mardi, mai 19, 2026
spot_img
Accueil Blog Page 46

Transports : Le Grand-Nord a mal à ses infrastructures de transport

0

C’est à la faveur du meeting de campagne de Paul Biya à Maroua que de nombreux Camerounais se sont rendus compte que cette ville de l’Extrême-Nord dispose d’un aéroport fonctionnel. Tout comme récemment, il a fallu faire de l’aéroport de Garoua le point de départ pour plus de 2 000 pèlerins vers l’Arabie Saoudite pour le Hadj 2025, afin que beaucoup s’aperçoivent que l’infrastructure aéroportuaire de cette région du Nord est encore opérationnelle, à l’instar de celle de Ngaoundéré.

Si les aéroports sont effectivement en activité dans ces villes du Septentrion, il faut reconnaître qu’il y a longtemps qu’elles ne sont plus adaptées aux besoins actuels. Du coup, le Grand-Nord est faiblement desservi par voie aérienne. Notamment à cause de l’insécurité, des contraintes économiques et logistiques. En outre, les opérations aériennes dans une région peu peuplée et économiquement peu dynamique peuvent être jugées peu rentables pour les compagnies aériennes, ce qui décourage l’offre de vols réguliers. Cette situation affecte le transport de personnes et de marchandises, rendant la région moins accessible. Ce qui a des conséquences sur le développement économique et le déplacement des populations.

Il en est de même du prolongement du chemin de fer Ngaoundéré-Ndjamena dont le prolongement peine à prendre corps. Censés prendre effet depuis le début du 2nd semestre de l’année courante, tel qu’annoncé en fin d’année dernière par le ministre Transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, les travaux tardent à démarrer alors que les financements sont déjà disponibles. Les 181 milliards de Fcfa prêtés par la Banque mondiale devraient notamment permettre de mettre en œuvre l’extension du chemin de fer Ngaoundéré-Ndjamena annoncé depuis plusieurs années et impatiemment attendu par les habitants du Septentrion.

Intégration économique régionale

De façon détaillée, il s’agit pour cette infrastructure ferroviaire de contribuer à la réalisation à terme d’un projet communautaire de transport par voie ferrée efficace et économique, en vue de favoriser l’intégration économique régionale et le développement des zones à fortes potentialités minières, industrielles et agricoles au Cameroun et au Tchad.

Autant le projet d’extension du chemin de fer Ngaoundéré-Ndjamena tarde à quitter la gare, autant des travaux routiers patinent dans le Grand-Nord. Au rang de ceux-ci, l’on dénombre notamment la reconstruction du pont de Palar sur le Mayo Kalliao, du pont sur le Mayo-Pintchoumba et ses voies d’accès et de de la route Gakle-Mokolo. Au 2 septembre 2025, les travaux du pont sur le Mayo-Pintchoumba et ses voies d’accès, enregistrent seulement 45,24% d’exécution pour une consommation des délais de 146%. L’ouvrage en construction s’étend sur un linéaire de 62,4 ml et 800 ml de voies d’accès. Le chantier est entièrement financé par le Budget d’Investissement public (BIP) du Mintp pour le compte des exercices 2021, 2022 et 2023, à hauteur de 2 milliards 336 millions 671 mil 593 Fcfa.

Concernant le projet de reconstruction du pont de Palar et de ses accès sur le Mayo Kalliao, l’évaluation du chantier en septembre dernier a fait constater que les travaux sont à l’arrêt depuis le 19 mars 2024. Le projet comprend la construction d’un pont d’un linéaire de 70 mètres et l’aménagement des voies d’accès sur 430 mètres. Initié pour un coût total de 4 milliards 505 millions 708 mil 74 Fcfa, il est financé par le BIP du Mintp. La phase d’études a démarré le 31 mai 2021, suivie de la phase des travaux qui a débuté le 30 mars 2022. Le délai contractuel pour ce projet était fixé à 16 mois, soit quatre mois pour la phase d’études et 12 mois pour la phase de travaux.

1,65 milliard Fcfa d’avance de démarrage

Il convient de relever que l’avancement des travaux est très insuffisant, avec seulement 7,08% d’avancement global, dont 4,47% pour la phase des travaux. La consommation de délai à cette date s’élève à 342,89%, ce qui traduit des retards significatifs par rapport au calendrier initial. Par ailleurs, malgré une avance de démarrage de 1 milliard 65 millions 451 mil 86 Fcfa, l’entreprise n’a pas réussi à respecter ses engagements, ce qui a amené les décideurs à envisager la résiliation du contrat en cours. La situation actuelle représente non seulement un retard pour le projet, mais également un préjudice pour les habitants de la région, impatients de voir l’infrastructure réalisée.

