, un rythme largement au-dessus de la moyenne générale.

La composante locale de l’inflation domine. Les biens produits sur le territoire augmentent de 4,1 %, contre 2,7 % pour les biens importés. Cette différence reflète des pressions internes : hausse des coûts de production, difficultés logistiques et demande intérieure soutenue. Pour les denrées périssables, chaque perturbation dans la chaîne — carburant, fermeture temporaire d’axes routiers, rareté de l’offre — se traduit immédiatement par un ajustement des prix.

L’ensemble de ces facteurs explique pourquoi les protéines animales, essentielles dans l’alimentation quotidienne, glissent progressivement hors de portée pour une partie des ménages.

Asac : le nouveau bureau exécutif mise sur la digitalisation des services d’assurance

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C’est l’un des cinq piliers majeurs du plan d’action des deux années de mandat conféré à la nouvelle équipe dirigeante installée à la tête de l’Association des Sociétés d’Assurance du Cameroun par le ministre des Finances.

La transformation numérique est au cœur des objectifs déclinés par le nouveau bureau exécutif de l’Association des Sociétés d’Assurance du Cameroun. Le plan d’action a été dévoilé par la présidente élue, Eudoxie Douya, directrice générale de Royal Onyx Insurance lors de la cérémonie d’installation par le ministre des FinancesLouis Paul Motaze, le  4 décembre dernier à Douala.

5 leviers clés vont guider ce mandat de deux (02) ans : la digitalisation, les pools des grands risques, le développement du segment Vie, le capital humain et le dialogue institutionnel. La transformation numérique est présentée comme la clé de cette stratégie.  « Nous devons finaliser les chantiers engagés, étendre la dématérialisation à d’autres branches et faire du numérique un levier d’efficacité et de transparence » a indiqué Eudoxie Douya, nouvelle Présidente du bureau Exécutif de l’Asac. Le numérique, selon les acteurs du secteur aidera à mettre un terme à diverses mauvaises pratiques à l’instar des réseaux parallèle ou encore de fausses déclarations. Pour exemple, « la gestion manuelle des attestations d’assurance automobile doit être éliminée car les contrôles ont mis en évidence plusieurs failles : duplications, circuits parallèles, disparitions massives avec des conséquences regrettables pour le marché, l’Etat et les bénéficiaires », indique le ministre des Finances pour qui la digitalisation va aider à assainir le marché, protéger les finances publiques et renforcer la sécurité des usagers.

Pour implémenter son plan d’action, le nouveau bureau compte s’appuyer des commissions techniques et des comités ad hoc qui seront chargés de traduire en réalité les différents projets.

Le marché national des assurances a atteint 285 milliards de chiffre d’affaires à fin 2024. Globalement, le secteur connaît une croissance moyenne de 7% ces dernières années, se félicite l’équipe sortante de l’Asac conduit par Thierry Kepeden, DG d’AXA. Le secteur a enregistré une hausse de 7,14% en 2023,4,71% en 2024 et au 30 juin 2025, 4,30%.  La branche vie connaît cependant une faible évolution et moins de 2% de la population camerounaise reste couverte par une assurance. Pour le nouveau bureau, « l’assurance vie doit devenir un pilier de croissance et d’inclusion financière ».

Réaction

Louis Paul MOTAZE, ministre des Finances

 « Le nouveau bureau de l’Asac devra contribuer à l’atteinte des objectifs de la SND30 »

 « Le mandat de l’équipe sortante s’est inscrit dans la continuité de l’œuvre de leurs prédécesseurs et a contribué, sous le regard bienveillant de l’Etat, à l’amélioration de notre marché. Malgré quelques manquements, cette équipe a su accompagner la tutelle dans ses réformes structurantes, avec des résultats significatifs. Ce nouveau bureau de l’Asac devra contribuer fortement à l’atteinte des objectifs de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), qui vise la transformation structurelle de l’économie locale et l’accroissement de ses capacités de financement. Le nouveau bureau sera appelé à accompagner l’Etat dans la mise en place de la société nationale de Réassurance, la création d’un fonds de garantie automobile, la mise en place d’un pool de Co-assurance pour la gestion de l’assurance Location Conteneur, la réforme du Pool TPV, la poursuite du dialogue entre les acteurs intervenants dans le circuit de délivrance et de mise en œuvre de l’assurance caution, la rationalisation des plateformes numériques. Il vous revient d’intensifier la collaboration avec la tutelle, pilier de la régulation étatique d’une part, et de renforcer l’image et la crédibilité de la profession d’autres part, car servir l’assuré, c’est honorer la parole donnée »

Levée de fonds de 238 milliards FCFA : Afriland First Bank porte 21 % de l’opération

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L’opération de levée de fonds de 238 milliards FCFA initiée par l’État du Cameroun vient de confirmer, une fois encore, le rôle stratégique d’Afriland First Bank dans le financement de l’économie nationale. La banque camerounaise s’est illustrée par une participation majeure de 50 milliards FCFA, soit 21 % du montant total, intégralement décaissés dès la première tranche.