S’agissant de l’entretien confortatif et périodique de la route Gakle-Mokolo, confié à l’entreprise Croisière BTP, l’évaluation des travaux montre un grand retard. Le niveau d’avancement affiche 30% pour une consommation de délais estimée à 73,33%. Ce, du fait des absences répétées de l’entreprise co-contractante sur le site du projet. Ces travaux d’entretien confortatif et périodique qui s’étendent sur un linéaire de 60 km, relient les départements du Diamaré et du Mayo-Tsanaga, dans la région de l’Extrême-Nord. Ils sont exécutés grâce à une enveloppe de 6 milliards 493 millions 349 mil 672 Fcfa, tirée du BIP-Mintp. Avant sa démobilisation au mois d’août 2025, la consistance des travaux réalisés par l’entreprise adjudicataire portait sur l’installation de chantier 80% et les travaux de chaussée 36,68%.

Cette situation accentue l’isolement géographique du Grand-Nord du reste du pays, limitant les échanges commerciaux et touristiques. Du coup, le succès du pont sur le Logone à Yagoua, se noie dans un torrent d’échecs.

NB: Série : « Pourquoi Biya a perdu le Nord ».

Finance islamique : le MINFI vulgarise ce mécanisme d’accès au crédit sans intérêt

0

C’est « un levier de financement éthique, inclusif et complémentaire aux instruments financiers conventionnels, susceptible de soutenir la croissance économique et l’inclusion financière au Cameroun », a déclaré Gilbert Didier Edoa, secrétaire général au ministère des Finances alors qu’il présidait l’atelier consacré à la campagne nationale de vulgarisation de la finance islamique.

Il s’agit d’un mécanisme de financement qui repose sur les principes de la charia et se démarque de la finance conventionnelle par une approche qui privilégie l’éthique et la morale islamique dans les transactions financières. Concrètement, ce modèle proscrit le recours à l’intérêt et met l’accent sur la responsabilité sociale de l’investissement, en orientant les financements vers des activités jugées conformes aux principes de justice, de partage des risques et de transparence.

Selon les données présentées, la finance islamique reste marginale au Cameron malgré l’existence d’un cadre réglementaire communautaire adopté en 2022 au niveau de la CEMAC. À ce jour, seules trois banques – la Caisse autonome d’amortissement (CAA), Afriland First Bank et la Commercial Bank of Cameroon (CBC) – ont obtenu l’autorisation préalable de la COBAC pour l’ouverture de fenêtres islamiques.

 Les autorités constatent également une faible pénétration de ces produits dans les secteurs de la microfinance et de l’assurance. « Malgré les textes de la COBAC et les dispositions prises au Cameroun, la mayonnaise tarde à prendre, alors même que la finance islamique offre de nombreuses opportunités en termes de croissance et de développement », a déclaré Gilbert Didier Edoa, avant d’insister : « Il est important que l’ensemble des acteurs — bénéficiaires potentiels, banques, établissements de microfinance, compagnies d’assurance et régulateur — soient informés et sensibilisés, afin que cette opportunité offerte soit effectivement saisie par les acteurs du système financier ».

Le ministère des Finances explique que cette initiative vise à mieux informer les établissements financiers, les régulateurs et les bénéficiaires potentiels, afin de favoriser une appropriation plus large de ce mode de financement. L’objectif affiché est de faire de la finance islamique un outil effectif d’inclusion financière et de mobilisation de ressources, dans un contexte où l’accès au crédit demeure limité pour une partie de la population. « Dans le système bancaire, il existe des établissements spécialisés dans la finance islamique, et deux ou trois ont obtenu des agréments. Toutefois, cela demeure marginal de notre point de vue, dans la mesure où l’objectif recherché est l’inclusion financière », a confié le SG du Minfi.

La rencontre a réuni plusieurs acteurs du système financier national et communautaire, notamment la BEAC, la COBAC, la CIMA, la Direction générale des impôts, des établissements de crédit, de microfinance et d’assurance, ainsi que des experts financiers et des représentants de la communauté musulmane.