Menée sous la garantie d’Afreximbank, l’opération a mobilisé un consortium bancaire composé d’Afriland First Bank, Société Générale, BICEC, Ecobank, SCB, UBA et Access Bank. Parmi ces institutions, Afriland First Bank s’est démarquée par la rapidité de son décaissement et par l’importance de son engagement financier.

En amont, la banque avait déjà accordé à l’État une ligne de crédit court terme (revolving), permettant d’assurer une avance de trésorerie indispensable au bon déroulement de l’opération et au financement des besoins publics immédiats. Une initiative qui témoigne de sa capacité d’anticipation et de sa proximité avec les impératifs économiques nationaux.

« Je salue l’engagement d’Afriland First Bank qui s’est distinguée par une contribution majeure à la mobilisation des financements publics, notamment à travers la souscription de 50 milliards FCFA et la mise en place d’une ligne de crédit court terme. Cette posture proactive illustre un partenariat solide et une volonté affirmée de soutenir l’intérêt général », a déclaré le ministre des Finances, Louis Paul MOTAZE.

Pour Célestin GUELA SIMO, Administrateur Directeur Général d’Afriland First Bank, cette contribution s’inscrit dans la continuité d’un positionnement assumé : « Chez Afriland First Bank, nous croyons que le développement économique passe par des partenariats solides et durables. Notre contribution démontre notre volonté d’accompagner l’État du Cameroun dans ses projets stratégiques et de soutenir les acteurs économiques pour bâtir une croissance inclusive et pérenne. »

Au-delà de cette opération ponctuelle, Afriland First Bank poursuit son engagement de long terme pour le financement des projets publics, des infrastructures structurantes et des politiques économiques nationales. La banque confirme ainsi sa vocation de catalyseur du développement, tout en renforçant la stabilité financière du pays.

Leader du marché bancaire camerounais et acteur financier majeur en Afrique centrale, Afriland First Bank incarne solidité, innovation et engagement au service du développement. Au 31 octobre 2025, l’institution affichait un total bilan de 2 489,5 milliards FCFA, un encours de crédits de 1 627 milliards FCFA, un encours de dépôts de 1 840 milliards FCFA et plus de 488 milliards FCFA de financements aux États et institutions sous-régionales via des titres obligataires et bons du Trésor assimilables.

Reconnue pour son expertise et sa maîtrise du marché, Afriland First Bank propose des solutions financières adaptées à toutes les catégories de clients : particuliers, institutions, PME, grandes entreprises et acteurs publics. Une banque de référence, résolument tournée vers la croissance inclusive et le progrès économique.

Les recettes douanières bondissent de 378 milliards FCFA de 2015 à 2024

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Les chiffres consolidés sur dix ans montrent une progression régulière des recettes douanières au Cameroun. Les prévisions sont passées de 692,7 milliards de FCFA en 2015 à 1 136,2 milliards de FCFA en 2025, soit un écart de 443,5 milliards de FCFA. Sur la même période, les recettes effectivement mobilisées ont augmenté de 678,1 milliards de FCFA en 2015 à 1 055,9 milliards de FCFA en 2024, soit une hausse de 378,2 milliards de FCFA. L’année 2023 marque un point d’inflexion : la Direction générale des Douanes dépasse pour la première fois la barre des 1 000 milliards de FCFA de recettes budgétaires. Pour 2025, l’État attend 1 136,2 milliards de FCFA. Les résultats définitifs seront connus au soir du 31 décembre 2025.

Cette dynamique repose sur plusieurs leviers internes. « L’innovation technologique, la rationalisation des contrôles douaniers, la contractualisation des relations avec le secteur privé, l’optimisation des mesures de facilitation, la promotion des régimes économiques douaniers contribuent en outre à créer un environnement propice pour la compétitivité des entreprises et celle de l’économie nationale », a rappelé Louis Paul Motaze, ministre des Finances le 9 décembre, alors qu’il procédait à la pose de la première pierre du futur immeuble-siège des Douanes à Yaoundé.