Les échanges ont porté sur les fondements de la finance islamique, l’assurance islamique, la fiscalité applicable aux produits islamiques, la conformité réglementaire et les perspectives de développement. Les recommandations issues de l’atelier ont souligné que « la finance islamique demeure globalement méconnue » et que « les compagnies d’assurance ne se sont pas encore pleinement approprié ce produit », ce qui engendre des difficultés de mise en œuvre.

Il a été proposé d’accélérer l’élaboration du cadre réglementaire au niveau de la CIMA pour rendre l’assurance islamique plus attractive, d’intensifier la vulgarisation de l’assurance islamique elle-même, et de poursuivre et renforcer l’éducation financière des leaders religieux et du grand public sur la finance islamique.

En matière de conformité, les participants ont recommandé l’obtention du visa et du certificat de conformité auprès de la COBAC, l’adoption d’une fiscalité communautaire spécifique, la mise en place d’incitations pour attirer davantage d’investisseurs nationaux et internationaux, le renforcement de la sécurité juridique des investisseurs, la diversification des offres de financement de l’État et la poursuite des démarches de mise en conformité des acteurs du secteur.

 À travers cette campagne, le ministère des Finances entend renforcer le dialogue entre l’autorité monétaire et l’ensemble de l’écosystème financier, dans la perspective d’un développement plus soutenu de la finance islamique au Cameroun et dans la zone CEMAC.

Changement climatique : les villes côtières d’Afrique centrale se renforcent

0

A l’initiative de la FAO, Douala a récemment accueilli un forum visant à renforcer la résilience de 14 villes et écosystèmes côtiers de l’Afrique centrale et de l’Est face aux défis climatiques tels que l’érosion côtière, les inondations et la montée du niveau de la mer.

Les pays d’Afrique centrale disposent près de 3 600 kilomètres de littoral et 1 223 675 km² de zones économiques exclusives. Cet écosystème abrite des forêts de mangroves, des récifs coralliens et des herbiers marins qui hébergent de nombreuses espèces animales et végétales importantes pour la sécurité alimentaire mais aussi pour les revenus des populations locales.

Cette bande côtière regroupe douze villes dans six pays à savoir Mayumba, Port gentil, Libreville et Coco Beach au Gabon ; Bata et Malabo en Guinée Equatoriale ; Sao Tomé et San Antonio à Sao Tomé et Principe ; Banana en République Démocratique du Congo ; Pointe Noire au Congo ; Kribi et Douala au Cameroun. A ces 12 villes s’ajoutent Bujumbura et Rumonge au Burundi qui présentent des similitudes observées sur les rives du Lac Tanganyika.  Les représentants de ces 14 villes étaient réunis à Douala à l’occasion d’un forum sous-régional sur le renforcement de la résilience au changement climatique des villes et écosystèmes côtiers des d’Afrique Centrale et du Burundi. Ceci à l’initiative de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO),  agence spécialisée des Nations Unies qui œuvre pour l’éradication de la faim, l’amélioration de la sécurité alimentaire et la promotion d’une agriculture durable.

 « En dépit de leur importance, les villes et les écosystèmes côtiers sont et restent l’une des zones les plus vulnérables aux risques climatiques avec des inondations répétées et la perte d’habitations, de moyens de production, de bâtiments commerciaux, des services de base, des emplois et l’endommagement des infrastructures de transport. C’est pour faire face à ces menaces que la FAO organise ce forum de renforcement de la résilience au changement climatique des villes et écosystèmes côtiers du Gabon, du Cameroun, du Congo, de STP, de Guinée Equatoriale, de la RDC et du Burundi », explique le représentant du Coordonnateur du Bureau sous-régional de la FAO pour l’Afrique centrale Dr Athman Mravili.

La rencontre à laquelle prenaient également part des experts en question climatique et des administrations publiques visait à examiner les vulnérabilités spécifiques des zones côtières d’Afrique centrale face au changement climatique, notamment l’élévation du niveau de la mer, les submersions marines, les inondations, l’érosion, la perte des terroirs agricoles et de biodiversité et les événements extrêmes. Un autre objectif du forum était de formuler un draft de note conceptuelle qui promeut des solutions inclusives basées sur la nature et prenant en compte les besoins et perspectives de tous les groupes de populations, les différentes catégories socio-professionnelles et systèmes productifs des villes côtières.

Cet atelier sous-régional sur le renforcement de la résilience au changement climatique des villes et écosystèmes côtiers du Gabon, Cameroun, Congo, STP, de la Guinée Equatoriale, de la RDC et du Burundi s’est tenu au lendemain de la conférence de Belém sur les changements climatiques et la COP30 qui s’est achevée le 22 novembre 2025 par un appel à atténuer et inverser les dommages causés par la péjoration climatique à travers l’érosion côtière et un accord appelant à tripler le financement accordé aux pays en développement afin de protéger leurs populations contre les effets croissants de la crise climatique.

CAN Maroc 2025: la succession de la Côte d’ivoire ouverte

0

La Coupe d’Afrique des Nations 2025 s’est ouverte ce 21 décembre 2025 au complexe sportif Moulay Abdellah de Rabat. Avec en ouverture le match Maroc-Comores. Présenté comme le favori, le pays organisateur a eu de la peine à dominer son adversaire. Si les Lions de l’Atlas ont pris le dessus (2-0), il reste que les Cœlacanthes n’ont pas été le petit poucet vu par nombre d’observateurs. Au contraire, les Cœlacanthes se sont même très souvent montrés plus déterminés à remporter la partie. C’est un signal que cette Can pourra réserver beaucoup de surprises tant positives que négatives. Les favoris sur papier pourraient ne pas toujours combler les attentes de leurs fans et autres admirateurs. La première journée se poursuit aujourd’hui avec les matchs Mali-Zambie, Afrique du Sud-Angola et Egypte-Zimbabwé. En attendant, le Sénégal, l’Algérie, le Nigeria et la RD Congo sont présentés comme des candidats très sérieux au titre.

Des Lions indomptables pas très rassurants

Le Cameroun entre en compétition mercredi contre le Gabon. Difficile de savoir si la sélection nationale du Cameroun a le moral au beau fixe. Alors que l’on engageait la dernière ligne droite vers la Can, la Fecafoot a nommé un nouveau staff technique. A trois semaines du coup d’envoi. Samuel Eto’o a nommé David Pagou qui faisait déjà partie du staff dirigé par Marc Brys, mais n’était qu’une sorte de complément d’effectif sans véritable emploi auprès de son patron. Et l’homme a ignoré les cadres de la sélection sous l’ère Marc Brys : André Onana, Vincent Aboubakar, Franck Zambo Anguissa,… Préférant des joueurs moins capés et moins expérimentés. Et le groupe est arrivé en rangs dispersés. Christian Kofane est le dernier à arriver, ce dimanche. Rien n’a jusqu’ici filtré des entraînements des Lions indomptables, à part une séance ouverte à la presse dimanche soir. S’il est certain que Devy Epassy sera le gardien titulaire, le flou persiste tant sur l’ossature de l’équipe que sur le capitaine. Des informations ont présenté le trio Epassy-Nouhou Tolo-Christian Bassogog. En l’absence d’une communication officielle sur la question, seul le premier match devrait livrer l’information. Mais ik est plus probable que ce soit Devy Epassy.

Recouvrement des recettes fiscales : Les mairies demandent l’instauration d’une période transitoire

0
les CVUC ont proposé un ensemble de mesures concrètes

En même temps, la dotation générale à la décentralisation a presque triplé pour s’établir à environ 1 106 milliards FCFA.

Le Premier ministre Joseph Dion Ngute et par ailleurs président du Conseil national de la décentralisation (CND) a dirigé les travaux de cette instance le 19 décembre 2025 à Yaoundé. Quatre points étaient à l’ordre du jour : le compte rendu des activités menées par le secrétariat du CND pendant l’intersession ; l’exposé de Georges Elanga Obam, ministre en charge de la décentralisation sur la réforme fiscale.

Le deuxième exposé présenté par Louis Paul Motaze, ministre en charge des Finances portait sur l’administration de la fiscalité locale et la mise à disposition des ressources aux Collectivités territoriales décentralisées (CTD). Le maire Augustin Tamba, président de l’Association des communes et villes unie du Cameroun (CVUC) a quant à lui exposé sur la réforme fiscale : perception, actions entreprises et propositions d’amélioration.

Dans son exposé, Augustin Tamba a relevé les difficultés rencontrées par les communes au cours de l’exercice 2025, en raison de l’implémentation mitigée des mécanismes consacrés par la nouvelle loi et notamment le non-renouvellement automatique dans les comptes courants postaux des CTD, des ressources collectées par l’administration fiscale et centralisées par le Trésor public.