La décennie a aussi été marquée par une extension des missions de la Douane au-delà de la seule collecte des recettes. Depuis la circulaire présidentielle du 8 octobre 2020, l’administration douanière est intégrée dans la communauté nationale de défense et de sécurité. Elle intervient dans la lutte contre les trafics transfrontaliers, le transport de marchandises sensibles et les menaces émergentes. Cette évolution traduit une fonction élargie : protection de l’économie, sécurisation des frontières et contribution à la stabilité des circuits commerciaux.

La progression continue des recettes, combinée à ces transformations organisationnelles, illustre une évolution structurelle du rôle fiscal et sécuritaire de la Douane dans l’économie nationale.

Le MINFI lance à Yaoundé les travaux du nouvel immeuble-siège de la Douane, un projet de 23 milliards FCFA

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Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a lancé le 9 décembre les travaux du futur immeuble-siège de la Direction générale des Douanes (DGD), dans le nouveau quartier administratif de Yaoundé. L’infrastructure représente un investissement public d’environ 23 milliards de FCFA. Elle sera construite sur un terrain de 10 000 m², voisin du Palais d’Etoudi, et réalisée par China Machinery Engineering Corporation (CMEC) dans un délai contractuel de 42 mois, porté à 44 mois pour les prestations de maîtrise d’œuvre et de contrôle technique. L’achèvement est attendu entre 2029 et 2030.

Le programme prévoit un bâtiment principal en forme de tour comprenant deux sous-sols, un rez-de-chaussée, onze étages et une mezzanine. Deux ailes latérales, chacune dotée également de deux sous-sols, d’un rez-de-chaussée, de trois étages et d’une mezzanine, viendront compléter l’ensemble. Des aménagements extérieurs sont intégrés : guérite, circulations piétonnes et véhicules, locaux techniques, clôture, espaces verts et dispositifs pour panneaux photovoltaïques. Le site disposera de parkings souterrains et de stationnements en plein air. « A travers la construction de cet Immeuble-Siège, la direction générale des Douanes va disposer d’un cadre de travail adéquat, favorable à la performance », a déclaré Fongod Edwin Nuvaga, directeur général des Douanes.

« Ce projet vise entre autres à regrouper les services centraux de la direction générale des Douanes sur un site unique; rendre opérationnels tous les services des douanes créés; mettre à la disposition des personnels, des espaces et cadres de travail modernes, adaptés aux commodités et évolutions technologiques; améliorer la qualité du service rendu aux usagers; rehausser l’image de marque de l’Administration des Douanes, du Ministère des Finances et du Cameroun », précise le directeur général des Douanes camerounaise.

La conception fonctionnelle inclut des espaces adaptés aux exigences d’une administration fiscale centrale : salles de conférences de 200 et 500 places, bibliothèque, musée institutionnel, salles d’archives, salles de sport, cantine avec cuisine, crèche, infirmerie et zones techniques. Un système de recyclage des eaux de pluie viendra renforcer l’autonomie opérationnelle du bâtiment.

Dans son allocution, Louis Paul Motaze a rappelé que la Douane « est un maillon essentiel de la chaîne budgétaire », soulignant que ses recettes « n’ont cessé d’augmenter au fil des années ». L’administration douanière participe également à la politique d’import-substitution, un dispositif visant à réduire la dépendance du pays aux importations en stimulant la production locale, et contribue à l’attractivité des investissements privés. L’optimisation des contrôles, la digitalisation progressive et le développement de régimes économiques spécifiques — qui sont des dispositifs douaniers facilitant la transformation, le stockage ou le transit des marchandises — constituent selon le ministre des leviers pour « créer un environnement propice à la compétitivité des entreprises ».

Le ministre a également insisté sur l’évolution sécuritaire de la Douane, engagée depuis la circulaire présidentielle du 8 octobre 2020. Selon lui, « la Douane porte les attributs de gendarme de l’économie » et intervient désormais dans la lutte contre la criminalité transfrontalière, le terrorisme, le trafic d’explosifs improvisés, la criminalité financière, le blanchiment et le trafic d’armes légères. Les saisies répétées de stupéfiants, produits psychotropes, marchandises à double usage ou composants d’explosifs forment, selon Louis Paul Motaze, la preuve d’une administration engagée dans la protection de la société.