Ce qui a pour conséquence selon Augustin Tamba des répercussions négatives sur le climat social et la mise en œuvre des projets d’investissement propres des CTD. Afin d’améliorer cette situation, les CVUC ont proposé un ensemble de mesures concrètes à prendre au rang desquelles l’instauration d’une période transitoire, pour permettre aux communes de recouvrer directement leurs recettes fiscales, en attendant la mise en place progressive des différentes infrastructures et des outils prévus par la loi portant fiscalité locale.

« Nous avons pris acte des recommandations et des observations des uns et des autres et le Premier ministre a instruit que sous la houlette du secrétariat permanent du Conseil national de la décentralisation, ces recommandations fassent l’objet d’un examen » a indiqué Georges Elanga Obama au sortir des travaux.

La dotation générale à la décentralisation a presque triplé pour s’établir à environ 1 106 milliards FCFA, parallèlement, la nouvelle fiscalité locale vise un doublement des recettes propres aux collectivités. Pour Henri Séverin Assembe, expert en décentralisation, administrateur directeur de l’institut des hautes études sur la gouvernance territoriale et la décentralisation, pour rendre leurs actions concrètes, les exécutifs devront professionnaliser la chaîne de projets.

« L’improvisation n’est plus permise. Les exécutifs doivent recruter des experts en montage de projets complexes pour garantir que les budgets soient consommés de manière efficace et transparente. Ils doivent maîtriser le nouveau levier fiscal. Pour doublier les recettes, les régions doivent moderniser le recensement des contribuables locaux et digitaliser le recouvrement » explique Henri Séverin Assembe dans les colonnes du journal Cameroon Tribune de ce lundi 212 décembre 2025.

Pour lui, l’enjeu est de prouver au citoyen que l’impôt payé localement est immédiatement réinvesti dans un projet visible, à l’instar des ponts, écoles, forages etc… Selon lui, au lieu de multiplier de petits projets éphémères, les exécutifs doivent privilégier les investissements à fort effet de levier comme la création d’une zone industrielle régionale ou un centre technique d’excellence.

Santé globale : Yaoundé et Washington signent un protocole d’accord pour cinq ans

0

Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre d’une mission de haut niveau conduite par Washington, destinée à renforcer et à structurer la coopération bilatérale avec le Cameroun dans le champ de la santé globale. À l’issue des échanges, les deux gouvernements ont procédé, le même jour, à la signature d’un protocole d’accord bilatéral encadrant l’appui américain au secteur de la santé au Cameroun pour une durée de cinq ans. Le document couvre prioritairement la lutte contre le VIH, le paludisme et la tuberculose, ainsi que les enjeux de sécurité sanitaire mondiale.

L’accord a été signé par le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, et l’ambassadeur des États-Unis d’Amérique au Cameroun, Christopher Lamora, en présence du Premier ministre, chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute. Selon les parties prenantes, cette signature marque une étape importante dans l’évolution de la coopération camerouno-américaine, désormais orientée vers un partenariat bilatéral plus structuré, axé sur la transparence, l’efficacité de l’aide et le renforcement durable du système de santé camerounais.

Ce protocole s’inscrit dans le cadre de la nouvelle stratégie américaine de santé globale, dénommée « America First Global Health Strategy », portée par l’administration du président Donald Trump. Cette orientation privilégie des accords bilatéraux ciblés afin d’optimiser l’impact des financements américains. Dans ce contexte, le Cameroun fait partie des quinze pays considérés comme prioritaires par les États-Unis pour la mise en œuvre de cette stratégie.

Les discussions ont également permis d’identifier plusieurs axes de coopération jugés prioritaires pour les cinq prochaines années. Il s’agit notamment de la réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infantile, de l’amélioration de la performance et de la viabilité des districts de santé, de la mutualisation des ressources pour accélérer la transformation du système de santé, ainsi que de l’intégration de l’approche « Une seule santé » face à des risques sanitaires transfrontaliers croissants.

La délégation américaine a, à cette occasion, salué le leadership du Cameroun dans la lutte contre les pandémies et les épidémies, ainsi que les résultats obtenus dans la formation des épidémiologistes de terrain, présentés comme un levier central de la sécurité sanitaire à l’échelle régionale et mondiale.

Le Dr Rebecca Bunnell dispose de plus de trente ans d’expérience en santé publique. Elle supervise la mise en œuvre du programme PEPFAR dans cinquante-cinq pays. Ancienne directrice scientifique des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) entre 2019 et 2023, elle a exercé au sein de plusieurs institutions de référence, notamment l’USAID, le CDC, Médecins Sans Frontières, le Medical Research Council du Royaume-Uni et le Peace Corps. Elle est également auteure de plus de 130 publications scientifiques.

L’audience s’est tenue en présence de l’ambassadeur des États-Unis au Cameroun, un signal diplomatique interprété comme le reflet de l’importance stratégique accordée par Washington à ce partenariat. À travers cette rencontre et la signature du protocole d’accord, Yaoundé et Washington entendent ouvrir une nouvelle phase de leur coopération sanitaire, orientée vers des résultats mesurables et une amélioration durable de l’accès aux soins pour les populations.

Le Premier ministre salue le projet agricole de l’ICT University porté par le Pr Victor Mbarika

0

Le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Dr Chief Joseph Dion Ngute, a salué mardi le 16 décembre 2025 à Yaoundé le partenariat stratégique entre l’ICT University et une université brésilienne, qualifié de tournant majeur pour la transformation du secteur agricole camerounais. Il s’exprimait à l’occasion d’une audience accordée au Fondateur et Président du Conseil des administrateurs de l’ICT University, le Pr Victor Mbarika, accompagné d’une délégation brésilienne conduite par le Pr Flavio Henrique Vasconcelos De Medeiros, de l’Université fédérale de Lavras (UFLA).

Arrivée au Cameroun, la délégation brésilienne concrétise ainsi l’accord de partenariat signé l’an dernier avec l’ICT University. Pour le Chef du Gouvernement, cette coopération est appelée à « booster durablement le secteur agricole national » et à « créer des emplois pour de nombreux Camerounais ». Le Premier ministre a, à cet effet, exhorté les partenaires à respecter scrupuleusement les orientations du projet, en droite ligne de la vision du Président de la République, Paul Biya, visant la modernisation de l’agriculture. Il a par ailleurs assuré les partenaires du plein soutien du gouvernement.

S’exprimant à huis clos au nom de la partie brésilienne, le Pr Flavio Henrique Vasconcelos De Medeiros a souligné la volonté de son institution de joindre ses forces à celles de l’ICT University pour renforcer l’agriculture au Cameroun et, au-delà, en Afrique. « Nous sommes une université de référence en matière d’agriculture depuis de nombreuses années. Notre objectif est de combiner nos expertises dans tous les domaines que nous couvrons », a-t-il déclaré. Et d’ajouter : « Avec le Cameroun et la notoriété de l’ICT University, ce projet peut bénéficier à toute l’Afrique, notamment en matière de formation et d’autonomisation des jeunes entrepreneurs. » Impressionné par l’accueil et l’enthousiasme observés depuis son arrivée, le chef de la délégation brésilienne s’est dit confiant quant à l’aboutissement du projet. « J’ai été marqué par le zèle des jeunes. Avec ce partenariat, nous allons établir une coopération qui fera école à travers le monde », a-t-il affirmé.

Prenant la parole à son tour, le Pr Victor Mbarika a précisé que l’initiative entend dépasser les schémas traditionnels de l’agriculture. Le professeur basé aux États-Unis a indiqué que le projet mettra l’accent sur une agriculture technique et numérique, intégrant les technologies modernes. « Nous lançons l’agriculture digitale parce que beaucoup de jeunes pensent que l’agriculture est réservée aux personnes âgées et pauvres. Nous voulons démontrer qu’avec l’intelligence artificielle et la robotique, on peut produire pour l’exportation à grande échelle », a-t-il expliqué, révélant que l’objectif est de créer 10 000 emplois pour les jeunes Camerounais sur cinq ans.

Baptisé AgriCampus-500-ICT University, le projet est une initiative innovante visant la promotion de l’agriculture numérique et de l’entrepreneuriat estudiantin. Doté d’un budget de 996 millions de FCFA sur cinq ans, il ambitionne de former 10 000 étudiants aux métiers de l’agriculture digitale, afin de faciliter leur insertion socio-économique au Cameroun et en Afrique. Le programme prévoit le développement de compétences pratiques en production, transformation et commercialisation agricoles, la promotion de l’entrepreneuriat et la création d’emplois en milieu rural, ainsi que le renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Parmi ses composantes figurent l’intégration des TIC, de l’intelligence artificielle et de la robotique agricole, la formation pratique sur des micro-parcelles de 0,125 hectare, la mise en place d’unités locales de transformation pour renforcer la chaîne de valeur, ainsi que l’incubation de projets agro-entrepreneuriaux destinés à soutenir 500 micro-entreprises rurales. Le projet bénéficie déjà de l’aval du ministre de l’Enseignement supérieur, le Pr Jacques Fame Ndongo, qui en reconnaît le potentiel en matière d’emploi des jeunes, de professionnalisation de l’agriculture et de souveraineté alimentaire au Cameroun.