L’autre volet mis en avant lors de la pose de première pierre du siège de la direction de Douanes  concerne la coopération sino-camerounaise. Le ministre a rappelé que CMEC, filiale du conglomérat public chinois SINOMACH, « a remporté l’appel d’offres » et fait partie des entreprises chinoises opérant dans les infrastructures à l’international depuis la politique d’ouverture de 1978. Il a présenté ce projet comme un « acquis de la coopération bilatérale » soutenue par les présidents Paul Biya et Xi Jinping.

Le directeur général des Douanes, quant à lui, a insisté sur la finalité opérationnelle : le regroupement des services centraux aujourd’hui dispersés dans plusieurs immeubles de Yaoundé. Il a indiqué que le bâtiment permettra de « mettre à la disposition des personnels des espaces et cadres de travail modernes » et d’améliorer la qualité de service aux usagers. Il a également mis en avant la capacité du futur siège à accueillir des événements internationaux et à contribuer à l’« embellissement » urbain.

Le ministre a replacé l’ensemble dans la perspective de la Vision 2035, qui prévoit la transformation du Cameroun en économie industrialisée via la diversification, la réduction des inégalités et la montée en capacité des administrations publiques. Pour lui, la construction du siège des Douanes représente un levier institutionnel destinés à renforcer la collecte des recettes, la facilitation du commerce, la lutte contre la fraude et la participation au dispositif national de sécurité. L’opération marque ainsi la matérialisation d’un investissement budgétaire structurant pour une administration dont le rôle dans la chaîne de valeur fiscale, la gestion des flux commerciaux et la surveillance du territoire est devenu central.

Académie du Bonheur : une nouvelle organisation dédiée au bien-être voit le jour à Yaoundé

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L’assemblée s’est tenue sous le thème « Être heureux en contexte difficile : comment garder la lumière quand tout semble s’éteindre ? ». Le choix de ce sujet reflète les tensions vécues par de nombreux Camerounais : chômage, salaires impayés, stress au travail, fatigue psychologique, conflits familiaux et solitude. « Les études internationales montrent qu’un travailleur sur deux vit un stress quotidien et que les conflits familiaux sont en hausse », a expliqué Jean-Paul Tchomdou, initiateur du projet.

Au cours de la rencontre du samedi 6 décembre, les textes fondateurs ont été adoptés, la Charte du Bonheur signée et le premier bureau exécutif élu. A cette occasion, plusieurs masterclasses ont été organisées avec des experts. Notamment avec une spécialiste du bien-être en entreprise, un coach familial et une conseillère en harmonie domestique. Les discussions ont porté sur la gestion des émotions, la cohésion familiale et l’importance des plaisirs simples dans la vie quotidienne.

Les participants ont ensuite partagé leurs expériences personnelles, ouvrant la voie aux activités prévues pour 2026. L’Académie annonce des ateliers de gestion émotionnelle, des groupes de soutien, des consultations psychologiques, du coaching individuel et collectif, des conférences thématiques, des programmes pour le bien-être en entreprise et des actions de médiation familiale. Des événements ouverts au public sont également programmés : Festival du Bonheur, Week-end du Bonheur, retraites et randonnées.

Pour donner une assise intellectuelle au projet, les initiateurs s’appuient sur des références philosophiques. Sénèque écrivait que « les choses deviennent difficiles quand on n’ose pas », tandis qu’Aristote considérait le bonheur comme la finalité de l’existence. « Il s’agit de remettre cette question au centre de la vie collective et d’encourager chacun à mener la vie qu’il aime et à aimer la vie qu’il mène », a déclaré Tchomdou.

L’Académie du Bonheur trouve son origine dans un groupe WhatsApp créé en avril 2025 sous le slogan « Tout le monde a droit au bonheur ! ». Chaque semaine, les membres y explorent un thème lié au bien-être : famille, travail, relations sociales. « Ici, pas de jugement. Juste des voix qui s’élèvent pour apprendre, comprendre, guérir et transmettre », a précisé Tchomdou. En quelques mois, près de 600 personnes venues du Cameroun, d’Europe, d’Amérique et d’autres pays africains ont rejoint le mouvement.

Avec sa structuration officielle, l’Académie du Bonheur entend désormais inscrire ses activités dans un cadre organisé, doté d’organes dirigeants et de programmes réguliers. Elle se positionne comme une nouvelle initiative associative dans le domaine de la santé psychosociale, reliant expériences locales et participation internationale autour d’un même objectif : fournir des outils pratiques pour améliorer le bien-être collectif.

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