Trois suspects, dont un Ghanéen, interpellés pour trafic de perroquets gris à Bertoua

0

Les interpellations sont intervenues lors d’une opération ciblée menée récemment par les agents de la Délégation régionale des Forêts et de la Faune de l’Est, avec l’appui technique de l’organisation spécialisée dans l’application de la loi faunique, The Last Great Ape Organisation (LAGA), indiquent des sources proches du dossier. Les suspects ont été arrêtés alors qu’ils tentaient de commercialiser 60 perroquets gris à queue rouge, transportés dans le coffre d’un véhicule administratif noir de marque Prado.

Selon les mêmes sources, le véhicule utilisé appartient à un sous-préfet en fonction dans la région. Parmi les personnes arrêtées figure le frère de cette autorité administrative. Le véhicule officiel aurait servi à faciliter le transport des oiseaux et à réduire les risques de contrôle, dans un contexte où l’usage de moyens administratifs est régulièrement détourné pour masquer le trafic de produits issus de la faune sauvage.

Les perroquets auraient été convoyés depuis Messok, dans le département du Haut-Nyong, jusqu’à Bertoua, capitale régionale de l’Est. Des sources ayant requis l’anonymat précisent que les oiseaux ont d’abord été capturés puis maintenus en quarantaine dans un village situé à environ 25 kilomètres de Messok, avant leur transfert vers la ville. Ce mode opératoire est présenté comme récurrent dans les circuits de trafic d’espèces protégées opérant entre les zones forestières et les centres urbains.

Les trois suspects seraient membres d’un réseau structuré de trafic d’espèces sauvages, avec une répartition précise des rôles. Le ressortissant ghanéen, décrit comme disposant de connexions avec des réseaux internationaux de trafiquants de perroquets, était chargé de la capture et de l’entretien des oiseaux en captivité. Les deux autres suspects assuraient l’alimentation, le transport et la recherche d’acheteurs, selon des informations recueillies auprès de sources proches de l’enquête.

Le perroquet gris africain, également appelé perroquet gris à queue rouge, est originaire de plusieurs pays d’Afrique centrale et occidentale, dont le Cameroun, le Ghana, le Gabon, le Congo et la Guinée équatoriale. Apprécié sur les marchés internationaux pour ses capacités cognitives et son aptitude à imiter la voix humaine, il figure parmi les espèces les plus touchées par le trafic transfrontalier d’animaux sauvages.

Depuis 2016, cette espèce est inscrite à l’annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore menacées d’extinction (CITES), ce qui interdit toute forme de commerce international. Au Cameroun, la loi de 2024 relative au régime de la faune sauvage prévoit, pour des faits de cette nature, des peines pouvant aller jusqu’à 20 ans d’emprisonnement et des amendes pouvant atteindre 50 millions de francs CFA, en cas de condamnation.

Les autorités judiciaires n’ont pas encore communiqué sur les suites judiciaires immédiates, mais les sources sécuritaires indiquent que l’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuelles ramifications nationales et transfrontalières de ce réseau.

Révolution: La Can se jouera désormais tous les 4 ans

0

La Coupe d’Afrique des nations (Can) se jouera désormais tous les quatre ans. Ainsi en a décidé la Confédération africaine de football (CAF) dont le Comité exécutif s’est réuni ce jour à Rabat au Maroc, la veille du démarrage de la Can comme de tradition. Patrice Motsepe et ses hommes tournent ainsi une nouvelle page de l’histoire du football africain et particulièrement de la can. Mais la révolution ne prendra pas effet dès la prochaine édition. La Can 2027 prévue au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie, se jouera à la date initialement arrêtée. C’est celle de 2029, non encore attribuée, qui ouvrira cette nouvelle ère. Et en même temps, la Can retrouve les années paires. Et l’édition de 2029 sera ramenée en 2028. Comme à l’Uefa, la Caf crée une Ligue des nations, une nouvelle compétition devant se jouer en alternance avec la Can.

Le diktat de l’Uefa et de la Fifa

C’est une révolution qui satisfera la Fifa et l’Uefa qui l’ont tant réclamée. Issa Hayatou l’ancien président de la CAF, s’y était catégoriquement opposé. Le débat sur la question et les pressions ont été relancés dès le départ du Camerounais de la tête de la CAF en mars 2017. « Je tiens à souligner que nous avons un devoir envers les joueurs africains évoluant à l’étranger. Nous voulons nous assurer que, dans toutes nos compétitions, notre devoir premier reste bien sûr envers le football africain et les 1,5 milliard d’habitants du continent, mais aussi envers ces joueurs africains qui évoluent dans certains des meilleurs clubs du monde et d’Europe », a justifié Patrice Motsepe, le président de la CAF. Des arguments qui justifiaient les pressions de l’Uefa et de la Fifa.

Par ailleurs, « nous voulons garantir une meilleure synchronisation du calendrier international (…) afin que les meilleurs joueurs africains puissent, chaque année, être en Afrique pendant la fenêtre internationale, dans le cadre de cette nouvelle compétition, la Ligue des Nations africaine », a ajouté le patron de la Caf, non sans souligner l’« excellent travail » abattu par « Matthias et Gianni », respectivement secrétaire général et président de la Caf. Confirmant ainsi la main noire de l’instance faîtière du football mondial et la confédération européenne de football dans cette révolution.

Le combat d’Issa Hayatou

Patrice Motsepe clame défendre et proteger le football africain et ses footballeurs, comme le clamait en son temps Issa Hayatou. Mais alors que son devancier optait pour un respect de la spécificité de l’Afrique, le Sud-Africain préfère s’aligner sur les positions de l’Uefa. En son temps, Issa Hayatou avait obtenu que les clubs soient obligés de libérer les joueurs africains lors des compétitions Caf. Aujourd’hui, alors que la Can s’ouvre ce dimanche au Maroc, non seulement la Fifa a ramené de deux semaines à cinq jours le délai de libération des joueurs par les clubs, mais certains joueurs vont jouer en club ce weekend avant de rejoindre le Can.

Droit et diplomatie: Maurice Kamto reçoit le premier prix Boutros Boutros-Ghali

1

Le Pr Maurice Kamto et le Tunisien Yadh Ben Achour, sont co-détenteurs du premier Prix Boutros-Ghali. La cérémonie de remise de la distinction a eu lieu ce 19 décembre 2025 à Paris. Célébrant ainsi deux fils d’Afrique qui se sont distingués dans les domaines du droit et de la diplomatie. Pour ce qui est de Maurice Kamto, l’homme a été un maillon important de l’équipe camerounaise commise à la défense des intérêts du Cameroun devant la Cour de justice de la Haye, dans le conflit frontalier avec le Nigeria voisin. Et depuis son entrée en politique, le premier président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), parti leader de l’opposition camerounaise depuis 2018, œuvre pour une scène politique camerounaise où le droit prime sur la force. Au péril de sa liberté et de sa dignité. Lui qui est passé par la case prison pour avoir organisé des  »marches blanches », en contestation du résultat de l’élection présidentielle 2018, et une assignation à la résidence surveillée, deux mois durant. L’ancien ministre démissionne s’était autoproclamé vainqueur de cette élection.
Par ailleurs, l’auteur de L’urgence de la pensée, a plu tard été élu à l’Académie du droit international de la Haye. C’était en 2015.

Cela survient au moment où le monde s’apprête à célébrer les 80 ans de l’Organisation niversaire des Nations Unies

​Le Prix Boutros Boutros-Ghali est un hommage à l’ancien Secrétaire général de l’ONU et figure de proue de la Francophonie. L’initiative du prix est portée par l’Association égyptienne des juristes francophones et l’Académie des sciences d’Outre-Mer, soutenu par des institutions de renom telles que l’Académie de Droit international de La Haye, la Ligue des États arabes, la Fondation René Cassin et l’université Senghor d’Alexandrie.

Ici le message de Maurice Kamto

Maurice Kamto n’était pas à la cérémonie de Paris. Le récipiendaire a fait une déclaration vidéo à l’occasion, pour dire sa reconnaissance et rendre hommage s’il en était encore besoin, à Boutros Boutros-Ghali.

- Publicité -
Google search engine